Mardi 4 décembre 2007

Sans attendre les mesures de Sarkozy sur le pouvoir d'achat les salariés  de Champion Borgo se sont mobilisés et ont obtenu une belle victoire.

 Voir détail ci joint.                                                         
Alors que le mouvement des fonctionnaires du 20 novembre a été très fort, l'absence de réponse sur l'augmentation du point d'indice serait une nouvelle provocation.

Pour la CGT, JP Battestini  Communiqué prière d’insérer.  
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Conflit au Champion de Borgo.

Une victoire totale et exemplaire.

Les salariés du Champion Borgo ont obtenu la prime de vie chère de 400 €uros.

 

La CGT salue la belle victoire des salariés du magasin Champion.  74 salariés sur un effectif de 81 ont mené une lutte exemplaire pendant une semaine sur les questions salariales. Alors que la question du pouvoir d’achat constitue la préoccupation majeure de la population (notamment en Corse avec la cherté de vie) cette victoire peut également servir de base pour d’autres luttes.

Face à un patronat Corse rétrograde et archaïque, l’unité des personnels et des organisations syndicales a été déterminante. Le fait que la CGT constitue la principale force organisée dans le magasin est aussi un élément essentiel qui a permis au mouvement d’aboutir.

La CGT entend bien s’appuyer sur cette lutte et cette victoire pour encourager les salariés à revendiquer des augmentations de salaires et contraindre pouvoirs publics et patronat à ouvrir enfin des discussions maintes fois annoncées pour aboutir à une généralisation de la prime de vie chère dans toute la Corse.

 
Détail des mesures obtenues.


Prime de 400 euros minimum pouvant atteindre 500 euros à compter de l’année 2008. 200 euros seront versés dès le mois de janvier prochain. Des négociations seront menées chaque année pour sa revalorisation.

Augmentation des salaires de 30 euros minimum par mois à compter de novembre 2007.

Rappel sur le mois de décembre 2007 de mesures salariales de 300 euros minimum.

Revalorisation de 15% des frais kilométriques.

Bon d’achat de 60 euros pour la fin de l’année 2007.

 

 

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Mardi 4 décembre 2007
ASSEMBLEE EXTRAORDINAIRE DU PARTI
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Point de vue de la section de Paris XV°

Le Conseil national du PCF se réunit aujourd’hui 4 décembre avant l’assemblée « extraordinaire ».

 

L’intervention des communistes commence à faire reculer le projet de liquidation. Intensifions !

 

La commission de préparation de l’assemblée extraordinaire des 8 et 9 décembre a communiqué aux membres du CN un avant-projet du mandat lui sera soumis. Il va être discuté et probablement modifié par le CN d’aujourd’hui. L’assemblée elle-même n’en aura guère la possibilité en six heures de débat à 1500.

 

En l’état, ce texte représente un recul spectaculaire du groupe dirigeant dans la définition des objectifs du congrès de fin 2008, par rapport au rapport de Marie-George Buffet devant le CN de juin comme au relevé de décisions du CN des 6 et 7 octobre.

Il n’est plus question explicitement de mettre en cause l’existence même du Parti, ni de faire émerger un « nouveau parti ». L’histoire du mouvement communiste cesse d’être présentée comme un « boulet » mais d’une « expérience dont nous avons tiré les leçons au fil de nos congrès des apports et des échecs ». Les phrases sont vagues et générales. On peut tout mettre, notamment les intentions devenues moins avouables dans les concepts de « visée communiste » et « d’émancipation humaine ». Ceci dit, on se demande pourquoi louer l’Arche de la Défense pour faire une série de constatations et de déclarations d’intentions aussi banale.

 

Clairement, le groupe dirigeant a dû battre en retrait devant l’état d’esprit et l’intervention des communistes, tels qu’ils se sont manifestés dans la dernière période notamment dans les assemblées de section. C’est encourageant. L’appel « Pas d’avenir sans PCF », diffusé massivement à la Fête de l’Huma et dans la manifestation du 27 octobre a contribué à cette réaction. Nous nous en félicitons.

 

Mais l’avenir du PCF dont le monde du travail et le pays ont besoin est encore loin d’être assuré. Le groupe dirigeant, de nombreux dirigeants à titre personnel, ont dévoilé ouvertement ses intentions liquidatrices depuis la présidentielles. Ils portent une part de responsabilités écrasante dans la stratégie d’effacement et de reniements de nos positions et de notre identité qui affaiblit tant le parti. Avec le « congrès extraordinaire » rebaptisé « assemblée extraordinaire », ils ont tenté un coup de force. Maintenant, sous réserve du déroulement du CN d’aujourd’hui, ils se replient sur une manœuvre dilatoire.

