Samedi 7 juillet 2007
DEUXIEME REPONSE A PASCAL BRUCKNER


La repentance et les femmes de l’homme barbu

Par François Burgat
lundi 2 juillet 2007 « Je vais en finir avec la repentance qui est une forme de haine de soi et la concurrence des mémoires qui nourrit la haine des autres. »
« Une grande nation comme les Etats-Unis a le devoir de ne pas faire obstacle à la lutte contre le réchauffement climatique mais, au contraire, de prendre la tête de ce combat, parce que ce qui est en jeu c’est le sort de l’humanité toute entière. »
« À toutes les femmes martyrisées dans le monde, je veux leur dire que la fierté et le devoir de la France sera d’être à leur côté. […] La France n’abandonnera pas les femmes qu’on condamne à la burqa, la France n’abandonnera pas les femmes qui n’ont pas la liberté ».

Nicolas Sarkozy, 6 mai 2007

Avant de rejoindre le camp de Nicolas Sarkozy et d’y gagner un portefeuille ministériel, le socialiste Éric Besson avait décrit son adversaire électoral d’alors comme « un “néocon” américain à passeport français ». De fait, dès le soir de son élection, notre « néocon » a développé une très sélective vision de l’altérité.

Le thème de la sécurité a eu beau envahir la campagne électorale, les perspectives tracées sur ce terrain, dans et hors de l’hexagone, constituent autant de trompe l’œil qui risquent de nourrir les pires malentendus. Si demain la France ne devait plus disposer, pour communiquer avec les rives musulmanes de la Méditerranée, d’autre langage que celui de la confrontation, il faudrait se souvenir que l’aiguillage, ou l’engrenage, du 6 mai 2007 y aura été pour beaucoup.

« Halte à la repentance ! »

« Halte à la repentance », nous a d’entrée de jeu signifié le chef de l’État. Qu’est-ce à dire ? Que, quand bien même n’aurait-on pas encore fini de l’écrire, il faut dès aujourd’hui tourner la page de la colonisation. La colonisation, avait expliqué le candidat Sarkozy, a moins été en effet l’expression d’un « rêve de conquête » que celle d’ « un rêve de civilisation » [1].

De cette « repentance », on chercherait en vain la moindre trace dans les programmes scolaires, ou dans la mémoire législative de la France. Elle a pourtant, nous a dit le président élu, envahi la conscience nationale au point de nourrir la haine des « bons Français ».

Evoquer les crimes coloniaux ou seulement tenter de savoir pourquoi et comment, ici et là, la vieille fracture coloniale continue à travailler notre société et ses relations avec le monde [2] ? Masochisme, dévoiement de la conscience et auto-flagellation ! Nicolas Sarkozy – qui « parle Bruckner » [3] couramment – entend nous épargner ces « sanglots de l’homme blanc » accusés d’alimenter une intolérable « concurrence des mémoires ».

Rideau, donc, sur toute inscription de la lecture des tensions régionales dans un cadre historique qui intégrerait le précédent fondateur de l’actuel « choc des cultures ». Rideau sur toute tentative d’explication profane des bruyantes mais banales (ré)affirmations identitaires d’une rive Sud du monde longtemps privée de sa voix et son lexique. Et honte sur ceux qui, sur les deux rives, pour mieux regarder leur avenir, entendent poser leur regard sur les ombres autant que sur les lumières de leur histoire partagée.

En ce début de XXIème siècle, les multiples malentendus n’auraient donc rien à voir avec une quelconque volonté de résurgence des anciens dominés ou de leurs descendants ; et les défis que nous devons surmonter, rien à voir non plus avec notre difficulté à envisager la sortie du confort de l’hégémonie politique, économique et culturelle ancrée dans la relation coloniale. L’ « Halte à la repentance » signifie simplement que nos difficultés quotidiennes ne sauraient nullement s’ expliquer par nos erreurs passées ou présentes mais bien par celles des « autres » et par celles-là seulement.

Tout devient dès lors …si simple. Ce sont les colonisés qui nous ont trahis et non l’inverse ! Ce sont ces ingrats (et leurs enfants devenus Français) qui ont l’insolence de bouder aujourd’hui la Marianne généreuse qui a condescendu à les civiliser. Ce sont eux qui refusent de reconnaître les « Lumières » dans les halos médiatiques artificiels que braquent sur eux-mêmes nos (nouveaux) « philosophes » ! Qu’ils le fassent dans leurs nouvelles frontières, dans ce monde où rôdent les « intégristes » de tout poil, passe encore.

Mais, que dans nos propres cités, d’impertinents « indigènes » osent de plus en plus ouvertement rappeler à Marianne les plus criantes de ses contradictions, c’en est trop ! Tout s’enchaîne ensuite logiquement. Comme dans La Tyrannie de la pénitence, le refus de toute reconnaissance de l’histoire réelle sert surtout à annoncer le refrain qui, de Charlie-Hebdo à Philippe de Villiers et d’Alain Finkielkraut à Robert Redecker en passant par « l’immortel » Max Gallo, fédère aujourd’hui comme jamais les rangs du discours médiatique qui s’est substitué en France à celui de la pensée.

