Vendredi 14 septembre 2007

Sans-papiers: Une façon de faire du stakanovisme avec des êtres humains

 

 

Le ministre de l'Immigration Brice Hortefeux a convoqué mercredi à Paris une vingtaine de préfets qui n'ont pas atteint leurs objectifs d'expulsions de sans-papiers, une "politique du chiffre" dénoncée par les associations de défense des immigrés.

Selon le ministère de l'Immigration, Brice Hortefeux a convoqué "une séance de travail" avec une vingtaine de préfets "dont les résultats doivent être améliorés en termes de reconduites à la frontière". Participaient également à cette réunion des services de gendarmerie.

Si le ministère s'est refusé à publier les noms des préfets convoqués - "on ne veut pas les stigmatiser", indiquait le service de presse -, le Réseau Education sans frontières s'est empressé d'en publier la liste:

Ardennes, Corse du Sud, Hérault, Haute Garonne, Gironde, Ille-et-Vilaine, Finistère, Puy-de-Dôme (fief de Brice Hortefeux), Manche, Paris, Val-de-Marne, Seine-St-Denis, Hauts-de-Seine, Aisne, Isère, Gard, Seine-Maritime, Loire et Loire Atlantique.

Brice Hortefeux avait lui-même admis le 20 août dernier qu'il serait difficile d'atteindre le quota de 25.000 expulsions fixé pour la métropole par le président de la République pour 2007.

"A un peu plus de la moitié de l'année, on est, en tendance, légèrement en-dessous de l'objectif" fixé pour l'année, avait déclaré M. Hortefeux, en exhortant la police française à "redoubler d'efforts pour les interpellations d'étrangers en situation irrégulière".

                                     

Le ministre avait également reconnu que l'entrée dans l'Union européenne de la Roumanie et de la Bulgarie avait rendu l'objectif plus difficile à atteindre, les "éloignements" de ressortissants de ces pays représentant, avant l'adhésion, quelque 30% du chiffre total.

OUF! LA HAUTE-CORSE AURAIT ATTEINT, ELLE, 75% DE L'OBJECTIF (selon RCFM-   Radio   corse    frequenza mora)..        UN (ASSEZ) BON ELEVE DANS LA RAFLE ?
 ......MAIS QUI NOUS DIRA QUE C'EST INDIGNE?

 

Certains préfets, comme celui de l'Oise, ont adressé aux maires de leurs départements des lettres soulignant qu'ils sont passibles de poursuites judiciaires s'ils "parrainent" des sans-papiers ou des enfants de sans-papiers.

Les associations de défense des immigrés ont dénoncé, pour leur part, cette "politique du chiffre".

Ainsi, Richard Moyon, porte-parole de RESF, a estimé mercredi auprès de l'AFP que "la fixation de quotas et la convocation des préfets, c'est une façon de faire du stakanovisme avec des êtres humains. C'est inadmissible", a-t-il ajouté, saluant "les conceptions humanistes de certains préfets qui renâclent à faire cette sale besogne".

SOS Racisme aussi a exprimé son "inquiétude" et condamné "la politique du chiffre".

Dans la police aussi, certains syndicats comme l'Unsa ou FO-police, dénoncent la "pression" sur les fonctionnaires en charge de l'immigration "dans le seul but de faire du chiffre".

De nombreux policiers observent que le "problème" tient aux "obstacles" qu'ils rencontrent. Des "magistrats et des associations font tout pour empêcher les expulsions" et "ils connaissant les failles du système très complexe" des étrangers en situation irrégulière en France.

Ils dénoncent également, comme le syndicat des commissaires (SCPN, majoritaire), "l'attitude de certaines ambassades ou consulats" qui "refusent de reconnaître leurs nationaux".

Le SCPN a réalisé une étude sur ce point estimant que le pari de M. Hortefeux sera "difficile" non "par manque de volonté" mais parce que "le parcours actuel de la reconduite (à la frontière) est semé d'embûches pour le policier qui réalise une interpellation".

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Lundi 10 septembre 2007
                                                               MARE NOSTRUM

1)MOYEN-ORIENT :

« Dites-leur ce qu’ils veulent entendre » (Lénine)

 

Eyes wide open     Eyes wide shut traduits par JPB (Yeux grands fermés de Ran HaCohen et Yeux grands ouverts de Jonathan Cook), sont l’illustration de deux visions ( !!) qui sous une apparence antagoniste aboutissent aux mêmes conclusions : la société israélienne est dans l’ignorance des conséquences de l’occupation. Ecrits en français, ces articles auraient pu jouer sur le double sens « d’ignorance » : ne pas savoir, et, ne pas s’en soucier, refuser de voir.

Le premier nous dit : « C’est une ignorance institutionnalisée : c’est la politique d’Israël depuis au moins dix ans que de garder les Palestiniens hors de la conscience israélienne ». Plus loin : « les Israéliens sont maintenus dans le noir ».

Le second lui rétorque : « Il semble qu’un peuple élevé à croire que tout peut être fait en son nom - tant que ça sert les intérêts des Juifs et de leur Etat - n’a pas besoin d’ignorance ». Plus loin : « Leur formation sioniste les rend simplement aveugles à sa signification ».

Les deux parlent du même problème : la désinformation constante.

Deux états - et ce n’est pas pur hasard - gouvernent de longue date leurs concitoyens en s’appuyant sur la peur : Israël et les Etats-Unis. Les deux sont sur militarisés et expansionnistes. Chacun revendique une spécificité (biblique et/ou morale) qui les situerait au-dessus des autres peuples ou les différencierait. La conséquence logique à leurs yeux : le monde entier les jalouse, leur « veut du mal », et complote leur destruction.

C’est ce que disent nos deux auteurs :

Le premier - « Le fait qu’Israël soit gouverné principalement par l’armée est complètement nié, et le pays se présente en interne et à l’extérieur comme si c’était une démocratie occidentale. »

« L’ignorance institutionnalisée a rendu l’opinion publique israélienne extrêmement manipulable. »

Le second - « Ils sont soumis au même climat de peur, sponsorisé par le gouvernement, ce qu’on pourrait appeler le culte de l’attentat suicide. »

« Tant que l’excuse attrape-tout de la sécurité peut être invoquée, tant qu’ils croient que l’antisémitisme se cache partout, le public israélien dormira tranquille ».

Il suffit donc de désinformer, c’est-à-dire, manipuler l’opinion publique dans une finalité politique.

Le gouvernement doit faire peur, créer une psychose. Le public n’ira rechercher que les informations qui vont dans le même sens et celles qui rassurent en lui confirmant que le gouvernement fait le nécessaire.

Les faits sont présentés de façon à ce que chacun adhère. Taire les informations susceptibles de contredire, ou leur accorder moins d’importance qu’aux arguments qui servent.

