Lundi 26 mai 2008

CN du PCF du 23 mai 2008 -                   

Intervention de Claude FAINZANG, fédération de Paris

La question de l’UE va-t-elle être à nouveau l’instrument de la mutation-liquidation du PCF ? On se souvient de l’expérience de la liste « Bouge l’Europe » aux élections de 99 qui comprenait des personnes approuvant le traité de Maastricht et la guerre en Yougoslavie. Une expérience dont la direction n’a jamais voulu tirer les leçons. On recommence en 2009, sous l’égide du PGE ?

Je constate que la liquidation du Parti est toujours à l’ordre du jour. Olivier Dartigolles, Marie-Pierre Vieu, Dominique Grador… sont intervenus dans ce sens dans l’Huma ou le Monde.

Des textes de dirigeants, non distribués aux adhérents, circulent et proposent pour le congrès de créer des « fédérations thématiques», des « espaces d’éducation », un « cadre permanent », autant de structures destinées à court-circuiter les fédérations, les sections et les adhérents, qui seraient réduits à coller des affiches, distribuer des tracts, faire la claque dans les meetings.

Tout au contraire, la situation appelle plus que jamais la revitalisation, la reconstitution des cellules, (qui doivent redevenir des lieux de souveraineté des communistes), en particulier dans les quartiers populaires et dans les entreprises, lieu de l’exploitation, de la création de la plus-value, où sévit  la pensée unique de la monarchie patronale. L’originalité de l’organisation communiste réside dans ses liens avec le monde du travail et le mouvement des luttes. Marx ne disait-il pas qu’il ne faisait que renvoyer au mouvement ouvrier, sous forme théorique, ce que ses luttes lui enseignaient.

C’est un contresens pour des communistes de restreindre l’espace de vie politique aux institutions, françaises et encore plus européennes, et aux campagnes électorales, de donner la priorité à la présence dans les lieux de pouvoir sur l’action politique dans les luttes. On sait à quel résultat cela a conduit le Parti.

Pour savoir où aller, la situation politique et la préparation du congrès exigent que l’on fasse, enfin, le bilan de toute la période depuis la « Mutation ». Les textes des ateliers indiquent à nouveau, au contraire, une volonté de fuir en avant.

Faisons le bilan, pour le parti, pour le pays, des cellules balayées, de l’alignement sur le PS et ses positions qui continue depuis la gauche plurielle. Vis-à-vis des salariés, en terme de perspective politique, nous ne nous sommes toujours pas remis de l’acceptation des privatisations entre 1997 et 2002, au prétexte qu’il ne s’agissait que « d’ouvertures de capital ». A continuer à frapper à la porte du PS, on continue à passer à la trappe l’action des communistes ! Assez de penser le parti comme l’aiguillon de la gauche, la gauche,… toujours la gauche.

Le monde du travail a besoin d’un Parti communiste ouvert, démocratique, capable de définir, non pas une « visée » fumeuse et lointaine, mais une stratégie résolument anticapitaliste applicable tout de suite. Qu’attendons-nous pour lancer, et animer réellement, des campagnes nationales pour contribuer à construire les rapports de forces pour des ruptures immédiates, attaquant la cohérence de la politique du gouvernement. Pour la relance de la consommation populaire par la hausse des salaires, du SMIC, des minima sociaux, pour la baisse de la TVA, pour la fin du scandale des aides publiques au patronat, pour les renationalisations et le refus des directives européennes, pour le retrait de l’OTAN, pour l’augmentation de l’ISF*,…

La préparation du congrès ne peut se penser en dehors de l’activité des communistes pour rassembler dans l’action, pour gagner une autre politique, pour redonner son utilité au Parti. Cette priorité au mouvement populaire devrait nous amener à revisiter nos fondements théoriques délaissés : l’analyse marxiste de la lutte des classes, le matérialisme dialectique ; l’exigence de l’appropriation sociale des moyens de production et d’échange...

L’enjeu du congrès, c’est que le PCF commence à redevenir l’outil politique que se sont forgés les travailleurs pour la remise en cause du capitalisme dans la lutte de classes.

Une remarque : le journal l’Humanité doit cesser de donner la parole à un seul point de vue dans la préparation du congrès.

* Un argument simple et clair : à elle seule, la fortune de Mme de Bettancourt représente plus de 3 fois le coût du RMI !

par BANDERA ROSSA publié dans : pcfcapcorse communauté : Un PCF de lutte des classes !
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Lundi 26 mai 2008

Article dans le Monde.
Quel rôle veut jouer Gayssot dans les débats du PCF ? S’il veut le quitter, la porte est ouverte !

