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9 janvier 2016 6 09 /01 /janvier /2016 15:26
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9 janvier 2016 6 09 /01 /janvier /2016 14:59

Cuba au premier rang de la santé infantile en Amérique

Des données préliminaires du ministère de la Santé publique (MINSAP), fin 2015, ont révélé un taux de mortalité infantile de 4,3 décès pour 1000 naissances vivantes, ce qui situe Cuba au premier rang en Amérique pour cet indicateur et parmi les 20 premiers pays du monde. Pour la 8e année consécutive, le chiffre se maintient en dessous de 5 pour mille enfants nés vivants.

Auteur: Nuria Barbosa León | internet@granma.cu

8 janvier 2016 09:01:54

La santé est un droit garanti par la Constitution.

Des données préliminaires du ministère de la Santé publique (MINSAP), fin 2015, ont révélé un taux de mortalité infantile de 4,3 décès pour 1000 naissances vivantes, ce qui situe Cuba au premier rang en Amérique pour cet indicateur et parmi les 20 premiers pays du monde. Pour la 8e année consécutive, le chiffre se maintient en dessous de 5 pour mille enfants nés vivants.

Les provinces affichant des taux inférieurs sont : Pinar del Rio (3,4), Holguin (3,8), Granma (3,8), Cienfuegos (3,9), Villa Clara (4,1), Camagüey (4,1), Santiago de Cuba (4,1) et Sancti Spiritus (4,2), auxquelles s‘ajoutent les 28 municipalités n’ayant déclaré aucun décès.

D’autres statistiques du MINSAP révèlent qu’en 2015, il y a eu 125 064 naissances, 2 421 de plus qu’en 2014.

Par ailleurs, Cuba enregistre le taux de mortalité infantile pour anomalies congénitales le plus bas de l’histoire (0,9), alors que la mortalité chez les enfants de moins de 5 ans se maintient en dessous de 6 pour la troisième fois, et les décès en âge préscolaire se situent à 3,5 pour 10 000 habitants.

Ces résultats constituent le fruit de l’effort commun des travailleurs de la santé, d’une réorganisation des services médicaux en vue d’une meilleure qualité, du réaménagement des installations, de l’introduction de technologies de pointe et de la mise à jour du modèle économique en cours depuis 2010.

Autre succès de l’année 2015 : Cuba est le premier pays au monde à avoir reçu de l’Organisation mondiale de la Santé la validation qu’elle a éliminé la transmission mère-enfant (TME) du VIH et de la syphilis congénitale, un résultat qui a été salué par l’OMS, le système des Nations unies et l’ONUSIDA. Douze maladies infectieuses ont été éradiquées à Cuba : poliomyélite, diphtérie, tétanos, rougeole, rubéole, oreillons, syphilis congénitale, tuberculose méningée, coqueluche, VIH/sida infantile et paludisme.

Par ailleurs, six maladies, qui présentent des taux inférieurs à 0,1 pour 100 000 habitants, ne constituent pas un problème de santé (lèpre, méningococcie, méningite par Haemophilus Influenzae, fièvre typhoïde, rage humaine et leptospirose) et 29 autres pathologies infectieuses et contagieuses sont sous contrôle. L’information préliminaire du MINSAP précise que plus de 95 % de la population est vaccinée, et qu’en 2015, aucun cas d’oreillons, de rougeole, de rubéole et de coqueluche n’a été diagnostiqué.

De même, le vaccin contre la grippe s’est étendu aux populations vulnérables qui ne le recevaient pas (nourrissons de 6 mois à un an, asthmatiques de 3 à 5 ans, femmes enceintes et adultes de 75 à 84 ans non immunisés lors des campagnes précédentes). La portée de ces actions de santé pour la sécurité et le bien-être des Cubains ont pour origine les programmes mis en œuvre dès le triomphe de la Révolution, qui se sont poursuivis sans interruption et exigent aujourd’hui, du fait de leur complexité, davantage de temps et de ressources.

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8 janvier 2016 5 08 /01 /janvier /2016 16:27

Racisme et xénophobie, symptômes d’une société très inégalitaire

Par Michel Stefani, conseiller territorial, secrétaire de la fédération communiste de Haute-Corse

Après les événements et manifestations à Ajaccio

Mardi, 5 Janvier, 2016

L'Humanité

Photo : Pierre Pytkowicz

Par Michel Stefani, conseiller territorial, secrétaire de la fédération communiste de Haute-Corse

En cette fin d’année 2015, la société corse expulse à la manière d’un volcan les maux qui depuis des décennies la travaillent en profondeur. C’est brutal, non surprenant. La crise, ici aussi, a des effets négatifs où s’entremêlent le mal-vivre et la peur du futur.