Chaque contradicteur/adversaire devra être muselé et désigné à l’opprobre comme une incarnation du mal. On ne doit pas débattre avec lui, on lui colle une étiquette infamante qui l’associe à une figure du mal. Cela permet de ne pas aborder les problèmes. Tout cela dans un esprit non démocratique et totalitaire.

La désinformation peut être essayée à l’étranger. Exemple, la campagne concernant « la France antisémite » pour faire peur à la communauté juive et l’inciter à trouver refuge en Israël. Dans ce cas on parle plutôt « d’intoxication » car cette manipulation est destinée à un groupe extérieur et non à l’ensemble d’une population.

Pour que cela fonctionne, il faut des relais... Quoi de mieux que les médias et notamment les TV qui passeront en boucle les attentats et les déclarations négatives des « ennemis ».

« Dormez tranquilles braves gens, nous veillons pour vous ». Le réveil sera brutal. Aucun ne pourra dire : « je ne savais pas, j’ignorais ce qui se passait ». Pas tous coupables, mais en tout cas complices d’avoir voulu ignorer ces années de racisme ordinaire. Ont-ils encore le droit de fustiger les habitants des villages voisins des camps de concentration qui, eux aussi, "ignoraient" ?

 

2) Les Algériens disent "Non au terrorisme"

A Alger, les gens, beaucoup de femmes, s’étaient réunis dans un stade.

Les manifestants brandissaient aussi des pancartes en faveur de la politique de réconciliation nationale du président Abdelaziz Bouteflika et des photos de lui.

Hier, un kamikaze a fait exploser une caserne de gardes-côtes de la marine algérienne, à Dellys, à 70 kilomètres à l’est d’Alger. 38 personnes ont été tuées et une cinquantaine blessées.

Jeudi, un kamikaze s’étaient cette fois-ci fait exploser au milieu de la foule qui attendait le cortège du président en visite à Batna. Bilan : 22 morts et cent blessés. Ces deux attentats ont été revendiqués par la branche d’al-Qaïda au Maghreb islamique.

2 - Algérie : Al-Qaïda au Maghreb revendique les attentats de samedi et jeudi

Un attentat suicide à la voiture piégée contre une caserne a fait 30 morts et 47 blessés samedi à Dellys, un petit port de Kabylie situé à 70 kilomètres à l’est d’Alger, selon un bilan du ministère de l’Intérieur. Il s’agit de l’un des attentats les plus meurtriers survenus en Algérie ces derniers mois.

La chaîne qatari Al-Jazira a affirmé dans la nuit de samedi à dimanche que la Branche d’Al-Qaïda au Maghreb (ex-GSPC algérien) a revendiqué, dans un communiqué diffusé sur internet, cet attentat ainsi que celui perpétré jeudi à Batna (est) qui avait fait 22 morts et plus de 100 blessés. Selon des experts algériens de l’antiterrorisme, ce groupe affilié à la nébuleuse d’Oussama ben Laden aurait constitué une brigade de kamikazes parmi les jeunes recrues du maquis, dont le fils d’Ali Belhadj, ancien numéro deux du Front islamique du salut (FIS, dissous), Abdel Qahar Belhadj, âgé de 20 ans.

"L’attentat perpétré samedi matin à Dellys (département de Boumerdes) au niveau d’une caserne militaire a fait 30 morts, dont trois civils, et 47 blessés", a indiqué le ministère de l’Intérieur. Trois civils figurent parmi les blessés, a précisé le ministère, qui a fait état pour la première fois de l’implication de "deux terroristes", "auteurs de l’attentat" qui "ont péri sur les lieux".

Les premiers témoignages recueillis par l’AFP faisaient état d’un seul kamikaze conduisant une fourgonnette bourrée d’explosifs, qui a défoncé une porte à l’arrière de la caserne des garde-côtes de la marine algérienne et pénétré à une vingtaine de mètres à l’intérieur, selon des témoins. La fourgonnette, immatriculée dans le département d’Alger, servait à l’approvisionnement de la caserne. Elle a explosé à l’intérieur de la caserne, composée de chalets en préfabriqué, dont la plupart ont été éventrés par la puissance de la déflagration.

Des débris de bois, de ferraille et de béton jonchaient le port sur plusieurs centaines de mètres. Des vêtements et des valises ont été projetés sur des poteaux électriques et des barrières du port. La région de Dellys avait été le théâtre de plusieurs attaques islamistes ces dernières années. Adossée à la montagne de Sidi Ali Bounab, elle est considérée comme un fief des islamistes depuis le début des violences en 1990 en Algérie.

Cette attaque à la voiture piégée est intervenue au surlendemain d’un autre attentat suicide visant le cortège du président Abdelaziz Bouteflika à Batna (est de l’Algérie), qui avait fait 22 morts et plus de 100 blessés, et à quelques jour du début du ramadan propice au jihad, selon les islamistes.

L’Union européenne a fermement condamné samedi l’attentat perpétré à Dellys, déclarant que le "terrorisme dans toutes ses formes constitue une des plus sérieuses menaces à la paix dans le monde". Aux Nations unies, le Conseil de sécurité a de nouveau condamné "tous les actes terroristes" et "dans les termes les plus fermes" ce "nouvel attentat odieux".

Paris a adressé "ses plus sincères condoléances aux familles des victimes et à leurs proches ainsi qu’aux autorités et au peuple algériens, endeuillés par cette nouvelle manifestation de terrorisme". Le gouvernement espagnol a également condamné "avec la plus grande fermeté" l’attentat, réitérant "son engagement de soutenir (l’Algérie) dans la lutte contre le terrorisme".

Plusieurs attentats ont eu lieu depuis le 11 avril en Algérie. Deux attaques simultanées à la voiture piégée avaient visé le palais du gouvernement (centre d’Alger) et un commissariat, faisant au moins 30 morts et plus de 200 blessés.

A Lakhdaria (70 km à l’est d’Alger), une caserne de l’armée avait été le 11 juillet la cible d’un kamikaze à bord d’un véhicule frigorifique piégé. L’attaque avait fait 10 morts et 35 blessés parmi les militaires.

 

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Lundi 10 septembre 2007

                                            GUERRE AUX PAUVRES                                
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                     Réduction des prestations sociales pour les femmes seules

( Lundi, 10 septembre 2007 )

Un récent décret vient de réduire à un an (au lieu de quatre) le maintien de la couverture médicale gratuite pour plusieurs catégories de personnes : travailleurs précaires, veuves et divorcées ayants droit de leur conjoint.

Toute personne ayant travaillé soixante heures pendant un mois ou cent vingt heures pendant trois mois était, depuis 1993, assurée de conserver ses droits aux prestations en nature de l'assurance-maladie (soins et hospitalisations) pendant quatre ans. Un décret du 14 février 2007 (no 2007-199, article 9) ramène cette durée à un an. Signalons les risques accrus que cette nouvelle disposition fait courir aux travailleurs les plus précaires.

