Lundi 21 avril 2008

COMPRENDRE....
Haïti, le ventre des pauvres sous contrôle des ploutocrates.

LOTY MALEBRANCHE Camille

 

Au moment où les émeutes de la faim font rage, il est un aspect essentiel que le cas d’Haïti révèle à tous : la volonté du nord ploutocratique à contrôler le ventre des pauvres du Sud. En Haïti, le dumping des denrées étasuniennes subventionnées par l’État étasunien pour détruire la production locale sans subvention ni moyens, a fini par avoir raison de l’alimentation produite sur place.

Victime de cette concurrence déloyale éliminatrice des agriculteurs pauvres, la république haïtienne est peu à peu devenue une sorte de cloaque des produits agricoles, avicoles et piscicoles de bas étages des Etats-Unis. À un pays qui mangeait opulemment sa viande saine, ses vivres, ses fruits (bananes, oranges, corossols, melons, papayes, ananas, cachimans) et ses céréales naturelles et en exportait, on a fini par imposer les poulets aux hormones, toutes sortes d’abats d’oiseaux, des rebuts de poissons méphitiques des piscines de Miami, poissons déjà de carne que les repus malades des Usa refusent sur leur table elle-même si peu hygiénique. Il faut aussi dire ici que le homard, la langouste et le poisson haïtiens sont pêchés en haute mer par des chalutiers étasuniens qui n’en laissent que les petits aux haïtiens qui ne disposent guère de technique de pêche pouvant rivaliser avec les étasuniens violant les eaux territoriales haïtiennes en toute aisance.

Bref survol historique d’une marche au supplice.

En 1971, Bébé Doc n’a été - à la mort de son père, le cannibale François Duvalier - accepté et investi président haïtien par le département d’État étasunien, que pour initier ce genre de changements alimentaires susdits au pays, avec l’intervention du Fmi et de la Banque mondiale avec ses organismes régionaux. On s’est mis à remplacer par un cheptel porcin rose venu des Etats-Unis, le cheptel porcin noir d’Haïti tué par un certain organisme spécialisé en l’enraiement de la peste porcine africaine soi disant imminente en Haïti. Ledit organisme d’élimination des porcs haïtiens, nommé Peppadep, opérait sous l’instigation étasunienne via la banque interaméricaine de développement et avec l’appui complice d’autres pays continentaux tels le Canada, ce bon larbin en toutes basses œuvres des étasuniens, qui a fait pression sur le gouvernement haïtien selon le fallacieux prétexte de prévention de ladite peste porcine d’ailleurs jamais vérifiée au pays selon les paysans éleveurs ! C’est à croire que David Cooper avait raison de traiter de « porchumain » le bourgeois du nord, lequel bourgeois, dans cette occurrence particulière, a bel et bien évincé la race proprement porcine, sa rivale ! On a également tué la volaille haïtienne par une armée de mangoustes répandues en Haïti, encore une fois par les Usa pour combattre une prétendue dangereuse infestation ophidienne du pays ! Il faut dire