Vendredi 9 mai 2008




RESISTANCE……….HYSTERIE……….FRAGMENTS DE VERITE

 

L’Administration Américaine a reconnu l’impossibilité pour elle d’éliminer la Résistance Libanaise, notamment sa fraction la plus importante : le Hezbollah.

Toutes les options militaires, opération purement américaine ou celle menée par une combinaison américano israélienne, seront selon elle vouées à l’échec.

 Selon ses informateurs, elle reconnaît que désormais, cette résistance est solidement ancrée dans le peuple et dépasse très largement la frontière confessionnelle ; selon eux, une frange très importante de la jeunesse libanaise, toutes confessions confondues, chrétiennes (principalement maronite, grecs orthodoxe et catholique), sunnite et druze s’est ralliée à la Résistance et est prête à défendre la Patrie.

 Devant ces faits, que reste-t-il encore comme degré de liberté pour la bande de David Welsh, à savoir l’alliance Sinioura-Hariri-Joumblatt-Geagea, si ce n’est l’hystérie généralisée et systématique.

 Sinioura interdit le Sérail à la presse…

 Feu tout azimut sur la Résistance : calomnies, mensonges, provocation de haines et de conflits locaux confessionnels en vue de l’affaiblir ou tout au moins de stopper son développement…

 Actions d’intimidation et de terreur menées par leurs milices, et tout particulièrement celle de Geagea.

Des révélations israéliennes très récentes parlent de l’implication de ce dernier dans des préparatifs conjoints avec le Mossad en vue de l’assassinat de Michel Aoun ; pour s’en convaincre, il suffit de prendre connaissance de l’article d’Al Intiquad qui suit :

 

http://www.alintiqad.com/bar/newsdetails.php?id=125436

 

 A cette situation très grave que traverse notre Liban, et comme celle-là ne suffisait pas, s’ajoute également le début de l’éclatement de la vérité tant attendue par le peuple, dossier après dossier et à commencer par celui de l’assassinat de Samir Kassis ; prenez-en connaissance en lisant l’article qui suit :

 

http://wa3ad.org/index.php?show=news&action=article&id=20394

 

Face à cette hystérie généralisée et systématique, face à cette fascisation galopante, nous devons tous être vigilants car il ne leur reste plus qu’à déclencher leur sale guerre civile et provoquer l’éclatement de notre pays.

Nous devons également faire la chasse aux éléments de la terreur et de la collaboration, à l’intérieur de nos frontières comme à l’extérieur. Notre devoir patriotique, l’acte résistant, consiste à les dénoncer.

 […]

Pour le Parti Communiste Libanais, 

DR JEAN EL CHEIKH 

Marseille FRANCE



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Vendredi 9 mai 2008

                                                                                        
                                       



  Appel à la grève dans les écoles le  jeudi 15 mai 2008
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Vendredi 9 mai 2008

60è anniversaire d'Israël - déclaration du PC israélien

« Ne dites pas « un jour viendra », faites venir ce jour », Tamar Gozansky

Les 60 ans de l’Etat d’Israël sont 60 ans d’occasions manquées, aussi de luttes pour la paix, la démocratie et l’égalité.

Déclaration du Parti communiste d’Israël (PCI), 7 mai 2008 (traduction depuis l’anglais par vivelepcf)

La création de l’Etat d’Israël, il y a 60 ans, et le Désastre (« Nakba ») qui a fait de la majeure partie du peuple palestinien des réfugiés, sont les deux faces indissociables d’une histoire qui aurait pu être différente, si, cette même année 1948, l’Etat palestinien indépendant avait également été créé.

Les communistes juifs et arabes, pendant qu’ils agissaient clandestinement contre la domination britannique et pour l’indépendance du pays, soutenaient la résolution de l’Assemblée générale des Nations Unies du 29 novembre 1947 qui prévoyait la création de deux Etats sur le territoire de la Palestine sous mandat. Depuis ce jour, le PCI a défendu sans relâche le droit à l’autodétermination de chacun des deux peuples, le juif et l’arabo-palestinien. Depuis ce jour, le PCI a exigé sans relâche l’établissement d’une paix juste et durable entre Israéliens et Palestiniens, reposant sur la fondation d’un Etat palestinien avec Jérusalem-est comme capitale et une solution à la question des réfugiés palestiniens conforme aux résolutions de l’ONU. L’indépendance d’Israël ne sera achevée que lorsque sera créée la Palestine indépendante à son côté.

