Samedi 29 décembre 2007

"aujourd’hui se trouvent dans le parc HLM des gens qui ne devraient pas y être"

                    Jean-Paul Bolufer 

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Bolufer, por qué no te callas ? (pourquoi ne te tais-tu pas ?)

 

Jean-Paul Bolufer, énarque, catholique traditionaliste, proche de l’Opus Dei selon certains, défenseur de l’Occident Chrétien, formé au sein de la « Cité catholique » fondée par l’ancien secrétaire de Charles Maurras, est co-auteur en 1983 d’un Projet pour la France qui veut réprimer « toutes les atteintes morales et physiques aux familles », c’est à dire, l’avortement, l’homosexualité, la pornographie.

- « Regardez : le voilà ! - Son journal frénétique
Plaît aux dévots et semble écrit par des bandits.
Il fait des fausses clefs dans l’arrière-boutique
Pour la porte du paradis.  »
(Victor Hugo, Les Châtiments).

 

C’est un authentique fils de Dieu, un chrétien comme on les aime du côté de l’église Saint-Nicolas du Chardonnet, repère des dévots intégristes, royalistes et lepénistes, des bourgeois culs pincés, des scouts au crâne rasé, des jupettes plissées et des socquettes banches tranchant avec le noir des soutanes.

Séduite par tant de qualités, Christine Boutin, ministre du Logement et de la Ville, sortit la bible de son sac à main, lui demanda de l’embrasser en jurant de servir la république laïque, et c’est ainsi qu’il devint son directeur de cabinet.

- «  Armé d’un goupillon, il entra dans la lice
Contre les jacobins, le siècle et le péché.  » (Idem).

 

Or, cet homme pieux, charitable et sensible à la misère, occupait indûment boulevard Port-Royal à Paris (Ve) un appartement bourgeois mais néanmoins social de 190 M2 appartenant à la RIVP (Régie Immobilière de la Ville de Paris) pour lequel il acquittait un loyer modeste pour de tels lieux.

Le 16 novembre, Jean-Paul Bolufer s’était s’offusqué sur France Culture du fait qu’« aujourd’hui se trouvent dans le parc HLM des gens qui ne devraient pas y être, et que se trouvent dans la rue des gens qui devraient être dans les HLM ». C’est un « véritable scandale » rugirent en lui les mânes de Jésus-Christ.

- «  Pharisien hideux, il trinque avec les riches,
Et dit au pauvre : ami, viens jeûner avec moi.
Il ripaille à huis clos, en public il sermonne,
Chante landerirette après alleluia.
Dit un pater, et prend le menton de Simone...
Que j’en ai vu, de ces saints-là !  » (Idem).

Démasqué, il couine qu’il ne trichait pas plus que d’autres.
« Bolufer, por qué no te callas ? » (pourquoi ne te tais-tu pas ?)
Sommé de rendre les clés de cet appartement de Port Royal à loyer trop modéré, il tente l’incruste. Il a déclaré à la télévision qu’il ne voyait « aucune raison objective » de le quitter.

- «  C’est ainsi qu’outrageant gloires, vertus, génies,
Charmant par tant d’horreurs quelques niais fougueux,
Il vit tranquillement dans les ignominies,
Simple jésuite et triple gueux.  » (Idem).

«  Bolufer, por qué no te vas ? » ( pourquoi tu ne pars-tu pas ?)
En enfer, of course.

Line Arez Demora

par BANDERA ROSSA publié dans : pcfcapcorse communauté : Un PCF de lutte des classes !
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Vendredi 28 décembre 2007

Où va le Pakistan ?  Point de vue publié le 30 octobre 2007

       par  Lal Khan (PPP / The Struggle)

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 (
in LA RIPOSTE)

 

 

Le 18 octobre dernier, la ville de Karachi, au Pakistan, a connu la plus large mobilisation de masse depuis un quart de siècle : 1 million de personnes selon la police, et 3 millions selon la direction du PPP (Parti du Peuple Pakistanais).

Les gens étaient venus de tout le Pakistan pour accueillir la dirigeante du PPP, Benazir Bhutto, qui revenait de 8 ans d’exil volontaire. Cependant, il y avait bien plus que ce qu’en ont dit les médias bourgeois, dans cette monumentale manifestation d’accueil. Pour venir à Karachi, beaucoup ont fait plus de mille kilomètres dans des conditions très précaires, ont passé des nuits sans sommeil et puisé dans leurs maigres économies. Des milliers de bus et autres véhicules sont venus d’aussi loin que le Cachemire.

