Lundi 31 mars 2008

"Seule face à son problème d'emploi"

Une salariée de PSA en congé de reclassement se donne la mort

( Lundi 31 mars 2008 )

 

Une salariée du siège parisien de PSA Peugeot-Citroën, en congé de reclassement depuis décembre dans le cadre d'un plan de départs volontaires, a mis fin à ses jours, le 21 mars, a indiqué, lundi 31 mars, l'avocat de sa famille, qui évoque un départ contraint de l'entreprise. En 2007, six salariés de l'entreprise s'étaient donné la mort.

La direction de PSA a confirmé la nouvelle, "très douloureuse pour ses collègues". Soulignant les "origines très complexes d'un suicide", un porte-parole de l'entreprise a précisé que la direction "ne souhaitait pas rentrer dans le fond du dossier auprès de la presse par respect pour la famille".

                                                                                            

                                       

                                                                             

 

L'entrée du siège parisien du groupe PSA Peugeot-Citroën

 

Les proches de la salariée cherchent à faire reconnaître son suicide comme un accident du travail, puisqu'elle faisait toujours partie des effectifs du groupe automobile. Cette mère de deux enfants, secrétaire au service communication âgée de 41 ans, était employée par PSA depuis près de vingt ans. Après être allée récupérer ses affaires personnelles au siège le 17 mars, elle s'est suicidée quatre jours plus tard à son domicile à Clamart, dans les Hauts-de-Seine.

Selon un courrier envoyé par l'avocat, Me Dominique Ozenne, au président de PSA, Christian Streiff, cette salariée "désespérée s'est retrouvée seule face à son problème d'emploi pendant son congé de reclassement et n'a pu supporter la pression dont elle aurait été victime depuis le mois de septembre 2007 aux fins d'acceptation de la décision irrévocable de son départ volontaire". "Elle était en dépression à cause de son licenciement, avait-elle dit à son entourage", a précisé à Me Ozenne.

 

Les ouvriers et les femmes fragilisés par le stress chez PSA

 

PSA avait lancé en mai 2007 un plan de départ volontaires "pour réduire de 30 % les coûts de fonctionnement en 2010", auquel 5 600 salariés ont adhéré, soit un chiffre supérieur à l'objectif de 4 850 fixé. La direction a présenté en janvier un nouveau plan concernant "1 090 salariés" dont la grande majorité d'ouvriers professionnels.

Le cabinet Stimulus a rendu public, lundi 17 mars, une enquête effectuée auprès des employés du constructeur automobile après une série de six suicides parmi le personnel en 2007. Les femmes sont plus sujettes au stress que les hommes, les ouvriers plus que les cadres. Jean-Luc Vergne, directeur des ressources humaines de PSA, avait alors indiqué vouloir "renforcer le dispositif actuel" de prévention, comprenant notamment des "cellules de veille" destinées à repérer les "situations à risque" ou le maintien encore quelques mois d'un numéro vert et anonyme créé après la série de suicides.

NanterreReseau

http://pagesperso-orange.fr/nanterrereseau/index.htm

par BANDERA ROSSA publié dans : pcfcapcorse communauté : Un PCF de lutte des classes !
commentaires (0)    recommander
Lundi 31 mars 2008

   MUMIA ABU JAMAL, UN JOURNALISTE QUi N'EST PAS DEFENDU PAR RSF: 
   Il N'EST NI CUBAIN NI CHINOIS! 

                                                                                                             

En confirmant que le procès de Mumia Abu Jamal en 1982 était entaché de racisme, une Cour d’Appel fédérale [des Etats-Unis_NDLR]vient d’annuler sa condamnation à mort. Pour toutes celles et tous ceux qui, à l’instar du PCF, soutiennent Mumia depuis des années et qui sont opposés à la peine capitale cette décision constitue une première victoire et un encouragement.

Mais le jugement du la Cour d’Appel n’infirme en rien la culpabilité de Mumia. Au regard de la justice américaine, il demeure coupable et risque de passer le reste de sa vie en prison.

Mumia n’a jamais été autorisé à faire la preuve de son innocence. Ce combat, le combat pour sa liberté doit donc se poursuivre. Ce jugement donne de la force pour poursuivre et amplifier la mobilisation pour que son innocence soit enfin reconnue.

Paris, le 28 mars 2008

Parti communiste français

Voir : http://www.mumiabujamal.net/

par BANDERA ROSSA publié dans : pcfcapcorse communauté : Un PCF de lutte des classes !
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Lundi 31 mars 2008

Départ à 60 ans, augmentation des salaires et des pensions : On ne bat pas en retraite !

