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Dominique BUCCHINI, Président de l’ASSEMBLEE de CORSE le SAMEDI 17 JUILLET à l' ASSEMBLEE GENERALE des CLUBS (LIGUE CORSE DE FOOTBALL)

Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs,

Je souhaiterais tout d’abord vous remercier pour m’avoir invité à l’assemblée générale ordinaire de la Ligue Corse de Football dont la date de création (1922) et le nombre de clubs qu’elle fédère (107) illustrent bien la relation forte qu’entretient notre île avec le ballon rond.

Aujourd’hui, alors que la piètre prestation de l’équipe nationale lors du dernier Mondial illustre bien le fait que le football professionnel est à la croisée des chemins, l’ancien n°10 des équipes de Sartène et de l’OM devenu le Président de l’Assemblée de Corse voudrait rappeler ici l’importance du sport en général et du football amateur en particulier.

Et ce, d’autant que les médias annoncent volontiers les énormes gains de quelques professionnels, les montants des droits de télévision ou de contrats de sponsorisation. Cela pourrait laisser croire que le sport est riche mais ce n’est surement pas ce que ressentent la plupart de nos clubs, associations locales … n’est-ce pas ?

Et pourtant le sport amateur est champion de l’économie non marchande car quand des personnes créent une association, elles apportent leur capital : leur temps, leur travail, leur talent. L’association sportive est une société à capital humain. La richesse première du football amateur réside dans ce corpus de valeurs qu’il véhicule et qu’il construit chaque jour au quotidien dans la relation Joueur/Educateur-Entraîneur/ Dirigeant d’autant qu’aujourd’hui le football prend son essor auprès des catégories les plus jeunes, souvent les plus influençables, en quête d’insertion ou de reconnaissance sociale.

  • Le sport dans ses différentes dimensions
  • La dimension éducative
  • La dimension sociale : principe d’égalité des chances, fondateur de la rencontre sportive, le sport favorise la mixité sociale, on doit s’y côtoyer librement quelque soit son origine, sa position et son âge. Le sport est créateur de lien social et il est l’une des rares activités où l’on se rencontre indépendamment de son origine sociale. Cette mixité sociale s’exerce sur des valeurs fondées sur le respect de la règle, des autres et de soi même.
  • Le sport facteur d’intégration
Valoriser la culture sportive

Le sport revêt une fonction symbolique avec une charge historique et affective forte. Les évènements de vos différents clubs, au-delà même des trophées jalousement conservés, constituent une trace dans laquelle ses adhérents d’hier comme d’aujourd’hui se reconnaissent. Le sport réunit non seulement des héritages transmissibles mais aussi des occasions de découverte dans la connaissance de soi, de son corps et de son environnement au travers de créations (exploits)

Le rôle et la responsabilité des éducateurs est grande et complexe. Elle doit surtout être adaptée. Autant vous dire que le rôle de l’éducateur aujourd’hui ne s’arrête plus à la gestion simple d’un groupe et que ses responsabilités en termes d’éthique, de sociabilisation et d’épanouissement sont incontournables, sur des stades où incivisme et violence, prennent parfois le dessus sur le plaisir et le respect des autres.

  • Préparation et animation des séances d’entrainement.
  • Gestion de l’équipe lors des rencontres (choix des joueurs, choix tactiques). Soutien et guide des membres de l’équipe dans les moments les plus difficiles : un rôle exemplaire, un comportement positif et modéré dans toutes circonstances.
  • Veiller à l’intégration collective de chaque joueur, lui permettant d’évoluer et de s’épanouir dans un environnement sécurisant.
  • Garantir l’éthique et l’équité sportive, instaurer le respect des autres et de soi-même, apprécier la victoire au même titre que la défaite, voici des missions et des mots d’ordre inévitable pour l’éducation de nos jeunes. Chaque catégorie n’aura pas les mêmes besoins en termes d’éducation, d’adaptation, de civilité, c’est pourquoi l’éducateur doit envisager une formation adaptée au milieu dans lequel il va encadrer.
A cet égard la principale force du mouvement sportif réside dans la dimension de son institution associative, solidaire entre les membres et entre les pratiques même si je n’ignore pas une certaine difficulté à s’engager dans les responsabilités associatives en particulier en raison d’obligations administratives et réglementaires de plus en plus lourdes et d’une judiciarisation croissante.

Votre rôle à tous est d’autant plus important dans la mesure où la société est traversée par ce que le sociologue Roger Sue définit comme « un double mouvement de sens inverse » avec d’une part, une critique de la représentation politique et de la politique en général et d’autre part, une valorisation de l’engagement associatif.

Le lien social semble se construire désormais par la base entre les individus eux-mêmes beaucoup plus qu’à travers les institutions, le travail, la famille et les corps intermédiaires classiques, le mouvement associatif pouvant apporter une réponse collective. En fait le sport amateur est une véritable école de citoyenneté dans la mesure où par l’associativité, le sportif apprend à agir avec les autres et il peut s’y réaliser tout autant sur le terrain que dans l’exercice de responsabilités.

En effet, au-delà de la formation ou de l’entretien du corps, on apprend dans son club la morale du sport, une morale fondatrice de la vie sociale.

Par son engagement volontaire associatif, le sportif adhère librement à une activité qui a pour principe fondamental l’égalité des chances et qui, par la rencontre, par la sociabilité exprime une fraternité.

U Rossu estime que ce discours important dédié au Football peut s'appliquer dans sa TOTALITÉ à toutes les pratiques sportives de notre Région.
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