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CHANTS REVOLUTIONNAIRES

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10 avril 2009 5 10 /04 /avril /2009 15:36

                                                                                   
       UN  ARTICLE d' EL WATAN, QUOTIDIEN INDEPENDANT D'ALGERIE        


                                                                Mandat à vie

 

Le chef de l’Etat, Abdelaziz Bouteflika, 72 ans, rempile pour une troisième présidence, totalisant, s’il arrive au terme de ce mandat, quinze ans au pouvoir. M. Bouteflika battrait ainsi le record de longévité à la tête de l’Etat : Houari Boumediène s’y est maintenu 13 ans (1965-1978), Chadli Bendjedid, 13 ans également (1979-1992). Un record symbolique pour celui qui, en 1979, se voit écarté de la succession de Boumediène au profit de Chadli. Certains y voient une belle revanche, d’autres une ironie de l’histoire, alors que les plus virulents, comme Saïd Sadi, du RCD, évoquent une « marche en sens interdit de l’histoire ».

En tout cas, les deux derniers mandats du président Bouteflika ont remodelé la chose politique algérienne.
Si le charismatique Houari Boumediène se défendait de tout culte de la personnalité, son ancien ministre et actuel président semble s’y plaire. Une nouvelle forme de gouvernance a vu le jour depuis 1999 : le ralliement à une seule personne, quitte à déstructurer les vieilles alliances et à perturber les institutions, déjà peu efficientes. Les structures de l’Etat, créées en pleine violence terroriste au milieu des années 1990, tels le système bicaméral du Parlement, le CNES, le Conseil d’Etat, etc., ont été totalement marginalisés par l’autorité d’un président jaloux de ses larges prérogatives. Du coup, même les timides tentatives de contre-pouvoir à l’intérieur même du système ont été annihilées, au point que les statistiques officielles sont non crédibles et que la représentation nationale est réduite au folklore des Parlements des républiques bananières.
 L’arrimage de tous les pans du système — mis à part une bonne partie de la nébuleuse militaire, discrète mais toujours influente — s’accompagne d’une lourde tendance de rétribution. C’est rente contre allégeance. Les dividendes des hydrocarbures, mamelle première du système, irriguent d’un côté les réseaux d’allégeance et créent de l’autre une apparence d’opulence aussi fragile que dangereuse, dépendante des marchés mondiaux où l’Algérie ne fait que de la figuration, ou au mieux, défend sa réputation de comptoir commercial.

De quoi sera alors fait ce lendemain qui est le troisième mandat ?

Le président lui-même a annoncé la couleur durant la campagne : il n’a pas besoin d’expliquer son programme, c’est le même d’il y a dix ans ! Restaurer la paix (« des cimetières » pour paraphraser Ali Yahia Abdenour de la Ligue de défense des droits de l’homme), redorer le blason de l’Algérie à l’étranger, réformer l’Etat, l’éducation et la justice et promouvoir l’investissement : tel est son programme. On pourrait dérouler les contre-arguments à souhait, résumant l’Algérie à des échecs répétitifs, mais l’on se contentera de ce qui arrivera demain. Une amnistie générale pour les tueurs, la poursuite des fermetures du champ social et le renforcement de la rente comme modèle économique.

 10 avril 2009

Par Adlene Meddi (El Watan)

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