Mardi 2 octobre 2007

"Une grave dérive sur le sens de l'homme et la dignité de la famille"

 

Immigration: les évêques dénoncent "des mesures toujours plus restrictives"

( lundi, 1er octobre 2007 )

 

La conférence des évêques de France déplore lundi, à propos du projet de loi controversé sur l'immigration, la mise en place de "mesures toujours plus restrictives" contre les migrants, y voyant des "concessions à une opinion dominée par la peur".

Tant qu'une "vision solidaire", basée notamment sur "un partenariat méditerranéen (...) annoncé au soir de son élection" par Nicolas Sarkozy, "ne sera pas clairement perçue et mise en oeuvre", écrivent les évêques de France dans un communiqué, "les mesures toujours plus restrictives prises à l'encontre des migrants apparaîtront comme des concessions à une opinion dominée par la peur plutôt que par les chances de la mondialisation".

"En ces jours où les parlementaires sont appelés à se prononcer une fois encore au sujet d'un projet de loi sur l'immigration, nous éprouvons l'urgence de faire entendre notre voix", expliquent les évêques.

"Les chrétiens refusent par principe de choisir entre bons et mauvais migrants, entre clandestins et réguliers, entre citoyens pourvus de papiers et d'autres sans papier", poursuivent-ils dans ce texte signé par Mgr Olivier de Berranger, évêque de Saint-Denis et président de la Commission épiscopale pour la mission universelle de l'Eglise, et Mgr Claude Schockert, évêque de Belfort-Montbéliard, responsable de la pastorale des migrants.

"Nous nous réjouissons que des élus d'appartenances politiques variées, à l'Assemblée nationale comme au Sénat, se soient opposés à l'imposition de tests génétiques pour vérifier les liens de parenté", écrivent-ils car "il y aurait là le risque d'une grave dérive sur le sens de l'homme et la dignité de la famille".

Les évêques "s'inquiètent cependant des conditions toujours plus restrictives mises au regroupement familial qui est un droit toujours à respecter". Ils tiennent "à souligner l'exigence de maintenir un délai de recours suffisant pour le droit d'asile, composante inaliénable de l'héritage républicain".

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Lundi 1 octobre 2007
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Lundi 1 octobre 2007
                                                                                  
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La situation politique exige plus que jamais l’existence d’un grand parti communiste dont la nécessaire indépendance de pensée doit être entièrement mise au service des travailleurs et de la lutte des classes. 
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Lundi 1 octobre 2007

 

Italie : l’unification de la gauche contre la lutte des classes

 

Recomposition politique à l'italienne avec disparition programmée des héritiers du PCI: un cas fort similaire à certains projets français. Une analyse de notre camarade italien Alessio Arena

 

La question de l’unification des composantes (Refondation Communiste, Verts, Communistes Italiens, Gauche Démocrate) situées à la gauche du Parti Démocrate[1][1] en train de se constituer, soulève de nombreuses interrogations. Ceux qui prônent cette recomposition insistent sur la nécessité de répliquer à la formation du Parti Démocrate et au recentrage de la vie politique italienne et de la coalition gouvernementale. L’unité entre les forces de la gauche serait la réponse nécessaire, inéluctable, la seule réaction valable devant l’hégémonie à gauche de la nouvelle formation politique centriste et la disparition des Démocrates de Gauche, jusqu’à présent le parti de gauche le plus puissant.

Ces arguments ne résistent pas à l’analyse rigoureuse de la situation. Ils proposent une solution permanente, de nature stratégique, à un problème conjoncturel. L’accélération du débat « unitaire » dans les derniers mois révèle comment derrière la réaction à la formation du Parti Démocrate, se cache une volonté politique plus profonde.

La démarche unitaire est parfois présentée, par exemple par les dirigeants du PdCI, comme un moyen de retrouver la grandeur passée du PCI. Comment se fait-il que cette « nécessaire » unité n’ait pas auparavant été une urgence ? La démarche unitaire n’a jamais donné lieu non plus à la moindre initiative politique concrète, ni à des prises de positions communes sur les thèmes répondant à l’urgence sociale. La synthèse politique entre les différentes composantes devant engendrer la prétendue « chose rouge »[2][2] constitue le plus grand facteur d’ambiguïté du processus unitaire. La question du programme et de la ligne politique dernier est en effet éludée, en proclamant la nécessité de donner lieu à la convergence des différentes composantes dans une « gauche sans adjectifs » où toutes les identités, des communistes aux socio-démocrates, pourraient se retrouver.

