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25 décembre 2007 2 25 /12 /décembre /2007 17:30
En Bolivie, la démocratie en péril, par Danielle Mitterrand

LE MONDE | 21.12.07  
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 Comme l'Europe l'a appris cruellement à ses dépens, la démocratie a sans cesse besoin d'être vécue, réinventée, défendue aussi bien à l'intérieur de nos pays démocratiques que dans le reste du monde. Aucune démocratie n'est une île. Les démocraties se doivent mutuellement assistance. Aujourd'hui, j'en appelle donc à nos dirigeants et à nos grands organes de presse : oui, je l'affirme, la jeune démocratie bolivienne court un mortel danger.
 
 En 2005, un président et son gouvernement sont largement élus par plus de 60 % des électeurs, alors même qu'une grande partie de leurs électeurs potentiels, indigènes, ne sont pas inscrits sur les listes électorales, car ils n'ont même pas d'état civil. 

 Les grandes orientations politiques de ce gouvernement ont été approuvées massivement par référendum avant même cette élection, et notamment la nationalisation des richesses naturelles pour une meilleure redistribution et la convocation d'une Assemblée constituante. 

 Pourquoi une nouvelle Constitution est-elle indispensable ? Pour la raison bien simple que l'ancienne Constitution date de 1967, une époque où, en Amérique latine, les populations indigènes - qui représentent en Bolivie 75 % de la population - étaient totalement exclues de toute citoyenneté. 

 Les travaux de l'Assemblée constituante bolivienne ont été depuis les origines constamment entravés par les manoeuvres et le boycottage des anciennes oligarchies, qui ne supportent pas de perdre leurs privilèges économiques et politiques. L'opposition minoritaire pousse le cynisme jusqu'à travestir son refus de la sanction des urnes avec le masque de la défense de la démocratie.

Elle réagit par le boycottage, les agressions dans la rue, l'intimidation des élus, dans le droit-fil des massacres perpétrés sur des civils désarmés par l'ancien président Sanchez de Lozada en 2003, lequel est d'ailleurs toujours poursuivi pour ces crimes et réfugié aux Etats-Unis.

A la faveur d'un chaos soigneusement orchestré renaissent les menaces séparatistes des provinces les plus riches, qui refusent le jeu démocratique et ne veulent pas "payer pour les régions pauvres".

Des groupes d'activistes néofascistes et des bandes paramilitaires subventionnées par la grande bourgeoisie et certains intérêts étrangers installent un climat de peur dans les communautés indigènes. Rappelons-nous ce que sont revenus la Colombie et le Guatemala, rappelons-nous surtout la démocratie chilienne, assassinée le 11 septembre 1973 après un processus identique de déstabilisation.

On peut tuer une démocratie aussi par la désinformation. Non, Evo Morales n'est pas un dictateur. Non, il n'est pas à la tête d'un syndicat de trafiquants de cocaïne. Ces images caricaturales sont véhiculées chez nous sans la moindre objectivité, comme si l'intrusion d'un président indigène et la montée en puissance de citoyens électeurs indigènes étaient insupportables, non seulement aux oligarchies latino-américaines, mais aussi à la presse bien pensante occidentale.

Comme pour démentir encore plus le mensonge organisé, Evo Morales appelle au dialogue, refuse d'envoyer l'armée et met même son mandat dans la balance.

J'en appelle solennellement aux défenseurs de la démocratie, à nos dirigeants, à nos intellectuels, à nos médias. Attendrons-nous qu'Evo Morales connaisse le sort de Salvador Allende pour pleurer sur le sort de la démocratie bolivienne ?

La démocratie est valable pour tous ou pour personne. Si nous la chérissons chez nous, nous devons la défendre partout où elle est menacée. Il ne nous revient pas, comme certains le prétendent avec arrogance, d'aller l'installer chez les autres par la force des armes ; en revanche, il nous revient de la protéger chez nous avec toute la force de notre conviction et d'être aux côtés de ceux qui l'ont installée chez eux.

Danielle Mitterrand est présidente de France Libertés.

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3232,36-992367,0.html

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25 décembre 2007 2 25 /12 /décembre /2007 17:24
"La résistance fait partie de notre culture et de notre histoire."    
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Interview de Khaled Hadadeh, secrétaire général du PCL, parti communiste libanais

par Chris Den Hond, Mireille Court et Nicolas Qualander
traduction de l'arabe par Hussein Sabbah


Le Parti communiste libanais participe à la résistance contre l'occupation israélienne, résistance politique, sociale, mais aussi armée, malgré le peu de moyens dont il dispose. Nous avons passé une journée entière à Jamaliya, dans la vallée de la Bekaa, où 7 militants communistes sont tombés les armes à la main lors d'une opération israélienne en août 2006. Nous avons aussi rencontré Khaled Hadadeh, secrétaire général du PCL.

Est-ce que la diplomatie française sous Sarkozy est différente de celle de Chirac ou de Bush concernant le Moyen Orient?
On constate une modification de la façon dont le gouvernement français exerce sa politique au Liban et au Moyen Orient en général, mais ce n'est pas un changement important. C'est plutôt une réponse à ce qui s'est passé en Irak. Avec le recul de la mainmise nord américaine, il semble que l'Union européenne essaie de profiter de cette faiblesse pour regagner un peu de terrain perdu. J'ai l'impression que le nouveau gouvernement français essaie de compenser ce qu'il a perdu pendant l'occupation de l'Irak et la chute de Saddam Hussein, mais cela ne change pas grande chose dans le conflit israélo-arabe. L'Union européenne a toujours les mêmes relations, les mêmes points de vue dans l’ensemble que le gouvernement nord américain, comme s'ils étaient en train de se compléter pour défendre les intérêts d'Israël dans la région. La solution de paix, prônée par l'UE et le gouvernement américain, vise à préserver les intérêts israéliens militaires et politiques dans la région.

Dans un communiqué de presse récent, le PCL se dit partisan d'une modification de la constitution pour changer le modèle confessionnel au Liban. Pourquoi?
Le modèle confessionnel au Liban est à l'origine de problèmes et de guerres civiles depuis la création du grand Liban en 1926. C'est le représentant du mandat français au Liban qui l'a imposé et jusqu'à aujourd’hui les guerres civiles à caractère confessionnel se succèdent. La classe politique au Liban est comme une classe de féodaux, où des groupes humains géographiquement bien délimités suivent un chef politique ou tribal et où le régime libanais reflète une union de ces chefs féodaux qui représentent les intérêts de leur propre groupe communautaire. En plus, cette logique pousse les chefs de sectes à chercher l'appui de forces étrangères pour consolider leur pouvoir. Cette composition confessionnelle rend le Liban instable, ce qui est renforcé encore par l'instabilité régionale. N'importe quel changement dans le rapport de force régional se reflète au Liban en guerre civile, parce que le Liban est le maillon faible de la région avec le système politique le plus fragile. Nous pensons que ce système confessionnel et clientéliste est devenu la cause principale du problème du Liban. Nous proposons un début de solution pour établir un système laïc et démocratique au Liban, en se basant sur une réforme politique qui abandonnerait le système confessionnel et qui établirait une nouvelle loi électorale, basée sur la proportionnalité. Un Sénat pourrait alors représenter les intérêts des différentes confessions.

Le PCL s'est déclaré partisan de la résistance contre Israël?
Le Parti communiste ne soutient pas seulement la résistance, nous avons initié la résistance. Nous avons commencé dans les années 60 avec la création de la garde populaire pour faire face aux agressions israéliennes au Liban. Lors de l'invasion israélienne au Liban en 1982, le Parti et d’autres organisations communistes ont lancé le Front de la résistance nationale libanaise qui a libéré Beyrouth et la partie du Liban occupé jusqu'à la rivière Litani entre 1982 et 1985. La résistance contre l'occupation étrangère fait partie de notre culture et de notre histoire. Nous luttons également pour un changement démocratique à l'intérieur du Liban. Ce qui distingue notre résistance nationale par rapport à la résistance actuelle dominée par le Hezbollah, est que la résistance que nous voulons est une résistance avec un aspect national global et pas un aspect confessionnel. La résistance qu'on a voulu est une résistance qui fait le lien entre la libération des territoires occupés et le changement démocratique laïc interne au Liban. Mais nous nous considérons toujours comme faisant partie de la résistance, même si notre participation dans la dernière période est plus ou moins faible en raison de la faiblesse de nos moyens logistiques.

