Samedi 12 janvier 2008

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L'élection présidentielle libanaise reportée au 21 janvier 2008                     

 

L'élection du président libanais a été reportée vendredi au 21 janvier, pour la douzième fois depuis la fin septembre, malgré les efforts du secrétaire général de la Ligue Arabe, Amr Moussa, venu cette semaine à Beyrouth avec un plan de sortie de crise.

Le scrutin devait se tenir samedi mais le président du parlement, Nabih Berri, a annoncé vendredi après-midi le nouveau report.

Le Liban est privé de chef de l'Etat depuis l'expiration du mandat du président Emile Lahoud, le 23 novembre 2007.

Le plan adopté dimanche dernier par les ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe réunis au Caire préconise l'élection immédiate du général Michel Souleïmane, chef d'état-major de l'armée libanaise et candidat de consensus, la formation rapide d'un cabinet d'union nationale et l'adoption d'une nouvelle loi électorale en vue des législatives prévues l'année prochaine.

C'est un compromis entre les exigences de la majorité parlementaire et celles de l'opposition.

L'opposition n'obtient pas le droit de blocage qu'elle réclamait au sein du futur gouvernement mais Souleïmane.

La Syrie s'est ralliée au plan du Caire.

La coalition du Premier ministre Fouad Siniora estime que le plan lui garantit la prédominance au sein du futur gouvernement de 30 membres, avec 14 portefeuilles contre 10 à l'opposition, les autres étant choisis par Souleïmane.

Mais l'opposition revendique la parité, chaque camp disposant de 10 portefeuilles, les 10 restants étant pourvus par le président. Le secrétaire général de la Ligue s'est refusé à fournir des indications sur ce point.

 

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Samedi 12 janvier 2008

                               Devinette

 

Le président A propose une nouvelle Constitution. Il la soumet au vote de son peuple.
Le président B propose aussi une Constitution. Dès qu’une partie du peuple a dit non, on cesse de voter. Un peu plus tard, la même Constitution est imposée. Sans vote. Qui est le démocrate ? 

 Vous avez tout faux. 
Le premier président s’appelle Chavez, c’est donc un populiste et un dictateur. 
Le second s’appelle Sarkozy et l’Union Européenne, ce sont donc des démocrates.
Vive la démocratie
!

Michel Collon

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Vendredi 11 janvier 2008

Israël : Sur l’éducation au racisme et le meurtre d’enfants, par Nurit Peled-Elhanan.

 L’universitaire et écrivain pacifiste israélienne Nurit Peled-Elhanan, (fille du général pacifiste M. Peled, fondateur du mouvement Gur Shalom) a perdu sa fille de 13 ans dans un attentat du Hamas.

solidaritéS, septembre 2007.                                                         

Militante israélienne pour la paix, professeure à l’Université de Jérusalem, la Dr Nurit Peled-Elhanan est lauréate du prix Sakharov des droits de l’homme (2001). (...) Nous publions ici l’extrait d’un de ses discours.

 

[...]Les enfants d’Israël en savent davantage sur l’Europe - patrie de fantaisie et idéal des dirigeants du pays - que sur le Proche-Orient où ils vivent et qui est le foyer d’origine de plus de la moitié de la population israélienne. Les enfants juifs, dans l’Etat d’Israël, sont éduqués dans des valeurs humaines dont ils ne voient la concrétisation nulle part autour d’eux. Au contraire.undefined

Partout ils assistent à la violation de ces valeurs. Une étudiante qui se définissait elle-même comme « une habitante de Tel Aviv, favorisée, appartenant à la classe moyenne », témoignait ainsi de cette confusion lorsqu’elle s’étonnait de ce que « des soldats de mon peuple, qui me protègent et veulent ma sécurité » maltraitent, sans sourciller, un père palestinien et son fils (Haaretz, 13.03.2006).

