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CHANTS REVOLUTIONNAIRES

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1 avril 2014 2 01 /04 /avril /2014 07:02

 

 

 

En Corse comme dans tout le pays l’espoir à gauche est à reconstruire.

« Depuis 40 ans je me bats pour ça » Jean louis Milani assouvie enfin son désir et celui de la vieille droite « faggianelliste ». Il siègera désormais sur le banc de la nouvelle majorité municipale aux côtés d’Emmanuelle Degentili dirigeante nationale d’un PS ébranlé dans tout le pays par l’offensive droitière de l’UMP, dont Jean louis Milani porte les couleurs.

Promise au poste de premier adjoint, Emmanuelle Degentili accomplira le dessein de son père après avoir expliqué qu’elle ne pouvait être sur une liste avec « les archaïques communistes de Haute Corse trop critiques à l’égard du gouvernement ». La voila entourée, pour la bonne compréhension des choses, de l’UMP et de nationalistes modérés qui eux le soutiennent sans sourcilier.

Aucune mesure d’exclusion n’a été prononcée par la direction du PS dont elle est membre. En politique il faut savoir anticiper. François Tatti et Emmanuelle Degentili, dans le sillage de leur trahison, projettent de reconstruire un courant politique, à la direction de la ville et de la CAB. Avec le temps, ils espèrent laver la tache de leur imposture ourdie depuis des mois contre la municipalité de gauche à laquelle ils appartenaient.

Comment ont-ils pu en arriver là ? Leur comportement ne peut se réduire à la seule affirmation du « servir Bastia ». L’ambition personnelle a pesé beaucoup plus, jusqu’à offrir sur un plateau la deuxième ville de Corse au nationaliste Gilles Simeoni en échange de quelques postes. La victoire électorale est incontestable mais dans ces conditions l’honneur restera dans la défaite, à la liste de gauche et aux colistiers de Jean Zuccarelli et Francis Riolacci.

Les images du quatuor remontant vers la place du marché à la tête d’un cortège, noyé sous les « bandiere corse », resteront dans les mémoires du peuple bastiais de gauche comme d’ailleurs cette trinité improbable unissant Jean Baggioni, Edmond Simeoni et Laurent Croce sous le chapiteau d’« Inseme per Bastia ». Clin d’œil à l’histoire, depuis le printemps social de 1989, Bastia n’avait vu autant de monde dans la rue. Paradoxe aussi les trois compères fustigeaient à l’époque la revendication portée par la foule immense occupant les rues de la Ville.

Il reste que le printemps électoral de cet assemblage composite, contrairement à ce qui a été dit n’est pas dû, au courage politique de l’avoir fait, mais à l’opportunité politicienne doublée du non respect des engagements pris avant le premier tour par les uns et les autres. Gille Simeoni dénonçait l’ostracisme envers les nationalistes mais il le pratique avec ses alliés naturels de Corsica libera. François Tatti et Emmanuelle Degentile juraient de ne pas l’installer dans le fauteuil de maire en quelques heures ils auront oublié. Jean Louis Milani a dit pis que pendre du gouvernement et de François Hollande il composera désormais avec.

9431 électrices et électeurs ont cependant validé leur démarche fondée sur le rejet non sur le projet. C’est au total 181 voix de moins que le total des voix des 3 listes Simeoni Tatti Milani au premier tour. Toutefois, la liste de gauche de la municipalité sortante progresse de 2082 voix et 12 % avec une participation légèrement supérieure mais un nombre d’exprimés supérieur d’à peine 69 voix par rapport au premier tour. Le désistement de Jean François Bacarrelli (397 voix au premier tour) en faveur de la liste de Jean Zuccarelli, laisse penser qu’il y a eu un mouvement d’électeurs assez important à l’intérieur de l’électorat de gauche du premier tour provenant de la liste Tatti Degentili.

La crainte de « l’inconnue nationaliste », finalement de courte durée, pour ces derniers aura été moins déterminante dans le choix des électeurs, notamment de droite, que la volonté de revanche après la défaite de Sarkozy à la présidentielle et la possibilité d’exprimer une sanction forte de la politique de François Hollande à cette occasion. La lecture des résultats dans toute l’île le confirme.

Alors qu’elle est traversée par des contradictions fortes relatives à la défaite voulue de Jean Zuccarelli par Jean Charles Orsucci, Pierre Chaubon, Emmanuelle Degentili et François Tatti, la majorité régionale ne peut pas ne pas s’interroger sur la lisibilité de sa politique qui a ouvert un tel boulevard à la droite pour la reconquête de la région avec le concours si besoin de la mouvance nationaliste en tout ou partie. La recomposition politique, validée par les 3 parlementaires UMP s’agissant de Bastia, tend à le démontrer.

En Corse comme dans tout le pays l’espoir à gauche est à reconstruire. C’est à ce défi que les communistes devront consacrés tous leurs efforts dans les prochains mois en commençant le 12 avril par la marche nationale contre l’austérité et ensuite avec les élections européennes du 25 mai pour faire élire de nombreux députés européens du Front de gauche.

Michel Stefani

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