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14 avril 2008 1 14 /04 /avril /2008 09:09

NEPAL : la république succède à la monarchie !




Décidément il se passe beaucoup de choses sur le toit du monde en ce moment.


Coincé entre l’Inde et la Chine, le Népal qui jouxte la région chinoise autonome du Tibet, vient d’abolir la monarchie qui sévissait depuis 239 ans.

Les résultats définitifs de cette consultation nationale pour désigner les représentants qui composeront l’Assemblée constituante ne sont pas encore connus mais, d’après les résultats partiels, la tendance ne semble faire aucun doute, d’autant que le processus était enclenché depuis novembre 2006, un accord étant intervenu entre tous les partis népalais et la guérilla dite « maoïste » pour que cesse la lutte armée et qu’un gouvernement de coalition soit constitué pour préparer l’instauration d’une République multipartite. 

La victoire reviendrait aux anciens guérilléros et à leur formation, le parti communiste népalais maoïste (il existe également un parti communiste marxiste-léniniste) et plusieurs autres partis politiques associés dans le gouvernement.

Ces guérilléros que les Américains, après le 21 septembre 2001 considéraient (comme les FARC) comme de dangereux terroristes : ils les comparaient à Al Qaïda ou aux Kmers rouges.

Ce qui leur permettait de financer et d’encadrer l’armée népalaise du roi Gyanendra dont l’accession au pouvoir, après l’assassinat du roi Birendra en juillet 2001, d’une bonne partie de la famille royale a fait beaucoup jaser sur les cimes comme dans les vallées.

Un roi de la dynastie des Shah, s’il vous plaît, incarnation de Vishnou sur terre ! Inutile de préciser que la loi ne saurait s’appliquer à une telle divinité que manifestement les Népalais n’appréciaient guère.

Il faut dire que si le pays est mythique pour ses sommets, ses paysages, sa culture, ses traditions…il est l’un des plus pauvres pour 71% qui vivent dans l’absolue pauvreté, essentiellement de l’agriculture tout en possédant moins d’un demi hectare, qu’on y voit casser des cailloux pour vendre le gravier pour ½ $ par jour, que le travail des enfants est généralisé…pour 4 $ par mois, que deux Népalais sur trois sont illettrés, que la corruption et les castes hiérarchisées et hermétiques font aussi partie du décor, que le servage existait encore il y a quelques années.

Un évènement historique

Un semblant de démocratie parlementaire était apparu en 1990. Mais le roi a mis bon ordre à cela, en 2002 et nommé un gouvernement à sa dévotion, appliquant des politiques très libérales. Tout y est privatisé, même l’eau.

La violence sociale est la conséquence logique de cette situation, de la corruption et de l’incompétence du roi et de son entourage qui croyaient leur pouvoir éternel sur des sujets résignés.

C’est sans doute ce qui explique que les insurgés se réclamant du maoïsme aient trouvé un écho aussi favorable parmi les déshérités sans la moindre perspective d’évolution sociale et qui ont été sensibles aux projets de développement (routes, ponts, électricité, santé, écoles…) préconisés par les communistes népalais qui ne sont pas forcément en osmose avec leurs homologues chinois qui s’écartent un peu trop des principes à leurs yeux.

Curieusement, les Etats-Unis adoptent une attitude beaucoup plus réaliste aujourd’hui, c’est qu’il ne faut pas se couper d’un nouveau gouvernement, d’un nouveau régime dans cette partie du monde assez stratégique pour leurs visées sur l’Asie et la Chine en particulier.

Surtout juste à côté du Tibet où quelques abcès de fixation ne sont pas faits pour leur déplaire.
L’ancien président J. Carter qui avait envoyé au Népal 62 observateurs pour ces élections, souhaite «que les Etats-Unis reconnaissent la nature non terroriste de l’engagement des maoïstes.»

S’il pouvait se montrer aussi convaincant vis-à-vis de la situation en Colombie où la résistance armée dure depuis 40 ans, ce que refuse de reconnaître le gouvernement d’Uribe, il ferait tout autant œuvre utile.

Je me demande la tête qu’a dû faire Ménard quand il a appris que «le drapeau rouge flottait sur Katmandou» !

Plus sérieusement, l’avenir n’est écrit nulle part. Mais comment ne pas souhaiter bon vent à la nouvelle République ?

 

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14 avril 2008 1 14 /04 /avril /2008 08:54

Elections en Italie, les 13 et 14 avril. La « gauche arc-en-ciel », privée de la couleur rouge, peu à même de contrer le bipartisme

 

Voir sur le site(Vive le Parti Communiste Francais) : Italie: effacement de toute référence communiste aux élections! Les communistes réagissent!

Veltrusconi. Le néologisme, fusion des noms des leaders des deux partis principaux Walter Veltroni et Sylvio Berlusconi, est entré dans la langue courante de la campagne électorale italienne. Les similitudes dans les programmes sont tellement flagrantes. Veltroni est à la tête du nouveau Parti démocrate (PD) qui associe des communistes repentis comme lui-même (depuis longtemps), les ex « démocrates de gauche » et des politiciens issus de la Démocratie chrétienne. Il prétend incarner la rupture avec le gouvernement Prodi dont il était pourtant un des soutiens principaux. Son parti de « centre-gauche » présentent des cadres du patronat comme candidats, propose des baisses d’impôts pour les entreprises et les classes aisées, s’inscrit totalement dans les orientations « libérales » du nouveau traité de l’UE. Effectivement, tout cela fait peu de différences avec le programme de Berlusconi qui a gommé, dans la coalition qu’il dirige « peuple de la liberté » une partie des positions identitaires de ses alliés fascistes (soi-disant repentis).

Face à cette alternative bipolaire sans alternative politique, dans un pays imprégné par l’héritage, même contradictoire, de feu le PCI, on pourrait attendre l’expression d’un point de vue communiste fort à l’occasion de ces élections. Ce n’est pas le choix fait par le principal parti dont le nom fait encore référence au communisme « Refondation communiste » (PRC) et par ses dirigeants dont Fausto Bertinotti. Les élections anticipées sont l’occasion pour eux de précipiter la recomposition politique, à gauche du PD, à laquelle ils travaillent depuis plusieurs années. Les candidats, membres du PRC, se présentent dans le cadre de la « gauche arc-en-ciel ». La gauche « arc-en-ciel » réunit des candidats issus de quatre formations politiques : le PRC, le Parti des communistes italien (PdCI), les Verts et le courant des Démocrates de gauche qui a refusé de participer à la création du PD. L’Arc-en-ciel n’est pas conçu comme une coalition électorale de circonstance mais comme une formation politique destinée à se structurer dans la durée.

Cette démarche se situe entre rupture et continuité.

Rupture de plus en plus affirmée avec l’héritage, l’identité et les positions communistes. Pour la 1ère fois depuis 1945, il n’y aura pas de bulletin de vote portant la faucille et le marteau (sauf du côté des gauchistes qui ont vu l’opportunité). Les communistes du PRC, proches de la motion et de la revue « L’Ernesto », y compris les élus sortants, qui s’opposent à l’abandon de l’identité communiste et ont critiqué ces dernières années sur la participation au gouvernement Prodi, ont été écartés des listes. C’est un arc-en-ciel sans la couleur rouge !

La continuité, du moins l’absence de rupture, s’observe par rapport à la mandature précédente marquée par le soutien et la participation des quatre composantes au gouvernement de « centre-gauche », conduit par l’ancien président de la Commission européenne, issu de la droite, Romano Prodi. Bertinotti est devenu lui-même président de la chambre au bénéfice de cette alliance. Ce soutien actif a amener à cautionner des régressions sociales historiques comme la remise en cause du système de retraite à l’été dernier ou encore l’alignement sur les USA en Afghanistan ou sur la question de l’extension de la base militaire de Vicenze. Les dirigeants du PRC assument ce soutien « loyal » jusqu’au bout. La coalition a en effet été renversée par des parlementaires du centre, sans doute soucieux de passer à nouvelle étape de l’alternance.

Bertinotti estime publiquement que Veltroni va perdre les élections, ce qui permet d’évacuer la question d’une nouvelle participation à un gouvernement dominé par le PD (avec lequel le PRC est lié dans de multiple localités) qui continuerait de gérer loyalement et même avec zèle les intérêts de Cofindustria, le Medef italien. La crédibilité des positionnements de la « gauche arc-en-ciel » sur les problématiques sociales est pourtant conditionnée à cette stratégie et à des choix théoriques fondamentaux.

