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24 février 2017 5 24 /02 /février /2017 17:51

Avec Macron, c’est tout pour les patrons

Vendredi, 24 Février, 2017
Humanite.fr
Pour Emmanuel Macron, ce sont les salariés un peu mieux payés que les smicards et les retraités aux pensions moyennes qui paieront un surplus de CSG. Photo : Patrick Kovarik/AFP
Pour Emmanuel Macron, ce sont les salariés un peu mieux payés que les smicards et les retraités aux pensions moyennes qui paieront un surplus de CSG. Photo : Patrick Kovarik/AFP

Deux jours après avoir obtenu le soutien de François Bayrou dans la course à l’Elysée, Emmanuel Macron a accordé un entretien aux Echos des 24 et 25 février. Même s’il est toujours difficile de voir clairement de quelle manière le candidat d’En Marche fera marcher l’économie, on devine néanmoins que son seul but est de précariser ceux et celles dont le travail la fait tourner.

Dans ce qu’il appelle « un plan d’investissements publics de 50 milliards durant le quinquennat, en plus du soutien à l’investissement privé », Emmanuel  Macron dit que « 15 milliards seront consacrés à la transition écologique, y compris en accompagnant, comme à Fessenheim, les territoires ». Ce qui semble vouloir dire, au détour d’une phrase, qu’il fera vite fermer la centrale nucléaire de Fessenheim sans jamais l’avoir annoncé clairement. Macron promet 60 milliards d’euros d’économies et vise d’abord « 25 milliards d’économies sur la sphère sociale. Et par 15 milliards sur l’Assurance maladie » dit-il avant d’ajouter ceci : « ensuite je réaliserai 10 milliards d’économies sur l’Assurance chômage grâce aux réformes structurelles. Le taux de chômage peut raisonnablement atteindre 7% en 2022 », affirme-t-il sans toutefois montrer comment, si ce n’est en expliquant ceci beaucoup plus loin, presqu’à la fin de ce même entretien : « il y aura une décentralisation des négociations sociales : c’est la loi qui définira l’ordre public social, les entreprises et les branches pourront y déroger par accord. Il faut assumer davantage de flexibilité, je n’ai pas peur du mot, pour adapter notre droit au travail aux mutations en cours. Ensuite, une réforme de l’UNEDIC permettra d’aller vers une assurance-chômage universelle de la même manière que l’assurance maladie est universelle», dit-il.

Avec Macron, toujours plus pour la grande distribution

Il reste à savoir ce que couvriront l’assurance-chômage et l’assurance-maladie universelle à la sauce Macron. Car loin avant cette tirade, le candidat d’En Marche évoque l’amélioration du pouvoir d’achat des salariés en ces termes : « Je rappelle d’abord la suppression des cotisations salariales maladie et d’assurance chômage, mesure qui sera complètement financées par la CSG, sauf pour les petites retraites, et qui rapportera 250€ de plus par an à une personne au SMIC ». Dit autrement, ce sont les salariés un peu mieux payés que les smicards et les retraités aux pensions moyennes qui paieront un surplus de CSG pour alimenter un coup de pouce de 20€ par mois au SMIC. Car, bien que volontairement confus à bien des égards, cet entretien accordé au quotidien Les Echos est clair quand il s’agit de servir les patrons. Qu’on en juge : « La transformation du crédit impôt compétitivité emploi en allègement pérenne de cotisations s’opérera dès 2018, et représentera  6 points de charges en moins au niveau du SMIC jusqu’à  2,5 SMIC (…) Pour supprimer les dernières charges au niveau du SMIC, nous ajoutons un allégement de 4 points de sortie à 1,6 SMIC. » Pour dire les choses plus clairement que ne le fait Macron, prenons le cas des grandes enseignes de la distribution comme Carrefour, Leclerc, Auchan, Casino et autres. Elles ne créent aucune richesse mais pressurent leurs fournisseurs qui sont des producteurs de valeur ajoutée d’un bout à l’autre de l’année. Elles garderont avec Macron à l’Elysée ces 6 points de réductions de charges patronales au titre de ce qu’est le CICE d’aujourd’hui sur presque tous les salaires qu’elles versent à leur personnel. Elle obtiendront en plus 4 points de réduction supplémentaire sur les salaires jusqu’à 1,6 SMIC. Voilà qui constitue un double encouragement pour embaucher du monde à moins de 1,6 SMIC afin de tirer tous les salaires vers le bas, quitte à abuser du temps partiel et de ne tenir aucun compte des niveaux de qualifications.

Avec Macron, les salariés et les retraités paieront à la place des patrons

Comme cela ne lui suffit pas, Macron prend soin d’ajouter dans cet entretien : « Par ailleurs, le taux de l’impôt sur les sociétés sera ramené à 33,3% à la moyenne européenne, c'est-à-dire 25% sur le quinquennat». Là encore, se sont les salariés et les retraités qui paieront à la place des patrons. A ce propos, relire aujourd’hui le « Rapport de la Commission pour la libération de la croissance française » rédigé en 2008 par Emmanuel Macron au nom de la commission Attali et à le demande de Sarkozy et Fillon permet de voir à quel point le rapporteur y mettait tout et son contraire. Ce qui a grandement facilité la mise en place de la Loi de modernisation économique (LME) que les distributeurs utilisent depuis plus de huit ans pour piller les fournisseurs de matières premières que sont devenus les paysans.

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Published by BANDERA ROSSA
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