Jeudi 26 avril 2007

PRESIDENTIELLES:   

                                                   REFLEXIONS

1) RESULTAT d'UNE STRATEGIE

1,93% : le résultat d’une stratégie suicidaire.
Communistes, défendons et reconquérons notre parti !
Déclaration, le 24 avril 2007, à l’occasion du CN du PCF

Nous ne pouvons pas et nous ne devons pas laisser dire que l’échec cuisant de la candidature de Marie-George Buffet à la présidentielle représente une nouvelle « défaite historique » pour le PCF et tout ce qu’il représente dans notre pays. Tout simplement parce que c’est faux.
Le 1,93% ne sanctionne pas le PCF, mais au contraire la stratégie d’effacement du PCF, de négation de l’identité communiste poursuivie et aggravée à l’occasion de l’élection.
La direction du PCF a placé les communistes devant le fait accompli. Elle porte l’entière responsabilité d’un résultat lourd de conséquences pour le Parti et pour le pays et ne saurait maintenant se réfugier sous l’excuse du rouleau compresseur du « vote utile » que contredit le résultat de Besancenot.
Pendant six mois, elle a embourbé les communistes dans les querelles politiciennes des « collectifs antilibéraux », avant de déboucher, à reculons, sur la candidature de Marie-George, non comme candidate communiste, mais comme candidate d’une « gauche populaire antilibérale » que personne n’a pu identifier. Marie-George s’est mise en congé de sa responsabilité au PCF.

L’élimination méthodique de la référence communiste de la campagne a semé le trouble parmi les électeurs et les camarades. Sa réintroduction dans les derniers jours, sans doute pour « limiter les dégâts » annoncés par les sondages désastreux, a été trop tardive et timide pour changer quelque chose.

Ce n’est pas qu’une question de nom. Les orientations de campagne ont tourné le dos au contenu et à ce qui fait l’utilité du vote communiste.
En faisant du rassemblement de « toute la gauche » dans les institutions la condition du changement, la « gauche populaire antilibérale » a nourri elle-même la logique du vote utile à ses dépens. Elle s’est évertuée à réhabiliter le schéma politicien de l’alternance et la « gauche du oui », à contre-courant de la dynamique des luttes et de sa recherche de perspective politique.
Elle a dévalorisé la portée du NON du classe de 2005 en s’inscrivant dans la perspective de renégociation de la constitution de l’UE, au nom d’un illusoire « traité constitutionnel des peuples », le directeur de campagne allant même jusqu’à se déclarer « farouchement pro-européen » à la télévision. Dans cet état d’esprit, comment proposer une voie efficace pour combattre par exemple la marchandisation du gaz et de l’électricité au 1er juillet ?
La « gauche populaire » s’est détournée des positions communistes fondamentales et d’un programme de rupture anticapitaliste. Des mots comme « nationalisations », « propriété publique des moyens de production et d’échange», défense et rétablissement des monopoles publics, semblaient tabous, alors même que le cas d’Airbus les remettait à l’ordre du jour dans l’opinion publique.
Elle s’est aussi désolidarisée publiquement de la révolution cubaine, pourtant socle de tout le mouvement émancipateur en Amérique latine.

Nous accusons la direction du PCF d’avoir privilégié ses projets de recomposition politique au nom d’un « rassemblement antilibéral » en écartant les possibilités réelles de renforcement du parti.
Le développement de grandes luttes depuis 2002, la mise en échec du CPE, le NON majoritaire à la « constitution » européenne, le rejet croissant de la mondialisation capitaliste et de ses effets, toute la situation sociale appelait à une candidature clairement communiste, sur des propositions communistes.
La direction a refusé de permettre aux communistes, y compris au Conseil National, de se prononcer sur ce choix d’évidence. C’était la condition de la remontée de notre influence électorale. Nous en sommes plus convaincus que jamais.

La direction du PCF est désormais disqualifiée et sa stratégie est à nue. L’ensemble des choix opérés depuis 10 ans d’abord au nom de la « Mutation », maintenant du « rassemblement antilibéral » portent la disparition du PCF.
Le résultat désastreux du 22 avril ne doit pas servir de prétexte à une nouvelle fuite en avant.
Le « rassemblement antilibéral » et l’opération politicienne des « collectifs » ont fait la démonstration qu’ils représentent l’inverse du rassemblement du monde du travail pour combattre la politique au service du capital.
Nous dénonçons toute opération de recomposition politique « à gauche », avec des franges de la social-démocratie, supplantant le PCF, comme en Italie ou en Allemagne, à l’image du Parti de la gauche européenne.

Nous dénonçons aussi toute tentation de réduire le PCF à un syndicat d’élus satellisé au PS, aussi « radical » que le Parti radical de gauche.
Pour les communistes, l’heure doit être à la défense et à la reconquête de leur parti, acquis irremplaçable du mouvement ouvrier dans notre pays.
Dans l’immédiat, nous appelons les communistes à s’engager pour faire barrage à la droite de Sarkozy et à imposer pour les élections législatives des candidatures communistes sur un programme communiste dans toutes les circonscriptions.
La direction devra rendre des comptes. La question n’est pas de tenir un congrès extraordinaire organisé dans la précipitation et dont elle tirerait à nouveau toutes les ficelles. Les communistes ont besoin d’un congrès mettant à l’ordre du jour le bilan de toute la Mutation depuis au moins le 30ème congrès de Martigues et engageant tous les communistes, y compris les 85% des effectifs de 1994, que la « Mutation » a écartés du parti.