Dans ce contexte, l’expression « des soldats de mon peuple, qui me protègent et veulent ma sécurité » est ce qui exprime plus que tout l’idéologie des racistes : maltraiter l’autre est interprété comme défense de ceux de notre camp. Cette violence faite à l’autre est ce qui nous définit et crée une solidarité : nous les maltraitons, signe que nous sommes un peuple uni, consensuel, et tous responsables les uns des autres.

 

Le « peuple » et les « autres », pour un autre « nous »

Qui sont ces gens qu’elle dit « de mon peuple » ? Le mot « peuple », tout comme le mot « nous », est un des mots les plus chargés qui soient. C’est un mot qu’on présente comme s’il ne laissait pas le choix, comme un coup du sort, une oeuvre de la nature. La mort nous a obligées, ma famille etmoi, à scruter cemot en profondeur. Quand, il y a quelques années, une journaliste m’a demandé comment je pouvais recevoir des paroles de consolation venant de « l’autre côté », je lui ai immédiatement répondu que je n’étais pas prête à recevoir de paroles de consolation venant de « l’autre côté » ; la preuve : lorsque Ehud Olmert, le maire de Jérusalem, est venu exprimer ses condoléances, je suis sortie de la pièce et j’ai refusé de lui serrer la main ou de lui parler. Pour moi, « l’autre côté », c’est lui et ses semblables.

Et cela parce que mon « nous » à moi ne se définit pas en termes nationalistes ou racistes. Mon « nous » à moi se compose de tous ceux qui sont prêts à lutter pour préserver la vie et pour sauver des enfants de la mort. Des mères et des pères qui ne voient pas une consolation dans le meurtre des enfants des autres.

Il est vrai que là où nous sommes, ce camp compte davantage de Palestiniens que de Juifs, parce que ce sont eux qui tentent à tout prix - et avec une force qui nem’est pas familière mais que je ne peux qu’admirer - de vivre dans les conditions infernales que le régime de l’occupation et la démocratie juive leur imposent. Néanmoins, pour nous aussi, victimes juives de l’occupation, qui cherchons à nous dégager de la culture de la force et de la destruction dans la guerre de civilisations qui se mène en ces lieux, pour nous aussi il y a place ici.

 

La terre à ses habitant-e-s

Mon fils Elik est membre d’un nouveau mouvement qui a fleuri sous le nom de Combattants pour la paix, dont les membres, Israéliens et Palestiniens, ont été des soldats combattants qui ont décidé de fonder un mouvement de résistance non violente à l’occupation. Ma famille est membre du Forumdes familles endeuillées, israéliennes et palestiniennes, en faveur de la paix. Mon fils Guy fait du théâtre avec des amis israéliens et palestiniens qui se voient comme des gens vivant au même endroit et cherchent à se libérer d’une existence toute tracée, de malfaisance et de racisme qui n’est pas la leur. Et mon plus jeune fils Yigal fait chaque année un camp d’été de la paix où des enfants juifs et des enfants palestiniens s’amusent ensemble et créent des liens solides qui se maintiennent l’année durant. Ce sont ces enfants-là, son « nous » à lui.

Et cela parce que nous sommes une partie de la population vivant en ce lieu et parce que nous croyons que cette terre appartient à ses habitants et non pas à des gens qui vivent en Europe ou en Amérique. Nous croyons qu’il est impossible de vivre en paix sans vivre dans les lieux mêmes, avec ses habitants. Qu’une fraternité réelle ne s’établit pas sur des critères nationalistes et racistesmais sur une vie commune en un lieu déterminé, dans un paysage déterminé, et sur des défis relevés en commun. Que celui qui ne franchit pas les frontières de la race et de la religion et qui ne s’intègre pas parmi les gens du pays où il est né n’est pas un homme de paix. Malheureusement, beaucoup ici se disent gens de paix mais, voyant des compatriotes emprisonnés dans des ghettos et des enclos dans le but de les affamer jusqu’à la mort, ne protestent pas et envoientmême leurs fils servir dans l’armée d’occupation, jouer les sentinelles sur lesmurs du ghetto et à ses portes.

