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29 avril 2009 3 29 /04 /avril /2009 08:46

Parler franchement de l’Union Européenne

Les « députés européens » que nous allons élire en juin 2009 feront partie d'un parlement, qui ne dirige pas l'Europe, ses avis ne sont que consultatifs, même s'ils ne sont pas toujours inutiles (cf. directive Bolkenstein).
- Ainsi, le parlement européen refuse de voter l'approfondissement des relations avec Israël, pour sanctionner sa politique envers les Palestiniens ? L'UE se passe de son avis et décide, quelques jours avant l'agression contre Gaza, exactement le contraire !
- Le projet de Constitution est rejeté en 2005 par la France et les Pays Bas, qu'à cela ne tienne, l'UE sera régie par sa copie conforme, le Traité de Lisbonne, sur lequel les peuples n'ont pas été consultés directement (sauf l'Irlande, qui l'a refusé).

En fait, les décisions de l'UE sont prises en réunion des chefs d'Etat ou des ministres des pays membres. Dans l'intervalle, c'est la « Commission Européenne », dont les membres sont nommés, qui dirige l'UE.

Ce fonctionnement, peu démocratique, est ancré dans l'histoire même de la Communauté Européenne du Charbon et de l'Acier (CECA 1951), devenue Communauté Economique Européenne (CEE 1957), puis « Union Européenne » (UE, 1992).

L'U.E. : une machine de guerre contre les travailleurs                

Dans les années 50, les idéologues de la droite anticommuniste (Schumann, De Gasperi et Monnet) ont inventé « l'Europe » supranationale en pleine guerre froide. Leur objectif était double. Créer un grand marché, pour ouvrir de nouveaux débouchés aux marchandises, sans se préoccuper des bas salaires et du chômage. Limiter le rôle des parlements nationaux, à l'époque sensibles à la volonté populaire d'en finir avec la domination des trusts.

L'UE s'est constituée autour du marché du charbon et de l'acier (ce qui a produit la fermeture de toutes les mines françaises).

C'est un instrument du capital et son élargissement n'a pas changé sa nature. C'est une union des multinationales, une machine de guerre contre les conquêtes politiques et sociales des travailleurs.

Refuser cette Union Européenne ce n'est pas être nationaliste

Le nationalisme voudrait nous faire croire que tous les Français ont des intérêts communs « par nature ». C'est faux, car les premiers adversaires des salariés français sont leurs exploiteurs français. La question de la nation ne doit pas se poser en dehors de la solidarité internationale de classe.

Bien sûr, en France, la nation s'est souvent constituée au mépris des identités et des cultures locales ou régionales, au prix de guerres et de marchandages sordides.

Mais, au fil de l'histoire, le cadre national est devenu un cadre identitaire de conquête de droits sociaux, auxquels les étrangers, que l'histoire a poussés sur la terre de France, ont largement contribué et contribuent encore. Ce sont ces acquis historiques et cette diversité culturelle, qui constituent le vrai contenu de la nation française et le seul cadre dans lequel le peuple de France peut espérer s'approprier un jour, les richesses nationales aujourd'hui dans les mains du capital.

L'U.E. : une forteresse capitaliste

L'histoire de l'Union Européenne, c'est une succession d'attaques contre les salariés, les services publics, les systèmes de retraite et de sécurité sociale, le droit du travail et le droit syndical.

Des droits fondamentaux comme l'éducation, la santé, la protection sociale sont convertis en sources de profits pour le grand capital. Les exploitations agricoles familiales, la pêche artisanale sont ruinées, les artisans et les petites entreprises indépendantes sont écrasés sous la domination des groupes financiers et de la grande distribution.

Sur le plan monétaire, on peut voir aujourd'hui que l'Euro ne nous a protégé, ni de la fuite des capitaux, ni des délocalisations, ni des effets désastreux du capitalisme financier.

L'UE, qui refuse la libre circulation des hommes, contrairement aux marchandises, participe au pillage des pays pauvres, y compris de leur matière grise. En même temps, elle met des barbelés à ses frontières et adopte des lois de plus en plus répressives, sur le droit d'asile et l'immigration.

Elle se militarise et collabore dans des guerres impérialistes, comme en Afghanistan et en Irak. Sur « recommandation » de l'OTAN et de la Commission européenne, les dépenses militaires augmentent et la course aux armements reprend. Comme l'illustre depuis des années son incapacité à jouer un véritable rôle dans le conflit du Proche-Orient, l'Union Européenne n'est pas un contrepoids à l'empire américain, mais un état impérialiste en construction, tantôt allié, tantôt opposé aux USA, toujours dans l'intérêt des multinationales.

Être ou ne pas être ... dans l'Union Européenne

Si le Traité de Lisbonne avait été en vigueur en 2003, la France aurait sans doute été dans l'obligation de s'engager dans la guerre en Irak. Qui peut prétendre qu'une majorité de pays de l'U.E. s'y serait opposée ? Et qu'en serait-il aujourd'hui  ? Les Norvégiens, les Islandais et les Suisses n'ont pas à se plaindre de ne pas être dans l'U. E. En Amérique Latine, le Venezuela, la Bolivie, Cuba et d'autres, face au projet US (ALCA) d'instaurer une forme d'alliance continentale équivalente à notre UE, n'ont pas eu peur d'inventer une autre forme de coopération internationale (ALBA) basée sur le progrès social.