Dans les semaines et mois qui viennent, nous appelons les communistes à faire vivre même contre la stratégie de la direction. Nous appelons à reconstituer sur des bases de lutte, dans les entreprises et les quartiers, les organisations du Parti, cellules, sections abandonnées par la « Mutation ». C’est la seule façon pour les communistes de se réapproprier cet outil indispensable pour mener le combat contre la mondialisation capitaliste. La situation politique, le mouvement populaire l’exigent. Les lendemains d’élections s’annoncent durs pour le monde du travail.
Le monde du travail, les victimes de l’exploitation capitaliste, le pays tout entier ont plus que jamais besoin d’un parti communiste qui forge son action et des propositions dans la lutte des classes. Ils n’ont pas besoin d’une nouvelle mouvance social-démocrate.

Faisons vivre l’expression et l’organisation communistes ! Préservons l’avenir du PCF. Assumons nos responsabilités de communistes !

Pour notre part, membres du Conseil national du PCF, élus sur la liste alternative, sur la base du texte de congrès « Remettons le PCF sur les rails de la lutte des classes », nous nous mettons à la disposition des communistes dans cet objectif.

Stéphane AURIOL, fédération de Paris, collectif PCF-RATP-Bus
Emmanuel DANG TRAN, fédération de Paris, section Paris 15ème
Fabienne DEBEAUVAIS, fédération de la Somme, section d’Amiens
Claude FAINZANG, fédération de Paris, section Paris 19ème


2)Affligeant mais éclairant

Réflexions après le Conseil national du PCF du 24 avril 2007

Ils sont contents d’eux ! Le 1,93% ne suscite aucune remise en question du côté des dirigeants nationaux du PCF. Au contraire, ils n’ont cessé au CN d’hier de se féliciter de leur « formidable » campagne. A peine certains expriment-ils une déception devant le score. Pas mérité, trop injuste ! Mais il y a des forces majeures contre lesquelles on ne peut rien : les media et surtout le « vote utile ».