 

Mais il y a toujours urgence à rompre avec cette stratégie. Si la priorité est bien de faire capoter l’ordre du jour initialement prévu et la disparition du PCF, les communistes ne peuvent accepter que le PCF reste piloté nationalement par les mêmes choix suicidaires et par les mêmes hommes et femmes.

La direction esquive toujours son propre bilan et ses responsabilités. Oui, « on ne peut plus continuer comme ça ». Comment des dirigeants qui ne reconnaissent plus aucune raison d’être aux PCF peuvent-ils rester en place ?

Les communistes, réconfortés par l’évolution de débats dans le parti, prenant conscience de la situation du parti nationalement peuvent et doivent aller plus loin dans la réappropriation de leur parti et gagner la rupture avec la ligne qui le détruit.

Il n’est évidemment pas davantage acceptable de garder le nom du PCF pour continuer de le vider de toute son identité de classe et en faire parti réformiste comme d’autres.

L’enjeu est immense. On s’en rend compte en mesurant les conséquences de l’effacement du Parti dans le mouvement de lutte actuel contre la politique de Sarkozy.

 

Pour nous, les chantiers de cette rupture devraient être la feuille de route des débats et des actions de la prochaine période :

-         reconstituer les organisations de base du Parti, les cellules et sections, notamment à l’entreprise.

-         se dégager d’une pratique d’alliances au sommet dans les institutions avec en particulier les socio-libéraux (ce qui ne contredit pas localement le maintien de listes d’union aux municipales).

-         Remettre la lutte des classes au centre de l’organisation communistes.

-         En finir avec les théories fumeuses qui ont fait accompagner par le PCF les privatisations de la gauche plurielle ou la première phase du démantèlement de la sécurité sociale. Réaffirmer notre perspective socialiste.

-         A l’occasion notamment des débats sur le Traité de l’UE, se dégager des positions de validation de l’intégration européenne.

 

Mais dans l’immédiat, notre préoccupation doit être l’assemblée « extraordinaire ». On ne sait pas ce qui va se passer au CN d’aujourd’hui. L’assemblée risque toujours de donner à l’opinion publique l’image d’un parti qui choisit l’effacement. Faire capoter l’ordre du jour liquidateur reste l’objectif à assurer.

Dans les réunions tenues les 26 et 27 octobre avec des camarades de plusieurs sections et fédérations, nous avons lancé plusieurs propositions d’intervention.

 

Dans les jours qui restent, nous proposons

-         de poursuivre la signature de « l’appel pas d’avenir sans PCF » et de faire remonter le maximum de nom pour qu’ils soient déposés samedi.

-         d’assurer une présence nombreuse et visible des communistes qui se reconnaissent dans les orientations de ce texte à l’entrée de l’assemblée samedi 8 à son ouverture avant 14h00.

-         il était question d’organisation une petite réunion de responsables d’organisations du Parti. La proposition demeure. Le samedi matin, le samedi soir ?

-         enfin nous avions discuté de lancer un contre-mandat à défendre pendant l’assemblée. Les textes émanant de plusieurs sections peuvent peut-être en tenir lieux dans leur diversité.

 


Pour le PCF Paris 15,      Emmanuel DANG TRAN

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Dimanche 2 décembre 2007

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RIPOSTE DES COMMUNISTES

par le réseau communiste de Fontenay-sous-Bois

Nous pensons que la priorité pour les communistes aujourd'hui, c'est de se consacrer aux luttes contre la droite et aux élections à venir, Municipales et Cantonales.

En effet, la droite avec bien d'autres rêvent de voir disparaître le parti communiste. Or, la meilleure réponse à leur donner c'est de faire élire un maximum d'élus communistes dans toute la France. Pour Fontenay-sous-bois nous avons fait connaître notre position au lendemain de l'élection législative dans un article intitulé " Les communistes rassembleurs à Fontenay-sous-bois " paru sur notre blog : reseau-communiste-fontenay.over-blog.fr .

Cette volonté de nous consacrer entièrement au combat idéologique et électoral, ne nous a pas fait oublier pour autant que les dirigeants de notre parti ont programmé un congrès pour 2008 dont le thème central est " faut-il aller vers la création d'un nouveau parti ? " Certes, face à la poussée des protestations, ils ont été conduits à annuler le faux congrès prévu pour fin 2007. Mais ils ont maintenu son questionnaire, qui fera l'objet d'une assemblée nationale extraordinaire à la même date.

Ce questionnaire qui se veut une invitation au débat, est difficilement utilisable en l'état par les adhérents. Trop de questions ressemblent à des sujets pour le bac : ex " Dans quelle société vivons-nous ? Quelles sont les nouvelles formes d'exploitation, d'aliénation et de domination ? Ces derniers ne veulent pas passer un examen. Ils veulent juste s'exprimer sur la situation politique d'aujourd'hui.