 

Pour une éducation antiraciste

Je ne suis pas une femme politique mais il est clair pour moi que les politiciens d’aujourd’hui sont les étudiants d’hier et que les politiciens de demain, ce sont les étudiants d’aujourd’hui. C’est pourquoi il me semble que celui qui fait de la paix et de l’égalité sa devise doit s’intéresser à l’éducation, l’explorer, la critiquer, protester contre la propagation du racisme dans le discours pédagogique et dans le discours social, proposer des lois ou réactiver des lois contre un enseignement raciste et instaurer des cadres alternatifs où s’offre à s’enseigner une connaissance de l’autre réelle, profonde, barrant toute possibilité de s’entretuer. Un tel enseignement devrait mettre sous les yeux les images des petites filles, étendues avec leur solennel uniforme d’école, dans la crasse, le sang et la poussière, leur petit corps criblé de balles tirées selon les procédures, et poser, jour après jour, heure après heure, la question d’Anna Akhmatova, une autre mère qui a vécu dans un régime de violence contre les femmes et les enfants : « Pourquoi ce filet de sang déchire-t-il le pétale de ta joue ? ».

Nurit Peled Elhanan (Jérusalem, 2006)

- Titre original de l’auteure, intertitres de notre rédaction.

 

 Source : solidaritéS www.solidarites.ch

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Vendredi 11 janvier 2008

                   LA FORFAITURE DU TRAITE EUROPEEN DIT "SIMPLIFIE" .  
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                                Camarades socialistes, pouvez-vous vous défiler?                              

OPINIONS .......

1 - Référendum ou pas référendum : le PS, hypocrite et parjure, ne respecte pas ses engagements en permettant à Sarkozy de bafouer le peuple français

Les députés socialistes ont décidé de boycotter la réunion du Parlement en Congrès à Versailles, le 4 février, pour la révision de la Constitution préalable à la ratification du traité européen, a annoncé mardi le patron du groupe PS à l'Assemblée nationale, Jean-Marc Ayrault.

Ce dernier mérite le prix Nobel de l'hypocrisie. Ecoutons-le :
"Nous n'irons pas à Versailles. Un référendum a rejeté le traité précédent. Un nouveau texte a été préparé. Il me paraît impossible que nous participions à la révision préalable de la Constitution dès lors que nous défendons la voie référendaire plutôt que la voie parlementaire", a-t-il dit en présentant ses voeux à la presse.

Mais l'absence des députés PS à Versailles ne compromettra en rien la révision constitutionnelle, puisque seuls les votes exprimés sont pris en compte. L'absence des députés socialistes permet donc à Sarkozy d'avoir les 3/5 nécessaires pour éviter le référendum. Et pour que Sarkozy ne puisse pas éviter le référendum, il faut que les parlementaires PS respectent leur engagement noté dans leur motion de synthèse du dernier congrès (et dans la proposition 91 des propositions de la candidate à la présidentielle) de lutter pour un référendum quelque soient leurs inclinations sur ce traité modificatif. Pour cela, il faut et il suffit que les parlementaires votent non à la révision constitutionnelle le 4 fevrier. On voit là les "limites" pour pas dire plus de l'attachement du PS au parrallélisme des formes qui veut que ce que le peuple a rejeté par référendum ne peut qu'être invalidé que par le peuple lui-même. Ce parjure restera dans nos mémoires.

Jérôme Manouchian

2 - 3 Réactions de socialistes à la position du PS visant à boycotter le congrés à Versailles

Communiqué de Marc DOLEZ, Député P.S. du Nord

Je juge déplorable la position du groupe Socialiste de l’Assemblée Nationale, annoncée ce jour, de boycotter la réunion du congrès de Versailles, le 4 février, pour la révision de la Constitution préalable à la ratification du Traité Européen.

Alors qu’en votant non à la révision de la Constitution, où la majorité des 3/5 est requise, les parlementaires de gauche peuvent imposer au Président de la République le référendum dont il ne veut pas, le boycott revient à renier les engagements pris et à se rendre complice de cette forfaiture qui consiste à faire adopter par le parlement un projet de traité précédemment repoussé par le peuple.