Les media bourgeois aiment bien Gayssot.

Le Monde daté du 20 avril lui consacre un article, fort complaisant. A son tour, Gayssot s’évertue à relativiser les bons scores des cantonales et municipales. C’est logique. Ils ont été obtenus malgré lui, qui en ses « terres bitteroises », a préféré soutenir le PS contre la liste de rassemblement présentée par la section PCF de Béziers.

Gayssot réaffirme que l’on doit rompre avec le congrès de Tours, « avec la conception qui a prévalu à la création du PCF », qu’une nouvelle force politique, avec des socialistes, doit être créée pour le remplacer. Rien de bien nouveau dans sa bouche ou sous sa plume. En mai 2007, dans le Parisien/Aujourd’hui en France, il appelait déjà à l’abandon de la référence communiste, du nom PCF. Gayssot est aussi un des fondateurs du club « Gauche avenir » anticipant cette recomposition aux côtés des PS Laignel, Lienemann ou Quilès, de Claude Cabanes et Francis Wurtz…

Pourquoi certains cherchent-ils à remettre Gayssot en avant dans cette phase préparatoire de préparation du congrès ?

Il est devenu marginal dans le parti. Mais il peut servir aussi bien de poisson-pilote que de repoussoir.

Le projet qu’il défend de recomposition à la « gauche du PS » est régulièrement avancé par les directions du PCF depuis quelques mois, suivant le modèle allemand de « die Linke » ou le modèle italien de la « gauche arc-en-ciel » (dont on entendra certainement moins parler depuis sa déroute électorale).

Gayssot s’est illustré ces dernières années comme soutien indéfectible de Georges Frèche dont il est vice-président en région Languedoc-Roussillon quels que soient ses écarts, même racisants. Il est resté le symbole de la compromission du PCF dans la « gauche plurielle » entre 97 et 2002. Il est le ministre communiste qui a défendu les privatisations partielles, pardon les « ouvertures du capital ». Celui qui échangeait des tapes sur le dos avec le PDG de General Electric. Celui qui actait la 1ère étape du démantèlement de la SNCF avec la création de RFF, Réseau ferré de France, ce qu’il est obligé de reconnaître implicitement dans la tribune que l’Humanité lui octroie opportunément le 23 avril 2008.

Maintenant, l’article du Monde le pose en « relève », sinon en opposant, à Marie-George Buffet. Il appelle à « la rupture » que Buffet « ne peut incarner ». Pourtant MGB fut sa collègue au gouvernement Jospin. Pourtant elle s’était prononcée, presque aussi clairement que lui, au Conseil national du PCF de juin 2007 pour envisager un scénario à l’allemande.

Les dirigeants et « personnalités » du PCF cultivent la confusion. Les communistes, à qui les bons résultats des cantonales donnent un encouragement, ne doivent pas se laisser abuser par le jeu des personnes mais bien se prononcer sur le fond.

Quant à Gayssot, qui bafoue les statuts du Parti et renie le PCF jusqu’à sa fondation, qu’il soit cohérent avec lui-même ! Qu’il quitte notre parti !

par Vive le Parti Communiste Français

par BANDERA ROSSA publié dans : pcfcapcorse communauté : Un PCF de lutte des classes !
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Lundi 26 mai 2008

                                            

34ème congrès ,  11, 12,13 et 14 décembre 2008
:
 une base de travail proposée par les sections du Biterrois

Le communisme est l’avenir de l’humanité,

Un parti communiste de masse et de classe est nécessaire aux exploités français.

 

L’heure de vérité est arrivée.

La famine menace dans les jours à avenir les populations de 37 pays.

Plus de 2 milliards d’êtres humains vivent avec moins d’un Euro par jour.

Les guerres du pétrole ravagent l’Irak, l’Afghanistan, la Tchetchénie, la Palestine...

65 000 transnationales capitalistes et leurs 800 000 filiales s’affrontent dans la jungle économique, pillent sans vergogne ni état d’âme, les richesses issues du travail et de la nature, régentent le monde pour les profits de leurs dirigeants.

Ils prétendent réduire le monde à une marchandise. L’existence de la vie sur la planète peut être mise en cause par ce mouvement destructeur d’accumulation du capital. Sur la terre entière les partisans résolus du capitalisme et l’ensemble de leurs alliés honteux ferment les portes de l’avenir. Il n’y aurait plus de futur commun.

