Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
6 mai 2016 5 06 /05 /mai /2016 13:56
La commission de transparence des débats s'est réunie vendredi 6 mai pour la validation des résultats définitifs du vote des communistes pour le choix de la base commune du 37e Congrès.
Ces résultats sont les suivants :
30127 votants (56,92% des inscrits) ont participé au vote. 944 bulletins blancs et nuls (3,13% des votants). 29183 exprimés.
- Le texte proposé par le Conseil national obtient 14942 voix (51,20%)
- Le texte alternatif 1 obtient 6910 voix (23,68%)
- Le texte alternatif 2 obtient 1575 voix (5,40 %)
- Le texte alternatif 3 obtient 3755 voix (12,87 %)
- Le texte alternatif 4 obtient 2001 voix (6,86 %)
Pour la fédération de la Haute Corse
65 votants (39% des inscrits) ont participé au scrutin
Exprimés 65
- Le texte proposé par le Conseil national obtient 51 voix (78,5%)
- Le texte alternatif 1 obtient 10 voix (15,4%)
- Le texte alternatif 2 obtient 0 voix
- Le texte alternatif 3 obtient 1 voix (1,5 %)

- Le texte alternatif 4 obtient 2001 voix (4,6 %)

Repost 0
Published by BANDERA ROSSA
commenter cet article
6 mai 2016 5 06 /05 /mai /2016 13:32

65 votants (39% des inscrits) ont participé au scrutin

Exprimés 65

- Le texte proposé par le Conseil national obtient 51 voix (78,5%)

- Le texte alternatif 1 obtient 10 voix (15,4%)

- Le texte alternatif 2 obtient 0 voix

- Le texte alternatif 3 obtient 1 voix (1,5 %)

- Le texte alternatif 4 obtient 2001 voix (4,6 %

Repost 0
Published by BANDERA ROSSA
commenter cet article
5 mai 2016 4 05 /05 /mai /2016 14:13
tele sur
Repost 0
Published by BANDERA ROSSA
commenter cet article
3 mai 2016 2 03 /05 /mai /2016 15:40
HISTOIRE  D'EAU
Repost 0
Published by BANDERA ROSSA
commenter cet article
1 mai 2016 7 01 /05 /mai /2016 14:55