Au Liban les partis politiques présents, sauf le Parti communiste libanais, sont tous des partis à caractère confessionnel. Le Hezbollah n'est pas le seul parti islamique. Le Courant du futur, présidé par Monsieur Hariri, est un courant sunnite, donc un courant islamique. Ce courant devient même un espace pour l'émergence des courants islamiques intégristes comme Al Qaida. Le Parti socialiste est un parti des Druzes, qui défend le point de vue druze. Les Forces libanaises, c'est un parti intégriste chrétien. Tous les partis libanais sont des partis à caractère confessionnel, pas seulement le Hezbollah. Notre parti a payé le prix fort pour sa position laïque et démocratique. Dans les années 80, il y a eu des confrontations entre nous et les forces chiites, Amal et Hezbollah. Dans les années 70, il y a eu des confrontations avec les forces chrétiennes. Nos camarades d'origine chrétienne ont été tués ou chassés de leur domicile dans la région dominée par les Forces libanaises. Les intégristes sunnites qui sont maintenant avec le courant de Hariri et le Courant du futur à Tripoli nous ont fait payer un prix très cher en tuant nos camarades à Tripoli. Toutes ces forces intégristes confessionnelles ont assassiné nos camarades.

Le Hezbollah a changé?
Avec le Hezbollah, la situation est un peu différente. Depuis les années 80, le Hezbollah a changé. Il a changé ses relations avec notre parti et les autres forces de la résistance. Je pense que le Hezbollah est persuadé qu'il ne peut pas créer un Etat islamique au Liban. Hassan Nasrallah l'a dit pendant son dernier discours lorsqu'il a parlé de deux vérités. Il n'évoque pas l'idée d'un Etat islamique ce qu'il avait fait dans une autre période quand d'autres clans évoquaient un Etat pour les chrétiens ou que chaque région soit dirigée par un clan. Nasrallah a abandonné cette option. Il appelle à un Etat partagé par tous les Libanais. Il a aussi mis l'accent sur le rôle national de la résistance à travers les partis qui l'ont initiée, donc à travers notre parti. Finalement la relation entre le Hezbollah et le PCL pendant la dernière guerre a créé des liens plus étroits entre nos militants et les partisans du Hezbollah. Ces facteurs nous poussent à dire que la possibilité de travailler ensemble entre le Parti communiste libanais et le Hezbollah est réelle. Bien sûr que cette coopération ne va pas se transformer en alliance forte entre les deux partis. Il reste des problèmes sérieux. Le Hezbollah ne fait pas suffisamment le lien entre le processus de libération de l'oppresseur étranger et le processus de changement démocratique et social au Liban.

Archivé sur
http://www.aloufok.net/article.php3?id_article=4167


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25 décembre 2007 2 25 /12 /décembre /2007 17:04

  L’envol d’une colombe    ATTENTATPALESTINE.jpg        

                mardi 25 décembre 2007.

 

Entre individus, entre familles, entre quartiers, entre professions, entre enfants, entre adultes, entre femmes, entre hommes ... Des solidarités, petites ou grandes, occasionnelles ou durables, insignifiantes ou profondes, des solidarités qui, mises bout à bout, forment un solide réseau qu’aucune armée au monde, quelle que soit sa puissance ne peut briser.

Dans les rues, l’occupant passe et repasse avec ses blindés à chenilles, défonce tout sur son passage, démolit des maisons, tire sur les fenêtres ouvertes, sur les balcons, sur les toits. Il tire sur tout ce qui bouge sur son passage. Mais les solidarités lui échappent. Elles lui sont invisibles. Elles échappent à ses lunettes à infra-rouge. Elles sont plus puissantes que ses armes les plus sophistiquées. Doucement, elles l’encerclent, elles l’étouffent. Un jour, sans aucun doute, elles auront raison de lui.

Samir n’a besoin pour dessiner que de papiers et d’un crayon à mine. Il n’en a jamais manqués. Il a des cartons pleins de papier perforé pour imprimante à l’usage des utilisateurs de l’informatique. Il dessine au verso. Il lui arrive de déborder de ce cadre classique et dessine sur les murs de sa chambre, du salon, de la cuisine. Partout dans la maison, il y a des dessins de lui. De toute sorte, des portraits, des paysages, des natures mortes. Des visages connues de la famille, son père, sa mère, les grands parents, des cousins, des amis, des voisins ... mais aussi des visages plus connues, Picasso, Dali, Einstein, Darwish... On y trouve même les portraits de Lénine et de Marx. Ces deux-là, il se souvient, c’est à l’occasion d’un anniversaire de son père, membre actif du Parti du peuple palestinien (ex-communiste). Militant hautement estimé de toute la ville et au-delà. Reconnu pour son investissement, son honnêteté, son dévouement, son abnégation, son action constante en faveur des plus démunis, des plus pauvres, des chômeurs. Un authentique artisan des solidarités qui font la force de tous.

Très vite, Nazem a compris l’importance de la solidarité. Le rôle essentiel qu’elle peut jouer dans le rassemblement des victimes de l’occupation, c’est-à-dire de l’immense majorité de la population. Il a aussi compris toute sa portée politique. L’occupation crée des besoins auquel il faut absolument répondre. Ces besoins sont d’ordre matériel mais aussi économique, social, culturel et politique.

Nazem milite pour que l’organisation du parti puisse répondre à toutes ces attentes. Il s’emporte au moindre manquement, à la moindre défaillance, au plus petit recul, à la plus faible hésitation, au plus petit retard. Il dit que le peuple palestinien doit pouvoir compter sur lui-même. Tout ce qui peut venir de l’extérieur est un plus. Il n’a aucun mal à se faire comprendre des gens quand il critique les régimes arabes réactionnaires, la corruption de l’Autorité nationale, son absence de stratégie et de perspective politique, les intégristes de tout bord. Les gens le comprennent quand il leur explique que tout ceci profite à l’occupant.

Son épouse vit dans une angoisse permanente. Elle a constamment peur pour lui. « Qu’est-ce que j’ai fait au bon Dieu pour avoir un mari et un fils pareils ? » ne cesse-t-elle de répéter. « Un militant qui veut libérer la Palestine et construire une société nouvelle. Un enfant qui veut réinventer le monde par ses dessins. Au fond, ils se ressemblent beaucoup. Que Dieu les garde ! ».

Ce matin-là, et malgré le couvre-feu, Nazem sort en prévenant : « Je rentre tard ce soir, ne m’attendez pas ».

Sa femme proteste mais il est déjà dehors. Samir s’empresse de le rattraper pour lui crier : « mon crayon est bientôt tout usé ! ».

Sans se retourner le père lui répond : « T’inquiète pas l’artiste. T’auras un tout neuf ce soir » avant de disparaître furtivement derrière la grille d’entrée.

Samir retourne à la cuisine, rejoindre sa mère. Il la prend dans ses bras et l’embrasse plusieurs fois au cou.

« Tu me chatouilles » lui dit-elle.

« Je t’aime » lui répond-il discrètement à l’oreille.

Il la laisse avec ses casseroles et sa vaisselle et va s’installer au salon. Il sort une liasse de papiers, saisit son crayon usé et esquisse les premiers traits d’un dessin que lui seul voit la fin.

Samir ne se sert pas de gomme. C’est un grand consommateur de papiers. Dès qu’il n’est plus satisfait de son travail, il jette la feuille, reprend une vierge et recommence. Un dessin peut nécessiter des dizaines de feuilles. Il reprend dix, vingt, cent fois le même trait, la même courbe, le même ombrage ou éclairage. Il recommence et recommence encore.

Inlassablement. C’est un travailleur acharné. Il sait que c’est à ce prix qu’il parviendra à maîtriser parfaitement sa main. A le lui faire dessiner les formes précises qu’il veut. Sur ce point, il est en plein accord avec son père quand ce dernier dit que seul le travail est source de progrès et de richesse.

Sa mère le rejoint au salon. « Que dessines-tu ? ».

Il la regarde et éclate de rire. « Tu sais que je n’aime pas qu’on me pose cette question. Il m’arrive de laisser simplement courir la main. » Il retourne à sa feuille. Elle s’approche et jette un regard de derrière son dos. Elle hoche la tête. « Encore une colombe ! »

Il ne répond pas. Il continue son dessin. Le trait est ferme. Les courbes épousent l’oiseau. A des endroits, elles sont fines, à d’autres larges. Elles sont tendres et fragiles. L’innocence est là. Les ailes sont courtes et larges. Elles enveloppent et protègent la vie. Le bec droit. L’œil vif. Curieux de tout ce qui bouge autour. Avide de connaissance. Samir ajoute des traits qui accentuent chaque détail, chaque caractère du dessin.

De temps à autre, il s’arrête, prend du recul, fixe l’œuvre comme pour mémoriser le travail.

Il ferme les yeux.

Il va chercher chaque détail au fond de lui-même. Sa colombe, il la voit voler, poser sur une branche, sautiller par terre, enfermée dans une cage. Il la voit liberté. Il la voit prison. Il la voit vivante. Il la voit blessée. Il la voit debout. Il la voit couchée, morte.