Profondément attaché au respect de la souveraineté populaire, je refuse pour ma part de cautionner cette indigne complicité et me rendrai donc, le 4 février, au congrès de Versailles pour voter non.

 

« Je ne serai pas le seul à me déplacer à Versailles » HENRI EMMANUELLI, député socialiste des Landes

Respecterez-vous la consigne de boycott du Congres ?
- Henri Emmanuelli. Non. Nous nous sommes engagés à quatre reprises pour que l’adoption d’un traité impliquant des abandons de souveraineté se fasse exclusivement par référendum. Il n’y a qu’un seul moyen de forcer Nicolas Sarkozy à l’organiser, c’est d’aller au Congrès de Versailles et de voter contre la modification de la Constitution permettant la ratification par voie parlementaire. Toute autre solution est dilatoire. Dire : « le PS boycotte Versailles », c’est accepter qu’il n’y ait pas de référendum et laisser le champ libre au président pour sa manoeuvre.

Ne pas se déplacer à Versailles pour le Congres serait donc une erreur ?
HE : Je suis parlementaire. J’ai été élu par le peuple et je ne le priverai pas de sa souveraineté. C’est une question de crédibilité. J’ajoute que le groupe des députés socialistes n’a rien décidé du tout. Nous n’avons aucunement été consultés sur la question d’un éventuel boycott. Je laisse la responsabilité à Jean-Marc Ayrault de ses déclarations.

François Hollande confirme ce boycott…
HE : Je ne comprends pas. Je suis affligé. On ne peut pas dire dans le même temps qu’on veut un référendum et adopter une attitude qui, de facto, laissera les mains libres à Sarkozy. Où est la cohérence ? L’heure n’est plus aux renoncements, aux habiletés, à la confusion, voire à la duplicité.

Le PS prend-t-il le risque d’une nouvelle crise sur la question européenne ?
HE : Comme d’autres, j’ai fait l’effort dans le cadre de la synthèse du Mans de dépasser les divisions fratricides entre les partisans du oui et ceux du non moyennant l’engagement de rester ferme sur l’exigence d’un nouveau référendum. Or cet engagement n’est pas tenu. Les risques sont lourds. Je ne serai pas le seul à me déplacer à Versailles. Je pense même que des parlementaires qui avaient voté oui à la Constitution européenne le 29 mai 2005 seront très choqués et iront au Congrès voter contre la révision.

Propos recueillis par E.H. in Le Parisien

 

Boycotter Versailles : c’est s’incliner devant Sarkozy sans mener de bataille ! Par JJ Chavigné (D&S)

Jean-Marc Ayrault, Président du groupe PS à l'Assemblée nationale a annoncé que les députés socialistes boycotteraient la réunion du Parlement en Congrès à Versailles, le 4 février. Ce jour là, le congrès sera réuni par Sarkozy dans l’objectif de réviser la Constitution française. Cette révision est indispensable à une ratification ultérieure du Traité Modificatif Européen par le Parlement.
François Hollande a approuvé cette prise de position.
Ce n'est pas acceptable !

Refuser d'aller à Versailles c'est offrir sur un plateau Sarkozy la majorité des 3/5 (des votants !) qui lui permettrait de modifier la Constitution et, ensuite, de faire ratifier le nouveau traité européen par le Parlement réuni en congrès, sans passer par un nouveau référendum.

Ce serait une défaite sans combat : le refus de nous battre pour la seule revendication juste : "Seul le peuple peut défaire ce que le peuple a fait !" Alors qu'il est possible de gagner et d'empêcher Sarkozy d'obtenir les 3/5 des suffrages des parlementaires. Si Sarkozy obtient sa majorité des 3/5 la bataille contre la ratification du traité au Parlement n'aura plus aucun sens. Il lui suffira alors d'obtenir la majorité simple devant le Parlement et cela ne posera aucun problème à la Droite. Ce vote ne sera qu'un vote symbolique.