DES DOLLARS DE LA TERREUR AU PANAMA-PAPERS
En décembre dernier, prochetmoyen-orient.ch a consacré plusieurs articles aux financements de l’organisation « Etat islamique ». L’une de nos conclusions était que les mécanismes par lesquels Dae’ch se procure ses ressources ne diffèrent pas foncièrement de ceux – à l’époque – mis en place par Al-Qaïda. Le 17 décembre 2015, le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté à l’unanimité la résolution 2253 visant à « tarir les sources de financement » de l’organisation « Etat islamique ».
Ce nouveau texte prolonge les résolutions 1368 et 1373, adoptées quelques jours après les attentats du 11 septembre 2001, sans que leurs dispositions ne débouchent sur des mécanismes réellement efficaces sur le front de la lutte contre le financement du terrorisme. Rappelons encore, que fin 2005, si le Trésor américain rappelait que « Riyad combat activement la menace du terrorisme », il soulignait aussi que « les autorités saoudiennes doivent agir davantage pour faire en sorte que l’argent saoudien ne soit pas envoyé à l’étranger afin de promouvoir la haine et l’extrémisme qu’elles tentent d’endiguer sur leur territoire ». Lors d’une audition devant la commission des Affaires judiciaires du Sénat américain, un haut fonctionnaire du Trésor1, Daniel Glaser précisait : « de riches donateurs en Arabie saoudite continuent à financer des extrémistes violents à travers le monde, de l’Europe à l’Afrique du Nord et de l’Irak à l’Asie du Sud-est. Nous espérons que l’Arabie saoudite prendra des mesures efficaces contre ces individus pour empêcher leur complicité avec la violence et adresser le massage clair que de telles activités ne sont plus tolérées dans et par le royaume ».
A l’appui de ce constat, le même haut fonctionnaire se permettait une recommandation : « l’Arabie saoudite devrait s’appuyer sur les efforts qu’elle mène sur son territoire pour exercer plus de responsabilités régionalement, et accroître ses coopérations bilatérales mondiales pour lutter contre le financement du terrorisme ». Enfin, Daniel Glaser réitère les soupçons pesant, à cette époque, sur trois fondations caritatives saoudiennes opérant dans le monde, déjà épinglées l’été précédant : l’Organisation islamique internationale de secours, l’association mondiale de la jeunesse musulmane et la Ligue islamique mondiale. « Les Saoudiens nous ont répondu que les organisations caritatives et ces ONGs internationales avaient une interdiction de fait d’envoyer de l’argent à l’étranger. Il n’est pas clair pour nous que cette interdiction de facto ait un véritable effet, et cela continue à nous inquiéter profondément », ajoutait-il. « De plus, cette interdiction ne s’applique pas aux filiales étrangères de ces ONGs, de même qu’aux organisations caritatives saoudiennes qui peuvent transférer des fonds de l’une à l’autre à travers le monde sans en rendre compte aux autorités compétentes du royaume », concluait Daniel Glaser en appelant encore Riyad à une plus grande vigilance face à des organisations qui, à travers le monde, « relèvent, de fait, de la responsabilité saoudienne ».
Ce bilan sans appel, accessible à tous sur internet quatre ans après les attentats du 11 septembre 2001, émanant d’un organisme d’Etat américain pourtant peu suspect d’hostilité à l’égard de l’Arabie saoudite, n’a été ni relevé, ni diffusé, ni commenté, tant par la presse américaine que par les médias européens. Un silence assourdissant, qui résume toutes les contradictions de la lutte contre le financement du terrorisme ; contradictions et inerties récurrentes qui refont immanquablement surface dès qu’un attentat est commis dans un pays européens ou contre des intérêts occidentaux dans le monde. A chacune de ces occasions sont invoquées les résolutions ad hoc du Conseil de sécurité de l’ONU en matière de lutte contre le financement du terrorisme, à chaque fois sont convoquées des réunions d’experts plus ou moins au fait du dossier et toujours sont répétées les mêmes recommandations sans suite…
Quand ce ne sont pas les Nations unies, l’Union européenne ou la Ligue arabe, la grande presse internationale se met aussi parfois de la partie. De temps en temps, des consortiums d’enquêteurs se réveillent pour réinventer la roue et nous livrer de grands récits salvateurs. Le dernier en date : une belle histoire panaméenne… De New York à San Francisco, un navire qui l’emprunte parcourt 9500 kilomètres entre les océans Pacifique et Atlantique, c’est-à-dire moins de la moitié des 22 500 kilomètres nécessaires pour contourner le cap Horn. Les 77 kilomètres du canal – dont la construction commença en 1880 à l’initiative du Français Ferdinand de Lesseps – sont un miracle annuel pour plus de 14 000 navires pouvant transporter jusqu’à quelques 203 millions de tonnes ! Désormais, le beau nom de Panama n’évoque plus seulement cette révolution maritime permanente, mais aussi une grosse fuite… un débordement, un tsunami d’informations concernant plus de 11,5 millions de documents confidentiels issus du cabinet d’avocats panaméens Mossack Fonseca.