La « gauche arc-en-ciel » se situe dans un schéma proche de la Linke allemande et des ambitions de certains dirigeants du PCF, un schéma coordonné par le Parti de la gauche européenne PGE, dont Bertinotti a été le 1er président. Dans chaque contexte national, l’objectif à demi affiché est de capter l’héritage des partis communistes de classe et de masse et le diriger vers de nouvelles formations, tournant le dos à l’identité communiste, alliant une partie des socio-démocrates, ouvertement réformistes, favorables à l’intégration dans l’UE du capital. Ces partis de « gauche » auraient pour vocation de prendre une partie de la place laissée par les formations social-démocrates converties au social-libéralisme, tout en leur servant de supplétifs.

Bertinotti s’était lui-même prononcé au Parlement pour l’élévation du seuil électoral à 8% (par région) pour avoir des sièges au Sénat pour forcer la constitution de la coalition.

Les dirigeants de la « gauche arc-en-ciel » ne sont pas assurés de franchir ce seuil nationalement. En 2006, les partis qu’elle réunit avaient obtenu 10,2% des voix, sans compter la fraction ralliée des démocrates de gauche dont l’influence n’était pas mesurable.

Dans les deux partis communistes, PRC et PdCI, la ligne de Bertinotti est loin de faire l’unanimité. Après l’épisode électoral et le coup de force de « l’arc-en-ciel », les directions ne pourront pas empêcher le débat, sans doute des congrès extraordinaires. La persistance du mouvement communiste en Italie devrait, devra s’y concrétiser.

par Vive le Parti Communiste Français

 

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13 avril 2008 7 13 /04 /avril /2008 12:41

Les milliards volés aux salariés                                                     

 

41 milliards d’euros seront distribués sous forme de dividendes aux actionnaires du CAC 40 sur les 105 milliards d’euros de profits réalisés en 2007. 41 milliards, c’est l’équivalent annuel de l’impôt sur tous les revenus collecté par le fisc !

Le chiffre de ces dividendes gonflant des fortunes déjà ahurissantes est d’une rare indécence alors que l’allocation pour adultes handicapé-es s’élève à 628 euros – comme l’ont dénoncé, le samedi 29 mars, 25 000 manifestant-es, que le RMI pour une personne seule est de 448 euros et que le minimum vieillesse est de 633 euros.

Dans le même temps, le patronat refuse d’augmenter les salaires alors que les prix ne cessent d’augmenter - près de 5 % pour les produits de grande consommation de l’aveu même du gouvernement et bien davantage selon les associations de consommateur-rices.

Face à la hausse des prix, il n’y a pas d’autre solution que la hausse des salaires, des minima sociaux et des retraites. Les bénéfices explosent parce que la part des richesses créées qui est versée en salaires n’a cessé de diminuer, du fait des vagues de licenciements successives qui ont amoindri la masse salariale, et de la pression terrible qu’exercent le chômage et la précarité sur les salaires.

Ils sont accrus également par les dizaines de milliards d’euros de cadeaux fiscaux que les gouvernements offrent depuis des années au patronat, en prenant l’argent dans les caisses de l’État.

Aujourd’hui, on nous ressasse les déficits de l’État et des caisses de protection sociale pour justifier les milliers de suppressions de postes dans la fonction publique, la réduction dramatique des prestations maladie versées aux assuré-es et abaisser le niveau déjà insuffisant des pensions de retraite.

On nous rabâche les bienfaits de la "compétitivité" et de la "rigueur" alors que la crise financière engloutira, selon les expert-es économiques, 600 milliards d’euros !

Pour ne pas subir leur crise et leurs privilèges, il faut utiliser ces faramineuses sommes tout autrement.

« Prendre sur les profits » pour financer retraites et protection sociale n’est donc pas une idée d’hurluberlus archaïques comme nous le serinent gouvernement et médias.

C’est même la seule voie raisonnable possible !

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13 avril 2008 7 13 /04 /avril /2008 12:18


 DEUX TEXTES :
 
 Le premier, sur le site de Bellaciao est un récit d'anticipation, il est de Chin Gin  Hua, qu'on suppose  citoyen chinois. L'autre sur le site de SHALOM ARCHAW(La Paix Maintenant) est de l'Israélien anticolonialiste  Uri Avnery, dirigeant de Gush  Shalom. Lisez-les bien. Même si on peut être réticent sur certaines formulations,  ils aident à la remise des idées en place.
                                                                             U cursinu rossu

 



Les jeux à l’anglaise

 

 

La flamme olympique en route vers Londres ou le CIO avait, bêtement, en 2004, alors que Paris était candidate, décidé d’arréter la caravane olympique a trébuché dans son escale parisienne. Des milliers de policiers français, renforcés par un escadron sorti des casernes de sa majesté et acheminé à Paris via Eurostart, ont été ridiculisé par une poignée de "militants" de RSF emmenés par le célèbre Menard. La flamme a du terminer sa course vers la Stade de France dans une rame du RER réquisitionnée pour la circonstance.

Ces individus reprochent au Royaume Uni de baffouer les droits de l’homme, en particulier En Irak, ou les troupes de Sa Majesté campent depuis prés de 10 ans. L"ayatollah Moctada el Sadr, "ocean de sagesse non violente", replié en Iran, a accusée les anglais et leurs valets US d’avoir procédé à un "génocide culurel" en Irak, bien que, reconnait-il, seulement 1 millions d’irakiens, imprudents, auraient perdu la vie dans des échanges de coup de feu.

Il s’est dit prêt a discuter de cela, et aussi des traitements des prisonniers irakiens dans les prisons, notamment à El Bougraïb, ou des jeux douteux sont, parait-il, organisés et à Guantanamo où il est reproché l’interdiction faite aux prisonniers de profiter des plages cubaines des alentours !

On peut se demander si le CIO a été bien inspiré de confier à la capitale de l’empire britannique l’organisation de ces Jeux ! Peut-être aurait-il été judicieux de laisser cet honneur échoir à Paris, capitale de l’empire, sage et non violent, français ? AFP-10 Avril 2012

 

 

De : Chin Gin Hua
samedi 12 avril 2008

                                                           

10 avril 2008

"Pas vous ! Vous !!!", Par Uri Avnery                 

     

 

Par Uri Avnery

Ancien membre de la Knesset, dirigeant actuel de Gush Shalom" (le bloc de la paix, organisation anticolonialiste israélienne).


Les médias du monde versent des larmes pour le peuple tibétain, dont le pays est volé par des colons chinois. Qui se préoccupe des Palestiniens, dont la terre est confisquée par nos colons ?

 

 

" He ! Bas les pattes ! Pas vous ! Vous !!! – la voix d’une jeune femme dans l’obscurité du cinéma, une vieille blague.

" He ! Hors du Tibet !" s’exclame le chœur international, "Mais pas de Tchétchénie ! Pas du Pays basque ! Et certainement pas de Palestine !" Et ça, ce n’est pas une blague.

COMME TOUT UN CHACUN, je soutiens le droit du peuple tibétain à l’indépendance, ou au moins à l’autonomie. Comme tout le monde, je condamne les exactions que le gouvernement chinois y commet. Mais contrairement aux autres, je ne suis pas prêt à me joindre aux manifestations

Pourquoi ? Parce que j’ai le sentiment désagréable qu’on me soumet à un lavage de cerveau, que tout cela est de l’hypocrisie.

Un peu de manipulation ne me dérange pas. Après tout, ce n’est pas par hasard que les révoltes ont commencé au Tibet la veille des Jeux olympiques à Pékin. C’est très bien. Un peuple qui se bat pour sa liberté a le droit d’utiliser chaque occasion qui se présente et qui peut servir son combat.

Je soutiens les Tibétains bien qu’il soit évident que les Américains utilisent cette lutte à leurs propres fins. Il est clair que la CIA a planifié et organisé les révoltes, et que les médias américains mènent une campagne à l’échelle mondiale. Celle-ci fait partie de la guerre souterraine entre les Etats-Unis, la superpuissance actuelle, et la Chine, la superpuissance montante – une nouvelle version du "Grand Jeu" qui fut joué en Asie centrale au XIXe siècle par l’empire britannique et la Russie. Le Tibet est un jeton dans ce jeu.

Je suis même prêt à ne pas tenir compte du fait que les gentils Tibétains ont perpétré un pogrom meurtrier contre d’innocents Chinois, tuant femmes et hommes et brûlant maisons et boutiques. Il arrive que d’atroces débordements se produisent au cours des luttes de libération.

Non, ce qui me gêne vraiment est l’hypocrisie des médias du monde. Ils font un raffut du diable sur le Tibet. A longueur de milliers d’éditoriaux et de débats, ils maudissent l’affreuse Chine et la couvrent d’injures. C’est comme si les Tibétains étaient le seul peuple du monde privé, par la force brutale, de son droit à l’indépendance, comme s’il suffisait que Pékin ôte ses sales pattes des moines vêtus de safran pour que tout aille pour le mieux dans ce meilleur des mondes possibles.

