Dimanche 18 mai 2008

                                     Le Havane et la plume

 

André Santini, secrétaire d’État chargé de la Fonction publique, est un grand fumeur de cigares (il a déclaré dépenser 1000 euros par mois pour ses cigares : le salaire d’un fonctionnaire de catégorie C). En février 2008, il fut mis en examen pour détournement de fonds (il est, naturellement, présumé innocent, mais ce n’est pas moi qui l’ai mis en examen). Il vient de déclarer, à l’occasion d’une grève très suivie dans la fonction publique, que « faire la grève était ringard » et que les grévistes feraient mieux de s’inspirer des Japonais et porter un brassard. André Santini est le frère d’Hervé, grand homme d’affaires, autrefois proche de la BCCI, une banque très sulfureuse connaissant bien les pétrodollars. Le ministre est un homme très drôle. On se souvient de ses piques à l’adresse de Raymond Barre, son mentor en politique, ou de Giscard : « Je crois qu’on en a fait un peu trop pour les obsèques de François Mitterrand. Je ne me souviens pas qu’on en ait fait autant pour Giscard ». La suggestion du brassard est révélatrice de l’immense mépris qu’un Santini éprouve pour les fonctionnaires. Montant sur ses grands chevaux, François Chérèque, secrétaire général de la CFDT, répliqua que, tant qu’à faire, les fonctionnaires pourraient aussi « se mettre une plume dans le derrière ». Dans un débat politique, on n’a jamais intérêt à se situer plus bas qu’un antagoniste. Chérèque, dont le frère est vice-président d’une importante société de technologie de pointe et dont le père, ancien grand responsable syndical, accepta les suppressions d’emplois dans la sidérurgie après avoir déclaré qu’il fallait « retirer les hauts fourneaux de la tête des sidérurgistes lorrains », s’est peut-être trompé d’orifice. Il est en effet un grand spécialiste de l’avalage de couleuvres au détriment des salariés français.

 

                                                                       par Romain Lafforgue

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Dimanche 18 mai 2008

 COMPRENDRE
                   
                                                COMPASSION ET IMPERIALISME                               
                                                      Jacques Richaud

Quel lien peut-il y avoir entre les dérives d’une organisation enlevant de faux orphelins tchadiens et un ministre préparant l’opinion au bombardement de l’Iran ? Entre un donateur du téléton et la croisade de l’axe du bien ? Entre les foules manifestant leur indignation devant le crime horrible d’un seul enfant et …l’infime mobilisation contre les crimes de guerre des armées d’occupation à Gaza ou en Irak ? Entre les rodomontades d’un imposteur sans frontières invité sur tous les plateaux télévisés et l’assourdissant silence face à la misère et à l’exploitation à notre porte autant que dans des horizons plus lointains ?

Comment se construisent nos indignations sélectives ? Qui les manipule ? Et surtout quelle est notre responsabilité ? Mais cela peut-il durer ?

LA COMPASSION EST UNE « VERTU » CAPITALISTE :

En face de ses « laissés pour compte » la démocratie dans sa déclinaison capitaliste a élevé la compassion au rang de substitut à ce qui aurait du être source d’interrogation profonde sur sa propre nature et les effets de sa mise en œuvre.

Cette promotion sentimentale n’est pas secondaire ou annexe, elle s’inscrit dans une stratégie de pouvoir. Tocqueville en Amérique avait déjà observé cette « douceur démocratique » qui visait surtout à atténuer les désirs de violence que générait spontanément une société de domination et d’exploitation ; la démocratie bourgeoise depuis les origines n’est pas l’outil de la lutte des classes elle en est l’adversaire visant à en délégitimer le projet en niant la cause des révoltes possibles. Le « point aveugle » d’une idéologie qui ne veut pas se remettre en cause est ainsi occupé par « les sentiments » qui remplacent « la » politique. Annah Arendt avait aussi montré que la pitié pouvait être instrumentalisée pour écarter les citoyens de la réflexion politique. Les églises ont presque toujours et partout joué le même rôle (1- 2). Une part du sarkozysme qui voit le président se placer toujours au côté des « victimes », d’abord mais aussi en dernier lieu, joue de ce même registre qui permet de compatir aux effets sans examiner les causes dans une société ou règne la violence sociale et institutionnelle. Cette violence même est entretenue qui affecte le plus grand nombre, alors que la délinquance relativement marginale traduit la saturation des processus régulateurs normalement présents dans une société apaisée. La tension qui est entretenue servira de justificatif à l’ordre autoritaire et la posture compassionnelle exonérera les vrais responsables de leur devoir de réduire les injustices sociales. « Tenter d’expliquer c’est vouloir justifier » (3) disait le candidat présidentiel…La compassion et le bâton sont les deux faces de la démocratie compassionnelle.