En France, le pouvoir d’achat de l’immense majorité de la population est en chute libre car en 20 ans la part des richesses stérilisées  dans les profits capitalistes est passée de 40 % à plus de 50 %. Pour la première fois depuis la décennie 50 la jeunesse n’espère plus une vie meilleure que celle de ses aînés. La classe dominante proclame sans fard son objectif: en finir avec toutes les solidarités construites au long de l’histoire.

En France, comme dans l’ensemble des pays capitalistes développés l’abstention massive des travailleurs manuels et intellectuels, des exploités est le fait marquant de toutes les consultations électorales. Dans nos quartiers populaires elle touche de 60 à 70 % des électeurs.

De dures luttes  comme pour le CPE CNE sont parfois victorieuses mais nous ne produisons plus une perspective politique mobilisatrice, enthousiasmante. Résistance et révolte, sursauts politiques comme l’apport de gauche au succès du NON au référendum tentant d’accélérer l’Europe capitaliste,  si nécessaires ne suffisent pas !

Pourtant, pour l’instant victorieuse, la bourgeoisie ne doit sa puissance apparente qu’à la faiblesse des exploités. L’échec de la construction du socialisme en URSS et dans le « camp socialiste »,  l’incapacité à dégager une réalité autogestionnaire, à  se défaire  des réflexes bureaucratiques de domination et de soumission pèsent lourd.

C’est cependant à partir de la réalité française que nous pouvons retrouver le chemin des victoires politiques, modifier radicalement ce qui rend notre projet de jour en jour plus inaudible depuis quarante ans.

Le courage et le dévouement des militants ne sont pas en cause. La responsabilité est dans nos choix stratégiques, véritable contre sens, aujourd’hui condamnés par l’évolution historique.

Quarante ans de prééminence donnée aux résultats électoraux immédiats, au maintien à n’importe quel prix de positions institutionnelles maintenant étendus aux scrutins organisant l’Europe capitaliste, à des abandons théoriques, politiques et idéologiques ont ramené le mouvement communiste français, PCF en particulier, au statut de copie d’un parti social démocrate dominant associé à tous les niveaux à la gestion des affaires du capital. La « mutation » plonge loin ses racines !

L’objectif unique d’un débouché électoral dans le cadre de l’union de la gauche est en échec,

constatable et constaté par une majorité  de communistes comme de nos concitoyens.

Ayant perdu son aiguillon la social démocratie, s’effondre électoralement en Europe, au mieux patine, renonce à son  nom, à ses objectifs autrefois proclamés.

Rien de tout ceci n’est fatal.

L’esprit de mai 68 reste majoritaire, la révolte, la résistance aux injustices, ce qui existe encore d’organisation de classe des exploités, ce qui naît dans les luttes, reste une base solide pour relancer la perspective révolutionnaire en France et dans le monde.

La permanence de laperspective communiste est une caractéristique nationale.

Une autre projet politique est possible.

Il faut en finir avec la confusion et l’esprit de capitulation qui règnent depuis trop longtemps dans les rang de ceux qui déclarent défendre les exploités. Seule la lutte anticapitaliste

clairement définie permettra à l’ensemble des travailleurs et à la grande majorité du peuple de se rassembler et de vaincre. C’est en retrouvant les idées et connaissances construites, au cours du développement des luttes de classes réelles, du marxisme que le parti communiste jouera à nouveau le rôle qui lui revient et qu’il aurait  pu ne jamais perdre.

Certes rappelons, comme Engels dans la préface du « Manifeste du parti communiste », les communistes  ne recherchent aucun monopole de la lutte pour la transformation de la société. Ils entendent simplement y contribuer avec tous ceux qui y ont intérêt, à égalité de devoirs et de droits, et en tirant les leçons des erreurs  commises, dans la fraternité si chère au cœur des travailleurs et de tous ceux  qui portent haut le rêve de la justice sociale.

Il n’y a pas de mystère de la mondialisation et de la globalisation: seule la concentration capitaliste supranationale et le gigantisme des fortunes privées portent toute la responsabilité de la fracture sociale. L’affrontement dans la « jungle de la guerre économique » pour « conquérir des parts de marché » organise le pillage. Ce sont elles qui détruisent  plus en plus l’économie notamment par les OPA, les restructurations, les délocalisations et  l’investissement non productif. Avec leurs valets gouvernementaux et des institutions mondiales, elles sont responsables de la fracture.