Ce qui s’est passé à Ajaccio la veille de Noël est injustifiable. Les voyous cagoulés qui ont agressé les pompiers et l’agent de police doivent être interpellés et déférés devant la justice. Ceux qui, en représailles, ont saccagé un lieu de prières et proféré des menaces contre les habitants de la cité des Jardins de l’empereur, en dégradant les bâtiments, doivent également en répondre devant la justice. C’est la condition pour que la facilité avec laquelle ces opérations punitives ont été conduites ne soit interprétée comme une faiblesse complice. La loi républicaine doit s’imposer à tous et partout.

Comprendre ce qui se passe aujourd’hui exige néanmoins de prendre un minimum de recul par rapport aux événements et à la noirceur insupportable qu’ils révèlent pour mieux les endiguer et rétablir, par la reconstruction du lien social et la promotion des principes de la laïcité, le vivre ensemble nécessaire à tous, indépendamment des origines différentes de chacun.

Au moment où le président de la République défend la volonté d’inscrire dans la Constitution la déchéance de nationalité pour les binationaux nés français ayant commis des actes de terrorisme, il est d’autant plus nécessaire de réaffirmer ces objectifs progressistes en s’opposant à cette fuite en avant politicienne dont l’effet sera corrosif pour les valeurs essentielles de la République mais nul dans la lutte antiterroriste.

Forte de ses succès électoraux et portée par la banalisation médiatique de ses thèses réactionnaires, l’extrême droite, qui se félicite de ce choix de François Hollande rappelant des moments sinistres de notre histoire, n’a plus aucune retenue : elle inonde les réseaux sociaux, met en avant ce qui s’est passé à Ajaccio pour répandre autant que faire se peut le poison de la haine raciste.

Le racisme et la xénophobie sont les symptômes d’une société très inégalitaire qui, dans le désespoir et la souffrance, alimente les frustrations en Corse et ailleurs. Ils trouvent ici les ingrédients de leur prospérité quand bien même ils seraient les éléments d’« une idéologie importée », comme l’affirme le président de l’Assemblée de Corse.

La difficulté quotidienne, l’absence d’espoir, la banalisation d’un discours islamophobe et antimusulman au bénéfice d’une situation internationale détériorée par une domination capitaliste, habillée en guerre de civilisation pour masquer le pillage de richesses naturelles, sont depuis deux décennies le creuset fertile dans lequel les apprentis sorciers instrumentalisent la colère populaire pour la retourner contre le peuple lui-même en le divisant.

Le mouvement populaire porteur de transformations sociales a besoin d’unité, non de division. Or le racisme divise les victimes du système en les opposant entre elles à partir de leurs différences d’origine, de classe et de culture. Le chômage n’est plus alors le résultat de choix politiques, économiques et sociaux dictés par la seule logique d’accumulation du profit, mais le fait d’une présence étrangère supposée responsable du manque d’emploi. Ce qui est valable pour l’emploi l’est tout autant pour l’accès au logement, à la protection sociale ou à un système de santé permettant à chacun de se soigner correctement.

La cherté de la vie en Corse, qui accentue le sentiment d’injustice, n’est pas non plus un hasard. Elle repose sur des mécanismes frauduleux qui vont du vol de la taxe de transport au détournement des réfactions de TVA (250 millions d’euros annuels) au détriment des consommateurs. Dans le même temps, les multiples dispositifs d’allégements de charges sociales et fiscales (70 millions d’euros annuels) des entreprises insulaires mis en œuvre sans critères contraignants, en termes de création et de stabilité de l’emploi, de salaires corrects et de formation, constituent une aubaine pour le patronat.

Dans ces conditions, l’écart de revenu entre les plus pauvres et les plus riches est de sept points. En 2010, 1 600 ménages en Corse déclaraient un revenu annuel moyen de 180 000 euros, alors que 20 % des ménages – 60 000 personnes – vivaient avec un revenu inférieur au seuil de pauvreté monétaire. Ici comme ailleurs le « tous ensemble » n’a de sens que quand il prend en compte prioritairement la défense des intérêts « des spoliés de la terre », comme l’affirmait Jean Nicoli en 1943.