Dans un monde global, où un habitant sur six meurt de faim, à cause en particulier de la domination de l'Europe et de l'Amérique du Nord, qui peut croire à la possibilité d'une « Europe sociale » dans une telle construction ?


Avoir du courage et de la cohérence politique A cette chimère nous opposons l'idée de faire preuve de courage politique et de capacité d'invention. Il est temps de sortir de cette alliance là et d'établir avec d'autres pays, pas seulement européens, des coopérations mutuellement avantageuses pour les peuples.


source : « communistes de Vénissieux - réseau : faire vivre et renforcer le PCF 

 

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28 avril 2009 2 28 /04 /avril /2009 15:42
                                   ATTENTAT DE CAGNANO
                                                

                       COMMUNIQUE DE LA SECTION DU CAP CORSE

  Les communistes du Cap Corse condamnent énergiquement l'attentat criminel qui a visé la maison des  Montefusco à Cagnano et adressent à la famille  toute leur solidarité.

                              pour la Section: Ange Francioni
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28 avril 2009 2 28 /04 /avril /2009 07:33

FAIRE DU 1er MAI UN NOUVEAU TEMPS FORT DE MOBILISATION

                                                      
                                   A l'appel des syndicats, 
     CFDT,CFTC, CFE-CGC, CGT,  FO,FSU,SOLIDAIRES,UNSA..
                     rassemblement à BASTIA,
             à 10 H devant le Palais de Justice.

 

 

     

 
 
                                                                                   u cursinu rossu

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27 avril 2009 1 27 /04 /avril /2009 12:02

Sarkozy, le bouclier patronal                                                                      

 
Qui a dit : « Ici, quand on recourt à la violence, ce n’est pas pour se distraire, ce n’est jamais pour nuire à autrui, c’est parce qu’on est désespéré. C’est parce qu’on n’a plus de recours et qu’on se sent condamné à la mort économique et à la mort sociale » ? Jean Jaurès ? Karl Marx ? Marie-George Buffet ? Jean-Luc Mélenchon ? Christian Picquet ? Aucun d’eux ! C’est monsieur Sarkozy, le 3 avril 2007, devant les marins pêcheurs de Lorient. À l’époque, il était en campagne électorale. Ces jours-ci, dans la région de Marseille, avec ses grands airs, il a une nouvelle fois tourné casaque. Il a fustigé, pêle-mêle, les prétendues violences des mouvements sociaux et syndicaux, des actions, où en désespoir de cause des salariés ont retenu leurs dirigeants dans leur bureau, et les mouvements pacifistes contre l’OTAN.


                                                                


Après le bouclier fiscal, voilà monsieur Sarkozy transformé en bouclier patronal ! La droite appelle alternativement à l’unité nationale et s’en prend avec hargne aux mouvements sociaux. Elle somme les salariés, les privés d’emploi, les précaires, les licenciés à se taire et à payer la facture d’une crise dont les forces de droite sont les seules responsables. Comme à chaque moment difficile, la grande bourgeoisie et la haute finance assimilent les classes populaires à des classes dangereuses.

Quand monsieur Sarkozy aura-t-il une parole de président de la République contre cette violence sociale dont souffrent chaque jour les salariés, avec le stress, les cadences infernales, la précarité, les écarts et les baisses de rémunération, la brutalité des licenciements et les menaces de licenciements ? A-t-il pensé un seul moment à ces salariés, à ces cadres qui, au bout du rouleau, se suicident sur leur lieu de travail, à ce syndicaliste qui s’est donné la mort, subissant les problèmes de ses camarades et de son entreprise comme un échec ? Que dire des humiliations, des expulsions de travailleurs immigrés, à jour de leurs cotisations sociales et auxquels on refuse des papiers ? Que dire de celles et ceux qui dorment sur les trottoirs et au bord du périphérique ? Que dire de ceux qui font les poubelles pour pouvoir manger ?

Où est la violence, Monsieur le Président ? Où est passé le président des fausses promesses du pouvoir d’achat et de la Sécurité sociale professionnelle ? Les fem­mes et les hommes qui ne peuvent plus avoir de projet et dont les enfants n’ont pas d’avenir ne resteront pas sans réaction. L’exaspération, la révolte continueront de monter tant qu’on humiliera le peuple, qu’on le fustigera au moment même où monsieur Sarkozy a promis un nouveau cadeau à ses amis du Fouquet’s : la diminution de l’impôt sur les grandes fortunes, après avoir annoncé la suppression de la taxe professionnelle. Pour eux, c’est toujours bingo, et ceinture pour les classes populaires. Voilà la vraie nature de classe de ce pouvoir sarkozyste. Le scénario monté à Strasbourg entre le pouvoir et des hordes bien organisées, casquées, masquées, chargées de semer la terreur sert à criminaliser les mouvements sociaux et citoyens, à empêcher toute expression de la gauche sociale et politique et surtout à camoufler au peuple les néfastes décisions prises au sommet de l’OTAN, ainsi que l’action et les propositions des mouvements pacifistes.