Notre mal-vivre, les malentendus qui surgissent ici et là avec le Sud musulman, voire avec quelques-uns de ces trublions de nos banlieues, n’auraient donc rien à voir avec nos égoïsmes ou nos propres crispations identitaires et …communautaristes. Ils n’auraient rien à voir avec les raccourcis que persistent à emprunter les politiques, sociale ou étrangère, de la France, de l’Europe ou de ces grands alliés que nous sommes plus que jamais invités à admirer. Pas question en effet, autre point fort du discours fondateur, de nous opposer moindrement aux Américains si ce n’est sur… le réchauffement de la banquise.

Rien à redire aux bombes avec lesquelles eux mêmes, leurs alliés ou autres protégés « réchauffent » l’Irak, le Liban, la Palestine ou l’Afghanistan. Rien à reprocher aux manipulations sectaires – quoi de mieux qu’un chiite pour nous débarrasser d’un sunnite ou qu’un Arabe pour nous débarrasser d’un Perse – dont leurs officines « contre-terroristes » font plus que jamais leur miel. Rien à redire au soutien aveugle accordé aux pires dérives des occupants israéliens : silence devant ceux qui, eux aussi, au nom de leur « sécurité », (en fait pour coloniser plus, encore et toujours), asphyxient en dressant murs et check-points, confisquent les ressources financières, kidnappent élus et ministres, assassinent les uns, affament les autres, ligotent tout un peuple qui a mal voté pour oser ensuite dénoncer impunément son incapacité à faire régner l’ordre ! Rien à promettre, donc, à aucun réfugié Palestinien, Irakien ou Afghan à aucun veuf, orphelin ou veuve de ces guerres là. Ceux-là… menaceraient notre identité nationale.

A l’origine de tous nos maux : le machisme du mâle musulman…

Si l’on comprend bien Nicolas Sarkozy, la vraie violence qu’il soit à la fois politiquement correct et rentable de dénoncer et de combattre, la seule à faire des victimes suffisamment nobles pour nous faire oublier nos sacro-saints quotas migratoires, ce n’est surtout pas celle de Guantanamo ou d’Abou Ghraïb, ni celle d’Hébron ou de Gaza : c’est le machisme des mâles musulmans contre leurs filles et leurs épouses !

Nous y voilà ! Tout le mal-vivre du monde ne vient que de l’insupportable culture de ces « Autres » qui ont moins le tort – inavouable – de nous résister que celui – impardonnable – d’avoir des épouses portant des vêtements d’une insupportable longueur. Seules ces victimes-là méritent notre volontarisme diplomatique. Elles seules pourront franchir les barrières ouvrant la félicité républicaine de la France magnanime. Avec nos encouragements tacites, l’Amérique de Georges Bush peut donc pérenniser la militarisation suicidaire de sa diplomatie pétrolière.

A l’abri de tout risque d’ « ingérence humanitaire » de nos French Doctors, les geôliers maniaques du terrifiant ghetto de Gaza peuvent dormir sur leurs deux oreilles. Au Sud ou à l’Est de la Méditerranée, du « modernisateur » tunisien Ben Ali au « libéral » palestinien Abbas, les « Pinochets arabes » peuvent se réjouir à l’unisson de la clairvoyance réaffirmée de leurs partenaires occidentaux. Les généraux algériens qui, pour garder le contrôle de leurs pétrodollars, ont plongé depuis 1992 leur pays dans une terrifiante guerre civile, étaient du bon côté de l’histoire (c’est-à-dire, bien sûr, le nôtre).

Moubarak et ses homologues peuvent continuer à « benladeniser » les plus légalistes de leurs opposants et à brandir une explication « théologique » – luttons ensemble contre les fous de Dieu– occultant tout autant les ravages de leur autoritarisme que l’écrasante complicité de leurs sponsors et partenaires occidentaux.

De l’Afghanistan au gouvernement « Fillon 2 », tout s’enchaîne ! La vieille boucle coloniale se referme : comment osez vous vous plaindre, vous dont nous sommes en train de libérer les femmes ! Les fils de ceux que la République a importés par milliers pour assurer la croissance de l’après-guerre peuvent demeurer dans le rang, aussi soigneusement écartés des bancs du gouvernement que de ceux de l’Assemblée nationale.

Ceux là, pour sûr, porteraient atteinte à notre « identité nationale ». Pères, maris et fils peuvent moisir dans leurs banlieues. En Afghanistan ou en Irak, ou dans leurs bantoustans palestiniens, leurs cousins peuvent continuer à se passer de notre sollicitude. Comment ceux dont les épouses portent des vêtements d’une telle longueur oseraient-ils se plaindre d’une domination qui leur apporte les Lumières de la modernité ?

Bienvenue en revanche aux … femmes des hommes potentiellement barbus, et à elles seulement. Sans même nous montrer trop exigeant sur leur talent, nous sommes même prêts à leur confier des responsabilités gouvernementales… faites spécialement à leur mesure : c’est à elles qu’il revient désormais de nous protéger contre cette menace partagée que représentent, pour elles comme pour nous, leurs pères, leurs maris et leurs frères !

Méditerranée : quelle « union » ?