IL N’Y A PAS DE DOUTE que les Tibétains ont le droit de gouverner leur propre pays, de défendre leur exceptionnelle culture, de promouvoir leurs institutions religieuses et d’empêcher des colons étrangers de les submerger.

Mais les Kurdes de Turquie, d’Irak, d’Iran et de Syrie n’ont-ils pas les mêmes droits ? Et les habitants du Sahara occidental, dont le territoire est occupé par le Maroc ? Et les Basques en Espagne ? Et les Corses au large des côtes de France ? La liste est longue.

Pourquoi les médias du monde adoptent-ils telle lutte d’indépendance, mais ignorent souvent cyniquement telle autre ? Qu’est-ce qui rend le sang d’un Tibétain plus rouge que le sang de mille Africains de l’est du Congo ?

Sans cesse j’essaie de trouver une réponse satisfaisante à cette question. En vain.

Emmanuel Kant nous a recommandé : "Agissez comme si le principe selon lequel vous agissez était une loi universelle de la nature." (Etant un philosophe allemand, il exprimait cela dans un langage beaucoup plus alambiqué.) L’attitude envers le problème tibétain est-elle conforme à cette règle ? Reflète-t-elle notre attitude à l’égard des luttes d’indépendance de tous les autres peuples opprimés ?

Pas du tout.

POURQUOI, ALORS, les médias internationaux font-ils des discriminations entre les différentes luttes de libération à travers le monde ?

Ici, quelques considérations importantes me semblent nécessaires :

 Le peuple qui cherche l’indépendance a-t-il une culture particulièrement exotique ?

 

 Est-il séduisant, c’est-à-dire "sexy" du point de vue médiatique ?

 

 La lutte est-elle dirigée par une personnalité charismatique aimée des médias ?

 

 Le gouvernement oppresseur est-il antipathique aux yeux des médias ?

 

 Le gouvernement oppresseur appartient-il au camp pro-américain ? C’est un facteur important, puisque les Etats-Unis dominent une grande partie des médias internationaux, et que leurs agences de presse et leurs réseaux télévisés définissent le programme et la terminologie des informations.

 

 Le conflit met-il en cause des intérêts économiques ?

 

 Le peuple opprimé a-t-il des porte-parole doués, capables d’attirer l’attention et de manipuler les médias ?

 

DE CES POINTS DE VUE, il n’y a pas mieux que les Tibétains. Ils bénéficient de conditions idéales.

En bordure de l’Himalaya, ils sont situés dans l’un des plus beaux paysages du monde. Pendant des siècles, y arriver était déjà une aventure. Leur religion exceptionnelle a suscité la curiosité et la sympathie. Leur non-violence est très séduisante et assez souple pour couvrir même les pires atrocités, comme le récent pogrom. Le dirigeant exilé, le Dalai-Lama, est un personnage romantique, une rock-star médiatique. Le régime chinois est haï de beaucoup de gens – par les capitalistes parce que c’est une dictature communiste, par les communistes parce qu’il est devenu capitaliste. Il promeut un matérialisme vulgaire et dégoûtant, à l’opposé des moines bouddhistes spirituels qui passent leur temps à prier et à méditer.

Quand la Chine construit un chemin de fer jusqu’à la capitale tibétaine sur des milliers de kilomètres inhospitaliers, l’Occident n’admire pas la prouesse technique, mais voit (très justement) un monstre de fer qui apporte des centaines de milliers de colons chinois Han dans le territoire occupé.

Et bien sûr, la Chine est un pouvoir émergeant, dont les réussites économiques menacent l’hégémonie américaine sur le monde. Une grande partie de la fragile économie américaine appartient déjà directement ou indirectement à la Chine. L’énorme empire américain est en train de s’enfoncer désespérément dans la dette, et la Chine pourrait bientôt être son plus gros prêteur. L’industrie manufacturière américaine est en train de se déplacer vers la Chine, emportant des milliers d’emplois avec elle.

En comparaison, qu’ont les Basques à offrir, par exemple ? Comme les Tibétains, ils habitent un territoire contigu, la plus grande partie en Espagne, une partie en France. Ils sont aussi un peuple ancien ayant sa propre langue et sa propre culture. Mais celles-ci ne sont pas exotiques et ne suscitent pas un intérêt particulier. Pas de moulins à prières. Pas de moines en robe.

Les Basques n’ont pas de chef romantique, comme Nelson Mandela ou le Dalaï-Lama. L’Etat espagnol, qui s’est construit sur les ruines de la dictature franquiste détestée, jouit d’une grande popularité dans le monde. L’Espagne appartient à l’Union européenne, qui est plus ou moins dans le camp américain, tantôt plus, tantôt moins.

La lutte armée des clandestins basques est abhorrée par beaucoup et considérée comme du "terrorisme" , surtout après que l’Espagne a accordé aux Basques une large autonomie. Dans ces circonstances, les Basques n’ont aucune chance de gagner le soutien mondial pour leur indépendance.

Les Tchétchènes devraient être dans une meilleure position. Eux aussi sont un peuple spécifique, qui a longtemps été opprimé par les tsars de l’empire russe, y compris Staline et Poutine. Mais hélas, ils sont musulmans – et dans le monde occidental, l’islamophobie occupe maintenant la place qui, pendant des siècles était réservée à l’antisémitisme. L’Islam est devenu synonyme de terrorisme, il est perçu comme une religion de sang et de meurtre. Bientôt on nous dira que les Musulmans massacrent les enfants chrétiens et utilisent leur sang pour cuire le pain. (En réalité, c’est bien sûr la religion de dizaines de populations complètement différentes, de l’Indonésie au Maroc et du Kosovo à Zanzibar.)

Les Etats-Unis ne craignent pas Moscou autant que Pékin. Contrairement à la Chine, la Russie ne ressemble pas à un pays qui pourrait dominer le monde au XXIe siècle. L’Occident n’a aucun intérêt à relancer la Guerre Froide, alors qu’il en a un à relancer les croisades contre l’Islam. Les pauvres Tchétchènes, qui n’ont pas de dirigeant charismatique ou de porte-parole remarquables, ont été bannis de la Une des journaux. Poutine peut les frapper comme il veut, tuer des milliers de gens et détruire des villes entières, de toute façon ça n’intéresse personne.

Cela n’empêche pas Poutine de soutenir les revendications de l’Abkhazie et de l’Ossétie du sud pour se séparer de la Géorgie, pays qui exaspère la Russie.

SI EMMANUEL KANT savait ce qui se passe au Kosovo, il se gratterait la tête.

La province a demandé son indépendance de la Serbie, et moi, le premier, l’ai soutenu de tout mon cœur. C’est un peuple spécifique, qui a une culture différente (albanaise) et sa propre religion (l’islam). Après que le populaire dirigeant serbe, Slobodan Milosevic, eut essayé de les chasser de leur pays, le monde s’est levé et a apporté un soutien moral et matériel à leur lutte pour l’indépendance.

Les Kosovars albanais représentent 90% des citoyens du nouvel Etat, qui a une population de deux millions de personnes. Les dix autres pour cent sont Serbes et ils ne veulent pas faire partie du nouveau Kosovo. Ils veulent que les zones où ils vivent soient annexées à la Serbie. Selon la maxime de Kant, ont-ils raison de le faire ?

Je proposerais un principe moral pragmatique : chaque population qui habite un territoire défini et a des spécificités nationales claires a le droit à son indépendance. Un Etat qui veut garder une telle population en son sein doit faire en sorte qu’elle s’y sente bien, qu’elle bénéficie de ses pleins droits, qu’elle jouisse de traitements égalitaires et qu’elle ait une autonomie qui satisfasse ses aspirations. En bref : qu’elle n’ait pas de raisons de désirer la séparation.

Cela s’applique aux Français du Canada, aux Ecossais de Grande Bretagne, aux Kurdes de Turquie et d’ailleurs, aux différents groupes ethniques d’Afrique, aux peuples indigènes d’Amérique Latine, aux Tamouls du Sri Lanka et à beaucoup d’autres. Chacun a le droit de choisir entre la pleine égalité, l’autonomie et l’indépendance.

CELA NOUS CONDUIT, bien sûr, à la question palestinienne.

Dans la compétition pour obtenir la sympathie du monde médiatique, les Palestiniens n’ont pas de chance. Selon les critères objectifs, ils ont le droit de demander une pleine indépendance, exactement comme les Tibétains. Ils habitent un territoire défini, ils sont une nation spécifique, une frontière claire existe entre eux et Israël. Il faut vraiment avoir un esprit tordu pour nier ces faits.

