Mercredi 14 février 2007

                                   

                                          Justice (?)

La jeune mère n’avait plus d’autres moyens pour nourrir ses trois enfants. Verdict du tribunal de Dijon : un mois ferme !

« Cette affaire me rappelle les Misérables », s’indigne Yves, un internaute dijonnais. La Cosette d’aujourd’hui est une jeune femme de vingt-sept ans, mère de trois jeunes enfants qui, la semaine dernière, a fréquenté les bancs de la justice bourguignonne pour un vol de nourriture de... 52,60 euros. Le verdict, pris en quelques minutes, fut sans pitié : un mois de prison ferme ! Dans le box, la maman pleure. Son avocat, Maître Alexis Janier n’en revient toujours pas : « Dans la salle d’audience, c’était la consternation ». Il y a de quoi.

La jeune femme s’est retrouvée au tribunal de grande instance de Dijon pour un petit larcin dans une grande surface du centre-ville. Le 30 janvier dernier, un vigile de ce magasin l’accuse de voler des denrées alimentaires et lui demande de le suivre. Les courses resteront sur le tapis de la caisse et ne quitteront jamais le magasin. La direction d’ailleurs ne portera pas plainte, estimant que la nourriture a été récupérée. Malgré tout, la procédure est enclenchée : commissariat, puis tribunal.

L’avocat de permanence judiciaire reçoit pendant deux heures cette maman. « Elle m’explique les faits et, bien évidemment, sa situation. Cette nourriture était pour ses enfants. Elle a beau être salariée, son salaire de misère ne lui suffit plus. Et malheureusement ce statut de salariée, même pauvre, ne lui donne pas accès aux services sociaux dont elle aurait besoin.»

Le jeune avocat choisit de plaider l’incohérence des faits et la faiblesse du dossier bâti uniquement sur le témoignage du vigile. « J’ai évoqué brièvement la situation financière de cette dame, mais l’invraisemblance de l’accusation me permettait d’espérer la relaxe », souligne-t-il. Le procureur, lui, insiste sur un antécédent non jugé qui met la jeune maman au rang de dangereuse récidiviste et réclame un mois ferme. « Parmi mes confrères, poursuit l’avocat, personne ne doutait de la relaxe de ma cliente. Un vol de 52,60 euros de nourriture ne peut pas vous conduire derrière les barreaux. Ce serait ignoble... » La suite lui prouvera le contraire. Le juge suit le réquisitoire à la lettre.

Maître Janier a immédiatement fait appel de cette décision infligée à la va-vite. À ses yeux, c’est sûr : les juges, en seconde instance, feront preuve de plus de clémence. Et devraient refuser de jeter en prison une jeune maman qui voulait juste nourrir ses enfants. A. C.

Journal l’HUMANITÉ du 5 février 2007

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Mercredi 14 février 2007
Question posée à JC GRAZIANI, membre du Comité Départemental du PCF

            Pourquoi voter M.G. BUFFET au premier tour?

« Alors que Sarkozy et Ségolène avancent leurs propositions la commission européenne continue sa marche force vers la libéralisation des services publics mettant en cause emplois statuts dans des secteurs clés comme les transports et la santé

Ségolène et Sarkozy veulent remettre sur la table la constitution européenne alors qu'il s'agit en premier lieu de respecter le vote des Français qui l'ont rejetée, et ensuite d’avancer vers la remise en cause des accords de Maastricht et des orientations de Lisbonne qui visent la mise en concurrence des régions et des pays pour tirer vers le bas toute la législation sociale.

En catimini, des conclusions doivent être rendues avant le 30 juin après consultation (de qui?) sur la politique maritime.
L'objectif est d'enraciner la politique des transports des régions côtières, de production et de stockage d'énergie, de la pêche, du milieu marin et de l'ensemble des activités maritimes et portuaires dans la stratégie de Lisbonne.
Cela veut dire, clairement ; autour du concept de compétitivité laissant au seul marche le soin de réguler ces activités.
On voit bien les conséquences et les ravages dans un secteur déjà sinistré. On mesure, dans une région sous perfusion comme la Corse, les ravages qui inquiètent déjà PME et PMI, qui par chambre de commerce interposé, soutenaient les orientations en cours et qui cherchent, aujourd'hui, des soutiens hypothétiques dans l'Europe des îles pour échapper au naufrage . Idem pour les champions du repli sur soi ou du système dérogatoire.
Il faut remettre en cause les orientations libérales fondées sur la seule performance économique pour la seule raison qu'elles sont contraires à tout esprit de développement. On voit bien que l'intérêt général n'est pas la préoccupation de la logique de marché.
L’élection présidentielle ne peut éluder cette question fondamentale :
Tourne-t-on le dos à cette logique comme le propose M.G.BUFFET ?
Cela suppose des ruptures avec les traites actuels .Voila pourquoi le score de Marie George pèsera lourd le soir du 1er tour.

Ce n'est pas une question de boutique.

Pour que la gauche gagne et pour en finir avec les désillusions et les déceptions, plus le score de Marie George sera haut et plus les chances de réussite d'une politique vraiment de gauche seront préservées.