Inversement, le repli identitaire est d’autant plus dangereux qu’il esquive l’analyse de fond pour cibler des boucs émissaires et oublier l’histoire, qui nous enseigne notamment que les goumiers marocains, aux côtés des résistants, ont payé de leur vie la libération de la Corse.

La pauvreté n’existe pas parce qu’il y a des pauvres, mais bien en raison d’un modèle économique structuré par la précarité de l’emploi et les bas salaires et parfois doublé par le trafic de main-d’œuvre étrangère. La directive européenne ultralibérale dite du travailleur détaché, les attaques répétées contre le Code du travail – les dernières venant du ministre Emmanuel Macron – encouragent un patronat sans scrupule à négliger les conditions de travail et à accroître l’exploitation.

À juste raison, on se sentira méprisé par le flot des propos qui, pour dénoncer une situation condamnable, ne font plus la distinction entre l’immense majorité des Corses et une poignée de délinquants fracassant un camion de pompiers et d’autres individus qui, bras tendus, ont envahi la cité des Jardins de l’empereur pour laisser libre cours à leurs pulsions fascisantes de vengeance au cri de « Arabi Fora » et de « on est chez nous… les racailles dehors ».

De même, il fut affligeant, en juin 2015, de n’avoir pas été plus nombreux à soutenir ces enseignantes de l’école de Prunelli di Fium’Orbu lorsqu’elles se sont vues désavouées pour avoir imaginé de faire chanter par leurs jeunes élèves la tolérance en cinq langues parmi lesquelles l’arabe, le corse et le français.

Voilà pourquoi on ne peut faire abstraction de l’impact que peuvent avoir des mots d’ordre nationalistes comme « I Francesi Fora (IFF) » ou « corsisation de l’emploi » et faire la sourde oreille quand sont mises en exergue « les racines chrétiennes de la Corse » pour faire prévaloir une « laïcité autre que française » en indiquant que « la seule communauté de droit sur la terre corse est le peuple corse ».

Oui, il y a un grave risque à véhiculer la thèse communautariste de la « submersion du peuple corse ». Si la Corse est une terre d’hospitalité, elle ne peut le rester qu’en se dégageant de cette vision réductrice de la société insulaire fondée sur le droit du sang et la possibilité de s’installer ici qu’après avoir satisfait aux contraintes de maîtrise de la langue et d’une présence supérieure à dix ans.

« La Corse aux Corses », « la France aux Français », « les racines chrétiennes », « le droit du sang », les chemins sont parallèles, mais les propos se confondent dans une même logique d’exclusion ou de rejet de l’autre, différent. Il est impératif de sortir de cette impasse politique et sociale. C’est un devoir pour tous les démocrates et les progressistes.

Les valeurs de la République, Liberté-Égalité-Fraternité, la laïcité, offrent le cadre d’un vivre ensemble pour peu que la justice sociale s’affiche dans la solidarité nationale et prenne le dessus sur l’engrenage ultralibéral de l’argent roi. Ce changement de politique, le peuple doit le construire à gauche, résolument à gauche, dans son propre intérêt. Les communistes sont disponibles pour contribuer au rassemblement le plus large afin d’y parvenir.

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8 janvier 2016 5 08 /01 /janvier /2016 15:37
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7 janvier 2016 4 07 /01 /janvier /2016 15:22