Il ne faut pas se laisser intimider. Si le peuple s’était plié aux injonctions de la droite et la haute finance, il ne se serait jamais uni dans le Front populaire, le Conseil national de la Résistance, Mai 68, pour la mise à bas du CPE et le « non » majoritaire au référendum sur la Constitution européenne en 2005. Pour trouver une issue à la crise et inventer un autre avenir, le peuple, uni dans sa diversité, ne peut compter que sur lui-même. Dans l’action le 1er mai avec toutes les organisations syndicales. Le 7 juin prochain, dans l’unité populaire, avec le Front de gauche, il peut bousculer la donne politique.

C’est avec calme et détermination que nous pouvons faire reculer la féroce loi et la violence du capitalisme.

                                  Parti Communiste Français

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27 avril 2009 1 27 /04 /avril /2009 11:53

Accord avec le Vatican : la défense de la laïcité exige un recours pour excès de pouvoir                                 

lundi 27 avril 2009
L’UFAL a pris connaissance du décret n° 2009-427 du 16 avril 2009 entérinant l’accord entre la République française et le Vatican sur la reconnaissance des grades et diplômes catholiques dans l’enseignement supérieur.
Ce décret viole le principe législatif du monopole de la collation des grades universitaires par l'Etat ainsi que le principe de laïcité posé par la Constitution et défini notamment par la loi de 1905.

Ce décret est dangereux car il fait primer la religion sur la citoyenneté. Ainsi, des Français, parce qu’ils sont catholiques, relèveront non plus de l’Etat français mais de l’autorité d’un Etat étranger. Ceci ne peut aboutir à terme qu’à d’autres dérives du même ordre. A quand la reconnaissance de diplômes par des Etats musulmans ? Ce décret est également inquiétant puisqu’il remet en question l'indépendance des savoirs et de l'objectivité scientifique : pourquoi pas un diplôme sanctionnant les thèses « créationnistes » comme aux Etats-Unis ?
Enfin, l'UFAL dénonce les prétendues campagnes "d'information" menées par les auteurs et les bénéficiaires de ce texte tendant à tromper la population. Ils prétendent justifier cet accord avec le Vatican au motif qu'il existerait déjà des accords de reconnaissance réciproque de diplômes avec d'autres pays. Il y a pourtant une différence majeure entre un diplôme allemand reconnu en France et un diplôme délivré en France par un enseignement français mais relevant d'un culte. On ne saurait, sans violer notre Constitution laïque, opérer une confusion entre un Etat et un culte quelconque.
L’UFAL va donc étudier la possibilité de déposer un recours en annulation de ce décret auprès le Conseil d'Etat, ou de s’associer à une telle action, dans le délai imparti de deux mois suivant la date de publication au Journal Officiel.

 

L'UFAL Union des FAmilles Laïques
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27 avril 2009 1 27 /04 /avril /2009 09:16

                    HISTOIRE                                         "Je suis l'oeil du peuple"(J.-P.Marat) 

                      
      
Marcel Dorigny, historien: "L'esclavage, une histoire qui concerne la nation entière"

Marcel Dorigny est enseignant-chercheur en histoire à l'université Paris-VIII. Il est directeur de la revue Dix-Huitième Siècle et président de l'Association pour l'étude de la colonisation européenne, 1750-1850.

La Journée nationale de la mémoire de la traite négrière, de l'esclavage et de leurs abolitions, qu'on va célébrer pour la quatrième fois le 10 mai, ne fait toujours pas l'unanimité. Pourquoi n'avoir pas choisi la date du décret d'abolition, le 27 avril ?
Le 27 avril 1848 est la date de la signature, par Victor Schoelcher, du décret d'abolition de l'esclavage. La loi Taubira de 2001, qui prévoit une journée nationale de la mémoire de l'esclavage, a institué un comité, dont je faisais partie, nommé pour cinq ans et mis en place en 2004, qui devait faire des propositions, notamment sur le choix d'une date métropolitaine - car, dans chaque département d'outre-mer, il y a déjà, depuis 1983, un jour férié. Les débats pour parvenir à une date de commémoration ont duré dix-huit mois. Le 27 avril a été l'une des premières propositions. Je suis de ceux qui ont émis des réserves. Car, depuis quelques années, il y a dans les mouvements associatifs antillais - à tort ou à raison, la réalité historique étant très complexe - un rejet de l'idée que l'abolition a été octroyée depuis Paris par un "grand Blanc". On estime désormais que la liberté a été imposée à la métropole par les esclaves, alors que pendant longtemps, il y a eu, au contraire, un véritable culte de la personnalité de Schoelcher, qui a produit ce retour de bâton. Quoi qu'il en soit, la date du 27 avril aurait suscité des réactions négatives.
Personnellement, j'étais favorable au 4 février, date de la première abolition, en 1794. C'était la convergence entre la lutte des victimes et la légalité républicaine. On m'a opposé qu'elle n'avait duré que huit ans puisque Napoléon a rétabli l'esclavage en 1802. On s'est finalement arrêté sur le 10 mai, jour où, en 2001, le Sénat a voté, après l'Assemblée nationale, la loi Taubira à l'unanimité.