LA COMPASSION EST SPECTACLE :

En réalité la compassion ne fait qu’entériner l’existence d’une souffrance ou d’un état dont on peut renoncer à corriger la cause. Le sujet même qui en bénéficie pourrait légitimement se révolter contre cette fausse bienveillance tardive qui se veut compensatoire de l’impuissance ou dissimulatrice de la non-volonté qui l’a précédée. Il est une « politique de la pitié » qui devrait faire honte à ceux qui portent la responsabilité des situations créées. Lorsque la situation elle-même prend allure de réquisitoire il est plus facile de mobiliser l’émotion que réviser une politique…La société du spectacle et des médias trouve même dans ce sentimentalisme devenu universel une matière première merveilleusement télégénique comme le sont les immenses camps de réfugiés ou les modestes tentes rougeoyantes du canal Saint Martin au seuil de l’hiver. Cette matière première toujours renouvelée sert d’épître a nos rituels compassionnels collectifs qui nous détourneront des vraies causes de la misère et des guerres. Le téléton fera pleurer dans les chaumières et taire les questionnements de fond sur le financement de la recherche et les profits exorbitants des firmes pour lesquelles la maladie est un marché comme les autres. Le fait divers le plus odieux jette dans la rue des foules compatissantes bien plus nombreuses que celles pour revendiquer l’abolition de la misère, la fin des ventes d’armes ou le refus d’envoyer nos soldats tuer femmes et enfants au-delà des mers. Le tsunami remplit les caisses des organisations non gouvernementales et masque l’indifférence aux crimes des guerres impérialistes faites en notre nom et financées par nous. Les dames patronnesses de jadis se fédèrent désormais en ONG reconnues d’utilité publique, prêts à prêcher des croisades nouvelles pour sauver de faux orphelins ou légitimer des ingérences « humanitaires » aux vraies motivations inavouables.

L’homme révolté, celui décliné par Marx autant que par Camus ou Sartre est remplacé par l’homme compassionnel, celui si bien décrit par Myriam Revault D’Allones (4) ; mais cet homme là est-il encore un démocrate et exerce t-il sa liberté de citoyen ou est-il instrumentalisé ?

COMPASSION ET IMPERIALISME :

Les damnés de la terre, les oubliés et les assassinés de toutes les famines et de toutes les guerres, voient parfois se diriger vers eux au mieux les héritiers des « french doctor » et les dispensateurs de « l’aumône onusienne » faite aux pauvres. Mais cet exercice lui-même connaît ses limites car nécessitant financement propre : La situation n’est pas exactement la même lorsqu’il s’agit comme l’ONU le fait depuis longtemps d’écouler des excédents de production en valorisant aussi la bonne conscience occidentale et lorsque la hausse des cours résultant de la spéculation financière crée une vraie pénurie et une cherté qui augmente le prix de l’aumône…

Il nous est annoncé une « crise alimentaire mondiale » dont la dimension vertigineuse pourrait bien devenir « génocidaire » pour les continents les plus fragilisés par les entraves antérieures au développement, la spoliation de leurs richesses et l’organisation administrée de leur « dépendance » par l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) et le Fond Monétaire International (FMI) qui ont déployé leur génie à anéantir l’autosuffisance alimentaire dont l’absence va s’avérer mortelle.

Les luttes d’émancipation ont été dans de vastes zones précédemment colonisées étouffées dans le sang d’abord puis découragées par la corruption des gouvernants dans des contrats asymétriques d’aide au développement qui ne visaient qu’a prolonger la dépendance et la faiblesse de continents entiers. La bonne conscience occidentale a eu besoin de s’inventer une aptitude à la compassion en substitut de repentance pour les crimes coloniaux antérieurs commis et pour masquer la violence entretenue, qui culmine dans la corruption et le marché des armes rendant meurtrières les luttes fratricides souvent manipulées pour le contrôle des matières premières par des firmes occidentales.

UNE CRISE ALIMENTAIRE INEDITE :

La crise qui débute s’annonce déjà terrible par son étendue prévisible et le nombre de victimes qui feront des souvenirs du Biafra et du Sahel des épisodes mineurs dans une tragédie continentale qui échappera au contrôle et peut-être aussi à la volonté de l’occident. Il se pourrait que cette crise alimentaire mondiale fasse exploser les limites du concept « compassionnel » et en révèle l’imposture globale.