A bien y regarder, il existe deux bénéficiaires potentiels de cette « sécurité » dont on nous parle tant. Les premiers sont…les destinataires désignés et théoriques des politiques mises en œuvre en leur nom ; les seconds - titulaires de privilèges qu’ils sont peu enclins à céder – sont les auteurs et …les bénéficiaires réels de ces politiques « sécuritaires ». Lorsque ceux-là se proposent de veiller sur notre sécurité, c’est en fait… celle de leur élection ou de leur réélection qu’ils cultivent.

Pour la garantir, il leur suffit malheureusement de parler à nos tripes, de conforter nos peurs (face aux « égorgeurs de moutons » et autres amis de Ben Laden) de cultiver notre méconnaissance (de l’origine profane des violences qui déchirent le Proche-Orient et de la part de responsabilité essentielle qui nous en revient) bref…de creuser tous ces malentendus qui sont inexorablement en train de nous conduire vers la confrontation.

Protéger réellement notre sécurité couterait en fait bien trop cher …à leur carrière : Il plus bien plus dur et donc plus couteux politiquement de parler au cerveau d’un électeur qu’à ses tripes, plus ingrat de raisonner ses peurs que de s’en servir comme tremplin oratoire.

C’est ainsi qu’en 2007, d’un bout à l’autre de l’Europe, les politiques du gyrophare et les raccourcis criminalisants du « Karcher » viennent de marquer des points. Un succès électoral s’est construit sur la gestion cynique de nos penchants xénophobes. Cette victoire sucrée pourrait bien vite prendre un gout amer : celui des fausses routes qui se terminent dans l’impasse de vrais conflits – ceux que nos « néocons » à la française se targuent bruyamment de vouloir prévenir.

« Archives ouvertes de François BURGAT »

http://halshs.archives-ouvertes.fr/
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Samedi 7 juillet 2007
AUTOFLAGELLATION ET CONNAISSANCE DE L'HISTOIRE...


« Vous dénoncez l’autoflagellation des Européens contre leur passé, notamment colonial… »question posée à Pascal Bruckner, ex-« neophilosophe »(sic) et « représentant actuel du neo-conservatisme à la française »(Wikipedia) par Jean-Marc Raffaelli, dans "La Corse" 6 juillet 2007.

 

 Premier élément de réponse....d'autres sont à suivre....:

"Unique pays au monde se revendiquant de la laïcité, la France a été le premier pays, historiquement, à institutionnaliser et à instrumentaliser le communautarisme dans son protectorat libanais …….en visionnaire,……..en lointain précurseur de la communautarisation générale de la vie publique du Moyen-Orient."(AL FARABY)

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Samedi 7 juillet 2007

Nicolas Sarkozy fait le service minimum au Maghreb

Avec une visite réduite à quelques heures à Alger et Tunis et pas d’étape marocaine, annulée pour d’obscures "raisons de calendrier", Nicolas Sarkozy fait le service minimum mardi pour sa tournée au Maghreb. Il y défendra son projet d’"Union méditerranéenne".

Le président français est attendu mardi matin à Alger pour un entretien et un déjeuner de travail avec le président Abdelaziz Bouteflika. Il s’envolera ensuite pour Tunis, où il prévoit d’avoir un entretien suivi d’un dîner de travail avec le président Zine El Abidine Ben Ali. Contrairement au projet initial, Nicolas Sarkozy ne fera pas étape au Maroc. Cette visite a été "reportée à la demande des autorités marocaines pour des raisons de calendrier", expliquait vendredi le porte-parole de l’Elysée David Martinon, sans donner plus de précisions. Nicolas Sarkozy se rendra au Maroc dans la deuxième quinzaine du mois d’octobre, a-t-il précisé.

Le président français entend défendre auprès de ses interlocuteurs son projet d’Union méditerranéenne, destinée à améliorer la coopération entre les pays du pourtour de la Mer méditerranéenne dans les domaines de la lutte contre l’insécurité, du développement durable, de l’énergie, du codéveloppement ou de la gestion des migrations. La logique est celle "des réalisations concrètes" pour "créer des solidarités de fait", a expliqué David Martinon.

Ce projet "a reçu un écho très favorable chez tous nos partenaires méditerranéens et tout particulièrement dans les pays du Maghreb", a-t-il assuré. "Le président Sarkozy ne se rend pas au Maghreb avec un projet tout fait, qui serait à prendre ou à laisser", a-t-il précisé.

Aux yeux du chef de l’Etat, c’est un "déplacement extrêmement important", a souligné le porte-parole de l’Elysée. C’est le premier voyage de Nicolas Sarkozy à l’étranger hors d’Europe depuis son élection. Cette visite doit confirmer "l’amitié à la fois unique et indéfectible" entre la France et ses deux pays. Reste que l’ambiance demeure fraîche entre Paris et Alger.

Les relations franco-algériennes, déjà tendues, se sont nettement dégradées après l’adoption par les députés français en février 2005 d’un article de loi évoquant le "rôle positif" de la colonisation. Si cette mention a depuis été supprimée, Alger n’est pas revenu sur sa colère.