Au ministère de la santé, on indique que ce décret a pour but de lutter contre la fraude, car "il n'est pas acceptable que des personnes ne résidant plus en France bénéficient du maintien de leurs droits à l'assurance-maladie sans cotisation pendant quatre ans".

Mais une autre catégorie est pénalisée par ce nouveau texte : les divorcées sans activité professionnelle ainsi que les veuves n'ayant ni retraite ni pension de réversion. Après la séparation ou le décès de leur conjoint, elles avaient également droit gratuitement au maintien de leur protection sociale pendant quatre ans ; ce délai de grâce est ramené à un an.

"Les personnes concernées sont des femmes, âgées pour la plupart, n'ayant jamais travaillé, ou des épouses d'artisans ou de commerçants qui ont aidé leur mari sans avoir jamais été déclarées comme salariées", explique Jean Catherine, président de l'Union française des retraités, association membre de la Confédération française des retraités (CFR), qui compte 2 millions d'adhérents. Seules les veuves qui ont eu au moins trois enfants échappent à cette mesure : leurs droits sont maintenus à vie, sans condition d'âge.

Au ministère, on précise que les seuls conjoints survivants soumis à cette mesure seront ceux qui ont eu moins de trois enfants, qui ne travaillent pas, ne bénéficient d'aucune pension ou allocation (revenu minimum d'insertion, adulte handicapé, minimum vieillesse), et dont les revenus de nature non professionnelle (loyers, rentes) dépassent 7083 euros par an (soit 590,25 euros par mois).

Une fois l'année écoulée, ces personnes pourront bénéficier de la couverture maladie universelle (CMU), moyennant une cotisation de 8 % sur la fraction du revenu annuel dépassant 7 083 euros en 2007. La CMU a en effet été créée pour permettre aux personnes sans protection sociale de bénéficier d'une assurance-maladie, à condition de résider sur le territoire français. Contrairement à la CMU complémentaire (mutuelle réservée aux plus démunis dont le revenu annuel est inférieur à 7 272,11 euros), elle n'est pas gratuite.

La Confédération française des retraités, qui demande la révision du texte, donne l'exemple d'une veuve vivant du produit de loyers qui lui rapportent 1 200 euros par mois, soit 14 400 euros par an. Elle devra acquitter, pour la CMU, 8 % sur le montant annuel dépassant le plafond de 7 083 euros, soit 585 euros, représentant 4 % de son revenu disponible.

Quant aux veuves qui ont des revenus patrimoniaux très élevés, elles relèvent aussi de la CMU mais doivent verser des cotisations exorbitantes. Le médiateur de la République a été saisi du dossier d'une personne qui devait cotiser à la CMU pour 63 000 euros mensuels ! " C'est que, contrairement à l'assurance personnelle, qui a été supprimée en 2002, la CMU, qui l'a remplacée, n'a pas été plafonnée", indique-t-on à la direction de la Sécurité sociale.

Pour éviter ces ennuis, il est conseillé, lorsque les revenus proviennent de loyers, de créer une société civile immobilière (SCI) dont on deviendra salarié. Quant aux travailleurs indépendants, ils auront intérêt à salarier leur conjoint afin qu'il bénéficie du régime obligatoire de l'assurance-maladie. Enfin, l'application du décret du 14 février n'est pas rétroactive. Si bien que les personnes qui bénéficient actuellement du maintien de leurs droits pendant quatre ans ne verront pas cette période revue à la baisse.


L'article 9 
du décret n° 2007-199 du 14 février 2007 modifie les articles R.161-3, 4 et 5 du code de la Sécurité sociale (JO du 15 février 2007).

 

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Dimanche 9 septembre 2007

RIPOSTE LAIQUE : L’ECOLE

Une attaque sans précédent contre l’école publique laïque     REVOLUTION-DE-JUILLET-2.jpg

samedi 8 septembre 2007, par Guylain Chevrier

Dans la fameuse lettre que le Président de la République vient d’adresser à tous les « éducateurs », de France, tout le personnel de l’Education nationale, à l’occasion de la première rentrée scolaire depuis son élection, il dénonce " L’échec scolaire (qui) a atteint des niveaux qui ne sont pas acceptables", et plaide pour une "refondation du système éducatif" qui en viendrait à bout, mais selon quelle orientation ? Telle que son ministre de l’éducation, Xavier Darcos, l’envisage, en ne remplaçant pas 11.000 fonctionnaires partant à la retraite, dans le sillon de l’objectif du gouvernement de ne pas remplacer un fonctionnaire sur trois ?

Une attaque violente contre les services publics qui portent en eux le principe d’égalité de traitement des individus devant la loi qui est au cœur de la laïcité. L’Ecole est au centre de cette mise en cause profonde qui traverse de graves difficultés qui mériteraient au contraire un investissement considérable de moyens et une grande ambition laïque. Les recettes trouvées : la remise en cause de la carte scolaire et la suppression du collège unique, ce qui va encore aggraver la situation actuelle de l’école publique, consécutive à un désengagement continu de l’Etat depuis plusieurs décennies, tous gouvernements confondus, en jouant sur l’impression de rénover en la cassant un peu plus. Une situation qui va encore favoriser une ghettoïsation des écoles et collèges des quartiers sensibles concentrant misère et population d’origine immigrée en mal d’intégration, guettée par un communautarisme religieux qui en refuse le principe.

La fin du collège unique, c’est aussi la fin d’un enseignement général pour tous comme principe de l’école, avec une orientation le plus tôt possible vers les filières techniques sous les demandes des patrons, faisant reculer ainsi la formation à la citoyenneté qui ouvre la porte à la conscience de l’appartenance à cette communauté de biens qu’on appelle la nation. Une orientation qui aggrave ainsi le risque d’ethnicisation et de communautarisation de notre société en retirant à l’école une partie fondamentale de son rôle d’éducation. En dérégulant ainsi les grands cadres de l’école sans rien de sérieux à proposer à la place, on organise un désordre favorable à y faire entrer la mise en concurrence des élèves comme le nouveau credo de toute réussite, y transférant ainsi tout simplement la morale des règles économiques du marché.

L’école privée confessionnelle au secours du libéralisme

Mais le but de ces mesures va bien au-delà, car le gouvernement entend faire jouer à l’école sous ce signe un rôle de soumission à la pensée libérale, à quoi l’école privée confessionnelle catholique, qui représente 95 % des établissements privés, est associée, pour arriver à terme à une remise en cause générale de l’Ecole laïque. Gilles de Robien, ami du Président de la République, en septembre 2005, alors qu’il était Ministre de l’Education Nationale, annonçait sur les ondes de « radio Notre-Dame » la remise en question de l’accord tacite fixant la concurrence public-privé à un rapport 80% - 20 %, en déclarant : « l’enseignement privé catholique n’est pas un refuge mais permet d’exercer un choix… » pour poursuivre que cela impliquait « une égalité de moyens (public-privé) pour que ce choix puisse s’exercer » Des propos qui sont sans équivoque.