Qu'avez-vous pensé du rapport d'André Kaspi déplorant la multiplication des dates commémoratives ?
Comment un historien peut-il penser qu'il est possible d'arrêter le temps ? André Kaspi préconisait de ne garder que trois dates commémoratives, le 8 Mai, le 14 Juillet et le 11 Novembre. Et, surtout, il estimait que les autres dates étaient locales ou communautaires, ce qui est choquant, appliqué à l'esclavage, car cette longue histoire concerne la nation entière.

En 2004, dans son livre "Les Traites négrières, essai d'histoire globale", qui a suscité la polémique, Olivier Pétré-Grenouilleau disait qu'il voulait libérer la mémoire des ravages des "on dit" et des "je crois". Y est-on parvenu ?
J'ai commencé à travailler sur cette question il y a plus de vingt ans. Mais ce fut le bicentenaire de la Révolution, en 1989, qui l'a mise pour moi au premier plan. Les précédentes célébrations de la Révolution (1889 et 1939) avaient écarté la question coloniale. En 1989, tout cela est remonté à la surface : la Révolution française a proclamé les Droits de l'homme dès août 1789, mais n'a pas aboli immédiatement l'esclavage. Il fallait expliquer la contradiction. C'est le livre d'Yves Benot, en 1987, La Révolution française et la fin des colonies, qui a marqué un tournant.
Pour ce qui concerne Pétré-Grenouilleau, j'ai avec lui certaines divergences qui n'ont rien à voir avec la procédure judiciaire pour négation de crime contre l'humanité, lancée principalement par Patrick Karam, alors président d'un "collectif ultramarin" et aujourd'hui délégué du premier ministre pour l'outre-mer. Cette accusation portait sur un plan qui n'est pas historique. Mes divergences relèvent de la légitime controverse historique, notamment sur la manière dont la synthèse proposée revient à mettre les trois traites négrières -intra-africaine, orientale et coloniale européenne- sur le même plan alors que leurs durées et leurs conséquences ne sont pas de même nature. Des divergences portent également sur "l'argent de la traite", dont le rôle me semble sous-estimé.

Beaucoup affirment que cette question de l'esclavage ne parvient toujours pas à être un objet d'histoire comme les autres.
Je ne sais si l'on peut utiliser l'expression "un objet d'histoire comme les autres", car, pour cela, il faudrait admettre qu'il y a des objets historiques froids, ce qui n'est pas fréquent... Que l'on songe à la collaboration sous Vichy, à l'affaire Dreyfus, au massacre de la Saint-Barthélemy... Mais il est vrai qu'il est assez rare qu'une question d'histoire dégénère au point de susciter une action en justice. Il faut préciser qu'on était en 2005, une année où la politique a beaucoup secoué le milieu des historiens en raison de la polémique sur la loi préconisant de reconnaître "les aspects positifs de la colonisation française".

Vous dites vous-même que l'histoire de l'esclavage est peu connue, en quelque sorte un angle mort de l'histoire...
Il y a un paradoxe. Elle est peu connue du grand public et a été longtemps peu enseignée. Toutefois, la recherche savante est très importante. Si on se limite à la traite, un colloque qui a fait date s'est tenu en France, à Nantes, dès 1985. Ensuite, il y eut les commémorations de la première abolition de l'esclavage, en 1994, dans le sillage du bicentenaire de 1789 ; surtout, il y eut le grand mouvement qui a marqué l'année 1998, cent cinquantième anniversaire de l'abolition définitive décrétée en 1848. Un constat s'impose aujourd'hui : la transmission entre recherche et "grand public" se fait de mieux en mieux. On note des changements dans les manuels scolaires et dans les directives de l'Education nationale. Le comité institué par la loi Taubira avait fait valoir dans son rapport au premier ministre d'avril 2005 les retards de l'enseignement et, surtout, de la recherche institutionnelle. Par exemple, en 2002, lorsque nous avions organisé, notamment avec Yves Benot, un colloque sur le rétablissement de l'esclavage par Napoléon et la naissance d'Haïti, le CNRS, auquel nous demandions une aide, nous avait répondu que ce sujet n'était pas une priorité. Les choses ont beaucoup évolué.