Venu en Algérie en novembre 2006, Nicolas Sarkozy a eu droit à un accueil froid, le président Abdelaziz Bouteflika se refusant à prononcer des paroles d’apaisement avec la France quand le candidat UMP à la présidentielle excluait toute "repentance" française. "Il est tout à fait clair que nous sommes condamnés à avoir un avenir commun", avait alors lancé M. Bouteflika aux journalistes. "Nous ne pouvons rien contre les lois de la géographie (...) Par voie de conséquence, il y a quelque part une condamnation, une fatalité qu’il faut assumer positivement."

Pour Nicolas Sarkozy, "il ne sert à rien d’ajouter des blessures et des humiliations aux blessures et aux humiliations du passé", a encore expliqué David Martinon. "Il ne s’agit pas pour la France de faire acte de repentance, mais de ne pas ajouter de nouvelles humiliations, car il y a eu des humiliations dans les deux camps."

Le traité d’amitié entre Paris et Alger, voulu par l’ancien président Jacques Chirac et dont la signature prévue pour 2005 a été reportée sine die, paraît quant à lui bel et bien enterré. "L’amitié entre la France et l’Algérie (...) ne peut pas se résumer à un traité", a expliqué le porte-parole du président français. "Evidemment, il n’est pas enterré", a-t-il assuré. Mais "ce n’est pas la priorité de Nicolas Sarkozy", qui estime que "l’amitié doit se traduire par des gestes concrets plutôt que par des déclarations".

Parmi les sujets qui devraient être au menu des discussions entre MM. Sarkozy et Bouteflika figurent la lutte contre le terrorisme, les relations économiques, et particulièrement les projets de coopération dans le nucléaire civil et l’éventuel rapprochement entre Gaz de France et l’entreprise publique algérienne d’hydrocarbures Sonatrach.

Nicolas Sarkozy pourrait aussi mettre sur la table la question des droits de l’Homme avec le président Ben Ali, a laissé entendre David Martinon. "Aucun sujet ne sera tabou dans ses contacts."

(Al OUFOK, site démocratique arabe dédié à l’Intifada)

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Samedi 7 juillet 2007

RappSoviet---Hammer-02.gifort  au  Comite Fédéral de la Haute- Corse   par Michel Stefani, Secrétaire fédéral (2 juillet 2007)

 

Le second tour des élections législatives vient de conclure le cycle électoral de l'année 2007. Nicolas SARKOZY qui, pour la présidentielle, a réussi à retourner à son avantage le rejet de la politique gouvernementale à laquelle il a largement contribué, n'a pas, pour ce dernier scrutin, atteint l'objectif d'une domination totale.

L'effet amplificateur, attendu avec le système institutionnel nouveau, a été endigué au point d'empêcher qu'une majorité écrasante ne rende ses projets antisociaux incontestables. A cet enjeu de démocratie, les Français ont répondu de deux façons une forte abstention, déjà contestataire, en soi et un rééquilibrage du rapport de forces politique en faveur de la gauche.


 Ce sursaut à gauche, sur la question sociale, interpelle Nicolas Sarkozy autant que le MEDEF. Ce dernier, discret durant la campagne législative reste l'inspirateur de la politique déclinée par François FILLON sous le contrôle d'un Président de la République omnipotent. "Hyperprésident" titre le Figaro.

La fameuse TVA antisociale, inscrite au programme du candidat Sarkozy, que le second tour des législatives devait valider, était le symbole de cette connivence. L'impopularité de cette mesure a conduit le Président de la République à intervenir momentanément. Aussitôt l'élection acquise, le premier Ministre s'est empressé de confirmer qu'il n'y renonçait pas, au contraire.

La promesse d'un dialogue social se résume ainsi à une conception cynique de la politique où tout est affaire de communication et de moment. Voila comment, les décrets de Robien ont été abrogés quand la fin de la carte scolaire et la pseudo autonomie des universités, en un mot l'enseignement élitiste à la place de l'Education Nationale, étaient elles réaffirmées comme la suppression des 250 000 postes dans la fonction publique, dont 10 000 en 2008 dans l'Education Nationale.


Pour le peuple, pour les gens de modestes conditions, pour les travailleurs, viennent à l'ordre du jour, de la session extraordinaire de l'Assemblée Nationale, la remise en cause du droit de grève et du droit du travail avec le contrat unique, la fin de la durée légale du temps de travail hebdomadaire avec ce slogan "travailler plus pour gagner plus" et les heures supplémentaires défiscalisées véritable escroquerie qui incite non pas à l'embauche mais à l'aggravation du chômage.

En même temps, ce qui est à l'ordre du jour, c'est la fin du système de retraite, non pas celui des patrons milliardaires mais le système par répartition des salariés. Avec la franchise médicale, c'est l'accès aux soins, le droit à la santé, la protection sociale qui sont dans le collimateur.

Enfin avec le "Traité européen simplifié", Nicolas Sarkozy et l'UMP, veulent contourner le vote du 29 mai 2005. "Un second refus de la France tuerait l'Europe" nous dit-on. La ratification sera donc strictement parlementaire et avant les élections au Parlement européen en juin 2009. Vive la démocratie !