Pour bien prendre la mesure du problème, il faut lire l’interview qu’a donnée, au journal Le Monde du 31 août 2007, Eric de Labarre, 53 ans, nouveau Secrétaire général de l’Enseignement catholique, qui accueille près de 20 % des élèves. Le succès de l’école privée est une réalité alors que l’on dépouille l’école publique de plus en plus des moyens et des conditions pour assurer sa mission. Aussi, dans la perspective de la libéralisation de l’école, l’école privée confessionnelle occupe-t-elle un rôle tout à fait essentiel. Eric de Labarre, qui a été nommé par les évêques à sa nouvelle responsabilité, homme étiqueté par ses pairs comme un conservateur traditionnel, chevalier de l’ordre du Saint-Sépulcre, avec un fils séminariste chez les traditionalistes, qui se vante de ne jamais avoir raté une célébration eucharistique un dimanche, ne cache pas ses accointances vis-à-vis de la volonté affichée de Nicolas Sarkozy de faire jouer à l’enseignement privé un plus grand rôle dans les questions de « mixité sociale et d’égalité des chances » tel qu’il le prétend, sans rire. Pour le nouveau patron de l’enseignement catholique français, « la réactivation du modèle contractuel, entre les établissements et l’Etat au cœur de la loi Debré de 1959, pourrait bien constituer l’avenir du système éducatif français » (sic !)

On connaît les dossiers prioritaires de l’enseignement privé qui n’échappent pas à Eric de Labarre : « la formation des enseignants » avec en toile de fond la part revenant à la question de l’enseignement du fait religieux à l’école. On sait combien sous couvert d’enseignement du fait religieux pour renforcer la culture des élèves on entend en vérité leur donner une morale par la religion à l’école comme alambic du consensus d’une société libérale ultra-individualiste et démoralisée. Le fameux « opium du peuple » dont Marx a trouvé la formule. Le capitalisme a besoin de la religion promettant le paradis après la vie terrestre comme bonne conscience d’un monde injuste et profondément inégalitaire. Entre l’enseignement du fait religieux à l’école et le renforcement des moyens donnés au privé totalement dominé par l’enseignement catholique, on travaille à un ré-encadrement par la religion de la société par l’entremise de l’école.

Autres priorités pour les responsables de l’enseignement privé : « la question du forfait communal » relatif à l’amendement Charasse, qui renforce « les moyens donnés par l’Etat au privé » et dans des proportions on pourrait dire extravagantes. En 2004, le Sénat adoptait l’amendement Charasse, curieux cadeau d’un gouvernement socialiste aux ennemis de la laïcité, rendant obligatoire le financement par chaque commune des frais de scolarité des enfants fréquentant des écoles privées sous contrat hors commune, même si elle disposait sur son territoire d’une école publique pouvant les accueillir. La circulaire du 2 décembre 2005 était un texte d’application de l’article 89 de la loi de décentralisation d’août 2004. A la rentrée 2006, où cette disposition entrait précisément en application, de nombreuses municipalités, du PCF à l’UDF, ont réagi pour dénoncer ce nouveau coup porté contre l’Ecole publique et le coût financier exorbitant à la charge des communes de ce nouveau cadeau fait à l’enseignement confessionnel.

Le Conseil d’Etat a finalement annulé, lundi 4 juin dernier, la circulaire de 2005 des ministres de l’intérieur et de l’éducation de l’époque. Une décision qui fait suite au recours déposé en février 2006 contre cette circulaire par cinq organisations de l’éducation : la Ligue de l’enseignement, le syndicat Unsa-Education, la fédération de parents FCPE, le syndicat Se-Unsa et les fédérations des DDEN (directeurs départementaux de l’Education nationale), outre le CNAL (Comité national d’action laïque) et la ville de Clermont-Ferrand. Le Conseil d’Etat a également ordonné à l’Etat de verser "la somme de 600 euros chacun" aux plaignants. La décision du Conseil d’Etat est justifiée par des raisons de procédure : la circulaire aurait dû être signée par des directeurs d’administration centrale. Cependant, le ministère de l’Education nationale rappelle que " la loi reste applicable et devra l’être, comme le recommandait la circulaire, en privilégiant la recherche de l’accord des communes concernées et dans le respect du principe énoncé à l’article L. 442-5 du code de l’éducation selon lequel "les dépenses de fonctionnement des classes sous contrat sont prises en charge dans les mêmes conditions que celles des classes correspondantes de l’enseignement public". Le combat pour l’abrogation de l’article 89 de la loi de décentralisation ne fait donc que commencer après cette victoire qu’il faut souligner, mais qui n’a résolu sans doute que temporairement le problème.

Imposer une école fondée sur la liberté, l’égalité et la fraternité

Outre l’attaque que constitue vis-à-vis du service public de l’enseignement cette disposition, c’est purement et simplement la remise en cause des principes de la loi de séparation des Eglises et de l’Etat de 1905, selon laquelle « la République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte », condition de l’exercice de la liberté de conscience pour le citoyen. Une loi qu’entendait « toiletter » le candidat Sarkozy, comme il l’exprimait alors. Une attitude en continuité avec l’exposé de son « projet de civilisation » au caractère très personnel, qui se résume en quelques mots extraits de son ouvrage La République, les religions, l’espérance (Les Editions du Cerf, 2004) : il entend qu’on insiste dans l’enseignement du fait religieux à l’école « sur l’originalité de la démarche spirituelle » Pour lui, « La place de la religion dans la France de ce début de troisième millénaire est centrale » ; mieux, « Partout en France, et dans les banlieues plus encore qui concentrent toutes les désespérances, il est bien préférable que les jeunes puissent espérer spirituellement plutôt que d’avoir dans la tête, comme seule " religion ", celle de la violence… ». A défaut de régler la question de la violence dans les banlieues par l’amélioration sociale du sort de ceux qui y vivent, il faut le leur faire accepter à coup de religion. Ce qui justifie de son point de vue qu’« il est temps de poser la question du financement national des grandes religions » Tout un programme !

Derrière le vocabulaire républicain et national dont il se prévaut, il se prépare en fait une régression inouïe de la laïcité et des valeurs de la République à travers ce rôle attribué aux religions, mettant jusqu’en péril notre liberté de conscience et d’expression, et sous leur tutelle les désespoirs et les malheurs produits de la politique qu’il défend. Ainsi, c’est bien à une « refondation du système éducatif » à quoi travaille la droite agressive qui gouverne aujourd’hui la France, pour aboutir à un système d’enseignement inégalitaire et communautariste, une école de la ségrégation sociale, soumise à la pression des religions. A ce compte là, la France n’a pas fini d’être malade de ses banlieues ! Voilà donc bien dans quel sens pour nous, laïques et républicains, l’école représente un défi démocratique : celui de briser cette politique pour faire une école de la réussite et de l’épanouissement de chacun, de la solidarité, celle qui éduque à l’apprentissage d’une société qui fait prévaloir les principes républicains de liberté, d’égalité et de fraternité sur toutes différences, religions ou origines. Une voie qui passe sans doute, pour y parvenir, par un projet révolutionnaire de changement de la société elle-même.

