Vendredi 30 mai 2008

André Gerin : "Une nouvelle République pour changer la société"

Texte d'André Gerin proposant une réforme des institutions opposée à celle de Sarkozy, les passages en rouge qui montrent le clivage avec le PS sur ces questions sont soulignés par nous.

 

Réforme des institutions :

 

Ouvrir le débat politique sur la perspective d'une nouvelle République pour changer la société

 

Par André Gerin

 

Le projet de réforme des institutions que Nicolas Sarkozy soumettra au Parlement, en mai 2008, est destiné à servir un objectif politique majeur : enserrer durablement la France dans la mondialisation capitaliste. La philosophie en est simple : décourager les citoyens de s'investir en politique et des'occuper de la République, faire en sorte que le peuple et ses représentants aient demoins en moins de prise sur les décisions afin de laisser le monde des affaires et de la finance aux commandes. Le régime présidentiel est idéal pour atteindre un tel but. Selon les scrutins, il encourage l'abstention ou réduit le débat politique à un duel entre deux personnages hypermédiatisés. Les enjeux de société sont ramenés au rang d'un conflit psychologique.

 

Le PCF doit s'investir pour une nouvelle République

 

Le Parti communiste se doit d'intervenir avec force dans ce débat car derrière l'organisation du psychodrame présidentiel, c'est la possibilité pour le peuple de décider d'un changement de société qui se trouve mise en cause. Nul autre à gauche ne le fera. Le parti socialiste s'est, en effet, fondu dans les institutions de la Ve République, à mesure que son exercice du pouvoir l'a éloigné de toute ambition de changer la société et gagné à l'idée du capitalisme comme horizon éternel.

 

Nicolas Sarkozy a besoin des parlementaires socialistes pour faire adopter sa réforme avec l'exigence d'obtenir 3/5 des suffrages exprimés lors du vote au congrès du Parlement. Ses propositions peuvent donc sembler en retrait au regard du rapport de la commission Balladur, elles n'en visent pas moins à atteindre le dessein qui les guide. Pour les communistes, il convient, à travers des mesures concrètes, de conjuguer un projet de rupture avec le capitalisme et une organisation institutionnelle qui rende le pouvoir au peuple, revivifie la démocratie représentative et la démocratie directe. De ce point de vue, il convient de souligner l'action irremplaçable des partis politiques. Ils sont autant de laboratoires d'idées sur le devenir de la société, de véritables forces motrices aux mains du peuple pour qu'il fasse valoir ses exigences et ses intérêts. Ils permettent à chaque individu de prolonger sa citoyenneté dans l'action militante. Or la présidentialisation cantonne les partis politiques au rôle de machine à faire voter pour des personnages qui bien souvent leur sont imposés de l'extérieur par des élites qui ne savent réfléchir qu'à l'ombre du Medef et des milieux de la finance.

 

Une monarchie constitutionnelle est en marche

 

Il n'est pas surprenant, dans ces conditions, que les Français aillent de déception en déception. Nicolas Sarkozy, confortablement élu, n'aura mis que huit mois avant de dégringoler dans les sondages. Il devait être celui par lequel la politique reprend ses droits, retrouve une capacité à agir et à modifier le cours des choses. Nos concitoyens constatent qu'en plus de son arrogance affichée et de son goût du luxe, il ne sert que les riches et démontre chaque jour un peu plus à quel point il est soumis aux puissances de l'argent. S'il entend à présent renforcer son pouvoir, c'est pour être mieux encore le serviteur zélé d'un capitalisme qui n'a que faire de la République et qui ne veut d'Etat que pour museler le peuple, lui ôter toute idée de transformation sociale et de salut commun. Les institutions de la Ve République portaient en elles, à leur création en 1958, les dérives qu'elles ont connues au fil des décennies, à ceci près que leur auteur, tout en défendant le capitalisme, veillait à ce que la politique préserve ses prérogatives. Nous n'en sommes plus là. Nicolas Sarkozy n'est pas un super de Gaulle mais un supervassal des milieux d'affaires. Pour preuve son zèle à conforter l'Europe du capitalisme, en imposant un mini traité constitutionnel au mépris du vote des Français, le 29 mai 2005. Ces institutions ont consacré la primauté du pouvoir exécutif sur le pouvoir législatif. La présidentialisation du régime, à l'ordre du jour, constitue le terme de ce processus. Il en résulterait bel et bien une monarchie constitutionnelle car, quoi qu'en diseNicolas Sarkozy, toute monarchie n'est pas héréditaire, il existe des monarchies électives. Ces institutions se sont mises en place dans un contexte historique donné : la guerre l'Algérie et l'instabilité gouvernementale de la IVe République. Il s'agissait d'instaurer un pouvoir exécutif fort et de dégager une majorité parlementaire à son service. Ainsi, le législatif s'est-il trouvé muselé, le gouvernement devenant maître de l'ordre du jour des assemblées et pouvant recourir à des dispositifs court-circuitant l'initiativeparlementaire : art 49-3, art 40, art 16, vote bloqué...