Par contre ce questionnaire évitera à coup sur ( peut-être est-ce-là sa véritable utilité ) aux dirigeants d'échapper au bilan sur la danse du ventre antilibérale qu'ils ont fait exécuter à notre parti avec le succès que l'ont connaît  ( 1,9 % ) .

Pourtant ce questionnaire n'a pas laissé tout le monde indifférent. Oubliant qu'ils sont responsables de la situation actuelle du parti, certains docteurs honoris causa de la direction se sont investis dans ce questionnaire, pas étonnant, il avait été fait par eux et pour eux.

Dans un déferlement médiatique dont ils ont une casi-exclusivité voir l'Humanité du 10 novembre, ils nous expliquent sérieusement que le seul avenir du communiste c'est de se dissoudre dans une force politique unique avec les associations antilibérales.

Le communiste ainsi rentrerait dans un nouvelle âge selon Roger Martelli " on envisage la constitution d'une force politique unique, dans laquelle des sensibilité existeraient avec leurs marges d'autonomie, dont une composante communiste en tant que telle " Pour Jean-Claude Gayssot " cette nouvelle force politique doit être ouverte avec des communistes, mais aussi des socialistes, des écologistes, des alter mondialiste " puis il précise " Il est temps de dépasser la référence au strict parti communiste  -  " A quoi servirait-il de prolonger des références qui n'ont plus d'avenir "  etc ...

En clair, il faut liquider la parti communiste français, en faisant un congrès de Tours à l'envers.

Visiblement, ils n'ont pas retenu les leçons des élections. En effet, il ne faut pas confondre union et fusion, en politique les lois mathématiques ne s'appliquent pas, dans l'union, la gauche additionne ses forces voir référendum et CPE, dans une fusion, elle les soustrait voir présidentielles et législatives; parce que tout naturellement personne ne se reconnaît dans l'autre et de ce fait ne veut se mettre derrière l'autre. L'echec des élections présidentielles ne leur a pas appris, que fusion égale le plus souvant confusion politique et idéologique.

A l'évidence, le parti communiste doit changer, depuis des années ces mêmes dirigeants, qui nous proposent aujourd'hui une fusion liquidation, ont privilégié les accords d'appareils au détriment du combat idéologique. Cela a conduit à des catastrophes électorales. Il est donc temps de redonner à notre parti sa raison d'être.

La partie de cache-cache idéologique de la mutation arrive à son terme, les adhérents du parti communiste ne peuvent plus faire l'autruche. La liquidation du parti communiste est bien à l'ordre du jour et ses partisans sont très actifs dans les instances de direction du parti. C'est pourquoi il ne faut pas prendre à la légère l'assemblée nationale extraordinaire de 2007.

Nous nous pensons qu'il n'y a pas d'avenir sans le PCF .

 

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Dimanche 2 décembre 2007
LES JUSTES

samedi 1er décembre 2007.

Pierre Stambul

 

 

Mes camarades de « Ballon Rouge » à Aubagne se sont retrouvés dans une drôle de situation. Récemment le lycée professionnel Eiffel d’Aubagne a reçu le titre de « juste » en souvenir d’un artisan aubagnais, Mr Chabrol, qui contribua à sauver une famille juive pendant la guerre, et en récompense pour le travail de mémoire initié par les responsables de ce lycée.

Le drapeau israélien accueillait les visiteurs et les invités lors de cette réception, car ce sont les autorités israéliennes qui décident de la reconnaissance du « juste ». Le représentant du consulat d’Israël a fait un discours classique et unilatéral.

Quel rapport y a-t-il entre l’héroïsme passé des uns et l’occupation de la Palestine ? En quoi le premier peut-il justifier l’autre ?

Le génocide nazi a tardé à rentrer dans l’histoire.

À la stupeur et à la honte devant la découverte des survivants décharnés ou celle des camps d’extermination a succédé le silence. Pour les survivants des camps, l’horreur était « indicible » pour reprendre les termes de Primo Lévi. Les Juifs qui ont survécu à l’occupation ou à la déportation ont cherché avant tout à s’intégrer et à reconstruire leur vie.

En France, il y a eu une collusion entre communistes et gaullistes pour propager le mythe d’un pays unanimement résistant. Cette version a masqué les crimes du régime de Vichy et la persécution des Juifs et des Tsiganes. Il a fallu attendre de nombreuses années après la Libération pour que certains faits remontent, mettant en évidence aussi bien les horreurs commises par des Français (Bousquet, Leguay, Papon ...) que le rôle de celles et ceux qui ont risqué leur vie pour sauver des êtres humains.

