MG Buffet - Bercy - 1 avril 2007 - (2)
Vidéo envoyée par metal31

Sarkozy :
du religieux en veux-tu en voilà
De nombreux médias ont permis de découvrir la photo que Nicolas Sarkozy a exposée dans l’entrée de son local de campagne. certains ont voulu y voir l’illustration directe d’une figure dictatoriale et policière Marie José Mondzain, dont on connait, en particulier, les travaux sur "l’image" nous a transmis une tout autre analyse de la photo.
"Cette photo est très intéressante en vérité pour plusieurs raisons. Elle est prise en conformité avec les caractéristiques requises par les photos d’identité accompagnant les documents officiels : noir et blanc, oreilles visibles, sourire sans voir les dents, netteté, très peu d’ombre. L’identité renvoie à deux registres celui de la singularité individuelle, celui de l’intégration à tout ce qui est identifiable par des procédures communes et appliquées à tous. On réconcilie la masse avec le sujet et le sujet identifiable devient le représentant de la masse. Dans le hors champ : on peut inscrire signe particulier : néant. L’image exemplaire d’une exception qui ressemble à "tout le monde".
Le visage est paisible et se veut pensif, la paix et la pensée étant deux caractères fort inhabituels chez ce personnage qui se veut combatif, réactif voire impulsif et nerveux.
Mais alors comment opère la nature qui se veut convaincante et grandiose de la représentation ? Dans le dispositif d’exposition lui-même, la taille géante du visage alors que le visiteur qui entre dans le lieu est presque de plein pied avec ce visage surdimensionné ; je dis presque parce qu’il y a trois marches Ce sont les trois marches qui séparent les fidèles de la sainte table ou du retable, trois marches qui traditionnellement séparent le peuple du trône et de l’autel ( les trois marches formaient le socle de la croix impériale à Byzance !). Ces marches nul ne les gravira. Elle sont un piédestal qui conduit le regard vers l’icône" L’image est en retrait comme enchâssée dans une alcôve, son reliquaire ? ce retrait accentue le caractère sacré de la figure, compose son épiphanie picturale comme encadrée par sa propre aura ; ce retrait confère une atmosphère aérienne à cette apparition proche et inatteignable conférant au personnage une sorte d’apesanteur, presque sa grâce !. La structure de l’espace avec les marches qui partent à gauche et à droite en forme de V confère à l’ensemble la solennité d’une apparition charismatique qui évoque l’organisation "théâtrale" en usage à l’entrée de certaines loges maçonniques. L’éclairage très travaillé a deux sources : l’une explicite venant des appliques latérales placées comme des chandeliers de part et d’autre de l’objet du culte, l’autre invisible illumine de l’intérieur le portrait et crée une lueur diffuse sur le front porteur d’illumination ; on est dans l’intimité d’un dieu. Au plus près et au plus loin comme dans le saint des saints. Cette icône de l’accueil met en place un cérémonial de dévoilement dans la tiédeur d’une intimité privilégiée.
Rien de fasciste ni de policier dans tout cela. Du religieux en veux-tu en voilà, du sacré dans la proximité et du sacré dans le lointain ! La difficulté pour un Sarkozy c’est d’avoir un corps charismatique, c’est de gagner en autorité invisible ce qu’il ne gagne que par la violence des pouvoirs visibles. Un candidat a besoin de produire de la croyance. Son conseiller en communication a voulu faire faire ce travail compliqué à la photographie. Les recettes sacralisantes sont millénaires. Partout le traitement des corps dans cette campagne est exemplaire."
Marie José Mondzain,
Philosophe, Chercheur.
UNE MYSTIFICATION : TRAVA
ILLER PLUS POUR GAGNER PLUS
C’est ce slogan que nous servent la droite et parfois la gauche libérale. Il semble une évidence et pourtant c’est une mystification.
Au-delà, c’est la reconnaissance par les ennemis du peuple que le pouvoir d’achat des salariés, des plus pauvres et précaires à une partie des couches moyennes, est insuffisant.
Ceci, s’il le fallait encore, justifie amplement la proposition de Marie-George : le SMIC à 1500 E.
L’idée qu’il suffirait de travailler plus pour gagner plus est fausse. Elle est bien évidemment significative de la pensée et des méthodes de N.Sarkozy, qui, après avoir supprimé la police de proximité, si nécessaire pourtant, quand il était ministre de l’Intérieur, s’indigne de la délinquance et voit des voyous partout, surtout dans la jeunesse ouvrière. En effet, il ne suffit pas que le salarié décide de travailler plus pour qu’il gagne plus, car l’entreprise est une monarchie et c’est le patron, roi absolu, qui décide de la maîtrise du temps de travail. Cela dit, travailler plus pour gagner plus n’est pas non plus l’assurance de gains supplémentaires. Un travailleur peut faire 44 ou 46 H. hebdomadaires, il peut faire 16H ou moins encore, sans pouvoir décider par lui-même des périodes de surtravail ou de sous travail. Celui qui décide, c’est le patron. C’est le système de l’annualisation du temps de travail, généralisé par les lois Aubry relatives à la RTT, et dont la mise en place a pu être dénoncée par les travailleurs, puisque s’ils travaillaient moins qu’avant, ils touchaient aussi moins qu’avant. Cependant, les effets pervers ne sont pas dus à la RTT, mais à son application.
Avec l’annualisation et la flexibilité, le patronat, qui n’est pas stupide, a pu imposer des heures supplémentaires (220/an) grâce à la loi inspirée en 2003 par Fillon, autre ami bien connu des travailleurs. Façon masquée de revenir aux 39 H. D’autant que le supplément de 25% dû par les entreprises de plus de 20 salariés est ajustable à 10%. Dans les petites entreprises, c’est tout de suite 10% ? Ainsi, un salarié au SMIC et trimant 39 H/semaine toucherait le pactole de…3,30E/semaine (moins les cotisations sociales).
Quand on vous disait que c’est un piège à cons…..

GARE DU NORD 2007: SIMILITUDES
- "C'est elle qui nous a battus!"
Dessin de Willette, sans titre, Le Courrier francais illustré paraissant tous les dimanches n°8, 24/2/1901.
(in "caricature et caricatures")