Regrettable dérapage

l

Francis Arzalier, historien communiste, 95150 Taverny
fm.arzalier@free.fr
A Patrick Appel-Muller, responsable de rédaction de l'Humanité
Lecteur régulier de l'Humanité depuis plus de quarante ans, je persiste à considérer ce journal comme une arme bien nécessaire contre la vague de xénophobie et de racisme qui empuantit notre pays en 2016. C'est pourquoi j'y supporte mal les dérapages en la matière, même ceux qui se veulent " humoristiques ".
Le discours xénophobe ou raciste consiste à généraliser à un groupe ethnique ou culturel lesturpitudes de quelques uns de ses membres. L'Humanité dénonce ainsi a juste titre ceux qui assimilent LES MUSULMANS ou LES ARABES aux tueurs islamistes-djihadistes, ou ceux qui prétendent LES JUIFS en général des ambitieux cupides ou des partisans indéfectibles de la colonisation de la Palestine.
Il est dès lors inacceptable de voir l'Humanité publier le 4 janvier 2016 en page 28 une caricature légendée " LES CORSES infiltrés par le FN ", représentés en cagoules et armés, comme les clandestins FLNC d'il y a 20 ans. Alors que leur mouvance indépendantiste est aujourd'hui très minoritaire en Corse, comme d'ailleurs le FN, beaucoup moins influent dans l'île qu'en Provenceou en Nord-pas de Calais.
Même généralisation regrettable dans l'Humanité du 6 janvier 2016, page 8, quand un article par ailleurs fort pertinent sur les difficultés de l'ex-SNCM et les responsabilités à ce sujet du patronat, de l'état français et de l'UE, est précédé du titre absurde " pour étrangler l'ex-SNCM,
LES CORSES serrent l'écoute ". Comme si l'ensemble des insulaires, patrons et salariés confondus, chômeurs et affairistes, avaient une opinion identique à ce sujet.
L'Humanité est toujours l'image des Communistes dans l'opinion française: cela mérite bien une certaine vigilance a l'égard du contenu du journal, la liberté des rédacteurs ne doit pas empêcher le respect des lecteurs.
Je me permets d'espérer une réponse.
Avec le souci d'aider ceux qui luttent pour leur idéal d'égalité entre les hommes et les peuples, en Corse et ailleurs.
Francis Arzalier

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7 janvier 2016 4 07 /01 /janvier /2016 08:24

Pourquoi Paris et Washington ne condamnent pas Riyad

HASSANE ZERROUKY, l'Humanité, 05/01/2016

Pour les États-Unis et la France, l'Arabie saoudite, en dépit de la nature semi-féodale de son régime, reste, au même titre qu'Israël, un allié stratégique au Moyen-Orient.


À l'instar d'Israël, l'Arabie saoudite jouirait-elle d'une totale impunité ? Il semble bien. Toujours est-il que l'exécution le même jour de 47 personnes, après le triste record de 2015 ­ 153 personnes dont des femmes décapitées publiquement parfois sur les parkings de supermarché ­ coïncidant avec l'annonce de la fin du cessez-le-feu par la coalition dirigée par Riyad au Yémen, n'a pas été condamnée avec la fermeté voulue par Washington et Paris.

Face à ce qui n'est rien d'autre qu'un crime de masse, sur fond de montée des tensions entre l'Arabie saoudite et l'Iran, les ÉtatsUnis, la France et l'UE se sont contentés du service minimum. Washington, grand protecteur du régime wahhabite, a fait part, après coup, de ses inquiétudes. Ni plus ni moins. « L'exécution de Nimr Al Nimr, éminent religieux chiite et militant politique, risque d'exacerber les tensions interreligieuses au moment où il y a un besoin urgent de les réduire », a ainsi réagi le porte-parole du département d'État, John Kirby. Avant d'appeler Riyad à « respecter et (à) protéger les droits de l'homme », et à garantir une procédure judiciaire « honnête et transparente dans tous les cas » !
L'Arabie saoudite, un pays où la liberté d'expression n'existe pas

Quant à la France, ce n'est que 24 heures après qu'elle est intervenue, en se bornant à déplorer ces exécutions, avant d'appeler, elle aussi, « les responsables de la région à tout faire pour éviter l'exacerbation des tensions sectaires et religieuses » et à la « désescalade » dans les tensions entre l'Arabie saoudite et l'Iran ! L'UE, par la voix de son chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, n'a pas dit plus, se contentant d'observer que « le cas spécifique du cheikh Nimr Al Nimr soulève de sérieuses inquiétudes sur la liberté d'expression et le respect des droits civils et politiques de base, qui doivent être préservés dans tous les cas, y compris dans le cadre de la lutte contre le terrorisme ».

Dans un pays comme l'Arabie saoudite, où la liberté d'expression n'existe pas, où les partis politiques et les syndicats sont interdits et où la charia (loi religieuse) et les châtiments qui vont avec ­ décapitation, flagellation, amputation ­ tiennent lieu de droit et de constitution, évoquer le respect des libertés et des droits civils fait doucement sourire le Saoudien lambda.
Riyad n'a pas du tout digéré l'accord entre Téhéran et Washington

Pourtant, dans le contexte quasi explosif moyen-oriental, et moins de quinze jours après que le Conseil de sécurité de l'ONU a ouvert la voie à un règlement politique de la crise syrienne, il était plus qu'évident que le crime de masse commis par le régime wahhabite visait ni plus ni moins qu'à rallumer le brasier que cette même communauté internationale essaie d'éteindre.