Ils disent vouloir combattre "l'assistanat" mais derrière ce mot, humiliant les couches populaires, c'est la solidarité à l'égard des plus démunis, des plus faibles qu'ils veulent casser. Pour cela ils préparent une fiscalité injuste avec l'abaissement du bouclier fiscal à 50 % et la fin des droits de successions pour les gros détenteurs de patrimoines.

Plus significatif encore François Fillon a annoncé qu'il n'y aurait pas de "coup de pouce" au SMIC après quoi les députés de l'UMP viennent expliquer qu'ils défendent le pouvoir d'achat des ménages. En Corse on croit rêver tellement le cynisme est une seconde nature pour eux.

    
   Nous l'avons vécu lors de la dernière session de l'Assemblée de Corse lorsque nous avons proposé de faire usage du droit à l'expérimentation afin d'obtenir du gouvernement un dispositif garantissant le droit du consommateur contre la vie chère.

La réponse de Ange Santini est on ne peut plus claire "concernant ce que vous appelez le droit des consommateurs, c'est-à-dire sans doute le blocage ou du moins le contrôle des prix, je puis vous dire que le Conseil Exécutif n'y est vraiment pas favorable".


   Pour cette droite décomplexée et imprégnée des idées de l'extrême droite, la soif de revanche dépasse mai 68, elle plonge ses racines dans l'opposition au front populaire aux grandes conquêtes sociales et démocratiques de la Libération.

Et comme, le Président de l'Assemblée de Corse se présente en chef de file de la droite insulaire n'oublions pas qu'ici son principal objectif est de "désanctuariser". Autrement dit, il s'agit de réaliser 1000 anneaux de plaisances chaque année pendant cinq, il s'agit de faire de la Corse la première "destination golfique" en Europe avec ses résidences de luxe et ses parcours 18 trous en bord mer, il s'agit enfin d'adapter la loi littoral en conséquence. Cette politique accentuera la pression spéculative et avec elle la dérive affairiste et mafieuse.

Et nous verrons bientôt avec le débat sur les obligations de service public dans l'aérien que la droite n'a pas renoncé à l'aide sociale généralisée en lieu et place de la délégation de service public pour favoriser l'arrivée des compagnies écrémeuses de trafic sous couvert d'ouverture à la concurrence.


  Face à cela le "tout sauf Zucarrelli" donne pleinement satisfaction aux dirigeants nationalistes mais force est de reconnaître que ce faisant c'est le "tout pour Rocca Serra" qui l'emporte comme en 2004 au "troisième tour" des régionales. Cette pratique politicienne n'est sûrement pas la meilleure façon de combattre la spéculation foncière et immobilière, de combattre la vie chère et les bas salaires, de combattre la précarité et la pauvreté.

Tout ne peut se résumer en un choix d'opportunité, ignorant le clivage droite gauche, pour obtenir l'ouverture "de négociations" dont le contenu échappe toujours aux citoyens. Personne n'a oublié Tralonca, l'UMP alors s'appelait RPR. Ainsi, derrière l'acharnement contre un homme politique défini, non comme un adversaire mais comme un "ennemi", se profile des revendications précises comme l'enseignement obligatoire du Corse, la corsisation de l'emploi, la reconnaissance juridique du peuple corse et l'indépendance.

C'est en substance la "solution politique" prônée par les dirigeants nationalistes au soir du 17 juin. Le nouveau député UMP de la circonscription de Bastia s'est dit prêt au dialogue sans exprimer aucune réserve sur ces revendications. Cela interpelle les républicains mais force est de constater qu'en jouant sur les deux niveaux la fermeté dans le discours national, la complaisance au plan régional une recomposition politique est à l'œuvre favorable à la droite.

L'objectif des dirigeants nationalistes étant de partager le pouvoir régional en 2010, la violence indépendantiste reste un élément de négociation alors que ses partisans semblent de moins en moins nombreux, si on s'en tient aux résultats de Jean Christophe Angellini et de Gilles Siméoni. Les échéances de 2008 seront par conséquent une étape décisive notamment si après Sartène "la citadelle de Bastia tombe".

Cette situation nouvelle est à intégrer dans la réflexion que nous devons engager sans tarder pour les échéances cantonales et municipales de 2008. Pour ce qui nous concerne nous voulons garder Bastia à gauche. L'écart de 1000 voix permet de penser que cela est possible mais il faut sans tarder l'affirmer avec les trois composantes de gauche PRG, PS et PC sans exclusive à un rassemblement plus large des progressistes. Ce sera la meilleure façon de casser l'offensive droite/nationaliste personnalisée à outrance pour ramener le débat sur l'enjeu des municipales en terme de bilan et de projets.

En ce sens nous avons demandé une rencontre des trois partis de gauche pour un échange allant au-delà de la municipale de Bastia puisqu'il s'agit également de la CAB des cinq communes qui la composent et du Conseil général avec cinq cantons renouvelables sur son territoire.