Pour les groupes dirigeants de Refondation Communiste et du PdCI, la théorie de la « masse critique », pour citer Fausto Bertinotti, prédomine. Des forces différentes devraient s’unir pour former une « masse critique » et reconquérir leur capacité perdue de mobilisation. La formation d’une organisation politique unique devrait résulter d’accords préalables fixant la composition des futurs organes dirigeants et un modèle d’organisation capable de sauver, en apparence, l’autonomie des diverses composantes (ex: confédération de partis). Le problème de la ligne politique n’est pas résolu, en réalité il n’est même pas posé. C’est la reconnaissance implicite de l’incompatibilité de certaines positions politiques et idéologiques. La perspective de la formation progressive d’un parti communiste agissant concrètement dans les luttes, répondant aux attentes des travailleurs et capable de jouer un rôle national est ignorée ou rejetée au profit de l’obtention immédiate d’espaces de représentation institutionnelle. L’union avec des courants idéologiques « de gauche » non marxistes ou même anti-marxistes est légitimée par la ligne politique des directions des deux partis « communistes » : l’affirmation de l’inexistence d’une identité communiste définie (PdCI) ou de la nécessité de la rupture avec l’héritage politique du XXe siècle (Refondation).

Ces choix idéologiques sont le résultat de transformations profondes de la nature politique et de classe des deux partis. Elles ne manqueront pas de s’aggraver au sein de la « chose rouge » dans laquelle la composante social-démocrate, représentée par la Gauche Démocratique pour le Socialisme Européen[3][3], pourrait prendre de l’ampleur et propager ses idées, face à l’indétermination des positions exprimées par les deux partis « communistes ». La conséquence en serait l’accentuation de l’acceptation du dogme idéologique de l’interclassisme, propre à la social-démocratie, à laquelle Bertinotti a d’ailleurs préparé le terrain en affirmant que la gauche de l’avenir doit s’adresser « non plus aux classes mais aux individus ». Le congrès de fondation de la « Section Italienne du Parti de la Gauche Européenne » en juin dernier et qui comprenait Refondation et un agglomérat d’associations dénuées de toute représentativité, a porté un coup – social-démocrate – aux derniers restes d’identification de ce parti avec la théorie et la praxis communistes.

Preuve objective du caractère hégémonique de la social-démocratie dans le projet d’agrégation de la gauche italienne, un congrès visant à exalter la figure et l’héritage politique du social-démocrate suédois Olof Palme a été organisé récemment à Milan, congrès auquel a participé, pour le compte de Refondation, le président du groupe à la Chambre des Députés, Gennaro Migliore.

Quant à l’objectif annoncé de l’unification à gauche, c’est-à-dire l’accès à la « masse critique » pour reconquérir une capacité de mobilisation sociale et restaurer ce que Gramsci appelait le « lien sentimental » de la politique avec les masses, il faut noter qu’il a fait partie pendant longtemps des buts de Refondation Communiste. Son échec doit déjà être attribué à la nature révisionniste de la ligne politique suivie par le groupe dirigeant de Bertinotti (par ailleurs président du Parti de la Gauche européenne).

Ce que nous avons dit précédemment pourrait suffire en soi pour polémiquer contre la mystique de l’unité de la gauche. Les groupes dirigeants qui ont abandonné le combat idéologique et détruit l’organisation communiste ont créé les conditions pour la crise politique actuelle. Ils prétendent aujourd’hui trouver eux-mêmes les solutions. Et ils les trouvent… dans de nouveaux reniements idéologiques et l’abandon de la lutte de classe ! Il faut vraiment considérer que le concept de la responsabilité politique, tant personnelle que collective, ne fait plus partie du patrimoine culturel d’une gauche qui n’est capable d’autocritique – et souvent à contresens – qu’à propos de son passé le plus lointain !