En Israël, c’est plus compliqué. C’est le génocide qui a rendu possible la fondation de l’Etat d’Israël. En même temps, à la fin des années 40 et au début des années 50, les rescapés du génocide avaient mauvaise presse en Israël. On opposait volontiers la prétendue soumission des déportés partant à la chambre à gaz avec l’Israélien nouveau défrichant la terre et combattant pour construire son pays. Cette vision est assez inexacte. Il y a eu des révoltes juives en Europe Occupée (l’insurrection du ghetto), il y a eu une résistance juive (la MOI par exemple) et il y a eu des révoltes dans les camps. Cette ambivalence des Israéliens vis-à-vis des survivants se poursuit aujourd’hui. Ils sont 250.000 en Israël à avoir connu l’Europe occupée. 1/4 d’entre eux vivent sous le seuil de pauvreté et ils ont manifesté pour exiger une augmentation de leurs pensions.

La prétention des autorités israéliennes de parler au nom des rescapés du génocide est une escroquerie à plusieurs titres : l’écrasante majorité des morts n’étaient pas sionistes et ignoraient même tout de cette idéologie. Beaucoup n’étaient pas croyants. Ils n’avaient rien à voir avec Israël qui n’était en rien une solution à leur persécution. Les Sionistes n’ont joué qu’un rôle marginal dans la résistance juive au nazisme qui était essentiellement communiste et bundiste. Pire, même à une époque où le génocide avait largement commencé en Europe, les Sionistes continuaient à avoir une préoccupation unique : construire leur « Etat Juif ». Comment peut-on justifier l’assassinat de soldats anglais par des groupes sionistes en 1942 ?

Donc présenter Israël comme une issue salvatrice après la catastrophe est une réécriture de l’histoire et une captation d’héritage et de mémoire. Nous avons besoin de nous souvenir, pour que de telles horreurs ne reviennent jamais, pas pour justifier la Naqba.

Yad Vashem et les Justes

C’est vraiment avec l’arrestation en Argentine, le jugement et l’exécution d’Eichmann (1962) que l’Etat d’Israël décide de s’approprier le génocide nazi. Cela fait partie de sa prétention à parler au nom de tous les Juifs et de présenter la création de l’Etat d’Israël comme LA réponse à l’antisémitisme et à la persécution.

Mais en fait dès 1951, l’Etat d’Israël obtient de l’Allemagne des réparations spécifiques : en 50 ans, plus de 100 milliards de Marks ont été versés ... aux victimes juives, pas aux autres. Pour l’Allemagne, c’est un passage obligé pour retrouver la souveraineté.

En 1953, la Knesset vote la création du mémorial Yad Vashem à Jérusalem consacré à l’histoire de la persécution antisémite et à l’extermination des Juifs. Il y a bien sûr des critiques très sérieuses à porter à ce mémorial. Les milliers de soldats en uniforme qui le visitent n’en tirent hélas pas la conclusion qu’il faut tout faire pour empêcher la répétition des événements qui ont conduit à une telle monstruosité. Au-delà de la version universelle du génocide, beaucoup préfèrent celle de Sharon qui déclarait : « Auschwitz est la preuve que les Juifs ne peuvent se défendre que par eux-mêmes » (autrement dit tout leur est permis, y compris la possibilité d’écraser un autre peuple).

Et puis certains événements sont présentés de façon tendancieuse à Yad Vashem : ainsi l’Affiche Rouge montre des Juifs résistants tués par l’occupant sans même dire qu’ils étaient communistes. Il n’empêche. Il fallait qu’une longue recherche soit faite sur le génocide et il est regrettable qu’un Yad Vashem plus objectif n’existe pas ailleurs.

Avec la création de Yad Vashem, les Justes apparaissent. En reprenant un concept religieux, il s’agit pour les dirigeants israéliens de célébrer les « amis » des Juifs, ceux qui ont permis la survie. Les critères pour être un « Juste » sont précis : il faut avoir apporté une aide concrète, avoir risqué sa vie pour sauver des Juifs, n’avoir touché aucune récompense en échange. Et il faut que les preuves de ces actions existent. Il existe aujourd’hui plus de 21000 « Justes » dont 2600 français.

Délibérément, dans la « sélection des Justes », les personnages non reliés à la guerre ont été écartés. Ni l’Abbé Grégoire qui donne aux Juifs français la citoyenneté pendant la Révolution, ni Emile Zola avec son célèbre « j’accuse » en faveur du capitaine Dreyfus ne sont des Justes. Ceux qui ont sauvé des Non-Juifs ne sont pas célébrés. Quand ils ont sauvé les uns et les autres (voir le cas de Varian Fry), seul le sauvetage des Juifs compte.