                                                               
                                                                                                                                                     

La gauche a gagné les élections municipales et cantonales de Mars. Les attentes sont fortes pour des projets locaux de gauche, certes.     

Mais la droite sanctionnée, c’est aussi un message pour que la gauche propose et se mobilise pour un projet et des solutions notamment sur le pouvoir d’achat, le travail et l’emploi, les retraites, une mondialisation constructive pour les peuples.

Loin d’avoir entendu le message des urnes, Nicolas Sarkozy et François Fillon ne veulent pas revenir sur les 15 milliards de cadeaux fiscaux et prétendent accélerer encore la politique de rigueur pour le plus grand nombre.

Retraites : au nom de l’équité ?

Après les quarante annuités d’abord pour les salariés du privé, puis pour ceux du public, après l’attaque des régimes spéciaux, le nouveau rendez-vous du 27 mars prévu par la loi Fillon de 2003 annonce la couleur : 41 ans de côtisation en 2012 pour prétendre à la retraite à taux plein, 42 ans un peu plus tard. Et pourquoi pas la suppression de toute référence à un âge de départ en retraite comme le revendique le rapport Attali couvert d’éloge par Nicolas Sarkozy et le Medef ?

Travailler plus, pour gagner moins ?

Le plan emploi-séniors est un échec. A peine plus de 50% des 55/59 ans ont un emploi. Aujourd’hui, moins de 50% des salariés « liquidant » leur retraite peuvent partir à taux plein et doivent subir une décote de -5% par année manquante. Avec la précarité, particulièrement pour les jeunes et les femmes, cela s’amplifierait. Les propositions gouvernementales de 2008 conduiraient, en 2020, à des pensions équivalentes, en moyenne, à 55% du dernier salaire.

On peut dire non et financer de vraies retraites !

Avec les syndicats, le PCF demande l’augmentation des pensions, le rattrapage du pouvoir d’achat des retraites, le départ à 60 ans et la reconnaissance des départs anticipés pour pénibilité.

L’emploi est au cœur du financement des retraites. Cela exige un relèvement du taux d’activité notamment des femmes, des jeunes, des seniors. Une politique de développement des salaires, de la formation contribuerait à un nouveau type de croissance ainsi que des mesures pour résorber la précarité et pour la reconnaissance des formations.

Le Parti communiste propose de revenir sur les exonérations de charges sans contrepartie. Il propose de moduler la part patronale en fonction de la politique d’emploi, de salaire et de formation des entreprises.

Pour garantir le système par répartition, pouvoir partir réellement à 60 ans et avoir de bonnes retraites, de nouveaux financements sont incontournables. Les revenus financiers des entreprises ne contribuent pas au financement de la protection sociale. Il faut les taxer.

Le Parti communiste exige aussi que le gouvernement cesse de couvrir le MEDEF qui bloque les négociations sur le départ anticipé à la retraite pour pénibilité du travail.

Pour changer : des mouvements sociaux et une gauche qui se bat.

Pour rompre la logique du MEDEF et de la droite, sur les retraites comme sur d’autres questions, il faut se faire entendre. Et saisir toutes les occasions, par la rue, par les urnes...

Il faut aussi reconstruire une gauche rassemblée qui a des idées, une gauche, en rupture avec le libéralisme et qui se bat, pour donner , par exemple, des droits de regard et de décision aux citoyens et aux salariés sur lce qui les concerne. Une gauche qui estime, par exemple, qu’il y a beaucoup d’argent qui pourrait être bien mieux au service du pouvoir d’achat, de l’école, de la formation, du service public, de la santé, dans la culture, les retraites plutôt que dans la spéculation comme c’est le cas avec l’affaire de la Société Générale et la crise financière en cours. C’est à cela que le Parti communiste veut être utile.

par Papyves83

par BANDERA ROSSA publié dans : pcfcapcorse communauté : Un PCF de lutte des classes !
commentaires (0)    recommander
Lundi 31 mars 2008

Marie-George Buffet répond à André Gérin                                                           


Marie-George Buffet, secrétaire nationale du parti communiste, s'est rendue mercredi à Orléans pour saluer les bons résultats enregistrés par les candidats et les listes présentés par le parti de manière autonome ou avec ses alliés de gauche.

Elle est revenue à cette occasion sur les propos d'André Gérin, député-maire de Vénissieux (Rhône), qui a appelé lundi à "couper le cordon ombilical" qui relierait le PC au Parti socialiste.