Néanmoins, une polémique de cette nature, correcte mais limitée, ne favorise pas la compréhension profonde des événements actuels. L’analyse se doit d’être plus spécifique, de montrer la matrice d’un phénomène qui a agi sur la base sociale du communisme italien, en la fragilisant et en la transformant.

 

L’effritement du bloc historique antagoniste

Le recours au concept gramscien de « bloc historique », synthétisé par le philosophe marxiste Umberto Cerroni dans son Lexique gramscien en ces termes4 permet de comprendre ce phénomène.

 

La naissance de Refondation Communiste, en 1991, apparaît dans un contexte national profondément conditionné par l’existence d’un bloc historique antagoniste de celui dominant. Le Parti Communiste Italien a eu une part déterminante dans la formation de ce bloc sous la direction de Palmiro Togliatti puis après la mort de ce dernier en 1964, et malgré les contradictions internes qui amèneront à la dissolution du Parti, au moins jusqu’à la mort d’Enrico Berlinguer.

L’attention portée à la question paysanne dès l’élaboration gramscienne mais qui chez Togliatti prend une forme d’action politique concrète, comme l’originalité de la politique menée envers la classe moyenne, comme également, encore une fois suivant la voie tracée par Gramsci, mais avec un esprit rénové et une attention portée aux particularités du contexte historique de l’après-guerre, la politique de dialogue avec le monde catholique témoignent de ce rôle du PCI.

La disparition progressive du PCI comme élément capable de donner une forme politique à l’action des forces sociales s’étant regroupées autour de la classe ouvrière au cours des ans, et la constitution en conséquence du Parti Démocrate de Gauche (PDS en 91, renommé DS en 1998) sur une base social-démocrate et bourgeoise, accentue pendant toute la première moitié des années 90 le processus d’effritement du bloc historique antagoniste qui a commencé avec la défaite subie par le mouvement ouvrier italien au milieu des années 80 lors du referendum pour le maintien de l’échelle mobile des salaires. Un tel processus ne parvient pas durant ces années à son terme grâce à la présence de Refondation Communiste, qui en faisant simplement référence à la tradition communiste réussit à prendre la représentation politique des secteurs les plus conscients des forces sociales qui s’étaient reconnues dans la politique du PCI. En particulier, Refondation conquiert un rôle hégémonique sur certains secteurs du mouvement ouvrier et syndical.

Ce rôle positif diminue du fait de la prédominance de courants révisionnistes au sein de la direction de Refondation. La scission de 1998 à propos du soutien au premier gouvernement Prodi, qui voit donc la naissance du Parti des Communistes Italiens l’aggrave. Refondation se voit alors privée de la grande part de ses dirigeants héritiers du PCI, tandis que le PdCI se voit condamné à la dégénérescence social-démocrate, en raison de ses options « gouvernistes » originelles, sans jamais réussir à conquérir un ancrage social même ponctuel.

Les références théoriques et politiques de Refondation ne cessent de dériver vers un éclectisme idéologique dont le seul fil conducteur est le refus de se référer à la théorie marxiste et à l’analyse de classes des rapports sociaux. Cette tendance s’est manifestée par une série d’étapes qui à partir du Ve congrès (2002), ont transformé la physionomie politique du parti : le refus des concepts d’avant-garde, l’exaltation de la théorie de la non-violence, le refus de poser et d’analyser la question du pouvoir, la condamnation d’un « stalinisme » dont les caractéristiques n’ont rien à voir avec le stalinisme connu historiquement, mais tout à voir avec le marxisme et le léninisme, et enfin la trahison des liens de solidarité internationaliste, qui a atteint son comble lors des récentes agressions menées dans les pages de Liberazione (quotidien de Refondation) contre les expériences révolutionnaires de Cuba et du Venezuela.

 

Cette transformation idéologique et politique a eu de lourdes conséquences. Elle a amené l’effondrement de la capacité de mobilisation de Refondation. Elle a profondément modifié la base sociale du parti, en déplaçant son noyau de la classe ouvrière à la petite et moyenne bourgeoisie. Elle a conduite à un accord opportuniste de convenance avec les forces de centre-gauche puis à l’entrée de Refondation comme composante organique du gouvernement de coalition Prodi2 sur des bases politiques encore beaucoup plus rétrogrades que celles qui avaient conduit à la rupture de 1998. Refondation et le PdCI se retrouvent en position de caution de l’intervention en Afghanistan ou du démantèlement du système de retraite en cours ces dernières semaines.