La motivation principale des gens était d’« être là », de faire partie d’un mouvement où ils pouvaient exprimer leurs souffrances, où ils pouvaient manifester leur détermination à lutter pour transformer la société qui gouverne leur existence.

Le canal à travers lequel les masses ont exprimé leur volonté est, une fois de plus, le Parti du Peuple Pakistanais. Et pour s’assurer qu’elle serait massivement accueillie, Benazir Bhutto a dû reprendre, dans ses dernières déclarations, le vieux slogan du PPP : « Roti, Kapra, Makan » : de la nourriture, des vêtements, un logement.

Ces événements confirment pleinement les perspectives élaborées de longue date par la Tendance Marxiste Internationale et sa section pakistanaise, The Struggle (La Lutte). Dès 1998, dans un meeting ouvrier, à Karachi, Alan Woods expliquait : « Quand elle reviendra au Pakistan, des millions de personnes accueilleront Benazir, malgré sa politique. »

Des décennies durant, Benazir Bhutto n’a cessé d’évoluer vers la droite. Elle a frayé avec l’impérialisme américain et cherché à convaincre l’Etat pakistanais et la classe dirigeante de son adhésion aux politiques pro-capitalistes. Avant de revenir au Pakistan, elle s’est efforcée de parvenir à un accord avec le régime de Musharraf. L’intelligentsia et les éléments petits-bourgeois qui dominent les médias annonçaient que ces négociations allaient ruiner la popularité de Benazir Bhutto. Mais les masses pakistanaises ne voient pas les choses ainsi.

Benazir a déjà été au pouvoir à deux reprises : en 1986 et 1993. Elle a chaque fois abandonné le peuple pour prouver sa fidélité à l’ordre établi. Elle a bien évidemment trempé dans la corruption qui est un élément organique de ce système. Mais contrairement à ce que s’imaginent l’intelligentsia et les médias pakistanais, la popularité de Benazir ne repose pas sur ses qualités de « femme d’Etat », son « habileté politique » ou son « aptitude à manœuvrer ». Elle repose sur l’héritage historique du PPP, qui a surgi à l’époque de la révolution de 1968-69.

Au cours de cette révolution, les travailleurs, la jeunesse et les paysans pauvres ont eu le pouvoir à portée de main. Du 6 novembre 1968 au 29 mars 1969, il y avait une situation de double pouvoir, dans le pays. S’il y avait eu un parti marxiste capable de prendre la tête du mouvement, il aurait pu se saisir du pouvoir à pas moins de cinq occasions.

Les travailleurs occupaient les usines, les étudiants contrôlaient les universités. Ils refusaient de payer leurs tickets de bus et de train. Les paysans pauvres occupaient les terres. Cependant, la majorité de la gauche pro-Moscou et pro-Pékin limitait la révolution au « stade démocratique », et dénonçait même le mouvement contre la dictature militaire d’Ayub Khan, un « ami » de la bureaucratie chinoise.

Zulfiqar Ali Bhutto, le père de Benazir, reconnut le caractère socialiste du mouvement, et en appela à la transformation socialiste de la société. Cette perspective et ce programme se connectaient parfaitement à la lutte des masses pakistanaises. Du jour au lendemain, le PPP est devenu le plus grand parti de l’histoire du Pakistan.

Cependant, même avec un programme socialiste relativement clair, la révolution de 1968-69 se solda par un échec. Il manquait le facteur subjectif : le parti révolutionnaire. Bhutto a mis en œuvre des réformes radicales dans l’agriculture, la santé, l’éducation – entre autres. Il a également nationalisé de larges sections du système bancaire et de l’industrie. Mais le capitalisme n’a pas été renversé. Or, il n’est pas possible de faire la moitié d’une révolution. Zulfiqar Ali Bhutto fut renversé par un coup d’Etat – soutenu par les Américains – puis fut pendu, en avril 1979, par la dictature du général Zia.