qu’en Haïti, pays à forte majorité paysanne et à tradition vaudoue où l’attachement familial à la terre excède le profane pour s’ancrer dans une mystique que les paysans désignent sous le nom créole de « bitasyon », c’est-à-dire (habitation), sorte de microfundi logeant les plantations et les planteurs qui les considèrent comme domaine des esprits et des ancêtres parmi les vivants où ces planteurs paysans menaient leur dure existence besogneuse sans encadrement de l’État moloch haïtien, nourrissant alors le pays, fournissant des produits d’exportation tout en entretenant un lopin de polyculture de subsistance. La politique de Wilson de transformer les terres haïtiennes en domaines étasuniens pour les latifundi exclusivement voués à la canne à sucre et à d’autres produits d’exportation à la solde de la Banana Fruit, avait échoué même au plus fort de la première Occupation yankee du pays allant de 1915 à 1934. La résistance paysanne, malgré les mitrailleuses et les massacres, avait empêché l’application de la politique économique de la puissance continentale qui l’avait réussi dans bien d’autres pays du continent. Alors, comme par revanche, après la mort de papa doc (François Duvalier) l’immonde et rétrograde criminel contre l’humanité néanmoins quand même nationaliste sur certains points, notamment au sujet de l’autarcie alimentaire du pays, les étasuniens ont donc sauté sur l’occasion, acceptant et adoubant à la tête d’Haïti, Jean-Claude Duvalier - fils et dauphin de François, jeune ignare de 19 ans - qui ne connaissait alors que le tir, le volant et le sexe. Ainsi, le département d’État étasunien avait, à la tête de l’État haïtien, son instrument de destruction de l’autarcie alimentaire du pays. Question de réaliser enfin le rêve étasunien de détruire quoique par un crime économique sans précédent, cette autarcie alimentaire haïtienne, ravageant triomphalistement le bastion d’autonomie voire de rébellion résistante d’un petit pays à tradition révolutionnaire qui avait mis Napoléon avec son expédition de plus de 40.000 de ses meilleurs hommes de troupe en déroute en 1803 et renvoyé bredouilles, au sujet de la transformation agraire préconisée par Wilson, des dizaines de milliers d’étasuniens pillards ayant mis à sac comme dans un western la banque nationale d’Haïti, avant la désoccupation et le départ des yankees en 1934. L’on sait par ailleurs que les présidents étasuniens Jefferson au 19ème siècle et F.D.Roosevelt au 20ème siècle ne cachaient pas leur haine pour « cette peste indépendantiste et antiesclavagiste de nègres qui ont pris leur indépendance par les armes » (1) ! La fierté des masses haïtiennes de toujours dire non aux prédateurs colonialistes, racistes, négrophobes et affameurs de la planète avait enfin été rayée du paysage, touchant le fond de l’abysse par les assauts d’un commerce déréglementé par les Etats-Unis infligeant un supplice impitoyablement orchestré contre Haïti.