Le « Collectif pour la promotion et la défense de l’école publique de proximité » a lancé une pétition pour l’abrogation de l’article 89 (voir article ci-dessus), ainsi que pour un débat national sur les rapports public/privé.

Vous pouvez la signer en ligne sur http://ecoledeproximite.free.fr

Guylain Chevrier, Docteur en histoire

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Dimanche 9 septembre 2007

1)NOUVELLES D’ORIENT/ BLOG DU MONDE DIPLOMATIQUE

Nicolas Sarkozy, une vision américaine de l’Orient

par Alain Gresh

 

Le collaborateur de Bethléem

Le roman colonial a une longue histoire, en France comme au Royaume-Uni. Sa production et ses thèmes sont divers. Quand il s’agit du monde arabe, il s’agissait souvent de faire découvrir, sous la fascination de l’Orient, le caractère fondamentalement différent – et hostile – des « indigènes », leur duplicité, leur propension à la violence. De nos jours, une telle approche n’est plus possible, en tout cas pas directement. Un procédé littéraire permet désormais de développer les mêmes stéréotypes, en se gardant de toute accusation de racisme : que le narrateur soit lui-même un « Oriental », ce qui lui permet de défendre les pires stéréotypes. Le livre que Matt Rees, qui a couvert les territoires palestiniens pour le quotidien britannique Times, a publié récemment, est un exemple du genre. Le Collaborateur de Bethléem est un livre policier dont le héros est un Palestinien, Omar Youssef, un professeur qui se transforme en enquêteur. Ce qui permet de donner une vision caricaturale de la société palestinienne, dont l’unique problème viendrait des groupes armés et de ceux qui ne se résignent pas à l’occupation. Les révoltés de 1936, « ceux que l’on qualifie de héros arabes n’étaient que des brigands. Ils pillaient la nourriture des villageois et abattaient ceux qui résistaient, mais personne ne pouvait s’en prendre à eux parce qu’on les décrivait comme des braves qui résistaient aux sionistes et à l’armée » britannique. Quant aux combattants de l’OLP des années 1970, ils sont réduits à des gens qui suivaient leurs chefs, « assassinant des rivaux, tuant les innocents qui se mettaient en travers » de leur chemin. L’occupation israélienne n’est évoquée qu’en vague arrière-plan, qui donne un prétexte aux groupes armés de commettre leurs exactions. S’il est vrai que la société palestinienne connaît de graves problèmes et des tensions internes, s’il est vrai que le sort des femmes pose problème, encore faut-il reconnaître que quarante années d’occupation ont été l’élément fondamental – même s’il n’est pas le seul – de ce délitement. En somme, le roman de Matt Rees relève de la propagande pure et simple. Et on nous annonce la suite des enquêtes d’Omar Youssef, cette fois-ci transporté à Gaza.

Nicolas Sarkozy, une vision américaine de l’Orient

A l’occasion de la conférence des ambassadeurs, Nicolas Sarkozy a prononcé son premier grand discours de politique étrangère en tant que président de la République.

Pour Nicolas Sarkozy, nous faisons face à trois défis :

« - Premier défi, sans doute l’un des plus importants : comment prévenir une confrontation entre l’islam et l’Occident. Ce n’est pas la peine d’employer la langue de bois : cette confrontation est voulue par les groupes extrémistes tels qu’Al Qaeda qui rêvent d’instaurer, de l’Indonésie au Nigeria, un khalifat rejetant toute ouverture, toute modernité, toute idée même de diversité. Si ces forces devaient atteindre leur sinistre objectif, nul doute que le XXIe siècle serait pire encore que le précédent, pourtant marqué par un affrontement sans merci entre les idéologies. »

Le deuxième défi étant d’intégrer au nouvel ordre mondial les géants comme la Chine, l’Inde et le Brésil ; le troisième est de faire face aux risques majeurs (réchauffement, pandémies, etc.).

Deux remarques sur le premier défi : d’abord, le risque d’une confrontation entre l’islam et l’Occident, risque tout à fait réel, serait, selon Sarkozy, de la seule responsabilité des groupes extrémistes musulmans ; rien n’est dit de la responsabilité américaine dans cet engrenage, notamment le rôle que jouent la guerre en Irak, le soutien inconditionnel de Washington à la stratégie israélienne, etc. Ensuite, Nicolas Sarkozy agite cet épouvantail du khalifat, comme si c’était une menace réelle, un « sinistre objectif » que les groupes radicaux pourraient atteindre. C’est typiquement le langage de l’administration Bush qui dit, en substance : « Ils » nous haïssent non pas à cause de ce que « nous » faisons, mais parce que « nous » représentons la liberté !

Ces propos sont dans la droite ligne des discours de Sarkozy durant la campagne présidentielle, avec, peut-être, moins de nuances.

Et, poursuit Nicolas Sarkozy, « prévenir une confrontation entre l’islam et l’Occident, c’est aussi encourager, aider, dans chaque pays musulman les forces de modération et de modernité à faire prévaloir un islam ouvert, un islam tolérant, acceptant la diversité comme un enrichissement. Dans ce domaine, il n’est pas de recette miracle, unique. Mais l’évolution de pays comme le Maroc, l’Algérie, la Tunisie, la Jordanie, l’Indonésie témoigne, malgré des différences importantes, de l’existence d’un mouvement des sociétés, encouragé par les gouvernements. Je souhaite que notre coopération renforce les programmes tournés vers l’ouverture et le dialogue des sociétés, en lien, pourquoi pas, avec les représentants de l’islam de France ».

Ainsi, la Tunisie serait un exemple ? ou encore l’Algérie ? Le soutien à des régimes dictatoriaux ou autoritaires serait-il un rempart contre les groupes radicaux ? Toute l’histoire récente du Maghreb et du Proche-Orient montre le contraire : le soutien occidental à des pouvoirs qui barrent la route à toute évolution pacifique vers plus de démocratie alimente les discours extrémistes.

Sur le conflit israélo-palestinien, Nicolas Sarkozy est dans la droite ligne de ses discours de campagne : appui verbal à une solution fondée sur la création d’un Etat palestinien aux côtés de l’Etat d’Israël ; insensibilité au drame palestinien ; sympathie affirmée pour Israël.

