Le terrible bilan des années Sarkozy
Communiqué de presse
Par Bureau de presse - 21 mars 2007
Nicolas Sarkozy quitte la place Bauveau.
Pendant 5 ans, l’homme qui prétend renouveler la politique a été au cœur de l’action de ce gouvernement de droite. Il devra assumer son terrible bilan anti-social et liberticide. Il fut successivement ministre de l’Intérieur dans le gouvernement Raffarin de 2002 à 2004, puis ministre d’Etat et ministre de l’économie et des finances, puis enfin, numéro 2 du gouvernement De Villepin comme ministre d’Etat et de l’Intérieur jusqu’à aujourd’hui.
On peut résumer l’idée force de son action par un mot : la stigmatisation. Pendant 5 ans, il n’a eu de cesse de s’en prendre aux jeunes parce que « violents », aux juges parce que « laxistes », aux immigrés parce qu’ « étrangers », aux chômeurs parce que « sans travail ». Pour Nicolas Sarkozy, le coupable de tous les maux de la société française, c’est toujours l’autre et jamais ce système capitaliste toujours plus violent et inhumain chaque jour. Sa réponse a toujours été d’opposer les uns contre les autres
L’homme de la « rupture tranquille » sans va sous la forme d’un bien triste couronnement. Le Candidat de l’UMP défend désormais la création d’un « ministère de l’immigration et de l’identité nationale » digne des années Vichy et salué par Le Pen.
Retour sur un terrible bilan :
Sur les quartiers populaires
Responsabilité accablante dans le déclenchement des émeutes d’octobre novembre 2005. Le ministre de l’intérieur a étouffé la responsabilité de la police ; responsabilité depuis avérée par l’IGS. Provocations répétées avec ses formules « racailles » et « nettoyage au Kärcher »
Sur la délinquance
Hausse des atteintes à l’intégrité physique des personnes (+16% entre 2002 et 2006, chiffres du ministère de l’Intérieur). Pendant ce temps là ont été criminalisés : le racolage passif, l’installation des gens du voyage, la mendicité, les rassemblements dans les halls d’immeuble. La surpopulation carcérale s’est aggravée.
Sur l’immigration
Pillage organisé des richesses humaines du tiers monde avec le concept « d’immigration choisie », forme contemporaine du colonialisme. Chasse aux enfants scolarisés et à leurs parents sans-papiers. Fermeture de Sangatte qui se révèle être un véritable désastre humain. 1000 réfugiés errent chaque jour dans l’agglomération dans des conditions sanitaires indignes de notre pays
Olivier Dartigolles,
Porte-parole de Marie-George Buffet
Paris, le 21 mars 2007.
Puisqu'on y est, remettons-en une louche!
AUX ELECTEURS DE GAUCHE TENTES PAR LE VOTE BAYROU
Il y a une proximité difficilement contestable de leurs programmes(Sarkozy et Bayrou /NDLR) et un tronc commun ultralibéral. Ce n’est pas pour rien que ces deux là étaient d’ardents défenseurs du Oui au projet de constitution européenne. La mise à nu de cette proximité reste à faire. Elle est masquée par tous ceux qui rêvent de faire de Bayrou l’opposant idéal, celui dont les milieux d’affaire n’ont absolument rien à craindre.
Mais cette clarification des programmes, nécessaire, n’est pas suffisante. Les électeurs de gauche ou les nouveaux inscrits qui envisagent le vote Bayrou n’ont certes pas tous conscience du danger de son programme car il en a bien un, contrairement à ce que disent Royal ou Strauss-Kahn. Mais pour certains, le problème n’est plus là. Déçus par la gauche, notamment par la candidate susceptible de la représenter au second tour, ou convaincus par les sondages de sa défaite programmée face à Sarkozy, ils pensent pouvoir instrumentaliser le vote Bayrou à bon compte, sans danger, juste au nom du « tout sauf Sarko ».
C’est une triple erreur. Premièrement le programme Bayrou n’est pas aussi inoffensif qu’il en a l’air. Deuxièmement il lui faudra trouver une majorité parlementaire. Soit il la trouvera à droite et nous aurons le programme commun UMP-UDF.
Sortie par la fenêtre, la politique de Sarkozy reviendra par la grande porte. Soit il tentera de débaucher une partie du PS mais ce sera toujours pour mener une politique libérale et fermer la porte cette fois à toute politique alternative réellement de gauche. Bayrou au pouvoir, c’est la mise en oeuvre d’une politique de droite assurée quelles que soient ses alliances. Enfin troisièmement, compte tenu des pouvoirs exorbitants dont dispose le président de la République, c’est donner à un homme seul une carte blanche bien dangereuse. A l’aune du pouvoir, les hommes providentiels font rarement de grands démocrates.