C’est cette force capitaliste supranationale qui détruit les potentialités de chaque  homme, de chaque nation,  de chaque civilisation. Aujourd’hui tous les peuples de la planète peuvent concevoir et réaliser un développement matériel et culturel extraordinaire grâce à l’accumulation des connaissances humaines et la révolution informatique qui n’en est qu’à ses débuts.

L’obstacle peut être franchi.

Le naufrage de la pensée social démocrate est patent. Dans un combat de plus d‘un siècle l’opposant au marxisme elle n’a cessé de prédire que la paix sociale descendrait sur terre par la concentration capitaliste  et que le « socialisme »  surviendrait de lui même.

Le contraire s’est produit.

Nous devons en tenir compte pour trouver la voie de la libération de l’exploitation capitaliste. Les travailleurs et la grande majorité du peuple ont besoin de la souveraineté sur l’outil de travail, d’une mobilisation autogestionnaire autour d‘objectifs conduisant à la libération  de la servitude de la société capitaliste et son remplacement par la société autogestionnaire qui seule permettra l’épanouissement social de l’homme vers le communisme.

Au moment où le sentiment de défaite demeure difficile à supporter  nous réaffirmons notre confiance en l’avenir et dans les capacités combatives incomparables que recèlent les forces unies des travailleurs et des peuples; il n’y a pas de forteresse imprenable.

Reprenons le cours du savoir partagé entre tous: économique, politique, historique la philosophie matérialiste n’a pas fini de fonder notre engagement. Reprenons le cours de la construction quotidienne du parti de classe et de masse  dont ont besoin les exploités face au capitalisme mortifère.

La peur de la vérité c’est le renoncement à la révolution.

La révolution sera un passage décisif pour l’accès de la majorité aux  pouvoirs et aux connaissances nécessaires au devenir autogestionnaire de l’humanité.

Nous appelons tous les communistes de cœur et de raison à se rassembler, à débattre et à décider eux même de l’avenir du communisme et de leur parti.

Ceux qui prédisent sa fin en seront pour leurs frais comme depuis 1848.

 

Les sections du biterrois du Parti Communiste Français le 13 mai 2008

par BANDERA ROSSA publié dans : pcfcapcorse communauté : Un PCF de lutte des classes !
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Samedi 24 mai 2008

Bolivie : échec du référendum sur l’autonomie

Le référendum sur l’autonomie illégalement organisé, le 4 mai dernier, par la droite et l’oligarchie bolivienne de Santa Cruz, a clairement été un échec. Dans tout la Bolivie, il a provoqué des mobilisations massives d’ouvriers et de paysans. Santa Cruz est un département riche en terres fertiles et matières premières (gaz, pétrole, etc.). Le peuple s’est mobilisé par millions, dans la rue, pour rejeter les manœuvres des capitalistes pour soustraire ce département à l’autorité du gouvernement central.

La droite s’est félicitée des résultats officiels, qui proclament la victoire du « oui » (à l’autonomie de Santa Cruz) avec 85% des voix, contre 15% pour le « non ». Mais ces chiffres sont loin d’illustrer la réalité de la situation, sur le terrain. D’une part, 40% des électeurs de Santa Cruz se sont abstenus. Mais surtout, malgré les appels des porte-parole du gouvernement à laisser ce « sondage d’opinion » se dérouler, de nombreux syndicats et organisations de gauche ont activement un boycotté le scrutin, dans toute le département.

A Montero, la deuxième ville du département, des affrontements ont eu lieu entre, d’un côté, les éléments de droite autonomiste, et, de l’autre, les organisations ouvrières et paysannes. Plusieurs bureaux de vote n’ont pas pu ouvrir, et l’abstention a atteint 60%. Une situation semblable s’est développée dans la ville de Camiri.

Dans le quartier ouvrier Plan 3000 de Santa Cruz (200 000 habitants), des urnes et des bulletins de vote ont été brûlés. Les militants locaux ont montré aux caméras de télévision des urnes préalablement remplies de bulletins marqués d’un « oui », avant même que les bureaux de vote ne soient ouverts ! Des affrontements ont également opposé les habitants de Plan 3000 aux groupes fascistes de l’Union Juvenil Crucenista, une organisation étudiante armée et financée par l’oligarchie. Il y a eu 25 blessés graves et un mort.