Cette célébration est-elle utile ? Elle est en tout cas compréhensible pour les victimes. J’ai une tante israélienne, enfant caché pendant la guerre dont le père est mort à Auschwitz. Régulièrement, elle refait le voyage dans les villages périgourdins où elle a trouvé refuge.

L’être humain et la barbarie

Il existe bien sûr un contexte historique qui fait qu’une population entière bascule dans l’horreur. Il y a sûrement d’autres causes si l’on suit les pistes explorées par Wilhelm Reich dans « Psychologie de Masse du fascisme ». Et pourtant, même dans les pires périodes, on garde la faculté de choisir, le basculement dans l’horreur n’est pas inéluctable.

Au Rwanda, beaucoup d’habitants ont découpé leur voisin à la machette. Mais beaucoup de Hutus ont sauvé des Tutsis et ont préféré être tués plutôt que de participer au grand massacre. Idem en Bosnie. Certains Serbes de Sarajévo sont partis sur les hauteurs de la ville pour bombarder méticuleusement l’immeuble de leurs voisins. D’autres sont restés et ont conservé d’anciens rapports d’amitiés.

Même dans des circonstances exceptionnelles, les êtres humains gardent une forme de choix : s’avilir ou rester propres.

Ce qui caractérise certains « justes », c’est que ce sont des gens ordinaires qui n’avaient souvent même pas conscience du caractère unique de leurs actes. La Résistance a produit des individus du même type. Il y a à Marseille une rue Fernand Pauriol. Qui sait que c’était un ouvrier communiste sorti très tôt de l’école et envoyé par le parti pour être l’intermédiaire avec « l’Orchestre rouge » de Trepper ? Il est mort sous la torture sans avoir parlé. Sinon, les dommages auraient été terribles.

En ce qui concerne la France, c’est le pays des contrastes. D’un côté il y a le régime de Vichy, ses Bousquet, Papon, Laval et le zèle avec lequel ils ont servi le nazisme, voire devancé l’attente de l’occupant.

On a dénombré 55 millions de lettres de dénonciation écrites par environ 3 millions de personnes (certains délateurs en ont fait beaucoup). En même temps, la France est, de tous les grands pays occupés celui où il y a (de loin) la plus grande proportion de Juifs survivants (115 000 morts et 220000 survivants). Cela tient en partie à la configuration du pays, il y avait des endroits où se cacher. Mais cela aurait impossible si la plupart des Français n’avaient pas choisi de ne rien dire sur leur voisin qui se cachait ou même de lui venir en aide.

Les pays « justes »

Un seul pays est honoré en tant que tel à Yad Vashem, c’est le Danemark. La plupart des Juifs du pays ont été « exfiltrés » par la Résistance et ont pu rejoindre la Suède restée « neutre ». Il faut dire que le roi avait donné l’exemple. Quand l’occupant a ordonné le port de l’étoile jaune pour les Juifs, le roi a décidé de la porter en incitant ses compatriotes à en faire autant. En Bulgarie, pays pourtant allié à l’Allemagne, le Roi a refusé qu’on touche aux Juifs Bulgares. Même attitude du sultan du Maroc qui a refusé de céder à l’injonction de Vichy de ficher les Juifs et de prendre des mesures discriminatoires.

En Albanie, c’est la résistance communiste qui a organisé la fuite des Juifs du pays vers les maquis. C’est le seul pays occupé d’où aucun convoi n’est parti vers les camps de la mort.

En France, le cas du village du Chambon-sur-Lignon est assez fantastique. Il est situé en Haute-Loire aux confins de l’Ardèche. C’est un village protestant au milieu d’une zone très catholique. Il est situé loin du pays camisard qui est entre Gard et Lozère. Le village a accueilli environ 2000 enfants juifs pendant la guerre. Répartis dans les familles et mélangés avec les enfants du village avec des faux prénoms et des fausses identités, ils ont échappé aux traques et aux rafles. À la Libération, ils ont été rendus aux membres de leurs familles qui avaient survécu. Comportement différent chez certains catholiques qui ont caché des enfants mais les ont convertis et ont refusé de les rendre. Le cas des enfants Finali qui ne seront rendus à leur famille qu’en 1954 après un long procès est connu. Au Chambon-sur-Lignon, les paysans protestants avaient une longue culture d’entraide et de résistance. La plupart ont été stupéfaits d’être considérés comme des Justes. Pour eux, ils n’avaient fait que ce que leur conscience leur commandait.