A l'évidence, la réflexion doit s'étendre au grand Bastia, notamment en raison du poids politique du canton de Borgo. L'existence d'une opposition de gauche durable, dans les trois communes qui le constitue, y sera déterminante au regard de la position hégémonique de la droite qui fait 4 657 voix au second tour des législatives et 71,89 % avec une progression en voix au second tour de 1 222 voix qui montre à elle seule la pertinence du raisonnement selon lequel l'appel des dirigeants nationalistes à "abattre" Emile Zucarrelli aurait été plus décisif que le renforcement de la droite.

Dans ce canton le candidat nationaliste, qui appelait lui à l'abstention pour le second tour, a fait 280 voix la différence est donc de 942 voix, largement au-delà des 246 voix de l'extrême droite au premier tour. Sur la communauté d'agglomération de Bastia la même grille d'analyse donne 1 170 voix pour le candidat nationaliste et une progression de 4 231voix pour le candidat UMP au second tour soit une différence de 3 061 voix couvrant largement les 607 voix de l'extrême droite, enfin sur la circonscription le candidat nationaliste fait 1 826 voix au premier tour au second tour la droite progresse de 4 472 voix en couvrant les 1 086 voix de l'extrême droite.

A la présidentielle, la Corse est arrivée dans le trio de tête des régions favorables à Nicolas Sarkozy. Forte de quelques 93 000 électrices et électeurs, la droite insulaire nourrissait l'ambition de rafler les quatre circonscriptions. Elle n'y est pas parvenue sans doute en raison de différence de scrutin et des candidat(e)s, de leur implantation, du rôle et de la place qu'ils tiennent dans les institutions et le paysage politique insulaire et enfin de l'attitude des dirigeants nationalistes au-delà du clivage droite/gauche.

La Corse n'a pas été, pour autant, à l'écart des grands courants et phénomènes nationaux qui se vérifient en terme de participation et de résultats, de motivations du vote. On constate donc une forte participation à la présidentielle, malgré les consignes des dirigeants nationalistes et une baisse de participation globale aux législatives pour le premier tour et ce en présence de candidatures nationalistes. On constate également un renforcement de la droite à la fois par l'absorption des voix de l'extrême droite dès le premier tour des législatives et une adhésion sinon au projet de Nicolas Sarkozy aux thématiques qu'il a imposées.

De ces deux scrutins la gauche sort affaiblie avec au second tour de la présidentielle un écart de 31 552 voix entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy et plus de 21 points de différence. La Corse est-elle devenue une terre de prédilection pour l'ex Ministre de l'Intérieur qui s'y était déplacé prés de 25 fois à ce titre ? La réponse n'est pas évidente.

Les candidats investis par le PS et le PRG aux élections législatives le montreront sans pour autant lever toutes les ambiguïtés sur la stratégie du PRG dont la position dominante à gauche est souvent assise sur des soutiens voir des accords avec la droite notamment pour le président du Conseil général de la Haute Corse.

Dans les quatre circonscription où trois d'entres eux étaient sortants ils ont rassemblé 36 100 voix. Emile Zucarrelli sera battu, Simon Renucci et Paul Giacobbi seront réélus. Les candidats communistes contribueront à ces réélections par leurs désistements non sans avoir au préalable et de part leurs candidatures affirmer l'exigence d'élaborer un projet politique, de définir une stratégie ancrée gauche et délestée des dérives opportunistes et électoralistes.

Avec 5 164 voix et 3,36 % Marie George Buffet fait un 1,5 point de mieux en Corse que sur le plan national. Elle perd seulement 337 voix sur 2002 avec une participation à 75,50 % supérieure de 8 points en 2007. En Haute Corse elle totalise 2 878 voix et 3,46 % en Corse du Sud 2 285 voix et 3,24 %. Aux législatives les quatre candidats communistes rassembleront 8 402 suffrages soit une progression de 3 238 voix et de 3,44 %. Ce résultat situe l'influence régionale du Parti à 6,79 %.

Dans la première circonscription de Haute Corse Marie George Buffet avait fait 1 644 voix 4,21 %. Michel Stefani progresse de 183 voix 2,08 % pour un résultat de 1 827 voix et 6,29 % avec une abstention de 42,43 %. Par rapport à 2002 ce résultat représente une progression de 363 voix. (En 2002 1 464 voix 4,68 % et une abstention de 33,22 %).

Dans la deuxième circonscription Marie George Buffet avait fait 1 234 voix 2,8 % Francis Riolacci progresse de 145 voix 0,7 % pour un résultat de 1 379 voix et 3,50 % avec une abstention plus faible 33, 88 %. Par rapport à 2002 cela représente un léger recul de 83 voix 0,82 %. (En 2002 1462 voix 4,32 % avec une abstention 39,82).

Dans la première circonscription de Corse du Sud Marie George Buffet avait fait 868 voix 2,6 %, Paul Antoine Luciani progresse de 587 voix 2,95 % pour un résultat de 1 455 voix et 5,55 % avec une abstention de 40,69 %. Par rapport à 2002 on constate un recul de 282 voix avec une abstention qui était alors de 40,82 %; (En 2002 1737 voix 7,24 %)

Dans la deuxième circonscription de Corse de Sud Marie George Buffet avait fait 1 417 voix 3,82 % Dominique Bucchini progresse de 2 324 voix 9,17 % pour un résultat de 3 741 voix, 12,99 %, une abstention de 41,11 %. Il arrive nettement en tête à gauche. Par rapport à 2002, l'abstention était de 36 %, il enregistre une progression de 16 voix. (En 2002 3 725 voix 13,1 %).