 

Voilà les raisons de la crise que connaissent aujourd’hui autant l’un que l’autre de ces partis. En mai dernier, ils ont connu une chute sans précédent de leur base électorale (aux élections administratives, où dix millions d’Italiens étaient appelés à voter, Refondation a réalisé 2,9% et le PdCI 1,3%; il faut aussi signaler l’échec de chaque expérience de listes « unitaires »). Le désaveu a atteint son comble à l’occasion de la visite à Rome en juin dernier de George Bush. La mobilisation prônée de manière « unitaire » par ces partis de gouvernement a rassemblé moins d’un millier de personnes quand les manifestations organisées par le mouvement pacifiste en réunissaient plus de 100000.

 

La crise actuelle des partis « communistes » italiens n’est que le reflet en termes organisationnels et électoraux de la rupture du lien entre ces partis et leurs classes de référence, tandis que le rejet croissant de la politique et la perte de la conscience des masses se présentent comme le résultat du coup final porté à la cohésion de ce bloc historique qui avait connu pendant la Résistance antifasciste son acte fondateur, puis qui avait trouvé dans l’histoire du Parti Communiste, et de la lutte des classes en Italie, sa pleine expression.

 

Conclusion

  

Le projet de recomposition politique, censé trouver une sortie de crise dans laquelle sont englués la gauche et les communistes italiens depuis quinze ans, sonne en fait comme un coup de grâce, une dernière fuite en avant dans le “dépassement”, la négation de l’organisation politique représentant le monde du travail dans de lutte de classe. Ce projet n’est que le prolongement de quinze ans d’affaiblissement de la capacité d’intervention politique des classes laborieuses, à travers la casse de l’organisation communiste, et le reniement de l’analyse marxiste des phénomènes sociaux.

 

Dès aujourd’hui, des voix s’élèvent pour soutenir le caractère stratégique et définitif de l’alliance avec le Parti Démocrate, confirmant le caractère stratégique du positionnement au centre-gauche théorisé par la direction du PdCI en 2001, qui trouve aujourd’hui dans la Gauche Démocratique un soutien actif. Ainsi apparaissent les contours d’une véritable intégration du bloc historique antagoniste, ex-gauche de classe, dans le bloc historique dominant, en qualité de courant « de gauche ».

Une résistance à ces évolutions se développe, surtout parmi les courants d’opposition à l’intérieur de Refondation Communiste. De la capacité de ces composantes et de tous les secteurs conscients de la société italienne à affronter la phase actuelle de recomposition politique dépendra la possibilité pour les travailleurs italiens de trouver à l’avenir les conditions d’une riposte aux attaques contre le tissu économique et social, contre la vie démocratique du pays, menacée par le renforcement de la droite politique et les fondements sur lesquels le Parti démocrate est en train de se constituer, les conditions d’une participation à la lutte internationale contre le capitalisme que mène le mouvement communiste.

 

 

Notes :

 

1- Le Parti Démocrate (PD) représente le fruit de l’union entre les Démocrates de gauche (DS), parti membre de l’Internationale socialiste et héritier majeur, en termes organisationnels, du Parti Communiste Italien dissous, et la Marguerite, héritière de la Démocratie Chrétienne. Un tel processus d’union doit se conclure le 14 octobre prochain avec les élections primaires, plébiscite organisé pour élire le dirigeant national du nouveau parti.

2- ”Chose rouge” est la définition adoptée dans le jargon politique et journalistique pour désigner le produit final du processus unitaire en cours dans la gauche italienne. Le terme “chose” renvoie aux difficultés actuelles de prévoir les formes, les termes et le moment où le projet pourra se concrétiser, n’est pas nouveau dans le vocabulaire politique italien: il a été aussi utilisé pour indiquer le résultat final du “tournant” entrepris en 1989 au PCI par Achille Occhetto, au moment où le contenu et la finalité du « tournant » n’apparaissaient pas clairement.

3- Mouvement politique issu au printemps de la scission du DS suite au refus de l’aile gauche d’adhérer au Parti Démocrate en formation.