Il ouvre les yeux.

Son dessin s’étale devant lui. Inachevé. C’est encore très loin de sa vision. Alors la main s’agite, ajuste quelques traits, en rajoute d’autres, affine des courbes, arrondit des angles, en supprime d’autres. L’œuvre s’enrichit.

Samir jette la feuille à la poubelle. Sa mère la reprend immédiatement. Contemple l’oiseau. « C’est pourtant beau ! très beau ! »

« C’est loin d’être fini. Il faut qu’elle soit le plus simple possible. Dénuée de tout superflu. Facile à comprendre. Il faut qu’elle donne envie de la toucher, de la caresser. Il faut qu’elle soit invulnérable. Qu’elle inspire la confiance, la liberté, la paix ... »

Samir ne réalise pas qu’il crie.

Sa mère se rapproche de nouveau de lui. Elle lui prend la tête pour le consoler. Il a les joues humides. Il a les larmes aux yeux.

« Mais tu pleures ! Il ne faut pas mon amour. Il ne faut pas te mettre dans cet état. Elle est parfaite ta colombe. Ton dessin est plus vrai que nature. »

Il se lève brutalement. « Non, ce n’est pas fini. C’est loin d’être fini. Je ne serai jamais prêt. »

Sa mère ne comprend pas. « Mais tu as tout ton temps. Tu es encore jeune. » lui dit-elle.

« Non, le temps presse. Il faut que je travaille encore beaucoup. Il y a encore des gestes que je ne maîtrise pas. Non, il ne me reste plus beaucoup de temps. Et puis j’étouffe dans cette maison. J’ai besoin de sortir, de prendre l’air, de voir du monde, de courir, de crier, de me perdre dans la foule ... »

Il va à la cuisine.

A présent, c’est elle qui pleure.

Dehors, une colonne de blindés de l’armée d’occupation passe. Comme des monstres, ils dévastent tout sur leur passage. Ils défoncent les trottoirs. Les murs tremblent. L’odeur du mazout infeste l’atmosphère.

Quelqu’un frappe à la porte. C’est Bouthaïna et sa petite fille Hanane. « Je peux rester chez toi, Oum-Samir ? J’ai peur. »

« Mais bien sûr. Viens ma fille. »

Hanane n’a pas encore six mois. Bouthaïna l’allaite encore. Des coups de feu éclatent. Un tir nourri s’abat sur la façade de l’immeuble. Des vitres éclatent. Des balles pénètrent dans le salon. Le plafond, les murs sont troués.

Vite, les deux femmes s’allongent sur le sol. Bouthaïna couvre son bébé de tout son corps. L’enfant pleure. Oum-Samir fait signe à sa jeune voisine d’aller sous la table. Les deux femmes rampent difficilement jusque-là. Les tirs continuent, encore plus nourris. D’autres éclats de vitre.

« Et Samir ? » demande Bouthaïna.

« Samir, Samir .... » crie la mère. Pas de réponse. Elle sort de dessous la table et se précipite vers la cuisine. La fenêtres est grande ouverte, les vitres sont cassées. Samir est debout, le dos courbé, la tête penchée sur l’évier. Le sol est jonché d’éclats de verre.

« Ne reste pas là, c’est dangereux »

Samir ne bouge pas.

Elle s’avance jusqu’à lui.

L’évier est plein de sang et la tête de Samir beigne dedans. La mère pousse un hurlement d’horreur. Elle empoigne son fils et le sort de la cuisine. Elle traîne le corps au salon et l’allonge sur le canapé. Elle a les mains toutes ensanglantées. Elle se frappe le visage et continue à hurler. Elle est debout au milieu de la salle et appelle son mari. « Nazem, Nazem, Nazem ... »

Bouthaïna est prise de terreur. Elle reste terrée avec sa fille sous la table. Sa tête et son cœur explosent. Son estomac et ses intestins se tordent.

Les tirs n’ont pas cessé. Ils redoublent d’intensité. La mère sort sur le balcon, lève les mains entachées du sang de son fils vers le ciel et crie de toute ses forces.

« Vous avez tué mon fils »

« Assassins, assassins, assassins ... »

Une rafale crible de nouveau la façade de l’immeuble. De sous la table, Bouthaïna aperçoit Oum-Samir s’écrouler sur le balcon. Elle est prise de quelques soubresauts, puis plus rien. Le corps s’immobilise.

Hanane pleure toujours.

Bouthaïna, les yeux grands ouverts, le regard hébété, la tête vide, déboutonne machinalement sa chemise, sort le sein et allaite son bébé.

Soudain plus rien. Les tirs s’arrêtent. Les blindés se retirent, s’éloignent ...

Le couvre-feu retrouve ses droits. Le silence presque total.

De dessous la table sur laquelle traîne le dessin inachevé de la colombe, entre les deux corps inertes, monte une berceuse...

Toute ressemblance avec la réalité est pure coïncidence.

*****

Nouvelle extraite de :
"Quand on a peur, on perd la vue" >
Al Faraby, Ed. La société des écrivains, ISBN 2-7480-2364-1

*****

Pour commander l’ouvrage :
Sur Internet :
FNAC

 

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24 décembre 2007 1 24 /12 /décembre /2007 14:09

L’Histoire du Liban

Les divisions intestines, les luttes et les tutelles étrangères.

     Marie NASSIF - DEBS                                                                                                                       PCL-ANNIV.jpg

هل يعمم المشروع الأميركي : « العرقنة »؟

 

Le Liban moderne est né en deux temps.

Le premier temps, celui de la création du « Petit Liban », Al Moutasarrifiat, dura soixante ans (de 1861 à 1920) et fut marqué par deux tutelles, brutales ou camouflées par un simulacre d’autonomie, exercées par le Sultanat ottoman et, à travers lui, par les grandes puissances occidentales du moment, dont la France en premier lieu.

Le second commença en 1920, à la suite de la première guerre mondiale qui marqua le passage des anciennes colonies ottomanes de la partie orientale de la Méditerranée et jusqu’à la Jazira arabia (la Presqu’île arabique) à l’Occident triomphant. Il fut le temps de la création du « Grand Liban » dans ses frontières actuelles et qui passa, pendant 23 ans, sous le mandat de la France avant de recouvrer son indépendance politique le 22 novembre 1943.

Mais cette naissance ne fut pas facile ; loin de là. L’histoire libanaise, surtout celle du XIX° siècle, est marquée par des événements sanglants, dont les plus importants sont ceux de 1840-1842 et de 1858-1860 que nous allons étudier rapidement, parce qu’ils constituent les bases solides de ce qui se passe actuellement et explicitent, donc, le pourquoi des choses.

Les événements de 1840-1842 et la création des deux caïmacamats :

Si la crise sociale qui sévissait dans le pays avait, alors, poussé les paysans (toutes confessions religieuses confondues) à la révolte contre l’émirat chéhabiste, elle n’en fut pas le fait le plus important. En effet, elle est venue s’insérer à ce qu’on avait appelé « la question orientale », celle des minorités religieuses présentes dans l’empire ottoman et que les grandes puissances européennes voulaient soit disant protéger. En d’autres termes, les forces politiques extérieures avaient joué un rôle très négatif dans cette révolte ; ainsi, et tandis que l’émir chéhabiste était soutenu par les armées égyptiennes de Mohammad Ali ainsi que par la France, en partie, les paysans recevaient, de la part de la « Sublime Porte » et son allié britannique, armes et argent.

En même temps, les bateaux de guerre britanniques et autrichiens se massaient face à la ville de Beyrouth qu’ils bombardèrent avant d’investir la côte à Jounieh... Puis ce fut la division : Chrétiens et Druzes se massacrèrent allègrement et permirent le succès de l’intervention austro britannique qui engendra le régime des deux caïmacamats, ou la division du Liban en deux régions : l’une, à majorité chrétienne, située au Nord de la route de Beyrouth-Damas ; l’autre, située au Sud de cette route, était composée d’une majorité druze... Mais, la situation ne se décanta pas pour autant à cause des mêmes forces qui la déclanchèrent. Nous citerons, à ce propos, ce que disait un des leaders maronites du moment, Youssef KARAM, dans une lettre au patriarche maronite : « Nos affaires sont tellement liées à la volonté de l’Angleterre et de la France que si un Libanais frappe un de ses camarades, l’affaire se transforme vite en un conflit franco-britannique. Il est possible que la France ou l’Angleterre interviennent pour une tasse de café répandue ».