Tel est l'enjeu du 1er tour des présidentielles. »
JCGRAZIANI

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Lundi 12 février 2007
                              AUTOUR DE LA CAMPAGNE DES PRESIDENTIELLES :
                   LIBERTE CHERIE, LES SECTIONS D'ASSAULT DU LIBERALISME, 
     UNE ENTREPRISE SPECIALISEE DANS LAVAGE DE CERVEAU AU SERVICE DU GRAND PATRONAT

    Si, d’aventure, on lit les déclarations de Yaron Brook, l'actuel président de l'Institut Ayn Rand de Californie, (« il faut éliminer des centaines de milliers de musulmans », voir Nouvelle Solidarité ; n° 19, 27 octobre 2006) on pourrait croire que pareille idéologie est très loin des réalités françaises.

   Car le coeur des néo-conservateurs en France semble, en apparence, se limiter à un petit nid d'intellectuels dépourvu d'emprise réelle sur la vie sociale du pays. Mais la montée du mouvement Liberté chérie et du parti politique Alternative libérale d'Edouard Fillias et de Sabine Hérold laisse malheureusement prévoir le pire.

            De l'UNI à "Liberté chérie"
En novembre 1968, quelques mois après la contestation étudiante de mai, dans le bureau de Pierre Denizet, patron du Service d'action civique (SAC) de Charles Pasqua, est créée l'Union nationale interuniversitaire (UNI), un groupe politique opérant derrière une façade de « syndicat d'étudiants ».

Si une partie des fonds de l'UNI provient de la National Endowment of Democracy (NED), organisme financé par l'argent du contribuable américain , c'est surtout Georges Pompidou qui, de 1969 à 1974, imposera l'UNI dans toutes les universités françaises, car il pense qu'une telle structure d'encadrement des jeunes esprits est désormais indispensable pour éviter de nouvelles explosions sur les campus.

La secrétaire générale de l'UNI est Suzanne Marton, une femme qui, bizarrement, vit depuis 1981 aux Etats-Unis et qui a pris la nationalité états-unienne. Son absence physique laisse la direction dans les mains de Gérard Daury, un proche de feu Jacques Foccart, l'homme des valises africaines, à l'origine des financements occultes de la vie politique française.

Si l'UNI a adhéré à la Ligue anti-communiste mondiale (WACL) et a souvent flirté avec des groupuscules d'extrême droite du type PFN ou GUD, elle sera surtout une pépinière d'hommes et de femmes politiques que nous retrouvons aujourd'hui à la tête de la France et des grands partis : car ses militants d'alors s'appelaient Nicolas Sarkozy, Michèle Alliot-Marie, Jean-François Copé, Xavier Bertrand, Christian Jacob, Eric Raoult, Renaud Muselier, Bernard Debré, Jean-Paul Delevoye, pour ne nommer que ceux-là.

A l'origine d'inspiration « gaulliste » et « conservatrice », l'UNI deviendra progressivement le fer de lance d'un ultra-libéralisme de plus en plus débridé. Par exemple : si, en 1991, l'UNI fait campagne contre le traité de Maastricht, elle appelle à voter en faveur du Traité constitutionnel européen en 2005. En 2006, elle défend le CPE, prône la méritocratie et crée des collectifs pour casser les grèves.

C'est cette orientation libérale à tous crins qui attire le futur fondateur de Liberté chérie, Edouard Fillias, petit-fils d'émigrés espagnols qui entre à Science Po en 1998 où il sera élu sur une liste de l'UNI. Il milite ensuite brièvement au RPR où il soutient la candidature de Patrick Devedjian à la présidence de ce parti.

En 2001, il crée avec sa future femme Sabine Hérold (surnommée « Mademoiselle Thatcher » par le JDD) l'association Liberté chérie (LC), une fédération d'associations engagée à défendre la pensée libérale en faisant
« évoluer notre vieux pays ».

C'est Liberté chérie qui se vante d'avoir vendu le concept de « service minimum » au nom de la liberté de chacun. Si, pour l'instant, cette idéologie ne sombre pas dans la violence systématique, il est à noter que c'est également LC qui fut au centre du dispositif qui força l'entrée des facs « pour ceux désireux d'étudier » lors de la bataille contre le CPE.

Dis-moi qui te finance, je te dirai ce que tu penses !
LC refuse d'être cataloguée à droite car le libéralisme « n'est pas nécessairement de droite ». Le groupe s'affiche libéral-libertarien, c'est-à-dire contre tout ce qui est collectif et contre tout ce qui enfreint les droits individuels : « Les Français souffrent avant tout d'un manque de liberté, oppressés sans le savoir par un état surdimensionné et des réglementations excessives. »
La haine de l'Etat et des syndicats, au nom d'une défense de la liberté individuelle poussée jusqu'à sa forme proto-fasciste, caractérise le mouvement.