La raison en est sans doute que Riyad n'a pas du tout digéré le rapprochement entre Téhéran et Washington, suite à l'accord ur le nucléaire iranien, et, surtout, a très mal accepté que l'Iran soit associé à un règlement de la crise syrienne.

Et, plus que les contrats commerciaux et autres intérêts économico-financiers, le fait qu'Américains et Français n'aient pas condamné l'Arabie saoudite et n'aient pas tenté d'empêcher en amont cette exécution massive porteuse de risques de tensions communautaires et régionales tient au fait que ce pays, au même titre d'ailleurs qu'Israël, est un allié stratégique dans cette partie du monde.
LA RUSSIE S'EST DITE DISPONIBLE « POUR APLANIR LES DIFFÉRENDS EXISTANTS ET CEUX QUI POURRAIENT NAÎTRE ENTRE TÉHÉRAN ET RIYAD ».

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5 janvier 2016 2 05 /01 /janvier /2016 16:48
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3 janvier 2016 7 03 /01 /janvier /2016 09:14

MICHEL STEFANI

Racisme et xénophobie, symptômes d’une société très inégalitaire

29 Décembre 2015

En cette fin d’année 2015 la société corse expulse à la manière d’un volcan les maux qui depuis des décennies la travaillent en profondeur. C’est brutal, non surprenant. La crise, ici aussi, a des effets négatifs ou s’entremêlent le mal vivre et la peur du futur.

Ce qui s’est passé à Ajaccio la veille de noël est injustifiable. Les voyous cagoulés qui ont agressé les pompiers et l’agent de police doivent être interpelés et déférés devant la justice. Ceux qui, en représailles, ont saccagé un lieu de prière et proféré des menaces contre les habitants de la cité des jardins de l’Empereur, en dégradant les bâtiments, doivent également en répondre devant la justice. C’est la condition pour que la facilité, avec laquelle ces opérations punitives ont été conduites, ne soit interprétée comme une faiblesse complice. La loi républicaine doit s’imposer à tous et partout.

Comprendre ce qui se passe aujourd’hui exige néanmoins de prendre un minimum de recul par rapport aux événements et à la noirceur insupportable qu’ils révèlent pour mieux les endiguer et rétablir, par la reconstruction du lien social et la promotion des principes de la laïcité, le vivre ensemble nécessaire à tous indépendamment des origines différentes de chacun.

Au moment où le président de la République défend la volonté d’inscrire dans la Constitution la déchéance de nationalité pour les binationaux nés français ayant commis des actes de terrorisme, il est d’autant plus nécessaire de réaffirmer ces objectifs progressistes en s’opposant à cette fuite en avant politicienne dont l’effet sera corrosif pour les valeurs fondamentales de la République mais nul dans la lutte antiterroriste.

Forte de ses succès électoraux et portée par la banalisation médiatique de ses thèses réactionnaires l’extrême droite, qui se félicite de ce choix de François Hollande rappelant des moments sinistres de notre histoire, n’a plus aucune retenue elle inonde les réseaux sociaux, met en avant ce qui s’est passé à Ajaccio pour répandre autant que faire se peut le poison de la haine raciste.

Le racisme et la xénophobie sont les symptômes d’une société très inégalitaire qui, dans le désespoir et la souffrance, alimente les frustrations en Corse et ailleurs. Ils trouvent ici les ingrédients de leur prospérité quand bien même ils seraient les éléments « d’une idéologie importée », comme l’affirme le président de l’Assemblée de Corse.

La difficulté quotidienne, l’absence d’espoir, la banalisation d’un discours islamophobe et anti musulman au bénéfice d’une situation internationale détériorée par une domination capitaliste habillée en guerre de civilisation pour masquer le pillage de richesses naturelles, sont depuis deux décennies le creuset fertile dans lequel les apprentis sorciers instrumentalisent la colère populaire pour la retourner contre le peuple lui-même en le divisant.

Le mouvement populaire porteur de transformations sociales a besoin d’unité non de division. Or le racisme divise les victimes du système en les opposant entre elles à partir de leurs différences d’origines, de classes et de cultures. Le chômage n’est plus alors le résultat de choix politiques, économiques et sociaux, dictés par la seule logique d’accumulation du profit mais le fait d’une présence étrangère supposée responsable du manque d’emploi. Ce qui est valable pour l’emploi l’est tout autant pour l’accès au logement, à la protection sociale ou à un système de santé permettant à chacun de se soigner correctement.