Dans toute la Bolivie, des manifestations de masse ont été organisées contre l’oligarchie et pour la défense de l’unité du pays. 500 000 personnes sont descendues dans les rues d’El Alto, l’un des principaux foyers de la révolution bolivienne. A La Paz, il y avait plus de 100 000 personnes, et 500 000 à Cochabamba. A Oruro s’est tenu un rassemblement de plus de 20 000 personnes. Il s’est conclu par un avertissement clair du dirigeant syndical Jaime Solares : « les mineurs et les étudiants sont prêts à marcher sur Santa Cruz pour écraser l’oligarchie et sa clique. » Il y avait de très grandes manifestations dans d’autres ville du pays. Ces chiffres sont d’autant plus impressionnants que la Bolivie ne compte que 9,2 millions d’habitants.

Dans la ville d’El alto, un cabildo (assemblée populaire) a rassemblé des centaines de milliers de travailleurs, paysans et étudiants. L’Assemblée a exigé – par un vote – la démission de Jose Luis Paredes, le préfet du département de La Paz, qui essaye lui aussi d’organiser un référendum séparatiste. Les manifestants ont également exigé l’expropriation des entreprises de l’oligarchie. Certains ont tenté d’occuper les chaînes de Télévision qui ont joué un rôle important dans la campagne de l’oligarchie. Ils ont jeté des pierres sur le bâtiment de Canal 24, qui est la propriété du préfet Jose Luis Paredes.

Poudre aux yeux

Les mois précédant le référendum, la propagande de l’oligarchie a été énorme. Tous les médias louaient les bienfaits à attendre de l’« autonomie » de Santa Cruz. L’oligarchie a essayé de duper les ouvriers et les paysans en prétendant que cette autonomie leur serait profitable. Par exemple, le « statut d’autonomie » du département – c’est-à-dire le projet proposé par l’oligarchie – prévoyait la création d’un « salaire minimum départemental toujours supérieur au salaire minimum national » (article 57).

Mais les masses ont appris par l’expérience ce que valent les promesses de l’oligarchie. Par exemple, sur la question clé du droit à la terre, le statut d’autonomie « reconnaît, protège et respecte le droit à leur terre des peuples indigènes du Département Autonome de Santa Cruz » (article 13). Mais les populations de Guaraní et de Camiri qui ont manifesté pour exiger ces droits ont été attaquées, kidnappées et torturées par les hommes de mains des grands propriétaires terriens et du gouvernement régional.

En fait, le statut d’autonomie prévoit que les grands propriétaires obtiendraient tous les droits sur la terre. Ils auraient également le contrôle des politiques agraires, forestières et des aires protégées, ce qui fait qu’ils pourraient continuer de condamner le pays à la pauvreté et de détruire l’environnement – comme ils l’ont toujours fait. (articles 6, 102 et 103).

Les capitalistes locaux auraient également le droit de fixer les conditions de travail des salariés. Ainsi, ils pourraient continuer d’exploiter les travailleurs. En outre, le statut d’autonomie ne reconnaît pas l’existence des syndicats (articles 6 et 7). Enfin, l’oligarchie reprendrait le contrôle intégral des ressources naturelles (articles 8, 114-115).

Le gouvernement régional et le prétendu « Comité civil de Santa Cruz » ont donné carte blanche aux activités des groupes fascistes, sur lesquels ils s’appuient. Les éléments les plus extrêmes parlent de procéder à un nettoyage ethnique, pour chasser de Santa Cruz tout les Boliviens originaires de l’Altiplano (les « hautes terres »). La veille du référendum, les petits commerçants du centre ville de Santa Cruz ont rapporté que des tracts avaient été distribués, dans le quartier, dont le texte menaçait les « collas » (les autochtones) et leur donnait trois jours pour fuir Santa Cruz.

Vacillations du gouvernement                           Evo Morales                       

Au fond, l’oligarchie bolivienne compte utiliser la question du référendum pour arracher de nouvelles concessions au gouvernement. C’est ce qu’a très clairement expliqué Branko Marinkovic, membre du « Comité civique de Santa Cruz », le 3 mai dernier : « J’espère que, désormais, une nouvelle Assemblée Constituante sera convoquée, où cette fois-ci le principe des décisions à la majorité des 2/3 sera respectée. » Les vacillations du gouvernement d’Evo Morales, qui a accepté ce principe des 2/3 pour légiférer à l’Assemblée Constituante, et qui n’a pas mené une campagne sérieuse pour l’expropriation des terres, ont encouragé l’oligarchie. De sont côté, la classe dirigeante, qui contrôle les moyens de production, a organisé un sabotage de l’économie dans le but de démoraliser les couches populaires.

