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8 juin 2017 4 08 /06 /juin /2017 08:48
MARE NOSTRUM:la Banco Popular espagnole en faillite

La BCE a déclenché un dispositif d’urgence pour la Banco Popular espagnole en faillite

Mercredi, 7 Juin, 2017
Humanite.fr
Banco Popular, septième banque espagnole en termes de capitalisation mais plombée par les actifs toxiques immobiliers accumulés pendant la crise, espérait être rachetée pour sortir du gouffre. Photo : Mark Ralston
Banco Popular, septième banque espagnole en termes de capitalisation mais plombée par les actifs toxiques immobiliers accumulés pendant la crise, espérait être rachetée pour sortir du gouffre. Photo : Mark Ralston

Une première. Santander, première banque de la zone euro, a racheté in extremis mercredi en Espagne sa compatriote Banco Popular au bord de la faillite, après le déclenchement d'un mécanisme européen visant à éviter la contagion des crises bancaires aux Etats.

Banco Popular, au bord du naufrage boursier depuis une semaine, a été jugée en état de "faillite ou de faillite probable" par la Banque centrale européenne (BCE), en accord avec le Mécanisme de résolution unique (MRU).

Il s'agit de la première décision de ce type pour la Banque centrele européenne (BCE) qui chapeaute ce mécanisme dont le but est de faire face aux défaillances des banques en protégeant le plus possible le contribuable et l'économie réelle. "La détérioration significative de la liquidité de la banque (...) a conduit à établir que l'entité aurait, dans un futur proche, été incapable de rembourser ses dettes ou d'honorer d'autres engagements à la date d'échéance", a expliqué la BCE.

La BCE a donc enclenché en urgence mardi 6 juin le MRU, débouchant par un mécanisme d'appel d'offres à la vente de Banco Popular à Santander, première banque de la zone euro par la capitalisation, pour la somme d'un euro. "Les dépôts (des épargnants, ndlr) sont en sécurité et la stabilité financière de l'Espagne est assurée", au terme d'une "longue nuit", a déclaré la présidente du MRU Elke König.

Banco Popular, septième banque espagnole en termes de capitalisation mais plombée par les actifs toxiques immobiliers accumulés pendant la crise, espérait être rachetée pour sortir du gouffre. Mais l'absence d'offre ferme et la crainte d'une faillite avaient fait plonger le titre: la banque a perdu la moitié de sa capitalisation boursière en une semaine.

En outre la banque a été confrontée "à un retrait des dépôts très intense", selon le ministre espagnol de l'Economie Luis de Guindos. Dix-huit milliards d'euros auraient été retirés par les épargnants en dix jours, selon El Independiente.

Une opération sans fonds publics directs, mais les activités spéculatives de la banque ont causé des dégâts humains  

Au final, les épargnants conservent leurs économies, mais "tous les actionnaires de Banco Popular (...) ont perdu totalement leur investissement", résume l'autorité espagnole des marchés (CNMV).

L'objectif du mécanisme européen est la recapitalisation interne (bail-in): ce sont "en premier lieu les actionnaires (...) qui supportent les pertes des entités en crise, au lieu de passer par une recapitalisation externe avec des fonds publics", rappelle la CNMV.

Du côté de Santander, "les actionnaires vont débourser sept milliards d'euros pour assainir Banco Popular", soit le montant de l'augmentation de capital prévue, a affirmé la PDG Ana Botin. La déconfiture de Popular est colossale: Santander a chiffré les provisions supplémentaires nécessaires à 7,9 milliards d'euros, soit davantage que son bénéfice net dégagé en 2016 (environ 6 milliards). Une partie pourra servir à régler d'éventuels litiges avec des actionnaires de Popular ayant perdu leur argent.

Mais la banque assure que l'opération sera rentable au final, car elle renforcera son poids sur le marché des PME, crucial en Espagne. Après avoir chuté de 3% à l'ouverture, le titre Santander limitait la perte à 0,26% vers 13H25 GMT. L'action Banco Popular, elle, était suspendue. L'opération se fera "sans utilisation de fonds publics", s'est félicité le ministre de l'Economie Luis de Guindos, et "sans une éventuelle contagion entre risque souverain et bancaire, comme par le passé". 

L'Espagne est encore traumatisée par le sauvetage européen de son secteur bancaire en 2012, miné par la crise et l'explosion d'une bulle immobilière, à hauteur de 41 milliards d'euros. Le pays avait alors frôlé un sauvetage national et la sortie de l'euro.

"La situation actuelle est très différente" a souligné M. de Guindos, qui a souligné "la bonne santé de l'ensemble du secteur financier et de l'économie espagnole en général", avec une croissance attendue de 3% en 2017. 

(Source AFP) 

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Published by BANDERA ROSSA
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