Mais les Palestiniens souffrent de plusieurs coups du sort cruels : le peuple qui les opprime revendique lui-même la couronne de victime suprême. Le monde entier a de la sympathie pour les Israéliens parce que les Juifs furent les victimes du plus horrible crime du monde occidental. Cela crée une situation étrange : l’oppresseur est plus populaire que la victime. Celui qui soutient les Palestiniens est automatiquement suspecté d’antisémitisme et de négationnisme.

De plus, la grande majorité des Palestiniens sont musulmans (personne ne prête attention aux Palestiniens chrétiens). Comme l’Islam suscite la crainte et l’aversion en Occident, la lutte palestinienne est automatiquement devenue une partie de cette menace sinistre et diffuse, le "terrorisme international" . Et depuis les assassinats de Yasser Arafat et du Cheikh Ahmed Yacine, les Palestiniens n’ont aucune dirigeant particulièrement marquant – ni au Fatah, ni au Hamas.

Les médias du monde versent des larmes pour le peuple tibétain, dont le pays est volé par des colons chinois. Qui se préoccupe des Palestiniens, dont la terre est confisquée par nos colons ?

Dans le tumulte mondial sur le Tibet, les porte-parole israéliens se comparent – si étrange que cela paraisse – aux pauvres Tibétains, et non aux horribles Chinois. Beaucoup pensent que c’est tout à fait logique.

Si Kant revenait demain et était interrogé sur les Palestiniens, il répondrait probablement : "Donnez leur ce que vous pensez devoir être donné à tout le monde, et cessez de me réveiller pour me poser des questions stupides".

Article publié, en hébreu et en anglais, le 4 avril 2007, sur le site de Gush Shalom. Traduit de l’anglais "Not You ! You !!!" pour l’AFPS : SW/PHL

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12 avril 2008 6 12 /04 /avril /2008 15:24
            COMMUNIQUE DU COLLECTIF POUR LA LOI LITTORAL


L'Agriate réservée à l'industrie touristique ? Le Conservatoire du littoral fait fausse route.
                                          
                                                                                                                            


L’Agriate serait réservée tout l’été à des usagers payants (donc aisés), pour leur agrément, et au seul bénéfice de professionnels du tourisme. Un comble !
Le Conservatoire du littoral (CDL) a rédigé, en janvier 2008, un projet de gestion pour L’Agriate. Dans la présentation des protections, dont bénéficie ce site, il manque l’indication du respect de données juridiques essentielles, le Schéma d’aménagement de la Corse de 1992, seul légal aujourd’hui, les lois d’urbanisme dont la loi «Littoral», le plan de protection contre les risques d’incendies.
De nombreuses restaurations/constructions sont annoncées, alors  que le projet indique qu’ «aucune action concrète ne figure dans le document»
L’accueil des publics scolaires est prévu en trois lieux correspondant aux trois communes : la maison de Gradu dans l’Ostriconi (Palasca), un lieu d’accueil pédagogique au Monte Revincu (Santu Petru di Tenda) et un équipement d’accueil de classes découvertes à Ifana (San Gavinu di Tenda).
Sachant que de nombreuses structures d’accueil des scolaires existent déjà en Corse (Galéria, Vizzavona Tatto, Quenza, etc), que la Corse ne compte que 280 000 habitants, que L’Agriate est un lieu difficile d’accès, que des subventions sont nécessaires pour que les scolaires puissent fréquenter ces structures, on peut se demander si c’est le bon sens qui a conduit à envisager  quatre nouveaux lieux d’accueil (le 4ème étant le
sémaphore de La Mortella).
Des hébergements touristiques nouveaux, dans des structures spéciales, sont prévus au sémaphore de La Mortella et à Ifana. Un hébergement en refuges est maintenu pour randonneurs pédestres et équestres à Ghignu,  Saleccia et l’Ostriconi. Trois «maisons de sites» sont annoncées, une à Baccialu sur la R.D. 81, une à Calcajo sur le délaissé de la route de l’Ostriconi, une dans l’ancienne bergerie de Saleccia. Un espace de
théâtre de plein air sur l’Ostriconi est également envisagé, on ne sait ni pour qui, ni pour quoi.
Le document indique que L’Agriate serait réservée tout l’été à des usagers payants (donc aisés), pour leur agrément, et au seul bénéfice de professionnels du tourisme. Un comble !
En effet, il est prévu que les pistes (Malfacu, Ostriconi, Marina d’Alga, Ghignu …), hormis celle menant à Saleccia, ne seraient ouvertes à tous qu’hors saison (mais praticables uniquement par des véhicules tout terrain). Pendant la saison estivale, elles ne seraient ouvertes qu’aux «professionnels» (note : il faut  comprendre «professionnels du
tourisme»). La liaison Luogu Pianu serait  accessible  uniquement aux chasseurs. Ces «professionnels» pourraient également utiliser, en plus des  pistes, les bâtiments et les structures.
On peut donc s’interroger : la construction et/ou la restauration des  maisons de sites, maisons pour scolaires, sémaphore et autres, n’auraient-elles pas un but uniquement touristique ?

En résumé, selon ce document : L'Agriate, territoire du Conservatoire du littoral, patrimoine public, deviendrait donc  une terre avant tout réservée aux nantis et, surtout, aux professionnels du tourisme ainsi qu’aux chasseurs, souvent polyvalents.

Le Collectif continue à demander  pour L'Agriate une politique fondée sur le respect des lois en vigueur et des contraintes environnementales, sur le maintien du patrimoine public, l’accès pour tous à ces espaces naturels, et  le refus d'ouvrir la voie à l'implantation d’intérêts privés.

De surcroît, même si cela n’est pas écrit, on peut supposer que tous les frais, toutes les structures (constructions/restaurations de l’habitat et pistes) seront à la charge des contribuables de la Haute-Corse … pour des bénéfices privés

Il est bon de se souvenir, par exemple, que le ponton du Lotu, réservé aux seules navettes privées payantes, a été financé sur fonds publics. Ou encore que, même si la valorisation du site du Monte Revincu (champ de tir  loué à l’Armée) «exige d’importants et coûteux travaux de dépollution pyrotechnique», l’origine du financement de cette dépollution n’est pas précisée. Celle-ci ne devrait-elle pas être exclusivement à la charge de l’Armée, au nom du principe «pollueur-payeur» ?

Enfin, quatre «maisons de gardes» sont prévues : à L’Ostriconi, à Ghignu, à Saleccia et une enfin à Casta (administration générale). Un corps de gardes assermentés, logés sur place, et à l’année  est effectivement une nécessité. Mais il faudra définir clairement leurs «missions de gardes» et leur donner les moyens de les accomplir.

Collectif pour la loi littoral

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12 avril 2008 6 12 /04 /avril /2008 15:00
                                                                                                   
      
                                                 Le 34ème congrès du PCF est  convoqué pour les 11, 12,13 et 14 décembre 2008

                                                                                           
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12 avril 2008 6 12 /04 /avril /2008 14:57

Tunisie : troubles dans le bassin minier de Gafsa

Les forces de sécurité ont procédé à des dizaines d’interpellations à la suite d’accrochages les ayant opposé ces derniers jours à des manifestants, la plupart des jeunes chômeurs, dans le bassin minier de Gafsa, dans le centre-ouest de la Tunisie, a-t-on appris jeudi de sources associatives.

Dans un communiqué, la Ligue tunisienne de défense des droits de l’homme (LTDH) mentionne une première liste de 24 personnes arrêtées, suivie par de nombreuses autres interpellations, dont des syndicalistes. Les autorités font état quant à elles de "troubles sur la voie publique et de dégradation de biens d’autrui" à Rédéyef, une ville de la même région, ayant conduit à l’interpellation de huit manifestants.

Déférés jeudi devant le juge d’instruction, ces derniers ont été "libérés provisoirement" en attendant la fin de l’enquête.

Selon des témoins oculaires, des forces anti-émeutes ont dû intervenir à la suite de l’attaque d’un poste de police qui a été la cible de jets de projectiles de la part de manifestants.

L’agitation sociale dans cette région a commencé en janvier dernier à la suite de la publication des résultats contestés d’un concours de recrutement à la société de phosphate de Gafsa, principal employeur dans la région.

Depuis, des associations font état de manifestions de protestation, de sit-in et de grèves dans plusieurs secteurs d’activité.

Outre le problème de l’emploi des diplômés chômeurs dans cette région, les revendications sociales portent sur les conditions de vie difficiles des populations de Gafsa, selon les mêmes sources.

Samedi dernier, l’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD) a organisé une journée de solidarité avec les habitants de ce bassin minier au cours de laquelle les participant(e)s ont exprimé leur soutien à leurs "revendications légitimes".

