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CHANTS REVOLUTIONNAIRES

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2 mars 2009 1 02 /03 /mars /2009 16:57

          Le PCF indésirable au dîner du CRIF

          Nous publions ci-dessous la réaction portée par Marie-George et  un article de J.-F.Marx, de l’Union juive Française pour la Paix, que nos lecteurs connaîssent bien.
               On verra que les les bornés ne sont pas de notre côté !


 
Le PCF réagit après les attaques sur sa présence dans les manifs de solidarité avec Gaza.

« Je ne peux vous autoriser à sous-entendre, comme vous le faites (…), que des communistes auraient cautionné le moindre mot d’ordre antisémite ou même attentatoire à l’existence de l’État d’Israël. » La lettre de Marie-George Buffet adressée à Richard Prasquier vient répondre à l’entretien accordé, hier, par le président du CRIF au Parisien - qui indique de plus que le PCF ne sera pas invité à son dîner annuel.

Celui-ci s’est dit « choqué » de la présence, entre autres, de Marie-George Buffet lors des manifestations contre l’intervention militaire israélienne à Gaza, au prétexte que figuraient parmi les manifestants « les éléments islamistes les plus durs » qui « criaient morts aux juifs » ou « brandissaient des banderoles assimilant croix gammée et étoile de David ».

« L’engagement des communistes pour l’émancipation humaine ne souffre aucune exception. Et nous ne tolérerons jamais de manifestations de racisme, de xénophobie et d’antisémitisme », a tenu à rappeler la secrétaire nationale, qui reproche à Richard Prasquier de « juger le positionnement politique du PCF au regard de sa seule critique de la politique israélienne. » « C’est bien parce que l’antisémitisme est incompatible avec notre raison d’être que nous avons, toute notre histoire durant, été des luttes émancipatrices des juifs, notamment dans la Résistance où souvent, dans le même élan, juifs et communistes se sont trouvés ensemble face à l’inhumanité, poursuit le courrier, et c’est bien parce que les mots d’ordre officiels des manifestations en appelaient aux valeurs universelles du droit et de la paix que de nombreux juifs attachés à ces valeurs ont défilé, avec courage, pour rejeter tous les amalgames, tous les racismes et toutes les violences », conclut Marie-George Buffet.

 

Les artisans de la haine

Par Jean-François Marx, membre du bureau national de l’Union juive française pour la paix

Depuis quarante ans que se poursuit la colonisation des territoires occupés par Israël, et que, de guerre en guerre, d’exactions en exactions, le peuple palestinien subit le joug colonial, le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) poursuit inlassablement son soutien à cet État voyou.

Toute dénonciation des menées criminelles de l’armée israélienne est vouée à l’accusation d’antisémitisme et d’encouragement à l’islamisme radical. Il ne manque pas d’intellectuels, de journalistes, d’artistes, pour participer à la curée apologétique.

Quiconque en appelle à la raison, à l’histoire de l’humanisme juif, au droit international se voit répondre qu’Israël a droit à la sécurité. Si l’on réplique que la sécurité se trouve dans la paix et dans le respect du droit des peuples, et vous voilà accusé d’être ami avec le diable !

Pourtant, la guerre menée par Israël contre le Hezbollah au Liban détruisit les infrastructures de ce pays, provoqua un millier de morts libanais essentiellement civils, et se solda par le renforcement politique du Hezbollah, à l’inverse du but recherché. Pourtant, la guerre contre le Hamas provoqua plus de 1 300 morts, civils pour la plupart, et des dégâts considérables, jetant des dizaines de milliers d’habitants de Gaza à la rue.

Quant au Hamas, prétendument cause de l’offensive israélienne, il sortit politiquement plus fort, reconnu comme interlocuteur incontournable, y compris par les Israéliens eux-mêmes qui négocièrent par Égypte interposée.

Les actions insensées d’Israël, cinquième puissance du globe, lançant ses chars et ses avions bombarder des populations civiles avec des armes interdites par la Convention de Genève, n’ont eu pour effet que de semer la mort et de valoriser ceux qu’elle voulait détruire.

En France, les voix officielles de la « communauté » soutiennent. Elles ne sont pas gênées de faire l’amalgame entre les frontistes aux positions colonialistes bien connues et les anticolonialistes de toujours. Pas gênées non plus par le caractère raciste et xénophobe du gouvernement israélien, plus encore depuis que la droite extrême et l’extrême droite ont remporté les élections en Israël.

Ces voix du communautarisme le plus étroit, puisque la seule option pour un juif serait d’être solidaire avec Israël, se prétendent paradoxalement porteuses d’un modèle du vivre-ensemble. Il faut avoir l’audace du CRIF et de ses amis pour fustiger rageusement les « rebelles ». Ainsi de mon ami Jean-Claude Meyer, exclu de la communauté juive strasbourgeoise pour avoir affiché sa solidarité avec le peuple palestinien. Ainsi de mon amie Claude Raymond, qui, pour avoir interpellé et débattu courtoisement avec Arthur devant 300 personnes avant un spectacle à Vals-les-Bains, spectacle annulé ensuite sans raison par l’intéressé, et qui fut assimilée par ce dernier à l’antisémite Dieudonné, elle dont la famille fut victime de la Shoah.

Personnes ou organisations condamnant les crimes israéliens sont logées à la même enseigne. Ainsi du Parti communiste français, qui, ayant manifesté contre les dévastations commises par l’armée israélienne à Gaza, fut accusé par Gérard Prasquier, président du CRIF, de pactiser avec les « terroristes », ce parti qui donna à la France tant de fusillés alors qualifiés de « terroristes ».

Ce sont toutes ces femmes et tous ces hommes, croyants ou incroyants, juifs, chrétiens ou musulmans, oeuvrant pour que les droits des Palestiniens soient reconnus et honorés par l’application des résolutions de l’ONU, qui représentent l’universalisme. C’est le chemin choisi par les Israéliens Avram Burg, Michel Warschawski, Schlomo Sand, ou, de son vivant, le professeur Leibowitz, croyant et sioniste convaincu, et bien d’autres intellectuels ou simples citoyens, à contre-courant de l’opinion dominante israélienne façonnée par un militarisme agressif et un sionisme dévoyé.

N’y aura-t-il pas au sein de cette représentation de la communauté institutionnelle juive de France une voix courageuse, une seule, pour crier : « La sécurité d’Israël ne peut être assurée que par la paix avec les Palestiniens dans l’application du droit international » ?

 

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