Mardi 13 mai 2008

Ils ont osé et… .se sont effondrés

Rim al-Khatib, sud du Liban

13 mai 2008

Ils ont osé … toucher aux armes de la résistance. Jumblatt, le chef milicien de la montagne, a décidé de mettre en application le plan de démantèlement des forces de la résistance islamique, la résistance du Hizbullah, afin de satisfaire ses maîtres d’aujourd’hui, les Etats-Unis et les sionistes.

Jumblatt a osé, et ses forces se sont effondrées…. Voilà que les dirigeants sionistes regrettent aujourd’hui sa chute si rapide. Ils déclarent avoir préparé pendant trois ans ce qui s’est effondré en une nuit.

Pourquoi Jumblatt a-t-il osé toucher aux armes de la résistance, en soulevant la question du système de communication du Hizbullah ? Parce que ses amis américains et israéliens lui avaient promis une délivrance prochaine, parce qu’il se préparait un grand coup, pour les prochaines semaines, pendant « l’été chaud » promis par l’américain David Welsh : une attaque israélienne imminente, préparée intérieurement par les alliés des américains, de Welsh, Rice, Bush, Olmert et Barak…, contre le Liban, sa population et sa résistance.

Jumblatt avait monté le ton ces derniers jours, il a accusé, il n’a cessé de tenir conférence de presse sur conférence presse, accusant tour à tour le Hizbullah et Sayyid Nasrullah, mettant en cause le système de sécurité du parti, et son système de communication.

Que faisait l’ami français de Jumblatt, le député socialiste Pakzad, caméra à la main, devant la maison du secrétaire général du Hizbullah, dans la banlieue sud de Beirut ? Cet ami socialiste, ami et espion des sionistes, a été emmené par le parti de Jumblatt jusqu’à ce lieu, pour le faire arrêter, et pour organiser une conférence de presse par la suite et dénoncer le Hizbullah, accusé d’empêcher les gens de circuler librement dans Beirut, ou plutôt dans la banlieue sud de Beirut. Comment comprendre la mission du sioniste français Pakzad lorsque nous apprenons que la CIA a mis au point un nouveau système de surveillance et de marquage des zones fréquentées par les dirigeants du Hizbullah, afin de leur porter un coup ?

 

Ils ont osé… .tirer sur la population civile

Le jour de la grève générale et de la manifestation prévue par l’union des travailleurs, qui n’était pas une journée de mobilisation politique, mais populaire, pour la défense du droit au pain et au travail, les milices de Hariri s’étaient postées aux fenêtres et aux toits des maisons, pour tirer sur la population en colère. Les milices de Hariri sont financées par l’argent saoudien et se sont constituées en enrôlant des pauvres gens des régions défavorisées dans le nord du pays, pendant ces deux dernières années. Les arrestations ont montré qu’ils étaient arrivés à Beirut dans le but de tirer sur la population. Salariés dans des compagnies de sécurité, devenues très fréquentes dans Beirut, ils se sont vite rendus à l’armée libanaise lorsqu’ils ont compris que leur rôle a consisté à susciter une guerre civile.

Selon des informations parues dans la presse libanaise (al-thabât, notamment), la compagnie de sécurité honnie en Irak, Blackwater a ouvert une succursale à Beirut par le biais des hommes de main du sinistre Geagea. Et il est étonnant que la seule possibilité de travail que les financeurs saoudiens trouvent au Liban, c’est de fonder des sociétés de surveillance. Pour qui ? Le Liban est-il devenu une énorme société de surveillance et de renseignements ? Qu’en pensent les intellectuels « éclairés » mais aveugles du parti de Harîrî, à l’allure moderniste et occidentalisée ?