La LTDH appelle à "un dialogue sérieux" avec les parties concernées pour rechercher des solutions permettant de répondre aux problèmes sociaux qui ont provoqué cette agitation.

Elle réclame l’ouverture d’une "enquête impartiale" sur les raisons qui ont conduit à la détérioration de la situation.

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12 avril 2008 6 12 /04 /avril /2008 14:52

                               


Marwan Barghouti écrit à Shalom Arshav : "Les Palestiniens sont prêts à un compromis historique"

Yediot Aharonot, 8 avril 2008

http://www.ynet.co.il/articles/0,73...

Traduction : Gérard Eizenberg pour La Paix Maintenant

Le haut responsable du Fatah Marwan Barghouti, emprisonné en Israël, a adressé une lettre à Shalom Arshav (La Paix Maintenant), qui marque aujourd’hui son 30e anniversaire. Dans cette lettre, il appelle Israël à signer un traité de paix avec Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne. "Offrons à vos enfants et aux nôtres une vie sans la menace de guerres et de massacres." Cette lettre sera lue ce soir par Qaddoura Farès à l’occasion de la manifestation qu’organise Shalom Arshav à Tel-Aviv pour marquer ses 30 ans.

"Je vous écris depuis le sombre petit cachot où je suis emprisonné par les forces d’occupation, avec 11.000 autres prisonniers, dont des femmes et des enfants. Certains n’ont fait l’objet d’aucun jugement, d’autres sont emprisonnés depuis plusieurs dizaines d’années", écrit Marwan Barghouti, ancien commandant des "Tanzim" aux militants de Shalom Arshav.

"Mû par la douleur et les souffrances endurées par le peuple palestinien durant 40 années d’occupation militaire, je vous adresse mon salut et mes encouragements. La création de votre mouvement, il y a 30 ans, nous a donné l’espoir qu’il existe en Israël un groupe qui s’oppose à l’occupation, à la colonisation et à l’oppression du peuple palestinien. Qu’il existe un groupe qui appelle à la paix entre les peuples et qui soutient le droit des Palestiniens à créer un Etat indépendant dans les frontières de 67 avec Jérusalem Est pour capitale."

Dans sa lettre, Marwan Barghouti évoque le "document des prisonniers" [1] et affirme : "Nous, dirigeants des différents groupes du peuple palestinien, avons pris l’initiative d’un plan de paix unique en son genre dans l’histoire du mouvement palestinien, initiative connue sous l’appellation « document des prisonniers ». A côté de la signature du Fatah figurent celles de membres du Hamas, du Jihad islamique et de toutes les composantes de l’OLP. Ce document affirme clairement que l’objectif du mouvement palestinien consiste en la fin de l’occupation des territoires conquis en 1967, la création d’un Etat palestinien avec Jérusalem Est pour capitale, et une solution au problème des réfugiés conforme au droit international."

L’ancien dirigeant du Fatah précise encore que le document donne mandat au président de l’Autorité palestinienne pour mener les négociations avec l’Etat d’Israël en vue d’un accord définitif. "Cet accord sera soumis à un référendum. Pour la première fois, il montre la voie d’une négociation où la position palestinienne est unie."

"Moi, et avec moi la majorité écrasante du peuple palestinien, sommes prêts à un compromis historique fondé sur les décisions internationales, qui garantira deux Etats, un Etat d’Israël et un Etat palestinien, vivant côte à côte dans la paix et la sécurité. Nous sommes prêts à un compromis historique qui assurera à vos enfants comme aux nôtres une vie sans menace de guerres et de massacres. C’est la raison pour laquelle il faut parvenir le plus rapidement possible à un cessez-le-feu réciproque."

"Le peuple palestinien est avide de liberté, d’indépendance et de paix. C’est pourquoi il est vital de stopper immédiatement et totalement la colonisation et les expropriations, de rouvrir les institutions palestiniennes à Jérusalem, de démanteler les barrages routiers qui ont fait des territoires palestiniens un enfer et ont détruit l’économie palestinienne, d’arrêter la politique des assassinats et des arrestations, de lever le siège de Gaza, de rouvrir les passages frontaliers, d’instituer une période d’accalmie complète et de libérer les milliers de prisonniers."

[1] Voir "Des dirigeants du Fatah et du Hamas emprisonnés en Israël s’accordent sur une solution à deux Etats"

 

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12 avril 2008 6 12 /04 /avril /2008 14:29

 « Ne croyez pas une chose parce que beaucoup en parlent, ne croyez pas sur la foi des temps passés, ne croyez à rien sur la seule autorité de vos prêtres et de vos maîtres. Après examen, croyez ce que vous-même aurez expérimenté et reconnu raisonnable, qui sera conforme à votre bien et à celui des autres », le Bouddha_ 6ème siècle AC.

Une autre opinion sur les événements du Tibet et le matraquage médiatique. Celle de J.-L. Mélanchon, socialiste souvent à rebours du social-libéralisme affiché par le PS.

Je ne suis pas d’accord avec le boycott des jeux de pekin et la propagande anti chinoise

Par Jean-Luc Mélenchon

Je ne suis pas communiste chinois. Je ne le serai jamais. Mais je ne suis pas d’accord avec les manifestations en faveur du boycott des jeux olympiques. Je ne suis pas d’accord avec l’opération de Robert Ménard contre les jeux olympiques de Pékin. Je ne suis pas d’accord avec la réécriture de l’histoire de la Chine à laquelle toute cette opération donne lieu. Je ne partage pas du tout l’enthousiasme béat pour le Dalaï lama ni pour le régime qu’il incarne. Pour moi, le boycott des jeux est une agression injustifiée et insultante contre le peuple chinois. Si l’on voulait mettre en cause le régime de Pékin il fallait le faire au moment du choix de Pékin pour les jeux. Il ne fallait pas permettre à la Chine d’être candidate. Il fallait le dire en Chine. Ce qui se fait est une insulte gratuite et injustifiée contre les millions de chinois qui ont voulu et préparent activement les jeux. Pour moi il flotte un relent nauséabond de racisme sur cette marmitte !

UN PRETEXTE

Si un boycott devait être organisé, dans une logique agressive conséquente, ce n’est pas celui du sport qui est un moment d’ouverture et de fraternisation. Pourquoi pas plutôt celui des affaires et de la finance ? Naturellement aucun des activistes mondains actuels ne le propose ni n’entreprend quoi que ce soit dans ce sens. Si l’on devait vraiment se facher avec le gouvernement chinois, pourquoi le minimum de ce qui se fait dans les relations normales entre les nations ne se fait-il pas à cette occasion ? Le président de la République chinoise (combien de protestataires se soucient de savoir comment il s’appelle ?) a-t-il été approché ? Lui a -t-on demandé quelque chose ? Quoi ? Qu’a-t-il répondu ? Le premier ministre (combien se sont préoccupés de connaitre son nom ?) a-t-il été interpellé ? L’ambassadeur de Chine en France a-t-il été reçu et a-t-on eu un échange avec lui ? Qui s’en soucie ? Avec une morgue ressemblant à du racisme, on proteste contre un gouvernement dont on ne cite pas le nom des dirigeants, et dont on fait comme s’il n’existait pas. Pourquoi sinon parce qu’on pense par devers soi qu’il n’en est pas vraiment un. La superbe occidentale nie jusqu’au nom des gouvernants qui dirigent un peuple de un milliard quatre cent millions de personnes que l’on croit assez veules pour être maîtrisé par une simple police politique ! D’une façon générale je ressens, en voyant tout cela, l’écho du mépris des colons qui ont imposé en leur temps les armes à la main l’obligation pour les chinois de faire le commerce de l’opium ! Si la volonté est d’affronter le régime politique de Pékin, aucun des moyens employés n’est de nature à modifier quoi que ce soit d’autre que l’opinion occidentale déjà totalement formatée sur le sujet.