Les dirigeants sionistes du temps du Mandat, les gouvernements d’Israël ensuite, ont empêché la création de la Palestine indépendante à côté d’Israël. En 1948 et pendant la guerre de juin 1967, ils ont mis en application le principe chauvin : « le plus de territoire avec le moins d’Arabes ». Pendant la guerre d’indépendance, les soldats israéliens ont détruit 450 villages et contraint des centaines de milliers de Palestiniens à s’exiler loin de chez eux. Pendant les 41 ans d’occupation israélienne commencée en 1967, l’armée israélienne n’a cessé de répandre la destruction et d’ôter la vie à des milliers de Palestiniens.

Le refus de mettre en œuvre, en principe comme en pratique, les décisions des organes des Nations Unies, retrait de tous les territoires occupés en 1967, démantèlement de toutes les colonies, établissement d’une paix juste entre Israéliens et Palestiniens, est la cause principale de l’absence de paix et de sécurité et de la poursuite de l’effusion de sang.

L’impérialisme, britannique il y a 60 ans, américain aujourd’hui, constitue le principal soutien et commanditaire de la politique d’occupation et d’annexion du gouvernement israélien. Dans le même temps, l’impérialisme oriente aussi la réaction de pays arabes, qui dans le passé s’étaient opposés au plan de partition, et qui maintenant, au service de l’agression américaine, développent des relations officieuses sinon ouvertes avec Israël, malgré la poursuite de l’occupation et de l’oppression du peuple palestinien, malgré l’extension des colonies en Cisjordanie.

La poursuite de l’occupation, combinée avec les politiques ultra-libérales, ont fait d’Israël un pays qui applique un régime colonial dans les territoires palestiniens. Mais Israël applique aussi sur son propre territoire une forme de colonialisme intérieur qui s’exprime par l’ampleur extrême des inégalités socio-économiques, doublées de manifestations de racisme et de discrimination à l’encontre de ses citoyens arabes.

Le capitalisme israélien se caractérise par le haut niveau de militarisation de l’économie et de la société, par l’intégration croissante dans la mondialisation des grands groupes, par l’érosion de la démocratie. Depuis 30 ans, l’hégémonie politique est détenue principalement par la droite, alors que la gauche sioniste a délaissé ses bases socio-démocrates et s’est rangée docilement, pour sa plus grande part, dans cette droite qui s’appelle « centre ».

Mais même dans les conditions complexes de la réalité israélienne, ces 60 dernières années ont aussi été des années de luttes sociales et démocratiques importantes, de luttes ouvrières, de luttes contre les guerres et l’Occupation et pour une paix juste, de luttes contre les discriminations subies par les femmes, pour la protection de l’environnement. Dans l’histoire sociale d’Israël, des pages de luttes audacieuses ont été écrites par les marins, par les ouvriers de la compagnie de textile Ata, par les enseignants et les infirmières, par les étudiants et les professeurs d’université, par les travailleurs des ports et des collectivités territoriales, par bien d’autres encore. Des manifestations massives ont contraint les gouvernements à répondre à la volonté du peuple et à accepter de créer des commissions d’enquête publique. La population arabe, conjointement avec les forces démocratiques juives, a mené des campagnes publiques contre le pouvoir militaire, contre les expulsions et les démolitions de maison, contre les attaques visant la citoyenneté des Arabes-Israéliens et les projets de déplacement de populations, contre le racisme et pour l’égalité civique.

Le Parti communiste d’Israël a été et continuera à être pleinement partie prenante des luttes de classes, des luttes sociales, démocratiques et environnementales. Il propose aux travailleurs qui constituent l’immense majorité des deux peuples une visée, et une voie pour y parvenir, de vie dans la paix et la sécurité, l’égalité et la démocratie, le bien-être économique et la justice sociale. 

par Vive le Parti Communiste Français

 

 

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Vendredi 9 mai 2008


L’alliance pro - impérialiste Sinioura-Hariri-Joumblatt-Geagea face à la Résistance libanaise, qui contrôle une grande partie de Beyrouth                  

vendredi 9 mai 2008.

 
  Pour la troisième journée consécutive, les violents affrontements ont opposé les partisans de l’opposition et ceux du gouvernement vendredi dans les rues de Beyrouth. Ces combats ont déjà fait au moins 11 morts et plus de 20 blessés, selon des représentants des autorités, alors que les miliciens de l’opposition ont pris le contrôle de plusieurs quartiers de la capitale alors que les affrontements se multipliaient dans plusieurs parties du pays.