Cependant, l’héritage politique de cette révolution, dans la conscience du peuple pakistanais, n’a pas été liquidé. Telle est la principale raison du large soutien dont bénéficie toujours le PPP, malgré la politique de compromis de Benazir. L’un des principaux slogans de la manifestation du 18 octobre était : « Bhutto, tu es toujours vivant ! » Consciemment ou inconsciemment, le PPP est perçu comme le véhicule du changement. C’est la raison pour laquelle, au Pakistan, l’entrée des masses dans l’arène de la lutte politique doit nécessairement commencer sous la bannière du PPP. Et c’est d’ailleurs pour cela que d’importantes sections de l’Etat sont terrifiées par l’énorme soutien dont jouit le PPP, et ne font pas confiance à Benazir, malgré son engagement à sauvegarder le système capitaliste.

La classe dirigeante n’envisage de laisser Benazir Bhutto accéder au pouvoir que dans le but de faire dérailler un mouvement de masse imminent. Il en fut déjà ainsi par le passé. Cependant, l’Etat connaît aujourd’hui une crise sévère et des conflits internes ouverts. Dans ce contexte, il sera difficile de mettre en place un régime reposant sur une base de classe contradictoire, comme l’ont d’ailleurs montré les deux attentats à la bombe visant la caravane de Benazir, le 18 octobre, qui ont tué 139 personnes et en ont mutilé 500.

Le fondamentalisme islamique est essentiellement un phénomène sponsorisé par l’Etat, et qui se nourrit de la brutalité de la « guerre contre le terrorisme » menée par l’impérialisme américain. Son essor temporaire est surtout dû à l’effondrement de la gauche et au refus, de la part du PPP, de lutter contre les agressions impérialistes.

Qu’ils aient été commandités par une section de l’Etat ou par son Frankenstein – le fondamentalisme islamique –, les attentats du 18 octobre n’empêcheront pas le mouvement de se développer. Les dirigeants du PPP s’efforcent de calmer la colère du peuple, ulcéré par cet acte criminel. Mais sa vengeance s’exprimera, sur le plan électoral, par un large soutien à Benazir – et plus généralement dans l’orage révolutionnaire qui pointe à l’horizon.

Ces dernières années, les fondamentalistes ont plusieurs fois appelé à des « manifestations d’un million d’hommes » contre l’impérialisme américain – sans jamais parvenir à dépasser 5% de cet objectif. Aujourd’hui, l’alliance des fondamentalistes se disloque, ce qui est une autre expression des contradictions au sein de l’appareil d’Etat.

Lorsque le richissime ex-premier ministre Nawaz Sharif est revenu au Pakistan, le 10 septembre dernier, il n’y avait pas plus de 5000 personnes pour célébrer son retour, et ce malgré la large couverture médiatique et les fabuleuses sommes d’argent destinées à promouvoir son « énorme » popularité.

Le régime de Musharraf s’est facilement débarrassé de Nawaz Sharif. En fait, ce dernier serait depuis longtemps tombé dans l’oubli sans l’aide de Benazir, qui n’a cessé de le présenter comme un partenaire important dans sa lutte pour la « démocratie ». Le principal objectif de Benazir était alors de faire alliance avec la droite pour empêcher toute radicalisation, au sein du PPP, contre sa politique collaborationniste. La base sociale de Sharif est essentiellement petite-bourgeoise.

Les médias et les petits-bourgeois radicalisés trompètent que jamais le retour de Benazir et la manifestation d’accueil n’auraient été possibles sans l’accord passé entre la dirigeante du PPP et Musharraf. C’est une insulte aux innombrables opprimés qui ont bravé tant d’obstacles et de difficultés pour se rendre à Karachi. Certes, l’Etat n’a pas opposé de grande résistance à la manifestation. Certes, les dirigeants bourgeois et petit-bourgeois du PPP, qui pensent aux élections législatives, ont investi beaucoup d’argent pour affréter des bus et fabriquer d’immenses bannières. Mais de plus grandes sommes d’argent ont été investies, par le passé, pour les rassemblements de Musharraf et de la Ligue Musulmane – avec des résultats incomparables à l’immense mobilisation suscitée par le retour de Benazir.

La faible résistance du régime à la manifestation du 18 octobre s’explique également par la division de l’Etat sur cette question. Ils craignaient qu’une tentative d’empêcher aux millions de personnes d’envahir les rues ne provoque une explosion sociale incontrôlable. De fait, aucun obstacle ne peut empêcher une foule aussi gigantesque d’aller où elle veut.