Pourtant la logique du « vote utile » n’a pas balayé tout le monde et notamment pas Besancenot qui gagne 300000 voix. Pourquoi ? Pas de réponse du côté de l’équipe de campagne de Marie-George. Quelques membres du CN se hasardent à avancer des explications : les media, encore eux, auraient joué pour Besancenot parce qu’il n’a pas fait sa priorité du rassemblement et de la victoire de « toute » la gauche (derrière Ségolène). Aveu implicite que la campagne de Buffet aurait elle-même alimenté le vote utile !
Je renvoie à notre déclaration commune pour notre analyse sur les causes de l’échec cuisant et la stratégie suicidaire (meurtrière) poursuivie pendant la campagne par la direction. Mais à quoi et à qui est destinée cette véritable méthode Coué ?
Une seule chose a changé dans le discours de la direction depuis décembre. Pendant quatre mois, elle a éliminé toute référence au PCF, Marie-George allant jusqu’à se défendre dans les media d’être la candidate du Parti. Souvenons-nous que dans les consultations de l’automne, le nom de Marie-George était proposé comme « candidate antilibérale », elle-même se mettant en congé du PCF. Cette stratégie d’effacement et d’abandon du contenu du vote communiste sont, selon nous, les premières causes de l’échec. Dans les dix derniers jours de la campagne, alors que les sondages étaient au plus bas, la référence communiste est revenue timidement, en petit, « en bas de l’affiche ». Depuis dimanche soir et singulièrement au CN, la direction ne parle plus que du résultat du PCF, du recul du « vote communiste ».
On voudrait faire porter au Parti communiste le chapeau du naufrage électoral de la « gauche populaire et antilibérale », on ne s’y prendrait pas mieux ! La direction pratique elle-même la pédagogie de la fatalité du recul du PCF.
Puisqu’elle exclut toute autocritique, logiquement, la direction entend poursuivre la même stratégie comme si de rien n’était. Pour le second tour, elle reprend le slogan « battre la droite et réussir durablement à gauche ». Quand il faudrait appeler à faire barrage à Sarkozy, parce qu’il porte outrageusement les options du MEDEF et de l’impérialisme, la direction continue d’entretenir l’illusion d’une véritable politique « de gauche » avec le social-libéralisme, hier engagé pour le OUI, aujourd’hui tendant la main à Bayrou ! Les remettre à « gauche » du haut du 1,9%, comme c’est crédible ! On continue à se détourner des luttes qui seront pourtant décisives dans tous les cas de figure. Même stratégie égale mêmes résultats prévisibles, notamment pour les législatives, avec des nuances locales, espérons-le.
Le CN a décidé de la tenue d’un congrès extraordinaire à la fin de l’année, en se laissant des marges sur les dates et son organisation. A priori, c’est une décision inévitable à laquelle nous appellerions dans le cadre d’un fonctionnement normal pour que la direction rende des comptes et en tire les conséquences. Mais on peut se douter que ce ne sera pas l’ordre du jour et l’on connaît la capacité des directions à boucler un congrès (malgré des failles). A la suite du CN, on peut envisager pire que la continuité. Plusieurs intervenants autorisés ont évoqué un congrès « ouvert » à des non-communistes, vraisemblablement de la gauche social-démocrate « antilibérale ». D’autres ont mentionné la tenue fixée d’un congrès du PGE à l’automne que suivrait le congrès extraordinaire. On sait que la « recomposition » des gauches avec l’éradication des partis communistes est en route en Europe et que le PGE en est un acteur zélé. Le PDS allemand finit de se dissoudre dans le « parti de la gauche » ouvertement social-démocrate et pro-européen. En Italie, Refondation communiste prépare la même transformation.
La direction du PCF envisage-t-elle un même scénario que ses comparses du PGE, d’autant plus si le rapprochement PS-UDF se concrétisait ? C’est ce que l’on pourrait déduire de l’intervention au CN de Jean-François Gau, un des inventeurs de la Mutation. Il estime que la « question de la raison d’être du PCF est posée comme elle se pose dans tous les pays ». L’adhésion à une « gauche antilibérale » pourrait ne pas être incompatible avec le maintien d’un PCF croupion, syndicat d’élus satellisés au PS, mais gardant la propriété du nom. Ce choix n’est évidemment pas incompatible non plus avec le pôle de « radicalité » que réclament les refondateurs, précurseurs du processus de liquidation qui adoptent maintenant, c’est cocasse au CN, une posture d’opposants gauchistes.
Un communiste averti en vaut deux. Alors avec 10 ans d’expérience de la mutation-liquidation du Parti ! Nous connaissons aussi très bien la méthode utilisée par la direction pour se déjouer des résistances des communistes : la mise à l’écart graduelle des opposants. La dévitalisation des organisations de base du Parti éloigne les militants les plus engagés dans les luttes. A chaque congrès, à chaque stade de la mutation, des camarades opposants s’en vont. Aujourd’hui, 90% des effectifs de 1994 ont disparu. A chaque étape, la direction s’appuie sur l’attachement au Parti (parfois matériel), du légitimisme d’un nombre suffisant de ceux restent. Un des objectifs de la direction dans la campagne, pensons à Bercy, a bien été de ressouder à elle des milliers d’adhérents et de les associer au résultat. Elle a même joué pour cela de la peur de disparition du parti que ses propres orientations favorisent. En décembre, la réaction de milliers de communistes (d’ex et de sympathisants), la persistance du phénomène communiste, ont mis en échec l’opération d’élimination du Parti avec les collectifs antilibéraux. Pendant la campagne, la direction s’est évertuée à atténuer la crise de confiance pour mieux aller dans la même direction.
Pourquoi rester dans cette galère nous demande-t-on souvent ? Parce que le parti communiste est un outil irremplaçable au monde du travail pour combattre le capitalisme. L’acharnement anticommuniste, sans rapport avec le 1,9% le confirme. Parce que le PCF est un acquis politique également irremplaçable (pour un bon moment encore) du mouvement ouvrier en France par ce qu’il représente dans l’Histoire et l’inconscient collectif du pays. Les limites des expériences de certains de nos (bons) camarades à reconstituer un PC en dehors me le confirment. Parce que la direction du Parti arrive à des contradictions insurmontables dans son processus de liquidation. La question du nom, de sa signification (même si elle s’applique à la dévaloriser) est essentielle. Peut-on se dire communiste et être opposé à la propriété collective des moyens de production et d’échange ? Parce que peu à peu, avec retard et frustration, de plus en plus de communistes s’organisent et se coordonnent pour faire face et défendre leur parti. Les grains de sable ont commencé à s’agréger au 33ème congrès.
Un camarade me disait : « heureusement que les séances du CN ne sont pas retransmises à la télé ; ça dégoûterait les collègues et les camarades ». Il n’y a aucune possibilité de remettre l’appareil dirigeant sur les rails de la lutte des classes. Il n’y a aucune chance d’y remettre le parti par une bataille d’appareil. Je ne me suis jamais fait la moindre illusion là-dessus. La perspective est dans notre capacité à faire vivre le point de vue communiste malgré la ligne de la direction, en contradiction avec l’idéologie dominante de la mondialisation capitaliste et de son relais européen, l’UE. Elle est dans notre capacité à faire vivre nos organisations du parti, cellules, sections, groupes…, malgré la stratégie de la direction, sur des bases de classes et sur le lieu de l’exploitation, à faire des (ré)adhésions. C’est en étant fidèles à notre engagement que nous pourrons sauvegarder et reconquérir le PCF, plus que jamais nécessaire face au capitalisme mondialisé. Tout pas dans ce sens est déjà valable en lui-même.

Emmanuel DANG TRAN, secrétaire de la section PCF Paris 15, membre du CN du PCF


Derniers documents mis en ligne sur le site du PCF Paris 15: http://pcf-paris15.over-blog.com/

2) Que faire ?