Il n'est possible de faire barrage à Sarkozy et à sa volonté de ratifier le TCE sans passer par un référendum que lors du vote sur la modification de la Constitution. Ne pas être là lorsque ce vote aura lieu, serait fuir le combat sur le seul terrain où Sarkozy peut être battu.

Il serait, de surcroît, difficile de comprendre le soutien que notre parti apporterait ainsi à Sarkozy au moment où les attaques de la Droite se multiplient contre les salariés, les retraités, les chômeurs : fin des 35 heures, remise en cause du CDI, du Code du travail, franchises médicales, baisse du pouvoir d'achat augmentation de 1,1 % des retraites en 2008, stigmatisation à jet continu des chômeurs et des salariés pauvres... Nous ne pouvons pas accepter que notre parti puisse faire preuve d'un tel mépris envers les électeurs. Nous ne pouvons pas non plus accepter que notre parti puisse refuser la confrontation avec Sarkozy à un moment où l'échec de sa politique du "pouvoir d'achat" le rend particulièrement vulnérable. On ne fait pas de la politique contre Sarkozy et la Droite la plus réactionnaire depuis Pétain avec un fleuret moucheté. L'adversaire, lui, utilise le sabre d'abordage. Nous devons nous battre sans concessions pour freiner, stopper sa volonté d'effacer tous les acquis sociaux depuis 1936.

Les parlementaires comme Marc Dolez ou Henri Emmanuelli ont déjà fait savoir qu’ils iraient à Versailles pour voter contre le projet de modification de la Constitution proposé par Nicolas Sarkozy. Ils ne seront pas les seuls.

C’est l’ensemble des parlementaires de la gauche (et donc du PS) qui doivent se rendre à Versailles, empêcher Sarkozy d’obtenir la majorité des 3/5 et l’obliger à organiser un référendum sur le Traité européen signé à Lisbonne par les chefs d’Etat ou de Gouvernement, le 13 décembre 2007. Un traité dont le contenu est le même que le TCE rejeté par 54,67 % des électeurs français le 29 mai 2005.

Jean-Jacques Chavigné

  site: respublica

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Vendredi 11 janvier 2008

PRIX DU PÉTROLE - TAXER LES SUPERPROFITS


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Le cours du pétrole flambe et les prix à la pompe aussi.

Une fatalité ? Pas pour les associations de consommateurs ni pour les partis de gauche. L’UFC-Que choisir révèle que la marge des distributeurs de carburant, au lieu de diminuer comme ils s’y étaient engagés en novembre, “ s’est accrue ” de 2 centimes par litre en moyenne depuis. La preuve de “ la vacuité des réunions ” entre gouverne­ment et pétroliers, pour l’association. D’autant qu’à ces marges s’ajoute pour le consommateur le poids de la taxe intérieure sur les produits pétroliers (TIPP) et de la TVA.

Les partis de gauche se sont mis d’ac­cord en décembre, entre autres mesures favorables au pouvoir d’achat, pour exiger ensemble du gouvernement de “ généraliser le chèque transport ” pour les salariés, “ financé par une taxe sur les superprofits des compagnies pétroliè­res ”.

Le PCF propose pour sa part, dans le cadre de ses “ dix pistes de proposi­tions ” pour les salaires et le pouvoir d’achat, une diminution de cinq points des taux d’État de la TIPP sur l’essence et “ le gel ” de ceux appliqués au gazole. Les communistes avancent également l’instauration d’un prix maximum à la pompe, y compris pour le fioul domesti­que, et “ d’une contribution sur les pro­fits ” des pétroliers et des distribu­teurs “ pour financer ces mesures” et “ abonder un fonds de lutte antipollu­tion ”.


Des propositions immédiates, en atten­dant à plus long terme d’engager la France dans “ une révolution énergéti­que ” en faveur des énergies alternatives, d’agir pour une maîtrise concertée des marchés européens et de réunir une con­férence mondiale pour une gestion com­mune des ressources, leur partage équi­table, le droit à l’énergie pour chacun et la fixation d’un “ juste prix ” du pétrole
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LA DROITE CIBLE LES 35 HEURES et veut casser la notion même d’horaire légal. 