Que pensez-vous de cette phrase de la romancière américaine Toni Morrison, Prix Nobel 1993 : "L'esclavage a coupé le monde en deux. Il a transformé les Européens, il les a fait des maîtres d'esclaves. Il les a rendus fous" ?
C'est une vision d'aujourd'hui. Il faut rappeler que l'esclavage a été une pratique universelle, qui n'a pas été inventée par les Européens en 1492. Il y a eu des esclaves bien avant et il y en a encore aujourd'hui. Mais de quand date la mauvaise conscience de posséder des esclaves ? Je ne cherche pas à sauver l'Europe à tout prix, mais force est de constater qu'elle date de la Renaissance et de l'humanisme européen, dans la seconde moitié du XVIe siècle, chez Montaigne par exemple. La phase d'intensité maximale de la traite négrière, entre 1730 et 1830, vit l'essor de l'anti-esclavagisme, construit sur une solide argumentation à la fois théologique, morale, philosophique et économique. Dès lors, le seul argument en défense utilisé peut se résumer ainsi : certes, c'est barbare, mais on en a besoin si l'on veut du sucre, du café, des colonies riches, une balance commerciale excédentaire... Au début du XIXe siècle, la traite fut mise hors la loi, mais l'esclavage résista encore plusieurs décennies, jusqu'en 1865 aux Etats-Unis, et même 1888 au Brésil. Toutefois, la marche vers l'abolition était lancée.

A lire :

"Les Traites négrières coloniales. Histoire d'un crime",

Sous la direction de Marcel Dorigny et Max-Jean Zins, présentation de Daniel Voguet. Ed. Cercle d'art, avec l'Association des descendants d'esclaves noirs et de leurs amis et la Caisse centrale des activités sociales du personnel des industries électrique et gazière, 256 p., 130 documents en couleurs, 35 € jusqu'au 30 septembre, 50 € ensuite (en librairies le 30 avril).

 

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26 avril 2009 7 26 /04 /avril /2009 08:26

                                                                                       

  Tunisie :                                   
une manifestation de l’opposition étouffée par la police

La police a empêché samedi un rassemblement que projetait d’organiser le Parti démocratique progressiste (PDP), une formation de l’opposition légale en Tunisie, pour réclamer le droit à l’accès aux espaces publics.
Selon la secrétaire générale du PDP, Maya Jribi, le parti se trouve de ce fait dans l’impossibilité de tenir les assises de son conseil national pour préparer les élections présidentielle et législatives prévues en octobre prochain en Tunisie.
Elle a déploré le "clivage" entre le discours officiel promettant d’assurer de bonnes conditions au déroulement de la consultation et la réalité vécue.
Plus d’une centaine de dirigeants et de militants venus de plusieurs régions de l’intérieur du pays ont été encerclés par un cordon policier étoffé, dont l’intervention musclée les a empêchés de quitter les locaux du parti situé au centre de Tunis.
"J’ai l’impression qu’on n’appartient pas à un parti légal, mais notre détermination à poursuivre la lutte pour nos droits ne sera pas entamée pour autant", s’est exclamé un militant de Kasserine, une région du sud-ouest tunisien.
Le candidat du PDP à la présidentielle, Néjib Chebbi, s’est élevé contre le "verrouillage" auquel se heurte son parti dans une année électorale. "Le gouvernement veut nous acculer au désespoir et veut qu’on baisse les bras. Il n’en est pas question. Nous continuerons la bataille jusqu’à la veille des élections", a-t-il lancé.

Bilan "satisfaisant" de la visite de François Fillon en Tunisie

Le Premier ministre français François Fillon a achevé vendredi soir une visite officielle de deux jours scellée par la signature de pas moins de huit accords de coopération embrassant divers domaines de la coopération franco-tunisienne.
Pour la mise en oeuvre des projets prévus par ces accords, la France débloquera une enveloppe financière globale de 80 millions d’euros, dont 65 destinés à la gestion de l’eau et 15 à la formation.
Une ligne de crédit d’un montant de 40 millions d’euros a été octroyée aux PME tunisiennes exportatrices pour acquérir des équipements essentiellement français.
Le bilan est qualifié de "satisfaisant" des deux côtés. "Tous les engagements pris lors du voyage du président Sarkozy ont été tenus", s’est félicité François Fillon.
Quant aux entretiens franco-tunisiens, "riches et denses", ils ont donné lieu à "une convergence des analyses et une concordance des vues" sur tous les sujets abordés, selon le Premier ministre tunisien Mohamed Ghannouchi.
M. Fillon a par ailleurs assuré que, malgré la crise, l’apport financier de la France "ne sera pas touché". La Tunisie constitue pour la France "un partenaire de premier plan" pour une "coopération gagnant-gagnant", avec des échanges qui ont atteint "un niveau historique" atteignant en 2008 7,2 milliards d’euros, a-t-il déclaré.
Même le dossier sensible des droits de l’Homme a été abordé dans le contexte de "relations excellentes, sans nuage", notait-on du côté de la délégation française.
Parmi les accords signés figure celui relatif à l’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire, paraphé lors de la visite du président Nicolas Sarkozy l’an dernier en Tunisie. Les deux parties ont convenu de mettre sur pied "un comité de pilotage" de la coopération franco-tunisienne dans ce domaine.
La partie française est appelée à aider notamment à la formation des compétences tunisiennes en prévision de la construction d’une centrale électro-nucléaire à l’horizon 2020.
Avançant la "haute technologie" acquise par la France en la matière, notamment sur le plan de la sécurité, M. Fillon s’est dit confiant que le marché sera remporté par son pays face à la concurrence canadienne.
Par ailleurs, sur les 16 Airbus commandés par la compagnie Tunisair pour un montant de deux milliards d’euros, deux A-320 seront livrés par anticipation sur demande tunisienne.
Autre importante transaction réalisée lors de la visite de M. Fillon : la société de transport urbain de Tunis "Transtu" envisage d’acquérir 16 nouvelles rames de tramway, au prix d’Alstom, pour 65 ME.