Jeudi soir, des responsables de la sécurité libanaise avaient fait état de quatre morts et huit blessés, ce qui laisse supposer que la plupart des victimes ont été recensées au cours de la nuit. Des dizaines de magasins et de voitures ont été endommagés dans ces violents accrochages.

Selon LBC-TV, une chaîne pro-gouvernementale, Saad Hariri et Walid Joumblatt étaient assiégés dans leurs résidences dans l’ouest de Beyrouth et des responsables de la majorité ont appelé à une réunion d’urgence des parlementaires dans un village de la montagne au nord-est de Beyrouth. Une roquette a atterri sur la grille de la résidence fortement gardée de Saad Hariri dans le quartier de Koreitem.

Fouad Siniora serait également retranché avec plusieurs de ses ministres dans son bureau du centre de la capitale libanaise sous la protection renforcée de l’armée et de la police.

Une réunion des chefs de la diplomatie de la Ligue arabe au Caire aura lieu dans deux jours pour discuter de la crise, a annoncé Hossam Zaki, porte-parole du ministère égyptien des Affaires étrangères.

Parallèlement, les dirigeants du Qatar et de la Syrie ont eu des entretiens à propos du Liban à Damas. Selon l’agence de presse officielle syrienne, ils sont convenus que le conflit au Pays du Cèdre était une affaire intérieure et exprimé l’espoir que les parties impliquées trouvent une solution par le biais du dialogue.

Signe de l’effondrement des organisations favorables au gouvernement de Fouad Siniora, les hommes du Hezbollah et ceux de son allié du Amal ont pris le contrôle de la chaîne "Futur" du principal leader sunnite Saad Hariri. La chaîne a cessé d’émettre dans la matinée sur ordre du Hezbollah.

Les bureaux du quotidien appartenant à Saad Hariri qui se trouvent dans la banlieue proche ont également été incendiés par des hommes de l’opposition, selon des images diffusées par la télévision. L’armée a été déployée autour des locaux du quotidien et ceux de la chaîne de télévision.

Les troupes libanaises ont évacué le personnel de la chaîne dont les locaux sont situés dans le quartier de Kantari dans l’ouest de Beyrouth tandis que des hommes armés se massaient près de la chaîne exigeant sa fermeture et en menaçant de la détruire, a déclaré un des responsables de la chaîne de Hariri.

Dans le quartier côtier de Ramlet el-Bayda, les soldats sont également intervenus dans les locaux du quotidien "al-Mustaqbal" appartenant également à Saad Hariri et où a éclaté un incendie. L’armée a bouclé le secteur pour permettre aux pompiers de circonscrire le sinistre.

(Vendredi 09 mai 2008 - 13h50)

***

Le Hezbollah a pris vendredi le contrôle d’une grande partie de Beyrouth, dont des organes de presse pro-gouvernementaux, au troisième jour d’une campagne de désobéissance qui tourne à la confrontation majeure avec le gouvernement de Fouad Siniora.

D’après des sources proches des services de sécurité, le bilan des trois jours d’affrontements entre combattants des deux camps est d’au moins dix morts et 20 blessés.

Rappelant les heures les plus sombres de la guerre civile qui a déchiré le pays de 1975 à 1990, le bruit sourd des grenades et le craquement des armes automatiques ont continué de résonner durant la nuit tandis que des groupes de jeunes gens armés de fusils d’assaut sillonnaient les rues de la capitale encombrées des carcasses noircies de voitures incendiées.

En fin de matinée, le Hezbollah et ses alliés contrôlaient la totalité de Beyrouth-Ouest à l’exception du quartier de Tarek al-Djadidi, où des combattants pro-gouvernementaux étaient cependant en discussion pour rendre les armes, a dit un responsable de la sécurité.

Dans la matinée, des hommes fidèles au Hezbollah avaient pris le contrôle de la chaîne de télévision pro-gouvernementaleÿ Future News, qui appartient au dirigeant de la coalition au pouvoir Saad al Hariri, et obtenu l’interruption de ses programmes, a déclaré à Reuters un responsable du bureau de la chaîne à Beyrouth. Des hommes en armes ont également fait irruption dans les locaux du journal Al Moustakbal, appartenant aussi à Hariri.

D’après des responsables des services de sécurité, les membres du Hezbollah, accompagnés de combattants du mouvement allié Amal, ont pris le contrôle de plusieurs bureaux du Courant du Futur de Hariri dans la partie occidentale de Beyrouth. Ils les ont remis à l’armée libanaise, qui tente de jouer un rôle neutre dans la crise.