Ne dirait-on pas que ces événements cités, à quelques différences minimes, sont ceux que le Liban a revécus en 1958, lors de « l’Alliance Turquie-Pakistan », dirigée par les Etats-Unis, et ce qui s’en suivit, notamment le bombardement du Liban et le débarquement des G.Is étasuniens sur les plages de Beyrouth ou, encore, l’arrivée des « Forces multinationales » avec leurs bateaux de guerre, en 1982, et les bombardements du Mont Liban par le porte-avion « New Jersey » ou, enfin, la situation actuelle, à la suite de la dernière agression israélienne durant l’été 2006 ?

 

Les événements de 1858-1860 :

 

Ces événements commencèrent par une nouvelle révolte paysanne qui se propagea bientôt dans une large région à majorité chrétienne, d’abord. Cette révolte, représentée par deux Communes bien connues, celle d’Antélias et de Lehfed, dans le Metn et le Kesrouan, gagna rapidement vers le Sud du « Petit Liban », vers les régions druzes et se transforma en une guerre civile à visage confessionnel dans laquelle les féodaux des deux groupes poussèrent leurs « vassaux » à des crimes atroces les uns contre les autres. Les massacres se multiplièrent et les morts se comptèrent par dizaines de milliers. Des villages entiers furent rasés et la destruction était partout. L’exemple libanais passa bientôt la frontière vers Damas, où plus de 5 000 chrétiens furent massacrés, et en Palestine des villages chrétiens devinrent musulmans pour échapper à la mort...

Pour résoudre ce nouveau conflit et mettre un terme aux massacres qu’elles ont laissé se produire, les représentants des Grandes puissances occidentales à Beyrouth (La Grande Bretagne, la France, la Russie, l’Autriche et la Prusse) décidèrent de constituer un « Comité international » afin de statuer sur la réorganisation politique et démographique du Liban. Les pourparlers durèrent huit mois, tandis que massacres et violences se poursuivaient, et aboutirent à ce qu’on appela le « Règlement organique » (An-nizam al-assassi) selon lequel le Liban avait une certaine autonomie tout en restant un sandjaq (une province) de l’empire ottoman.

Le « Règlement organique » prévoyait que le « Petit Liban » serait gouverné par un Moutasarrif catholique venant de l’une des provinces ottomanes.

Ce déroulement des faits nous rappelle la guerre civile déclanchée en 1975 et tout ce qui s’y rattache. Comme il nous rappelle aussi les allées et venues, pendant les semaines passées, des délégués des différentes puissances arabes et, surtout, internationales, afin d’imposer aux Libanais leurs vues sur les élections présidentielles.

Tragédie ou farce ?

L’HISTOIRE se répète, comme disait Karl Marx. Mais, elle se présente toujours au Liban sous la forme d’une tragédie, jamais sous la forme d’une farce... Ou, si nous voulons reprendre (presque) les mêmes mots de Marx, nous dirons : elle se répète sous la forme d’une farce tragique.

Luttes fratricides et intestines, guerres civiles confessionnelles, alliances allant des Etats-Unis à la France et à la Grande Bretagne, mais aussi à l’Egypte ou la Syrie... Telle est, en résumé, l’histoire du Liban. Mais, c’est aussi une histoire faite de luttes de classes dégénérant presque toujours en divisions confessionnelles, depuis les Communes paysannes d’Antélias et de Lehfed, entre 1857 et 1860 et jusqu’à nos jours. Et, c’est, surtout, une lutte dans laquelle les grandes puissances, d’aujourd’hui comme d’antan, ont joué le rôle de déclencheur, à partir du « soutien » apporté par chacune d’elles à une confession religieuse, à travers le zaïm (le chef) de cette confession qu’elles mettent sous leur coupe.

Tutelle directe ou indirecte : ainsi va la contradiction qui, à chaque tournant important, risque d’entraîner vers l’abîme ce petit pays de 10 453 kilomètres carrés qui suffit à peine à contenir ses 4 millions 500 000 habitants, sans oublier les 350 000 Palestiniens et les centaines de milliers de Syriens et autres Arabes qui y trouvent refuge ou qui y travaillent pour vivre.

Le régime politique instauré par la France en 1943 :

Cette tutelle et cette inféodation à l’étranger, tantôt occidental et tantôt arabe, furent renforcées par le régime politique instauré par les Français avant leur reconnaissance de l’indépendance du Liban, en 1943, et leur retrait du pays, deux ans après.

Une « formule » non écrite stipulait la division du pouvoir entre un triumvirat :

. Un président de la République maronite, qui avait de larges prérogatives sans être « responsable » devant le parlement qui l’élit (bien que la Constitution écrite disait clairement que « le Liban était une République parlementaire »).

. Un président du conseil sunnite qui avait peu de pouvoirs.

. Un président de la chambre chiite dont les pouvoirs étaient très limités.

Cette « formule » (as-sighat) orale était renforcée par un contenu très confessionnel des articles de la Constitution écrite, dont le fameux « article 6 bis » qui prévoyait « pour une période transitoire » la répartition des fonctions dans l’administration publique à égalité entre Chrétiens et Musulmans, en tenant compte aussi des confessions dans chaque religion. Sans oublier que cette même Constitution prévoyait aussi que la part des Chrétiens au parlement serait de 54 sur 99 (contre 45 sièges pour les Musulmans).

Quant aux statuts de la personne, ils furent répartis sur des tribunaux « religieux », interdisant ainsi toute possibilité d’égalité entre un citoyen et un autre et, surtout, entre les Libanais et les Libanaises.

Le contenu de la Constitution, ajouté à la sighat, transformait le Liban en une mosaïque de groupes hétéroclites qui avaient, chacun ses tribunaux, ses lois et ses chefs. Ces groupes avaient, surtout, un droit de veto qu’ils pouvaient utiliser s’ils voyaient que ce qui se dit et se fait pouvait être en contradiction avec leurs intérêts représentés par ceux de leurs chefs (tant religieux que civils).

Ainsi, le colonialisme sortant avait laissé une faille par laquelle il pouvait s’introduire : il suffisait de fomenter des troubles confessionnels ou de dire qu’il y a un déséquilibre dans les rapports des forces confessionnels au pouvoir pour voir apparaître les armadas ou les diplomates de telle ou telle puissance, à commencer par la France, longtemps appelée par les Maronites « notre mère compatissante », l’Egypte ou l’Arabie saoudite (selon le moment) dont les Sunnites du Liban constituaient l’avant-bras.

La nation libanaise était, donc, née sur une base instable. D’ailleurs, dans la déclaration islamo chrétienne commune lors de l’indépendance, il fut dit que les Chrétiens délaisseraient leur rêve de faire partie de l’Occident tandis que les Musulmans délaisseraient leur rêve de s’unir à la nation arabe. Ce qui fit dire à un grand journaliste bien connu, Georges Naccache : « deux négations ne font pas une nation ». Et il avait bien raison. Parce que chaque changement dans le monde environnant avait ses répercussions directes sur le Liban et les Libanais, que ce soit dans la première guerre civile après l’indépendance, en 1958, ou, encore, dans celle qui fut déclanchée en 1975.

La première avait pour cause mineure la volonté du président Camille Chamoun de briguer un second mandat de 6 ans, contrairement à ce que la Constitution prévoit ; mais, elle avait pour cause majeure la volonté de la Grande Bretagne et des Etats-Unis de faire adhérer le Liban au « Pacte de Bagdad » puis au « Pacte Turquie-Pakistan » tandis que sur un autre front l’unité entre l’Egypte, dirigée par Nasser, et la Syrie poussait les « arabisants » à chercher aide et assistance auprès de leur voisine pour contrecarrer les projets de pactes.

Quant à la seconde, elle fut déclanchée par suite de la division sur le problème palestinien et la présence de l’OLP au Liban, présence acceptée par l’Accord du Caire, à la fin des années soixante, tandis que l’ouragan des projets étasuniens pour « pacifier » la région et normaliser les relations arabes avec Israël, à commencer par le « Projet Rogers » suivi par celui préconisé par Henry Kissinger et dans lequel nous retrouvons, à quelques détails près, le « Projet du Grand Moyen Orient » que l’administration étasunienne de George W. Bush voudrait appliquer dans notre région et qui fut, après la guerre contre l’Irak, à l’origine de l’agression israélienne contre le Liban durant l’été 2006 préconisée par le vice-président des Etats-Unis avec l’aide de certains responsables civils et militaires israéliens et supervisée par Condoleeza Rice, ministre des Affaires étrangères de ces mêmes Etats-Unis, qui s’écria devant les journalistes qui lui demandaient, lors de son passage en Italie, de mettre fin aux massacres de civils et, surtout, d’enfants libanais : « Ce sont les douleurs qui annoncent la naissance prochaine d’un nouveau Moyen Orient »...