Donc les évènements du Tibet sont un prétexte. Un prétexte entièrement construit à l’usage d’un public conditionné par la répétition d’images qui visent à créé de l’évidence davantage que de la réflexion. Exemple : seule l’enquête « d’arrêt sur image » rapporte que les « évènements du Tibet » ont commencé par un pogrom de commerçants chinois par des « tibétains ». Dans quel pays au monde de tels évènements restent-ils sans suite répressive ? La vie d’un commerçant chinois a-t-elle moins de valeur que celle du manifestant « tibétain » qui l’assassine à coups de bâton dans la rue ? Bien de l’amitié pour les tibétains n’est qu’une variante nauséabonde du racisme contre les chinois. Elle se nourrit de tous les fantasmes que l’ignorance favorise. Que la répression ait été lourde est peut-être avéré. Comment l’apprécier ? Les seuls chiffres rabachés sont ceux du « gouvernement tibétain en exil ». Pourtant le gouvernement chinois, si j’ai bien entendu, annonce lui-même un nombre de blessés et de morts qui permet de comprendre qu’il y a eu une situation grave et sérieuse que les autorités admettent. Dans n’importe quelles circonstances ont essaierait de comparer les informations. On essaierait de comprendre l’enchainement des faits. Sinon autant dire que le gouvernement français de l’époque a ordonné de pousser deux jeunes dans un transformateur électrique à Clichy Sous Bois au motif qu’il avait alors une politique de main dure face aux banlieues. Personne n’oserait avancer une bêtise aussi infâme. Dans les émeutes urbaines américaines la répression a aussi la main lourde. Tout cela n’excuse rien. Mais cela permet de mettre des évènements en relation de comparaison.

UN PERSONNAGE SUSPECT

J’exprime les plus nettes réserves à propos de l’action politique de monsieur Robert Ménard, principal organisateur des manifestations anti chinoises. A présent, à propos du Tibet et des jeux olympiques, on ne voit que Robert Ménard. Il parle, parait il, au nom de « Reporters sans frontière ». Cette association est réduite à la personne de Robert Ménard. Bien des anciens membres du conseil d’administration pourraient en dire long au sujet des conceptions démocratiques de monsieur Ménard dans sa propre association. Quand je me suis trouvé sur le plateau de radio à France Culture où l’on m’interrogeait sur le sujet du Tibet et des jeux olympiques, messieurs Marc Kravetz et Alexandre Adler sont restés silencieux quand j’en suis venu au rôle de monsieur Ménard. Ils ne peuvent être soupçonnés de chercher à me complaire… Hors micro, les deux exprimaient des réserves marquées sur les méthodes du personnage de Robert Ménard. Maxime Vivas a établi une analyse documentée extrêmement inquiétante sur ce personnage et ses sources de financements. Quoiqu’il en soit, il semble qu’il remplace aussi dorénavant les syndicats de journalistes, l’association internationale des droits de l’homme, Amnesty et ainsi de suite. Parfois même il remplace le Dalaï lama. Robert Menard milite pour le boycott des jeux ce que ne fait pas le Dalaï lama. Celui-ci dit au contraire que le peuple chinois mérite les jeux. Robert Ménard est un défenseur des droits de l’homme à géométrie variable. A-t-il mené une seule action, même ultra symbolique, quand les Etats unis d’Amérique ont légalisé la torture ? A-t-il mené une seule action pour que les détenus de Guantanamo soient assistés d’avocat ? Robert Menard a un comportement qui soulève des questions sérieuses au sujet des motivations de son action.

LE REGIME THEOCRATIQUE EST INDEFENDABLE

A propos du Tibet. Le Tibet est chinois depuis le quatorzième siècle. Lhassa était sous autorité chinoise puis mandchoue avant que Besançon ou Dôle soient sous l’autorité des rois de France. Parler « d’invasion » en 1959 pour qualifier un évènement à l’intérieur de la révolution chinoise est aberrant. Dit-on que la France a « envahi » la Vendée quand les armées de notre République y sont entrées contre les insurgés royalistes du cru ? Le Dalaï Lama et les autres seigneurs tibétains ont accepté tout ce que la Chine communiste leur proposait et offrait, comme par exemple le poste de vice président de l’assemblée populaire que « sa sainteté » a occupé sans rechigner. Cela jusqu’au jour de 1956 où le régime communiste a décidé d’abolir le servage au Tibet et régions limitrophes. Dans une négation des traditions, que j’approuve entièrement, les communistes ont abrogé les codes qui classaient la population en trois catégories et neuf classes dont le prix de la vie était précisé, codes qui donnaient aux propriétaires de serfs et d’esclaves le droit de vie, de mort et de tortures sur eux. On n’évoque pas le satut des femmes sous ce régime là. Mais il est possible de se renseigner si l’on a le coeur bien accroché. L’autorité communiste a mis fin aux luttes violentes entre chefs locaux du prétendue paradis de la non violence ainsi qu’aux divers châtiments sanglants que les moines infligeaient à ceux qui contrevenaient aux règles religieuses dont ils étaient les gardiens. La version tibétaine de la Charria a pris fin avec les communistes. La révolte de 1959 fut préparée, armée, entretenue et financée par les USA dans le cadre de la guerre froide. Voila ce qu’il en est des traditions charmantes du régime du Dalaï Lama avant les communistes et de l’horrible « invasion » qui y a mis fin. Depuis, la scolarisation des enfants du Tibet concerne 81% d’entre eux là où il n’y en avait que 2% au temps bénis des traditions. Et l’espérance de vie dans l’enfer chinois contemporain prolonge la vie des esclaves de cette vallée de larmes de 35, 5 à 67 ans. En foi de quoi l’anéantissement des tibétain se manifeste par le doublement de la population tibétaine depuis 1959 faisant passer celle-ci de un million à deux millions et demi. Pour tout cela, la situation mérite mieux, davantage de circonspection, plus de respect pour les chinois que les clichés ridicules que colportent des gens qui ne voudraient ni pour eux, ni pour leur compagne ni pour leurs enfants d’un régime aussi lamentable que celui du roi des moines bouddhistes du Tibet. A l’heure actuelle je n’éprouve aucune sympathie pour « le gouvernement en exil du Tibet » dont sa sainteté est le décideur ultime sur pratiquement toutes les questions, où siège un nombre de membres de sa famille qu’il est tout à fait inhabituel de trouver dans un gouvernement, même en exil, sans parler de leur présence aux postes clefs de la finance et des affaires de cet exil. Je respecte le droit de sa sainteté de croire ce qu’elle veut et à ses partisans de même. Mais je m’accorde le droit d’être en désaccord total avec l’idée de leur régime théocratique. Je suis également hostile à l’embrigadement d’enfants dans les monastères. Je suis opposé à l’existence du servage. Je suis laïque partout et pour tous et donc totalement opposé à l’autorité politique des religieux, même de ceux que l’album "Tintin au Tibet" a rendu attendrissants et qui ne l’ont pourtant jamais été. Je désapprouve aussi les prises de position du "roi des moines" contre l’avortement et les homosexuels. Même non violentes et entourées de sourires assez séducteurs, ses déclarations sur ces deux sujets sont à mes yeux aussi archaïques que son projet politique théocratique. Je n’ai jamais soutenu l’Ayatollah Khomeiny, même quand j’étais contre le Shah d’Iran. Je ne soutiens pas davantage ni n’encourage le Dalaï Lama, ni dans sa religion qui ne me concerne pas, ni dans ses prétentions politiques que je désapprouve ni dans ses tentatives cecessionistes que je condamne. Je demande: pourquoi pour exercer sa religion et la diriger le Dalaï Lama aurait-il besoin d’un Etat ? Un Etat qui pour être constitué demanderait d’amputer la Chine du quart de sa surface! Son magistère moral et religieux actuel souffre-t-il de n’être assis sur aucune royauté ?

FAUTEUR DE GUERRE

En ce qui concerne le droit international et la géopolitique, le dossier du Tibet tel que présenté par ses partisans est un facteur de violences, de guerres et de déstabilisation aussi considérable que celui des Balkans. Quel genre de Tibet est défendu ? Le "grand Tibet" incluant des régions comme le Yunnan et le Sichuan, sur les territoires des anciens seigneurs de la terre où sont organisés des troubles en même temps qu’à Lhassa ? Bien sur, aucun de ceux qui s’agitent en ce moment ne se préoccupe de savoir de quoi il retourne à ce propos. Rien n’indique mieux le paternalisme néo colonial ni le racisme sous jacent à l’enthousiasme pro tibétain que l’indifférence à ces questions qui mettent en cause la vie de millions de personnes et des siècles d’histoire et de culture chinoise. J’ai lu que les athlètes français porteraient un maillot avec une déclaration un peu passe partout qui est présentée comme une protestation politique . Je sais très bien que l’inscription "pour un monde meilleur" ne mange pas plus de pain là bas qu’ici. Mais elle sera certainement vécue par les chinois du commun comme un acte injurieux si son motif pro dalai lama est connu. Peut-être est-il cependant aussi un peu hors limite des règles du sport international. Souvenons nous que la ligue européenne de natation a exclu des championnats d’europe de natation le nageur serbe Milorad Cavic parce qu’il portait lors des remises de médailles un tee-shirt sur lequel était écrit: "le Kosovo est serbe". Cela fera-t-il jurisprudence? Les champions français qui porteront un slogan annoncé comme politique seront-ils interdits de jeux ? Bien sûr que non ! Puisque le but c’est justement que le Tibet soit au chinois ce que le Kosovo a été aux serbes. Mais comme cela n’a rien de comparable, à part la volonté de dépeçage de l’ennemi et la mise en scène médiatique, il est fort probable que cela finisse à la confusion des agresseurs. Je le souhaite. Je suis un ami de la Chine. Et je sais que l’intéret de mon pays et ses valeurs ne sont pas du côté où l’on voudrait les entrainer.