Il faut avoir le courage de faire un bilan réel. Il est bien tard, qu’est ce qui est encore possible ?
Si l’on veut construire il faut dès maintenant avoir le courage d’adopter une position politique et s’y conformer en sachant qu’il sera difficile dans le moment présent d’inverser la tendance parce qu’il y a une vague et que les institutions françaises (merci Jospin et le quinquennat) ne peuvent que l’amplifier. Il faut donc tenir bon sur les fondamentaux. Par exemple ne pas mégoter et jouer dans l’immédiat la gauche contre la droite. Arrêter de casser Ségolène Royal, elle est ce qu’elle est, une créature médiatique, montée de toute pièce par les médias de droite pour fournir à Sarkozy une adversaire aisément contournable. Mais il faut pourtant mener le combat droite-gauche.
Il faut, comme l’a très bien dit Marie Georges Buffet sur le plateau d’Antenne 2, ancrer à gauche, non pas pour gagner (est-ce possible ?), mais pour construire l’avenir. Pour gagner, si quelqu’un croit encore à la victoire de Ségolène Royal, elle va tenter de récupérer son électorat parti chez Bayrou qui par parenthèse a joué le plus mauvais des tours au PS (comme les bovétistes à la Perreux l’ont joué au PCF) . Oui Marie-Georges avait raison de réclamer un ancrage à gauche mais elle aurait du penser durant sa campagne à faire appel à ses propres fondamentaux communistes. Il suffit de relire les professions de foi des candidats, le PCF ne dit pas un mot aux communistes, ignore totalement les enjeux internationaux dans les temps d’immigration et de délocalisation, le PS ne prononce pas le mot gauche. Pourtant la règle absolue dans un premier tour est de rassembler son propre camp.
Dans un deuxième tour il faut rassembler sur une base commune, c’est la gauche contre la droite.
Et de surcroît il faut poser les jalons de l’avenir : les combats qu’il va falloir mener contre la politique de la droite et du patronat qui va déferler.
Leur vision est claire, simple, ils disent : pour lutter contre le chômage dans le cadre de la mondialisation, il faut que l’Europe et la France présentent la même exploitation de la force de travail que les pays sous-développés et émergents. C’est d’ailleurs pour cela qu’ils ont besoin de l’immigration y compris qualifiée : pour faire pression sur le salariat de notre pays. Pour eux, pour que leurs profits augmentent, pour que la bourse atteigne de nouveaux records il faut que dans l’entreprise se dégage toujours plus de profit pour les actionnaires. Nous ne pouvons pas être simplement anti-libéraux, il faut que nous soyons anti-capitalistes et anti-impérialistes. C’est à ce prix là que nous comprendrons l’offensive que nous allons subir.
Tout ce qui laissera planer le doute sur la nature de ce à quoi nous sommes confrontés ne pourra qu’entretenir le glissement à droite parce qu’il repose sur une interprétation : face aux choix du capital et de la droite, au lieu de les affronter, est entretenue l’idée que l’on peut préserver une niche en continuant à piller le tiers-monde, et en haïssant ces immigrés qui viennent nous voler notre pain. La droite flatte cette vision, la développe, se nourrit des divisions entre les exploités, les pauvres. Et objectivement conduit toute la troupe vers sa politique. Cette politique affirme que l’on ne peut vaincre le chômage qu’en augmentant les profits et en réduisant les avantages sociaux pour nous mettre en situation de concurrence parfaite avec la Chine ou l’Inde...
Parce que nous n’avons pas depuis des années mené ce combat anti-capitaliste, parce que nous avons joué les dames patronnesses, le glissement à droite se poursuit et risque de s’amplifier.
Aujourd’hui il faut l’affronter mais en posant dès aujourd’hui les jalons des batailles indispensables que nous ne pouvons éviter. La France A VOTE et même voté en masse.
Comment sommes nous passés de la France du 29 mai, celle du NON à la Constitution, à la France du 22 avril où les partisans du OUI font 75% des voix ? Et dans les 25% restant non seulement il y a les 11% de Le Pen mais un Villiers qui passe devant les communistes ? Rien de plus simple, un certain nombre de gens ont été la grenouille qui voulait se faire aussi grosse que le bœuf, ce n’était pas un vote de gauche mais un vote de classe, et celui d’une jeunesse à qui l’on demande de s’ajuster à la crise. Personne et surtout pas les collectifs anti-libéraux ne pouvaient se l’attribuer. [1]
Rarement on aura vu un tel coup de volant à droite. Ce n’est pas seulement la France des beaux quartiers qui a choisi une aventure bonapartiste, mais celles des cités, les jeunes sont allés s’inscrire en masse pour être sûrs que la droite triompherait, car elle fait plus de 60%.Cela dit je crois, une analyse fine permettra d’en juger qu’il y a eu une sorte de chassé croisé, pendant qu’une partie des nouveaux inscrits se précipitaient pour voter pour le PS dès le premier tour, une bonne partie des vieux électeurs de ce parti se jetaient dans le vote Bayrou... Le « vote utile », la méconnaissance totale des petits candidats comme MGB faisaient le reste. A l’inverse de la LCR qui a encore quelque audience dans la jeunesse lycéenne, le PCF n’a plus aucune visibilité dans les quartiers populaires, que ses cellules ont déserté, sans parler des entreprises...
Nous en sommes là. Ce qui a été fondamental c’est l’idée d’une France assiégée par les hordes barbares et le choix d’un homme fort capable de faire ce qu’il fallait. Quitte à découvrir demain qu’il nous mène plus avant dans la tempête de la mondialisation capitaliste, derrière la folie meurtrière des Etats-Unis.
Ce qui va se passer est évident : le patronat, l’Europe anti-libérale vont nous infliger « leurs réformes », mettre tout en œuvre pour que gonflent les profits. Le premier constat que nous devons faire est que le patronat, la droite se situent dans la mondialisation, pour mieux exploiter, pour détruire la planète, porter la guerre, il faut donc que nous leur répondions à ce niveau. Nous ne pouvons plus être aussi incompétents, aussi ignorants des enjeux internationaux dans un temps où cela nous conduit à ne pas pouvoir répondre par exemple à des questions aussi essentielles que les délocalisations, ou l’immigration, voire la paix et la guerre.
Ce qui nous a manqué c’est un parti communiste fort, capable lui aussi de mener des luttes offensives sur le fond et pas seulement dans la marginalité, celle dont personne ne veut. Un parti communiste qui ne se laisse pas ballotter au gré des vents, qui sacrifie tout à des alliances avec des gens au demeurant sympathiques mais en qui personne n’a confiance... Ce parti communiste là n’existe plus. On l’a détruit, il est inutile de le regretter.
Le seul qui dans ce camp ne connaît pas une totale débâcle est Olivier Besancenot, ça aussi c’était prévisible parce qu’il est le seul à avoir su se dégager du magma de l’union anti-libérale alors que le PCF non seulement n’a pas pu ou n’a pas su à temps (à la fête de l’Huma) prendre la décision qui s’imposait, à savoir que ce rassemblement ne menait à rien, mais l’a payé au prix fort de sa propre division. Et il va le payer au prix fort des législatives parce qu’un grand nombre de ses députés ne se représentent pas et qu’il y a en embuscade, pour achever la bête, tous ceux qui n’ont cessé de trahir, de fournir des troupes dérisoires à un José Bové. Olivier Besancenot, dégagé de ce magma, a eu un langage clair de communiste. Il faut en tirer leçon et voir sur quelles bases on peut effectivement rassembler. En étant bien entendu qu’il y a des rassemblements qui affaiblissent.
Quelle que soit la sévérité de ce diagnostic il faut désormais avancer, le pessimisme est un luxe que nous ne pouvons plus nous permettre, il va falloir résister sur les fondamentaux, l’emploi, le pouvoir d’achat, le logement mais il va falloir le faire en imaginant l’avenir, le socialisme du XXI e siècle. Et se dire que la question qui nous est posée est aussi celle de la survie de l’humanité. Serons-nous capables de ce mélange de réalisme têtu et de vision large ?
Ultime question, ce texte, cette interrogation, cette contribution au débat, sera-t-il une fois de plus censuré avec tant d’autres parce que le pouvoir fut-il celui d’un roitelet de groupuscule ne veut entendre que sa chanson ? 
                             Danielle Bleitrach, universitaire 