"André exprime son opinion à l'approche de chaque congrès. Il nous faut engager le débat, mais sans se tromper d'ennemis, en restant mobilisés face à la droite", a-t-elle déclaré à Reuters.

"Les bonshommes qui veulent diriger le parti importent peu", a poursuivi Marie-George Buffet, évoquant la candidature d'André Gérin à sa succession. "Il faut que le PC arrête de raisonner et de se positionner par rapport à l'extrême gauche ou le Parti socialiste."

"Pourquoi définir les alliances a priori", a conclu la secrétaire nationale du PC. "Il nous faut proposer un projet et, ensuite, envisager des alliances, comme nous l'avons fait pour les municipales."

Le congrès du PC doit se tenir en décembre prochain.

par BANDERA ROSSA publié dans : pcfcapcorse
commentaires (0)    recommander
Lundi 31 mars 2008

Affaire Guigue : du devoir de réserve au droit réservé…

Par Jean-Claude Lefort

 

Le sous-préfet de Saintes, M. Bruno Guigue, vient d’être brutalement démis de ses fonctions par sa ministre de tutelle au titre qu’il aurait gravement dérogé au « devoir de réserve » qui doit marquer sa haute fonction. Cela a fait grand bruit en France mais aussi à l’étranger, il faut le savoir, notamment au Proche et Moyen-Orient.

Examinons donc successivement les faits, puis la notion de « devoir de réserve », voyons si elle a ou non un caractère « universel » et tirons les conclusions de cette « affaire ».

1. L’objet du délit ? Une tribune libre publiée sur Internet. C’était sa 18ème contribution sur le site « oumma.com » signée de son nom mais sans qu’il soit fait mention de sa fonction. Selon le ministère, il a tenu à cette occasion des propos « violemment anti-israéliens ». En conséquence, toujours selon le ministère, il a manqué à son devoir de réserve et il a été limogé sur le champ.

Dans la tribune libre incriminée, Monsieur Bruno Guigue réagissait à un article paru dans « Le Monde » signé par plusieurs intellectuels (1). Cet article était intitulé : « L’ONU contre les droits de l’Homme ».

M. Guigue prenait alors sa plume pour défendre le droit international et les institutions mises en place pour le « dire » et « l’appliquer » selon la Charte des Nations unies. Car cet article publié dans « Le Monde » le 27 février s’en prenait violemment au Conseil des droits de l’homme de l’ONU, et à l’Organisation en tant que telle. Ils accusaient l’ONU de vouloir, ni plus ni moins, « détruire » les principes énoncés dans la Déclaration universelle des droits de l’homme tant, selon eux, « depuis un certain nombre d’années, par ses dérives, l’ONU s’est caricaturée ».

Et les auteurs de l’article paru dans le journal du soir s’en prenaient, d’un même mouvement à la réunion, tenue en 2001 à Durban en Afrique du Sud sous les auspices de l’ONU, la « Conférence mondiale contre le racisme », au cours de laquelle l’Etat d’Israël, notamment, avait été fortement mis en cause pour sa politique d’occupation des Territoires palestiniens.

Maintes résolutions de l’ONU et du Conseil de sécurité disent exactement la même chose, ce qui souligne et met en évidence le fait que l’Etat d’Israël bafoue impunément le droit international. Mais outre la mise en cause frontale de l’ONU, cet article publié dans « Le Monde » avait un objectif clair qui reste d’actualité : faire pression sur les pays européens pour saborder la prochaine Conférence sur le racisme organisée par l’ONU, dite Durban 2, alors que l’Etat d’Israël a déjà annoncé qu’il la boycotterait.

Dans sa défense de l’Organisation des Nations unies, M. Guigue, spécialiste du Proche-orient, citait le cas du conflit israélo-palestinien dont on a retenu qu’une phrase qui énonce un fait exact, à savoir que l’Etat d’Israël disposait « de snipers (qui) abattent des fillettes à la sortie des écoles ».

C’est cette phrase qui a mis le feu aux poudres tandis que le silence fut bien lourd quand le vice-ministre israélien de la défense a brandi, le 29 février, la menace d’une « shoah » contre le peuple palestinien. Cette seule phrase a été retenue mais aussi qualifiée par un responsable politique français comme étant de caractère « antisémite », ce qui est totalement faux et d’un caractère qui est sujet à de possibles poursuites.

Voilà le « délit » considéré, toute affaire cessante, comme étant « violemment anti-israélien ». Voilà qui est « reproché » à un sous-préfet jeté en pâture.