Les combattants du Hezbollah ont également resserré leur emprise sur les axes routiers menant à l’aéroport international de Beyrouth, pratiquement paralysé depuis mercredi. La compagnie aérienne nationale Middle East Airlines a annoncé le report de tous ses vols prévus d’ici samedi.

"Le Hezbollah domine la majeure partie de Beyrouth-Ouest", souligne Paul Salem, directeur du Carnegie Middle East Center à Beyrouth. "Cela affaiblit le gouvernement et le Courant du Futur", ajoute-t-il.

Les violences ont débuté lorsque le gouvernement a déclaré que le réseau de communication* mis en place par le Hezbollah constituait une atteinte à la souveraineté nationale.

Jeudi, cheikh Sayyed Hassan Nasrallah, avait accusé en réponse le gouvernement de lui avoir "déclaré la guerre". Pour le Hezbollah, unique milice à avoir été autorisée à conserver ses armes après la fin de la guerre civile pour lutter contre l’occupation israélienne dans le sud du pays, ce réseau parallèle de communications fait partie intégrante de ses structures de sécurité.

Israël s’est retiré en 2000 et le sort de l’appareil militaire du Hezbollah est depuis au coeur de la crise politique libanaise.

Saad al Hariri a répondu à Nasrallah en proposant un plan de sortie de crise qui qualifierait de "malentendu" la décision prise par le gouvernement de démanteler le réseau de communications du Hezbollah.

Le Hezbollah, selon sa chaîne de télévision Al Manar, a immédiatement rejeté cette proposition, précisant qu’il s’en tenait aux conditions fixées par Nasrallah.

A New York, le Conseil de sécurité des Nations unies a lancé un appel "au calme et à la retenue" dans une déclaration politique n’ayant pas valeur contraignante. A Ryad, l’Arabie saoudite a réclamé de son côté la tenue d’une réunion d’urgence des ministres arabes des Affaires étrangères pour discuter de la crise.

(Vendredi, 09 mai 2008 - 12h30) Al Oufok

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Jeudi 8 mai 2008

 

             Réfugiés de la faim                 

 La nuit était noire, sans lune. Le vent soufflait à plus de 100 kilomètres à l’heure. Il faisait se lever des vagues de plus de 10 mètres qui, avec un fracas effroyable, s’abattaient sur la frêle embarcation de bois. Celle-ci était partie d’une crique de la côte de Mauritanie, dix jours auparavant, avec à son bord 101 réfugiés africains de la faim. Par un miracle inespéré, la tempête jeta la barque sur un récif de la plage d’El Medano, dans une petite île de l’archipel des Canaries. Au fond de la barque, les gardes civils espagnols trouvèrent les cadavres de trois adolescents et d’une femme, morts de faim et de soif.

La même nuit, quelques kilomètres plus loin sur la plage d’El Hierro, un autre rafiot s’échoua : à son bord, 60 hommes, 17 enfants et 7 femmes, spectres titubants à la limite de l’agonie (1).

 

A la même époque encore, mais en Méditerranée cette fois-ci, un autre drame se joue : à 150 kilomètres au sud de Malte, un avion d’observation de l’organisation Frontex repère un Zodiac surchargé de 53 passagers qui – probablement par suite d’une panne de moteur – dérive sur les flots agités. A bord du zodiac, les caméras de l’avion identifient des enfants en bas âge et des femmes. Revenu à sa base, à La Valette, le pilote en informe les autorités maltaises, qui refusent d’agir, prétextant que les naufragés dérivent dans la « zone de recherche et de secours libyenne ». La déléguée du Haut Commissariat des réfugiés des Nations unies Laura Boldini intervient, demandant aux Maltais de dépêcher un bateau de secours. Rien n’y fait. L’Europe ne bouge pas. On perd toute trace des naufragés.

 

Quelques semaines auparavant, une embarcation où se pressaient une centaine de réfugiés africains de la faim, tentant de gagner les Canaries, avait sombré dans les flots au large du Sénégal. Il y eut deux survivants (2).

 

Des milliers d’Africains, y compris des femmes et des enfants, campent devant les clôtures des enclaves espagnoles de Melilla et de Ceuta, dans le Rif aride. Sur injonction des commissaires de Bruxelles, les policiers marocains refoulent les Africains dans le Sahara (3). Sans provisions ni eau. Des centaines, peut-être des milliers d’entre eux périssent dans les rochers et les sables du désert (4).