Si le succès de Liberté chérie a pu donner la folie des grandeurs à Edouard Fillias, désormais enseignant à Sciences Po et dont la candidature à l'élection présidentielle de 2007 est soutenue par son parti Alternative libérale et le parrainage d'Alain Madelin, c'est surtout l'ancien militant de l'UNI, Nicolas Sarkozy, autre favori des néo-conservateurs, qui compte récolter les fruits électoraux de cette entreprise.
Vous doutez ? Lisez le programme de l’UMP (et du MEDEF c’est quasiment le même) !
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Vendredi 9 février 2007

                                COMME DIT SARKOZY ( LE PEN …etc…): 
                          « LA FRANCE, ON L’AIME OU ON LA QUITTE…
»

                                Rapport annuel de la Fondation Abbé Pierre

Près de 8,5 millions de personnes ont des difficultés de logement en France

La France compte près de 8,5 millions de personnes connaissant des difficultés de logement à divers degrés, selon le 12e rapport annuel de la Fondation Abbé Pierre. Celle-ci distingue deux catégories de personnes: 3,2 millions de "mal-logés" (SDF, occupants d'habitations de fortune ou de centres d'insertion sociale) et plus de 5,2 millions de personnes hébergées par des tiers vivant en situation de surpopulation ou encore en instance d'expulsion pour impayés de loyer. Voici les principaux chiffres:
Sans-abri: 100.000 (chiffre réactualisé par la Fondation, depuis l'enquête INSEE de 2001 recensant 86.500 SDF)
Personnes en habitat de fortune, sous-location, camping, hôtel: 974.600
Personnes vivant sans confort de base (habitat indigne, absence de sanitaires, etc.): 1.150.000
Personnes en impayés de loyer depuis plus de deux mois: 722.500
Personnes vivant en situation de surpeuplement: 4.544.000
Personnes hébergées chez des tiers faute de logement: 823.000
Logements dégradés nécessitant l'intervention publique: 750.000
Par ailleurs, s'appuyant sur des données du ministère de l'Intérieur, la Fondation explique que la France compte 160.645 personnes qui occupent un logement sans droit ni titre suite à une décision de justice prononçant leur expulsion. 
 

                    Ils aiment  la France, ces gens qui permettent un tel scandale?

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Vendredi 9 février 2007

    Les statistiques qui éreintent les clichés de Sarkozy

   Des chiffres du ministère de la Justice contestent la hausse de la délinquance juvénile et le laxisme des magistrats.

Libération Par Jacky DURAND, Fabrice TASSEL QUOTIDIEN : mercredi 6 décembre 2006
Plus que jamais les jeunes ¬ et plus particulièrement les mineurs ¬ sont dans le collimateur de Sarkozy. Qu’il s’agisse de l’occupation des halls d’immeuble (six mois de prison) ou de la rébellion contre les forces de l’ordre (un an), son projet de loi voté hier à l’Assemblée alourdit les sanctions et modifie un texte pourtant emblématique de la justice des mineurs : l’ordonnance de 1945. « Nous sommes aujourd’hui confrontés à des actes gratuits, sauvages, tels que l’incendie du bus de Marseille », a dit, le 21 novembre, le ministre pour justifier le durcissement de la loi : « Si on excuse la violence, il faut hélas s’attendre à la barbarie. »
Egrener des faits divers pour servir son propos est une ficelle habituelle du ministre de l’Intérieur, qui, lors du début de l’examen du projet de loi, lançait aussi que « depuis dix ans, la délinquance des mineurs a augmenté de 80 % ». Cette stigmatisation des jeunes qu’elle entraîne ne résiste pas à l’examen des chiffres de la justice, et au décalage avec ceux de la police. Dit autrement, une personne mise en cause par une procédure policière n’est pas forcément sanctionnée d’un point de vue judiciaire. Globalement, 9,8 % des infractions susceptibles d’être pénalement poursuivies (142 000 sur un total de 1 462 000) sont imputées à des mineurs. Alors que Sarkozy fait tout pour braquer les projecteurs sur cette part de la délinquance, celle-ci est donc l’oeuvre à 90 % de majeurs. Dans le détail, plusieurs chiffres issus d’un document de la direction des statistiques du ministère de la Justice, d’août 2006, démentent le cliché d’une délinquance juvénile de plus en plus dure, massive et précoce. Ainsi le nombre d’affaires concernant des mineurs non poursuivables, parce que l’infraction était mal caractérisée ou parce que le mineur avait été mis hors de cause, a augmenté de 17 % entre 2001 et 2005. Dans le même ordre d’idée, les affaires criminelles transmises à un juge d’instruction, donc les plus graves, ont baissé depuis 2000 (2 629 dossiers contre 2 332 en 2005, soit une baisse de 6,4 %). Autre idée imposée par Sarkozy, le laxisme de la gauche. Pourtant, toujours selon le ministère de la Justice, il y avait plus de mineurs condamnés à de la prison ferme sous Jospin : en 1999 le nombre de sanctions était de 8 297 contre 6 204 en 2005. Mais les chiffres du ministère de la Justice sont bien moins médiatisés que ceux de l’Intérieur. Sans doute à cause de la personnalité de leur patron respectif.

Source : Libération.fr : Les statistiques qui éreintent les clichés de Sarkozy

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