Ce débordement historique détaille des informations concernant plus de 214 000 sociétés off-shore, ainsi que les noms des actionnaires de ces sociétés. Parmi eux se trouvent des hommes politiques, des milliardaires, des sportifs de haut niveau ou des People. Les chefs d’État ou de gouvernement de six pays – l’Arabie saoudite, l’Argentine, les Émirats arabes unis, l’Islande, le Royaume-Uni et l’Ukraine – sont directement incriminés par ces révélations, tout comme des membres de leurs gouvernements, des proches et des associés de chefs de gouvernements de plus de 40 autres pays, tels que l’Afrique du Sud, la Chine, la Corée du Sud, le Brésil, la France, l’Inde, la Malaisie, le Mexique, le Pakistan, la Russie, l’Algérie et la Syrie.
A l’origine de ce phénomène climato-médiatique provoqué par un réchauffement collectif des consciences, on trouve un « lanceur d’alerte » anonyme qui répond au pseudonyme de « John Doe ». Initialement transmises au quotidien allemand Süddeutsche Zeitung en 2015, les données ont rapidement été partagées avec différentes rédactions de plus de 80 pays par l’intermédiaire de l’International Consortium of Investigative Journalists (ICIJ) basé à Washington. Les premiers articles des Panama Papers – c’est comme cela qu’a été baptisé le phénomène – ont été publiés le 3 avril 2016. D’autres révélations ont été annoncées pour les mois à venir… Mais cette soudaine inondation de scoops planétaires, qui nous rappelle aussi Le tailleur de Panama – film américano-irlandais, réalisé par John Boorman d’après le roman éponyme de John le Carré -, pose passablement de questions, et pas seulement sur la montée du niveau des océans…
Afin d’échapper à leur administration fiscale d’origine, les plus grosses fortunes du monde bougent en permanence entre banques, sociétés financières et paradis fiscaux de toutes sortes. Ils leur arrivent même d’être hébergées dans des établissements off-shore qui en blanchissent les tâches initiales. Ce n’est pas vraiment une découverte ! Rappelons-nous seulement du secrétaire d’Etat au Trésor américain Paul Henry O’Neill qui interrompit brusquement – en mai 2001, c’est-à-dire trois mois avant l’effondrement des tours du World Trade Center -, la participation des Etats-Unis à un groupe de travail de l’OCDE, justement chargé de réfléchir à la création de mécanismes destinés à tracer l’argent susceptible de financer le terrorisme international. A l’époque, ce brave homme déclarait que « l’adoption de tels mécanismes serait contraire aux intérêts des Etats-Unis… »
En effet, l’une des premières questions soulevées par ces étranges Panama-Papers concerne bel et bien ces fameuses places off-shore, dont la majorité se trouve sous pavillons britannique et américain ! Au printemps 2003, à l’époque du déclenchement de la nouvelle guerre anglo-américaine contre l’Irak, l’auteur de ces lignes écrivait que pour lutter efficacement contre le terrorisme international, il eût été plus utile de bombarder les Bahamas, les îles Vierges et anglo-normandes que Bagdad-City… Cette provocation était destinée à lancer un débat nécessaire sur les établissements off-shore – refuges légalisés et institutionnalisés de la grande délinquance financière internationale – celui-ci n’eut évidemment pas lieu pas plus qu’il ne s’amorce aujourd’hui !
Cette question est absolument cruciale – d’autant plus lourde de conséquences avec la mise en oeuvre d’une mondialisation économique et financière tous azimuts -, et l’on peut regretter qu’en l’occurrence les Panama-Papers aient fait pschitt… Toujours à la pointe d’une communication « mouche du coche », François Hollande applaudissait alors des deux mains les « lanceurs d’alertes » mais ne proposait pas pour autant de donner l’asile à Edward Snowden, qui a révélé les données de plusieurs programmes de surveillance de masse américains et britanniques. Cet ancien employé de la CIA est toujours inculpé par le gouvernement américain pour espionnage, vol et utilisation illégale de biens gouvernementaux. Exilé à Hong Kong en juin 2013, il a obtenu le droit de résidence en Russie pour trois ans et cherche toujours un pays d’accueil…