 

Combien de jeunes Africains quittent leur pays au péril de leur vie pour tenter de gagner l’Europe ? On estime que, chaque année, quelque 2 millions de personnes essaient d’entrer illégalement sur le territoire de l’Union européenne et que, sur ce nombre, environ 2 000 périssent en Méditerranée, et autant dans les flots de l’Atlantique. Leur objectif est d’atteindre les îles Canaries à partir de la Mauritanie ou du Sénégal, ou de franchir le détroit de Gibraltar au départ du Maroc.

 

Selon le gouvernement espagnol, 47 685 migrants africains sont arrivés sur les côtes en 2006. Il faut y ajouter les 23 151 migrants qui ont débarqué sur les îles italiennes ou à Malte au départ de la Jamahiriya arabe libyenne ou de la Tunisie. D’autres essaient de gagner la Grèce en passant par la Turquie ou l’Egypte. Secrétaire général de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, M. Markku Niskala commente : « Cette crise est complètement passée sous silence. Non seulement personne ne vient en aide à ces gens aux abois, mais il n’y a pas d’organisation qui établisse ne serait-ce que des statistiques rendant compte de cette tragédie quotidienne (5). »

 

Pour défendre l’Europe contre ces migrants, l’Union européenne a mis sur pied une organisation militaire semi-clandestine qui porte le nom de Frontex. Cette agence gère les « frontières extérieures de l’Europe ».

Elle dispose de navires rapides (et armés) d’interception en haute mer, d’hélicoptères de combat, d’une flotte d’avions de surveillance munis de caméras ultrasensibles et de vision nocturne, de radars, de satellites et de moyens sophistiqués de surveillance électronique à longue distance.

Frontex maintient aussi sur sol africain des « camps d’accueil » où sont parqués les réfugiés de la faim, qui viennent d’Afrique centrale, orientale ou australe, du Tchad, de la République démocratique du Congo, du Burundi, du Cameroun, de l’Erythrée, du Malawi, du Zimbabwe… 

 

Souvent, ils cheminent à travers le continent durant un ou deux ans, vivant d’expédients, traversant les frontières et tentant de s’approcher progressivement d’une côte. Ils sont alors interceptés par les agents de Frontex ou leurs auxiliaires locaux qui les empêchent d’atteindre les ports de la Méditerranée ou de l’Atlantique. Vu les versements considérables en espèces opérés par Frontex aux dirigeants africains, peu d’entre eux refusent l’installation de ces camps. L’Algérie sauve l’honneur. Le président Abdelaziz Bouteflika dit : « Nous refusons ces camps. Nous ne serons pas les geôliers de nos frères. »

 

Organiser la famine et criminaliser ceux qui la fuient

 

La fuite des Africains par la mer est favorisée par une circonstance particulière : la destruction rapide des communautés de pêcheurs sur les côtes atlantique et méditerranéenne du continent. Quelques chiffres.

Dans le monde, 35 millions de personnes vivent directement et exclusivement de la pêche, dont 9 millions en Afrique (6). Les poissons comptent pour 23,1 % de l’apport total de protéines animales en Asie, 19 % en Afrique ; 66 % de tous les poissons consommés sont pêchés en haute mer, 77 % en eaux intérieures ; l’élevage en aquaculture de poissons représente 27 % de la production mondiale. La gestion des stocks de poissons dont les déplacements s’effectuent tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des zones économiques nationales revêt donc une importance vitale pour l’emploi et la sécurité alimentaire des populations concernées.

 

La plupart des Etats de l’Afrique subsaharienne sont surendettés. Ils vendent leurs droits de pêche à des entreprises industrielles du Japon, d’Europe, du Canada. Les bateaux-usines de ces dernières ravagent la richesse halieutique des communautés de pêcheurs jusque dans les eaux territoriales. Utilisant des filets à maillage étroit (interdits en principe), elles opèrent fréquemment en dehors des saisons où la pêche est autorisée. La plupart des gouvernements africains signataires de ces concessions ne possèdent pas de flotte de guerre. Ils n’ont aucun moyen pour faire respecter l’accord. La piraterie est reine. Les villages côtiers se meurent.

 

Les bateaux-usines trient les poissons, les transforment en surgelés, en farine ou en conserves, et expédient du bateau aux marchés. Exemple : la Guinée-Bissau, dont la zone économique abrite un formidable patrimoine halieutique. Aujourd’hui, pour survivre, les Bissagos, vieux peuple pêcheur, sont réduits à acheter sur le marché de Bissau – au prix fort – des conserves de poisson danoises, canadiennes, portugaises.

