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CHANTS REVOLUTIONNAIRES

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8 octobre 2014 3 08 /10 /octobre /2014 14:18

              source: Fédération des Bouches-du-Rhône du PCF.

Kurdes. Dérapage en préfecture d'un haut fonctionnaire

Révélation. Dans un enregistrement que s’est procuré « La Marseillaise », le directeur de cabinet du Préfet de police invective une délégation kurde en des termes qui n’honorent pas la République.

Préfecture de police, jeudi à 15 heures. D’un côté de la table, le sous-Préfet Gilles Gray, directeur de cabinet du Préfet de police, entouré de représentants des forces de l’ordre et des ex-renseignements généraux. De l’autre, une délégation Kurde.

L’échange dont témoigne un enregistrement que s’est procuré La Marseillaise tourne rapidement au vinaigre. Très remonté contre leur tente plantée sur le Vieux-Port que la Mairie refuse et leurs manifestations spontanées de solidarité avec les minorités visées par Daesh, le sous-Préfet prévient : « Faites gaffe tous les trois parce que moi je commence à en avoir marre. »

« Ne nous prenez pas pour des cons, vous parlez au sous-Préfet de police, monsieur qui-n’êtes-pas-Français », lance-t-il à l’adresse d’un des délégués kurdes auquel il reproche de ne pas avoir déposé de demande d’autorisation de manifester. « Vous ferez ce qu’on acceptera, vous avez compris ça ? C’est pas le club clodo ici, c’est pas le bordel », explose-t-il en réitérant son refus de voir la tente kurde perdurer sur le Vieux-Port.

Le sous-Préfet, un ancien de la DST et de la police nationale, les incite ensuite plusieurs fois à partir combattre. « Nous sommes des civils pas des militaires », lui répond un militant kurde. « Vous avez vos soeurs et vos frères qui sont là-bas, il faut les aider, d’une manière ou d’une autre. C’est pas en faisant les cons sous l’ombrière que vous allez les aider. Ils ont besoin de kalash, d’hommes… »

« Si j’étais juif, je serais dans l’armée israélienne »

Lorsque les délégués lui répondent qu’ils font signer une pétition pour demander l’aide militaire de la France, Gilles Gray rétorque : « Mais attendez, les Marseillais s’en foutent, les Français de manière générale ont tellement de soucis, les gens s’en foutent. Franchement ne croyez pas que les gens s’intéressent à votre cause. C’est pas un jugement de valeur, c’est un constat. »

Puis pour adoucir un peu son propos, il affirme aux militants avoir, par le passé, « lutté aux côtés des combattants kurdes, pour vous. Je me suis fait tirer dessus, j’étais dans la tranchée, je n’ai rien contre les Kurdes. On a des pilotes français au-dessus de chez vous contre Daesh mais vous n’y êtes pas. (…) Je ne suis pas Jo le Clodo, je connais la région ! ». Quand une militante lui fait remarquer : « On n’est peut-être pas des Français mais on est des humains », il dérape à nouveau : « La question n’est pas là. Je ne comprends pas. Vous êtes Kurdes, c’est un grand peuple le peuple kurde. Vous avez vos frères là-bas et vous êtes en train de mettre la merde à Marseille mais vous n’y êtes pas [au Kurdistan, ndlr]. C’est comme la communauté juive. Moi si j’étais juif à Marseille, pensant à mon peuple et à mon pays, ben je serais dans l’armée israélienne, pas à Marseille. »

« Foutez le camp »

Un délégué kurde tente une réponse : « Je pense que ça doit être possible de rester civil, de ne pas s’engager en guerre et d’attirer l’attention… » Il est coupé par un tonitruant « et de pas foutre le bordel chez nous ?! » La militante kurde insiste : « Mais on est pas contre vous on est avec vous. » « J’espère que vous êtes avec nous, vous êtes chez nous ! »

« On est pas là pour foutre le bordel ! », s’indigne un Kurde. « Alors foutez le camp ! », assène le haut fonctionnaire.