Ces dernières semaines, plusieurs responsables du gouvernement se sont empressés de « dialoguer » avec l’oligarchie, ouvrant même des discussions sur la nouvelle Constitution, pourtant déjà entérinée par l’Assemblée Constituante.

Certains analystes prétendent que le gouvernement bolivien est désormais en position de faiblesse, car il n’a pas pu empêcher par la force la tenue de ce référendum. Mais en réalité, c’est exactement le contraire : les mobilisations massives, à Santa Cruz comme dans tout le pays, renforcent le gouvernement et lui ouvrent la possibilité de frapper un grand coup contre la droite et la classe capitaliste.

L’oligarchie à joué avec le feu – et elle s’est brûlée les doigts. Les vacillations du gouvernement ont d’abord renforcé les capitalistes et leur ont permis de réorganiser leurs forces, ces deux dernières années. Mais l’offensive du référendum a provoqué une puissante réaction des masses boliviennes.

Le 1er mai, Evo Morales a nationalisé par décret de la compagnie de télécommunications ENTEL. L’Etat bolivien dispose désormais de la majorité des actions de cette entreprise. Des mesures semblables ont été prises contre plusieurs compagnies pétrolières. Ce sont là des pas dans la bonne direction. Cependant, le message des masses boliviennes – celles-là même qui ont porté Evo Morales au pouvoir – est parfaitement clair : le gouvernement doit cesser de « dialoguer » avec l’oligarchie et mener la révolution jusqu’à son terme !

B. A.

Publication : jeudi 22 mai 2008

par BANDERA ROSSA publié dans : pcfcapcorse communauté : Un PCF de lutte des classes !
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Samedi 24 mai 2008

Israël fixe le cadre de ses négociations avec la Syrie

Israël a fixé jeudi les termes de ses négociations de paix avec la Syrie et resserré les rangs avec Washington en exigeant que Damas prenne ses distances avec l’Iran et cesse de soutenir les groupes armés libanais et palestiniens.

Au lendemain de l’annonce de pourparlers de paix indirects entre les deux pays dans le cadre d’une médiation turque - les premiers du genre en huit ans - plusieurs dirigeants israéliens ont fait valoir leurs conditions.

"Israël veut vivre en paix avec ses voisins, mais la Syrie doit comprendre qu’elle doit totalement renoncer à soutenir le terrorisme : le Hezbollah, le Hamas, et bien sûr l’Iran", a déclaré Tzipi Livini.

Livni, qui s’exprimait avant de rencontrer son homologue français Bernard Kouchner, a qualifié de "problématiques" les liens de Damas avec Téhéran, qu’Israël accuse de soutenir le Hamas palestinien et le Hezbollah libanais.

"Les Syriens savent ce que nous voulons et nous savons ce qu’ils veulent", a pour sa part déclaré Ehud Olmert.

Au coeur des discussions se trouve la question de la rétrocession du plateau du Golan, territoire syrien conquis par Israël lors du conflit de 1967 et annexé en 1981.

Olmert n’a pas dit publiquement qu’Israël le restituerait à Damas mais il a évoqué des "concessions douloureuses et importantes" inévitables pour parvenir à la paix avec la Syrie.

En écho, Ehud Barak, qui en tant que Premier ministre avait participé aux discussions israélo-syriennes ayant achoppé en 2000 sur la question du Golan, a jugé que les deux parties devraient consentir à de "douloureuses concessions".

Côté syrien, le gouvernement a réaffirmé jeudi qu’Israël lui avait donné des gages concernant la restitution du Golan. "Nous avons reçu, via les Turcs, des engagements et des messages (...) du Premier ministre israélien garantissant qu’il sait ce que veulent les Syriens", a déclaré le ministre de l’Information, Mohsen Bilal, à la télévision arabe Al Djazira.

"Il sait que l’intégralité du plateau du Golan sera restituée à la Syrie et qu’Israël se retirera jusqu’aux frontières du 4 juin 1967."

Bilal a par ailleurs rejeté les conditions posées jeudi par les Israéliens, soulignant que "le processus de paix ne nécessite aucune condition préalable."