 

« Le nouveau Moyen Orient »

 

Quel est ce nouveau Moyen Orient ? Et quel rôle assigne-t-on au Liban ?

Si nous prenons en considération le projet mis au point par Kissinger, au début des années soixante-dix, mais aussi les réunions faites en Turquie, en Egypte et, même aux Etats-Unis, à la suite de la chute du mur de Berlin, en tant que symbole de la victoire du capitalisme sur le camp soviétique, nous pouvons le définir comme suit :

Le « Grand Moyen Orient » se définit par l’implosion du Monde arabe en une myriade de minis Etats sur des bases confessionnels et, aussi, ethniques (surtout avec la présence des Kurdes et des Turkmènes en Irak, des Berbères au Maghreb...). Ces minis Etats, antagonistes de par les contradictions qui les ont créés, se feront une guerre sans merci. Et, pour ce faire, ils doivent avoir recours à la seule Grande puissance des temps modernes, les Etats-Unis, dont les grandes sociétés militaires leur fourniront armes et munitions tandis que les sociétés pétrolières étasuniennes mettraient la main sur les importantes sources d’énergie que recèlent les terres arabes, de la Presqu’île arabique au Darfour dans les pays arabes de la Méditerranée, dont le Liban.

Sinon, pourquoi l’Irak fut-il divisé par l’administration républicaine et pourquoi le Congress étasunien, de tendance démocrate, a-t-il voté un projet de partition de ce pays en trois Etats confessionnels et ethniques ?

Il est vrai que l’administration étasunienne a connu un échec cuisant en Afghanistan. Il est vrai aussi qu’elle n’a pas réussi à « pacifier » l’Irak, malgré les quelques 250 000 soldats qui s’y trouvent. Cependant, elle a réveillé, volontairement, des démons que les peuples de la région avaient enfermés depuis longtemps, à savoir : les terrorismes de toutes sortes et la guerre civile.

Cette dernière fut l’arme la mieux utilisée dans la fuite en avant de George W. Bush et de son équipe ; et cette forme de guerre est plus meurtrière et plus destructrice, parce que ses séquelles restent à jamais gravées dans les mémoires des survivants.

Donc, même si les Etats-Unis seront, bientôt, obligés de quitter les territoires irakiens, les luttes fratricides se poursuivront, comme se poursuivront les luttes tribales en Afghanistan et les luttes confessionnels, séquelles du colonialisme britannique en Inde et au Pakistan...

 

Le Liban dans ce « Nouveau Moyen Orient »

 

Quant au Liban, ancienne voie de passage ou de transit des produits étasuniens et occidentaux en général, durant la période de coupure entre les nouveaux régimes arabes et l’Occident colonialiste et pro israélien (1952-1970 : entre la Révolution de juillet en Egypte, et tout ce qui s’ensuivit comme changements en Irak,Syrie et autres, et la mort de Nasser qui mit en avant Anouar Sadate, c’est-à-dire le début de l’ère étasunienne), il avait pris un nouveau visage, différent de celui que les grandes puissances voulaient.

Des développements brusques l’avaient bouleversé : D’une part, le renforcement du mouvement palestinien armé (OLP), qui avait permis à une gauche florissante de développer son propre mouvement face aux violations israéliennes du territoire libanais.

D’autre part, un grand mouvement de revendications à caractère laïc était né et déferlait dans les écoles, les universités, mais surtout parmi la classe ouvrière et les paysans, et même parmi les religieux, toutes confessions confondues.

Il fallait, donc, en finir avec ce mouvement en mettant, à nouveau, la guerre civile au premier plan. Une guerre encore plus meurtrière que les précédentes et appuyée par des agressions israéliennes dans le Sud et dans la capitale même.

Que veut-on du Liban, répondront certains, puisqu’il n’a ni pétrole ni sources d’énergie, tout en étant un petit pays ?

. Le Liban a, d’abord, l’eau dont Israël et, avec elle, les nouveaux maîtres du monde, les Zionist-Christians et autres fanatiques appuyés par les capitalistes du nouveau monde ont besoin pour vaincre le désert et pouvoir rassembler de nouveaux colons dans une « Terre promise » vidée de ses habitants.

. Le Liban, donc, a ensuite le plus fort rassemblement de Palestiniens qu’il « doit garder » au détriment de ses intérêts et de ceux du peuple palestinien. N’a-t-on pas, en 1993, acheté des millions de mètres carrés à Qoraïaa (sur la route de Saïda) afin d’y rassembler tous les camps palestiniens du Liban en un seul ?

. Le Liban a aussi du pétrole, dit-on. Un immense lac de pétrole dans ses eaux territoriales.

. Le Liban, enfin, est voisin, non seulement d’Israël, mais aussi de la Syrie dont il avait constitué le « ventre mou » pendant assez longtemps.

A tout cela s’ajoute la présence d’une forte résistance (populaire et armée) contre toute normalisation des relations avec Israël, tant que celui-ci rejettent les Palestiniens, vole l’eau et viole toutes les lois internationales. Résistance qui fut créée par la Gauche libanaise, les Communistes notamment, à partir de 1969 et qui se poursuit, actuellement, à travers le Hezbollah, grand ami de l’Iran.

Et, le Liban est facilement inflammable, comme nous venons de voir.

Le projet du « Nouveau Moyen Orient » vise, donc, le morcellement du Liban, à l’exemple de l’Irak, en trois minuscules cantons confessionnels. Et, à partir de ce morcellement, la partition de la Syrie aussi.

Ce qui transformera du tout au tout la région arabe moyen-orientale et permettra au « Grand Israël » de se former afin de continuer, pour les cent ans à venir, l’objectif de servir Washington et le grand capital international et d’aider les grandes compagnies pétrolières étasuniennes à contrôler les sources et les voies de transport de l’énergie vers le monde entier, puisque avec le contrôle de l’Irak, de la Jazira arabia, ainsi que du pétrole présent dans différents pays du Maghreb arabe et de l’Afrique, les Etats-Unis mettront la main sur 80% de l’énergie mondiale.

 

Une nouvelle guerre civile ?

 

Sur la base de telles données, une nouvelle guerre civile se prépare sous le couvert des élections présidentielles et de la nécessité de redistribuer les parts du gâteau libanais entre les confessions religieuses. Une guerre qui ne sera pas, cette fois, entre Chrétiens et Musulmans, mais entre Musulmans eux-mêmes, à l’exemple de l’Irak.

C’est ainsi que nous comprenons la formation par Condoleeza Rice du « Groupes de pays arabes modérés » qui englobe l’Arabie Saoudite, l’Egypte, les Emirats arabes unies et la Jordanie. C’est ainsi aussi que nous comprenons les interventions étasuniennes et jordaniennes concernant le projet iranien de former un « croissant » chiite qui passerait par le Sud de l’Irak pour arriver au Liban, à travers les régions alaouites de Syrie.

Le Liban est préparé pour être, une fois de plus, l’arène sanglante où se jouerait l’avenir de la région entre le projet étasunien précité et un autre projet irano syrien qui lui barre, en partie, le chemin.

Il pourra être l’arène, parce que tous les facteurs sont là : Israël et la Syrie, mais aussi les Européens (la FINUL renforcée), les Palestiniens (armés) dans les camps, le Hezbollah et, même, tous les groupuscules terroristes sunnites (formés jadis par la CIA) qui constituèrent l’alibi de George W. Bush en Afghanistan.

 

Peut-on mettre en échec ce projet ?

 

Difficilement, il est vrai. Mais, il y a toujours quelques lueurs d’espoir.

Ces lueurs consistent dans la présence, même affaiblie, de la Gauche libanaise, des intellectuels, du mouvement syndical, des jeunes et des femmes, de tous ceux qui continuent à dire non.

Nous pensons qu’il faut aller de l’avant sur une voie de rassemblement de tous ceux qui refusent la guerre civile sur les bases d’un programme d’envergure patriotique, mais aussi régionale.

Le premier point de ce programme sera, dans l’immédiat, de créer toutes les chances possibles devant un consensus national au Liban, défini par la création d’un gouvernement de transition regroupant toutes les forces politiques du pays. Consensus suivi, rapidement, par des réformes politiques stables, dont une nouvelle loi électorale, basée sur la proportionnelle, et l’application des articles de la Constitution concernant la suppression du confessionnalisme, non seulement du parlement et du gouvernement, mais aussi de toutes les lois.

Le second point sera de créer un large mouvement, libanais mais aussi arabe, afin de s’opposer à ce que les pays arabes invités à la conférence d’Annapolis sur le conflit israélo palestinien puissent encore céder sur des points essentiels devant Israël et les Etats-Unis, dont, en premier lieu, le droit de retour des Palestiniens dans leur pays.