Les Justes célèbres

Commençons par Raoul Wallenberg. Ce diplomate suédois, membre d’une famille de grands patrons, devient consul à Budapest au moment où la déportation et l’extermination des Juifs hongrois entreprise par Eichmann bat son plein. Wallenberg va racheter des maisons et fournir des passeports de protection à des dizaines de milliers de personnes. Il ira racheter des gens qui ont déjà été arrêtés. Wallenberg a eu une fin tragique. Arrêté par les Soviétiques, il a disparu, probablement exécuté dans la prison de la Loubianka à Moscou.

Continuons avec l’allemand Oskar Schindler dont l’histoire est racontée dans le film de Spielberg. Industriel et membre du parti Nazi, rien ne le prédisposait à se préoccuper du sort des Juifs. Il s’est pris d’une réelle affection pour les 1200 Juifs condamnés au travail forcé dans son usine d’armement. Il a artificiellement fait durer éternellement leur travail, multipliant avec succès les artifices pour empêcher leur déportation.

À présent l’Américain Varian Fry. Il est envoyé à Marseille en 1940 par une association antifasciste américaine. Il entreprend de faire sortir de France et d’Europe (via l’Espagne et le Portugal) des milliers de réfugiés qui arrivent dans la région. Il achète la villa Airbel où les réfugiés se cachent avant de pouvoir quitter la région. Le réseau de Varian Fry a certes sauvé de nombreux Juifs/ves : Hannah Arendt, Max Ernst, Marc Chagall, la famille de Thomas Mann. Mais il a sauvé des antifascistes d’histoires et d’origines très diverses : André Breton, Victor Serge ...

Les Justes « improbables »

J’entends par là ceux qui ont été totalement à contre courant de leur milieu d’origine ou de l’attitude de leur pays.

Ainsi, par exemple, il y a eu des religieux catholiques héroïques . Le curé décrit dans le film « Amen » de Costa-Gavras qui choisit d’être déporté parce qu’il n’a pas pu empêcher la grande rafle de Rome correspond à un personnage réel. Mais il faut bien dire que la hiérarchie catholique, à commencer par son chef Pie XII, était massivement dans l’autre camp.

Quelques Justes peu connus :

La Suisse a eu un rôle plus qu’ambigu pendant la guerre. Elle a servi de banque à l’Allemagne et, au nom de sa neutralité, elle a fermé ses frontières aux nombreux/ses antifascistes qui cherchaient refuge. Les cas de personnes refoulées de Suisse et remis aux Allemands sont innombrables. Paul Grüninger était un commandant de la police des frontières suisse. Il a désobéi et fait rentrer environ 3000 Juifs allemands et autrichiens dans son pays. Il n’a pas voulu être payé. Il l’a payé chèrement. En 1942, il a été radié de la fonction publique. Il est mort des années après dans la misère sans jamais avoir été réhabilité.

Le Portugal a connu le fascisme dès 1932 avec Salazar. Aristides Sousa Mendes est déjà âgé en 1940 quand il est nommé consul du Portugal à Bordeaux. Il vient d’une famille monarchiste. Pourtant, alors que les réfugiés affluent à Bordeaux en 1940, il décide de délivrer des visas à tous les réfugiés qui en ont fait la demande. Des milliers de fugitifs réussissent à fuir par Hendaye. Parfois, le consul les accompagne à la frontière. Comme Varian Fry, il ne souciait pas des origines de ceux qu’il aidait. Rappelé dès juin 1940 au Portugal, il est mort dans la misère.

Au Japon, on ne savait pas vraiment ce qu’était un Juif, même si plusieurs milliers de Juifs soviétiques se sont retrouvés en Chine occupée. Sempo Sugihara fut le premier diplomate japonais en poste en Lituanie pendant la brève indépendance de ce pays. Il est en poste en 1939 à Kaunas et il y reste pendant les premiers temps de l’occupation soviétique consécutive au Pacte germano-soviétique. Sugihara a fourni des milliers de visas pour le Japon via Vladivostok. En fait les réfugiés partaient aux Etats-Unis. La plupart étaient Juifs. De retour au Japon après la guerre, Sugihara fut mis à la retraite d’office.

Les Caraïtes sont au départ des Juifs « dissidents ». L’hérésie apparaît de façon sûre au VIIIe siècle après JC en Mésopotamie. On trouve des Caraïtes partout dans le monde, en Palestine, au Maroc, en Espagne, mais surtout en Crimée d’où ils viendront en Lituanie et en Pologne. Entre Juifs et Caraïtes, les rapports étaient tendus. Pourtant il y a eu des gestes forts d’entraide. Quand les Nazis demandent à des savants Juifs si les Caraïtes sont Juifs, la réponse donnée est négative. Elle convaincra les Nazis qui considèreront les Caraïtes comme « Aryens » et les épargneront. En retour, les Caraïtes de Lodz ont signé de nombreux faux certificats de caraïtisme pour les Juifs du ghetto.