 

Ils ont osé….susciter une guerre fratricide

Le mufti du palais, Qabbanî, n’a pas eu honte de dénoncer « les étrangers » de Beirut, c’est-à-dire la population shi’ite vivant dans plusieurs quartiers populaires de la capitale, accusant cette minorité confessionnelle dans Beirut d’attaquer la majorité sunnite. Heureusement, les multiples voix sages de la communauté sunnite de Beirut et d’ailleurs ont dénoncé cet appel à la sédition et la guerre fratricide, derrière lesquelles se cachent les gens du pouvoir, chaque fois qu’ils se sentent affaiblis. Le secrétaire général du Hizbullah, sayyid Hassan Nasrullah, avait mis en garde contre de tels appels, contre de telles menaces, disant que cette fois-ci, la menace ne marche plus, car elle n’est basée sur aucune donnée objective. Il n’y a pas et il n’y aura pas de guerre interconfessionnelle, la lutte se déroule entre deux projets : le projet de la résistance et le projet de la collaboration et de l’alignement sur les Etats-Unis. C’est d’ailleurs ce qu’a montré le déroulement de tous les événements au Liban, depuis ce fameux 7 mai, date de la grève générale.

Quoi de plus simple que de susciter les instincts les plus bas ? Comment un mufti peut-il faire appel à la guerre civile ? Pourquoi les shi’ites sont-ils considérés comme étant une population exogène à Beirut, alors qu’ils y vivent depuis près de cent ans ? Qui est la population originaire de la capitale, qui s’est agrandie et embellie (ou enlaidie, cela dépend du point de vue) par le labeur de tous ces pauvres, venus de la montagne, du sud, du nord et de la Bekaa ?

Au nom de quel critère discriminatoire toute cette population devient étrangère à la capitale ? Les idéologues du parti de Hariri, qui se prétendent cultivés et libéraux aux yeux du monde occidental, sont encore plongés, quant au Liban, dans la pensée sombre et discriminatoire du moyen-âge européen.

 Ils ont osé….faire appel à l’étranger contre le peuple et la résistance

Sanioura, chef du gouvernement illégitime, est un menteur effronté. La veille du lundi au mardi soir, son gouvernement prend deux graves décisions : démettre de ses fonctions un officier de l’armée en charge de la sécurité de l’aéroport et remettre en cause et porter devant la justice libanaise le système de communications du Hizbullah, de la résistance. Ces deux décisions, il les a prises sous la menace de Jumblatt, de démissionner si le gouvernement ne les adoptait pas, le soir même. Ce qui fut fait. Sanioura faxa immédiatement la décision au secrétaire général de l’Onu pour faire plaisir à Terry Larsen, le sioniste en poste à l’ONU. Le rapport envoyé par Sanioura devait permettre au conseil de sécurité de l’ONU, qui se réunissait pour voir où en était l’application de la sinistre résolution 1559, de dénoncer la non-application de cette résolution par le parti de la résistance.

Or, quelques jours après, après la vague de mécontentement populaire et la décision de l’opposition de poursuivre son mouvement tant que ces deux résolutions n’étaient pas annulées, Sanioura déclare dans une conférence de presse qu’elles n’ont pas été prises. Le mensonge de Sanioura fut vite dévoilé par le député et responsable politique du mouvement Amal, textes à l’appui. Depuis, Sanioura attend l’aide étrangère.

 Ils ont osé….porter atteinte à l’armée libanaise

L’armée libanaise, contrairement aux armées des pays occidentaux et du tiers-monde en général, n’est pas une armée aux mains du pouvoir. Sa constitution en fait un outil assez étrange : elle ne peut prendre partie dans une bataille entre deux camps sinon elle risque la décomposition. Tout au long des premiers jours, l’armée n’a pas pris position contre l’opposition, ni contre le pouvoir, se contentant de ramasser les « miettes », c’est-à-dire de récupérer les armes et les sièges des organisations du pouvoir qui ressemblaient à des bunkers, n’intervenant qu’après les combats.

Or, le sinistre et criminel de guerre Geagea, tout en déplorant la non-intervention de l’armée libanaise contre l’opposition, menace d’une scission à l’intérieur de l’armée, la seule institution pouvant encore assurer l’unité du pays. Sa déclaration fut suivie par l’intervention américaine contre l’armée libanaise, critiquant également son rôle neutre dans les affrontements, mais promettant aussi son aide. Sanioura a également déploré la non-intervention de l’armée contre le peuple dans la rue, tout comme le représentant saoudien à la ligue arabe, c’est-à-dire le ministre des affaires étrangères.

Concernant le sinistre Geagea, la scission de l’armée est un rêve pour lui, qui lui permettrait de créer sa zone sioniste à l’intérieur du Liban : Geagea rêve de dominer une zone à sa mesure, ne pouvant espérer dominer le Liban.

