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28 février 2017 2 28 /02 /février /2017 09:44

Vent frais sur les César (La chronique de José FORT)

 

Je ne suis pas un fervent des émissions de télévision célébrant les films, les pièces de théâtre, les chanteurs, bref toutes les processions télévisuelles à paillettes.

Je ne supporte pas ces artistes prononçant autant d’âneries frisant le ridicule en recevant leurs distinctions. Un spectacle où de temps à autre on peut entendre le procès verbal d’une médiocrité et un sourire en forme d’appel criant aux applaudissements-pourboires.

Samedi dernier, en zappant négligemment, je suis tombé sur les César retransmis sur Canal+.  Regard d’abord méfiant, puis agréablement surpris par le pétillant et subtil animateur de la soirée, Jérôme Commandeur, pour enfin m’intéresser au palmarès récompensant certains des films que j’avais vus avec plaisir au cours de l’année écoulée.  Mais surtout j’ai été, comme on dit, scotché en écoutant une série de déclarations autres que celles qui traditionnellement se limitent à remercier la mère, le père, la voisine, les producteurs et Dieu tout puissant.

Celle de François Ruffin dont le film «  Merci patron »  a été consacré meilleur film documentaire  soulignant que «  dans ce pays, il y a peut-être des sans-dents mais il y a surtout des dirigeants sans cran ».

Celle de l’admirable comédien François Cluzet affirmant que «  si on peut dire Bamboula, c’est convenable, on doit pouvoir dire enculé de raciste, c’est un compliment. »

Celle du célèbre réalisateur britannique Ken Loach récompensé pour son film « Moi, Daniel Blake » faisant lire un texte dans lequel il indique que «  l’extrême droite réussit lorsque les gens se sentent désespérés, nous nous devons de redonner l’espoir. »

Celle de la réalisatrice Alice Diop attribuant son César aux victimes des violences policières.

Celle encore de George Clooney s’indignant de la situation aux Etats-Unis en ces termes : «  Nous prétendons être les défenseurs de la liberté mais nous ne pouvons pas la défendre dans le monde en la niant chez nous. »

Enfin, pas de niaiseries ou presque cette année aux Cesar rajeunis et féminisés. Des bons films, de bons acteurs, de belles déclarations. Un réel plaisir surtout en regardant la mine déconfite des officiels. Et une réflexion personnelle : tout n’est pas pourri dans ce monde télévisuel, dans ce monde artistique, dans le monde tout court.  Le ressort est là. Il faut le tendre encore et encore afin qu’il dégage l’énergie nécessaire pour combattre l’obscurantisme qui frappe à nos portes.

José Fort   Sur Radio Arts-Mada (tous les lundi en direct à 19h)

Et puisqu’on parle cinéma, une chanson me vient à l’esprit : « Cinématographe », de Boris Vian. Ca date et pourtant ça n’a pas pris un pli.

 

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Published by BANDERA ROSSA
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