2. Cela nous conduit directement à examiner le second point : la question du « devoir de réserve » auquel sont assujettis les fonctionnaires, spécialement les hauts fonctionnaires.

Anicet Le Pors est le « père » du « statut général » qui régit la fonction publique. Ministre, il a fait adopter en 1983 ce statut reconnaissant explicitement que les fonctionnaires étaient des citoyens comme les autres et qu’en conséquence « La liberté d’opinion (leur) est garantie » (Article 6 de la loi du 13 juillet 1983).

Dans la discussion de cette loi, Anicet Le Pors s’est opposé à un amendement visant justement à codifier « le devoir de réserve » auquel sont contraints les fonctionnaires – « devoir de réserve » à ne pas confondre avec le respect du « secret professionnel » ou bien encore avec le devoir d’exécuter les instructions que reçoit tout fonctionnaire de sa hiérarchie « sauf dans le cas où l’ordre donné est manifestement illégal et de nature à compromettre gravement un intérêt public » (Article 28 de la loi).

S’agissant du « devoir de réserve », le ministre a fait valoir qu’il ne fallait pas le codifier car celui-ci est, pour Anicet Le Pors, « une construction jurisprudentielle extrêmement complexe qui fait dépendre la nature et l’étendue de l’obligation de réserve de divers critères dont le plus important est la place du fonctionnaire dans la hiérarchie » (Assemblée nationale, le 3 mai 1983).

Le plus important étant donc : la place occupée par un fonctionnaire dans la hiérarchie. Et s’il y a deux fonctions qui, à ce titre, supposent clairement le respect du « devoir de réserve », ce sont celles de préfet et d’ambassadeur. Ces deux fonctions sont sensées exprimer et représenter la totalité de la politique de l’Etat au service duquel lesdits fonctionnaires ont été nommés.

Bien que M. Bruno Guigue ait publié bien d’autres écrits sur le sujet du conflit israélo-palestinien, en particulier deux livres (2), et bien qu’il n’ait jamais fait état de sa fonction, il est juridiquement fondé de dire, en l’espèce, qu’il est sorti de son « devoir de réserve ».

Mais on est alors obligé de se demander si ce qui est vrai pour lui l’est en toutes circonstances, et donc pour tous les fonctionnaires de haut rang. Autrement dit, il nous faut vérifier si le « devoir de réserve » s’applique de manière absolue ou non, s’il procède de l’arbitraire ou non.

On admettra volontiers qu’il ne peut y avoir aucune exception ou dérogation à ce principe comme à tout principe.

3. Le « devoir de réserve » est donc nécessairement valable pour tous ou il n’est pas. Or il n’est pas. Je prendrais deux exemples récents pour le démontrer.

Le premier concerne le préfet du Val-de-Marne, M. Tomasini, qui en octobre 2006 est face au problème du « squat » des « 1000 de Cachan ». L’imitateur Gérard Dahan, se faisant passer pour Philippe de Villiers, l’appelle au téléphone le 3 octobre. Le préfet le prend aussitôt au fil et, entre autres choses, lui dit que les « squatteurs » veulent « reconstituer un village africain en plein Paris ». Il ajoute sans ambages : « Ce sont principalement des Maliens et des Ivoiriens. Ces gens-là tuent des gens chez eux mais ils nous donnent des leçons ». Le faux Philippe de Villiers s’interroge s’il ne pouvait pas tout de même prendre la défense des parents d’élèves.

Le préfet le stoppe. « Il faut savoir, dit-il, que les parents d’élèves tous sont membres de la FCPE qui est entre les mains du Conseil général qui est communiste ici. Et si vous communiquez en disant « les pauvres parents d’élèves, les pauvres enfants », bon oui, mais vous faîtes le jeu de la FCPE et donc des communistes ». Ses propos ont fait le tour des radios et des média. Interrogé sur la réalité de ceux-ci le préfet Tomasini confirmait et assumait. Je me souviens avoir écrit aussitôt au premier ministre de l’époque pour lui demander de révoquer le préfet qui tenait des propos qui sentaient le racisme et qui avait une position politique partisane absolument contradictoire avec son « devoir de réserve » et de neutralité.

Le préfet du Val-de-Marne est toujours en place à ce jour… Et vous allez voir qu’il sera nommé préfet de région un de ces quatre….