Alors que faire le 22 avril au premier tour de l’élection présidentielle ?
Baisser les bras et ouvrir le chemin du pouvoir à Sarkozy ? Choisir Bayrou pour s’en mordre les doigts plus tard ? Voter Royal sans y croire avec la peur au ventre que cette gauche mollassonne n’aille de nouveau dans le mur ? Tous ces calculs mènent à l’impasse. Une autre possibilité demeure pour tous ceux qui ne veulent pas mettre le 22 avril un mouchoir sur les exigences de changement. Faire mentir les sondages et muscler la gauche en faisant monter le vote Buffet, dont le programme, beaucoup le reconnaissent, est à la hauteur. « Vous rêvez » nous serine-t-on. Mais qui a une meilleure idée ?
Le nouveau Janus :
Sarkozy-Bayrou: bonnet blanc, blanc
bonnet.
Dans la mythologie romaine, Janus était un dieu à deux visages. Voici le mythe réactualisé avec Sarkozy/Bayrou.
Retraite, SMIC, service minimum, Sécurité Sociale, suppressions de postes de fonctionnaires, impôt sur la fortune… La ressemblance des deux programmes est frappante. C’est dire si l’un comme l’autre, ils feront mal.
F.Bayrou se veut, actuellement, au-dessus des partis, et ne se veut pas de droite et « encore moins de gauche »(Coluche ). Il nous refait la vieille lune éculée de la 3° force, mystification qui avait conbtribué à sa façon au délitement de la IV° république. Ci-dessous un tableau des votes communs UMP/UDF. On verra que pour un homme qui n’est ni de droite ni de gauche(sic), Bayrou vote surtout à droite.
UMP-UDF, les votes communs
*chômage et emploi :
2002 :loi fillon sur les salaires et le temps de travail qui prévoit des exonérations de cotisations patronales.
2003 : réforme des retraites.
2005 : transposition des directives européennes sur l’ouverture des services postaux à la concurrence.
*budget :
2002-2005 : budget de la Sécurité Sociale et ensemble des budgets.
*laïcité :
2004 : le groupe UDF se divise sur la loi sur les signes religieux à l’école ;12 députés dont F.Bayrou s’abstiennent, 4 votent contre, 13 pour.
*immigration :
2006 :re-division. La loi Sarkozy sur l’immigration sème le trouble. Une moitié des députés UDF vote pour ; une autre moitié s’abstient. La majorité des sénateurs UDF vote pour.
*sécurité :
2003 : loi sur la sécurité intérieure(LSI) de Sarkozy.
2005 : en pleine crise des banlieues, instauration de l’état d’urgence.
*confiance :
Les députés UDF approuvent à chaque fois la déclaration de politique générale de J.P. Raffarin.
Le duo Sarkozy-Bazyrou a établi ses réseaux parmi le patronat.
Laurence Parisot, présidente de Medef concède que si les positions de S. Royal ne son t pas si éloignées que ça des siennes, ses chouchous demeurent quand même le duo des tristes comiques Sarkozy-Bayrou.
Pour un candidat qui se veut hors - système, F. Bayrou a tissé de solides liens avec le patronat.Il était membre jusqu’en 2005 du comité français de la Commission Trilatérale, organisation où s’élabore la mondialisation économique dont l’un des éléments est le système des délocalisations d’entreprises. Il y a croisé de prestigieux défenseurs des travailleurs comme les patrons d’Axa, de Lafarge, de Véolia, de la banque Lazard, de M6. Il siège, grâce à J.-J. Lagardère, au comité de France-Galop, présidé par Edouard de Rothschild, autre défenseur des opprimés. Il fréquente avec Bayrou(son adversaire ????) le même cercle d’influence (« Le Siècle ») où se mêlent hommes politiques (pas communistes), patrons d’entreprises industrielles, commerciales ou médiatiques…Quant à Sarkozy ses liens avec Bouygues(de TF1, ce qui explique la faiblesse de ses journalistes dits « indépendants »), Lagardère, F.Pinault( « La redoute ») ou Bernard Arnault sont connus. Sa diatribe en 2006 contre les patrons voyous a du les faire tordre de rire.
Retraites : La nouvelle réforme de 2008 passe par...2007
Les Français n’en démordent pas ! Malgré les campagnes incessantes et malsaines visant à les convaincre que la retraite à 60 ans est désormais un luxe, 80% d’entre eux déclarent pourtant vouloir partir à cet âge.
Il appartient à tous les citoyens et citoyennes de mettre celles et ceux qui vont solliciter leur voix en 2007, au pied du mur.
Depuis 15 ans : la régression
En 2003, la réforme FILLON a été imposée. Elle faisait suite aux lois et décrets Baladur-Veil de 1993 et à la tentative, mise en échec par les luttes sociales, du plan Juppé de 1995.
