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22 mars 2017 3 22 /03 /mars /2017 16:02

Les choix inavouables cachés à la Ministre

La visite à Bastia de la Ministre du logement, Emmanuelle Cosse, a donné l'occasion à la municipalité de s’auréoler du bilan de la précédente majorité de gauche en matière de logement social et de rénovation du Centre Ancien tout en masquant ses orientations libérales et discriminatoires dans le domaine de l'habitat.

 

S'agissant du programme de requalification des quartiers anciens dégradés, celui-ci a été lancé en 2012. Même modifié, l'essentiel de ce programme a été validé, comme le prouve le lancement prochain des travaux du parking et de l'immeuble HLM au boulevard Gaudin. Quant aux 29% de logements sociaux, construits avant l'arrivée de cette municipalité, ils valent à Bastia d'être citée comme “le bon élève de la classe en Corse” par la Conseillère exécutive nationaliste présidente de l’Agence de l’urbanisme.

La fierté affichée par le Maire laisserait entrevoir un début de réponse aux 1400 demandeurs d’un logement social à Bastia. Hélas, non ! Pour lui ce chiffre de 29% est un plafond de verre à ne pas franchir même si un bastiais sur deux vit avec moins de 1300 euros par mois, et un sur quatre survit sous le seuil de pauvreté avec moins de 1000 euros.

Au nom d'une conception statistique et glacée de la mixité sociale, les difficultés de tous ceux qui peinent à se loger dignement avec un loyer modéré sont balayées. Ceux qui attendent une HLM, se voit offrir la possibilité de quitter leur ville pour se loger dans les communes voisines de Bastia…où il n'y en a pas ou trop peu pour leurs propres administrés!

Bastia accueille 40% des logements sociaux de la Corse, 75% du département et 96% de la Communauté d'agglomération. Le Maire l’a rappelé. Il l'avait déjà fait dans une interview d'août 2016. C'était alors pour s'en plaindre et surtout accuser les précédentes majorités de gauche d'avoir sacrifié le développement économique au bénéfice des besoins sociaux.

“Les choix politiques à Bastia ont été désastreux! [Disait-il] Certains s'enorgueillissent que la commune compte 30% de logements sociaux… Ces choix que nous n'avons pas faits, nous les assumons. Mais ce n'est pas de cette façon qu'on construit une ville”. Comme le prouve la construction du parking Gaudin doit on en déduire une nouvelle fois, de surcroit devant la ministre, que le double langage est désormais pratique courante!

Derrière l'alibi de l'équilibre social de l'habitat se cache un calcul financier moins avouable. Pour le Maire, le nombre important de logements sociaux “pose un problème pour les taxes d'habitation et foncière” qui procurent moins de recettes fiscales que les logements de catégories supérieures. “Nous devons attirer des gens avec un pouvoir d'achat plus important” avait-il déjà déclaré. De fait, la mairie favorise la construction de nouveaux logements en fonction de leur plus-value fiscale et non pas à partir des besoins réels de la population. C'est clairement une politique libérale “d’optimisation financière”, à l'image du projet de stationnement tout payant en centre ville.

S'ajoutent à cette orientation, des propos particulièrement inquiétants. Récemment, un conseiller départemental de droite, membre du conseil d'administration de l'Office de l'Habitat de la Haute-Corse, par ailleurs adjoint au maire de Bastia, s'est fait le porte-voix complaisant de prétendus propos que tiendraient des locataires déclarant: “C'è tropp’ Arabi”! “Il y a trop d'Arabes”! Il faut prendre le problème à bras le corps, je l'ai dit à la mairie". Faut-il comprendre que le critère ethnique prendrait le pas sur le droit universel ?

Ces propos inquiètent d'autant plus que la ville de Bastia est désormais un service enregistreur des demandes de logements locatifs sociaux lui donnant accès aux données nominatives relatives aux demandes de logement du département. La municipalité va-t-elle ainsi s’affranchir du respect des droits des demandeurs et des règles républicaines? Cela ne serait être la traduction du slogan de campagne “U Campà inseme”, le “Vivre ensemble” empreint de générosité !

De tout cela, la ministre EELV, soutien de Benoît Hamon, n'aura rien su. Flanquée de la première adjointe socialiste, elle a pu constater des résultats sociaux remarquables, fruits des précédentes mandatures, revendiqués sans scrupule par cette municipalité. Elle pourrait croire que la présence contre nature dans la municipalité de quelques socialistes aux côtés de la droite et des nationalistes est une garantie pour poursuivre dans cette voie. La triste réalité prouve plutôt le contraire. Les valeurs de gauche, de l'écologie politique et les valeurs républicaines ne sont vraiment pas compatibles avec les choix libéraux et identitaires. A Bastia comme dans tout le pays.

Toussainte Devoti Francis Riolacci

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Published by BANDERA ROSSA
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