Lundi 30 avril 2007

 

LE PEN ACADEMY                                                                                        

Au soir du premier tour de la présidentielle, déçu par son score de 10 %, Jean-Marie Le Pen s’est essayé à un diagnostic de la scène politique française, dont il faut bien reconnaître qu’il comporte une part de vérité. Il a ainsi déclaré : « De surcroît, nous [le FN] avons gagné la bataille des idées : la nation et le patriotisme, l’immigration et l’insécurité ont été mis au coeur de cette campagne par mes adversaires, qui, hier encore, écartaient ces notions avec une moue dégoûtée ».
Les candidats à l’élection présidentielle nous avaient pourtant promis une campagne “sereine” qui tienne compte des “véritables” attentes et préoccupations des Français et qui refuse délibérément de verser dans la démagogie. Il est vrai que, le “choc du 21 avril” 2002 est passé par là, laissant espérer une certaine “conscientisation républicaine” des états-majors partisans et des leaders politiques, dans le sens d’une renonciation aux fantasmes xénophobes et sécuritaires qui, comme on le sait, font objectivement le jeu de l’extrême droite.
On pouvait toujours rêver.
La « crise de l’identité nationale » : maladie imaginaire pour apprentis sorciers de la République
Le déroulement de la campagne présidentielle nous fait vivre, ou plutôt revivre une sorte de “21 avril anticipé”, Jean-Marie Le Pen jouant temporairement le rôle de figurant dans une tragicomédie électorale qu’il a pourtant entièrement écrite et mise en scène. S’il est convenu aujourd’hui de dénoncer « la lepénisation des esprits »[1], des antidotes démocratiques sont rarement prescrits par nos médecins républicains. Pire, on se trouve dans la situation dramatiquement burlesque de docteurs diagnostiquant une “maladie” — la crise de l’identité nationale — et prétendant la soigner avec des remèdes qui ne sont pas seulement inefficaces, mais qui aggravent le mal et condamnent donc le malade à dépérir à moyen terme. À l’image des médecins raillés par Molière, ils pratiquent une saignée citoyenne, cherchant à guérir le corps malade (la France), en le vidant de sa substance démocratique.
Au regard de la campagne présidentielle, il serait en effet bien difficile de distinguer les rôles, donnant l’impression au spectateur citoyen qu’un même acteur en endosse plusieurs : médecin, guérisseur miraculeux, rebouteux, sorcier du bocage, croque-mort ou encore fossoyeur des idéaux démocratiques, tous semblent se confondre dans un scénario catastrophiste où la “France éternelle” paraît menacée par des hordes barbares ou, pire, de “mauvais Français” — une cinquième colonne en quelque sorte — qui ne cherchent qu’à saper ses valeurs fondatrices, comme le laisse à penser cette déclaration désormais rituelle du candidat Sarkozy :
« Je veux dire aux Français qu’ils auront à choisir entre ceux qui aiment la France et ceux qui affichent la détestation de la France »[2]. 
                                                                                            