Concernant l’armée, rappelons qu’elle est intervenue, cet hiver, contre les manifestants de la banlieue sud, pendant la révolte contre la vie chère. Plusieurs citoyens furent tués, mais la sagesse du Hizbullah et de l’opposition consista, à l’époque, à réclamer une enquête indépendante, pour délimiter les responsabilités, et juger les officiers et soldats ayant participé à l’assassinat des citoyens. Le Hizbullah n’aurait-il pas pu, à cette époque, démanteler l’armée, s’il l’avait voulu, en faisant scissionner une grande partie de ses effectifs ?

Il y a ceux qui pensent à l’intérêt du pays, dans sa totalité, et ceux qui pensent à leurs fiefs. Les premiers sont la résistance et ses alliés, et les seconds, les chefs de guerre qui ont mis la main sur le gouvernement.

 Ils ont osé….appliquer les recommandations du sioniste Vinograd

Suite à sa défaite dans sa guerre contre le Liban, en juillet 2006, Israël a voulu savoir pourquoi le Hizbullah a pu lui tenir tête et lui infliger cette défaite. Le rapport Vinograd qui en est sorti recommande le démantèlement du système de communication de la résistance, qui a été capable d’assurer la liaison, en permanence, entre le commandement et les combattants. C’est ce système de communication que les criminels du gouvernement libanais ont voulu remettre en cause.

Non contents d’insulter la résistance et ses combattants (Jumblatt a maintes fois avoué qu’il veut absolument « désacraliser » le Hizbullah) depuis la fin de la guerre de juillet-août 2006,

Non contents d’avoir en leur sein des personnes directement responsables d’avoir donné des informations aux Américains (Marwan Hamade, ministre des communications, appartenant au parti de Jumblatt et courtisé par les services de renseignements étrangers) et par là, aux sionistes, ayant conduit au pilonnage meurtrier des derniers jours de la guerre (pensant que le dirigeant de la résistance s’y trouvait),

Non contents de leur silence criminel face aux violations incessantes d’Israël de leur sol et de leur air, depuis la guerre de juillet 2006,

Non contents de leur silence effarant concernant les prisonniers libanais toujours détenus dans les prisons israéliennes, concernant les victimes civiles qui tombent toujours à cause des bombes déversées par l’armée sioniste,

Ils ont osé…jouer avec le feu, et essayer de frapper la résistance en remettant en cause une de ses principales armes, qui ont protégé la capitale Beirut au cours de la guerre. Ils veulent offrir le Liban tout nu aux ambitions sionistes, politiques et territoriales.

Dans un pays normal, une telle attitude mériterait une cour martiale.

 Ils ont osé…commettre des massacres

Les bandes sauvages enrôlées par l’argent saoudien de Hariri ont attaqué le siège du parti nationaliste syrien (libanais d’origine et de composition) à Halba, dans le nord. 14 membres du parti ont été tués par les gens haineux, qui voulaient élargir la guerre vers le nord du pays. 3 des martyrs du parti furent achevés alors que l’ambulance les emmenait, blessés, à l’hôpital.

Les milices haineuses de Jumblatt ont kidnappé, tué et défiguré les dépouilles de trois membres du Hizbullah, à Aley, dans la montagne, avant de les jeter devant un hôpital.

Le parti nationaliste syrien a remis l’affaire entre les mains de la justice libanaise : les documents visuels de la bataille contre le siège existent et seront dévoilés en temps voulu, lorsque l’armée prendra la sécurité du pays en main et que les juges ne seront pas des supplétifs du pouvoir en place.

Dans le nord, les milices de la haine ont incendié les sièges de plusieurs partis, dont celui de Michel Aoun. Certaines parties, très « généreuses » ont voulu mettre ces actes sur le compte de la « colère » d’avoir été évincés de Beirut. Au nord, la plaque commémorative du prisonnier Yahya Skaf a été arrachée et détruite, parce que Yahya Skaf, combattant libanais de la résistance palestinienne, a représenté pour eux le symbole de la résistance, et il l’est effectivement, pour nous tous.