Il y a eu des Allemands parmi les « Justes ». Ebergard Helmrich a fourni de nombreux faux papiers à des femmes juives polonaises pour leur permettre d’aller à Berlin où elles sont devenues employées de maison.

Je finirai avec les femmes allemandes de la Rosenstrasse. En février 1943, Goebbels donne l’ordre de déporter les 5000 Juifs qui vivent encore à Berlin et qui sont affectés de force dans des usines. 1/3 d’entre eux sont mariés à des femmes allemandes. Celles-ci vont manifester quotidiennement dans la Rosenstrasse. Et elles obtiennent satisfaction. C’est le moment de la bataille de Stalingrad et les Nazis ont peur d’une rupture du front intérieur. Les hommes sont libérés. On va même en rechercher certains dans les camps où ils avaient été déportés.

Célébrer les Justes, pourquoi faire ?

On l’a vu, il y a des personnalités étonnantes parmi les Justes. Ne pas les oublier, pouvoir les remercier, correspond à un désir légitime. Après, en faire l’affaire des Juifs alors qu’il y a quelque chose d’universel dans cette démarche, c’est autre chose. Mêler Israël à cette célébration n’a pas de sens. C’est une usurpation d’histoire et une récupération indigne. Les gens traqués et leurs sauveteurs sont étrangers au conflit israélo-palestinien.

L’existence des Justes souligne qu’il est fondamental de désobéir à des ordres injustes. Et que sauver un/e fugitif/ve, c’est quelque part défendre l’Humanité. Les Justes aujourd’hui, même si les contextes sont très différents, ce sont un peu ici les membres du Réseau Education Sans Frontière et en Israël les Refuzniks. Les uns et les autres désobéissent à des ordres injustes. Pourvu qu’on n’attende pas 60 ans pour reconnaître qu’ils ont eu raison.

Pierre Stambul
Novembre 2007

 

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Dimanche 2 décembre 2007
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Position de la section Paris 15ème - 
avant l'assemblée extraordinaire

Réunion du Conseil départemental du PCF-Paris et des délégués des sections à l’assemblée extraordinaire des 8 et 9 décembre

 

Samedi 1er décembre 2007

 

Intervention de Josette Gawsewitch au nom de la section du PCF Paris 15ème

 

 

De quoi nous invite-t-on à discuter aujourd’hui ? De tout sauf de ce qui l’équipe dirigeante du Parti veut faire avaliser à l’Assemblée « extraordinaire » des 8 et 9 décembre. C’est en effet seulement mardi prochain, 4 décembre que le CN adoptera le projet de « mandat pour le congrès de fin 2008 » qui sera soumis au vote.

 

Dans ces conditions, la direction de notre section a décidé de convoquer une assemblée des communistes le 5 pour que les adhérents puissent se prononcer un peu plus en connaissance de cause. Notre dernière assemblée s’est élevée contre les décisions du Conseil national des 6 et 7 octobre et s’est ralliée à l’unanimité à l’appel « Pas d’avenir sans PCF – nous ne voulons pas que le PCF se saborde mais qu’il retrouve sa raison d’être ».

 

L’assemblée « extraordinaire », nouvelle dénomination du « congrès extraordinaire », est une vaste supercherie destinée à donner à l’opinion publique, aux media et aux communistes eux-mêmes l’illusion d’une consultation interne.

Comme je l’ai dit, la base de discussion ne sera communiquée que mercredi. Le déroulement de l’Assemblée elle-même ne laisse aux 1800 participants que deux plages de 3 heures de discussion générale, le reste du temps étant consacré aux débats en « ruches » et aux « personnalités » non communistes. Ce n’est plus la règle des « 3 minutes » de temps de parole, ce sera la règle des « 12 secondes » ou plutôt de la sélection des intervenants par la tribune.

Enfin, le choix de rassembler des délégués directement désignés par les sections relève d’un calcul rapidement identifiable. On les présentera comme l’émanation de la base du Parti alors que ce sera tout le contraire.

 

- Des centaines de sections n’existent quasiment plus que sur le papier avec quelques adhérents. Les directions départementales vont pouvoir désigner directement leur délégué unique.

- Pour la majorité des sections, le choix d’un délégué par tranche de 200 adhérents permet d’éliminer les opposants dans la plupart des cas.