Sur le sujet, on aurait aussi bien aimé entendre notre grand argentier Michel Sapin, pourtant toujours si prompt à restreindre l’usage de l’argent liquide afin, aime-t-il répéter, de « lutter contre le financement du terrorisme » ; ses inventions récurrentes étant plutôt destinées à filocher les contribuables des classes moyennes… Toujours est-il, qu’hormis quelques vagues échanges formels sans suite entre les grandes capitales, les questions de fond sur les places off-shore et les paradis fiscaux passent une fois de plus à la trappe. La question est pourtant d’une simplicité enfantine : en définitive, pourquoi l’argent des grandes fortunes, des sociétés transnationales, comme du crime organisé ne se place-t-il pas dans les coffres des banques « normales », soumises aux législations nationales et internationales ? Autrement dit, pourquoi ne peut-on interdire et très simplement supprimer les places off-shore dont on sait depuis si longtemps qu’elles dissimulent la fraude fiscale la plus massive, les dollars de la terreur, l’argent de la drogue, de la traite des êtres humains, des trafics de drogue, d’armes, d’ivoire d’éléphants et de cornes de rhinocéros ?
Deuxième interrogation majeure, soulevée par la psychanalyste Anne Dufourmantelle : « comme il y a des souvenirs écrans pour l’individu, des sociétés écrans pour l’économie globalisée, pourquoi n’y aurait-il pas de scandale écran pour notre monde médiatique ? »2 Aux « big data » et banques de données massives, dont la plupart sont gérés par des sociétés privées américaines, correspondent désormais des consortiums d’investigation du type ICIJ, également basé à Washington… « Investigation », mot magique, totem contemporain de l’intelligence mondialisée comme ceux de « journalistes d’investigation », chevaliers blancs d’une transparence immédiate non moins mondialisée… autant de nouveaux acteurs pleins de bonnes intentions, autant de postures d’un nouveau journalisme plutôt étrange.
Evidemment, les dysfonctionnements normalisés et blanchis des économies parallèles, informelles et souterraines sont scandaleux et leurs révélations ne sont plus à proprement parler des scoops ! A ce titre, ils font assurément la une des médias, mais sont-ils plus insupportables que les ravages quotidiens et silencieusement meurtriers des économies légales ? Celles-ci produisent structurellement chômage, migrations et destructions de l’environnement, jetant à la porte, à la rue et à l’eau des millions d’individus, autant de dommages collatéraux des ajustements structurels nécessaires à la meilleure santé de l’économie néolibérale très normalement mondialisée. Bien-sûr, ces évidences récurrentes ont moins de chance de faire la une et le buzz !
Assurément, l’affaire des Panama-Papers a comme un arrière goût bizarre confirmant l’évolution d’un journalisme d’investigation qui tourne, de plus en plus, à l’entreprise de délations, délations qui sont rarement de grandes surprises et qui, en définitive ne changent rien – mais absolument rien – au désordre du monde. Et Le Monde, qui n’en loupe pas une, a frappé l’une de ses premières pages récentes d’un portrait du président algérien Abdelaziz Bouteflika comme l’un des chefs d’Etat épinglés par les Panama-Papers. Si des membres de son entourage apparaissent bien dans les documents de l’avocat Mossack Fonseca, celui-ci n’est pourtant pas nommément impliqué. Les mêmes vont ensuite s’insurger de voir les autorités algériennes leur refuser un visa pour couvrir la dernière visite de Manuel Valls… déclenchant l’indignation générale d’une corporation parisienne qui ne cesse de traîner l’Algérie dans la boue !
Au nom de Panama sont aussi associés les coups tordus des Delta Forces et des Bérets verts américains qui, à partir de l’Amérique centrale, n’ont cessé de prêter main forte aux dictatures latino-américaines. A partir de la Colombie notamment, ils continuent à le faire, contre le Venezuela et la Bolivie, mais cela intéresse moins nos journalistes d’investigation. Le philosophe Hürgen Habermas parle souvent de la presse comme « d’un pouvoir sans responsabilité ». Il pourrait ajouter que l’investigation, c’est comme les trains, ça peut en cacher d’autres…
En définitive, les dollars de la terreur n’en finissent pas de ressurgir, et toujours-là où ils sont attendus ! Les mêmes sempiternelles réunions de crise produisent inéluctablement les mêmes recommandations incantatoires non suivies d’effet. Gageons qu’aux révélations spectaculaires des Panama-Papers succèderont d’autres enquêtes d’investigations toutes aussi inopérantes et sans suite… comme si – pour reprendre à notre compte le constat d’Anne Dufourmantelle -, les scandales écrans nous dispensaient de nous occuper des anomalies plus quotidiennes et normalisées, pourtant elles-aussi parties prenantes du phénomène terroriste.
Richard Labévière
25 avril 2016

