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5 juin 2017 1 05 /06 /juin /2017 09:22
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Quand on aura pêché les derniers poissons

Gérard Le Puill
Vendredi, 2 Juin, 2017
Humanite.fr
Pourra-t-on dans les prochaines années mettre fin au pillage des océans sans rompre avec la politique de l’offre ? Photo : Miguel Riopa/AFP
Pourra-t-on dans les prochaines années mettre fin au pillage des océans sans rompre avec la politique de l’offre ? Photo : Miguel Riopa/AFP

Seulement 12% des poissons pêchés en mer proviennent aujourd’hui de pêcheries durables. C’est peu quand on sait que les ressources sont surexploitées dans plus de 30% des zones de pêches au niveau planétaire. Une conférence se tient au siège de l’ONU du 5 au 9 juin à New York sur l’avenir des océans.

Tandis que Donald  Trump vient d’annoncer que les Etats Unis se retirent de l’accord de Paris sur le climat pourtant ratifié par Barack Obama, on va parler de l’état des océans du 5 au 9 juin au siège de l’ONU. Il sera question, dans le cadre d’une conférence coprésidée par les gouvernements de Fidji et de Suède, de promouvoir « l’objectif de développement durable 14 ». Il s’agit d’un agenda de l’ONU qui fixe pour les océans des objectifs de développement durable à l’horizon 2030 en y associant les gouvernements, le système des Nations Unies, les organisations intergouvernementales, les institutions financières internationales, les organisations non gouvernementales, les organisations de la société civile, les institutions universitaires, la communauté scientifique, le secteur privé, les organisations philanthropiques et d’autres acteurs pour évaluer les défis et les possibilité liées à l’application de l’objectif 14», indique un document de préparation. On peut douter de la capacité d’une aussi grande diversité d’associations et d’organismes à définir une stratégie cohérente de préservation des océans et de leurs ressources. Surtout quand certaines de ces structures ne sont là que pour voir comment faire du business. On nous affirme toutefois qu’une « liste d’engagements volontaires pour la mise en œuvre de l’objectif 14 sera annoncée lors de la Conférence ». 

Une convention contre le pillage adoptée par 57 pays sur 190 concernés

En attendant, plus de 70 millions de tonnes de poissons de mer sont officiellement commercialisés dans le monde tous les ans. Ce chiffre ne tient pas compte des prises rejetées, ni de la pêche clandestine. En 2014, quelques 4,6 millions de bateaux, dont près de 3 millions étaient motorisés, sillonnaient les océans. La convention adoptée en 2001 pour lutter contre le pillage des ressources des océans, mais aussi pour lutter contre l’exploitation commerciale et le trafic illicite, n’a été depuis ratifiée que par 57 pays sur les 190 concernés au départ. Et rien ne prouve que la plupart des pays qui l’ont ratifiée soient irréprochables dans ce domaine. Depuis des années, plus de 80% des stocks de poissons pour lesquels les résultats d’évaluation sont disponibles sont déclarés pleinement exploités ou surexploités. Plus précisément 31,4% des stocks sont touchés par la surexploitation ou la pêche illégale.

La certification « Pêche durable » ne concernait que 12% des prises en 2016. Certes, c’est deux fois plus qu’en 2010 mais on est encore loin du 100%  vers lequel il faudrait tendre. Mais la certification ne règle pas tout puisque des contrôles effectués en 2015 sur des pêcheries certifiées ont montré que seulement 20% d’entre-elles avaient  « spécifiquement contribué  à améliorer l’état, la gestion et l’information disponibles sur les habitats marins à travers un total de 117 améliorations », dont 62 portaient sur la recherche.

Pourra-t-on dans les prochaines années mettre fin au pillage des océans sans rompre avec la politique de l’offre qui pilote la consommation mondiale, surtout dans les pays développés comme la France ? Sans vouloir répondre à la place de chaque lecteur, voici quelques chiffres qui donnent à réfléchir. Chaque Français consomme annuellement une moyenne de 24 kilos de poisson et 10 kilos de crustacé. Bien que la France dispose d’une des plus grandes façades maritimes du monde au regard de son nombre d’habitants, nos importations de poissons et de crustacés nous coûtent 6,8 milliards d’euros par an alors que nos exportations ne font rentrer que 1,9 milliards d’euros.

Au regard de ces chiffres, le plus sûr moyen de ne pas participer au pillage des océans consisterait à introduire des tickets de rationnement pour le poisson. Reste à savoir combien de nos compatriotes seraient près à l’accepter.

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Published by BANDERA ROSSA
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