 

Depuis 1958, plusieurs étapes ont été franchies pour renforcer la puissance de l'exécutif et, en son sein, la place du Président de la République.

 

- en 1962, il était décidé, à l'instigation du Général de Gaulle, de l'élection du Président au suffrage universel,

- en 2000, nous passions du septennat au quinquennat avec pour effet, la subordination de toute la vie politique à l'élection présidentielle,

- en 2002, Lionel Jospin obtenait l'inversion du calendrier électoral, l'élection présidentielle étant immédiatement suivie des élections législatives, ces dernières dépendant donc du résultat de la première.

 

L'ambition de Nicolas Sarkozy est d'aller plus loin encore dans ce qui devient la négation de la démocratie représentative pour lui substituer une monarchie constitutionnelle. Le Président de la République deviendrait le chef de l'exécutif avec une majorité parlementaire qui pourrait être élue le même jour. Il pourrait s'adresser directement au Parlement. Dès lors, tout procéderait de lui selon une organisation pyramidale à la tête de laquelle il se trouverait. Les représentants du peuple - c'est-à-dire les députés - constitueraient alors une sorte de cour chargée de ratifier les décisions du souverain. Dans ces conditions, le pouvoir législatif ne serait plus que l'ombre de l'exécutif présidentiel. Et ce qui est présenté comme un renforcement du pouvoir du Parlement se révèle purement cosmétique, voire contribuerait à réduire encore l'espace d'initiative parlementaire. Ainsi en est-il de ces textes qui pourraient ne plus être examinés en séance plénière mais en commissions ou encore de l'examen de ces projets ou propositions de loi amendés en commission.

 

Choisir les institutions : un choix de société


Aujourd'hui, nos institutions reposent sur deux légitimités :

 

- celle du Président de la République élu depuis 1965 directement par le peuple,

- celle de l'Assemblée nationale élue également au suffrage universel direct.

 

Les cohabitations ont exprimé ce choc des légitimités. Certains ont cru que nous allions vers une crise grave. S'il n'en a rien été, c'est parce que les locataires de l'Elysée et de Matignon ne divergeaient pas de manière irréductible sur leurs choix politiques. Il reste que, du point de vue du capitalisme, ce dispositif présente le fâcheux inconvénient de ne pas verrouiller de façon parfaitement sûre toute perspective de changement de société. Pour sortir de ce qui peut être un facteur d'instabilité, il existe deux issues :

 

- la poursuite de la dérive en cours vers la présidentialisation, selon un nouveau bonapartisme comme le veut Nicolas Sarkozy,

- le retour à l'essence même de la démocratie républicaine, c'est-à-dire à la primauté au pouvoir législatif à la souveraineté populaire et à la revitalisationde la démocratie directe.

 

Nul besoin d'être grand clerc en politique pour saisir que le monde de la finance appelle de ses voeux la première solution et rejette catégoriquement la seconde. Dans l'organisation institutionnelle républicaine, il est acquis que le peuple ne pouvant être consulté chaque jour pour décider de l'action publique, il élit ses représentants pour effectuer cette tâche. Ainsi est née la démocratie représentative, pluraliste. Elle vit, à l'échelle de la Nation, par les députés réunis en assemblée, constituant la représentation nationale et l'expression de sa diversité. Seule cette assemblée est dépositaire de la légitimité populaire. Aucune autre légitimité ne saurait égaler la sienne, ni la lui disputer sans remettre en cause le fondement de la démocratie représentative. Notamment, la légitimité présidentielle, pour réelle qu'elle soit, ne peut prétendre couvrir la diversité nationale à moins d'imaginer, de façon totalement absurde, que le Président de la République ait la capacité de défendre aussi bien ses propres convictions que celle de son opposition. En conséquence, l'autorité du Président, du gouvernement, bref, du pouvoir exécutif, doit dépendre de l'autorité de la représentation nationale, en émaner et demeurer sous son contrôle. Dans le cas contraire, nous ne sommes plus dans une démocratie représentative mais dans une monarchie élective qui se pare d'un vernis républicain. Le peuple se voit confisquer le droit à intervenir sur son sort et sur celui du pays. Additionnée à la crise économique et sociale, cette situation débouche sur une crise de la représentation politique et de la citoyenneté.