L’administration américaine n’a pas obligé Musharraf et Benazir à négocier un gouvernement de coalition dans le seul but de renforcer la position du régime dans la guerre contre les Talibans. La principale crainte des stratèges les plus sérieux de l’impérialisme, c’est la possibilité d’un soulèvement des travailleurs pakistanais contre les privatisations et toutes les autres attaques contre la classe ouvrière. Dans le seul secteur des télécommunications, 29 000 travailleurs sont licenciés dans le cadre de la privatisation. La même politique est en cours dans d’autres secteurs de l’économie. L’idée, par conséquent, c’est de partager le pouvoir avec Benazir et de s’appuyer sur son autorité pour lancer ces attaques criminelles contre les travailleurs.

Ce ne sera pas facile. Nous ne sommes plus en 1988 ou en 1993. Encore une fois, les attentats du 18 octobre ont montré à quel point la situation de l’Etat et de la société s’est détériorée. Et les masses ne veulent pas de ce scénario. Elles voteront pour Benazir parce qu’il n’y a pas d’alternative à ce stade. Mais si elles ont attendu Benazir pendant 30 heures, parfois sans eau, sans nourriture et sans sommeil, et si certains ont marché pendant des kilomètres et des kilomètres pour atteindre Karachi – ce n’est certainement pas en faveur des privatisations, des dérégulations, de l’inflation, du chômage et de la pauvreté. Elles ne sont pas venues pour soutenir la corruption, la « démocratie » libérale, les politiques capitalistes et la soumission aux impérialistes.

Sur la base du capitalisme, Benazir ne pourra pas se stabiliser à la tête de l’Etat pakistanais. La crise du capitalisme pakistanais exacerbe la terreur et le fanatisme religieux. L’économie est en ruine, minée par des déficits budgétaires et commerciaux historiques. Le renchérissement du pétrole et la crise économique mondiale ne peuvent qu’aggraver la situation de l’économie pakistanaise.

La société s’enfonce dans un profond malaise. La poursuite des politiques en cours ne peut qu’aggraver les contradictions. D’un côté, le chaos et l’anarchie peuvent pousser le Pakistan dans le cauchemar de la barbarie, dont les éléments ont fait une effrayante apparition dans les zones frontalières avec l’Afghanistan. Cependant, la mobilisation du 18 octobre montre l’autre face du Pakistan.

Le 10 avril 1986, Benazir avait déjà fait un retour célébré par une manifestation de plus d’un million de personnes. Le 11 avril, elle reconnut qu’elle aurait pu facilement prendre le pouvoir, la veille, si elle l’avait voulu. Elle avait raison ! Mais elle refusa de s’engager dans la voie révolutionnaire. Elle fut portée au pouvoir à travers un compromis avec l’appareil d’Etat et la classe dirigeante. Elle doucha les espoirs du peuple et s’efforça de maintenir le statu quo. Lorsque le mouvement reflua, elle fut renversée.

De nouveau, en 1993, Benazir fut portée au pouvoir par la pression des masses. Mais une fois de plus, elle se mit au service du système capitaliste. Allons-nous revivre le même scénario ? Ce cercle vicieux se répètera-t-il indéfiniment ? Nous ne le pensons pas. La misère et les souffrances sont trop immenses. Les conditions de vie sont intolérables. Les masses ont supporté une longue période de réaction et d’oppression. Il leur a fallu d’énormes efforts pour reprendre l’initiative, le 18 octobre. L’unité de millions d’opprimés leur donne une grande confiance et le sens de leur force collective. Si, à nouveau, Benazir trahit les espoirs qu’elle a soulevés, la révolte ne sera pas dirigée par l’Etat ou la réaction. L’opposition viendra de ceux-là mêmes qui ont fait un accueil triomphal à Benazir.

Aucune force réactionnaire, au Pakistan, n’aurait pu mobiliser autant de monde. Le peuple opprimé s’est mis en mouvement pour réclamer un changement. Il l’a fait à travers le PPP, conformément à ce qui constitue sa tradition politique depuis plus de trois générations. Si cela échoue, il n’ira pas, la prochaine fois, à l’aéroport de Karachi. Il occupera les usines, prendra le contrôle du réseau ferroviaire, des télécommunications et de l’industrie électrique. Il expropriera les impérialistes et les grands propriétaires terriens – comme en 1968-69, mais à un niveau plus élevé.