Est-ce une gageure ? Peut-être.

Mais a-t-elle la chance de réussir ? Oui, même si cette chance est minime...

                                                Marie NASSIF-DEBS

                                              Université Pompeu Fabra
                                         Barcelone, le 22 novembre 2007

Références

Histoire du Liban, de Philippe Hitti
Histoire du Liban moderne, de Kamal Salibi
The Druzes and the Maronites under Turkish rule, de Charles Henry Churchill
Articles de Marie Nassif-Debs parus, entre 2002 et 2007, dans plusieurs journaux et revues libanais et européens.
Publications et rapports du Parti Communiste libanais (notamment ceux du Second et Troisième congrès).

 

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24 décembre 2007 1 24 /12 /décembre /2007 13:49



                                           RECTIFICATIF
              C'est par erreur que nous avons attribué à un certain "moustique socratique", l'article publié le 12 décembre dernier dans notre rubrique "Mare Nostrum": "Ce que  le PCF ne doit pas faire: l'exemple italien".
                 En réalité, l'auteur n'est autre que CAIUS GRACCHUS (quel superbe pseudo et qui nous renvoie aux humanités latines de notre jeunesse !!!), du site:
                                     http://caiusgracchus.blogspot.com/
 
                               U cursinu rossu présente  ses plates excuses
 

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23 décembre 2007 7 23 /12 /décembre /2007 21:10

                Section du Cap Corse du PCF                                          undefined

                                            undefined

                                        PACE E SALUTE A TUTTI
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19 décembre 2007 3 19 /12 /décembre /2007 09:50
                    Respecter les communistesSoviet---Hammer-02.gif

 

Nous, communistes signataires d’une adresse pour des Assises du communisme, constatons avec tristesse que lors de l’Assemblée extraordinaire des 8 et 9 décembre, la majorité des directions du PCF est passée outre l’opinion de la majorité des communistes confirmée par les procès verbaux des assemblées de sections.

Comment a-t-il été possible que la majorité des communistes, qui s’est prononcée à la base pour rester communiste, se soit retrouvée minoritaire au niveau national ?

A l’évidence, nombreux sont les délégués qui n’ont pas exprimé le mandat qui leur a été confié. Se pourra-t-il qu’ils n’en rendent pas compte ? Se pourra-t-il que les « directions » organisatrices de ce coup de force contre les communistes demeurent aux commandes jusqu’à en finir avec toute force communiste organisée ?

N’est-il pas temps, grand temps, que tous les membres de la famille communiste deviennent les maîtres du processus de renaissance d’une force communiste organisée digne du 21e siècle ?

Dans ce contexte, nous, signataires d’une adresse pour des Assises du communisme, considérons notre démarche plus indispensable et plus urgente que jamais.

 

Autier Jean-François ; Baillet Christian ; Beaulieu Claude ; Boileau Armand ; Boutet Lisette ; Chancogne Alain ; Deloume Claude ; Garcia Jo ; Le Bris René ; Mayerau Christian ; Peyret Michel ; PRCF (Gastaud Georges, Hemmen Jean Pierre) ; Remande Jean-Louis ; Reinkingen Christian ; Soler Anne ; Tricaud Jean-Pierre ; Tronche Danielle.

 

Pour des Assises du communisme

des communistes s’adressent aux communistes

 

Il faut se rendre à l’évidence : les forces qui se réclament du communisme apparaissent éclatées, désillusionnées, découragées, traumatisées…

Certains se prononcent même pour leur disparition. Or, plus que jamais, il est indispensable d’offrir une perspective à l’espoir que l’on sent poindre dans les multiples échanges qu’entretiennent les militants communistes avec la population dans leurs villes et leurs villages, avec les salariés sur leurs lieux de travail. Ils sont en effet de plus en plus nombreux ceux qui considèrent le capitalisme comme néfaste. Les récents résultats électoraux n’effacent pas cette donnée primordiale confirmée par la victoire au référendum de 2005, les mouvements sociaux dont celui du CPE, les différentes enquêtes d’opinion…

Dans son évolution financière, le capitalisme est de plus en plus exploiteur, parasitaire, prédateur, de plus en plus porteur d’aliénations et de dominations.

Des masses énormes d’argent s’accumulent entre les mains d’un nombre toujours plus réduit de personnes, tandis que s’accroissent les inégalités et que d’immenses besoins restent insatisfaits.

A l’échelle de l’humanité, l’essentiel des richesses continuent à être concentrées dans quelques pays et les inégalités de développement augmentent sans cesse. Des moyens énormes sont stérilisés dans une spéculation financière à grande échelle. Dans ces conditions, la démocratie affichée est de plus en plus surfaite et l’idéologie libérale traverse désormais toutes les sphères de notre société au point que la quasi-totalité des médias en sont aujourd’hui les véhicules. Les assemblées élues ont de moins en moins de pouvoirs, lesquels se concentrent entre les mains des détenteurs des moyens de production et d’échange, des acteurs des marchés financiers.

Pour autant, tout nous conduit à considérer que le système capitaliste a fait son temps et qu’il doit laisser la place à une autre société. Des expériences malheureuses, parfois tragiques, ont eu lieu au nom du communisme. Elles ont pris fin par hypertrophie étatique, confiscation des souverainetés et négation de la démocratie qu’elles prétendaient pourtant vouloir établir. C’est pourquoi nous souhaitons que soit reposée la question de l’actualité du communisme, d’un communisme qui soit de notre temps.

 

Pour cela, les grandes lignes d’un projet de société doivent être redéfinies ou réaffirmées :

 

1) Si le pouvoir capitaliste réside dans l’appropriation privée, à l’inverse le pouvoir du peuple, celui de la société dans son ensemble, ne doit-il pas consister avant tout en l’appropriation sociale des grands moyens de production et d’échange, des établissements bancaires et financiers, dans des formes qui sont à réinventer ?

2) Le pouvoir des citoyens ne devraitil pas être renforcé dans les institutions politiques, afin de dessiner les contours d’une véritable nouvelle république au sein de laquelle le triptyque « liberté égalité fraternité » pourra prendre tout son sens, mais aussi sur les lieux de travail, sans quoi la démocratie demeurerait bancale, amputée ?

3) Cette même démocratie ne peutelle pas mettre fin à un capitalisme grand pollueur et grand gaspilleur des ressources naturelles ? L’appropriation sociale apparaît en effet comme la condition de véritables politiques de développement durable, en pleine connaissance des apports que la science et les technologies doivent mettre à la disposition de tous.

4) Le travail ne doit-il pas être débarrassé de l’aliénation qui lui est attaché et ne peut-on imaginer une nouvelle forme de travail assurant un revenu social à tous, motivant et responsable, un travail n’ayant plus rien de commun avec le salariat et l’exploitation qu’il implique ?

5) Tous les peuples ne doivent-ils pas être souverains pour déterminer leur avenir et quelle articulation doit-il y avoir entre eux et l’Europe, l’échelon mondial ? Par quel moyen parvenir à des rapports de paix, d’égalité de tous les Etats, à des coopérations élargies et profitables à tous, notamment par l’intermédiaire d’une ONU réformée et démocratisée ?

 

Toutes ces données nous interpellent et doivent être débattues sur le sens que nous devons donner à la place de l’Europe, de la nation, des collectivités et des citoyens dans notre projet de société. C’est cette voie vers un communisme renouvelé que nous devons coélaborer, construire avec l’ensemble du peuple. C’est pourquoi nous proposons la tenue d’Assises du communisme en 2008.

Ces journées de réflexion auraient pour vocation de reposer les questions essentielles de l’évolution de la société dans laquelle nous vivons et de jeter les bases d’un projet de changement de société pour le 21e siècle. Nous suggérons que ces rencontres rassemblent, dans une libre confrontation et sans exclusive, un maximum de militants et de citoyens de diverses sensibilités, aux côtés d’intellectuels, de scientifiques, d’élus et de représentants du mouvement social et associatif.

Tous ceux qui se réclament ou non du communisme y seraient les bienvenus car la diversité des approches est autant de possibilités d’enrichissement, aucun tabou ne devant constituer un préalable à ce vaste échange.

La société évolue. Le capitalisme se transforme. Sans être pour autant une « avant-garde éclairée », les communistes ne peuvent demeurer à la traîne de cette gigantesque mutation. Nous espérons donc que notre proposition soit examinée et discutée par tous les communistes afin que les enjeux fondamentaux auxquels nous sommes confrontés ne soient pas écartés au nom de considérations plus immédiates. 