[1] Je vous avais écrit un texte intitulé « la catastrophe imminente sans moyens de la conjurer » pour que vous arrêtiez vos petits jeux anti-libéraux et vos divisions sur n’importe quoi. Je vous avais également dit que le PCF ne ferait pas plus de 2% et vous me répondiez exaltation de meeting, vous tourniez en rond dans de tout petits cercles en rupture complètement avec le reste du pays Il faut arrêter ces folies. Regardez le score de Bové dont l’audience médiatique était paraît-il si importante, ne voyez-vous pas qu’il y a des notoriétés qui repoussent plus qu’elles n’aident ? Ce monde de baba cool est vieillissant, pas en phase avec l’angoisse qui est celle des petites gens. Et il n’y a pas qu’en France, j’ai reçu comme beaucoup d’entre vous les votes des Français de Caracas et ceux du Chili, ils ressemblent étrangement à ceux de la France, les nouveaux inscrits semblent un peu plus être allés vers la gauche mais pour revenir à Bové celui que l’on nous présentait comme le « hérault » de l’Amérique latine a fait un bide dans ce continent qui visiblement prend la lutte contre l’impérialisme un peu plus au sérieux que nous ne le faisons.


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Jeudi 26 avril 2007
Le vrai Sarkozy : ce que les grands médias n’osent pas ou ne veulent pas dévoiler, par Marianne.




Betapolitique blog politique connectif
Nicolas Sarkozy et la scientologie.

- Nicolas Sarkozy, la laïcité, les sectes et la scientologie... par Raphaël Anglade.
www.betapolitique.fr

- Le magazine d’investigation de canal + « 90 minutes » a révélé que pendant le mandat de Nicolas Sarkozy au ministère de l’intérieur, la surveillance autour de l’église de scientologie s’était curieusement relâchée comme le confirme la mise à l’écart d’un policier spécialement chargé de ce dossier.
www.dailymotion.com
- Dossier "Sarkozy et les sectes" : Nicolas Sarkozy et certains de ses soutiens politiques doivent donc expliquer aux Français les motivations qui les ont poussés à plusieurs reprises à prendre des décisions et à agir d’une façon qui semble à priori plutôt favorable aux Témoins de Jéhovah et à l’église de Scientologie.
http://sarkozynews.canalblog.com





Nicolas Sarkozy, la laïcité, les sectes et la scientologie...
Raphaël Anglade
lundi 5 mars 2007