Camille de Rocca Serra a été réélu au premier tour avec une petite majorité de 51 %. La gauche arrive en troisième position avec 6 180 suffrages pour un écart de 247 voix par rapport aux candidats nationalistes qui totalisent 6 427 voix à deux sur cette circonscription qui est désormais celle où le vote nationaliste est le plus fort. S'agissant de la région, les candidats nationalistes totalisent à cinq 16 331 voix 10,52 % soit 331 voix 1,62 %de moins qu'au premier tour des élections régionales et 8 321 voix, 6,82 %, de moins qu'au second tour de ce même scrutin.

Pour reprendre l'expression de Max Simeoni dans Arritti "ils ne sont pas revenus au centre du jeu politique". Et l'ancien leader régionaliste de préciser "Ils ont joué en bascule à gauche ou à droite mais ils ne sont pas en mesure d'influer dans le sens de leurs objectifs "nationaux" jusqu'à Paris ni d'avoir un contrat clair avec les clanistes et surtout les moyens de les faire respecter. C'est à dire le poids réel suffisant sociétal et électoral".

La non candidature dans les quatre circonscription de la LCR et des antilibéraux de Bové se traduit par une quasi disparition du paysage politique insulaire où leur prise de positions sur la "question corse" avaient permis de bénéficier du soutien de certaines organisations nationalistes à la présidentielle.

Seule LO présentait des candidat(e)s partout et les antilibéraux de Bové uniquement dans la circonscription de Bastia. Des 8 946 voix enregistrées par Besancenot (5 941), Bové (1 659), Laguiller (1 346), les candidat(e)s aux législatives ne retrouvent que 1 014 voix.

La percée centriste derrière François Bayrou, limitée ici à 12,3 % et 19 000 voix, n'aura pas de suite non plus aux législatives pour l'essentiel les soutiens insulaires de François Bayrou se rangeront dans la majorité présidentielle et ne présenteront aucun candidat aux législatives.

L'extrême droite avec 23 433 voix et 15,26 % s'est maintenue en Corse alors que partout ailleurs dans le pays elle reculait au bénéfice de l'UMP. Les élections législatives ramèneront les candidat(e)s du FN baptisé(e)s Fiama Corsa sous les 3 % avec 3 457 voix soit prés de 20 000 voix de moins entre les deux scrutins. En Corse la droite n'a pas transformé l'essai et l'équilibre est parfait avec deux députés UMP et deux députés apparentés PS.

Au sortir de cet épisode électoral difficile il faut en convenir nous ne sommes pas à l'heure du trépas et nous devons agir en fonction des responsabilités que les électrices et électeurs nous ont confié, plus nombreux, le 10 juin. Nous avions raison de dire au soir du 22 avril que notre influence était au-delà des 1,93 %. Personne ne doute de l'existence d'un groupe communiste des témoignages de sympathie nombreux le confirment.


Pour une bonne part notre crédibilité se vérifiera, dans l'immédiat, en fonction de notre capacité à faire grandir l'opposition populaire à la politique antisociale de la droite, en fonction de notre capacité à contribuer efficacement à l'ouverture d'une perspective de changement à plus long terme.

La droite a gagné parce qu'elle s'est rassemblée suffisamment, parce qu'elle a imposé ses choix idéologiques et gardé la maîtrise de la campagne présidentielle. La gauche est en échec et le PS, toujours en position dominante, ne peut se soustraire, une fois de plus, à l'examen critique de sa stratégie plus au centre droit qu'à gauche.


Dans ce contexte, de marche forcée à la bipolarisation, la constitution d'un groupe communiste autonome est une donnée politique majeure, pour faire échec à ce processus qui ampute le pluralisme politique et la démocratie. Nous devons éviter l'enfermement, sous couvert de recomposition politique, dans une réflexion entre deux choix : soit se fondre dans une force sociale démocrate aux contours définis par le PS ; soit chercher à constituer une mouvance antilibérale aussi incertaine que la candidature unique à la présidentielle.


Dans ce contexte, le Conseil National a convoqué pour les 8 et 9 décembre de cette année un Congrès extraordinaire. C’est maintenant aux communistes de prendre la parole dans une préparation simplifiée pour favoriser l'intervention la plus large et la plus riche des communistes mais pas seulement.

Toutes celles et tous ceux qui souhaitent participer à cette réflexion sur le communisme, sur la pertinence de ce dernier dans une société développée comme la société française, sur le rôle la place et le devenir d'une force organisée qui s'en revendique, voila les termes qui pourraient être retenus dans un premier temps. Il n'y aura pas de base commune ni de processus de composition d’une nouvelle direction, cette question viendra au congrès ordinaire de l’automne 2008.

De fait ce congrès extraordinaire sera une étape pour préparer les décisions du congrès de 2008. Une première phase, jusqu’en octobre, permettra d’interroger les militants, mais aussi des sympathisants, des gens intéressés, pour qu’ils listent les questions dont ils souhaitent débattre, qu’ils formulent les thèmes et la façon de les aborder.