L’accord entre Musharraf et Benazir est très instable. Même s’ils s’efforcent d’agir conformément au scénario de Washington, c’est un chemin semé d’embûches. N’importe quel événement peut faire s’écrouler tout l’édifice – à commencer par un attentat terroriste. Mais même si cette alliance fragile passe le cap des élections et prend la forme d’un nouveau régime, ses chances de survie sont faibles, tant sont nombreux les périls intérieurs et extérieurs. Un soulèvement de masse la balayerait d’un seul coup. Les turbulences économiques et les convulsions sociales sont trop importantes pour l’attelage contradictoire concocté par l’administration américaine.

La classe ouvrière pakistanaise va prendre son destin en main et transformer la société. Une fois de plus, les événements ont confirmé les perspectives et la stratégie des marxistes du PPP. Leurs tâches historiques sont posées d’une façon plus concrète que jamais. La mobilisation du 18 octobre, à Karachi, a clairement montré ce que veut le peuple : la fin de l’exploitation, de la misère, de la maladie et de l’esclavage. Les marxistes y ont défendu l’alternative socialiste et révolutionnaire. L’expérience de la période à venir poussera de larges sections de la population sur la voie révolutionnaire. La tâche des marxistes est de les mener à la victoire – c’est-à-dire à la victoire de la révolution socialiste.

Lal Khan (PPP / The Struggle)

Publication : mardi 30 octobre 2007

par BANDERA ROSSA publié dans : pcfcapcorse
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Vendredi 28 décembre 2007
 Qui était Benazir Bhutto, tuée le 27 décembre 2007 à la suite d'un attentat-suicide qui a aussi causé la mort d'une quinzaine de personnes à Rawalpindi, dans la banlieue sud d'Islamabad ?

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Ici, quelques minutes avant l'explosion.                 
                                                                             


Benazir Bhutto, ancien premier ministre, dirigeait le Parti du peuple pakistanais (PPP):

Surnommée "Pinkie" quand elle était petite à cause de son teint rosé, est née en 1953 à Karachi, dans une famille de riches propriétaires terriens. Elle est la fille de Zulficar Ali Bhutto, premier homme à avoir été élu démocratiquement par le peuple en 1977 et est devenue une des principales figures de l'opposition pakistanaise.

Elle fait ses études à Harvard et Oxford, avant de revenir au Pakistan en 1977. Quelques semaines plus tard, les militaires prennent le pouvoir dans le pays. Son père est renversé par le général Zia ul-Haq et pendu en 1979.

 Alors qu'elle n'a que 24 ans, Benazir est envoyée en prison avec toute sa famille. Elle reste en prison et en résidence surveillée jusqu'en 1984, quand Zia l'autorise à partir en Grande-Bretagne, où elle est devient le leader en exil du mouvement qu'avait créé son père, le Parti du peuple pakistanais (PPP).

En avril 1986, Benazir Bhutto décide de forcer son destin politique et rentre au pays où elle est accueillie triomphalement. La revanche sur les militaires qui ont tué son père viendra le 17 avril 1988, quand Zia meurt dans un mystérieux accident d'avion. Le PPP remporte les législatives le 2 décembre. Benazir Bhutto devient premier ministre : c'est la première femme à diriger un pays musulman. Cette nomination irrite profondément les milieux islamistes, toujours puissants au Pakistan.


En 1990, elle est destituée de son mandat pour corruption et abus de pouvoir. Benazir Bhutto considère ces accusations, qui concernent également son époux Asif Alî Zadari, comme infondées et purement "politiques". Elle s'exile à Dubaï, puis à Londres, afin d'échapper aux poursuites de la justice pakistanaise. Nawaz Sharif devient premier ministre.

En exil, mais loin d'être absente, elle ne cesse de prendre publiquement position contre le régime militaire au pouvoir et de critiquer ouvertement l'islamisation insidieuse de la société pakistanaise. Des tensions entre Nawaz Sharif et le président provoquent de nouvelles élections. Le PPP les remporte et Benazir Bhutto revient à la tête du gouvernement en 1993.

Cette fois-ci, Benazir Bhutto évite de se confronter à l'armée et aux services secrets. Elle adopte une politique de fermeté face à l'Inde, mais soutient les rebelles islamistes cachemiris et la venue au pouvoir des talibans en Afghanistan. En termes de politique intérieure, sa relance de l'économie est un fiasco. Et après trois ans aux commandes du gouvernement, elle est de  nouveau destituée pour la mauvaise gestion.

