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20 mars 2017 1 20 /03 /mars /2017 19:28

 

 

Questionnaire « scientifique » ou intrusion idéologique dans l’enseignement primaire et secondaire ? (PCF 2A et 2B)

Ce qu’il faut désormais appeler « L’affaire du questionnaire » suscite une émotion légitime dans le corps enseignant et dans l’opinion insulaire. Syndicats, parents d’élèves, mouvements démocratiques, dénoncent la décision prise par le Président de l’Assemblée de Corse d’interroger les enfants scolarisés en Corse dans le primaire et le secondaire sur leurs origines (leurs prénoms et celui de leurs parents !) leurs habitudes alimentaires, leurs pratiques religieuses… Cette étrange initiative se pare, si l’on se réfère aux « explications » de Jean Guy Talamoni, du label de la « science ». Il a saisi la directrice de l’Ecole supérieure du professorat et de l’enseignement (ESPE) pour qu’elle enquête dans les écoles de Corse aux fins de dresser un « état des lieux » de la diversité culturelle en Corse, « l’objectif assigné consistant à élaborer un modèle de gestion de cette diversité » !

C’est ambitieux, et probablement hors de portée d’une assemblée élue. Mais cette volonté n’est pas surprenante s’agissant du Président de l’Assemblée de Corse. Dans son dernier ouvrage, « Avanza, la Corse que nous voulons » Jean-Guy Talamoni prétend que le modèle français d’intégration et de citoyenneté a échoué, contrairement au modèle anglo-saxon ou québécois cité en exemple. Ainsi sont mises en cause les valeurs républicaines de liberté, d'égalité, de fraternité et la laïcité qui fondent le vivre ensemble dans notre pays au moment même où dans le débat national la droite et l’extrême droite ne se privent pas de les malmener.

Depuis qu’ils disposent de positions institutionnelles les dirigeants de Corsica Libéra développent une propagande permanente, visant à faire évoluer le rapport de forces politiques en leur faveur. Ils multiplient les signaux pour installer l’idée qu’ils sont les gardiens de l’idéologie nationaliste, leurs alliés n’étant en fait « que » des gestionnaires plus acceptables du système français en Corse. Il n’est donc pas surprenant que le président du Conseil exécutif n’ait pas été informé de cette initiative « stratégique » (et révélatrice) de « l’autre président ».

La méthode renforce les interrogations. Pourquoi confier à l’ESPE une telle enquête « sociétale » qui exige une expertise et une déontologie spécifiques s’agissant d’enfants de 8 à 12 enfants ? La formation des maîtres n’a que des rapports assez lointains avec l’analyse de la diversité culturelle…et, puisque les courriers de Madame Verdoni et Monsieur Talamoni évoquent l’INSEE et l’INED (ce sont des organismes habilités à lancer des enquêtes officielles qui respectent scrupuleusement les règles en vigueur) pourquoi ne pas avoir eu recours à leur expertise avant de vouloir interroger des enfants ? Les questionnaires de l’INSEE ne s’adressent jamais à des enfants de moins de treize ans non accompagnés de leurs parents ! Et ils évitent de s’immiscer dans l’intimité des familles.

Il est grand temps que les autorités de l’Etat, qui ont fort heureusement suspendu la diffusion de ce questionnaire, précisent clairement les rôles respectifs de l’Etat et de la Collectivité territoriale de Corse sur la question délicate de la « diversité culturelle » dont Le Président de l’Assemblée de Corse semble considérer qu’elle relève de ses seules compétences. De même, la Ministre de l'Education nationale ne peut se contenter d’une simple demande de retrait du questionnaire, c’est pourquoi nous l’appelons à faire toute la clarté sur la responsabilité de ses services dans cette affaire.

Au-delà, il appartient aux Corses dans la diversité de leurs options politiques ou philosophiques de résister à toutes les tentatives d’intrusion ou de manipulation idéologiques.

Parti communiste français

Déclaration des deux fédérations de la Corse

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Published by BANDERA ROSSA
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