La cherté de la vie en Corse, qui accentue le sentiment d’injustice, n’est pas non plus un hasard. Elle repose sur des mécanismes frauduleux qui vont du vol de la Taxe de transport au détournement des réfactions de TVA (250M€ annuels) au détriment des consommateurs. Dans le même temps les multiples dispositifs d’allégements de charges sociales et fiscales (70M€ annuels) des entreprises insulaires, mis en œuvre sans critères contraignant en termes de création et de stabilité de l’emploi, de salaires corrects et de formation, constituent une aubaine pour le patronat.

Dans ces conditions, l’écart de revenu entre les plus pauvres et les plus riches est de sept points. En 2010 1600 ménages en Corse déclaraient un revenu annuel moyen de 180 000 euros parallèlement 20 % des ménages 60 000 personnes vivaient avec un revenu inférieur au seuil de pauvreté monétaire. Ici comme ailleurs le « tous ensemble » n’a de sens que quand il prend en compte prioritairement la défense des intérêts « des spoliés de la terre » comme l’affirmait Jean Nicoli en 1943.

Inversement, le repli identitaire est d’autant plus dangereux qu’il esquive l’analyse de fond pour cibler des boucs-émissaires et oublier l’histoire qui nous enseigne notamment que les Goumiers marocains, aux cotés des Résistants, ont payé de leur vie la Libération de la Corse.

La pauvreté n’existe pas parce qu’il y a des pauvres mais bien en raison d’un modèle économique structuré par la précarité de l’emploi et les bas salaires parfois doublé par le trafic de main d’œuvre étrangère. La directive européenne ultralibérale, dite du travailleur détaché, les attaques répétées contre le code du travail, les dernières venant du ministre Macron, encouragent un patronat sans scrupule à négliger les conditions de travail et à accroitre l’exploitation.

A juste raison on se sentira méprisé par le flot des propos qui, pour dénoncer une situation condamnable, ne font plus la distinction entre l’immense majorité des corses et une poignée de délinquants fracassant un camion de pompiers et d’autres individus qui, bras tendus, ont envahi la cité des jardins de l’Empereur pour laisser libre court à leur pulsions fascisantes de vengeance aux cris d’ « Arabi Fora » et « on est chez nous… les racailles dehors ».

De même, il fut affligeant en juin dernier de n’avoir pas été plus nombreux pour soutenir ces enseignantes de l’école de Prunelli di Fiumorbu lorsqu’elles se sont vues désavouées pour avoir imaginé de faire chanter par leurs jeunes élèves la tolérance en cinq langues parmi lesquelles l’arabe le corse et le français.

Voila pourquoi on ne peut faire abstraction de l’impact que peuvent avoir des mots d’ordre nationalistes comme I Francesi Fora (IFF) ou corsisation de l’emploi et faire la sourde oreille quand sont mises en exergue « les racines chrétiennes de la Corse » pour faire prévaloir une « laïcité autre que française » en indiquant que « la seule communauté de droit sur la terre corse est le peuple corse ».

Oui il y a un grave risque à véhiculer la thèse communautariste de la « submersion du peuple corse ». Si la Corse est une terre d’hospitalité elle ne peut le rester qu’en se dégageant de cette vision réductrice de la société insulaire fondée sur le droit du sang et la possibilité de s’installer ici qu’après avoir satisfait aux contraintes de maitrise de la langue et d’une présence supérieure à 10 ans.

« La Corse aux Corses », « la France aux Français », « les racines chrétiennes », « le droit du sang »… les chemins sont parallèles mais les propos se confondent dans une même logique d’exclusion ou de rejet de l’autre différent. Il est impératif de sortir de cette impasse politique et sociale. C’est un devoir pour tous les démocrates et les progressistes.

Les valeurs de la République : Liberté Egalité Fraternité, la laïcité, offrent le cadre d’un vivre ensemble pour peu que la justice sociale, s’affiche dans la solidarité nationale et prenne le dessus sur l’engrenage ultralibérale de l’argent roi. Ce changement de politique le peuple doit le construire à gauche, résolument à gauche dans son propre intérêt. Les communistes sont disponibles pour contribuer au rassemblement le plus large afin d’y parvenir.

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30 décembre 2015 3 30 /12 /décembre /2015 18:09
BON CAPU D'ANNU 2016
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30 décembre 2015 3 30 /12 /décembre /2015 14:38
FALCE E MARTELLU
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