"Ces conditions ont déjà été rejetées tout comme l’expression ’concessions douloureuses’ car ce que les Syriens demandent, ce sont leurs droits", a-t-il dit.

Résumant les trois jours de discussions qui se sont tenues à Istanbul, le ministre turc des Affaires étrangères, Ala Babacan, a déclaré que les deux parties avaient trouvé "un terrain d’entente". D’autres pourparlers se tiendront périodiquement en Turquie, a-t-il précisé.

De leur côté, les Etats-Unis ont dit n’avoir "aucune objection" à ces pourparlers, tout en réitérant leurs critiques concernant le soutien de la Syrie au terrorisme.

De nombreux analystes estiment que l’hostilité de l’administration américaine envers Damas et Téhéran constitue une difficulté supplémentaire pour ces négociations et que la signature d’un accord de paix est peu probable d’ici la fin du mandat de George Bush, en janvier.

En Israël, l’annonce de ces discussions a été perçue par les adversaires d’Olmert comme une tentative visant à détourner l’attention de ses démêlés avec la justice, à l’approche de son interrogatoire par la police, vendredi.

"Chacun sait qu’Olmert entend achever son mandat sur une note diplomatique et non sur une affaire judiciaire. La question est : que va-t-il se passer en premier, une mise en examen ou un traité de paix ?", s’interroge l’éditorialiste Yossi Verter dans le quotidien Haaretz.

Au sein même de son gouvernement, certains s’interrogent sur le moment choisi pour cette annonce.

"Pourquoi ne pas avoir laissé (les négociations) se poursuivre dans le secret jusqu’à ce qu’il y ait quelque chose de solide à annoncer (...) ? Il est difficile de ne pas penser qu’il s’agit d’une opération de relations publiques", a déclaré un ministre, qui a souhaité conserver l’anonymat.

Olmert doit être entendu vendredi par la police pour la seconde fois dans le cadre d’une affaire de corruption présumée. Olmert dément toute malversation mais a dit qu’il démissionnerait s’il était mis en examen. Il est soupçonné d’avoir perçu des pots-de-vin de la part d’un riche homme d’affaires américain.

Sur le plan politique, Olmert pourrait aussi avoir affaire aux partisans des 18.000 colons installés sur le plateau du Golan, qui menacent de quitter sa fragile coalition en cas de rétrocession du territoire.


- Le Golan, 41 ans d’occupation israélienne

La vieille formule lancée en 1991 à Madrid pour parvenir à une paix complète est de retour. Et entre la Syrie et Israel, la terre, c’est ce plateau de 1.158 km carrés occupé par Israel lors de la Guerre des Six jours, en 1967 et annexé en 1981.

Le plateau du Golan se trouve au carrefour des frontières entre la Syrie, le Liban, Israel et la Jordanie. La communauté internationale n’a jamais reconnu l’annexion de cette partie de la Syrie.

La dernière tentative de règler ce litige remonte au deuxième mandat de Bill Clinton. En 2000, les pourparlers entre Ehud Barack et le chef de la diplomatie syrienne Faruk El Chara, échouent. Israel refuse alors un retrait total du Golan. En effet, au pied de ce plateau, se trouve le lac de Tibériade.

C’est le plus grand réservoir d’eau douce d’ Israel. En 1967, l’armée israélienne s’est aussi emparée des berges syriennes. Celui qui contrôle le lac de Tibériade a la main mise sur une ressource cruciale dans cette région souvent assoiffée.

41 ans d’occupation israélienne ont forcément marqué le Golan, 18 000 colons s’y sont installés dans 32 colonies, et ne sont pas prêts de partir. Pour ces colons, la Syrie doit d’abord faire ses preuves et cesser de soutenir ceux qu’Israel considère comme des terroristes.

Le Golan est aussi habité par 20 000 druzes syriens, souvent séparés de leurs proches, ils espèrent un accord de paix. Taisyr Marim est l’un d’entre eux : "Moi qui vis sur le plateau du Golan, je pense que 41 ans d’occupation, ça suffit. Il est temps qu’il y ait la paix entre les deux pays."

Récupérer le Golan permettrait à Damas de renforcer son poids aux yeux de la population syrienne, mais il lui faudra alors lâcher ses alliés traditionnels... Un donnant donnant qui laisse présager de toute la difficulté de ces négociations.

par BANDERA ROSSA publié dans : pcfcapcorse communauté : Un PCF de lutte des classes !
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