« Tout a été dit, beaucoup a été tenté à propos du conflit israélo-palestinen. Le paradoxe de la situation est que nous savons quelle sera sa solution, deux Etats – et en ce qui me concerne, je voudrais ajouter : deux Etats-Nations – vivant côte à côte dans la paix et la sécurité à l’intérieur de frontières sûres et reconnues. Nous connaissons le contenu détaillé de cette solution à travers les paramètres Clinton et le legs de Taba. Nous avions une idée du chemin à parcourir : la feuille de route, qu’il faut certainement revisiter. Nous connaissons enfin les parrains de la paix : les membres du Quartet, désormais représentés par une personnalité de premier plan : Tony Blair, et les pays arabes modérés. Alors que l’on sait tout cela, chacun a le sentiment désespérant que la paix ne progresse pas. On sait ce que l’on doit faire, on sait qui doit le faire, et pourtant cela stagne. »

« Pire, on a parfois le sentiment que la paix recule dans les esprits et dans les cœurs. J’ai la réputation d’être l’ami d’Israël et c’est vrai. Je ne transigerai jamais sur la sécurité d’Israël. Mais tous les dirigeants des pays arabes, à commencer par le président Mahmoud Abbas, qui sont venus nombreux à Paris depuis mon élection, connaissent mes sentiments d’amitié et de respect envers leurs peuples. Que cette amitié m’autorise à dire aux dirigeants israéliens et palestiniens que la France est déterminée à prendre ou à soutenir toute initiative utile, mais que la France a une conviction : la paix se négociera d’abord entre Israéliens et Palestiniens. »

« Dans l’immédiat, nos efforts, ceux du Quartet et des pays arabes modérés, doivent aller à la reconstruction de l’Autorité palestinienne, sous l’autorité de son président. Mais il est tout aussi indispensable de relancer sans délai une authentique dynamique de paix conduisant à la création d’un Etat palestinien. Que les parties et la communauté internationale se dérobent à nouveau à cette ambition, et la création d’un "Hamastan" dans la bande de Gaza risque d’apparaître rétrospectivement comme la première étape de la prise de contrôle de tous les territoires palestiniens par les islamistes radicaux. »

Un mot est absent de cette évocation, celui d’occupation. Nicolas Sarkozy oublie de dire que la question fondamentale est celle de l’occupation de la Cisjordanie, de Gaza et de Jérusalem-Est ; il oublie aussi la politique de colonisation ; enfin il accorde la priorité à la reconstruction de l’Autorité palestinienne, comme si les insuffisances de celle-ci étaient la cause de l’impasse actuelle.

Sur l’Irak, Nicolas Sarkozy confirme que la France a eu raison de s’opposer à la guerre de 2003 et affirme qu’une solution nécessite « que soit défini un horizon clair concernant le retrait des troupes étrangères. Car c’est la décision attendue sur ce sujet qui contraindra tous les acteurs à mesurer leurs responsabilités et à s’organiser en conséquence. C’est alors, et alors seulement, que la communauté internationale, à commencer par les pays de la région, pourra agir le plus utilement ».

Un des points les plus inquiétants du discours concerne l’Iran. Il faut toutefois dire qu’il se situe dans la ligne des infléchissements de la politique française sur la question depuis 2004. Mais Nicolas Sarkozy va plus loin :

« La France maintient avec ses dirigeants [de l’Iran] un dialogue sans complaisance, qui s’est avéré utile en plusieurs occasions. La France a pris l’initiative, avec l’Allemagne et le Royaume-Uni, d’une négociation où l’Europe joue un rôle central, rejointe par les Etats-Unis, la Russie et la Chine. Les paramètres en sont connus ; je n’y reviens pas, sinon pour réaffirmer qu’un Iran doté de l’arme nucléaire est pour moi inacceptable, et souligner l’entière détermination de la France dans la démarche actuelle alliant sanctions croissantes mais aussi ouverture si l’Iran fait le choix de respecter ses obligations. Cette démarche est la seule qui puisse nous permettre d’échapper à une alternative catastrophique : la bombe iranienne ou le bombardement de l’Iran. Cette quatrième crise est sans doute la plus grave qui pèse aujourd’hui sur l’ordre international. »

Si les mots ont un sens, Nicolas Sarkozy semble prêt à suivre les Etats-Unis dans une aventure en Iran. L’Iran doté de l’arme nucléaire est inacceptable, comme l’Irak doté d’armes de destruction massive était inacceptable. Mais qui déterminera que l’Iran est doté de l’arme nucléaire ? Rappelons que tous les ans depuis vingt ans, Washington annonce que Téhéran aura la bombe dans deux ans. Et que fera la France quand Washington affirmera agir préventivement (les dirigeants américains ont toujours dit qu’ils agiraient avant que l’Iran puisse disposer de l’arme nucléaire) ? S’il faut éviter la prolifération nucléaire, il faut aussi éviter une nouvelle explosion dans la région qui, non seulement risque d’amener l’Iran à accélérer son programme nucléaire, mais contribuera à l’extension du chaos dans toute la région.

 

 

 

 2) AL OUFOK, site du Mouvement Démocratique arabe,  dédié à l'Intifada

 

Les élections législatives marocaines

15,5 millions d’électeurs

15,5 millions de Marocains sont inscrits sur les listes électorales, dont 48 % de femmes. 52,8 % de ces électeurs potentiels sont analphabètes. La moitié sont inactifs ou chômeurs.

325 sièges à pourvoir

325 sièges sont à pourvoir à la Chambre des représentants : 295 députés à élire dans 95 circonscriptions et 30 députées dans une liste nationale séparée, pour assurer un quota de représentation aux femmes. Treize membres de l’actuel gouvernement se présentent à ces élections législatives.

33 partis politiques

3100 observateurs sont mobilisés pour contrôler le bon déroulement du scrutin. Pour la première fois, une cinquantaine sont étrangers. L’achat des voix par de nombreux candidats avait été dénoncé par les organisations des droits de l’homme, ainsi que par la presse lors du précedent scrutin de 2002.
Trente-trois formations politiques participent au scrutin, contre 26 en 2002. Mais seuls l’Istiqlal (nationaliste et conservateur) et l’Union socialiste des forces populaires (USFP, sociale-démocrate) couvrent les 95 circonscriptions. Favori, le Parti de la justice et du développement (PJD, islamo-conservateur) est présent dans 94 circonscriptions.

Renforcer la démocratie ?

Dans son discours annuel, le 30 juillet, le roi Mohammed VI a déclaré qu’il espérait que ces élections législatives renforcent la démocratie et qu’il s’opposerait à quiconque en questionnerait la validité. Pour avoir, quelques jours plus tard, critiqué ce discours du roi, dans un éditorial, Ahmed Benchemsi, directeur du magazine arabophone Nichane et de l’hebdomadaire francophone Tel Quel, passe actuellement en procès pour "manquement au respect dû au roi". Les deux journaux ont été saisis.

Un mode de scrutin qui favorise l’émiettement

L’élection se fait à la proportionnelle à un tour. Ce mode de scrutin, ainsi que le découpage électoral et la multiplicité des formations en lice, favorisent l’émiettement des voix. Cela devrait empêcher tout parti d’obtenir la majorité en siège à la Chambre des représentants, obligeant le vainqueur à composer avec d’autres partis pour constituer un gouvernement.