En 1999, Mme Bhutto et son époux sont à nouveau tous les deux condamnés pour corruption. Bhutto conteste ce jugement et décide à nouveau de s'exiler. Elle dirige le PPP à distance depuis Londres et Dubaï. En 2002, elle a interdiction d'entrer sur le territoire pakistanais. De plus, le président Pervez Musharraf fait voter cette même année un amendement à la Constitution limitant à deux les mandats de premier ministre, ce qui interdit à Mme Bhutto tout retour au pouvoir.

En 2007, l'instabilité politique et le conflit avec les islamistes plonge le Pakistan dans un état de crise qui lui profite. Elle élabore une stratégie de retour politique. Pervez Musharraf, plus impopulaire que jamais, a besoin du soutien des Américains pour briguer un nouveau mandat. Washington impose une démocratisation du pays, que seule Benazir Bhutto peut accomplir. Elle est "la caution démocratique" de Musharraf.

Le 5 octobre 2007, Pervez Musharraf signe un décret d'amnistie qui marque l'abandon des poursuites à l'encontre de Mme Bhutto. M. Musharraf promet également d'abandonner ses fonctions militaires s'il est élu, et d'amender la Constitution pour que l'ancienne première ministre puisse exercer un troisième mandat - les conditions qu'impose Mme Bhutto pour un accord de partage de pouvoir. Elle a obtenu ce qu'elle souhaitait : elle revient le 18 octobre pour gouverner et, selon ses propres termes, "sauver la démocratie".

Après huit années d'exil et en dépit de menaces de mort proférées contre elle par nombre de groupes islamistes locaux, l'ancienne première ministre rentre en larmes, jeudi 18 octobre, dans son pays d'origine.

Une dizaine d'heures plus tard, dans la nuit du 18 au 19 octobre, alors que le Pakistan fête son retour, un attentat a été perpétré contre le poids lourd blindé dans lequel elle se trouvait, à Karachi. Mme Bhutto sort indemne de cet attentat-suicide, qui fait 139 morts et près de 400 blessés.

 

 

 

par BANDERA ROSSA publié dans : pcfcapcorse
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Mardi 25 décembre 2007
En Bolivie, la démocratie en péril, par Danielle Mitterrand

LE MONDE | 21.12.07  
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 Comme l'Europe l'a appris cruellement à ses dépens, la démocratie a sans cesse besoin d'être vécue, réinventée, défendue aussi bien à l'intérieur de nos pays démocratiques que dans le reste du monde. Aucune démocratie n'est une île. Les démocraties se doivent mutuellement assistance. Aujourd'hui, j'en appelle donc à nos dirigeants et à nos grands organes de presse : oui, je l'affirme, la jeune démocratie bolivienne court un mortel danger.
 
 En 2005, un président et son gouvernement sont largement élus par plus de 60 % des électeurs, alors même qu'une grande partie de leurs électeurs potentiels, indigènes, ne sont pas inscrits sur les listes électorales, car ils n'ont même pas d'état civil. 

 Les grandes orientations politiques de ce gouvernement ont été approuvées massivement par référendum avant même cette élection, et notamment la nationalisation des richesses naturelles pour une meilleure redistribution et la convocation d'une Assemblée constituante. 

 Pourquoi une nouvelle Constitution est-elle indispensable ? Pour la raison bien simple que l'ancienne Constitution date de 1967, une époque où, en Amérique latine, les populations indigènes - qui représentent en Bolivie 75 % de la population - étaient totalement exclues de toute citoyenneté. 

 Les travaux de l'Assemblée constituante bolivienne ont été depuis les origines constamment entravés par les manoeuvres et le boycottage des anciennes oligarchies, qui ne supportent pas de perdre leurs privilèges économiques et politiques. L'opposition minoritaire pousse le cynisme jusqu'à travestir son refus de la sanction des urnes avec le masque de la défense de la démocratie.

Elle réagit par le boycottage, les agressions dans la rue, l'intimidation des élus, dans le droit-fil des massacres perpétrés sur des civils désarmés par l'ancien président Sanchez de Lozada en 2003, lequel est d'ailleurs toujours poursuivi pour ces crimes et réfugié aux Etats-Unis.

A la faveur d'un chaos soigneusement orchestré renaissent les menaces séparatistes des provinces les plus riches, qui refusent le jeu démocratique et ne veulent pas "payer pour les régions pauvres".

Des groupes d'activistes néofascistes et des bandes paramilitaires subventionnées par la grande bourgeoisie et certains intérêts étrangers installent un climat de peur dans les communautés indigènes. Rappelons-nous ce que sont revenus la Colombie et le Guatemala, rappelons-nous surtout la démocratie chilienne, assassinée le 11 septembre 1973 après un processus identique de déstabilisation.