Les peuples « assistés » savaient depuis longtemps la véracité du proverbe oriental selon lequel « La main qui reçoit est toujours plus basse que la main qui donne » ; sans doute la détresse prévisible et nos abandons probables changeront-ils certains comportements. En 2000, un rapport onusien tombé dans l’indifférence universelle de nos bonnes consciences prévoyait pour la seule Afrique et avant 2020 une mortalité par famine et épidémies qui pourrait atteindre quarante millions de morts…Nous nous accommodons déjà très bien de cette surmortalité qui décime le continent et n’avons guère soutenu les peuples africains en procès contre les firmes pharmaceutiques refusant le droit aux génériques de populations non solvables ou les paysans criant leur détresse devant l’appropriation des semences par des firmes US. Le chiffre avancé en 2000 est très sérieusement révisé à la hausse mais cela suffira t-il à rompre notre indifférence ? Nous faisons chez nous le décompte précis de nos « accidents » quotidiens et nous avons œuvré à comptabiliser nos tragédies européennes jusque à inscrire la revendication de l’indemnisation des survivants ; pourtant nous continuons à penser, au fond, que certaines vies n’ont pas la même valeur que celle de nos propres enfants. La compassion qui sera bientôt débordée se révélera pour ce qu’elle n’avait jamais cessé d’être, l’allié objectif de la violence dont elle prétendait corriger les effets. Ce qui va changer dans le siècle qui s’ouvre c’est que les impostures du capitalisme mondialisé éclateront au grand jour, même dans les zones ou le credo de cette idéologie semblait inattaquable, comme la crise des « subprimes » le démontre déjà sur le territoire US. La crise financière cache une crise sociale bien plus profonde et grave que les revers financiers de quelques investisseurs hasardeux, elle va révéler l’existence d’un apartheid mondial organisé que nul projet ne prévoyait de réduire.

Que certains personnages (5) aient lumineusement illustré cette évidence par un parcours montrant que l’on pouvait avoir été french doctor, sauveteur de boat-people et distributeur de riz en Somalie, avant d’approuver les bombardements de l’OTAN dans les Balkans puis l’invasion de l’Irak et demain la guerre contre l’Iran, montre que la compassion dévoyée n’est pas de gauche ou de droite, elle n’a pas de couleur politique, elle est le contraire de la politique ! La compassion est faite pour endormir les consciences et pas pour réveiller les citoyens, elle est faite pour diaboliser ceux qui encouragent les luttes d’émancipation et les révoltes légitimes en leur opposant un contre-faux-modèle d’humanisme qui s’autolégitime pour justifier le pire. C’est du droit de l’hommisme dont je parle ici.

DROITS DE L’HOMME ET IMPERIALISME :

Les Droits de l’Homme sont devenus l’idéologie de substitution qui nous détourne de jeter un regard sur notre propre univers capitaliste. Le lien avec l’homme compassionnel doit être entretenu pour que nul ne s’interroge sur le fait que le premier droit défendu sera celui de propriété, c’est à dire objectivement la légitimation de la dépossession dans un ordre du monde qui s’est construit selon un mode historiquement très inégalitaire. La défense des droits de l’homme trouve dés son exposé sa propre limite qui est de ne pas prétendre transformer un ordre injuste, seulement peut-être en corriger quelques excès…

Rien d’étonnant à ce que ces droits de l’homme soient mobilisés comme argument premier des croisés de l’axe du bien dans un choc des civilisations qui est d’abord le renforcement d’une révolution conservatrice.

La « bonne foi » des citoyens embrigadés dans le soutien à cette croisade est souvent sincère. Mais les nouveaux « croisés » devraient s’interroger sur l’évidence du mauvais accueil que leur font les populations qu’ils voudraient ‘délivrer’ ou ‘civiliser’…Leur bonne foi est sans doute égale à celle des ‘conquistadores’ de jadis face aux peuplades ‘sauvages’. On ne peut qu’encourager la lecture du court essai magistral d’Immanuel Wallerstein, (6) nous montrant la pleine actualité de la « Controverse de Valladolid » dont les termes relatifs à la définition de l’universalisme étaient déjà débattus au XVIme siècle. Le débat de l’époque analysé par l’auteur s’avère intégralement transposable dans une analyse que nous pouvons amorcer de notre « droit d’ingérence », au nom de présumées valeurs dont nous serions dépositaires.