Fin de l’histoire et victoire criminelle et affameuse du dumping.

L’imposture criminelle diabolique du dumping s’est allègrement poursuivie à la chute de Jean-Claude renversé à la suite de soulèvements populaires en février 1986. Le Cng (conseil national de gouvernement) qui succéda à Jean-Claude, ouvrit le pays aux produits peu couteux des Etats-Unis - parce que subventionnés par l’État étasunien - désormais vainqueurs dans leur politique de destruction de la production agricole haïtienne. Les États-Unis purent donc poursuivre leur abomination raciste et antihaïtienne avec la bénédiction de la politique-alibi du Cng prétendant combattre sans nuance et de cette manière expéditive, la cherté de la vie. Ainsi, le riz, le pois, la farine, le lait en conserve et bien d’autres produits comme des pieds de poulets made in Usa ont bombardé les marchés publics haïtiens à des prix providentiels pour les acheteurs à faible revenu, mais enclenchaient le désastre d’aujourd’hui sans que les gouvernants haïtiens, hommes de mains des étasuniens, crient gare ou intervinssent d’une quelconque façon !

Avec la fin des années 90, le néolibéralisme et ses menus fretins dits économistes que je ne citerai pas pour ne pas leur faire de la publicité, on entendit sur les ondes de certaines radios haïtiennes comme un évangile du salut économique par la libéralisation du marché pour libérer le peuple haïtien de la misère. Ces piètres émules tropicaux d’Alain Mink, lui-même répugnant, ont convaincu les classes moyennes et petits-bourgeois que les Etats-Unis veulent du bien au pays et qu’il fallait faire pression sur le pouvoir pour qu’Haïti s’ouvre encore plus à un dumping qui se préparait déjà à se convertir en prix exorbitants une fois la mise à mort de l’agriculture et de l’élevage haïtien totalement réussie et définitive... L’Usaid, l’usis, l’Iri, le Food for care… tous organismes étasuniens en Haïti nourrissaient et nourrissent ces sortes de mufles économistes pour mystifier intellectuellement des imbéciles des classes moyennes scolarisées, certains secteurs désinformés des masses et mythifier ce qui est en fait un mécanisme simplet de destruction d’un pays par l’escroquerie de la concurrence déloyale du plus riche pays du monde. Avec leur lugubre succès contre Haïti, non seulement les étasuniens se débarrassent de leur salissure de produits sans valeur, vendent leurs saletés rédhibitoires à prix inabordables aux haïtiens ; mais, ce qui est du terrorisme exterminateur, ils ont aujourd’hui la clef du ventre des haïtiens, le terrifiant pouvoir de créer des famines factices pour détruire tout gouvernement ou mouvement patriote voulant changer de politique pour transformer le faciès patibulaire de ce pays valétudinaire et martyrisé !

La nouvelle terreur du monde est donc la faim comme arme de destruction massive des peuples entre les mains de quelques transnationales et d’états du nord qui leur garantit leur règne de jungle où la vie des peuples du sud et des petits états de la périphérie, n’est rien qu’une marche létale au supplice planifié.

(1) Propos de Jefferson repris en d’autres mots par Roosevelt sur l’indépendance haïtienne.

Né en Haïti, Camille Loty Malebranche est professeur de philo. Il a écrit pour tous les principaux journaux haïtiens et également sur des sites cubains comme Lettres de Cuba et Cubarte. Auteur du livre L’EXÉCUTION DU PROMÉTHÉE paru en 1999.

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Lundi 21 avril 2008



 Des journalistes palestiniens ont manifesté dimanche à Ramallah, en Cisjordanie, pour protester contre la mort d’un caméraman de Reuters tué par une frappe israélienne à Gaza.

Sur un brancard, son corps a été recouvert d'un drapeau palestinien, sur un autre, ses amis et collègues avaient placé sa caméra et son gilet pare-balles encore maculé de sang.

Ils portaient une pancarte sur laquelle on pouvait lire : "Les occupants sont responsables pour le sang de notre collègue".

Les dernières images qu'a tournées Fadel Chanaa montrent, au loin, un char israélien, qui apparemment fait feu sur lui, puis plus rien.Quelques secondes plus tard, la voiture du cameraman est en feu...

Fadel Chanaa est l'une des dix-huit personnes au moins tuées hier dans des opérations de l'armée israélienne dans la bande de Gaza

Fadel Shana, qui n’était, malheureusement pour lui,  ni tibétain ni cubain,  travaillait comme caméraman pour l’agence de presse Reuters.

 On attend toujours la véhémente protestation de RSF.

                                                                                                                                                                              U cursinu rossu

 

 

 

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Dimanche 20 avril 2008

                                                                                  

         



 " Le dominé cesse de l'être quand il admet que tout est possible" (graffiti en Argentine)
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Dimanche 20 avril 2008

Humeur

LE BOUDDHISME BOBO

 

 

Voilà qu'on nous refait le coup de la pensée bouddhiste. A la manière de Elle, quand, sortis des salades folles, des vacances aux Seychelles et des fausses audaces sexuelles, les journalistes invitent les lectrices à la transcendance pour qu'elles voient si ça fait du bien. Avec, cette semaine, Télérama roulant des yeux devant Mathieu Ricard, moine bouddhiste façon Tintin au Tibet et traducteur du Dalaï-Lama. Voir son impayable portrait, sans profondeur de champ afin de faire ressortir les yeux fixes, et sans profondeur tout court. Vive la spiritualité beauf ! Celle des Droits de l'Homme de droite, bien-pensante et surtout bien sélective.