On peut tuer une démocratie aussi par la désinformation. Non, Evo Morales n'est pas un dictateur. Non, il n'est pas à la tête d'un syndicat de trafiquants de cocaïne. Ces images caricaturales sont véhiculées chez nous sans la moindre objectivité, comme si l'intrusion d'un président indigène et la montée en puissance de citoyens électeurs indigènes étaient insupportables, non seulement aux oligarchies latino-américaines, mais aussi à la presse bien pensante occidentale.

Comme pour démentir encore plus le mensonge organisé, Evo Morales appelle au dialogue, refuse d'envoyer l'armée et met même son mandat dans la balance.

J'en appelle solennellement aux défenseurs de la démocratie, à nos dirigeants, à nos intellectuels, à nos médias. Attendrons-nous qu'Evo Morales connaisse le sort de Salvador Allende pour pleurer sur le sort de la démocratie bolivienne ?

La démocratie est valable pour tous ou pour personne. Si nous la chérissons chez nous, nous devons la défendre partout où elle est menacée. Il ne nous revient pas, comme certains le prétendent avec arrogance, d'aller l'installer chez les autres par la force des armes ; en revanche, il nous revient de la protéger chez nous avec toute la force de notre conviction et d'être aux côtés de ceux qui l'ont installée chez eux.

Danielle Mitterrand est présidente de France Libertés.

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3232,36-992367,0.html

par BANDERA ROSSA publié dans : pcfcapcorse communauté : Un PCF de lutte des classes !
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Mardi 25 décembre 2007
"La résistance fait partie de notre culture et de notre histoire."    
                                                                                                        pcliban.jpg

Interview de Khaled Hadadeh, secrétaire général du PCL, parti communiste libanais

par Chris Den Hond, Mireille Court et Nicolas Qualander
traduction de l'arabe par Hussein Sabbah


Le Parti communiste libanais participe à la résistance contre l'occupation israélienne, résistance politique, sociale, mais aussi armée, malgré le peu de moyens dont il dispose. Nous avons passé une journée entière à Jamaliya, dans la vallée de la Bekaa, où 7 militants communistes sont tombés les armes à la main lors d'une opération israélienne en août 2006. Nous avons aussi rencontré Khaled Hadadeh, secrétaire général du PCL.

Est-ce que la diplomatie française sous Sarkozy est différente de celle de Chirac ou de Bush concernant le Moyen Orient?
On constate une modification de la façon dont le gouvernement français exerce sa politique au Liban et au Moyen Orient en général, mais ce n'est pas un changement important. C'est plutôt une réponse à ce qui s'est passé en Irak. Avec le recul de la mainmise nord américaine, il semble que l'Union européenne essaie de profiter de cette faiblesse pour regagner un peu de terrain perdu. J'ai l'impression que le nouveau gouvernement français essaie de compenser ce qu'il a perdu pendant l'occupation de l'Irak et la chute de Saddam Hussein, mais cela ne change pas grande chose dans le conflit israélo-arabe. L'Union européenne a toujours les mêmes relations, les mêmes points de vue dans l’ensemble que le gouvernement nord américain, comme s'ils étaient en train de se compléter pour défendre les intérêts d'Israël dans la région. La solution de paix, prônée par l'UE et le gouvernement américain, vise à préserver les intérêts israéliens militaires et politiques dans la région.

Dans un communiqué de presse récent, le PCL se dit partisan d'une modification de la constitution pour changer le modèle confessionnel au Liban. Pourquoi?
Le modèle confessionnel au Liban est à l'origine de problèmes et de guerres civiles depuis la création du grand Liban en 1926. C'est le représentant du mandat français au Liban qui l'a imposé et jusqu'à aujourd’hui les guerres civiles à caractère confessionnel se succèdent. La classe politique au Liban est comme une classe de féodaux, où des groupes humains géographiquement bien délimités suivent un chef politique ou tribal et où le régime libanais reflète une union de ces chefs féodaux qui représentent les intérêts de leur propre groupe communautaire. En plus, cette logique pousse les chefs de sectes à chercher l'appui de forces étrangères pour consolider leur pouvoir. Cette composition confessionnelle rend le Liban instable, ce qui est renforcé encore par l'instabilité régionale. N'importe quel changement dans le rapport de force régional se reflète au Liban en guerre civile, parce que le Liban est le maillon faible de la région avec le système politique le plus fragile. Nous pensons que ce système confessionnel et clientéliste est devenu la cause principale du problème du Liban. Nous proposons un début de solution pour établir un système laïc et démocratique au Liban, en se basant sur une réforme politique qui abandonnerait le système confessionnel et qui établirait une nouvelle loi électorale, basée sur la proportionnalité. Un Sénat pourrait alors représenter les intérêts des différentes confessions.

