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CHANTS REVOLUTIONNAIRES

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4 juillet 2012 3 04 /07 /juillet /2012 14:29

 

 

La rigueur n’est pas fatale, en voici la preuve

 

Alors que la Cour des comptes réclame un effort sans précédent de 33 milliards d’euros, 
l’Humanité expose des pistes alternatives pour assainir les finances publiques.

«La plus grande liberté naît de la plus grande rigueur », a proclamé, hier, Didier Migaud, premier président de la Cour des comptes, après avoir affirmé que les économies à réaliser seraient d’au moins 6 milliards d’euros en 2012, puis de 33 milliards en 2013. Une cure d’austérité sans précédent depuis celle de 1994 à 1996, mais jugée « impérative pour respecter la trajectoire de retour à l’équilibre sur laquelle la France s’est engagée depuis janvier 2010 » et se détacher de la pression des marchés qui pèse sur nos finances. Les charges d’intérêts des administrations publiques, qui ont augmenté de 12 % en un an pour atteindre 52,6 milliards d’euros, sont « une charge qui prive notre pays d’importantes marges de manœuvre qui lui manquent particulièrement en période de crise », avoue-t-il. Renonçant à s’attaquer aux banques, le président de la Cour des comptes propose au premier ministre, Jean-Marc Ayrault, dont le discours de politique générale est attendu cet après-midi, de s’atteler d’ores et déjà à de nouvelles baisses de dépenses et de chercher de nouvelles recettes.

La faute en partie à la droite qui n’a pas bouclé son budget pour cette année. Selon la Cour, l’État doit trouver de 1,2 à 2 milliards d’euros pour des mesures non ou pas suffisamment financées. La plus impo­rtante se­rait représentée par la « prime de Noël » accordée aux bénéficiaires du RSA, 450 mil­lions d’euros. Mauvaises surprises aussi côté recettes avec la surestimation de 3 à 7 milliards d’euros du produit de l’impôt sur les sociétés. De quoi clouer le bec à Éric Woerth, l’ex-ministre du Budget sous François Fillon, qui martelait, hier matin, que l’effort était « l’héritage de la crise, pas celui des décisions prises par Nicolas Sarkozy ». Reste que la crise a bien laissé des traces. L’abaissement à 0,4 % de la prévision de croissance « réduit mécaniquement les prévisions de recettes de 3 milliards d’euros supplémentaires », indique l’audit.

Mais ce rééquilibrage n’est rien comparé à ce qui attend les Français en 2013, si le premier ministre valide les recommandations de la Cour. Avec une croissance de 1 %, les « sages » exigent une saignée de 16,5 milliards d’euros dans les dépenses publiques et le même effort côté recettes. Pour les économies, la Cour préconise des mesures drastiques qui concernent le budget de l’État tout autant que ceux de la Sécurité sociale et des collectivités locales. En insistant sur la nécessité d’une baisse des effectifs de fonctionnaires, tandis que François Hollande s’est simplement engagé à les maintenir. Les dépenses « d’intervention » (revenu de solidarité active, allocation pour adulte handicapé, emplois aidés...) devant également chuter de 7 % en 2013.

Didier Migaud préconise encore de supprimer une partie des niches fiscales et sociales, mais estime qu’une hausse « au moins temporaire » de la TVA ou de la CSG sera « difficilement évitable » en 2013 si la France compte tenir ses engagements. Le ministre du Budget, Jérôme Cahuzac, face à l’avalanche de réactions, a tenu à rassurer : « La Cour des comptes est libre d’indiquer ce que seraient ses choix, mais il se trouve qu’ils relèvent de ceux qui en ont la responsabilité devant le peuple, c’est-à-dire (...) le président de la République et les parlementaires. »

Fonctionnaires : dur ajustement  

Baisse d’effectifs, baisse des salaires ou les deux ? Selon les Échos, les lettres de cadrage envoyées par le premier ministre aux ministères recommandent notamment de « stabiliser en valeur les dépenses de personnel ». Dans son audit, la Cour des comptes envisage quatre scénarios pour stabiliser la masse salariale. Parmi lesquels la version trash, avec la réduction de 30 000 postes et le gel du point d’indice. Et la version soft, avec une stabilisation des effectifs, une réduction significative de l’avancement et un quasi-gel des mesures catégorielles. Pour Didier Migaud, les fonctionnaires devraient choisir entre la peste et le choléra.

Clotilde Mathieu

 

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