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11 avril 2008 5 11 /04 /avril /2008 15:52

            Deux articles, écrits à des dates differentes et qui ont pour sujet la sincérité de Reporters Sans Frontières.   Mais pour s'informer davantage, il est nécessaire de lire le dernier livre  de Maxime Vivas: « La face cachée de Reporters sans frontières. De la CIA aux Faucons du Pentagone » Editions Aden.
                                     
                                                                      ( U Cursinu Rossu)  

 

Quand Reporters Sans Frontières couvre la CIA

 

Lors des procès de La Havane, en 2003, Nestor Baguer a publiquement mis en cause Robert Ménard, qu’il a accusé de collusion avec les services secrets états-uniens. Dans la même période, Reporters sans frontières (RSF), dont M. Ménard est le directeur exécutif, a mené campagne contre le gouvernement cubain, qu’il accuse d’emprisonner les journalistes dissidents. Depuis lors, la polémique n’a cessé de s’envenimer jusqu’à ce que la journaliste états-unienne Diana Barahona, du Northern California Media Guild, franchisse un pas de plus en accusant Reporters sans frontières d’être financé par la NED/CIA et d’écrire ses rapports sous l’influence de l’administration Bush.

Nous avons relayé cette controverse sur notre site espagnol, Red Voltaire, et nous regrettons de l’avoir fait sans nuances. En effet, l’enquête de notre correspondant canadien, Jean-Guy Allard, et les vérifications de notre bureau français montrent que le financement direct de RSF par la NED/CIA est anecdotique et récent, de sorte qu’il n’a pas pu avoir d’influence sur son activité. Nous présentons donc nos excuses à Reporters sans frontières. Nous regrettons d’autant plus cette erreur qu’elle masque des faits fort surprenants.

Initialement conçue pour envoyer des reporters témoigner de l’action d’ONG humanitaires, Reporters sans frontières a évolué pour devenir une organisation internationale de soutien aux journalistes réprimés. L’association a été reconnue d’utilité publique par décret du Premier ministre Alain Juppé, le 19 septembre 1995. Ce statut lui a donné un accès plus facile aux financements publics qui représentent, dans les derniers comptes publiés [1] 778 000 euros. Ils proviennent des services du Premier ministre français, du ministère français des Affaires étrangères, de l’Agence intergouvernementale de la francophonie, de la Commission européenne, de l’OSCE et de l’UNESCO. RSF peut aussi compter sur le mécénat privé (FNAC, CFAO, Hewlett Packard, Fondation Hachette, Fondation EDF etc.) pour environ 285 000 euros. Toutefois, l’essentiel du budget provient de la générosité du public, notamment lors de la vente de l’album annuel pour la liberté de la presse et d’opérations spéciales, soit 2 125 000 euros sur un budget total de 3 474 122 euros.

Or, l’activité concrète de Reporters sans frontières est très éloignée de ce que les donateurs croient financer. Le fonds d’assistance aux journalistes opprimés, c’est-à-dire le paiement des honoraires des avocats des journalistes emprisonnés, le soutien matériel à leurs familles, le développement des Maisons des journalistes, tout cela qui représente le cœur de l’activité officielle de l’association et la raison de la générosité du public ne reçoit que... 7 % du budget général ! Vous avez bien lu : pour 1 euro donné pour les journalistes opprimés, seuls 7 centimes arrivent à destination.

Où passe donc le reste ?

La véritable activité de Reporters sans frontières est de conduire des campagnes politiques contre des cibles déterminées. Elles seraient légitimes si, comme la Fondation Soros [2], elle n’instrumentalisaient pas la liberté de la presse au point de l’évoquer pour justifier des violations graves du droit international. À titre d’exemple, RSF s’est félicité de l’enlèvement du président constitutionnel d’Haïti par les Forces spéciales états-uniennes appuyées par une logistique française [3], au motif que Jean-Bertrand Aristide aurait été un « prédateur de la liberté de la presse » ; un qualificatif étayé par une vision tronquée des évènements qui visait à faire passer le président haïtien pour le commanditaire de meurtres de journalistes. Force est d’observer que, ce faisant, Reporters sans frontières soutenait médiatiquement une opération dans laquelle le gouvernement français s’était fourvoyée, alors que ce même gouvernement français subventionnait l’association.

Le caractère idéologique des campagnes de Reporters sans frontières tourne parfois au ridicule. Ainsi, l’association s’est-elle indignée du projet de loi vénézuélien visant à soumettre les médias au droit général, mais elle ne s’est pas préoccupée du rôle du magnat de l’audiovisuel Gustavo Cisneros et de ses chaînes de télévision dans la tentative de coup d’État militaire pour renverser le président constitutionnel Hugo Chavez [4].

C’est en définitive à propos de Cuba que la polémique s’est cristalisée, tant il est vrai que RSF a fait de la dénonciation du régime castriste l’axe principal de ses campagnes. Selon l’association, les 21 journalistes emprisonnés dans l’île auraient été accusés abusivement d’espionnage au profit des États-Unis et seraient en réalité victimes de la répression gouvernementale. Pour lutter contre ce gouvernement, RSF a organisé diverses manifestations, dont une qui a mal tourné, le 14 avril 2003 devant l’ambassade de Cuba à Paris. Dans son enthousiasme, l’association a également troublé la session de la Commission des droits de l’homme, au siège de l’ONU à Genève. Ses militants avaient pris à partie la présidence libyenne de la Commission et molesté des diplomates. En conséquence, Reporters sans frontières a été suspendu pour un an de son statut d’observateur au Conseil économique et social (Ecosoc) de l’ONU. Robert Ménard n’a pas manqué de stigmatiser les dérives de cette commission, selon lui aux mains des spécialistes des violations des droits de l’homme. Pourtant, les sanctions à l’encontre de RSF ont été votées par des États parfaitement démocratiques comme l’Afrique du Sud, le Brésil ou le Bénin.

Interrogé par téléphone, Robert Ménard récuse les allégations selon lesquelles RSF aurait été acheté par l’argent de la NED/CIA [5] pour mener campagne contre Cuba. Il explique que l’association a demandé une subvention à l’Agence états-unienne pour venir en aide aux journalistes opprimés en Afrique et qu’elle a en définitive reçu seulement 40 000 dollars à la mi-janvier 2005. Dont acte.

Poursuivant la discussion, M. Ménard récuse également les accusations de notre collaborateur Jean-Guy Allard, par ailleurs journalistes à l’agence nationale Granma Internacional. Dans son ouvrage, Le Dossier Robert Ménard. Pourquoi Reporters sans frontières s’acharne sur Cuba, celui-ci relate les liens personnels étroits que le directeur exécutif de l’association entretient avec les milieux d’extrême droite anticastriste à Miami, notamment avec Nancy Pérez Crespo. Haussant la voix, il nous accuse de projeter des présupposés idéologiques sur les choses, alors que lui et son association s’astreindraient à la plus grande neutralité. Puis, il nous accuse d’accorder du crédit à de la « propagande communiste » (sic).

Vérification faite, Robert Ménard fréquente bien l’extrême droite de Miami et RSF est bien financé par le lobby anticastriste pour mener campagne contre Cuba. En 2002, Reporters sans frontières a signé un contrat, dont les termes ne sont pas connus, avec le Center for a Free Cuba, à l’issue duquel il a reçu une première subvention de 24 970 euros. Celle-ci a été augmentée à 59 201 euros pour 2003. Le montant 2004 n’est pas connu.

Le Center for a Free Cuba est une organisation créée pour renverser la révolution cubaine et restaurer le régime de Battista [6]. Elle est présidée par le patron des Rhums Bacardi, dirigée par l’ancien terroriste Frank Calzon, et articulée à une officine de la CIA, la Freedom House [7].

Le contrat signé avec le Center for a Free Cuba a été négocié en 2001 avec le responsable de l’époque de cette organisation : Otto Reich, le champion de la contre-révolution dans toute l’Amérique latine [8]. Le même Otto Reich, devenu secrétaire d’État adjoint pour l’hémisphère occidental, fut l’organisateur du coup d’État manqué contre le président élu Hugo Chavez ; puis, devenu émissaire spécial du président Bush, il supervisa l’opération d’enlèvement du président Jean-Bertrand Aristide.

