1)MOYEN-ORIENT :
« Dites-leur ce qu’ils veulent entendre » (Lénine)
Eyes wide open Eyes wide shut traduits par JPB (Yeux grands fermés de Ran HaCohen et Yeux grands ouverts de Jonathan Cook), sont l’illustration de deux visions ( !!) qui sous une apparence antagoniste aboutissent aux mêmes conclusions : la société israélienne est dans l’ignorance des conséquences de l’occupation. Ecrits en français, ces articles auraient pu jouer sur le double sens « d’ignorance » : ne pas savoir, et, ne pas s’en soucier, refuser de voir.
Le premier nous dit : « C’est une ignorance institutionnalisée : c’est la politique d’Israël depuis au moins dix ans que de garder les Palestiniens hors de la conscience israélienne ». Plus loin : « les Israéliens sont maintenus dans le noir ».
Le second lui rétorque : « Il semble qu’un peuple élevé à croire que tout peut être fait en son nom - tant que ça sert les intérêts des Juifs et de leur Etat - n’a pas besoin d’ignorance ». Plus loin : « Leur formation sioniste les rend simplement aveugles à sa signification ».
Les deux parlent du même problème : la désinformation constante.
Deux états - et ce n’est pas pur hasard - gouvernent de longue date leurs concitoyens en s’appuyant sur la peur : Israël et les Etats-Unis. Les deux sont sur militarisés et expansionnistes. Chacun revendique une spécificité (biblique et/ou morale) qui les situerait au-dessus des autres peuples ou les différencierait. La conséquence logique à leurs yeux : le monde entier les jalouse, leur « veut du mal », et complote leur destruction.
C’est ce que disent nos deux auteurs :
Le premier - « Le fait qu’Israël soit gouverné principalement par l’armée est complètement nié, et le pays se présente en interne et à l’extérieur comme si c’était une démocratie occidentale. »
« L’ignorance institutionnalisée a rendu l’opinion publique israélienne extrêmement manipulable. »
Le second - « Ils sont soumis au même climat de peur, sponsorisé par le gouvernement, ce qu’on pourrait appeler le culte de l’attentat suicide. »
« Tant que l’excuse attrape-tout de la sécurité peut être invoquée, tant qu’ils croient que l’antisémitisme se cache partout, le public israélien dormira tranquille ».
Il suffit donc de désinformer, c’est-à-dire, manipuler l’opinion publique dans une finalité politique.
Le gouvernement doit faire peur, créer une psychose. Le public n’ira rechercher que les informations qui vont dans le même sens et celles qui rassurent en lui confirmant que le gouvernement fait le nécessaire.
Les faits sont présentés de façon à ce que chacun adhère. Taire les informations susceptibles de contredire, ou leur accorder moins d’importance qu’aux arguments qui servent.
Chaque contradicteur/adversaire devra être muselé et désigné à l’opprobre comme une incarnation du mal. On ne doit pas débattre avec lui, on lui colle une étiquette infamante qui l’associe à une figure du mal. Cela permet de ne pas aborder les problèmes. Tout cela dans un esprit non démocratique et totalitaire.
La désinformation peut être essayée à l’étranger. Exemple, la campagne concernant « la France antisémite » pour faire peur à la communauté juive et l’inciter à trouver refuge en Israël. Dans ce cas on parle plutôt « d’intoxication » car cette manipulation est destinée à un groupe extérieur et non à l’ensemble d’une population.
Pour que cela fonctionne, il faut des relais... Quoi de mieux que les médias et notamment les TV qui passeront en boucle les attentats et les déclarations négatives des « ennemis ».
« Dormez tranquilles braves gens, nous veillons pour vous ». Le réveil sera brutal. Aucun ne pourra dire : « je ne savais pas, j’ignorais ce qui se passait ». Pas tous coupables, mais en tout cas complices d’avoir voulu ignorer ces années de racisme ordinaire. Ont-ils encore le droit de fustiger les habitants des villages voisins des camps de concentration qui, eux aussi, "ignoraient" ?
2) Les Algériens disent "Non au terrorisme"
A Alger, les gens, beaucoup de femmes, s’étaient réunis dans un stade.
Les manifestants brandissaient aussi des pancartes en faveur de la politique de réconciliation nationale du président Abdelaziz Bouteflika et des photos de lui.
Hier, un kamikaze a fait exploser une caserne de gardes-côtes de la marine algérienne, à Dellys, à 70 kilomètres à l’est d’Alger. 38 personnes ont été tuées et une cinquantaine blessées.