 Ils ont osé…accuser la résistance de sédition

C’est au tour des régimes arabes de prendre le relais, lorsque les gens du pouvoir se sont effondrés face à la résistance et ses alliés. Le ministre saoudien des affaires étrangères a accusé le Hizbullah d’avoir envahi Beirut, comme si Beirut était devenu un fief saoudien, malgré tout l’argent que les saoudiens ont déversé. Il a même osé…proposer l’envoi de troupes arabes pour soutenir le gouvernement de Sanioura, lui qui avait approuvé implicitement et même explicitement le bombardement du Liban en juillet 2006. Et le minitre saoudien a voulu, immédiatement, lancer une guerre arabe contre l’Iran, accusée de soutenir l’opposition. Bref, la même litanie remâchée depuis quelques années. Mais le représentant syrien lui a sèchement répondu : pourquoi ne pas avoir pensé à envoyer vos troupes arabes lors de l’attaque israélienne en juillet 2006 ? Pourquoi intervenir dans les affaires intérieures libanaises, en envoyant des troupes ? La ligue arabe doit se tenir à distance à égalité entre toutes les parties. Si vous tenez tellement à sauver, par les armées, vos frères arabes, pourquoi ne pas les envoyer défendre la population palestinienne à Gaza ? Pourquoi vous restez silencieux face aux massacres quotidiens de civils et des enfants à Gaza ?

Mais la manœuvre saoudienne a échoué. Ils voulaient, par leurs appels à la haine et à la guerre civile, entamer la popularité du Hizbullah auprès des masses et des peuples arabes. Peine perdue, car depuis longtemps, et surtout depuis 2005, lorsque les résistances en Palestine et au Liban ont clairement démontré que les régimes alignés sur les Etats-Unis et Israël sont capables de toutes les perfidies, les peuples arabes ne se font plus avoir par des slogans haineux : le guide des Frères musulmans a envoyé un message de solidarité à la résistance au Liban, plusieurs intellectuels et hommes politiques jordaniens ont clairement affirmé leur soutien au Hizbullah et à l’opposition. Des partis algériens se sont également exprimés, montrant que la bataille en cours n’a rien d’une guerre confessionnelle ou religieuse, tel que le pouvoir libanais veut le faire croire, mais d’une bataille pour la défense de la résistance contre les collaborateurs et les criminels, qui veulent livrer leur pays aux sionistes.

 Ils ont osé….mais sont impuissants

Les représentants de la France ont osé….menacer le Hizbullah et l’opposition. Kouchner va-t-en-guerre a osé… déclarer son alignement aux côtés du gouvernement illégal. Il est vrai que la France ne connaît pas et n’a pas connu, même en pleine guerre de libération, ce que signifie que de larges couches d’un peuple se mobilisent pour défendre la résistance. Non pas vers la fin de la guerre, mais en plein milieu, c’est-à-dire que ces couches n’espèrent aucun gain, sauf l’avenir de leur pays, qu’elles sont prêtes à mourir et à vivre pour que la résistance soit toujours là, forte, attendant le moment crucial de la libération totale. Kouchner espère-t-il pouvoir combattre ces masses mobilisées ? Comme Wi’am Wahhab (homme politique druze allié à la résistance) a recommandé à Geagea d’être sage et de se tenir tranquille, nous disons la même chose aux représentants et dirigeants français : tenez-vous tranquille ! Vous n’êtes pas en mesure de faire face…. Le public de la résistance ne vous pardonnera pas un alignement quelconque.

 

Ils ont osé…et se sont effondrés.

DR JEAN EL CHEIKH
PARTI COMMUNISTE LIBANAIS 

par BANDERA ROSSA publié dans : pcfcapcorse communauté : Un PCF de lutte des classes !
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Mardi 13 mai 2008

                                     

La nouvelle guerre: La responsabilité et la solution

 

La situation au Liban est très dangereuse, puisque les combats entre la "majorité" et "l'opposition" s'étendent à toutes les régions qui avaient déjà vécu la guerre civile, entre 1975 et 1990.

Le gouvernement de Fouad Sanioura a commis une erreur grave, plutôt mortelle, en prenant à la hâte des décisions concernant la Résistance et le Hezbollah, dont la plus importante est l'arrêt du réseau téléphonique qui fut concédé à la résistance pour des raisons stratégiques. Pourquoi ces décisions furent-elle fatale? Parce qu'elles  ont fait suite à des nouvelles parues en Israël sur l'échec d'une opération contre la Banlieue sud de Beyrouth qui aurait dû avoir lieu le 25 avril et dont le but était l'assassinat de Hassan Nasrallah et de son état-major... Opération passant justement par l'Aéroport international de Beyrouth.