Pour ceux qui doutent,  il faut l savoir que  La Tunisie est un pays qui fait partie du « monde libre ».

La preuve :  N. Sarkozy est au mieux avec le « président » Ben Ali dont le score électoral doit le faire rêver, comme celui de Boutef dans l'Algérie voisine ; B. Kouchner , défenseur bien connu des droits de l’homme occidental ( plutôt  blanc et pas gazawi), ne dit rien sur la situation intérieure ; RSF, c’est motus et bouche cousue, car nous ne sommes pas ni Tibet ni à Cuba; Rama Yade ne confond pas Kaddafi et Ben Ali,   et M. Fillon  poursuit son séjour en Tunisie  par un week-end en privé avec son épouse.

                                                             u cursinu rossu(avec El assawra)

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25 avril 2009 6 25 /04 /avril /2009 08:42

                           


                                                                              POUR UN PREMIER MAI DE LUTTE
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25 avril 2009 6 25 /04 /avril /2009 08:37

                 ENERGIE: LES DÉPUTÉS SOCIALISTES EUROPÉENS DÉMASQUÉS !

                                                                          par bezierspcf


                                                          S'EN SOUVENIR LE 29 JUIN!

Strasbourg.
Le Parlement européen a adopté le 22 avril le troisième paquet énergie, qui incite à la concurrence sous couvert de « avoriser les consommateurs». Séparer mais non pas céder. Fin mars lors de la procédure de conciliation, les délégations du Parlement européen et du Conseil européen (qui représente les gouvernements) étaient parvenues à un compromis. Les entreprises du secteur de l’énergie qui comme EDF ou GDF à la fois produisent et distribuent l’énergie au consommateur devront séparer leurs activités, dans le but de favoriser la concurrence. Le Parlement européen a hier voté en ce sens, par plus de 580 voix sur environ 680 votants (plusieurs textes étaient mis au vote), seul le groupe GUE votant contre. Les rapporteurs socialistes (PSE), de droite (PPE) et souverainiste (UEN) se sont réjouis de ce compromis, mais ne l’ont accepté qu’« à contrecoeur » selon les propos de la travailliste britannique Morgan Eluned.

Ces groupes optaient pour une option plus radicalement libérale, à savoir la séparation patrimoniale. Ainsi, la Verte allemande Rebecca Harms a rappelé que « le point de départ » de la directive était une « proposition de Neelie Kros », commissaire à la concurrence, et que « l’instrument le plus efficace » pour satisfaire le consommateur était « la séparation de la production et du réseau ». Dans ce cas, les opérateurs historiques du secteur auraient dû céder l’activité de transport ou de distribution à leurs concurrents.

Si les groupes acquis à l’option libérale, y compris les souverainistes, ne sont pas parvenus à imposer la séparation patrimoniale, cela est dû à la résistance de huit États. La France, l’Allemagne, l’Autriche, la Bulgarie, la Grèce, le Luxembourg, la Lettonie et la Slovaquie étaient hostiles au démantèlement de leurs champions nationaux. Une position que certains de ces États avaient rappelée lors du Conseil européen des chefs d’État et de gouvernement, les 19 et 20 mars derniers. La question de la sécurité énergétique étant stratégique, les États ne peuvent se permettre de pulvériser des outils performants. Et ce d’autant plus que le but de l’opération est d’ouvrir le marché européen, afin que les opérateurs puissent conquérir des marchés en dehors du continent. Par ailleurs, dans certains pays, une telle décision entraînerait de fortes résistances de la part des salariés du secteur.

Si les entreprises ne devront plus scissionner, elles devront séparer leurs métiers. La directive leur propose trois solutions : la dissociation des structures de - propriété, la création de gestionnaires de réseau ou de transport indépendants. C’est-à-dire confier cette activité de gestion à une filiale.

Comme toujours, lorsque dans l’Union européenne on transforme une politique commerciale d’ouverture des marchés en politique industrielle, le paquet de la libéralisation de l’énergie a été emballé avec des « mesures en faveur des consommateurs ». Une agence de régulation communautaire sera créée. Elle veillera notamment à faciliter le changement de fournisseur pour le consommateur. Dans le cadre de la lutte contre le réchauffement climatique, un «compteur intelligent» sera instauré, pour contrôler sa consommation. Les mots «usagers » et «salariés , eux, disparaissant du vocabulaire.

Gaël De Santis

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25 avril 2009 6 25 /04 /avril /2009 08:28

CATERPILLAR, L’ACHARNEMENT

Plainte pour « séquestration », assignation en référé et licenciements expéditifs : la direction de Carterpillar entend mater ceux qui luttent. 

sur le sujet,un article paru  sur le site « La Riposte ».