 

Remettre en cause la Constitution de la Ve République, de 1958

Remettre en cause l'élection du Président de la République

au suffrage universel

 

Réformer les institutions ne suffit certes pas à garantir le changement politique. Mais rien de neuf n'est possible sans la restitution du pouvoir au peuple sous la forme de la démocratie représentative et de la démocratie directe chaque fois que cela est possible. A cette fin, préconisons les dispositions suivantes :

 

- le Président de la République doit être élu non plus au suffrage universel, mais par le Parlement réuni en Congrès. Il sera le symbole de l'unité nationale et le garant du fonctionnement des institutions,

- Le Premier ministre sera nommé par le Président de la République mais n'entrera en fonction qu'après le vote du Parlement et il sera responsable devant ce dernier, de la politique conduite,

- Le Parlement aura la maîtrise de son ordre du jour et tout ce qui entrave son initiative sera supprimé : art 49-3, art 40, vote bloqué...

- Les nominations de personnalités à diverses fonctions feront l'objet d'un vote au Parlement,

- L'Assemblée nationale sera élue au scrutin proportionnel,

- Le Sénat sera supprimé. Il n'est pas acceptable, en République, qu'une chambre soit constituée selon des modalités qui empêchent tout changement de majorité.

En outre, la représentation territoriale qui la fonde est contestable et n'a de véritable sens que dans le cadre d'un État fédéral, ce qui n'est pas le cas de la France,

- Une deuxième chambre s'y substituera. Elle sera l'expression de la démocratie

sociale et composée de représentants élus au suffrage universel à la proportionnelle par les salariés à partir de leurs entreprises, comme pourl'élection des conseils de prud'hommes ou, autrefois, les administrateurs de lasécurité sociale,

- Le Conseil constitutionnel sera élu par le Parlement et sa saisine par les citoyens sera rendue possible.

Par ailleurs, la démocratie représentative ne saurait être confiscatoire de la démocratie directe, chaque fois que celle-ci peut s'exercer. Il pourrait en être ainsi avec notamment les dispositions suivantes :

-l'instauration du référendum d'initiative populaire permettant aux citoyens de proposer une loi ou un référendum

- l'officialisation du référendum local pour toutes les collectivités territoriales,

- la mise en place de comités ou conseils locaux permettant de consulter les citoyens, de les associer aux décisions

- la reconnaissance des pouvoirs des salariés dans les entreprises industrielles, commerciales et dans le secteur bancaire et financier,

- un statut de l'élu, du responsable syndical ou associatif,

- le vote des immigrés aux élections locales     

 

Aller à la conquête des pouvoirs économiques et financiers

 

Le choix des institutions n'est jamais neutre. Il est inhérent au choix de société. La République française issue de la Révolution de 1789 est marquée à la fois par la formidable émancipation sociale à la fin du féodalisme et l'émergence du capitalisme.Les communistes doivent être porteurs de propositions qui donnent la parole et le pouvoir au peuple, afin que celui-ci redevienne acteur de son destin et de celui de son pays, que la politique et l'intérêt général l'emportent sur les intérêts égoïstes des détenteurs de patrimoine, qu'une alternative de changement de société se substitue au capitalisme et à ses ravages. Du point de vue des institutions, il s'agit bien de parachever l'oeuvre émancipatrice de la Révolution de 1789 en faisant entrer la République dans le monde de l'entreprise et de la finance, pour une gestion démocratique des fruits du travail. Porter le débat concernant les institutions sur la place publique revient, de fait, à poser la question de la transformation de la société et de la révolution sociale.

 


par BANDERA ROSSA communauté : Un PCF de lutte des classes !
commentaires (0)    recommander
Vendredi 30 mai 2008

la virginité «qualité essentielle» de la femme avant le mariage ?