Sans attendre le rappel de cette controverse magistrale d’autres voix s’étaient élevées dans le siècle contre nos prétentions impérialistes : Celle d’Aimé Césaire qui expliquait magistralement le 24 octobre 1956 la raison de sa rupture non pas avec les idées communistes mais avec le parti communiste français (6) : celles de Frantz Fanon et d’Abdel-Malek dans les années soixante ; puis celle d’Edward Said surtout depuis les années quatre-vingt…Chacun su décrypter l’évidence de l’imposture de nos « droits de l’homme ».

Après la lecture de Wallerstein chacun reconnaîtra combien dans notre entourage sont encore peu nombreux les héritiers de Bartolomé de las Casas qui défendait les ‘indiens’ et combien ressemblent furieusement à son contradicteur Sepùlveda ceux qui prétendent mener en notre nom une « guerre de civilisation ».

EN CONCLUSION : Nous vivons un défi inouï à la veille d’une catastrophe alimentaire mondiale dont les effets encore aggravés par les désordres écologiques et climatiques dépasseront les habituelles capacités de dissimulation par nos entreprises compassionnelles. Notre indifférence génocidaire sera mise en accusation par des centaines de millions d’hommes, femmes et enfants, qui paieront le prix de nos choix. Le président Bush disait pour justifier son indifférence au sort de la planète : « Notre mode de vie n’est pas négociable ». La formule concentre et résume toute l’horreur du capitalisme mondialisé fondant sa prospérité sur l’existence des inégalités extrêmes.

Mais ce credo est aussi celui de tout l’impérialisme occidental qui ne fait que culminer aux USA, en occupant aussi l’esprit de beaucoup d’autres peuples ; et l’Amérique n’est pas la dernière à user du leurre compassionnel pour se dédouaner de ses responsabilités. Jusqu’à quand ?

Devrait-on résumer en disant « compassion ou révolution ? » ; sans doute le choix n’est-il pas aussi binaire. Mais les deux termes méritent être juxtaposés pour que s’éclairent certaines contradictions ; pour que le concept d’internationalisme et de solidarité ne soit plus un concept mystificateur ; pour que la mobilisation de nos ‘bonnes consciences’ perçoive ce que peut dissimuler la défense des ‘droits de l’homme’ et de quelles manipulations elle peut faire l’objet, les exemples sont nombreux.

(1) Le sabre et le goupillon…Encore et toujours.
http://www.oulala.net/Portail/artic...

(2) Le Pape confirme les bienfaits de la colonisation
http://www.oulala.net/Portail/artic...

(3) Le 26 9 2005 Le ministre de l’intérieur Nicolas Sarkozy, lors de l’émission ‘Contre courant’ sur F2 énonce : « Lorsqu’on commence à expliquer l’inexplicable, c’est qu’on s’apprête à excuser l’inexcusable »

(4) L’homme compassionnel – Myriam Revault D’Allones (Ed Seuil 2007 )

(5) Du Biafra à …La guerre préventive- La fin d’un « french doctor ».
http://www.oulala.net/Portail/artic...

(6) L’Universalisme Européen – De la colonisation au Droit d’ingérence – Immanuel Wallerstein (Ed Demopolis 2007)

(7) La lettre d’Aimé Césaire à Maurice Thorez.
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Dimanche 18 mai 2008

                              
34ème Congrès du Parti communiste français :

les premiers textes des ateliers de réflexion sont sur le site du Parti:


http://www.pcf.fr/spip.php?rubrique299

                                                                                                                                                                                                                

                                                                                                                                                                           
                                                                                                                                                 
                                                                                                                u cursinu rossu
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Dimanche 18 mai 2008

Séisme en Chine et amnésie du Nouvel-Obs.

Le séisme du lundi 12 mai 2008 en Chine a particulièrement frappé le Sichuan région du « grand Tibet ».
Le Premier ministre chinois Wen Jiabao est arrivé le soir même, à 22 heures, dans la zone de l'épicentre du séisme à Dujiangyan.