Pour cette première phase, un questionnaire sera édité, des rencontres de militants ou publiques organisées. Un collectif très large, composé notamment de responsables départementaux et d’élus, a été désigné au sein de la direction nationale pour faire remonter l’ensemble des questions et propositions. En octobre, une réunion du Conseil national concrétisera la forme de préparation de ce congrès.

Ce débat doit être libre sans a priori ni sur le niveau des ambitions, ni sur la profondeur des changements qu’il faudra opérer. Il s'agit de travailler tous les domaines, société, communisme, projet politique et formes d’organisation." C'est une nécessité évidente, à laquelle il convient d'en ajouter une autre qui a fait défaut ces derniers temps : le respect de l'expression majoritaire des communistes.

Il faut une confrontation sérieuse à plus forte raison quand il est question du Parti et de son existence. La précipitation dans cette période politique nouvelle serait de toute façon mauvaise. D'ici le mois de décembre nous avons plusieurs semaines pour faire de ce Congrès un événement politique et non une impasse, précisément parce que le collectif humain que constitue le PCF est une richesse, une force anticapitaliste dont l'apport reste déterminant dans le combat pour la transformation sociale.

Enfin je voudrais revenir en quelques mots sur l'Huma, les premiers éléments économiques des cinq premiers mois de l’année 2007 confirment des tendances inquiétantes. Ainsi le résultat global de janvier à fin mai fait déjà apparaître un déficit d'environ 0,5 M€. Ce résultat hors Fête de l’Humanité s’explique essentiellement par une baisse de la diffusion et par une baisse de la souscription.

 

La diffusion est de 49 143 exemplaires contre 50 763, soit un recul de –3,19%. La chute est de 7,3% en vente commerciale et de 2% pour les abonnements. La souscription est de 109 000 euros au lieu de 205 000 euros l’an passé à la même date.

Hors Fête de l'Huma et recettes exceptionnelles, le déficit en 2007 pourrait être de 1,5 M€. Or, il n’y a pas d’avenir durable pour l’Humanité sans prendre les dispositions nécessaires pour obtenir l’équilibre économique. C'est dans ce cadre qu'il est prévu de vendre le siège du journal afin de reconstituer le capital de la société du journal l'Humanité.


  Chacun comprend l'intérêt de sauver le seul quotidien qui résiste encore aux sirènes libérales, à la logique de la mondialisation capitaliste. La reconstitution du capital n'est qu'une mesure, l'élargissement du nombre de lecteurs, tout à fait envisageable, et la souscription sont les deux leviers sur lesquels les militants et les sympathisants communistes peuvent avoir un effet déterminant. L'engagement de chacun est plus que jamais nécessaire.

Bien entendu le succès de la Fête de l'Huma permettra de couper court à toutes les supputations sur la disparition elle aussi annoncée de notre journal. Dans la période politique nouvelle les enjeux sont considérables. Pour débattre et pour lutter plus efficacement, il est indispensable de pérenniser et développer l’Humanité et l’Humanité Dimanche.

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Samedi 7 juillet 2007
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Le CNE jugé contraire à la convention 158 de l'OIT

 

La cour d'appel de Paris a jugé vendredi que le Contrat nouvelles embauches (CNE) était contraire à la convention 158 de l'Organisation internationale du travail, estimant déraisonnable le délai de deux ans durant lequel un salarié embauché en CNE peut être licencié sans motivation.

Créé en août 2005, le CNE est un contrat de travail à durée indéterminée destiné aux entreprises de 20 salariés ou moins, débutant par une période de deux ans pendant laquelle l'employeur peut licencier son salarié sans avoir à fournir de justification.

La 18e chambre de la cour d'appel, présidée par Jean-Louis Verpeaux, était saisie d'une décision rendue le 28 avril par le conseil des prud'hommes de Longjumeau (Essonne) qui avait requalifié un contrat nouvelles embauches en CDI (Contrat à durée indéterminée), jugeant que l'ordonnance créant le CNE était contraire au droit international, un jugement de principe qui constituait une première.

Dans sa décision, la cour d'appel a repris, en le complétant, l'argumentaire développé en première instance.

Elle constate d'abord que "durant une période de deux années, le CNE prive le salarié de l'essentiel de ses droits en matière de licenciement", le ramenant à une situation où la charge de la preuve de l'abus de la rupture du contrat de travail lui incombe.

"Cette régression, qui va à l'encontre des principes fondamentaux du droit du travail dégagés par la jurisprudence et reconnus par la loi, prive les salariés des garanties d'exercice de leur droit au travail", estime la cour.

La juridiction s'étonne d'ailleurs : "Dans la lutte contre le chômage, la protection des salariés dans leur emploi semble être un moyen au moins aussi pertinent que les facilités données aux employeurs pour les licencier" et remarque "qu'il est pour le moins paradoxal d'encourager les embauches en facilitant les licenciements".

En conséquence, "le contrôle de proportionnalité ne permet pas de considérer que le délai de deux années institué par l'ordonnance du 2 août 2005 soit raisonnable" au regard de la convention 158 de l'OIT, conclut la cour.

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