Le PCL s'est déclaré partisan de la résistance contre Israël?
Le Parti communiste ne soutient pas seulement la résistance, nous avons initié la résistance. Nous avons commencé dans les années 60 avec la création de la garde populaire pour faire face aux agressions israéliennes au Liban. Lors de l'invasion israélienne au Liban en 1982, le Parti et d’autres organisations communistes ont lancé le Front de la résistance nationale libanaise qui a libéré Beyrouth et la partie du Liban occupé jusqu'à la rivière Litani entre 1982 et 1985. La résistance contre l'occupation étrangère fait partie de notre culture et de notre histoire. Nous luttons également pour un changement démocratique à l'intérieur du Liban. Ce qui distingue notre résistance nationale par rapport à la résistance actuelle dominée par le Hezbollah, est que la résistance que nous voulons est une résistance avec un aspect national global et pas un aspect confessionnel. La résistance qu'on a voulu est une résistance qui fait le lien entre la libération des territoires occupés et le changement démocratique laïc interne au Liban. Mais nous nous considérons toujours comme faisant partie de la résistance, même si notre participation dans la dernière période est plus ou moins faible en raison de la faiblesse de nos moyens logistiques.

Au Liban les partis politiques présents, sauf le Parti communiste libanais, sont tous des partis à caractère confessionnel. Le Hezbollah n'est pas le seul parti islamique. Le Courant du futur, présidé par Monsieur Hariri, est un courant sunnite, donc un courant islamique. Ce courant devient même un espace pour l'émergence des courants islamiques intégristes comme Al Qaida. Le Parti socialiste est un parti des Druzes, qui défend le point de vue druze. Les Forces libanaises, c'est un parti intégriste chrétien. Tous les partis libanais sont des partis à caractère confessionnel, pas seulement le Hezbollah. Notre parti a payé le prix fort pour sa position laïque et démocratique. Dans les années 80, il y a eu des confrontations entre nous et les forces chiites, Amal et Hezbollah. Dans les années 70, il y a eu des confrontations avec les forces chrétiennes. Nos camarades d'origine chrétienne ont été tués ou chassés de leur domicile dans la région dominée par les Forces libanaises. Les intégristes sunnites qui sont maintenant avec le courant de Hariri et le Courant du futur à Tripoli nous ont fait payer un prix très cher en tuant nos camarades à Tripoli. Toutes ces forces intégristes confessionnelles ont assassiné nos camarades.

Le Hezbollah a changé?
Avec le Hezbollah, la situation est un peu différente. Depuis les années 80, le Hezbollah a changé. Il a changé ses relations avec notre parti et les autres forces de la résistance. Je pense que le Hezbollah est persuadé qu'il ne peut pas créer un Etat islamique au Liban. Hassan Nasrallah l'a dit pendant son dernier discours lorsqu'il a parlé de deux vérités. Il n'évoque pas l'idée d'un Etat islamique ce qu'il avait fait dans une autre période quand d'autres clans évoquaient un Etat pour les chrétiens ou que chaque région soit dirigée par un clan. Nasrallah a abandonné cette option. Il appelle à un Etat partagé par tous les Libanais. Il a aussi mis l'accent sur le rôle national de la résistance à travers les partis qui l'ont initiée, donc à travers notre parti. Finalement la relation entre le Hezbollah et le PCL pendant la dernière guerre a créé des liens plus étroits entre nos militants et les partisans du Hezbollah. Ces facteurs nous poussent à dire que la possibilité de travailler ensemble entre le Parti communiste libanais et le Hezbollah est réelle. Bien sûr que cette coopération ne va pas se transformer en alliance forte entre les deux partis. Il reste des problèmes sérieux. Le Hezbollah ne fait pas suffisamment le lien entre le processus de libération de l'oppresseur étranger et le processus de changement démocratique et social au Liban.

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par BANDERA ROSSA publié dans : pcfcapcorse communauté : Un PCF de lutte des classes !
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