 

 

 

Face à la multiplication des séquestrations de patrons et à l’explosion de colère des salariés de Continental Clairoix, mardi dernier, le gouvernement Sarkozy brandit la menace de sanctions judiciaires. « On est dans un Etat de droit. Je ne laisserai pas faire les choses comme ça », a déclaré le président. François Fillon, Michèle Alliot-Marie et Brice Hortefeux ont agité le même bâton. Les organisations patronales applaudissent et en rajoutent. Laurence Parisot, du Medef, sermonne : « Jamais l’injustice ou le désespoir ne justifient qu’on transgresse la loi, car très vite on ne serait pas dans un Etat de droit. »

Comme souvent, Laurence Parisot a le mérite d’exprimer, dans toute sa pureté, le point de vue de cette poignée de rapaces richissimes qui possèdent et détruisent l’économie du pays. L’action de salariés qui défendent leur pain quotidien doit être strictement limitée par « l’Etat de droit », nous dit-elle. Mais « l’Etat de droit » autorise le patronat à exploiter les travailleurs jusqu’à leur dernière goutte de sueur, puis à briser leur vie et celle de leur famille sur l’autel du profit, en les privant de leur emploi, c’est-à-dire de leur unique source de revenu. De fait, « l’Etat de droit » ne plane pas au-dessus des classes sociales. Il est juge et partie. En dernier ressort, il défend les intérêts des capitalistes. Au fond, les propos de Laurence Parisot reviennent à dire : « face à l’injustice, les salariés doivent accepter le fait que < i>tout le système capitaliste repose sur l’injustice et l’exploitation. Qu’ils désespèrent, s’ils le veulent, mais en silence. » Les travailleurs ne l’entendent pas de cette oreille ! Et la colère monte chaque jour un peu plus, dans le pays, contre ce système.

Un fait n’a pas échappé à l’attention de nombreux salariés. D’un côté, lorsque des banquiers et des industriels plongent l’économie dans le chaos, l’Etat récompense ces bandits avec des milliards d’euros de subventions – dont la note sera présentée aux foyers les plus pauvres. Mais d’un autre côté, lorsque les travailleurs de Continental Clairoix, après avoir accepté tant de sacrifices, se révoltent contre leur licenciement et les misérables indemnités qu’on leur propose, l’Etat s’émeut solennellement des quelques vitres et chaises brisées de la sous-préfecture de Compiègne. L’hypocrisie de ces gens n’a pas de limite ! Rappelons que le groupe Continental France a fait plus de 600 millions d’euros de bénéfices, en 2008, et que les travailleurs de Clairoix étaient passés à 40 heures hebdomadaires, en janvier 2008, contre la « promesse » d’un maintien du site au moins jusqu’en 2012. Avec le retour aux 40 heures, les actionnaires de Continental ont pu extraire davantage de profits, chaque semaine, du travail des salariés du site. Puis, une fois repus, ils les jettent à la rue comme des malpropres.

Au même moment, on apprend que les dirigeants de la banque Dexia – qui supprime 900 emplois, et que les Etats français et belge ont renflouée à hauteur de 6,4 milliards d’euros – se sont adjugés des « bonus » pour un montant total de quelque 8 millions d’euros. Axel Miller, ex-PDG de la banque, bénéficie à lui seul d’une prime de départ de 825 000 euros. Cette somme représente l’équivalent de 795 SMIC mensuels – soit 66 années de revenus d’un salarié au SMIC. En quelques secondes, sans avoir à lever le petit doigt, cet homme a donc empoché davantage que ce que gagnent beaucoup de salariés, en France, sur toute une vie de travail. Bien sûr, le gouvernement fait mine de protester. Mais Axel Miller et ses amis n’ont rien à craindre. « L’Etat de droit » et l’« ordre républicain » ne seront pas invoqués, dans leur cas. Et la feinte indignation du gouvern ement s’adresse en réalité aux millions de travailleurs et de chômeurs dont il craint la colère, qui est alimentée par les scandaleux « parachutes dorés » et autres « bonus » des grands patrons.

Les « minorités radicales »

La multiplication des conflits, des débrayages et des séquestrations pousse le gouvernement et le patronat à ressortir un de leurs plus vieux instruments de propagande et de division : la théorie des « minorités radicales ». Apparemment, les luttes sociales ne seraient pas la conséquence inéluctable d’un système injuste, mais seulement le résultat des manoeuvres obscures d’une petite poignée de « radicaux ». Déroutés par les explosions de colère, certains patrons et politiciens en arrivent à se convaincre eux-mêmes de cette idée absurde. Ils sont pris de panique face à l’exaspération qui monte, et cherchent à se rassurer en trouvant quelques coupables isolés. « L’extrême gauche » est montrée du doigt. A défaut, les séquestrations seraient le fait de salariés « minoritaires ». Autrement dit, la majorité des travailleurs, eux, placeraient leur confiance dans la bonne volonté de l’Etat et des employeurs.