Alarmée par la menace « d’un nouveau Rwanda » et particulièrement par le sort des habitants de Kobanê, ville assiégée par les combattants de Daesh, la délégation tente de négocier une « exception » pour manifester sans autorisation si un massacre a lieu. « Pourquoi on vous traiterait mieux que les autres ? Vous avez une tête comme ça vous les Kurdes. Vous croyez que vous êtes les rois du monde ? Vous êtes des gâtés. On vous a gâtés un peu trop d’ailleurs. »

Pour le défilé d’aujourd’hui prévu à 14 heures au départ des Mobiles, les militants demandent de pouvoir aller jusqu’au consulat de Turquie pour dénoncer ce qu’ils estiment être la duplicité de l’État turc dans le conflit en cours. Refus catégorique du côté des forces de l’ordre. « Le consulat c’est non ! Et ça va tripper, le premier qu’on choppe il va en taule. C’est clair ? S’il est pas Français, il est mort ! », menace le sous-Préfet, directeur de cabinet du Préfet de police, suggérant une expulsion.

À la fin de l’entretien alors que Gilles Gray évoque la nécessité pour ses services de se concentrer sur la prévention de la menace terroriste « pendant qu’on s’occupe de vous on protège pas les écoles », un des Kurdes lui dit « j’espère que vous ne bluffez pas » Réponse : « Je ne mens jamais, je suis protestant. C’est mon défaut. Je dis les choses cash. »

C’est un euphémisme.

Léo Purguette (La Marseillaise, le 4 octobre 2014)

                                 ensuite....

Des réactions indignées

Après les propos d’un haut fonctionnaire révélés par La Marseillaise.

Révélés par La Marseillaise, les propos du directeur de cabinet du Préfet de police lors d’une rencontre avec une délégation de militants kurdes a suscité de nombreuses réactions.

C’est ainsi que la fédération des Bouches du Rhône de la Ligue des Droits de l’Homme estime que « ce haut fonctionnaire leur a tenu des propos indignes de la République leur contestant, entre autre, le droit de manifester pourtant reconnu par la constitution française. Ce haut fonctionnaire leur a aussi reproché leur solidarité avec les Syriens : Kurdes, Yezidis et Chrétiens qui résistent ou sont réfugiés en Turquie avec beaucoup de difficultés alors que l’aide internationale, tant humanitaire que militaire, se fait attendre et qu’ils craignent un nouveau génocide ».

Pour l’organisation, « ce haut fonctionnaire, de la République laïque, qui se dit protestant a, sans doute oublié le maitre mot de Marie Durand, protestante emprisonnée au 18e siècle, repris par le Conseil National de la Résistance et maintenant par les Kurdes : Résister ! Résister à la barbarie, Résister pour la Démocratie, Résister pour la Liberté ».

De leur côté les élus de Marseille du Front de gauche, souligne que ce « dérapage (...) est révélateur de la xénophobie et du racisme d’État, libérés depuis un certain discours de Grenoble de juillet 2010, par un certain Nicolas Sarkozy, alors Président de la République, racisme et xénophobie imprègnent désormais la parole des Ministres et des Hauts Fonctionnaires ».

Ils ajoutent : « comme les Rroms qui, dans la bouche d’un Ministre socialiste de l’Intérieur devenu depuis Premier Ministre, n’auraient pas vocation à s’intégrer dans notre société, voici les Kurdes de Marseille (...) priés d’aller se faire tuer là-bas pour ne pas embarrasser par leurs manifestations les bons Français « qui se foutent », selon ce fonctionnaire, de la cause kurde ». « Il est temps, poursuit le texte, de rappeler aux serviteurs de l’État les valeurs de la République laïque qu’ils et elles "ont vocation" à respecter. Ce qui se passe à Kobané est un crime contre l’humanité, et nous sommes toutes et tous concernés ».

La Marseillaise, le 7 octobre 2014

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