UMP-FN-MPF : trois versions d’un même slogan
Ce populisme venu d’en haut
D’aucuns nous dirons que les leaders politiques français ne font que répondre aux demandes et surtout aux angoisses de leur peuple, tentant de les conjurer ou plus rarement de les apaiser : c’est la fameuse thèse de la tentation populiste dont certains universitaires ont montré, preuves à l’appui, qu’il s’agissait en réalité d’un “dangereux contresens”, reposant sur l’idée fausse que l’extrémisme et le rejet viendraient fondamentalement du peuple et que nos politiques se contenteraient finalement de s’y adapter. En somme, c’est l’image d’un « peuple naturellement perturbateur »[3] face à une classe politique française plus ou moins responsable.
Dans cette perspective, la dérive sécuritaire et xénophobe de notre système politique serait d’abord la conséquence des attentes et des peurs se tramant au sein du “peuple”, et plus particulièrement dans les couches frappées de plein fouet par la crise (chômeurs, victimes des délocalisations, érémistes, précaires, déclassés sociaux, etc.). Dès lors, on saisit à l’avance les conclusions d’une telle analyse biaisée : les politiques parlent d’insécurité, d’immigration, de crise de l’identité nationale, de communautarisme, de “territoires perdus de la République”…, parce que ces angoisses seraient d’abord ressenties et exprimées par le peuple de France et que ne pas en parler serait pire que tout, laissant le champ libre à Jean-Marie Le Pen, comme on entend dire très souvent.
Revoilà le théorème de Fabius : « Le Pen pose les bonnes questions mais… »
Pourtant, les études d’opinion ne sont qu’un peu plus claires sur la question : l’immigration ne constitue pas aujourd’hui un thème prioritaire chez les Français, et elle n’arrive qu’en quatorzième, voire quinzième position dans leurs préoccupations quotidiennes, loin derrière la lutte contre le chômage, la santé, l’éducation, la lutte contre la précarité, l’avenir des retraites, le droit au logement, la protection de l’environnement, la défense du pouvoir d’achat[4]… Comment expliquer alors sa centralité à la fois dans les discours politiques et dans les programmes électoraux ? En fait, il semble que depuis plus de 20 ans, la classe politique française reste prisonnière dans ce qu’il est convenu d’appeler le théorème de Fabius selon lequel « Le Pen pose les bonnes questions mais donne de mauvaises réponses »[5].
Or, c’est tout le contraire que nous voudrions suggérer ici : ledit “populisme” n’est pas tant un produit du peuple que des élites politiques françaises, et c’est en ce sens qu’il conviendrait mieux de parler d’élitisme sécuritaire aux relents nationalistes et xénophobes qui est non seulement perceptible dans les propositions des candidats, mais qui plus est dans leurs discours de campagne.
En effet, la lepénisation des esprits apparaît en premier lieu comme une lepénisation des esprits politiques et partisans, et en particulier des leaders et des responsables d’appareil, de gauche comme de droite, qui contribuent très largement à recycler, à banaliser et à légitimer les thématiques frontistes au sein du champ politique français. De ce point de vue, la campagne présidentielle de 2007 en fournit de nombreuses illustrations.
Sarkozy, élève surdoué de la Le Pen Academy
Certes, il serait exagéré d’affirmer que la lepénisation des esprits a touché tous les candidats de manière uniforme et univoque. Pour être clair, disons qu’il est possible de dégager une échelle de lepénisation des esprits politiques et partisans, avec des gammes et des variations. Á la Le Pen Academy, certains politiques apparaissent comme des élèves méritants, d’autres comme des médiocres, et d’autres encore comme de véritables cancres du nationalisme et du patriotisme cocardier.
Dans la classe d’école, bercée quotidiennement par le chant du coq gaulois et aux murs décorés aux couleurs Bleu-Blanc-Rouge — sachant que cette dernière a parfois tendance à virer au brun — Nicolas Sarkozy squatte toujours le premier rang, décrochant régulièrement des bons points en matière d’idéologie sécuritaire et de xénophobie latente, disciplines dans lesquelles il excelle particulièrement. Au risque d’être pris en flagrant délit de copiage, sa copie présidentielle révèle une maîtrise parfaite de l’art de lepéniser le discours républicain ; “faire du Le Pen sans Le Pen” en quelque sorte, ou plutôt du “Le Pen à visage humain”, en y injectant quelques références clairsemées à Jaurès, Blum ou Guy Môcquet, de quoi rassurer un auditoire citoyen qui pourrait douter de sa probité démocratique :
« Si je suis élu, je conforterai la politique d’immigration choisie que j’ai engagée en tant que ministre de l’Intérieur. J’instaurerai des plafonds annuels d’immigration […]. Je demanderai à ceux qui veulent venir s’installer en France de faire l’effort d’apprendre le français avant, parce que c’est une condition essentielle d’une intégration réussie et parce que cela sera un signe de leur volonté de respecter notre culture. Le regroupement familial ne sera possible que si la personne a un logement et un travail lui permettant de faire vivre sa famille sans prise en compte des allocations familiales. Enfin, j’ai proposé la création d’un ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale car l’intégration passe par le partage de notre culture autant que par son enrichissement. Un seul ministère doit traiter l’ensemble des questions relatives à l’immigration, à l’intégration et au codéveloppement »[6].

L’élève Sarkozy a donc parfaitement retenu et assimilé la leçon de son instituteur frontiste, au point d’en faire l’une des clés de son programme pour l’examen présidentiel. Et pour ceux qui ne seraient pas totalement convaincus de la pertinence de l’association du “problème” de l’immigration au thème de l’identité nationale en péril, Nicolas Sarkozy, l’élève incontestablement le plus doué et le plus prometteur de la Le Pen Academy, promotion 2007, persiste :
« Je veux clairement lier l’immigration qui va venir et l’identité qui est la nôtre pour dire à ceux qui vont venir qu’ils doivent adhérer à des valeurs qu’ils vont enrichir de leur propre identité et sur lesquelles nous ne sommes pas prêts à transiger »[7].
Une Marseillaise sur l’air du « Maréchal nous voilà… »
Mais plus encore que les programmes qui sont tout de même lissés et épurés, afin de ne pas trop effrayer les citoyens ordinaires (à l’exception des partisans de Philippe de Villiers et de Jean-Marie Le Pen), les discours de campagne, que l’on peut considérer comme des “expressions à chaud”, laissent entrevoir un patriotisme débridé qui vire souvent au nationalisme étriqué. Force est de constater que La Marseillaise, que nos femmes et nos hommes font chanter à leurs sympathisants et à leurs militants à la fin de leurs meetings, a parfois des airs de Maréchal nous voilà ![8]
Rappelons brièvement les paroles de cette sinistre chanson qui renvoie aux heures les plus noires de notre histoire contemporaine (1940-1944) : « Français levons la tête, Regardons l’avenir ! Nous, brandissant la toile, Du drapeau immortel, Dans l’or de tes étoiles, Nous voyons luire un ciel … »[9], des paroles que ne re-nieraient certainement pas nombre de candidats actuels à l’élection présidentielle et, en premier lieu, le président de l’UMP qui se présente désormais comme le héraut du patriotisme français, stigmatisant dans la foulée les « mauvais Français » ou les « étrangers suspects » vivant sur notre sol.
Car faute d’imagination politique dans les domaines social, économique et culturel, Nicolas Sarkozy espère mobiliser les électeurs sur le registre d’un patriotisme “vieille France”, dans le but de dépasser sur sa droite Jean-Marie Le Pen et Philippe de Villiers et de faire passer ses challengers, François Bayrou et Ségolène Royal, comme de piètres patriotes ou, pire, des représentants de l’anti-France.

En effet, depuis le début de la campagne électorale, la rhétorique sarkozyenne ne cesse d’emprunter des accents maurassiens ou barrésiens, selon les circonstances, remettant profondément en cause la conception braudelienne selon laquelle la France s’est construite sur ses identités migratoires diverses et multiples :
« Être français, déclare N. Sarkozy, c’est aimer la France, c’est vouloir la République, c’est respecter l’État. Etre français c’est prendre en partage l’histoire de la France et les valeurs de la France. Être français c’est penser qu’au-delà de la droite et de la gauche, au-delà des partis, au-delà des croyances, il y a quelque chose de plus grand qui s’appelle la France. Je veux dire à tous les Français que la France est plus forte quand elle est unie, que la désunion des Français a toujours causé l’affaiblissement de la France, que lorsque la France est faible c’est chacun d’entre nous qui se trouve affaibli. Être français c’est se sentir l’héritier d’une seule et même histoire dont nous avons toutes les raisons d’être fiers. Si on aime la France, on doit assumer son histoire et celle de tous les Français qui ont fait de la France une grande nation »[10].
Cette conception d’une France culturellement homogène du point de vue de ses traditions et de ses valeurs induit logiquement la stigmatisation des forces centrifuges, des adversaires et des ennemis, y compris ceux qui se drapent dans la nationalité française, mais qui en réalité la trahissent sournoisement. Aussi retrouve-t-on dans la rhétorique sarkozienne la vieille thématique de l’ennemi intérieur et de l’anti-France, déjà présente dans les discours nationalistes de l’entre-deux-guerres :
« Depuis des décennies nous laissons dénigrer la nation et la République. Nous nous excusons même d’incarner une identité nationale, républicaine, française. Depuis des décennies nous avons pris l’habitude d’avoir honte de notre histoire et de nos valeurs. Comment s’étonner dès lors que ce qui nous sépare finisse par devenir plus grand que ce qui nous unit ? Que ceux qui nous rejoignent n’arrivent pas à s’intégrer à un pays dont on n’aurait même pas pris la peine de leur parler ? Comment s’étonner qu’à avoir trop longtemps cédé sur la laïcité on ait fait le lit des fanatismes et de l’intolérance ? C’est à l’honneur de Jacques Chirac que de l’avoir rappelé avec force. Comment s’étonner qu’en dénigrant l’amour de la patrie on réveille le nationalisme qui est la haine des autres ? Comment s’étonner que la mode exécrable de la repentance, en voulant faire expier aux Français les fautes supposées des générations passées, ressuscite des haines ancestrales que l’on croyait à tout jamais appartenir à l’histoire et rouvre des blessures que le temps avait à peine commencé à fermer ? »[11].
Travail, famille, patrie : ça ne vous rappelle rien ?
Et pour clore cette tragicomédie électorale de la “Nation en danger”, c’est bien sûr l’appel sarkozyen aux valeurs fondamentales de la France éternelle, le travail et la restauration de l’autorité dans l’éducation bafouée par l’esprit défaitiste des soixante-huitards :
« La France traverse une crise morale : celle du travail. La réhabilitation du travail est au cœur de mon projet présidentiel. Je ne vous mentirai pas, je ne vous trahirai pas. Je ne me déroberai pas. Je vous demande votre confiance pour qu’ensemble tout devienne possible »[12].

Et, le patron de l’UMP de rajouter, sur un ton menaçant, à l’intention des enseignants “laxistes” — ça rime d’ailleurs avec “marxistes” — assimilés à des « Munichois de l’école publique » :
« Il faut en finir avec cet autre aspect de l’idéologie de 68 qui tient l’influence de la famille pour forcément néfaste. Il faut en finir avec la mise en accusation systématique de la famille. C’est dans la responsabilisation de la famille et non dans son affaiblissement que se trouve la clé de beaucoup des problèmes que nous rencontrons avec une partie de la jeunesse »[13].
Le Pen est mort dans les urnes, vive « le petit Le Pen » à l’Elysée !

Après le choc 21 avril 2002 et l’extraordinaire mobilisation qui s’est ensuivie, on pouvait penser que la Le Pen Academy serait condamnée à la faillite et qu’elle ne se réduirait bientôt plus qu’à une modeste université de province, tout juste apte à former des petits notables et des roitelets locaux sans envergure nationale. Or, c’est tout le contraire qui s’est passé : la Le Pen Academy a désormais acquis ses lettres de noblesses dans l’univers politique français, délivrant diplômes, attestations d’études et doctorats honoris causa en “identité nationale sublimée”, “patriotisme étriqué”, “chauvinisme” et en bien d’autres spécialités françaises, avec des laboratoires et des ateliers où l’on apprend consciencieusement aux étudiants à chanter La Marseillaise et à coudre des drapeaux tricolores. Jean-Marie Le Pen, son président-fondateur, peut donc dormir tranquille : la promotion 2007 s’annonce prometteuse.
La France, c’est nous !

Non, Monsieur Sarkozy, malgré votre statut de 1er de la classe de la Le Pen Academy, promotion 2007, nous ne quitterons pas la France, au lendemain de votre triomphale consécration électorale. Nous la critiquons, parce que précisément nous l’aimons. Nous, enfants et petits enfants de républicains espagnols, d’anti-fascistes italiens, de juifs allemands, de travailleurs arméniens des FTP-MOI, de soldats indigènes libérateurs de la Nation, de résistants du Vercors, du Limousin et d’ailleurs, nous savons très bien que nos glorieux ancêtres, majoritairement prolétaires et paysans, n’auraient probablement jamais réussi votre test linguistique et votre épreuve de francité, mesurant leur prétendue conformité à la « vraie culture française ». Ils se sont battus pour elle, ils ont sacrifié leur santé et leur vie, parce que tout simplement, ils l’aimaient. Et contrairement à vous, Monsieur Sarkozy, nous revendiquons haut et fort notre statut de « cancres éternels » de la Le Pen Academy. (Vincent Geissler .Oumma.com)


________________________________________
* Version adaptée d’un éditorial paru dans la revue Migrations-Société, vol. 19, n° 110, mars-avril 2007, p. 3-15.
[1]. TEVANIAN, Pierre ; TISSOT, Sylvie, Dictionnaire de la lepénisation des esprits, Paris : Éd. L’Esprit frappeur, 2002, 373 p.
[2] SARKOZY, Nicolas, discours de Nice, le 30 mars 2007.
[3]. COLLOWALD Annie, Le “populisme du FN”. Un dangereux contresens, Bellecome-en-Bauges : Éditions du Croquant, 2004, 253 p. (voir p. 44).
[4]. Voir les résultats du sondage exclusif CSA/L’Humanité, réalisé les 17 et 18 janvier 2007,
[5]. Phrase prononcée par Laurent Fabius en 1984, alors qu’il était Premier ministre de François Mitterrand.
[6]. SARKOZY, Nicolas, “Mon projet. Ensemble tout devient possible”, cité par GIRARD, Delphine, “Exclusif : le projet présidentiel de Nicolas Sarkozy”, La Tribune du 28-3-2007.
[7]. GAS,Valérie, “Un ministère qui fait polémique”, 13 mars 2007.
[8]. Chanson nationaliste créée officiellement en 1940 à la gloire du maréchal Pétain, chef de l’État français (1940-1944), fossoyeur de la République.
[9]. Extrait des paroles originales de Maréchal nous voilà !
[10]. SARKOZY, Nicolas, discours de Caen, 9 mars 2007,
[11]. SARKOZY, Nicolas, discours de Lille, 28 mars 2007,
[12]. SARKOZY, Nicolas, “Mon projet. Ensemble tout devient possible”, cité par GIRARD, Delphine, “Exclusif : le projet présidentiel de Nicolas Sarkozy”, La Tribune du 28-3-2007.
[13]. SARKOZY, Nicolas, discours de Nice, 30 mars 2007,

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Lundi 30 avril 2007

Le Parti communiste français, ses militant-es, ses élu-es appellent à la mobilisation d’ici le 6 mai pour contrer Nicolas Sarkozy en votant et en faisant voter Ségolène Royal.
Le projet du candidat de la droite est clair : passer en force pour détruire notre système solidaire.
Les premières mesures annoncées sont emblématiques de ce projet. Dès cet été : l’instauration d’un « service minimum garanti en cas de grève », la création de peines planchers pour les récidivistes et la réforme de l’ordonnance de 1945, de nouvelles lois contre l’immigration et le regroupement familial, la fin des 35 heures et l’exonération de charges sur les heures supplémentaires. Le signe est fort et sans ambiguïté : l’élection de Sarkozy inaugurerait un quinquennat de combat – contre les syndicats, contre les salariés, contre les migrants, contre les jeunes, contre les pauvres.

Avec lui le pire est certain !
Au-delà, son programme,
C’est le droit quasi-illimité des patrons d’exploiter les salariés, avec la mise en place d’un contrat de travail unique copié sur le CNE ; l’augmentation du temps de travail au nom du principe « travailler plus pour gagner plus » (pas de hausse du SMIC et exonération des heures supplémentaires que je viens d’évoquer) ; l’obligation d’activité pour les bénéficiaires de minima sociaux.
C’est la France transformée en « paradis fiscal », avec la suppression des droits de succession et, dans les faits, de l’ISF ; l’allègement de la taxe professionnelle ; la multiplication des zones franches…
C’est la casse comme jamais des services publics et de la protection sociale, avec de nouvelles privatisations ; le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite (c’est-à-dire, d’ici à 2015, d’un poste sur quatre dans la santé et l’éducation !) ; la fin de la carte scolaire ; la liberté d’implantation des écoles privées ; la poursuite de la loi Fillon contre la protection sociale et la suppression des régimes spéciaux ; de nouvelles exonérations de cotisations patronales… *- C’est la chasse aux immigrés et le pillage des compétences dans les pays pauvres. *
C’est la soumission à l’Europe libérale et aux États-Unis, avec la proposition d’un « mini-traité » sauvegardant les institutions et les politiques libérales de l’Union européenne et la dénonciation devant Bush de « l’arrogance française » – sans doute au nom de la défense de « l’identité nationale »…
Et toutes ces propositions ont été ponctuées au fil de cette campagne de discours recyclant directement ceux de Le Pen – la « racaille », le « Kärcher », « La France, aimez-la ou quittez-la », la pédophilie inscrite dans les gènes, etc., etc. –, de mises au point revendiquant haut et fort la volonté de capter l’électorat lepéniste, au point que l’hypothèse d’une alliance entre la droite et l’extrême droite a été ouvertement évoquée, qui pourrait aller jusqu’à la présence de ministres du Front national dans un futur gouvernement.
Ensemble, nous avons la responsabilité d’empêcher qu’un tel homme, qu’une telle politique s’applique avec tant de violence à notre nation.

Les législatives : C’est voter "pour" la politique que vous voulez !
Beaucoup d’électrices et d’électeurs ont voté « utile » dés le premier tour par peur d’un nouveau 21 avril. Animé-es par des réflexions stratégiques plus que politiques, beaucoup se sont vus privés du débat, du choix de société auquel ils étaient confrontés : emplois, salaires, sauvegarde de notre système de solidarité nationale, orientation européenne et actions face à la mondialisation dévastatrice, aucun des deux candidats n’a su nous montrer clairement ses choix pour la France.

Les législatives sont une élection d’autant plus déterminante : nous pourrons choisir la politique que nous voulons. Nous pourrons élire les représentants de ce que nous voulons - au plus près de nous dans les circonscriptions - : ces élus sont ceux qui proposent, discutent et votent les lois qui feront la France de demain.
Sortis du piège du bipartisme et des présidentielles, ils pourront porter nos éxigences à l’assemblée nationale.
Notre pays en a assez de l’injustice sociale, des bas salaires, de la crise du logement, des reculs du droit du travail.
Les élections législatives permettront d’affirmer clairement la volonté d’une gauche décidée à rompre avec le libéralisme, à s’engager pour les droits sociaux et démocratiques, à porter l’espoir du progrès social.



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Lundi 30 avril 2007

 

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Dimanche 29 avril 2007
" Participer à la promotion de la pensée scientifique
sans laquelle aucune avancée sociale révolutionnaire n'est possible.
"
( Al Faraby )



Du côté des sciences
Une planète habitable à vingt années-lumière de la Terre

Des chercheurs de trois laboratoires français(1) associés au CNRS, de l'Observatoire de Genève et du Centre d'astronomie de Lisbonne viennent de détecter pour la première fois un système planétaire extra-solaire incluant une planète de type terrestre habitable. Située autour de l'étoile naine rouge Gl581, à 20,5 années-lumière de notre planète, cette « super Terre » est la plus légère des 200 planètes extra-solaires connues à ce jour. Elle est aussi la première à posséder à la fois une surface solide ou liquide et une température proche de celle de la Terre. Ces points communs avec notre planète permettent d'imaginer l'existence d'une éventuelle vie extra-terrestre. Cette découverte est à paraître dans la revue Astronomy & Astrophysics.

L'étoile Gl581 est une étoile naine rouge (de très faible masse). Située à 20,5 années-lumière de la Terre, elle figure parmi les 100 étoiles les plus proches de notre système solaire et sa masse est de moins du tiers de celle du Soleil. Les naines rouges sont des cibles privilégiées pour la recherche de planètes habitables. En effet, ces étoiles étant relativement peu lumineuses, leurs planètes habitables orbitent près d'elles, et sont alors plus facilement détectables(2). De plus, les naines rouges sont les étoiles les plus nombreuses de la Galaxie : sur les 100 étoiles les plus proches de nous, 80 font partie de cette famille.

La température d'une planète dépend à la fois de la distance à son étoile, mais aussi de sa capacité à réfléchir une partie de la lumière qu'elle reçoit (albedo). Les modèles utilisés par les chercheurs indiquent que la température moyenne de cette planète extra-solaire est comprise entre 0 et 40 degrés Celsius(3). Ces conditions permettent la présence d'eau liquide à sa surface. D'une masse très faible (5 fois celle de la Terre), cette planète orbite autour de l'étoile Gl581 en 13 jours. Pour une telle masse, les modèles prévoient soit une constitution rocheuse (comme pour la Terre), soit une surface couverte par un océan. La gravité à sa surface est 2,2 fois celle à la surface de la Terre, et son rayon 1, 5 fois supérieur à celui de la Terre. De par sa température (qui la rend habitable) et sa relative proximité avec notre propre système solaire (20,5 années-lumière seulement), cette planète va devenir la cible privilégiée des prochaines missions dédiées à la recherche de vie extra-terrestre, notamment avec le satellite DARWIN.

Une autre planète orbitant en 5,4 jours autour de l'étoile Gl581, et de la masse de Neptune, avait déjà été découverte en 2005 par la même équipe. En même temps que la planète habitable, ces chercheurs ont également mis en évidence une troisième planète, d'une masse 8 fois supérieure à celle de la Terre et orbitant en 84 jours autour de cette même étoile. Le système de Gl581 est donc constitué d'au moins 3 planètes de moins de 15 fois la masse de la Terre : la première de masse comparable à Neptune et ces deux super Terres, dont la seconde est à une distance de son étoile qui la rend habitable.

Pour ces observations, les chercheurs ont utilisé le spectrographe de nouvelle génération HARPS(4) installé au foyer du télescope de 3,6 mètres de diamètre de l'ESO à La Silla, au Chili(5). Il est à noter que 4 des 5 planètes connues autour des naines rouges, de moins de 20 fois la masse de la Terre, ont été découvertes par la même équipe franco-suisse-portugaise, en utilisant HARPS.

Notes :

1) LAOG, Observatoire des sciences de l'Univers de Grenoble (CNRS/Université de Grenoble 1) ; Institut d'Astrophysique de Paris (CNRS/Université Paris VI) ; Service d'Aéronomie du CNRS, Verrières le Buisson (CNRS/Université Paris VI/Université Saint-Quentin).
2) Notamment par la méthode des vitesses radiales : les mouvements, et donc la vitesse d'une étoile, sont influencés par la présence d'une planète orbitant autour d'elle ; la méthode des vitesses radiales qui est actuellement la plus prolixe en découverte de planètes mesure les variations de vitesses de l'étoile qui permettent de remonter aux caractéristiques physiques de la planète.
3) Si cette planète extra-solaire possède le même albedo que la Terre, sa température moyenne doit être de 40 degrés Celsius, si elle possède le même albedo que Vénus, sa température ne sera alors que de 0 degrés Celsius. Dans tous les cas, l'eau liquide peut être présente à sa surface.
4) High Accuracy Radial Velocity for Planetary Searcher
5) L'évolution récente des moyens d'observation, et notamment la mise en service de HARPS, révèle que de nombreuses planètes peu massives (de moins de 15 fois la masse de la Terre) orbitent autour de naines rouges et d'étoiles comme notre Soleil.
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Dimanche 29 avril 2007

