Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

CHANTS REVOLUTIONNAIRES

Archives

14 septembre 2010 2 14 /09 /septembre /2010 15:48
MARE NOSTRUM-copie-1
 
16 au 18 septembre 1982, Sabra Chatila (Beyrouth – Liban)






Sabra Chatila






 




J’étais chez moi, à la Corniche el Mazra, l’immeuble était complètement vide, seule avec une voisine et ses trois enfants, quand j’ai reçu la visite d’une patrouille israélienne conduite par un officier qui cherchait mon mari, directeur du bureau de l’OLP au Liban.

Au moment de sortir l’officier me dit brusquement : « Vous voyez comme nous sommes civilisés… ce n’est pas ce que vous pensez ».

J’avais à peine fermé la porte qu’un journaliste à la radio, la voix brisée, commença à parler du massacre dans les camps de Beyrouth.

Toute cette hypocrisie me fût insupportable : de quelle civilité avait-il parlé ? Peut-on se trouver civilisés du simple fait qu’on appuie sur un bouton et qu’on ne sent pas dans les narines l’odeur de la chair brûlée des bombes au phosphore ? Ou parce qu’il y a des killers locaux pour ‘finir le travail’ sans se salir les mains avec le sang des victimes ? ».

(Bayan el Hout, originaire de Jérusalem, enseignante à la faculté de sciences politiques de Beyrouth, 18 septembre 1982, treize heures, depuis sa maison)





Après deux mois de négociations tendues, un accord est finalement conclu entre l'OLP, le Liban et Israël sous garantie américaine.

L'OLP s'engage à quitter le Liban en échange de garantie que la sécurité des réfugiés des camps, sera assurée.

Israël s'engage à ne pas pénétrer dans Beyrouth ouest et Arafat reçoit la promesse écrite des Américains que les marines ainsi qu'une force multinationale (800 Français, 500 Italiens et 800 Américains) seront les garants ultimes de l'engagement israélien.

Le premier contingent français arrive le 21 août 1982 et doit assurer l’évacuation et la collecte des armes. Cette force doit rester une trentaine de jours, empêcher tout dérapage et protéger les familles palestiniennes.

1er septembre 1982, le retrait d'Arafat et de l'OLP est achevé.

3 septembre 1982, le gouvernement américain. M. Caspar Weinberger, secrétaire à la défense, donnera l’ordre à ses marines de quitter le Liban alors même que les milices fascistes prennent position dans le quartier Bir Hassan, en bordure des camps de Sabra et Chatila.

Le départ des Américains entraîne automatiquement celui des Français et des Italiens.

10 septembre 1982, le dernier soldat de la force internationale est parti de Beyrouth, alors qu’elle devait rester jusqu'au 21 septembre.

11 septembre 1982, le ministre de la Défense israélien Ariel Sharon communique l'estimation de l'armée israélienne selon laquelle il resterait 2 000 combattants de l'OLP à Beyrouth. Cette déclaration est contestée par les Palestiniens.

Le même jour, le Premier ministre israélien Menahem Begin s'entretient avec Bachir Gemayel à Nahariya et propose la signature d'un traité de paix. Gemayel, qui doit composer avec les intérêts de factions rivales au Liban, craignant une guerre civile, choisit de refuser la paix.

14 septembre 1982, Bachir Gemayel est assassiné lors d'un attentat à la bombe qui détruit la totalité de ses bureaux.

M. Ariel Sharon prend ce prétexte pour envahir Beyrouth-Ouest et pour cerner le camp de Sabra et Chatila.

Le massacre ne devait plus tarder à venir.

Les premières exactions commencent jeudi soir du 16 septembre 1982.

Les militaires israéliens assistent passivement tout au long du vendredi 17 septembre 1982 aux massacres commis par les phalangistes.

17 septembre1982, dans l'après-midi, le commandant en chef de Tsahal, le général Rafael Eitan rencontre les officiers phalangistes qui l'informent que l'opération dans le camp était achevée et qu'ils quitteront les lieux le lendemain à cinq heures du matin.

Samedi 18 septembre1982, huit heures du matin, les derniers des phalangistes quittent le camp.



Bilan de l’opération

Près de 5000 victimes, tous des civils, dont 906 tuées et 484 disparues identifiés
Partager cet article
Repost0

commentaires