Ce jeudi 29 mai 2008, un stupéfiant  jugement a été rendu par le tribunal de grande instance de Lille : il a considéré que  la virginité de la femme  «était une « qualité essentielle » (sic)  avant le mariage.

 Un homme, supposé de confession musulmane, avait demandé l’annulation de son mariage au motif que son épouse, également supposée de confession musulmane, n’était pas vierge comme elle l’avait prétendu avant la célébration de la cérémonie. On se demande donc si le  tribunal  s’est fondé sur la religion supposée des époux pour rendre son jugement ?

Si c’était le cas, ce serait une première inquiétante : Ou bien il s’agit d’un jugement différentialiste  et discriminatoire,  peu compréhensible d’une justice   officiellement laïque, ou bien le tribunal  a considéré que la virginité  est  désormais obligatoire pour toute future épouse. Ce qui n’est sans doute  pas la meilleure méthode pour protéger les femmes contre les mariages forcés.
 Est-ce à la justice d’une République toujours officiellement laïque, de considérer qu’une femme, fut-elle cataloguée « musulmane » (pourquoi ? parce qu’elle a un nom   à consonance « arabe » ?) doit être vierge ?

 Il s’agit là d’un jugement, prononcé au nom du peuple souverain, et qui justifie le communautarisme religieux.


  Notons que cet jugement est prononcé dans une époque marquée par les attaques portées, au  plus haut niveau, contre la laïcité  et l'Ecole de la République , par la montée de l' obscurantisme  religieux, et peu importe la  confession dont il est issu,  au détriment des idées rationnalistes  et  révolutionnaires.
                                 
                                                                     u cursinu rossu   
par BANDERA ROSSA publié dans : pcfcapcorse communauté : Un PCF de lutte des classes !
commentaires (0)    recommander
Jeudi 29 mai 2008

                                              

Remarques sur les travaux des ateliers, par Claude Deffontaine, section PCF Paris 16

Préparation du 34ème congrès du PCF (11,12,13 et 14 décembre 2008)

 

 

Remarques sur les travaux des ateliers, par Claude Deffontaine, section PCF Paris 16

Les 8 ateliers (je n’en vois que 7 avec une intro) n’apportent rien de fondamentalement neuf par rapport aux contenus des textes fondamentaux de ces 15 dernières années. Par contre, ils confirment bon nombre de renoncements (voir dans les remarques ci-après).

Ils confirment l’inventaire à la Prévert des défauts de notre société que nous connaissons tous. Ils sont rédigés sur le mode du questionnement, proposant des pistes mais n’ouvrant pas vraiment de voies claires. Après tant d’années de réflexion inabouties, il est écrit « qu’il ne s’agit pas de se positionner par rapport à ces textes ». Ils ne serviraient qu’à alimenter le débat. Cependant, un Conseil national se tiendra les 25 et 26 juin pour en faire le bilan et trois réunions nationales se teindront d’ici là, basées sur ces textes. Si ce ne sont pas des pré-textes de congrès, cela y ressemble beaucoup.

Par ailleurs, les 3 questions majeures qui seront débattues lors des 3 rencontres nationales ne sont pas assez ouvertes, vu le nombre restreint de participants, qui sont désignés par les fédérations. Pourquoi pas un nombre au moins double de participants qui seraient désignés par les sections. L’assemblée de fin décembre 2007, avec ce mode de désignation, avait permis de faire reculer les idées réformistes de la direction.

Revenons aux thèmes de travail. Ils sont fractionnés mais il y a entre eux un trait commun : l’absence de référence au marxisme en tant que théorie économique, philosophique, historique.  

Suivent mes observations brèves et synthétiques sur les textes, non pour fermer le débat, mais au contraire pour l’alimenter en cellule.

Intro : dans le 1er §, il faut remplacer les mots « gauche » par PCF. Dans l’ensemble des textes, on retrouvera ce refus d’assumer les responsabilités du PCF par la direction en se cachant derrière la « gauche ». 

 

Atelier n°2 : 

D’emblée, il est dit : « les politiques menées au nom de la droite mais aussi de la social-démocratie et du social-libéralisme n’ont fait qu’aggraver… » Fort de café ! Puisque nous y avons participé et l’envisageons encore avec certains dirigeants. Dans cet atelier qui traite des différentes situations internationales, pas de projet sur un mouvement communiste international à revivifier. Pas de référence au marxisme remplacé par la nébuleuse « internationalisme de nouvelle génération », de « forum », de « réseaux » ??