Il est à penser que ce sont les Etats-Unis qui ordonnèrent de telles mesures, même si c'est Walid Joumblat qui mit le feu à la poudre en menant une campagne outrancière contre le réseau de communicatioons du Hezbollah et en demandant, en plus, le départ d'un officier de l'armée ami de ce parti, par suite de la présence d'une caméra dirigée vers la piste 17 de l'AIB...

En effet, comme je l'avais signalé alors, la venue de David Walsh, conseiller de Condoleeza Rice, avait exacerbé les tensions déjà existantes. De même, il ne faut pas oublier ni les agissements de certains guvernements européens, dont celui de Berlusconi, qui demandent un changement radical dans le rôle de la Finul renforcée et son déploiement sur les frontières avec la Syrie, ni les changements opérés sur le terrain par la Finul dans certains secteurs du Liban sud (je vous avais parlé de cela aussi).

D'ailleurs, aujourd'hui, et pendant que les ministres arabes des affaires étrangères étaient réunis, le même David Walsh est venu en hâte au Caire où il a rencontré Amro Moussa pour demander une décision musclée contre le Hezbollah et la Syrie concernant les événements sanglants du Liban. Il faut dire que Washington voudrait faire payer au Liban, au Hezbollah surtout, la cuisant défaite de l'été 2006; et comme Israël n'est pas prêt à recommencer, la consigne est de faire en sorte que ses amis libanais et arbes (les Saoudiens, Egyptiens, Jordaniens et autres) puissent faire en sorte de mettre ce parti hors d'état de nuire. C'est ainsi que nous comprenons l'assassinat de Imad Moghnieh, l'opération du 25 avril et toutes les violations qui se font quotidiennement contre notre territoire, en plus des campagnes virulentes menées par Saad Hariri et Walid Joumblat contre Damas, Téhéran et le Hezbollah.

Bien entendu, l'opposition est aussi fautive, parce que la réaction de Hassan Nasrallah, si elle est compréhensible quant à sa volonté de défendre ses armes, a abouti à ce de quoi nous avions peur depuis la fin de l'agression israélienne en 2006, à savoir : une guerre sunnite-chiite, ou ce que j'avais appelé, il y a deux ans, l'irakisation du Liban, surtout que les fondamentalistes sunnites, dont Al Qaëda et autres factions du genre, sont désormais bien présents au Liban (cf. ce qui s'est passé à Nahr elBared avec le Fath alIslam).

Les combats font tache d'huile; et, même s'ils s'arrêtent, les esprits sont survoltés et l'engrenage est déjà mis en route. La guerre civile ou une de ses formules a commencé, même si les opposants à Sanioura disent que c'est une guerre de la Résistance contre le projet étasunien dans la région.

La seule issue possible, qui doit être rapide, est un retour au dialogue, mais nous pensons qu'un dialogue interconfessionnel ne va pas aboutir ou, s'il aboutit, ne fera pas long feu.

Il faut ouvrir le dialogue à toutes les forces politiques, dont les forces non confessionnelles, et à tous les représentants de la société civile (dont, surtout, les syndicats). Les bases de ce dialogue seront:

1. L'élection d'un nouveau président de la République.

2. La formation, au même moment, d'un gouvernement de transition dont la tâche sera:

-La formation de la Haute commission pour la suppression du confessionnalisme, selon le contenu de l'Accord de Taëf.

-L'instauration d'une nouvelle loi électorale non confessionnelle.

-La restauration du Conseil économique et social afin d'étudier les mesures nécessaires pour faire sortir le Liban de la crise dans laquelle il se trouve.

-La mise au point d'une vision claire sur les relations syro libanaises.

Ce gouvernement aura six mois pour réaliser la mission qui lui échoit.

Nous pensons que ces points constitueront le minimum possible. Sinon, le Liban va sombrer, une fois de plus, dans le chaos.

Il est nécessaire que les forces politiques de la gauche européenne, que le PCF surtout, fassent campagne dans ce sens.

 

Pour le Parti Communiste Libanais :

                                                          Marie Debs (12/05/2008)


 

 

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