Nous ne souhaitons pas revenir, dans cet article, sur les différentes rumeurs de collusion qui bruissent sur Internet. Nous ne nous intéressons en aucun point aux convictions du ministre de l’intérieur (nous avons d’ailleurs tendance à estimer que sa seule religion est le sarkozysme).
La question légitime, et politique, que nous voulons poser vise la représentation que le ministre de l’intérieur (et des cultes) se fait des religions, des sectes et des « mouvements spirituels » (comme il dit) et notamment de la scientologie.
1. Un arrière plan général de mépris de la laïcité
Nicolas Sarkozy a, à plusieurs reprises, montré sa légèreté sur la question essentielle de la laïcité.
Cela a commencé avec son énorme investissement personnel pour intégrer dans le Conseil français du culte musulman (CFCM) la frange radicale, intégriste et financée par les pays du Golfe qu’est l’UOIF. « Cet accord marque le triomphe des Frères musulmans de l’UOIF qui ont reçu les félicitations de Nicolas Sarkozy », déclarait Abderrahmane Dahmane, président de la coordination des musulmans de France, défenseur d’un Islam modéré, ex colistier de Philippe Séguin. Sarkozy « donne les clés de l’Islam français à des fondamentalistes », ajoutait-il (Le Parisien, 12 février 2003).
Cela a continué en novembre 2003, sur France 2, lorsque le ministre de l’intérieur annonça sa décision de nommer un « préfet musulman », comme si la religion de Monsieur Aïssa Amouche pouvait le rendre digne d’être nommé au grade de préfet de la République. Dans son livre témoignage sur les religions, Sarkozy dévoile le fond de sa pensée : « On ne peut pas éduquer les jeunes en s’appuyant exclusivement sur des valeurs temporelles, matérielles, voire même républicaines [...]. La dimension morale est plus solide, plus enracinée, lorsqu’elle procède d’une démarche spirituelle, religieuse, plutôt que lorsqu’elle cherche sa source dans le débat politique ou dans le modèle républicain. [...] La morale républicaine ne peut répondre à toutes les questions ni satisfaire toutes les aspirations. » (Nicolas Sarkozy, La République, les religions, l’espérance, 2004). Plus grave, le dernier chapitre du livre marque une réelle complaisance envers les mouvements sectaires, invitant même à la reconnaissance des « nouveaux mouvements spirituels ». Tous les spécialistes de la scientologie bondirent en reconnaissant cette expression, fer de lance du lobbying scientologue dans les pays anglo-saxons…
2. Des entorses régulières à la laïcité
Persuadé que la religion est l’un des ciments du lien social, relativement indifférent à l’idéal laïc, proche en ceci de ses modèles néoconservateurs américains, Nicolas Sarkozy va naturellement parfois franchir la ligne jaune. C’est ainsi que, lorsqu’il installe, en 2006, la commission Machelon, chargée de lui remettre un rapport sur le financement des lieux de culte par les communes, ce n’est pas un détail, tous les membres de cette commission sont religieux ou engagés dans une Eglise. Pas de militant laïc, pas d’athée revendiqué… Résultat ? A la surprise générale, la commission Machelon remet en septembre 2006 un rapport favorable à ce financement.
3. Une faiblesse coupable envers la secte appelée « Eglise de scientologie »
Dans le cas précis de la scientologie, la faiblesse vire à la complaisance. Chacun se souvient de ce 30 août 2004, au cours duquel Nicolas Sarkozy recevait en grandes pompes, au sein même du Ministère de l’Economie et des Finances, l’acteur Tom Cruise, grand prosélyte de l’Eglise de scientologie. La presse française, et de nombreuses associations de lutte contre les sectes, s’en était émues, mais avaient finalement considéré que le ministre avait agi ainsi pour bénéficier de l’image internationale de la star d’Hollywood.
Problème, un an plus tard, de retour à Paris, le célèbre prosélyte reconnaîtra avoir parlé avec le Ministre de cette secte : « Nous avons parlé de tout, de scientologie, de cinéma, de vie familiale » (Conférence de presse de Tom Cruise à Paris, 17 juin 2005)
Dérapage du bouffeur de vedettes ? Pas si sûr. En 2002, Arnaud Palisson, en charge des sectes aux RG, publie sa thèse d’Etat à la Sorbonne et obtient la plus haute mention et les félicitations du jury malgré la saisine du Tribunal administratif par l’Eglise de scientologie. Favre, l’éditeur universitaire suisse le contacte et décide de publier cette thèse… et de la diffuser en ligne sur Internet. A partir de ce moment (Nicolas Sarkozy est ministre de l’intérieur), les pressions hiérarchiques sur M. Palisson commencent, et ce dernier est finalement « déchargé » du dossier des sectes, et remplacé par un inspecteur ne connaissant rien à la scientologie…
A la même époque, sous les gouvernements Raffarin / Sarkozy, la mission gouvernementale qui s’occupe des sectes, la Mils, Mission interministérielle de lutte contre les sectes, créée par Alain Vivien devient la Miviludes, Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires. Petit détail hautement signifiant : alors que les RG faisaient partie de la Mils... les voilà tout bonnement écartés de la Miviludes… (Charlie Hebdo, 18 novembre 2003)
4. des méthodes de combat politique qui rappellent quelque chose
Alors, faiblesse des convictions laïques, spiritualisme généreux, un peu trop tolérant pour certaines dérives sectaires ? Goût immodéré pour l’ordre, y compris, comme ses collègues républicains, lorsque cet ordre est maintenu par les Religieux, y compris barbu ?
Malheureusement, il y a un peu plus dans cette affaire. Une compréhension mutuelle, une sorte de connivence.
Sur la méthode, par exemple. L’une des méthodes tristement célèbres de la scientologie est le Mooding, technique de harcèlement concerté qui finit par faire craquer l’adversaire… Un Mooding qui a souvent été porté devant la justice, qui est bien connu des spécialistes de la lutte antisectes, et qui n’est pas sans rappeler quelque chose que nous avons connu en janvier dernier, au début de la campagne présidentielle.
Le « Ségo-bashing », ça vous dit quelque chose ?
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- Dossier "Sarkozy et les sectes" : Nicolas Sarkozy et certains de ses soutiens politiques doivent donc expliquer aux Français les motivations qui les ont poussés à plusieurs reprises à prendre des décisions et à agir d’une façon qui semble à priori plutôt favorable aux Témoins de Jéhovah et à l’église de Scientologie.
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Mercredi 25 avril 2007
                                                LE PEN VU  PAR oumma.com
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Mercredi 25 avril 2007

