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CHANTS REVOLUTIONNAIRES

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3 décembre 2014 3 03 /12 /décembre /2014 07:25

 

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Les communistes s’invitent à la noce entre Gattaz et Hollande
KEVIN BOUCAUD ET JULIA HAMLAOUI
Mardi, 2 Décembre, 2014
PARIS, CE MARDI SOIR, DES MILITANTS COMMUNISTES DEVANT LE SIÈGE DU MEDEF.
PHOTO PATRICK NUSSBAUM
Face à un gouvernement qui, malgré l’échec de son pacte de responsabilité, mesure phare de sa politique, entend poursuivre le même cap, les militants communistes et leur responsable, Pierre Laurent, organisaient, ce mardi soir 2 décembre, une mobilisation en guise de réponse à celle des patrons.

Alors que le ministre de l’Économie, Emmanuel Macron, venait d’admettre « l’échec » du pacte de responsabilité, le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, a répliqué, ce mardi soir, à l’issue d’une « procession festive et bruyante » organisée par le PCF de Paris en réponse à la mobilisation du patronat qui exige toujours plus de cadeaux du gouvernement. « Nous voulons dire stop à l’indécence parce que les patrons, qui continuent d’augmenter leur rémunération et les dividendes, prétendent que ce sont eux qui sont en difficulté quand les chômeurs se comptent par millions », devait déclarer le dirigeant communiste.

Dénonçant « les mensonges » de Pierre Gattaz, le patron des patrons, qui « dit que la fiscalité pèse plus sur les entreprises que sur les salariés alors que la TVA rapporte six fois plus que l’impôt sur les sociétés ». Une alternative existe à gauche À la veille du grand raout des patrons à Lyon et au lendemain des manifestations organisées par la CGPME, la « procession » parisienne devait se rendre du siège du Medef à l’ambassade du Luxembourg, l’un des paradis fiscaux européens. L’objectif ? « Dénoncer l a pr i ncipale revendication des patrons qui souhaitent voir leurs capitaux échapper aux cotisations sociales et à l’impôt dans un contexte où l’ensemble des entreprises du CAC 40 paient un impôt sur les sociétés très faible grâce à un ensemble de dispositifs d’optimisation fiscale dont certains sont à la limite de la légalité », explique Igor Zamichiei, responsable du PCF de Paris.

À l’heure où le gouvernement prétend à la fermeté à l’égard du Medef, dans les rangs des manifestants, on était loin d’être dupe, hier soir. « C’est pour masquer leur échec », estime Didier Le Reste, animateur du Front de gauche des luttes et élu communiste parisien, qui constate que « le gouvernement cède toujours plus devant les injonctions du patronat ». Et de lister : « La réforme des retraites, l’écotaxe, l’ANI qui permet de mieux licencier, les exonérations et aides en tout genre… » Le rassemblement d’hier était ainsi une façon, selon lui, de dénoncer également « la politique d’austérité du gouvernement (qui) nous conduit dans une impasse puisque le résultat c’est la hausse du chômage, la croissance quasi nulle, les déficits et la dette qui augmentent ».

L’occasion aussi de rappeler que, contrairement aux déclarations de Manuel Valls, une alternative existe à gauche. « Le patronat et le gouvernement se renvoient la balle mais sans jamais ouvrir de pistes nouvelles pour le pays », a déclaré Pierre Laurent, armé de nombreuses propositions pour « ouvrir le débat » : « Protéger les salaires, l’investissement et l’emploi contre le coût du capital dont sont victimes les PME », « mettre les banques et le crédit au service du développement des entreprises », ou encore « casser les politiques de déréglementation du travail et de mise en concurrence de l’Union européenne ». Avant de lancer un appel à une « mobilisation permanente » pour « élargir le rassemblement autour de solutions nouvelles et les porter dans toutes les échéances sociales, politiques, électorales ».

L’aveu d’Emmanuel Macron C’est en répondant, hier, sur Radio Classique, à une question sur la semaine de mobilisation organisée par le patronat, qu’Emmanuel Macron a déclaré, à propos du pacte de responsabilité mis en place en début d’année par le gouvernement et le président du Medef, Pierre Gattaz : « Aujourd’hui, c’est un échec et c’est aussi le sien. » Des propos qui sonnent comme un terrible aveu quand, depuis des mois, une large majorité, allant de la gauche du PS jusqu’au Front de gauche, en passant par les écologistes, dénonce la politique menée par Valls et Hollande. Ensemble de mesures allégeant la fiscalité des entreprises, pour un coût total de 41 milliards d’euros, le pacte de responsabilité devait, en contrepartie, déboucher sur des accords de branche entre organisations patronales et syndicats permettant des créations d’emplois.

C’est le faible nombre de ces dernières qu’a dû déplorer Emmanuel Macron, qui s’inquiète du « très peu d’accords de branche qui sont signés ». Manuel Valls lui-même devait dénoncer, un peu plus tard, lors des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale, les « provocations » de certains « dirigeants du patronat » qui ne sont « pas à la hauteur » de leurs « responsabilités », alors que « la nation (…) consent et va consentir un effort de 40 milliards d’euros pour les entreprises ». Réaction immédiate de Pouria Amirshahi. Le député des Français de l’étranger et membre de l’aile gauche du PS a ainsi proposé « qu’un moratoire soit appliqué immédiatement à ce pacte, qui a permis depuis des mois à Pierre Gattaz, le patron des grands patrons, de jouer avec le gouvernement comme le chat joue avec une souris ».

Plus timoré, le coprésident du groupe écologiste à l’Assemblée nationale, François de Rugy, a néanmoins considéré que « chacun peut constater (…) que les moyens de lutte contre le chômage n’ont pas obtenu de résultat pour l’instant, et que manifestement, il faudrait se poser les questions de savoir si ce sont les bons moyens qui ont été mis en oeuvre jusqu’à maintenant ». Un assouplissement de la loi Hamon Pourtant, malgré ce constat d’échec désormais avoué, le gouvernement, qui multiplie depuis une semaine les charges contre le Medef – le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll a parlé de « problème Gattaz » la semaine dernière et le ministre du Travail, François Rebsamen, a accusé hier sur Europe 1 les « dirigeants du patronat » de « prendre des postures » –, ne semble pas disposé à changer sa politique largement favorable au grand patronat.

Ainsi, hier, le secrétaire d’État à la Réforme de l’État et à la Simplification, dans un joli numéro d’équilibriste, a déploré « une radicalisation du discours (…) d’une partie du patronat », tout en promettant un assouplissement de la loi Hamon, obligeant les dirigeants à prévenir leurs salariés en cas de cession de leur entreprise. Lundi, c’était le ministre des Finances, Michel Sapin, qui cédait à une revendication patronale, en acceptant la « non-rétroactivité fiscale » des entreprises, c’est-à-dire en assurant que les hausses d’impôts décidées ne s’appliqueront pas aux exercices en cours ou déjà clos. Discours hostiles et actions bienveillantes, le gouvernement s’obstine à être « la souris » du patronat. 

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