Ces mesures ont eu essentiellement 2 conséquences : l’allongement de la durée de cotisation (40 ans et à terme 42 au lieu de 37,5) et la baisse du pouvoir d’achat par l’indexation des retraites sur les prix au lieu des salaires et l’augmentation des prélèvements (CSG).
La possibilité de partir à 60 ans à taux plein est ainsi restreinte et le taux de remplacement du salaire par la pension servie, a diminué.
Aujourd’hui, les attaques se concentrent contre les régimes spéciaux. Ces régimes découlent de l’histoire (début du 20ème siècle) notamment pour tenir compte des contraintes et des conditions de travail dans les services publics. Ils ont aussi servi de référence pour obtenir le droit à la retraite solidaire pour tous, concrétisé à la Libération en 1945. Ils constituent encore aujourd’hui des repères positifs et d’importants pôles de résistance. Ils sont les résultats d’engagements impératifs de l’Etat à l’égard des salariés des services et entreprises publiques.
Une attaque contre tous les régimes
En vérité, les salariés relevant de ces régimes représentent aujourd’hui 4,6 % de l’ensemble et seront 1,5% dans 10 ans. A qui fera-t-on croire qu’en arasant leur retraites on règlera le problème du financement des 98,5 restant ?
Ces attaques s’amplifient à un moment ou les privatisations et les démantèlements des services publics sont à l’ordre du jour. La rentabilité financière est sensée devenir la norme pour satisfaire l’appétit des actionnaires au détriment des usagers et des salariés. Elles préparent l’échéance de 2008 étape programmée par la loi Fillon pour réduire à nouveau le régime général : retraite à 65 ou 67 ans, et recul du niveau des pensions pour tout le monde !
M Sarkozy a cette perspective dans ses cartons. Quant au projet socialiste il ne fait que reprendre les orientations élaborées par le gouvernement Jospin très en deçà des exigences de financement parce qu’il refuse de redonner à la protection sociale ce que les profits financiers lui volent.
Cette orientation est couverte et impulsée par les institutions Européennes. La commission, le conseil mais aussi le parlement de Strasbourg, par consensus entre la droite et le parti socialiste européen, prennent prétexte de l’allongement de la durée de la vie, de l’augmentation du nombre des retraités pour porter leurs coups. Ils prétendent qu’il faut tout remettre en cause : les retraites coûteraient trop chers pour la rentabilité du capital qui ne trouve son compte que dans une « concurrence libre et non faussée ».
Des solutions de financement existent
Il est tout à fait possible de restaurer le droit pour tous et toutes (La situation des femmes est là aussi la pire !), à une retraite pleine et entière à 60 ans avec 37,5 annuités validées. Aujourd’hui, la durée moyenne des carrières du privé est de 37 années et si la question du sous emploi des seniors se pose c’est au patronat qui les licencie avant la retraite et au gouvernement qui encourage qu’en revient la responsabilité.
Les quatre points de PIB supplémentaires nécessaires pour financer les retraites d’ici 2040 - chiffres du COR(1)- sont largement assurés par le doublement des richesses crées dans le même temps. A condition toutefois que les actionnaires du CAC 40 et les marchés financiers ne s’accaparent pas ces richesses au détriment de la Sécurité Sociale et des caisses de retraites. Et cela est l’affaire du gouvernement qui doit renoncer à l’allègement des charges sans effet sur l’emploi (20 Milliards d’€) et percevoir sur les profits financiers une cotisation au même taux que celles prélevées sur les salaires.
Une politique de création d’emplois y compris par une modulation incitative des cotisations des entreprises, des salaires augmentés, des services publics modernisés et développés est de nature à dynamiser une croissance saine et à garantir une politique sociale de qualité.
C’est un choix de société
L’avenir de notre système de retraites, la qualité de vie des millions de retraités que compte désormais notre pays, dépend essentiellement de la solidarité dans la résistance et dans la mobilisation y compris dans les urnes- des salariés du public et du privé, des jeunes et des seniors, des actifs et des retraités eux-mêmes.
Le Parti Communiste Français, qui vient d’éditer une brochure « Retraite à 60 ans, un enjeu de civilisation » (2) propose d’en débattre à tous ceux et celles qui veulent s’inviter à la table de la nouvelle réforme qu’on nous promet.
C’est d’un choix de société qu’il s’agit. Il ne peut se faire sans nous
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1) Conseil d’orientation des Retraites
2) Fédération de Haute Corse du PCF, 11 Bd C.Campinchi, BASTIA, ou PCF2B@wanadoo.fr…ou Direction Nationale du PCF 2, place du Colonel Fabien, PARIS