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CHANTS REVOLUTIONNAIRES

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11 février 2009 3 11 /02 /février /2009 15:05

                                                  

Les législatives israéliennes, mode d’emploi

 

Ce qu'il faut savoir sur les élections législatives organisées mardi en Israël:

 

ISRAEL EN CHIFFRES:

Population: 7,2 millions d'habitants, dont 75% (5,5 millions) de "juifs", 20% (1,4 million) d'arabes, les autres habitants étant pour la plupart des immigrés "non juifs". Produit intérieur brut par habitant: 28.900 dollars (22.100 euros).

 

ENJEUX:

Les électeurs renouvellent le Parlement monocaméral, la Knesset, doté de 120 sièges. Ils votent pour des listes de candidats. Les sièges sont répartis proportionnellement au nombre de voix obtenues par chaque liste.

 

LES PARTIS:

Trente-trois partis présentent des candidats. Les principaux: Kadima, formation centriste conduite par la ministre des Affaires étrangère Tzipi Livni; Le Likoud (droite) dirigé par l'ancien Premier ministre Benyamin Nétanyahou; Yisrael Beitenou, de l'ultranationaliste Avigdor Lieberman; et le Parti travailliste (gauche???) du ministre de la Défense Ehoud Barak.

Parmi les petits partis: le Parti communiste israélien et sa coalition, la Feuille verte, favorable à la légalisation de la marijuana, le Parti des retraités, des partis arabes ainsi qu'une coalition de juifs orthodoxes modérés et d'écologistes.

Un parti doit obtenir au moins 2% des voix pour être représenté à la Knesset. Lors des dernières législatives de 2006, 31 partis étaient en lice, mais seulement 12 ont réalisé un score suffisant pour décrocher des sièges.

 

FORMATION D'UN GOUVERNEMENT:

Depuis la création d'Israël, aucun parti n'a jamais remporté la majorité absolue de 61 sièges au Parlement et le pays a toujours été gouverné par une coalition.

Dans les sept jours qui suivent la publication des résultats officiels, le président israélien consulte les partis pour déterminer lequel a les meilleures chances de former un gouvernement. Il demande ensuite au chef de ce parti, qui est généralement la formation comptant le plus d'élus à la Knesset, de constituer le nouvel exécutif.

La personne choisie a six semaines pour former une coalition. Si elle réussit, elle devient le nouveau Premier ministre. En cas d'échec, le président désigne un autre chef de parti pour former un gouvernement.

 

ELECTIONS:

On compte 5.278.985 électeurs inscrits. La plupart des 9.263 bureaux de vote ouvrent à 7h heure locale (5h gmt) et ferment à 22h (20h gmt).

La participation aux dernières législatives de 2006 a atteint 63,2%, le chiffre le plus bas de l'histoire d'Israël. Le jour des élections est férié, les salariés ne travaillent pas.

 

Selon l’envoyée spéciale de l’Huma, le camp de la guerre l’emporte. La droite, toutes tendances confondues, se renforce. Un danger pour la paix comme pour la question sociale.

Le récit de notre envoyée spéciale.

Jérusalem, Envoyée spéciale.

Les premières estimations sont tombées à 22 heures mardi soir en Israël à la fermeture des bureaux de vote. Près de 5,2 millions d’électeurs israéliens étaient appelés aux urnes pour élire leur nouveau gouvernement au terme d’une campagne dominée par la guerre menée contre les Palestiniens à Gaza, la surenchère militaire et un climat de racisme anti-arabes.

Selon les premiers résultats, Tzipi Livni, jusque là ministre des Affaires étrangères et son parti Kadima, arriverait en tête avec 30 sièges sur 120 à la Knesset, suivi de près par le Likoud de Benjamin Netanyahou qui obtiendrait 28 sièges. Avec 15 sièges, le parti d’extrême-droite d’Avigdor Lieberman, Israël Beitenou, serait en troisième position devant le Parti travailliste d’Ehoud Barak.

Des résultats qui confirmeraient les derniers sondages pré-électoraux mais encore susceptibles de modifications. Ils risquaient en effet d’évoluer dans les prochaines heures. Reste que ce que nous avions constaté s’est avéré exact : l’écart s’est progressivement resserré entre le parti de Tzipi Livni et celui de Benjamin Netanyahou qui avait jusque-là fait la course en tête. Le chef du Likoud s’en était inquiété, appelant lors de ses différentes apparitions à voter « utile », expliquant que seul un Likoud fort donnerait un gouvernement stable. L’extrême droite de Lieberman n’a pas atteint les 19 sièges que lui avaient prédit les sondages mais avec 15 sièges, il deviendrait la troisième force politique du pays devant le Parti travailliste (13 sièges) qui enregistre son score le plus bas de toute l’histoire d’Israël.

A gauche, la coalition Hadash dont la principale force est le Parti communiste israélien obtiendrait un tiers de voix supplémentaires par rapport à 2006, ce qui, si cela était confirmé, lui permettrait d’obtenir 4 ou 5 sièges à la Knesset contre 3 dans la dernière législature. « Nous sommes à la fois tristes pour le pays de constater le tournant à droite de l’opinion publique juive israélienne, et soulagés que, selon les premiers résultats, ce ne soit pas un parti d’extrême-droite comme le Likoud ou Israël Beitenou qui soit en tête », a indiqué à l’Humanité Efraïm David, responsable du Parti communiste israélien.

Mais au-delà de ces résultats, « aucun des trois partis arrivés en tête ne sont en capacité de trouver des solutions aux problèmes du pays qui sont la paix et l’occupation d’une part, la crise du capitalisme d’autre part ».

Vont maintenant commencer les grandes manœuvres pour constituer une majorité à la Knesset, le parlement israélien. Si Tzipi Livni est arrivée en tête avec son parti, Benjamin Netanyahou détient, lui, une majorité de droite si l’on additionne les sièges de son parti, des partis religieux et celui de Lieberman.

Contrairement à ce qui s’était passé en 2006 lors du dernier scrutin, il n’y a pas eu de surprise. La liste dite des « retraités » a disparu et les partis religieux, comme le Shass – qui ont toujours utilisé leur capacité à faire ou défaire une majorité – ont perdu de leur pouvoir. Reste que se confirme le déplacement à droite du curseur politique israélien. Ce qui n’augure rien de bon pour le processus de paix avec les Palestiniens pas plus qu’une politique sociale apte à combattre la récession qui s’installe en Israël.

Charlotte Bozonnet

 

 

 

 

 

 

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