 

Jean-François Autier, cheminot retraité, conseiller municipal de Bassens (1971-1995), ancien permanent PCF 33, jeanfrancois. autier@wanadoo.fr ;

Jean Arrayet ; Christian Baillet, retraité du Port autonome de Bordeaux ; « ... dès maintenant (...) travailler au contenu d’une démarche politique alternative à proposer au peuple de France et qui de mon point de vue, pourrait s’inspirer de la Résistance, du CNR et de son programme progressiste, républicain et patriotique... »,

Claude Beaulieu, adhésion au PCF en 1960, quitté en 2000, Président du Comité Valmy, claude.beaulieu@noos.fr ;

Bernard Blandin, cadre SNCF à la retraite, président fondateur de la Mutuelle des Cheminots de la région SNCF de Bordeaux, président fondateur de la Mutuelle Atlantique de Prévoyance ;

Armand Boileau, Armand.Boileau@wanadoo.fr, retraité de l’Éducation nationale, membre de Parti Communiste depuis 1954, tél. 0556384377 ;

Lisette Boutet, retraitée banque ;

Alain Chancogne, retraité banque, alainchancogne@aol.com, tél. 0675130479 ;

Noël Collet, 7 avenue d’Albigny 74000 Annecy, retraité, adhésion au pcf : 1958 ;

Jean Cucurull, attaché territorial, ancien rédacteur en chef des Nouvelles de Bordeaux et du Sud Ouest, ancien secrétaire à l’organisation de la Fédération de la Gironde du PCF, jean.cucurull@wanadoo.fr ; Claude Deloume, retraité SNCF, ex-adhérent du PCF ;

Jo Garcia, retraité du Gaz de Bordeaux, adhésion au PCF : 1963, ancien des JC, jogarcia@free.fr ;

Alain Larue ;

René Le Bris, PCF Hérouville-Caen, Calvados ;

Christian Mayerau, retraité ;

Michel Peyret, membre du PCF de 1953 à 2006, retraité, député de la Gironde (1986- 1988), m.peyret@cegetel.net ;

Pierre Pujo, adjoint au maire ;

Christian Reinkingen, retraité cheminot, membre du PCF de 1967 à 1991, reinkingen-c@orange.fr Bordeaux, tél. 0875409196 ;

Jean-Louis Remande, 50 ans, cheminot, permanent syndical interpro, adhésion pcf 1980 (courant de pensée : gauche communiste), ex-candidat cantonales et municipales de 1983 à 2002, 76360 Barantin ; Anne Soler, psychologue (à la retraite), membre du PCF depuis 1973 ;

Jean Pierre Tricaud, cadre de la banque, militant syndical, ex-membre du PCF (1980/2002) ;

Danielle Tronche, salariée administrative et technique de la Fédération de la Gironde du PCF (1976-2001) ;

Raymond Debord, François Ferrette, Vincent Présumey (Collectif de rédaction de Militant) ; « ... avec de sérieuses réserves sur la manière totalement négative dont vous présentez le bilan des expériences issues de la Révolution d’Octobre... »,

Georges Hage, pour le secrétariat de la Confédération d’action communiste.

 

Pour vous joindre à cette liste de signataires, contactez l'un d'eux.

 

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18 décembre 2007 2 18 /12 /décembre /2007 16:03

PCF : Italie, un bon exemple de ce qu’il ne faut pas faire en   France...                                           

 

arcobaleno2.jpgde Le moustique socratique                                            RIFONDAZIONE-2.jpg

En Italie, la faucille et le marteau vont-ils disparaitre?

Le débat sur la "Cosa rossa" (allusion transparente à la "Cosa" nom dont on affublait le déjà l’ ex- Pci lors du processus d’abandon de la référence au communisme par les dirigeants du PCI et la création du PDS...) s’est accéléré.

La direction du PRC (Partito della Rifondazione Comunista) sous l’impulsion de son secrétaire Giordano, et du président de la Chambre Fausto Bertinotti annonce la création de la fédération "Arc en ciel" avec les Vert, le PDCI, les Démocrates de Gauche.

Aux prochaines élections régionales, les candidats du PRC devraient se présenter non plus sous le symbole du parti (drapeaux rouges et faucille et marteau) mais sous celui de "L’arc en ciel"

Il ne s’agit évidemment pas du seul abandon d’un symbole (mais justement le PRC s’était formé aussi sur le refus de l’abandon des symbole : drapeaux rouge et faucille et marteau...) mais bien d’un abandon en cours de sinon de toute référence au communisme, du moins de l’existence d’un courant communiste autonome.

Ces évolutions n’arrivent pas dans n’importe quel contexte : celui d’un gouvernement de "centre-gauche" dont la politique est de plus en plus de droite, avec les lois sur le Welfare, sur les retraites, sur les immigrés (le décret anti rom, décret implicitement raciste, dont même un Hortefeux ne saurait rêver en France...) et de parti de gauche (PRC, mais aussi PDCI et vert...) qui crient, qui protestent...mais qui finissent par voter. Le PRC est devenue la risée de toute la presse italienne... et la sortie bien peu institutionnelle du président de la Chambre, Fausto Bertinotti, qui met en garde le gouvernement Prodi, n’y changera rien... Le PRC se soumettra...

Alors de nombreux députés et quelques sénateurs du PRC refusent de voter la confiance à Prodi. Pour certains les mêmes qui protestent contre l’abandon de la référence au communisme...

Et quand le projet est sale autant le faire salement : de peur de plus être majoritaire (comme cela est prévisible) la direction du PRC décide de repousser d’un an le congrès qui était prévu en mars 2008 !

Voilà de quoi réfléchir et discuter dans les section du PCF aprés l’ANE de ce week end à la Défense...

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18 décembre 2007 2 18 /12 /décembre /2007 15:38
Appel d’urgence à un sursaut dSoviet---Hammer-02-copie-1.gifes communistes                            

 

Texte adopté par la section de Retournac, fédération de la Haute-Loire (non prononcé à l'assemblée extraordinaire)

   

Depuis très longtemps, nombreux sont les militants sur le tas qui se sont inquiété des orientations de sommet, systématiquement dépendantes d’une gauche disparate et d’une mouvance social-démocrate, plus attachée à la conquête du pouvoir pour le pouvoir, qu’au changement social, évoluant à terme vers la transformation de notre société.

 

Nos distances avec les luttes du mouvement social, notre inadéquation avec le mouvement même de la société, notre incapacité à promouvoir un projet susceptible de réactivité immédiate, en cohérence avec les aspirations et les urgences qui en découlent.

 

L’évacuation systématique du champ de notre politique, de la classe ouvrière, cependant encore importante, et du petit salariat en général, le plus attaché à faire aboutir une politique de progrès social, les renoncements de perspectives et le refus de prendre en charge notre histoire, quels qu’en aient été les aléas, en fin de compte, l’expérience de notre parti.

 

·              Ont alimenté un processus continu d’érosion de nos forces et de notre influence jusqu’a l’effacement de l’échiquier politique !

 

Aujourd’hui un courant dominant du cercle dirigeant envisage de faire avaliser une autre position liquidatrice dont l’issue est évidente, la disparition du  Communisme en France !

 

Il faudrait selon eux,

 

·              Soit se résigner à disparaître.

·              Soit souscrire à la construction d’une prétendue  “  force “ politique unique, “ à gauche de la gauche “, dans laquelle des sensibilités existeraient, avec leur marge d’autonomie, dont une composante Communiste !

 

Que vaudrait une composante Communiste au sein d’une mouvance diaphane, sans un Parti susceptible de définir une politique et promouvoir des orientations ?

 

De quel poids la « sensibilité » résiduelle   Communiste saurait elle, au sein d’une majorité d’autres organisations opposées à nos propositions et dont aucune n’a à ce jour affiché la volonté d’un changement véritable de société, (certaines étant strictement hostiles au communisme) imposer des orientations de rupture avec les choix dominants du système  Capitaliste ?

 

Par quel moyen, la « sensibilité » résiduelle communiste, au sein de cette prétendue force, sans la structure communiste qu’elle aurait elle-même contribué à liquider, saurait-elle conserver :

 

·              Son indépendance de pensée et de libre expression,

·              Son indépendance politique et de libre prospective,

·              Son indépendance de décision et de liberté d’action dès lors qu’elle ne disposerait plus au sein de cette «  force composite » que d’une marge d’autonomie (comme le suggère MARTELLI), plutôt que d’une autonomie pleine et entière !

 

MARTELLI pose la question  de l’existence nécessaire d’un Communisme politique au sein de ce nouveau parti, sans la structure Communiste, c'est-à-dire, sans notre Parti !

 

En vérité la question qui importe, est celle de nos rapport avec la société, plutôt que celle de nos rapports avec les «  gauches «  !

 

C’est dans la société qu’il importe de faire vivre un communisme, certes politique, mais aussi dans toutes ces dimensions sociétales…..