Le lieu n'est pas ici de présenter le bouddhisme dans sa complexité et ses multiples aspects philosophico-religieux mais d'attirer l'attention sur un aspect généralement ignoré de ses laudateurs du XVe arrondissement : Bouddha fut un homme du renoncement et qui détestait les femmes, ce qui va généralement ensemble dans les religions monothéistes et les systèmes de pensée réputés « spirituels ».

De son nom Gautama, prince Siddharta, Bouddha est un personnage historique attesté qui a vécu vers le VIe siècle avant notre ère. En fait « Bouddha » est un titre qui désigne un personnage « éveillé », ayant atteint le nirvana, c'est-à-dire, l'absence de désir, ce qui est au passage une manière adroite et commode de ne manquer de rien. Un bodhisattva est un « aspirant à l 'éveil ». Le Bouddha dont se réclament les bodhisattvas du quartier Saint-Germain est le plus célèbre, mais il y en eut des multitudes.

Un épisode de la vie du Bouddha résume assez bien la pensée du personnage. Lassé de sa vie luxueuse et de ses excès qui ne débouchaient sur rien, le prince Siddharta se lance dans l'ascèse. Une partie admirable de la statuaire bouddhique le représente jeûnant assez rudement puisqu'il ne se nourrit plus à la fin que d'un grain de riz par jour. Mais cela ne débouche pas non plus sur quelque chose de probant. Il faut donc choisir la voie médiane, le juste milieu entre les deux excès. Cela, c'est pour la pensée molle. On sait ce que cela donne en politique. Et corrélativement, il convient de se défier des femmes qui justement ne font rien qu'à écarter les sages du juste milieu. Cela, c'est pour le mépris de la moitié de l'humanité.

Religion pour certains, spiritualité philosophique pour d'autres, le bouddhisme vaut ce que valent les religions et les spiritualités. Pas moins, pas plus.

                                                                                                                              Pascal Acot

                                                                                                                    Action communiste

                                                                                                                  acotp@club-internet.fr

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Dimanche 20 avril 2008

La lutte des ouvriers de Mahallah (Egypte)                                              

L'Egypte vient de connaître des émeutes de la faim. 
Dans le cadre des mouvements de lutte qui secoue le pays, l
es ouvriers de la Compagnie égyptienne des fils et textiles de Mahallah al Koubra  sont en  grève contre un régime qui a écrasé les pauvres au profit d'une poignée de capitalistes.
La fédération syndicale des ouvriers d'Egypte, soumise au régime de Moubarak et le ministère de l'Emploi et du Travail, opposés à la grève,  tentent  tout ce qui est possible pour  anéantir les forces ouvrières et liquider leurs droits par les menaces, la répression et l'emprisonnement, par exemple, celui de militants arrêtés alors qu’ils distribuaient des tracts… Mais ceci ne semble pas émouvoir les défenseurs autoproclamés des droits de l’homme, dès lors que le Président Moubarak est un vassal des Etats-Unis et que l'Egypte n'est pas la Chine ( même retournant au capitalisme).Encore moins Cuba socialiste.
La lutte des ouvriers du textile de Mahallah  s’inscrit dans la lutte plus générale des pauvres et déshérités d’Egypte  contre le régime oppressif de Moubarak. Elle pourrait se propager à l’ensemble de la région.

 

 
Les Partis communistes  syrien,  libanais, jordanien, tchèque, russe, le Parti du Travail de Turquie, le Parti des ouvriers de Belgique,  Rifundazione Comunista d’Italie,le Forum démocratique progressiste du Bahraïn, le Front populaire de libération de la Palestine, le Front démocratique de libération de la Palestine, le rassemblement de gauche pour le changement (Liban), l’Association des professeurs de l'enseignement secondaire public libanais,le Syndicat des ouvriers du bâtiment (Liban), ont publié un communiqué de soutien à la lutte des travailleurs égyptiens .
La section du Cap Corse du PCF s ’y associe, naturellement.

.                                                                                                                   



                                                                                                        u cursinu rossu
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