RSF, c’est 7 % de soutien aux journalistes opprimés et 93 % de propagande impériale états-unienne.

 

 

Quand Robert Ménard, de Reporters sans frontières, suit les pas de Washington et légitime la torture

par LAMRANI Salim

4 septembre 2007


Robert Ménard, le secrétaire général de l’organisation parisienne Reporters sans frontières (RSF) depuis 1985, est un personnage extrêmement médiatique qui prétend défendre la « liberté de la presse » et qui se drape dans un discours humaniste plutôt apprécié de l’opinion publique. Grâce à la collusion des médias, Ménard est devenu un homme incontournable dans le monde de la presse.

Pourtant, ses actions sont loin de faire l’unanimité. Le manque flagrant d’impartialité dont fait preuve RSF a souvent été stigmatisé. L’organisation française, financée par les conglomérats économiques et financiers ainsi que par les Etats-Unis, comme l’a publiquement reconnu son secrétaire général, a mené des campagnes médiatiques curieusement similaires à l’agenda politique de la Maison-blanche. Ainsi, RSF, sous prétexte de défendre la liberté de la presse, s’en est pris respectivement à Cuba (1), a soutenu le coup d’Etat contre le président vénézuelien Hugo Chávez en avril 2002 (2), a implicitement approuvé l’invasion sanglante de l’Irak en 2003 (3), et a légitimé le coup d’Etat contre le président Jean-Bertrand Aristide à Haïti (4). Désormais, RSF mène une campagne médiatique spectaculaire contre la Chine et les jeux olympiques de Pékin de 2008 (5).

La proximité idéologique entre RSF et l’administration Bush est évidente à tel point que l’on se demande quels sont réellement les véritables objectifs de Robert Ménard. Les scandales de Guantanamo, d’Abu-Ghraïb et des prisons secrètes tenues par la CIA à travers le monde ont démontré que les troupes étasuniennes n’hésitaient pas à utiliser la torture pour arriver à leurs fins. Ces méthodes inhumaines et injustifiables ont été unanimement condamnées par l’ensemble de la communauté internationale.

En octobre 2006, le Congrès étasunien a franchi le pas et a approuvé un projet de loi légalisant la torture, en flagrante violation des principes même de la démocratie. La majorité républicaine ainsi que plusieurs élus démocrates de la Chambre des représentants et du Sénat ont autorisé l’utilisation des preuves obtenues sous la torture contre le « combattant ennemi illégal ». Le texte intitulé « loi des commissions militaires, 2006 » reconnaît l’existence de tribunaux secrets pour juger tout ressortissant étranger soupçonné de porter atteinte aux intérêts des Etats-Unis. L’accusé ne pourra pas prétendre au choix de son avocat, ni connaître les charges qui pèsent contre lui. De plus, les preuves présentées contre lui pourront rester secrètes. Bien évidemment, il pourra également être détenu sans pouvoir réclamer d’être présenté devant un juge, et ce indéfiniment. Il ne pourra pas contester la légalité de sa détention, ni les tortures dont il aura été victime (6).

La loi confère également au président étasunien « l’autorité [pour] interpréter la signification et l’application des conventions de Genève » prohibant la torture. Ces dernières ne pourront pas être invoquées « comme source de droit devant aucun tribunal des Etats-Unis ». La section V de la législation stipule que « personne ne pourra invoquer les conventions de Genève ni aucun de leurs protocoles dans une quelconque action d’habeas corpus ou tout autre acte civil ou toute poursuite judiciaire dans lesquels les États-Unis, un fonctionnaire en activité ou non, un employé, un membre des forces armées ou tout autre agent des États-Unis est partie en tant que source de droit ». En outre, « aucun tribunal, aucun juge n’aura le pouvoir d’entendre ou de prendre en considération une demande en assignation d’habeas corpus introduite par un ressortissant étranger (ou en son nom) qui est ou qui a été détenu par les États-Unis et qui a été considéré comme étant correctement détenu comme combattant ennemi ou en instance de cette qualification (7) ».

Non seulement cette loi liberticide, d’essence totalitaire, représente une menace pour n’importe quel citoyen du monde ne bénéficiant pas de la nationalité étasunienne, mais elle octroie une impunité totale aux responsables des traitements cruels, inhumains et dégradants. L’Union européenne et la France en particulier ont maintenu un silence scandaleux au sujet de cette législation. Que ce serait-il passé si la Chine, Cuba, l’Iran, la Russie ou le Venezuela avaient adopté une loi similaire ? Qui peut encore parler, en référence aux Etats-Unis, de modèle de démocratie ?

Lors de l’émission de radio « Contre-expertise » présenté par Xavier de la Porte sur France Culture le 16 août 2007 de 12h45 à 13h30, Robert Ménard, l’autoproclamé défenseur des droits de l’homme et des journalistes, a suivi les pas de son mécène et a légitimé l’utilisation de la torture, tenant des propos extrêmement préoccupants. Evoquant l’assassinat du journaliste étasunien Daniel Pearl, il a souligné qu’il était légitime de torturer des suspects pour sauver la vie d’innocents, reprenant l’argumentation des plus effroyables dictatures et bien sûr de l’administration Bush (8).

Ménard va même plus loin puisqu’il légitime même la torture contre les membres des familles des preneurs d’otages, c’est-à-dire contre des innocents. « Si c’était ma fille que l’on prenait en otage, il n’y aurait aucune limite, je vous le dis, je vous le dis, il n’y aurait aucune limite pour la torture ». Voici un extrait des propos tenus par le secrétaire général de RSF :

« La police pakistanaise va prendre les familles, vous entendez bien, les familles des preneurs d’otages en otage et vont torturer ces familles de preneurs d’otages pour obtenir les renseignements. Ils vont obtenir des renseignements. Ils arriveront trop tard pour sauver Daniel. Vous savez comment il a été égorgé et dans quelles conditions….

Où on arrête ? Est-ce que on accepte cette logique qui consiste à... puisqu’on pourrait le faire dans un certain nombre de cas "vous le prenez en otage, on le prend en otage ; vous les malmenez, on les malmène ; vous torturez, on torture…"

Qu’est ce qui justifie… Est-ce que pour libérer quelqu’un, on peut aller jusque là ? C’est une vraie question.

Et ça c’est la vie réelle, c’est ça, ce que dit à l’instant François : on n’est plus dans les idées, c’est plus des combats, c’est plus des principes. Moi je sais plus quoi penser. Parce que ça, ça arrive à Marianne Pearl, je ne dis pas, je ne dirai pas qu’ils ont eu tort de le faire parce que elle, elle a pensé que c’était bien de le faire, qu’il fallait faire ça, qu’il fallait sauver son mari ; elle était enceinte… pour le petit qui allait naître, tout était permis.

Et il fallait absolument le sauver et s’il fallait s’en prendre à un certain nombre de gens, on s’en prenait à un certain nombre de gens ; s’en prendre physiquement, vous avez compris, en les menaçant et en en torturant, quitte à en tuer un certain nombre.

Je sais plus, je suis perdu, parce qu’à un moment donné je ne sais plus où il faut arrêter, où il faut mettre le curseur. Qu’est-ce qui est acceptable et qu’est ce qui n’est pas acceptable ? Et en même temps, pour les familles de ceux qui ont été pris en otage, parce que ce sont souvent nos premiers interlocuteurs, à Reporters Sans Frontières ; légitimement, moi, si c’était ma fille que l’on prenait en otage, il n’y aurait aucune limite, je vous le dis, je vous le dis, il n’y aurait aucune limite pour la torture (9) ».

Comment peut-on prétendre défendre les droits de l’homme dès lors que l’on justifie une pratique aussi abominable et inhumaine que la torture ? Que reste-t-il de la crédibilité de Robert Ménard et de Reporters sans frontières – les deux étant tellement liés qu’il est de fait impossible de les dissocier – lorsqu’ils légitiment l’injustifiable ? Le secrétaire général de RSF a montré son vrai visage. Il ne défend pas la liberté de la presse mais les pratiques odieuses de la CIA. Mais est-ce bien surprenant sachant qu’il est financé par la National Endowment for Democracy (10) qui n’est rien d’autre que l’officine écran de l’agence selon le New York Times (11) ?

Notes

Salim Lamrani est enseignant, écrivain et journaliste français, spécialiste des relations entre Cuba et les Etats-Unis. Il a notamment publié Washington contre Cuba (Pantin : Le Temps des Cerises, 2005), Cuba face à l’Empire (Genève : Timeli, 2006) et Fidel Castro, Cuba et les Etats-Unis (Pantin : Le Temps des Cerises, 2006).

 

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Published by BANDERA ROSSA - dans pcfcapcorse
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