Second exemple. Un français, député européen, M. François Zimeray, a mené, et ceci durant plusieurs années, une véritable campagne combinée à des actes « violemment anti-palestiniens » au Parlement européen. Au point que son parti (le Parti socialiste) ne l’a pas représenté, pour ces motifs précis, aux élections européennes suivantes. Il a continué néanmoins son action dans le même sens avec des moyens conséquents d’origine « non contrôlée », si l’on peut dire. Et voilà que tout récemment ce monsieur vient d’être nommé en Conseil des ministres « Ambassadeur des droits de l’homme » sur proposition de rama Yade.

Il aurait du se taire et ne plus parler à titre personnel à partir de là. Mais, non ! Devant la décision de le nommer à ce poste, compte tenu de son profil, des voix se font entendre vers les pouvoirs publics. Et M. Zimeray, ayant rang d’ambassadeur cette fois, répond de manière publique qu’il maintient ses positions antérieures qualifiables, encore une fois, « d’anti-palestiniennes extrêmes ». A peine est-il nommé qu’il déroge à son « devoir de réserve », et cela une semaine tout juste avant que n’éclate « l’affaire Guigue ». Est-il pour autant sanctionné ? Aucunement.

Il est toujours ambassadeur des droits de l’homme…

Un préfet, un ambassadeur. Leur niveau hiérarchique ne fait pas de doute : ils sont formellement tenus au « droit de réserve ».

Et pourtant, dans ces deux cas, aucune sanction d’aucune sorte n’est venue, ni du ministère de l’Intérieur ni de celui des Affaires étrangères.

4. Il ne fait pas de doute, en comparant les situations évoquées, que le « devoir de réserve » n’est donc pas seulement un concept « légal » ayant une valeur « universelle ».

Il est avant tout, la preuve nous est donnée ici, sous emprise de la politique.

D’un côté on inflige une lourde sanction à un sous-préfet qui a défendu le droit international et son application et, de l’autre, on ne fait et on ne dit rien contre deux hauts fonctionnaires tenant des propos sortant totalement de ce que l’Etat est en droit d’attendre d’eux.

En vérité M. Guigue est avant tout frappé par une sanction politique.

Cette sanction politique reflète à l’évidence tout à la fois la dérive proaméricaine de la politique extérieure de la France et le fait que le lobby pro-israélien français y trouve des espaces nouveaux pour sévir, ceci à la manière du lobby de même nature qui existe aux USA. Un livre de deux courageux professeurs américains détaille cette question dans « Le lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine » (3). ‘ C’est pourquoi le sous-préfet Bruno Guigue est aujourd’hui frappé par une décision discrétionnaire teintée de droit mais qui est en réalité principalement politique. C’est pourquoi notre solidarité lui est acquise ainsi que notre estime.

Amis, tout cela se passe en France aujourd’hui. Mais dans cette même France de 2008, il y a des voix nombreuses en faveur de la paix au Proche-Orient ainsi que des personnes suffisamment lucides quant au motif réel de la sanction qui frappe ce sous-préfet. Symbolique cette décision de le frapper lui, et lui seul, est largement commentée à l’étranger, notamment dans les pays arabes. Que toutes ces personnes s’unissent pour protester vivement contre ce « deux poids, deux mesures » qui est à l’œuvre dans cette affaire. Elles agiront de la sorte pour la justice et l’image mais aussi le rôle de la France à l’étranger.

Car il faut noter, pour en tirer toutes les conséquences sérieuses, que cette fois ce « deux poids, deux mesures », c’est en France qu’il s’exerce… On ne peut laisser faire. C’est une question qui provoque le présent mais qui convoque aussi l’avenir…

Jean-Claude Lefort

Député honoraire

Notes :

(1) « Point de vue » du 27 février publié dans « Le Monde » et signé notamment par Pascal Bruckner, Alain Finkielkraut, Claude Lanzeman, Elie Wiesel, Pierre-André Taguieff, Frédéric Encel…

(2) « Aux origines du conflit israélo-arabe » en 1998 et « Proche-Orient : la guerre des mots » en 2005, tous deux chez « L’Harmattan »

(3) « Le lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine » de John J. Mearsheimer et Stephen M. Walt. Editions « La Découverte » 2007.

Jean-Claude Lefort

Député honoraire

 

par BANDERA ROSSA publié dans : pcfcapcorse communauté : Un PCF de lutte des classes !
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander

Calendrier

Mars 2008
L M M J V S D
          1 2
3 4 5 6 7 8 9
10 11 12 13 14 15 16
17 18 19 20 21 22 23
24 25 26 27 28 29 30
31            
<< < > >>

CHANTS

transfert de nom de domaine sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus