Liban : Combats dans le nord
dimanche 11 mai 2008.
Des combats à l’arme lourde
Des combats à l’arme lourde opposaient partisans de Hariri et de l’opposition dimanche matin dans le nord du Liban, où les tensions restent vives malgré le début d’apaisement la veille dans le capitale.
Une femme a été tuée lors de ces combats à Tripoli, la grande ville côtière du nord, et plusieurs personnes ont été blessées, a annoncé à l’AFP un responsable des services de sécurité. Quelque 7.000 personnes ont fui les accrochages, qui se produisent dans le nord de la ville, a-t-il dit.
Les combats à la mitrailleuse et au lance-roquette, opposent des partisans de Hariri et des Alaouites, branche dissidente des chiites, alliés du Hezbollah.
La veille, le Hezbollah et ses alliés de l’opposition avaient pourtant donné un signal de conciliation en commençant à retirer leurs combattants des quartiers ouest de Beyrouth conquis la veille, à l’appel de l’armée, à qui le gouvernement s’en est remis pour rétablir "la paix civile". L’armée avait annoncé qu’elle gelait les récentes décisions du gouvernement contre le Hezbollah, à l’origine de violences entre partisans de la majorité et de l’opposition qui ont fait depuis jeudi 37 morts, les pires depuis la fin de la guerre civile (1975-90).
"Le mouvement Amal annonce que ses partisans ont commencé à se retirer des rues de Beyrouth", a déclaré un responsable de ce parti, allié du Hezbollah. Il a cependant ajouté que l’opposition poursuivrait son mouvement de "désobéissance civile".
A un journaliste qui lui demandait si le gel de ces décisions ne constituait pas une humiliation pour la majorité, un de ses leaders, Walid Joumblatt, a dit qu’il était "dans l’intérêt de la préservation de la paix".
L’armée, traditionnellement chargée du maintien de l’ordre, n’est pas intervenue dans les combats, de crainte de scissions. Samedi, les militaires étaient fortement présents sur les principaux axes de la capitale.
La vie avait timidement repris samedi dans l’ouest de Beyrouth, les commerces avaient rouvert et les habitants s’aventuraient dans la rue. La route menant à l’aéroport international de Beyrouth, où aucun vol n’était prévu dimanche, était toujours bloquée. Un responsable de l’opposition a déclaré à l’AFP que cet axe ainsi que d’autres routes resteraient bloquées. Les étrangers ont continué samedi de quitter le pays par la route, via la Syrie, alors que la Turquie et le Koweït évacuaient leurs ressortissants.
(Dimanche, 11 mai 2008 - 09h.30)
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Combats à Tripoli (nord), Beyrouth calme
Beyrouth était calme dimanche mais les partisans du gouvernement et l’opposition se livraient d’intenses combats samedi dans le nord du Liban, principalement à Tripoli, où une femme a été tué, ce qui porte le bilan de cinq jours de violences à au moins 38 morts. Des accrochages ont été signalés dans la vallée de la Bekaa, selon des responsables de la sécurité.
Le calme est revenu dans les quartiers de Beyrouth (centre-ouest), après quatre jours de violences. Mais de nombreuses grandes routes, y compris celle qui mène à l’unique aéroport international, étaient toujours barrées par des empilages de sacs de sable réalisés par l’opposition, qui compte poursuivre sa campagne de "désobéissance civile" jusqu’à satisfaction de ses exigences.
Les heurts les plus violents de dimanche matin se sont produits dans la ville côtière de Tripoli, où des partisans de Hariri ont tiré à la grenade et à la mitrailleuse lourde contre un autre quartier où se trouvaient des opposants, d’après des responsables ayant requis l’anonymat.
Les combats ont gagné en intensité au fil des heures puis la situation s’est apaisée lorsque les troupes libanaises ont commencé à se déployer entre les deux camps. Une femme a été tuée, ce qui porte à 38 morts le bilan global de cinq jours d’affrontements. Ce sont les pires violences qu’ait connues le pays depuis la guerre civile de 1975-90.
Dans la vallée de la Bekaa, dans l’est du Liban, des accrochages entre les deux camps se sont produits dans différents villages et villes. Des partisans de Hariri continuaient de barrer la route menant au principal poste-frontière avec la Syrie, en réponse au barrage de l’accès à l’aéroport.
Après un discours de Fouad Siniora samedi, l’armée a appelé les groupes armés à quitter Beyrouth et rouvrir les routes. Elle a également annoncé que le chef de la sécurité de l’aéroport, limogé car il était soupçonné d’être proche du Hezbollah, conserverait son poste, et a recommandé au gouvernement de revenir sur sa décision de déclarer illégal le système de communications indépendant du mouvement.
Ces deux sujets étaient à l’origine de la tournure violente qu’avait prise la crise politique. La plupart des miliciens du Hezbollah se sont retirés après le communiqué de l’armée, ne laissant qu’une poignée d’alliés armés dans les rues.
(Dimanche, 11 mai 2008 - 11h.35)
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Israël n’a pas l’intention d’intervenir au Liban
Israël a affirmé dimanche suivre attentivement la situation au Liban voisin sans toutefois avoir l’intention de s’en mêler.
Le vice-ministre de la Défense, Matan Vilnai, a déclaré à la radio de l’armée que l’Etat hébreu était prêt à faire face au cas où le Liban, secoué par des violences depuis mercredi, basculerait à nouveau dans la guerre civile.
Les accrochages entre partisans et adversaires de Hariri ont fait au moins 38 morts en quatre jours.
(Dimanche, 11 mai 2008 - 13h.10)
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