Il s'est enquis de l'état de santé des rescapés avant de se rendre sur les lieux d'un l'hôpital partiellement détruit où restaient encore ensevelies une centaine de personnes.
Le Dalaï Lama se devait de parler. Il l'a fait le lendemain, mardi 13 mai. "Nous exprimons toutes nos condoléances aux familles endeuillées par cette grande tragédie et nous admirons la réponse rapide des autorités chinoises à déployer des équipes de secours pour secourir les survivants"
La presse française, qui s'en serait voulu naguère de censurer la moindre de ses paroles autour de la flamme olympique, a occulté ces propos.
A Paris, les Dalaï-lamistes, plus Dalaï-lamistes que le Dalaï-Lama se bouchent les oreilles devant pareil encensement « politiquement incorrect » et contreproductif dans le cadre de la Mère de toutes les Batailles Ménardo-manichéenne.
Une recherche sur Internet et sur le site de la ville de Paris permet de découvrir que Bertrand Delanoë, qui fit en avril le Dalaï Lama citoyen d'honneur de la Capitale, a exprimé sa "profonde émotion". Hélas, le communiqué date du 9 mai et concerne la mort d'un chanteur français, Pascal Sevran !
Supposons naïvement qu'il soit possible, sans être soupçonné de vouloir importer le système politique chinois en France, de convenir que la réponse fut en effet rapide au plus haut niveau.
Le site Internet du Nouvel Observateur du 14 mai note d'ailleurs que le « premier ministre Wen Jiabao s'est immédiatement rendu sur les lieux pour prendre la direction des opérations de sauvetage, comme ferait n'importe quel leader politique ».
La précision « comme ferait n'importe quel leader politique » tend à minimiser la réactivité, du dirigeant chinois. Nullement exemplaire, elle serait au contraire courante dans de telles circonstances. De la routine pour les chefs d'Etat.
Cependant, le Nouvel- Observateur parie ainsi sur l'amnésie des lecteurs qui n'ont sûrement pas tous oublié ce qui suit.
Le 29 août 2005, le cyclone Katrina dévaste la Louisiane.
Selon l'hebdomadaire Newsweek, vers 20 heures, le gouverneur de Louisiane a réclamé de l'assistance au président Bush qui ira se coucher sans avoir répondu à sa demande.
Le jour après que Katrina eut atteint la côte du Mexique, Bush jouait au golf. Il attendit 3 jours avant d'apparaître à la Télé et 5 jours avant de visiter les lieues du désastre. Dans un éditorial cinglant, le New York Times écrivit « Rien dans le comportement d'hier du Président- qui semblait désinvolte au point d'en être imprudent- rien ne témoignait qu'il comprenait la gravité de la crise en cours »
Entre-temps, des militaires armés vont quadriller la région sinistrée avec ordre de tirer sur les pillards privés de nourriture.
Le gouverneur Kathleen Blanco a été explicite : « 300 soldats de la garde nationale viennent juste de rentrer d'Irak. Ils ont une certaine expérience des combats. Ils rétabliront l'ordre dans les rues. Ils ont des M-16 prêts à tirer. Ces troupes savent comment tirer et tuer et elles sont plus que jamais prêtes à le faire ».
Le 7 septembre 2005, sous le titre ironique : « L'Etat ne peut pas tout ? Mon pauvre ! », le sénateur socialiste Jean-Luc Mélenchon, publiait un communiqué :
« La Louisiane noyée par un cyclone et martyrisée par un Etat absent et une société d'injustice sociale sera le Tchernobyl du régime absurde qui gouverne les USA. Rien de tel qu'une catastrophe pour révéler ce que vaut un système. A la face du monde éclatent l'incurie, la bureaucratisation, l'inefficacité et l'égoïsme de la société libérale dans son centre le plus avancé.
Bon vent aux logisticiens de la Croix Rouge française qui vont aller enseigner aux sous-développés de la solidarité comment on s'occupe de ses semblables quand tout va mal ! Monsieur Bush a bien le bonjour des Français, citoyens d'un pays dévasté par une tempête catastrophique qui a réussi à rétablir le courant électrique et assisté le plus isolé des siens en moins de 48 heures ! Oui, la France, monsieur Bush, ce pays enfoncé dans la vieille Europe bureaucratique des acquis sociaux et des services publics ! »
Bien entendu, par ce que nous disons, Jean-Luc Mélenchon et moi, exceptionnellement épaulés par le Dalaï-Lama, nous exprimons un amour aveugle et suranné pour le regretté président Mao Zedong.
Nul doute que si un cataclysme en Russie amenait le Nouvel-Observateur à nous révéler que le Premier ministre russe se conduit « comme ferait n'importe quel leader politique », nous aurions du mal à ne pas ajouter : « Sauf Bush et les généraux birmans », objection qui constitue, on en conviendra, un éloge éhonté de Staline.

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