Les enjeux

C’est le deuxième scrutin législatif depuis l’accession au trône de Mohammed VI, en 1999.
Pour la première fois, les islamistes du Parti de la justice et du développement (PJD) devraient arriver en tête. Leur score et le taux de participation constituent les enjeux principaux d’un scrutin qui laisse la population largement indifférente. Les autorités marocaines craignent que le taux d’abstention dépasse 50 %, ce qui serait interprété comme un désaveu à l’égard du pouvoir et achèverait de discréditer les partis politiques.

****

Pour relancer le tourisme, Rabat se donne des airs de Côte d’Azur

C’est le plus gros chantier du Maroc. D’ici à 2010, Rabat devrait avoir perdu son image de belle endormie, de cité administrative un brin ennuyeuse. Perdra-t-elle son âme au passage ? Les Rabati purs et durs le redoutent. Avec ses larges avenues, ses espaces verts, ses quartiers résidentiels, ses ministères et ses chancelleries, Rabat est au Maroc ce que Washington est aux Etats-Unis : une ville paisible et familiale, où il fait bon vivre, surtout si l’on est fonctionnaire ou diplomate. Les jeunes, eux, lui préfèrent Casablanca, son bruit, ses embouteillages, ses bars et son animation.

Si Rabat a été priée de sortir de sa torpeur dans l’espoir d’attirer un million de touristes par an, contre 500 000 actuellement, c’est parce que "Sa Majesté l’a souhaité", vous dit-on de tous côtés. Et comme toujours au Maroc, lorsque le roi marque son intérêt pour un projet, les choses vont vite. En un an et demi, l’estuaire du Bouregreg, ce bras de mer qui sépare Rabat (1,8 million d’habitants) de sa ville jumelle, Salé (900 000 habitants), a été totalement aménagé.

On a "civilisé" les deux rives, construit des berges et commencé à donner à la capitale marocaine un petit air de Côte d’Azur. Des tonnes de sable ont été draguées pour rendre le chenal à nouveau navigable. Des habitations, un bidonville et une décharge ont été rasés. Trois millions de mètres cubes de déchets et de gravats ont été évacués. Un nouveau pont va être construit sur l’estuaire. Sous la colline des Oudayas, il est prévu un tunnel de plus d’un kilomètre de long, pour fluidifier la circulation.

Et surtout, un tramway - le premier du Maroc indépendant - verra le jour d’ici trois ans. Il reliera Rabat à Salé et desservira vingt kilomètres. C’est sans doute le changement le plus attendu par les habitants des deux agglomérations, 650 000 personnes faisant chaque jour, péniblement, la navette d’un côté à l’autre de l’estuaire.

Sur la rive droite (côté Salé), une marina flambant neuve attend d’ores et déjà des bateaux de plaisance. Un quart des 350 anneaux seraient déjà réservés par des Espagnols, des Italiens et des Moyen-Orientaux. Sur la rive gauche (côté Rabat), une immense esplanade et une "promenade des Anglais" d’un kilomètre et demi, bordée de lampadaires et de palmiers, ont été aménagées. Rabat-Salé va devenir "un lieu de prédilection de la plaisance et du nautisme", annonce l’agence d’aménagement de la vallée du Bouregreg, qui gère ces travaux. "Il faut réhabiliter l’identité maritime de Rabat. La capitale doit cesser de tourner le dos à son fleuve et à la mer", insiste Lemghari Essakl, le directeur général de cette Agence, rappelant que Rabat était, au début du XXe siècle, le premier port du Maroc, et que Salé était autrefois "une cité corsaire".

L’eau est donc au coeur de ce gigantesque projet qui a une conséquence immédiate : faire exploser les prix du foncier et de l’immobilier dans tout le secteur. Et ce n’est pas fini. D’ici 2017, un lac et une île artificiels vont naître dans l’estuaire et bien d’autres choses encore : des jardins suspendus, des quartiers résidentiels de grand luxe, des hôtels de standing, des restaurants sur pilotis, des commerces, un palais des congrès, une cité des arts et métiers... Côté Atlantique, la corniche de Rabat devrait connaître, elle aussi, des bouleversements comparables, mais le projet n’a pas encore été rendu public.

La capitale du Maroc va-t-elle se transformer en nouveau Dubaï ? Même s’ils reconnaissent que Rabat avait besoin "d’un sérieux coup de neuf", beaucoup s’en inquiètent, d’autant que ce sont des entreprises du Golfe qui assureront l’exploitation de ces nouveaux espaces - en partenariat avec la Caisse marocaine des dépôts et de gestion. "L’écologie et la valorisation de notre patrimoine culturel font partie intégrante du projet", réplique Lemghari Essakl, en parcourant le site archéologique de Chellah qu’il rêve de faire sortir de son état d’abandon.

Du haut du célèbre Café maure de la kasbah des Oudayas, on voit les enfants se baigner sur la petite plage de Bergama. En face, de l’autre côté du fleuve, on distingue la plage de Salé et ses parasols colorés. Une plage populaire où les femmes entrent dans l’eau toutes habillées. L’ensemble est d’une sérénité incomparable. Mais voilà que, sur l’estuaire, passent soudain en pétaradant deux jet-skis...

***

Une pluie de pétrodollars venue du Golfe stimule l’immobilier et le tourisme marocains

Leurs émissaires défilent en rangs serrés à Rabat, Tanger ou Marrakech. L’immobilier et le tourisme ont leurs préférences. Pas une semaine ne passe sans qu’on apprenne le lancement d’un nouveau projet, le plus souvent mirobolant : les pays du Golfe investissent massivement au Maroc. En tête du peloton : les Emirats arabes unis, suivis par l’Arabie saoudite puis, presque à égalité, par le Qatar, le Koweït et Bahreïn. Les chiffres annoncés donnent le tournis. Ils sont parfois surévalués, mais le phénomène est réel : une pluie de pétrodollars s’abat aujourd’hui sur le royaume chérifien.

Cette manne inespérée, le Maroc la doit principalement aux conséquences du 11-Septembre 2001. Depuis les attentats contre New York et Washington, les pétromonarchies ont les plus grandes difficultés à placer leur argent dans les pays occidentaux. Or, avec la hausse continue des cours du pétrole, elles ont des sommes colossales à investir. Résultat : les pays du Golfe se tournent désormais vers des pays "frères", dont le Maroc fait partie. Le roi Mohammed VI entretient d’excellents rapports avec ses homologues princiers du Moyen-Orient.

