Prague met hors la loi les jeunes communistes
L'Humanité, 20 Octobre 2006.
République tchèque . Le gouvernement interdit l’Union des jeunes communistes sous prétexte qu’elle défend la propriété collective.
Interdite pour avoir prôné dans ses statuts le passage d’une « propriété privée » des modes de production à une « propriété collective » : c’est ce qui arrive à l’Union de la Jeunesse communiste de République tchèque (KSM). La décision du ministère de l’Intérieur a été communiquée à l’organisation lundi par lettre. La KSM dispose de trente jours pour se pourvoir en justice, un appel suspensif.
Cela fait plusieurs mois que les jeunes communistes sont dans le collimateur du pouvoir en République tchèque. À l’origine, indique hier la KSM, le ministre de l’Intérieur a remis en cause son statut associatif sous prétexte qu’elle « interférait » avec des activités réservées aux partis politiques, comme la définition d’un modèle économique. Puis ce sont les références à Marx, Engels et Lénine, et l’appel à une « révolution socialiste », qui ont été les arguments mis en avant par le gouvernement. Avant que ce dernier ne choisisse finalement de dénoncer le soutien à un mode de production sous « propriété collective », qui est jugé contraire aux garanties offertes dans la Constitution tchèque au régime de propriété privée.
« La mise hors la loi de la KSM intervient dans une atmosphère de chasse aux sorcières, d’attaques et de campagnes - anticommunistes sous des formes variées et de nouveaux appels pour la criminalisation du Parti communiste tchèque (KSCM) », affirme la KSM en faisant - référence notamment aux récentes campagnes électorales où le KSCM a été mis au ban par l’ensemble des autres forces politiques, y compris par les sociaux— démocrates. Pour la KSM, cette décision correspond à une tentative de mise « hors la loi du mouvement communiste » aux niveaux national et européen.
http://solidarite-pcf-ksm.over-blog.com
Signez, faites signer la pétition!
L’Union Communiste de la Jeunesse de la République tchèque (KSM) a été officiellement interdite par le gouvernement le 16 octobre dernier. Le motif finalement retenu pour prononcer la dissolution de la JC tchèque est l’expression dans ses statuts de la nécessité de remplacer la propriété privée des moyens de production par une propriété collective. Le 14 novembre, la JC tchèque a fait appel de cette décision auprès de la cour de justice tchèque. Tout en préparant activement sa défense, elle organise dans tout le pays ainsi qu’au niveau international un grand mouvement de protestation contre son interdiction.
En République tchèque par exemple des organisations d’anciens combattants antifascistes, des organisations étudiantes, des partis politiques et des associations de défenses des droits civiques se sont mobilisés. Des milliers de personnes ont protesté devant le Ministère de l’Intérieur tchèque et devant les ambassades de la République tchèque dans leur pays respectif. De nombreux députés ont exprimé leur solidarité avec la JC tchèque, ainsi que des intellectuels et personnalités comme le prix Nobel Dario Fo, le leader zapatiste Marcos ou le chanteur Bono Vox de U2. La Fédération Mondiale de la Jeunesse (FMJD) a organisé une journée internationale de solidarité avec la JC tchèque le 27 février 2006. Du 27 au 29 octobre s’est tenu à Prague le 5ème congrès des organisations de jeunesses communistes européennes en soutien à la JC tchèque. Des manifestations de soutien ont été organisées devant les ambassades de la République tchèque dans de nombreux pays dans le monde.
Nous appelons à multiplier les initiatives de ce genre. Nous exprimons notre entière solidarité avec l’Union Communiste de la Jeunesse tchèque et condamnons cette décision sans précédent du ministre de l’intérieur de la république tchèque en nous associant à la pétition internationale lancée au début de l’année contre le projet d’interdiction de la KSM.
Pétition:
Nous, soussignés, protestons avec véhémence contre les actions judiciaires arbitraires prises par le Ministère de l'Intérieur de la République tchèque pour dissoudre l'Union Communiste de la Jeunesse - KSM. Ces actions, basées sur une discrimination politique et idéologique, ne peuvent être considérées que comme faisant partie d'une campagne anti-démocratique et anti-communiste injuste, qui cherche à restreindre la liberté d'association et d'expression du peuple de la République Tchèque et en particulier de sa jeunesse. Les initiatives prises contre la KSM sont une forme inadmissible de manipulation politique et idéologique, qui, en ciblant les communistes, tente une nouvelle fois de criminaliser l'idéologie communiste et toute action sociale revendiquant la mise en oeuvre des aspirations légitimes de la jeunesse envers la paix, l'enseignement, le travail, la solidarité, un environnement sain et une culture progressiste pour tous.
La tentative de forcer la KSM à modifier sa base idéologique, ou de bannir ses activités, cela juste avant les élections parlementaires, représente également une nouvelle et sérieuse attaque contre le Parti Communiste de Bohème et Moravie, un parti qui occupe la 3ème place au parlement national. Ces mesures minent en fait directement toute une série de libertés et de garanties démocratiques pour la population de la République tchèque. Cette nouvelle action du gouvernement tchèque vise à donner un nouvel élan aux différentes discriminations qui ciblent déjà les communistes et blanchissent les crimes commis par les partisans de la politique et de l'idéologie fasciste et nazie. Nous exprimons notre entière solidarité avec l'Union Communiste de la Jeunesse - KSM, avec les communistes et les autres progressistes de la République Tchèque dans leur combat pour la défense des droits et libertés démocratiques élémentaires. Nous exigeons la fin immédiate des attaques et nous exigeons des démarches concrètes pour restaurer les libertés démocratiques de base de la jeunesse tchèque et la liberté d'action pour l'Union Communiste de la Jeunesse - KSM.
CETTE PETITION SERA ADRESSEE A L’AMBASSADE DE REPUBLIQUE TCHEQUE
(fax: 01 40 65 13 13),
Collecte des pétitions:
Solidarité KSM
PCF, 130 rue Castagnary
75015 PARIS,
Vous pouvez envoyer vos messages de soutien au Parti communiste de Bohème-Moravie. Fax: 00 420 222 897 426
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