Résolution du Conseil National du PCF du 24 avril 2007

Le Conseil national a procédé à l'analyse des résultats du premier tour de l'élection présidentielle. Ils sont marqués par une participation exceptionnelle, une dangereuse percée de Nicolas Sarkozy, un effet massif de vote utile en faveur de la candidate socialiste qui a laminé les autres candidats de gauche, un résultat très préoccupant, à peine 2 %, de notre candidate.
Le Conseil national salue la mobilisation remarquable des communistes comme de toutes celles et tous ceux qui, dans leur diversité, ont mené avec Marie-George Buffet une campagne magnifique de mobilisation et de détermination. Il partage leur déception devant ces résultats qui sont très loin de nos espérances.
Tout en appelant les communistes à approfondir l'analyse de ces résultats, le Conseil national a d'abord pris sans tarder les décisions qu'imposent la situation créée par le premier tour et les deux grandes échéances à venir : le second tour de la présidentielle et les élections législatives.
Les communistes abordent ces échéances avec combativité et avec la volonté renouvelée de battre la droite et de porter des propositions susceptibles de faire réussir une politique de gauche. Aucune de ces échéances n'est jouée d'avance. C'est seulement au terme de l'ensemble de ce cycle électoral que le paysage politique sera dessiné pour le quinquennat à venir.
Le Parti communiste confirme avec lucidité, et sans aucune hésitation, l’appel que Marie-George Buffet a lancé dès le 22 avril au soir, à voter et faire voter Ségolène Royal : Nicolas Sarkozy est un homme dangereux qui a délibérément choisi de reprendre les thèses insupportables du FN afin de devenir le candidat de la droite et de l’extrême droite. Il doit absolument être battu.
Il appelle les communistes à ne pas relâcher leur effort. Tout doit être fait, jusqu’au 6 mai, pour battre la droite et l’extrême droite. C’est vital pour notre peuple qui subirait sans cela durant cinq ans la politique ultra-libérale d’une droite décidée à en finir une fois pour toutes avec notre système social.
Nous inscrirons ces efforts dans la perspective, pour les législatives et au delà, d’une véritable alternative de gauche. C'est possible. Tout au long de la campagne, nous avons pu mesurer combien les attentes qui se sont manifestées puissamment dans les luttes contre les réformes Raffarin, dans la campagne contre la constitution libérale de l’Europe ou pour arracher le retrait du CPE sont toujours présentes et attendent des réponses de la gauche. Quel qu'ait été leur vote le 22 avril, des millions de femmes et d’hommes aspirent à une véritable politique de gauche, rompant enfin avec les logiques libérales.
C’est donc en nous appuyant sur ces attentes que nous allons mener pour les législatives une campagne très offensive avec les candidates et les candidats que les communistes auront choisis, avec d’autres, dans chaque circonscription pour rassembler le maximum possible de femmes et d’hommes désireux de faire émerger une véritable alternative à gauche, une majorité de gauche à l'Assemblée nationale. La constitution à l’Assemblée nationale d’un important groupe de députés communistes et républicains sera un atout décisif pour tous les combats à venir.
Dans toutes ces batailles comme dans les luttes sociales à venir, les communistes et leurs élu-e-s entendent continuer à porter les propositions avancées dans la campagne de Marie-George Buffet avec la conviction qu'elles sont susceptibles de rassembler largement, d'être utiles aux changements qu'attendent les femmes et les hommes de notre pays.
Le premier tour de l’élection présidentielle a montré la détermination de notre peuple à ne pas revivre le 21 avril 2002, en écartant fermement l’extrême droite et en permettant un choix de second tour entre la gauche et la droite. La participation exceptionnelle à ce scrutin a donné une force exemplaire à cette volonté.
Parvenant à recycler les voix du Front national, Nicolas Sarkozy arrive dans une position de force inquiétante. François Bayrou, qui est parvenu à capter une part significative de l’électorat de gauche, vient renforcer considérablement le poids de la droite sur l’échiquier politique.
La gauche, quant à elle, est à son plus bas niveau depuis 1969, avec 36,44 %.
Ségolène Royal gagne 2 % sur le score cumulé de L. Jospin, JP. Chevènement et Christiane Taubira. Mais ce gain se fait au détriment des autres candidatures à gauche.
Dans ce contexte, Marie-George Buffet, candidate soutenue par notre Parti, obtient seulement 1,94 % des voix. Les hommes et les femmes les plus déterminés à battre Nicolas Sarkozy, particulièrement dans l’électorat communiste et écologiste, ont été très nombreux, malgré beaucoup d’hésitations, à voter Royal dès le premier tour. Mais le vote utile n’explique pas tout. Certains n’ont pas souhaité y résister parce qu’ils n’ont pas fait leur l’enjeu de l’influence, de la place et du rôle du Parti communiste français.
Le score d’Olivier Besancenot se maintient (4,08 %). Mais l’extrême gauche – Besancenot, Laguiller, Schivardi – recule globalement de 10,5 % à 5,79 %. José Bové fait 1,32%.
La crise de la gauche – une crise idéologique, politique et structurelle – s’approfondit. Tout au long de cette campagne se sont exprimées des attentes fortes à l’égard de la politique et des volontés de changement. Mais cela ne s’est pas traduit dans les urnes. Manifestement, notre peuple n’a pas considéré comme possible d’utiliser son vote pour exprimer pleinement ses aspirations. C’est pour une part l’effet, grandissant avec le temps, d’institutions qui visent à installer le présidentialisme et le bipartisme dans la société française. A la perspective d’une alliance entre Nicolas Sarkozy et l’extrême droite, ont répondu des appels répétés à y opposer celle de Ségolène Royal et de François Bayrou, visant à construire une démocratie à l’américaine où les idées d’alternative et de changement sont totalement absentes. Le premier tour est de moins en moins l’occasion d’un débat de fond permettant aux électrices et aux électeurs de se prononcer pour un projet politique. Il se trouve pour l’essentiel réduit à une « primaire » dominée par les choix tactiques visant à qualifier deux finalistes pour le second tour. Les médias et les sondages ont, jour après jour, puissamment contribué à accentuer cette tendance.
Au delà, ces résultats posent de très grandes questions. L’échec de nos efforts pour reconstruire à l’occasion de ces élections l’espoir considérable qui s’était levé avec le large rassemblement de gauche pour faire obstacle à la constitution libérale de l’Europe a beaucoup contribué à boucher toute perspective de réel changement à gauche.
Mais la campagne a aussi révélé la profondeur de la crise de la gauche et de la société tout entière. Des repères politiques essentiels se sont effacés dans l’esprit de millions de femmes et d’hommes. Dans l’état de crise que provoquent la précarisation généralisée et l’aggravation de la souffrance sociale, nous assistons à d’importantes régressions idéologiques, attisant les divisions et les oppositions au sein des couches populaires, déconstruisant les sentiments de solidarité, alimentant le repli sur soi et la recherche de boucs émissaires. Et notre Parti a continué à s’affaiblir électoralement, posant de façon incontournable la question de la place et du rôle d’une force de transformation sociale dans la société française dominée par le capitalisme financier mondialisé.
Cette situation est grave. Elle nous impose un effort d’analyse et de réflexion qui ne peut être différé. Le Conseil national décide donc d’organiser un congrès extraordinaire, dès l’automne prochain si le calendrier politique le rend possible. Rassemblés, les communistes devront y aborder de front, en toute liberté, toutes les grandes questions idéologiques et politiques, celles qui portent sur l’état de la société, sur nos choix stratégiques, sur la manière dont nous les avons mis en œuvre, sur la campagne que nous avons menée, et sur le rôle de la direction du Parti. Le calendrier de ce congrès et ses modalités seront fixés après les élections législatives.

