Éditorial. Assez de faux-semblants, des actes
Par Patrick le Hyaric
Lundi, 24 Juillet, 2017
L'Humanité

Flambée de violence autour de l'esplanade des Mosquées. Photo : Ahmad Gharabli/AFP

Flambée de violence autour de l'esplanade des Mosquées. Photo : Ahmad Gharabli/AFP

L'édito de Patrick Le Hyaric. « L’UE doit avoir le courage de rompre l’accord d’association tant que l’ultradroitier pouvoir de Tel-Aviv ne s’engage pas dans un processus de négociations pour la reconnaissance de deux États. »

Que le Conseil de sécurité de l’ONU soit dans l’obligation de se réunir à propos de la crise ouverte par l’installation illégale de détecteurs de métaux à l’entrée de l’esplanade des Mosquées à Jérusalem dit beaucoup de la gravité de la situation créée par le pouvoir israélien. Mais, si cette réunion ne servait, une fois de plus, qu’à calmer la protestation justifiée du peuple palestinien, l’ONU se rendrait elle-même responsable de la non- application du droit international qu’elle édicte.

Le gouvernement de droite israélien agit ainsi car il bénéficie de criminels silences, de coupables complicités et de sordides encouragements, parmi lesquels ceux de M. Trump, de M. Macron et des cercles européens. Trop de gouvernements, dont le nôtre, tolèrent l’accélération des destructions de maisons de familles palestiniennes à Jérusalem-Est, la colonisation, l’allongement du sinistre mur de séparation, le vol de l’eau, l’emprisonnement de jeunes et de travailleurs palestiniens, l’étouffement de Gaza. Dans ces conditions, il faut être de mauvaise foi pour s’étonner de l’explosion de la bouilloire qui parcourt les rues palestiniennes. Il s’agit donc d’interpeller les autorités françaises pour qu’elles réclament des actes forts visant à faire appliquer le droit international. Cela suppose des initiatives politiques et des sanctions envers le pouvoir israélien, notamment en cessant la livraison d’armes et en réduisant certaines coopérations qui servent à renforcer la colonisation.

L’Union européenne doit avoir le courage de rompre l’accord d’association tant que l’ultradroitier pouvoir de Tel-Aviv ne s’engage pas dans un processus de négociations pour la reconnaissance de deux États. Deux vrais États ! Pas un État croupion palestinien comme on l’envisage dans quelques chancelleries, mais celui défini dans les frontières de 1967, avec Jérusalem-Est comme capitale. Il en va de la sécurité de tous. Assez de parlottes, des actes maintenant !

Directeur de l'Humanité