4- Umberto Cerroni, Lessico gramsciano, Editori Riuniti, Roma 1978; pp. 18 - 19

Selon Gramsci, la structure et la superstructure forment un « bloc historique » (C.P. p. 1501). Il s’ensuit que la dépendance de la seconde par rapport à la première n’est que logique, non chronologique et que dans la réalité l’une et l’autre forment un organisme unique et complexe qui ne peut être désarticulé que dans une perspective gnoséologique, et dont la désarticulation conceptuelle ne doit s’accomplir qu’afin de restaurer l’organisme dans toute l’ampleur de ses connexions. Dans le bloc historique présent à une époque donnée, « les forces matérielles sont le contenu et les idéologies la forme », mais la distinction est « purement indicative, car les forces matérielles ne seraient pas concevables historiquement sans forme et les idéologies ne seraient que des fantaisies sans les forces matérielles » (C.P., p. 869). C’est pourquoi il s’agit d’expliquer tout le bloc historique, en renonçant au simplisme consistant à dénoncer la « fonctionnalité » des idéologies aux forces matérielles.

 

par Alessio ARENA publié dans : Mouvt communiste international



 

 

 

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Lundi 1 octobre 2007

La Riposte publie « L’Etat et la révolution », de Lénine
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L’Etat et la révolution est un ouvrage majeur de la littérature marxiste. Ecrit en août et septembre 1917, à la veille de l’insurrection d’octobre, il reste à ce jour la meilleure synthèse sur la théorie marxiste de l’Etat, qui est l’un des acquis scientifiques les plus importants du mouvement ouvrier.

D’où vient l’Etat ? A-t-il toujours existé – et existera-t-il toujours ? Quel est sa fonction dans les sociétés capitalistes et pré-capitalistes ? De quel type d’Etat les travailleurs ont-ils besoin pour accomplir la révolution socialiste ? Lénine aborde toutes ces questions dans leur détail, avec une clarté et une simplicité remarquables. Tous les jeunes et les travailleurs qui luttent pour changer la société ont intérêt, non seulement à lire ce grand classique, mais à le relire et à l’étudier.

Ce n’est pas un hasard si, de tous les aspects du marxisme, la théorie de l’Etat est la plus oubliée ou la plus caricaturée. A l’idée de Marx selon laquelle l’Etat est, en dernière analyse, « l’instrument d’oppression d’une classe par une autre », les dirigeants réformistes ont substitué le mythe bourgeois d’un Etat « neutre » et représentant l’intérêt général.

Le lecteur de L’Etat et la révolution sera frappé par le caractère tout à fait « moderne » des idées qu’y développe Lénine, et notamment par sa description des mécanismes de la démocratie capitaliste : le « moulin à paroles » du parlementarisme, la bureaucratie tentaculaire de l’appareil d’Etat, l’intégration et la soumission des chefs réformistes à cet appareil d’Etat, etc. De ce point de vue, L’Etat et la révolution est un formidable antidote contre les illusions du réformisme.

Il y a une autre dimension fondamentale du livre de Lénine, que lui-même ne pouvait prévoir : sa condamnation implicite des régimes staliniens, dont l’appareil d’Etat bureaucratique était en contradiction complète avec les caractéristiques de l’Etat ouvrier tel que les décrit Lénine. De ce point de vue, L’Etat et la révolution est une excellente introduction aux analyses de Trotsky sur le stalinisme. A l’heure où, effrayées par la grave crise de leur système, les classes capitalistes du monde entier agitent frénétiquement le spectre des régimes staliniens, dans le but de dissuader la jeunesse et les travailleurs de s’intéresser aux idées du marxisme, L’Etat et la révolution est une arme essentielle de notre arsenal idéologique.

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Vous pouvez nous commander le livre :

1- En ligne(redaction@lariposte.com ) au prix de 7 euros (frais de port inclus)2- Par courrier postal, en nous envoyant vos coordonnées, l’objet de votre commande et un chèque de 7 euros (à l’ordre de « La Riposte ») à :

 

La Riposte BP 80378

75869 Paris Cedex 18

Les militants PCF, MJCF, CGT, etc., qui veulent nous en commander plusieurs exemplaires pour leur section locale, peuvent nous écrire à redaction@lariposte.com. Nous leur proposerons un prix révolutionnaire 

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