Questions pour un champion
Indice : personnalité politique française
Je suis noble, issu d'une famille de barons hongrois qui a collaboré avec le régime nazi durant la guerre et a fui la Hongrie pour éviter d'être jugé pour collaboration après la Libération.
Dans ma jeunesse je participe à des manifestations contre les étudiants grévistes.
Contrairement à ce que j'essaye de faire croire je ne suis pas le candidat e la « rupture » ou de la « nouveauté » en politique je suis entré en politique sous Giscard il y a 30 ans et j'ai été plusieurs fois ministre, député, maire, président de Conseil Général.
À l'époque de la catastrophe de Tchernobyl j'était délégué interministériel au nucléaire et c'est moi qui ai mis en place la campagne de désinformation prétendant que le nuage de Tchernobyl s'est arrêté aux frontières de la France. J'ai fait cependant disparaître cet épisode de ma vie politique de ma biographie officielle sur le site internet du ministère de l'Intérieur.
Ministre de l'économie durant une partie du gouvernement Raffarin, j'ai défendu la rigueur et la baisse des dépenses publiques. J'ai réalisé l'ouverture du capital d'EDF-GDF et me suis engagé à ce que jamais cette entreprise ne soit privatisée. J'ai renié cet engagement en 2006 en privatisant GDF, je suis donc un menteur
Ministre de l'Intérieur depuis 2002, j'ai mis en place de nombreuses lois liberticides et j'ai réussi à faire exploser l'insécurité alors que j'étais censé la faire diminuer.
Je suis directement responsable du déclenchement de la révolte des banlieues en 2005 par ma politique répressive et mes propos insultants envers les habitants de ces banlieues.
J'ai mis en place la loi CESEDA qui organise l'immigration choisie au profit des capitalistes et j'ai mené la chasse à l'enfant en expulsant les enfants sans-papiers, parfois en les séparant de leurs parents.
J'ai fait obtenir la Légion d'Honneur à un de mes amis qui se trouve être un maire d'extrême droite ayant été condamné à plusieurs reprises pour incitation à la haine raciale. D'ailleurs mon conseiller politique, Patrick Devedjian, est l'un des membres fondateurs d'Occident, ancien groupe d'extrême droite terroriste et antisémite.
J'ai repris l'un des slogans de Jean-Marie Le Pen « la France tu l'aimes ou tu la quittes » et je défends ses thèses que ce soit sur l'immigration ou l'insécurité. Je me vante d'ailleurs d'avoir l'électorat du Front National pour moi.
Je suis un fervent partisan des États-Unis, de George Bush et les néo conservateurs américains m'apprécient beaucoup.
Je suis pour la guerre en Irak et je suis venu apporter mon soutien à mon ami Georges Bush. Je me suis fait photographier lui serrant la main (photo qui rappelle la sinistre poignée de main entre Pétain et Hitler) et, pour paraître plus grand, j'ai fait truquer cette photo (pratique qui rappelle les modifications de photos dans un but de propagande réalisées par Staline et Mao Tsé Dong).
Lors de l'affaire Clearstream j'était au courant depuis le début que mon nom était présent dans les listings et j'ai laissé faire dans le but d'apparaître comme une victime. J'ai même déclaré que je souhaitais voir «pendus à un crochet de boucher » ceux qui ont mis mon nom sur les listings.
Pour rappel, Hitler aussi voulait voir « pendus à un crochet de boucher » ceux qui ont organisé l'attentat manqué contre lui.
Il y a plusieurs mois, j'ai dévoilé à la TV qu'une opération d'arrestation de terroristes allait avoir lieu et j'ai ainsi risqué de faire échouer cette arrestation.
Dans une de mes visites électorale en Corse, aux frais du contribuable,j'ai utilisé pour moi le seul hélicoptère de l'île. Un enfant s'est le même jour gravement blessé en randonnée et il est mort car il n'a pas pu être emmené aux urgences à temps, puisqu'il n'y avait plus d'hélicoptère disponible pour l'y emmener.
Je suis, je suis ..

S'il vous plaît, il est ce que vous voulez, mais surtout pas notre futur président
par Papyves83

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