Plongés dans la misère, le désespoir, désarmés face aux prédateurs, les pêcheurs ruinés vendent à bas prix leurs barques à des passeurs mafieux ou s’improvisent passeurs eux-mêmes. Construites pour la pêche côtière dans les eaux territoriales, ces barques sont généralement inaptes à la navigation en haute mer.

 

Et encore… Un peu moins d’un milliard d’êtres humains vivent en Afrique. Entre 1972 et 2002, le nombre d’Africains gravement et en permanence sous-alimentés a augmenté de 81 à 203 millions. Les raisons sont multiples. La principale est due à la politique agricole commune (PAC) de l’Union européenne.

 

Les Etats industrialisés de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) ont payé à leurs agriculteurs et éleveurs, en 2006, plus de 350 milliards de dollars au titre de subventions à la production et à l’exportation. L’Union européenne, en particulier, pratique le dumping agricole avec un cynisme sans faille. Résultat : la destruction systématique des agricultures vivrières africaines.

 

Prenons l’exemple de la Sandaga, le plus grand marché de biens de consommation courante de l’Afrique de l’Ouest. La Sandaga est un univers bruyant, coloré, odorant, merveilleux, situé au cœur de Dakar. On peut y acheter, selon les saisons, des légumes et des fruits portugais, français, espagnols, italiens, grecs, etc. – au tiers ou à la moitié du prix des produits autochtones équivalents.

 

Quelques kilomètres plus loin, sous un soleil brûlant, le paysan wolof, avec ses enfants, sa femme, travaille jusqu’à quinze heures par jour… et n’a pas la moindre chance d’acquérir un minimum vital décent.

Sur 52 pays africains, 37 sont des pays presque purement agricoles.

Peu d’êtres humains sur terre travaillent autant et dans des conditions aussi difficiles que les paysans wolof du Sénégal, bambara du Mali, mossi du Burkina ou bashi du Kivu. La politique du dumping agricole européen détruit leur vie et celle de leurs enfants.

 

Revenons à Frontex. L’hypocrisie des commissaires de Bruxelles est détestable : d’une part, ils organisent la famine en Afrique ; de l’autre, ils criminalisent les réfugiés de la faim.

 

Aminata Traoré résume la situation : « Les moyens humains, financiers et technologiques que l’Europe des Vingt-Cinq déploie contre les flux migratoires africains sont, en fait, ceux d’une guerre en bonne et due forme entre cette puissance mondiale et de jeunes Africains ruraux et urbains sans défense, dont les droits à l’éducation, à l’information économique, au travail et à l’alimentation sont bafoués dans leurs pays d’origine sous ajustement structurel . Victimes de décisions et de choix macroéconomiques dont ils ne sont nullement responsables, ils sont chassés, traqués et humiliés lorsqu’ils tentent de chercher une issue dans l’émigration. Les morts, les blessés et les handicapés des événements sanglants de Ceuta et de Melilla, en 2005, ainsi que les milliers de corps sans vie qui échouent tous les mois sur les plages de Mauritanie, des îles Canaries, de Lampedusa ou d’ailleurs, sont autant de naufragés de l’émigration forcée et criminalisée (7).  »

 

Jean Ziegler

 

Ecrivain, professeur à l’université de Genève. Rapporteur spécial de la commission des droits de l’homme des Nations unies pour le droit à l’alimentation. Auteur de La Faim dans le monde expliquée à mon fils, Seuil, Paris, 2000.

 

Notes

 

(1) Cf. El País, Madrid, 13 mai 2007 ; la nuit est celle du 11 au 12 mai.

(2) Le Courrier, Genève, 10 décembre 2006.

(3) Le 28 septembre 2005, des soldats espagnols ont tué cinq jeunes Africains qui tentaient d’escalader la clôture électrifiée entourant l’enclave de Ceuta. Huit jours plus tard, six autres jeunes Noirs étaient abattus dans des circonstances similaires.

(4) Human Rights Watch, 13 octobre 2005.

(5) La Tribune de Genève, 14 décembre 2006. NDLR : voir cependant le travail réalisé sur cette question par United et Migreurop : « Des morts par milliers aux portes de l’Europe ».

(6) Ce chiffre exclut les personnes employées dans l’aquaculture. Cf. Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), La situation mondiale des pêches et de l’aquaculture, Rome, 2007.

(7) Aminata Traoré, intervention au Forum social mondial, Nairobi, 20 janvier 2007.

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