1 Département du Trésor, Bureau des Affaires publiques – 8 novembre 2005. Témoignage de Daniel L. Glaser, délégué, secrétaire assistant au Bureau du financement terroriste et des crimes financiers – Département américain du Trésor, devant la commission des Affaires judiciaires du Sénat.
2 Libération du 15 avril 2016.

Voir les commentaires

Repost 0
Published by BANDERA ROSSA
commenter cet article
1 mai 2016 7 01 /05 /mai /2016 13:59

aux

Repost 0
Published by BANDERA ROSSA
commenter cet article
1 mai 2016 7 01 /05 /mai /2016 13:39

Les 2, 3 et 4 mai 1943, en pleine occupation, vingt-cinq militants communistes venus de toute la Corse se réunissent à Porri en conférence régionale du Parti pour faire le point sur l’activité politique de la Résistance, définir la stratégie de lutte de masse et préparer l’insurrection populaire. Dans la grotte se trouve l’imprimerie clandestine qui servait à l’impression des tracts et de Terre Corse.

Repost 0
Published by BANDERA ROSSA
commenter cet article
1 mai 2016 7 01 /05 /mai /2016 09:18
La salle de prière musulmane de Mezzavia a nouveau touchée!
s'il s'avère qu'il s'agit effectivement d'un acte criminel, nous condamnons fermement cet acte raciste et xénophobe.
Le groupuscule fasciste, largement médiatisé, organisateur d'expéditions punitives dans le quartier des jardins de l'Empereur à Ajaccio en fin 2015 n'a pas été inquiété par la justice. Lorsqu'on pratique " la chasse à l'arabe" en bande organisée, on a moins de chance d'être arrêté et condamné que lorsqu'on manifeste contre la loi el khomri!
D.Torre
Repost 0
Published by BANDERA ROSSA
commenter cet article
1 mai 2016 7 01 /05 /mai /2016 06:42

Note de lecture sur l’introduction de "l’Être et le Code", la thèse de Michel Clouscard

Après avoir été jeune et beau, Clouscard est devenu vieux et beau

L’Harmattan, 2003, première édition 1973. CR de lecture de GQ (14/01/2008, revu en février 2013)


Il est bon de rappeller l'importance du plus grand penseur marxiste français, et du plus grand de tous les marxistes universitaires, dont l'influence reste trop faible. Il est décédé en 2009.

On ne pourra pas lire tous les livres mais on pourra se passer d'en lire beaucoup après avoir lu et médité celui là.


Il s’agit d’une thèse éditée de matérialisme dialectique, discipline révolutionnaire brouillant les frontières académiques, simultanément sociologique, historique, philosophique, psychanalytique, voire économique, plus de 600 pages très denses, qui sont aussi une « histoire de France » qui décrit la genèse rationnelle des catégories de la subjectivité bourgeoise (et dans l'état actuel de toute subjectivité), de son esthétique, de son art et de ses plaisirs comme oubli de la production ; l’oubli de la production est le diagnostic de gauche au problème de l’inauthenticité bourgeoise, qui s’oppose au diagnostic de « l’oubli de l’être » réactionnaire des heideggériens. Walter Benjamin avait préfiguré cette analyse.

« De la critique de l’épistémologie bourgeoise à la raison dialectique » Cette introduction de 47 pages devrait être éditée en brochure, vu sa grande richesse philosophique dans le champ du matérialisme dialectique et au delà. Il s’agit d’une polémique dont le but est de dégager une problématique et une méthodologie originale, décisive ; celle du surgissement du sujet de la connaissance dans l’histoire, que l’on associe au moment de la Révolution française et au nom du philosophe Kant.

Clouscard, sociologue, né en 1927, décédé en février 2009, est connu comme celui qui a eu l'audace iconoclaste de théoriser Mai 68 (dans sa face étudiante) comme une contre-révolution petite bourgeoise, point de vue longtemps maudit qu’il a amplement développé dans un petit livre au titre suggestif : Néofascisme et idéologie du désir (1973). Cette prise de position ne l’a pas rendu populaire dans l’extrême gauche, et l’a exposé à des récupérations de type droitier autoritaire (mais Gramsci aussien a fait l'objet). A contre courant de la débâcle gauchiste sa pensée est d’une grande profondeur et nous met sur la voie d’une solution pour remédier à la fracture toujours plus aggravée entre la « gauche » et les classes populaires.

Clouscard expose que Kant est à l’origine de l’épistémologie contemporaine, mais un Kant repris et abâtardit par la tradition néokantienne qui prend le pouvoir dans le champ philosophique après la chute de l'hégélianisme universitaire, dès la deuxième moitié du XIXème siècle. Même Husserl, pourtant à l'origine des écoles existentialistes qui se veulent une critique de cette tradition, en est un représentant caché. Il prétend faire du sujet transcendantal un objet du savoir, le saisir d'une intuition directe et mystique, et ne parvient qu'à le faire tomber dans le formalisme logique, tout en donnant un sens métaphysique et intemporel à des contenus empiriques contingents, totalement déterminés par les résultats de la lutte des classes. Clouscard : « la stratégie de l’idéalisme subjectif est d’établir un hiatus entre l’existentiel et le savoir, entre la pratique et la théorie, entre la classe cultivée et la classe productive ». En bout de course cela donne ce que François Chatelet avait nommé la PSU (philosophie scolaire universitaire), l'éclectisme invertébré enseigné sous le nom de "philosophie" dans les programmes scolaires.

Pour Clouscard, sociologue critique, les sciences humaines sont le modèle du savoir tautologique, et il développe à l’appui l’exemple fameux du questionnaire qui contient toujours les réponses. « La sociologie est le discours qui se dit sociologique, discours de sociologues, licence de sociologie, science empirique d’une empirie ». Les prétentions du formalisme logique, et de la linguistique structurale sont tout aussi déplacées. Le code rationnel inconscient des sociétés sans histoires (étudiées par Lévi-Strauss) sert de norme à l’expulsion de l’histoire (et du progrès des forces productives) hors de la pensée. Il y a deux inconscients, pour Clouscard, celui de la pensée sauvage et celui de la pensée historique. Pour Clouscard la réalité du progrès de l’un à l’autre ne fait aucun doute.