·              Un communisme sans structure politique reste une idéologie sans consistance, incapable de produire ses preuves dans la confrontation au réel !

·              Comment un communiste  virtuel  pourrait- il  faire valoir des positions communistes efficaces en l’absence  d’une réflexion d’intelligence collective communiste critique et d’un potentiel de militant de conviction capable de promouvoir le fruit de la contradiction collective ?

 

En fin de compte, le projet d’une nouvelle » force » réformiste accompagné de la liquidation de notre Parti, c’est aussi la liquidation de la perspective d’émancipation !

 

Aujourd’hui :

 

·         Les coups les plus durs sont portés à notre peuple ! Tous les acquis sociaux auxquels nous avons contribué, sont systématiquement récurés.

·         Les libertés élémentaires conquises de hautes luttes par les précurseurs et des générations de travailleurs, sont remises en causes.

·         Une politique atlantique est renouée avec son contingent de bellicisme et de dangers qu’elle fait peser sur la paix mondiale….

·         Les «  tris » les « sélectivités les relégations, les délations, la chasse aux immigrés…., renaissent dans notre pays, instaurés par une droite fascisante qui ne saurait interrompre un processus pervers dont on connaît l’issue !

·         Des enfants d’immigrés sont séparés de leurs parents….

·         Chaque année, des milliers de travailleurs français sont contraints de s’alimenter dans les organisations humanitaires.

·         Chaque année des êtres humains meurent sur le trottoir de nos villes.

·          

L’urgence, pour un Parti Communiste digne de sa vocation, c’est de retrouver ses liens avec les luttes, de  fédérer les consciences, de contribuer au combat quotidien, d’ouvrir une perspective, de s’opposer résolument aux injustices, de remettre en chantier et faire grandir une espérance d’émancipation.

 

·         Qui peut mieux y répondre, que le potentiel militant communiste ?

·         Comment pourrait-on engager ces combats – sans  notre Parti, sans une structure Communiste, sans concept de classe et de masse, de démocratie ?

 

C’est avec tout cela, qu’il nous appartient de renouer des liens. Et sans attendre :

 

·         Ouvrir une dynamique de combat,

·         Faire cesser les conciliabules d’état major, les stratégies pipées, les mutations lapidaires, les tractations occultes de sommet, les compromis de pouvoir pour le pouvoir…..

  

N’attendons pas de la pensée d’un génie la meilleure marche à suivre, ayons confiance en l’intelligence collective.  dit Séguy

 

N’attendons pas des stratégies pipées et moins encore d’un projet sans issue qui envisage la disparition de notre Parti, le Parti Communiste Français, une issue de  perspective. C’est sur le tas que nous devons la construire avec notre Parti.

 

·         Pour cela, les débats stériles, les discours sans consistance, les orientations lapidaires doivent cesser. Un congrès est inutile dans une situation d’urgence ou la responsabilité de faire face incombe strictement au Parti Communiste.

·         C’est de cela qu’il faut débattre et, sans attendre remettre en chantier nos combats quotidiens !

·         C’est de cela que notre Parti a besoin pour reconstituer ses forces et son efficacité politique !

·         C’est cela que le peuple des exploités, des spoliés, des relégués attend de nous !

 

La question de garder ou non notre Parti, ne se pose pas :

 

Notre Parti, est l’instrument indispensable, décisif, de  lutte, de construction et de perspective ! Quelle que soit la situation d’aujourd’hui, nul ne saurait la liquider, sans en être comptable devant l’histoire !

La  légitimité des dirigeants, plus prolixes à refonder, resituer, redéfinir, réinventer la gauche, qu’a relever le drapeau du Parti et à lui restituer sa consistance politique et sa vocation de classe, de masse et de démocratie, doit être débattue . Une direction sans conviction profonde dans les capacités de notre Parti à surmonter les difficultés, ne peut être une direction de notre Parti Communiste !

 

Des contres propositions d’urgence, doivent être élaborées pour le soutien, le développement et l’éclairage politique des luttes en cours qui se cherchent et que nous devons contribuer politiquement à faire converger – vers des perspectives politiques de changement de société. La réflexion sur ces contres propositions, doit  sans plus attendre, être  remis  concrètement en chantier par l’ensemble de notre Parti, de sa direction, jusqu’ à nos défuntes cellules qu’il est nécessaire de faire renaître.

 

Cet appel adressé aux militants communistes, les invites à reconstituer leurs cellules, les « collectifs » version 2006, étant on l’a vu, 1, 8%, inopérant, pour créer les meilleurs conditions du combat politique et faire vivre l’espoir en des jours meilleurs.

 

La section de Retournac et  environs (Haute Loire)

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18 décembre 2007 2 18 /12 /décembre /2007 15:23
                                                                                                                                                           
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Appel de Solidarité avec le peuple, le gouvernement, les forces communistes et progressistes de Bolivie

La Bolivie connaît une véritable révolution démocratique et culturelle depuis l’élection d’Evo Morales, suivant l’exemple du Venezuela de Hugo Chavez.

Les classes possédantes et l’impérialisme américain ne l’admettent pas et usent de tous les moyens pour la combattre. Ces derniers jours, les dirigeants de quatre régions « riches » du pays, appartenant aux forces politiques traditionnellement dominantes, ont lancé un projet sécessionniste d’autonomie. Ils refusent la nouvelle constitution élaborée par l’Assemblée constituante que Morales veut soumettre au vote populaire par deux référendums. La Constitution projetée remet, entre autres, en cause le maintien des immenses domaines agricoles issues de la colonisation, ce qui est évidemment insupportable aux grands propriétaires.

Cette nouvelle entreprise de déstabilisation est directement appuyée par le gouvernement des Etats-Unis. Elle n’a pas suscité pas pour l’instant de réprobation des autorités françaises. 52 partis communistes, ouvriers et progressistes ont lancé un appel de solidarité avec le peuple bolivien et son gouvernement. Nous le reproduisons ci-dessous (traduction par nos soins PCF Paris 15) en nous étonnant de l’absence pour le moment du PCF de la liste des signataires.

 

 

Appel de Solidarité avec le peuple, le gouvernement, les forces communistes et progressistes de Bolivie

Le processus démocratique en Bolivie est confronté à un moment critique de son histoire.

 

Les forces réactionnaires, l’oligarchie, le gouvernement des Etats-Unis et certaines puissances européennes montent une campagne de grande envergure visant à inverser le processus progressiste dans ce pays d’Amérique Latine.

 

L’objectif de ces forces est de faire obstruction aux changements lancés par l’Assemblée constituante dans la perspective d’une Constitution démocratique répondant aux demandes du peuple.

 

Ces forces rétrogrades, battues en octobres 2003 et aux élections de 2005, essaient à nouveau de réorganiser leurs rangs, de bloquer tout changement et de saper le travail du président Evo Morales.

 

Tous les moyens leur sont bons pour arriver à leurs fins, y compris le recours à des groupes armés.

 

Les principales forces progressistes du pays, les mouvements sociaux ont gagné à une large majorité les élections, après des batailles héroïques aux côtés du Mouvement vers le socialisme (MAS) présidé par Evo Morales. Ces forces s’emploient maintenant à transformer cette victoire de façon à répondre toujours mieux aux revendications des travailleurs.

 

Signataires de cet appel, nous dénonçons vigoureusement le soutien apporté par le gouvernement des Etats-Unis comme son implication directe dans des actions subversives en Bolivie.

Nous dénonçons également l’absence scandaleuse de réaction en face de ces agissements inadmissibles de la part d’autres Etats impérialistes et des organisations internationales.

 

Il est urgent de condamner sans équivoque ces forces réactionnaires, de les isoler et de les mettre en échec aussi bien au plan national qu’international.

 

Nous nous rangeons du côté du peuple bolivien et apportons notre soutien total aux grandes mobilisations contre les projets de coup d’Etat.

 

Nous soutenons l’alliance entre le peuple et le gouvernement de Bolivie contre les manœuvres de l’oligarchie des classes possédantes.

 

Nous assurons de notre entière solidarité le peuple bolivien, le gouvernement du président Evo Morales, le parti communiste de Bolivie, le MAS ainsi que toutes les autres organisations progressistes et anti-impérialistes dans leur lutte pour défendre les acquis du processus progressiste et pour approfondir les changements. 

 

Nous appelons au développement, par tous les moyens, d’un large mouvement de solidarité avec les forces anti-impérialistes et le peuple de Bolivie.

 

Appel signé par 52 partis communistes, ouvriers et progressistes le 15 décembre 2007 dont les PC de Grèce, du Portugal, d’Allemagne (DKP), de République tchèque (KSCM), d’Italie (PDCI), du Venezuela…   

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