- Enfin dans les sections de banlieue, les effectifs affichés s’envolent laissant voir des délégations nombreuses et « blindées ». Des sections annoncent plus de 1000 sinon 2000 adhérents, de 10 à 20 fois le nombre de ceux qui se sont exprimés au 33ème congrès… 

 

A propos, faisons un peu attention à Paris ! Marie-George Buffet a rassemblé 11000 voix. On lit dans la presse que notre fédération compterait 4000 adhérents. Tout ce qui est excessif devient insignifiant !

 

Toutes ces procédures antistatutaires et antidémocratiques ont un objectif : poursuivre et mener jusqu’au bout, malgré et contre les communistes, la stratégie de liquidation du PCF.

 

Nous ne reprochons à personne de penser que le PCF n’a plus de raison d’être, qu’il est une erreur de l’Histoire. Mais ceux qui le disent, l’écrivent ne peuvent pas s’accrocher à la tête du Parti, en être ses porte-parole. Sinon c’est un putsch !

 

Après le naufrage électoral de cette année, la moindre des choses était que la direction remette ses mandats en jeu et soumette son bilan aux communistes.

Il est éloquent. Le recul électoral et le recul de notre organisation ne sont pas le résultat d’une fatalité historique. C’est trop facile !

8 ans après la Chute du Mur, le Parti, notamment ses organisations de base, faisait 10% et venait de jouer un rôle déterminant dans le conflit de novembre-décembre 95. Après 5 ans de participation au gouvernement de « gauche plurielle », après le congrès de Martigues et le démantèlement des cellules, Hue tombe à 3%. La poursuite de la stratégie d’effacement de notre identité, d’abandon de nos structures militantes, de reniements de nos positions a conduit nationalement au 1,9 de Buffet, heureusement contre-balancé par une relative résistance localement.

Voilà des faits !

 

Les derniers mots du relevé de décisions du dernier CN indiquent l’objectif final de la direction en place : « faire émerger un nouveau parti ». Sans doute une « chose » comme disent les Italiens confrontés au même choix d’effacement des partenaires du PGE. L’assemblée « extraordinaire » doit le mettre à l’ordre du jour du congrès de fin 2008, conditionner les esprits à cette perspective. C’est anti-statutaire. C’est inacceptable !

 

De partout monte le refus de la disparition de leur parti. Notre section s’exprime et s’exprimera dans ce sens, contribuera à faire la démonstration publique que les communistes ne laisseront pas leur parti disparaître.

Le PCF a un avenir ! Pour le monde du travail en France, nous ne pouvons concevoir un avenir sans PCF. Faire capoter l’ordre du jour prévu pour le congrès de 2008 et l’assemblée est donc une priorité et un préalable.

 

Mais ce n’est pas suffisant. Garder le nom de PCF mais abandonner toute la base théorique, l’organisation historique et la raison d’être du Parti, jouer les « taxidermistes », n’est pas plus satisfaisant. Laisser perdurer la stratégie qui coule le parti pas davantage.

 

Dans la période intense de lutte que nous vivons, l’effacement se poursuit, laissant la place dans l’opinion publique à d’autres organisations qui n’ont ni l’histoire, ni l’efficacité du PCF, tant redoutée par le patronat. Quelle discrétion de notre direction sur la défense des régimes spéciaux de retraite, déjà exclue de la campagne des présidentielles ! Quelle absurdité de s’enferrer dans des comités de « riposte » avec le PS dont les positions sur tous les sujets cruciaux ne s’opposent pas à Sarkozy. Où sont les grandes campagnes nationales contre les privatisations, pour la défense du financement de la sécurité sociale… ?

 

La manifestation du 27 octobre, à l’initiative des fédérations du Nord et du Pas-de-Calais a fait la démonstration du rôle que doit jouer le Parti et de la capacité de mobilisation, encore importante des militants. La direction ne veut pas les faire vivre. Notre section s’associe à toutes les organisations du Parti qui les feront vivre.

 

Un moment ou un autre, les dirigeants disqualifiés devront partir !

 

Toutes ces urgences ne nous font pas perdre de vue la nécessité d’une réflexion sur l’Histoire du Parti, sur les évolutions du capitalisme, sur la mondialisation. Pour nous, elles ne mettent pas en cause nos « fondamentaux » théoriques. Que le congrès de 2008 affronte ces questions, qu’elles soient discutées profondément d’ici là, est naturel et important mais pas dans un processus de liquidation !

 

Pour être des « révolutionnaires de notre temps », nous devons rester fidèles au choix fondateur et fécond de 1920 de rompre avec le réformisme et la pratique d’aménagement du capitalisme, résister à la dérive idéologique à droite, prolonger la théorie et à l’organisation révolutionnaires du PCF.

 

Pour reprendre un titre connu : « remettons le PCF sur les rails de la lutte des classes ! ».

publié dans : pcfcapcorse communauté : Un PCF de lutte des classes !
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