Le problème théorique central est celui de la production historique du sujet de la connaissance. La méthode historique de Clouscard reprend le sérieux de Kant pour critiquer le néokantisme. La critique de l’idéologie néokantienne révèle à partir de ses contradictions ce que la bourgeoisie non seulement ne veut pas connaitre mais nie. Il faut écrire la théorie de l’ensemble précapitaliste qui produit ce sujet transcendantal. Ce sera l’Être et le Code. Sa thèse pourra donc se lire comme une histoire de la France du Moyen Age et des Temps modernes, avec un détour du coté de la génétique psychologique du sujet.

Clouscard définit sa méthode historique à trois niveaux ; définir les implications historiques du sujet transcendantal en montrant que le sujet de la connaissance est historiquement produit. Puis critiquer la dichotomie formalisme-empirisme caractéristique de l’épistémologie néokantienne, et sa retombée mystique husserlienne, puis proposer la science de l’histoire, qui autorise une logique concrète (car le réel est rationnel), enfin reprendre les implications modernistes du néokantisme, dans le champ idéologique libertaire prétenduement freudo-marxiste en reconvertissant le couple idéologique: inconscient/structure en couple scientifique : négatif/champ de production. L’idée grossièrement résumée est la suivante : aux deux classes opposées, celle qui produit et celle qui consomme correspond la dichotomie entre le signe et le référent. Le système de signe est liberté des consommateurs, répression des producteurs. Bien entendu cette liberté n’est que recyclage de modèles et de stéréotypes, redéposés en héritage dans la conscience, et l’inconscient de l’individualisme bourgeois par les étapes de la constitution historique de la subjectivité. En cela Clouscard me semble fondamentalement hégélien, chaque sujet d'un "moi" singulier n’étant qu’une espèce de remise en jeu du l’histoire totale du sujet de la lutte des classes, de l’antiquité à l’époque du sujet transcendantal (la Révolution française).

Par la polémique contre le néo-kantisme, la méthodologie s’est précisée, elle consiste à relever le négatif du discours néo-kantien, elle permet de passer du néokantisme à la raison dialectique (terme repris de Sartre, mais avec la ferme intention de se resituer à l’intérieur de la science de l’histoire commencée par Marx).

Le corps –sujet de l’individuel bourgeois est lui même historiquement produit, il faudra voir comment. Le corps-sujet est méconnu, toute notre connaissance du corps sujet, du singulier corporel est bourgeoise ou féodale, mythe romanesque, poésie des classes dominantes. Clouscard propose sa définition du corps sujet : passage de la substance au sujet de la connaissance. Pour lui Lacan est en net recul sur Freud dans la connaissance de l’historicité des données corporelles.

Pour Clouscard, et il tentera de l’illustrer tout au long de la thèse, c’est la logique de la production, c’est tel mode de rapport de classes qui répartissent, définissent, délimitent l’être et le code, aussi ce n’est que par la relation historique, dialectique que l’on peut préciser la relation être-code. « L’être de l’épistémologie bourgeoise n’est que le déchirement historique, la distance d’un producteur frustré de sa production et d’un consommateur non productif. La liberté bourgeoise est la négation de la nécessité, le bourgeois est libre par l’aliénation de l’ouvrier ». Le moment de mai 68 est celui d’un nouveau capitalisme, qui doit liquider les déterminations religieuses, morales. "Comment régulariser une production hédoniste quand on n’est pas producteur? Comment jouir sans culpabilité ? Comment ne pas nommer le problème politique (incidemment on retrouve là la critique de toute l’idéologie « antiparti » des collectifs et des réseaux qui veulent disent-ils faire dela politique autrement).

Conclusion à Clouscard :

« La raison dialectique ne se laissera pas intimider par le terrorisme culturel du néokantisme et de la démagogie libérale, qui sont, hélas, les références implicites d’une intelligentsia qui se dit (et se croit) révolutionnaire ».

L'évolution réactionnaire de cet intelligentsia intellectuelle et artistique en Occident (mais aussi dans les anciens pays socialistes) lui a amplement donné raison.

Repost 0
Published by BANDERA ROSSA
commenter cet article
30 avril 2016 6 30 /04 /avril /2016 16:51
Repost 0
Published by BANDERA ROSSA
commenter cet article