Il y a, dans cette vision des choses, un profond mépris pour les salariés. « On exploite ces travailleurs depuis si longtemps ! On les connaît bien. On leur a tout fait subir. Ils sont incapables, par eux-mêmes, de se révolter sérieusement » : voilà le raisonnement typique des capitalistes. Il est très clairement exprimé dans une interview de Marcus Kerriou – co-gérant de l’usine Molex, à Villemur-sur-Tarn – publiée dans Le Parisien du 23 avril. Marcus Kerriou a été séquestré, pendant 26 heures, par les travailleurs de l’usine, dont la fermeture a été annoncée pour cet été. A la question : « Comprenez-vous la colère des salariés ? », Marcus Kerriou répond : « Mais tout cela est piloté de l’extérieur ! Il y a un décalage entre le professionnalisme avec lequel est gérée la communication et le niveau intellectuel de certains salariés. Claire ment, ça veut dire que, derrière tout ça, il y a les centrales syndicales, à commencer par la CGT, et des éléments radicaux déconnectés de la réalité économique. » Quel mépris pour ces ouvriers qui, par leur travail, ont fait la fortune de M. Kerriou et consorts ! Mais c’est bien, au fond, l’opinion de tous les grands patrons, à des degrés divers. Ils ont tendance à oublier l’histoire et ses manifestations massives, révolutionnaires, de l’intelligence collective de la classe ouvrière. L’avenir leur rappellera quelques leçons.

« Un risque révolutionnaire »

Ce mépris aveugle du patronat, à l’égard des salariés, n’est cependant qu’une face de la pièce. Dans le même temps, les représentants les plus intelligents de la classe dirigeante sentent bien que la période qui s’est ouverte, avec la récession mondiale, est grosse de tempêtes sociales. Ainsi, lors d’une récente interview sur Europe 1, Dominique de Villepin déclarait : « Il y a un risque révolutionnaire, en France. Pourquoi ? Parce que les fermetures d’usines, l’augmentation du nombre de chômeurs, donnent à un certain nombre de Français le sentiment de l’inégalité de traitement, l’inégalité de mobilisation – le sentiment qu’on se mobilise beaucoup pour les banques, qu’on se mobilise beaucoup pour aider les entreprises, mais que les salariés, eux, font les frais de la crise, que ce sont toujours les mêmes qui souffrent. Cela doit être pris en compte si l’on veut apporter des réponses justes ». Plus loin, il évoque le risque de « comportements collectifs que nous ne parviendrions pas à maîtriser ».

Les journalistes et politiciens de droite ont généralement compris les propos de l’ex-Premier ministre comme une simple manifestation de rancœur à l’égard de Nicolas Sarkozy. On ne peut douter que ces deux hommes se détestent (après tout, ils sont tous deux détestables). Mais c’est une interprétation très mesquine des propos de Dominique de Villepin. En réalité, de Villepin exprime une appréhension qui gagne du terrain, actuellement, dans les sommets de la société. En même temps, il lance un avertissement aux capitalistes et au gouvernement : à trop tirer sur la corde, elle risque de se briser !

On peut s’attendre à d’autres mises en garde de ce type, de la part de politiciens et de commentateurs acquis corps et âme au système capitaliste. Mais elles ne pourront changer quoi que ce soit. D’une part, les gouvernements – en France et ailleurs – sont impuissants, face à la récession mondiale. D’autre part, les capitalistes sont trop occupés à sauvegarder leurs profits pour prendre au sérieux les conseils d’un Dominique de Villepin. Ils s’efforceront de placer tout le poids de la crise sur le dos de la masse de la population. C’est déjà ce qu’ils font. Et à un certain stade, cela doit inévitablement déboucher sur des mobilisations massives que la classe dirigeante « ne parviendra pas à maîtriser », pour reprendre l’expression de Dominique de Villepin. La Riposte l’a dit et répété : aucune société ne peut continuer indéfiniment sur cette pente descendante sans préparer les bases matérielles et psychologiques d’une situation révolutionnaire.

Les séquestrations sont une illustration, parmi d’autres, du changement d’humeur qui est en train de s’opérer, dans la classe ouvrière. Elles ne sont pas un phénomène nouveau, mais leur multiplication marque un tournant. En bloquant leur patron dans un bureau pour le forcer à discuter, les salariés disent, d’une certaine façon : « Nous sommes ici chez nous. Nous y faisons ce que nous voulons. ». Et ce qui effraie les capitalistes, c’est qu’il s’agit là d’un premier pas en direction d’une occupation de l’usine. Or, l’occupation d’une entreprise est justement la meilleure façon d’engager la lutte contre une fermeture, une délocalisation ou un plan de licenciements. Nous ne prétendons pas que c’est facile. Le gouvernement protestera et menacera, au nom de « l’Etat de droit » et du « droit à la propriété » –c'est-à-dire du droit de jeter des milliers de familles dans le désespoir. Mais l’occupation est la seule méthode de lutte efficace pour sauvegarder les emplois et l’outil de travail, à condition d’être le point de départ d’une lutte pour la nationalisation de l’entreprise, sous le contrôle des salariés. Récemment, au Venezuela, de telles luttes ont été victorieuses. Il nous faut suivre cet exemple !

Jérôme Métellus (PCF Paris) site : LA RIPOSTE




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