Pas de positionnement clair sur le type précis d’Europe des nations à refonder.

Les risques de guerre inhérents au capitalisme ne sont pas abordés ainsi que les menaces accrues de l’impérialisme américain sur la paix, entraînant Sarkozy dans son sillage.

 

Atelier n°3 

Le terme « dépassement » comme objectif, avec tout ce qu’il comporte de flou, est mis à toutes les sauces (ex : pourquoi parler du dépassement du capitalisme et non de sa chute ?)

Le texte est surtout bâti avec de belles envolées lyriques idéalistes, au sens philosophique du terme, donc anti-matérialiste.

Phraséologie empruntée aux poncifs à la mode.

Les mots production et productivisme ne sont pas des gros mots s’ils sont situés dans un contexte politique et social différent. Evidemment pour ceux qui n’ont jamais travaillé dans un atelier ce ne sont que des gros mots.

Ceux qui sont pourvus aujourd’hui ignorent qu’il faut passer par la production pour tout type de développement, qu’elle soit respectueuse de l’homme est une autre affaire à résoudre autrement qu’avec des abstractions. Avec ce type de raisonnement on prend tout droit la piste des bonnes âmes qui condamnent à priori le développement de la Chine, de l’Inde, du Brésil, etc.

« Révolution » économique : pas de schéma de société nouvelle, mais adaptation et amélioration des structures existantes.

« Révolution » écologique : galimatia digne d’un Grenelle de l’environnement avec en prime l’accusation de productivisme aveugle dont nous serions responsables au nom de l’emploi ! Tous ces arguments fantoches pour faire plaisir à une frange « de gauche moderne et écologique » ne serviront à rien car plus loin nous soutenons heureusement le nucléaire sécurisé. Ce qui les fera bondir.

« Révolution » de l’art, de la connaissance et de l’information : quatre lignes indigentes pour faire fuir les intellectuels.

« Révolution » démocratique : toujours du dépassement nébuleux !

 

Atelier n°4 

Là aussi, il est souligné « les déceptions liées à l’échec du social-libéralisme et le recul de la conscience de classe qui est lié, mais c’est pour l’imputer à la faiblesse de la gauche et non à la direction du PCF. Quand même, constat que lors des dernières élections municipales et cantonales lorsque le PCF assume son rôle il progresse.

A partir d’observations assez justes, au lieu de trancher sur la nécessité de rupture avec le PS et autres réformistes, on écrit : « ceci nous amène à nous interroger sur les concepts qui  jusqu’ici ont présidé à notre analyse ». ( ???)

Une question qui n’est pas abordée : peut-on reconstruire des gauches fortes en Europe et en France sous construction parallèle de Partis communistes forts ? Sujet totalement écarté dans le type de débat organisé par Francis Wurtz (voir huma 19/05 – compte rendu de la conférence GUE-NGV à la cité des sciences)

 

Atelier n°5 

La direction du Parti sachant dire tout et son contraire il est acté « que tous les participants à l’atelier, le communisme est un exigence plus actuelle que jamais ».

Ceci dit sur les 7 ateliers, c’est le seul où l’on cite Marx une fois pour se donner bonne conscience. A aucun moment il n’apparaît que la démarche de pensée marxiste est notre repère. Comment aborder la question du communisme en escamotant totalement le marxisme, la démarche de l’économie politique marxiste, la démarche du matérialisme historique ?

L’étude dialectique du XXème siècle et du début du XXIème siècle, n’est même pas abordée alors qu’il existe des ouvrages et études de référence importants.

Aveu d’impuissance et pas de solution proposée pour une nouvelle image du communisme. Conclusion surréaliste du dernier paragraphe qui indique qu’il a été prévu « un programme d’audition » d’autres forces politiques de gauche pour connaître leur approche de la question du communisme ! (Au secours !!!)

Enfin la crainte des symboles confirme bien la fragilité des convictions. Le mot communisme, la faucille et le marteau posent problème aux âmes sensibles comme pour certains la Marseillaise est devenue un hymne trop sanglant et violent !

 

Atelier n°6 

Il est souligné que le projet politique est une question clef et que l’absence de projet assure la droite de « succès par défaut » le PCF doit définir son programme propre, très bien !