Avant que le gouvernement  ne porte le coup de grâce à la notion de dugreve-3-350x271.jpgrée légale du travail, celle-ci a fait l’objet d’attaques répétées depuis le retour de la droite au pouvoir en 2002. Avec déjà Fillon en chef d’orchestre du démantèlement progressif des 35 heures, auteur de la première loi contre la RTT en octobre 2002. Ministre des Affaires sociales, il n’avait alors pas hésité à imputer au Front Populaire, qui avait voté les 40 heures en 1936, “ la respon­sabilité de l’effondrement de la nation française en 1940 ”. Durant cinq ans, la majorité s’est éver­tuée à “ vider la bouteille ” des 35 heu­res, selon l’expression d’un député UMP, sans toutefois oser s’attaquer à l’existence même d’une durée légale du travail. Mais l’objectif était clair : les 35 heures devaient se réduire à une devise qui “ restera inscrite au Fronton de la République ”, expliquait le MEDEF, à condition qu’elle n’ait plus aucune por­tée réelle. Au nom de “ l’assouplisse­ment ” des 35 heures, la droite a ainsi accru le recours aux heures supplémen­taires en faisant passer une première fois le contingent légal de 130 à 180 heures annuelles dans la loi Fillon, puis de 180 à 220 heures après le vote d’une propo­sition de loi de l’UMP en 2005. Pour rendre la réduction du temps de travail totalement virtuelle, la monétari­sation intégrale des RTT a été légalisée, ainsi que leur stockage sur une durée de cinq ans. Le but : retenir pour seule référence le plafond des 48 heures heb­domadaires.

Mais, surtout, la droite a ouvert une brè­che dans la législation en étendant le domaine de la négociation au détriment de la loi et des protections dues au sala­rié. Fin 2003, lors du débat de la réforme du dialogue social, le Premier ministre Raffarin avait dévoilé le pot aux roses en indiquant dans la presse que l’inversion de “ la hiérarchie des nor­mes ” en matière de négociation visait bien à “ déroger au niveau de l’entre­prise aux dispositions sur la durée du travail ” en vigueur dans les branches. Un objectif repris par la proposition de loi UMP en 2005, ses auteurs comptant sur l’allongement du contingent des heures supplémentaires pour permettre aux chefs d’entreprises de renégocier des accords de RTT. Le plus libéral de ces députés, Novelli, aujourd’hui mem­bre du gouvernement, avait d’ailleurs affirmé sans détour : “ La durée du temps de travail ne devrait pas être fixée par la loi, c’est à la négociation de le faire ”.

Aujourd’hui, que reste-t-il des 35 heu­res ? Avec la loi sur le paquet fiscal qui détaxe les heures supplémentaires de l’été dernier, celle sur le pouvoir d’achat votée en décembre constitue la dernière attaque en date, créant un système très complexe dont Fillon tire aujourd’hui argument pour mettre à bas toute la législation. Plusieurs régimes coexistent en effet pour les heures effectuées au-delà de l’horaire légal, donnant lieu à des régimes d’imposition sociale et fis­cale différents, permettant de déroger aux plafonds en vigueur. Le rachat des jours de RTT n’étant pas considéré comme des heures supplémentaires, il ne sera en effet pas imputé sur le contin­gent légal de 220 heures, mais s’y ajou­tera. Quant aux exonérations de cotisa­tions sociales, déjà largement accordées par la seconde loi Aubry sur les 35 heu­res sans contrepartie de création d’em­plois, elles ont été élargies au fil des lois de la droite, atteignant près de 30 mil­liards d’euros en 2008. Avec un com­ble : désormais les heures de RTT rache­tées seront également exonérées. Ce qui signifie que les entreprises auront été payées deux fois : une première pour passer aux 35 heures et une seconde pour reprendre ces mêmes 35 heures aux salariés.


 

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