Pour la seule année 2007, les investissements directs étrangers (IDE) au Maroc devraient s’élever à quelque 3 milliards de dollars (contre 500 millions de dollars par an au milieu des années 1990). Les deux tiers de ce montant sont originaires de l’Union européenne, le dernier tiers des pays du Golfe. Les Européens (Français et Espagnols en tête) restent donc les premiers investisseurs étrangers au Maroc, mais peut-être plus pour longtemps. "Les investissements arabes sont à la hausse de façon continue. En 2008, je prévois que l’Europe et les pays du Golfe seront à égalité", déclare Hassan Bernoussi, directeur des investissements au ministère marocain des affaires économiques et générales.

Ce sont des entreprises émiraties qui raflent, à l’heure actuelle, les plus gros projets, la plupart du temps en partenariat avec la Caisse marocaine de dépôt et de gestion (CDG). Le géant immobilier Emaar vient de donner le coup d’envoi d’une importante station touristique non loin de Tanger, baptisée Tinja. Une véritable petite ville, avec 2 500 maisons de grand luxe, des clubs de sport, des hôtels, des magasins... Au total, il y en a pour plus de 1 milliard de dollars d’investissement. C’est ce même groupe Emaar qui va s’atteler, début 2008, à réaménager la corniche de Rabat (12 milliards de dollars, sur sept ans), construire une station de ski à Oukaïmeden, dans le Haut-Atlas, et mener trois autres projets touristiques, notamment du côté de Marrakech.

C’est une autre société émiratie, la Dubaï Holding, qui a obtenu (toujours en partenariat avec la CDG) l’exploitation et le développement de l’estuaire du Bouregreg, entre Rabat et Salé. Et c’est encore Dubaï qui va exploiter la future zone franche du nouveau port de Tanger.

La capitale régionale du Nord fait l’objet de bien des convoitises. Qatari Diar s’apprête à donner, tout près de Tanger, le premier coup de pioche d’un complexe ultraluxueux, s’étalant en front de mer, sur 2,5 kilomètres, le long de l’océan Atlantique. Pour faire mieux que Tinja, la réalisation de son rival émirati, le groupe qatari projette de construire un golf de 18 trous, un centre équestre, un centre de conférences ("le plus grand d’Afrique", annonce-t-il), et une "vraie-fausse" casbah où l’on fabriquera et présentera l’artisanat marocain. Parmi ses autres projets, l’aménagement du port d’Asilah, sur la côte atlantique, et de l’immobilier de standing à Marrakech et à Agadir. Coeur de cible : la riche bourgeoisie marocaine, autant que les retraités espagnols, français et britanniques fortunés.

Aux critiques qui font remarquer que ces fabuleux contrats sont conclus hors appels d’offres et publication - en infraction avec le code des marchés publics du royaume - les responsables marocains répondent qu’ils veulent gagner du temps et qu’ils ont retenu "des références internationales incontestables". La ruée actuelle sur le Maroc, font-ils valoir, est une "aubaine" qu’il ne faut pas laisser passer. "L’objectif du Maroc est d’atteindre les 10 millions de touristes en 2010 (contre 6 millions en 2005). Nous devons donc augmenter rapidement notre capacité d’accueil", souligne Hassan Bernoussi, avant d’ajouter : "Grâce aux investisseurs du Golfe, nous sommes en passe de réussir notre pari."

Florence Beaugé - Le monde du 7 septembre 2007

***

Les socialistes abordent les législatives avec optimiste

L’Union socialiste des forces populaires (USFP), un des principaux partis du Maroc, assure ne pas être usé par neuf ans de pouvoir et espère même améliorer son score lors des législatives du 7 septembre.

"Notre bilan est positif et nous espérons améliorer nettement notre score aux législatives de 2002" où l’USFP s’était classée en tête avec 50 députés, a déclaré à l’AFP Mohamed El Yazghi, son Premier secrétaire.

"Si nous obtenons la confiance des électeurs, nous étudierons avec nos deux alliés, l’Istiqlal (nationaliste) et le Parti du progrès et du socialisme, (PPS, ex-communiste) le type d’alliance possible pour participer au gouvernement", a ajouté M. El-Yazghi.

Le système de scrutin marocain, à la proportionnelle au plus fort reste dans 95 circonscriptions, favorise l’éparpillement des partis qui doivent nécessairement s’allier pour former un gouvernement majoritaire.

Pour le politologue marocain Mohamed Tozi, "l’USFP risque de subir l’usure du pouvoir faute d’un renouvellement de ses cadres et de ses militants". "En outre, il est concurrencé par les islamistes du Parti de la Justice et du développement (PJD) sur sa clientèle traditionnelle : la classe moyenne urbaine", ajoute-t-il. Deux enquêtes d’opinion non officielles réalisées en juillet et en août avaient placé le PJD loin devant les deux grands partis traditionnels l’USFP et l’Istiqlal, les deux principaux partis de l’actuelle coalition gouvernementale.

Issu d’un parti de gauche fondé par le célèbre opposant Mehdi Ben Barka, disparu à Paris en 1965, l’USFP est né en 1975. Social-démocrate, il fut le principal parti d’opposition à Hassan II jusqu’à ce que ce dernier fasse appel à son chef Abderrahme Youssoufi en 1998 pour former le premier gouvernement d’alternance après des décennies de pouvoir autoritaire.

"Nous avons accompli des réalisations profondes, réelles et structurelles dans divers domaines", a souligné M. El Yazghi, citant notamment le code de la famille, le code du travail, la privatisation, l’habitat, la sécurité sociale, l’emploi, l’électrification dans le monde rural, les investissements étrangers et le tourisme. "Le taux de croissance moyen de l’économie depuis 2003 a été de 5% par an et le taux de chômage a chuté en 2007 à 9%", a-t-il ajouté.

Mais le patron du Parti libéral marocain (PLM), Mohamed Ziane, considéré comme l’un des farouches adversaires de l’USFP, affirme que le "décollage économique promis par ce parti n’a pas été réalisé". Dénonçant la politique de privatisation menée par le gouvernement, M. Ziane estime que : "quand on vend pour manger on s’appauvrit, et le Maroc est très pauvre, car il a tout vendu".

Mohamed Darif, politologue marocain, critique l’USFP pour avoir présenté en 1998 un programme gouvernemental ambitieux sans prendre en compte les "contraintes financières et politiques" pour le réaliser. Selon lui, l’USFP une fois au gouvernement, a inversé ses priorités. "Dans l’opposition, il affirmait qu’aucune réforme socio-économique ne pouvait se faire sans une réforme politique (révision de la Constitution, statut du parlement). C’est l’inverse qu’il pratique depuis qu’il est au pouvoir".

Candidate de l’USFP à Rabat, Latifa Jbabdi, ancienne prisonnière politique sous le règne de Hassan II, estime que le pays devait marquer une pause dans les réformes politiques car il sortait déjà en 1996 d’une "révision de la Constitution qui avait élargi les prérogatives du Premier ministre". "De toute façon, notre programme électoral prévoit bien ces réformes ", a-t-elle conclu.

publié dans : pcfcapcorse
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