Rappelons que le PCF a depuis longtemps des axes de projets bien définis y compris sur le plan constitutionnel. (Voir Anicet Le Pors Huma du 20/05)

C’est l’absence de luttes réelles pour leurs réalisations et la soumission au Parti Socialiste qui en font l’échec.

Nous souhaitons proposer « des réformes incontournables », des « réformes représentant de vrais progrès, à la hauteur des problèmes et des possibilités d’aujourd’hui et sous lesquelles rien ne peut vraiment et durablement changer dans le bon sens ».

Alors banco, faisons-en un préalable à tout accord national avec le PS, nous aurons là le point de rupture, la mise à 0 des compteurs qu’attendent de nous tous ceux qui rejettent les politiques « stériles » dites de gauche.

Un projet communiste pour les 10 ans qui viennent, avec pour seul moteur les luttes avec les populations, peut assurer le renforcement d’un courant à côté de la social-démocratie qui permettra de nous renforcer.

Les combinaisons électorales de sommet sont à écarter. Par contre à la base, le contenu d’un projet social et bureaucratique proche de la vie des gens permet toutes les unions et alliances possibles.
 

 

Atelier n°7

Dans les deux premières phrases du paragraphe page 1, on doit supprimer les mots gauches pour être plus clair (toujours se cacher).

C’est le 7ème paragraphe page 1 qui attire le plus mon attention. Il mérite d’être cité et commenté complètement :

« Le renoncement face aux règles libérales marque certaines formations de gauche réformiste. –pourquoi ne pas dire PS ?- et ne permet pas à la gauche de s’opposer clairement à la politique de Sarkozy –pourquoi ne pas faire référence aux ambitions présidentielles du PS qui régissent toute sa politique ?- La notion de gauche elle-même, ses contours, son avenir, son projet ou l’absence de projet alternatif, font débat. Le risque de disparition de l’idée de gauche est grand. »

Ceci posé, il y a cette fois-ci des idées pour dire que l’on peut faire autrement, que de rechercher des alliances au sommet avec le PS, pour un grand rassemblement majoritaire.

Mais il y a plus de questionnements que de réponses.

Personnellement je pense que si la direction du PCF n’a pas de complexe à éviter des références au marxisme, elle ne doit pas en avoir non plus à supprimer le terme Gauche, tant qu’il ne veut plus rien dire, pour définir le rassemblement populaire nécessaire. Je propose de le remplacer par le terme « Front Populaire », pourquoi ? Quatre ans avant l’élection présidentielle, le PS confirme objectivement ses choix de bipartisme, de présidentialisme et de dispositions constitutionnelles qui renforcent le pourvoir présidentiel issu du gaullisme. Son seul programme pour les 4 ans à venir sera social démagogique comme celui de la droite, avec à la sortie en cas de victoire, des reniements et promesses non tenues.

Front Populaire, ce n’est pas un retour ringard en arrière.

La formule est toujours connotée de progrès social et de résistance en France mais aussi en Europe. La droite n’hésite pas à faire appel à ces schémas traditionnels, n’hésitons pas à faire revivre certains de nos repères historiques positifs.

Le PCF indépendant sera une composante du Front Populaire auquel se rallieront toutes les forces progressistes se reconnaissant dans un programme moderne, laïque, social et démocratique. Le PS sous-estime la fracture qu’il va créer dans sont parti et chez ses sympathisant avec le renoncement de tout ce qui a fait son histoire.

Nous devons rallier ces gens. Nous devons aussi conquérir tous les courants associatifs nombreux qui se sont bâtis sur le vide politique de ces dernières années. 

 

Atelier n°8

Là aussi l’affirmation de besoin d’un Parti communiste est claire et issue du recul de la direction après l’assemblée des sections fin 2007. N’oublions pas cependant qu’en conclusion de cette assemblée et concernant le devenir du Parti il a été acté que « toutes les pistes étaient possibles ». Certaines analyses de l’atelier n°5 montrent bien la fragilité des convictions et les revirements possibles (le mot communisme, les symboles, etc.…)

Dans ma contribution sur le site alternative-forge, j’ai eu l’occasion de souligner que le Parti communiste évolue de façon normale comme un corps vivant avec le temps. Dans sa forme actuelle il est perfectible malgré les dégâts subis. C’est un outil qui reste en état de marche mais dont la direction ne sait pas / ne veut pas se servir.