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Mercredi 25 avril 2007

Comment faire du 6 mai (2007) un nouveau 29 mai (2005)?

En battant Nicolas Sarkozy.

Les néo-conservateurs et leurs alliés ont perdu le soutien de l'électorat aux États-Unis, en Italie, en Espagne et en Angleterre-il ne leur reste qu'un seul espoir important : la France, avec l'élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République.

Il suffit de lire la presse étrangère pour voir qu'il est de loin le candidat préféré des néo-libéraux (leur porte-parole, The Economist, montre sur sa couverture ce nouveau Louis XVIII en Napoléon) et des néo-conservateurs. Ils ne le soutiennent pas simplement comme ils soutiendraient n'importe quel candidat de droite, mais parce qu'il est le seul homme politique français important qui incarne leurs idées.

Pour eux, c'est l'espoir d'en finir une fois pour toutes avec l'hydre à deux têtes constituée par ce qui reste de modèle social français et de la politique indépendante de la France.

Aucun homme politique français, et certainement aucun candidat à la présidence de la République, n'a été aux États-Unis dire qu'il se sentait étranger dans son propre pays, dire qu'il est fier qu'on l'appele Sarkozy l'américain et considère comme arrogant le discours d'un premier ministre français (de Villepin à l'ONU en 2003) qui a fait l'admiration du monde entier.

Sa victoire représenterait une inféodation de la France à l'étranger comme il n'y en a jamais eu dans le passé, sauf suite à des défaites militaires.

La question n'est pas de savoir si on aime ou non Ségolène Royal ou si on fait ou non confiance à elle et à son parti. Bien sûr que les socialistes au pouvoir ne tiendront pas leurs promesses. Mais il vaut mille fois mieux, pour le mouvement social, qu'il ait en face de lui des socialistes qui ne tiennent pas leurs promesses qu'un Nicolas Sarkozy qui les tient.

Il vaut mille fois mieux avoir une présidente mal élue, élue par des gens qui votent contre son adversaire et non pour elle, que quelqu'un que toute la presse française et internationale présentera comme ayant un mandat pour mettre en ouvre un programme plus radical encore que celui qu'il promet.

Vaincre Sarkozy, c'est aussi montrer, comme cela a été fait le 29 mai, que la presse n'est pas toute puissante.

     Il faut, entre les deux tours, réanimer les collectifs qui ont fait échouer le Traité Constitutionnel, refaire vivre la campagne anti-Le Pen de 2002, faire connaître les écrits et les paroles de Sarkozy. Que la « gauche de la gauche », qui a su si bien de diviser au premier tour, s'unisse au deuxième dans un combat explicitement anti-Sarkozy.

Les Français qui, par indifférence ou par fausse pureté morale laisseraient gagner Nicolas Sarkozy , en s'abstenant, doivent penser au message que son élection enverra dans le reste du monde, et surtout dans le tiers-monde : si même la France ne peut pas résister à l'hégémonie américaine, alors qui pourra le faire ?

C'est une dangereuse illusion de croire que « tout va sauter » si Nicolas Sarkozy est élu. Il y aura sans doute des émeutes, mais elles seront réprimées. La France n'est pas dans une situation pré-révolutionnaire. Le mouvement social devra travailler de nombreuses années avant d'arriver à une alternative crédible et réalisable.

Il est vrai que le projet néo-conservateur finira par échouer-mais grâce à la lutte des peuples du Moyen-Orient. Le peuple français peut néanmoins leur infliger une défaite très simplement et sans tirer un seul coup de feu: en disant non à Nicolas Sarkozy le 6 mai.

Jean Bricmont,  universitaire belge, particulièrement impliqué dans le combat anti-impérialiste.

 

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