Jeudi, un kamikaze s’étaient cette fois-ci fait exploser au milieu de la foule qui attendait le cortège du président en visite à Batna. Bilan : 22 morts et cent blessés. Ces deux attentats ont été revendiqués par la branche d’al-Qaïda au Maghreb islamique.
2 - Algérie : Al-Qaïda au Maghreb revendique les attentats de samedi et jeudi
Un attentat suicide à la voiture piégée contre une caserne a fait 30 morts et 47 blessés samedi à Dellys, un petit port de Kabylie situé à 70 kilomètres à l’est d’Alger, selon un bilan du ministère de l’Intérieur. Il s’agit de l’un des attentats les plus meurtriers survenus en Algérie ces derniers mois.
La chaîne qatari Al-Jazira a affirmé dans la nuit de samedi à dimanche que la Branche d’Al-Qaïda au Maghreb (ex-GSPC algérien) a revendiqué, dans un communiqué diffusé sur internet, cet attentat ainsi que celui perpétré jeudi à Batna (est) qui avait fait 22 morts et plus de 100 blessés. Selon des experts algériens de l’antiterrorisme, ce groupe affilié à la nébuleuse d’Oussama ben Laden aurait constitué une brigade de kamikazes parmi les jeunes recrues du maquis, dont le fils d’Ali Belhadj, ancien numéro deux du Front islamique du salut (FIS, dissous), Abdel Qahar Belhadj, âgé de 20 ans.
"L’attentat perpétré samedi matin à Dellys (département de Boumerdes) au niveau d’une caserne militaire a fait 30 morts, dont trois civils, et 47 blessés", a indiqué le ministère de l’Intérieur. Trois civils figurent parmi les blessés, a précisé le ministère, qui a fait état pour la première fois de l’implication de "deux terroristes", "auteurs de l’attentat" qui "ont péri sur les lieux".
Les premiers témoignages recueillis par l’AFP faisaient état d’un seul kamikaze conduisant une fourgonnette bourrée d’explosifs, qui a défoncé une porte à l’arrière de la caserne des garde-côtes de la marine algérienne et pénétré à une vingtaine de mètres à l’intérieur, selon des témoins. La fourgonnette, immatriculée dans le département d’Alger, servait à l’approvisionnement de la caserne. Elle a explosé à l’intérieur de la caserne, composée de chalets en préfabriqué, dont la plupart ont été éventrés par la puissance de la déflagration.
Des débris de bois, de ferraille et de béton jonchaient le port sur plusieurs centaines de mètres. Des vêtements et des valises ont été projetés sur des poteaux électriques et des barrières du port. La région de Dellys avait été le théâtre de plusieurs attaques islamistes ces dernières années. Adossée à la montagne de Sidi Ali Bounab, elle est considérée comme un fief des islamistes depuis le début des violences en 1990 en Algérie.
Cette attaque à la voiture piégée est intervenue au surlendemain d’un autre attentat suicide visant le cortège du président Abdelaziz Bouteflika à Batna (est de l’Algérie), qui avait fait 22 morts et plus de 100 blessés, et à quelques jour du début du ramadan propice au jihad, selon les islamistes.
L’Union européenne a fermement condamné samedi l’attentat perpétré à Dellys, déclarant que le "terrorisme dans toutes ses formes constitue une des plus sérieuses menaces à la paix dans le monde". Aux Nations unies, le Conseil de sécurité a de nouveau condamné "tous les actes terroristes" et "dans les termes les plus fermes" ce "nouvel attentat odieux".
Paris a adressé "ses plus sincères condoléances aux familles des victimes et à leurs proches ainsi qu’aux autorités et au peuple algériens, endeuillés par cette nouvelle manifestation de terrorisme". Le gouvernement espagnol a également condamné "avec la plus grande fermeté" l’attentat, réitérant "son engagement de soutenir (l’Algérie) dans la lutte contre le terrorisme".
Plusieurs attentats ont eu lieu depuis le 11 avril en Algérie. Deux attaques simultanées à la voiture piégée avaient visé le palais du gouvernement (centre d’Alger) et un commissariat, faisant au moins 30 morts et plus de 200 blessés.
A Lakhdaria (70 km à l’est d’Alger), une caserne de l’armée avait été le 11 juillet la cible d’un kamikaze à bord d’un véhicule frigorifique piégé. L’attaque avait fait 10 morts et 35 blessés parmi les militaires.