Les directions sont remises en cause pour les erreurs commises, la nécessité de renouveler les dirigeants affirmée ainsi que les responsabilités dans les échecs (choix des alliances politiques, désorganisation et effacement du parti…). Cependant il ne faut pas pratiquer le jeu des chaises musicales et retrouver les mêmes à d’autres postes. Dans chaque section et dans les conseils départementaux il faut effectivement promouvoir des dirigeants représentant les milieux populaires. Pour assurer ces promotions dans l’avenir il est important de reprendre les formations militantes et d’éducation populaire.

 

par BANDERA ROSSA publié dans : pcfcapcorse communauté : Un PCF de lutte des classes !
commentaires (0)    recommander
Jeudi 29 mai 2008

Intensifier la solidarité avec la JC tchèque interdite

La répression anticommuniste s’intensifie en République tchèque. Intensifier la solidarité internationale avec la JC interdite (KSM)!


                                                            


Se faire arrêter pour avoir brandi le drapeau rouge avec la faucille et le marteau, cela se passe maintenant au cœur de l’Europe, en République tchèque. C’est arrivé précisément le 21 mai dernier à Prague à un dirigeant de l’Union communiste de la jeunesse tchèque, David Pazdera, qui participait à une manifestation contre la privatisation du système de santé. Déjà lors de la manifestation du 1er mai à Brno, la police s’était emparée des drapeaux de jeunes manifestants communistes.

Les emblèmes de la faucille et du marteau ne sont pourtant pas interdits en République tchèque, même si plusieurs parlementaires, à l’image de certains parlementaires européens, le demandent. David Pazdera avait fait remarquer le 1er mai que se trouvent parmi les plus virulents d’entre eux des anciens membres du parti communiste et de la JC, d’avant 1989…

Ce nouveau pas franchi dans la répression anticommuniste en République tchèque suit la décision de la justice, le 24 avril, de déclarer légale la mesure d’interdiction de la KSM prise en 2006 par le ministère de l’intérieur. Elle a ordonné la dissolution immédiate de l’organisation.

Bien au-delà des communistes, tous les progressistes, les démocrates, de tous les pays, notamment d’Europe ne doivent pas laisser passer la banalisation du délit d’opinion, en particulier de l’opinion marxiste et socialiste.

Rappelons que le motif invoqué par les autorités est l’expression dans les statuts de la KSM de la nécessité de l’appropriation publique des moyens de production et d’échange.

Derrière l’organisation de jeunesse, il ne fait pas de doute que le Parti communiste de Bohème-Moravie, KSCM, 3ème parti du pays, est visé. Les autorités souhaitent probablement aussi préparer le terrain à la campagne anticommuniste et caricaturale qui accompagnera l’anniversaire des événements d’août 1968.

La solidarité internationale contre l’interdiction de la KSM doit s’intensifier.

En France, une carte postale de solidarité, reprenant une pétition de soutien, a été éditée par des organisations du PCF et est à la disposition de tout militant (contact : solidarite-pcf-ksm@laposte.net ).

Nous appelons ce jour le Comité exécutif national du PCF à prendre des initiatives d’ampleur.

Au Conseil national du PCF du 23 mai, consacré aux questions européennes, Emmanuel Dang Tran a évoqué l’interdiction de la KSM mais ignorait la nouvelle étape de l’escalade répressive.

Il n’est pas imaginable qu’un pays qui vient d’honorer Guy Môcquet, admette que l’un de ses voisins et partenaires criminalise et arrête des jeunes communistes qui ont aujourd’hui les mêmes convictions politiques.

Stéphane Auriol, Emmanuel Dang Tran, Fabienne Debeauvais, Claude Fainzang, membres du CN du PCF

par BANDERA ROSSA publié dans : pcfcapcorse communauté : Un PCF de lutte des classes !
commentaires (0)    recommander
Jeudi 29 mai 2008
« Mourir au combat est une façon de rester vivant pour un guérilléro »
                                                   Raul Reyes.   
                                         Caracas 25 mai, Prensa latina
par BANDERA ROSSA publié dans : pcfcapcorse communauté : Un PCF de lutte des classes !
commentaires (0)    recommander

Calendrier

Juillet 2008
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

CHANTS

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus