Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
12 octobre 2007 5 12 /10 /octobre /2007 08:41

LE CHE

1) Je fais une trêve dans la lutte quotidienne pour m'incliner avec respect et gratitude devant le combattant exceptionnel qui est tombé un 8 octobre, voilà quarante ans. Devant celui qui traversa à la tête de sa colonne de guérilleros les terrains marécageux au sud des anciennes provinces d'Oriente et de Camagüey, poursuivie par des forces ennemies, devant le libérateur de Santa Clara, le créateur du travail bénévole, l'acteur de brillantes missions politiques à l'étranger, le messager de l'internationalisme militant dans l'Est du Congo et en Bolivie, le semeur de conscience dans notre Amérique et dans le monde.

Je le remercie de ce qu'il a tenté de faire sans y parvenir dans son pays natal, parce qu'il a été en quelque sorte une fleur arrachée prématurément de sa tige.

Il nous a laissé son style bien à lui de relater, élégant, bref et vrai, chaque détail qui lui traversait l'esprit. Il était un prédestiné, mais il ne le savait pas. Il se bat avec nous et pour nous.

Hier, voilà trente et un ans, un avion cubain explosait en plein vol, tuant ses passagers et son équipage, et voilà bientôt presque dix ans que nos cinq héros antiterroristes souffrent un emprisonnement cruel et injuste.

J'ai suivi avec beaucoup d'émotion le meeting commémoratif à la télévision.

Fidel Castro Ruz 7 OCTOBRE 2007

                    transmis de  Cuba par  Bonaldi Jacques-François


2)  Il y a des dates dont on voudrait ne pas se souvenir, des jours dont on voudrait qu´ils n´aient pas existé. C´est le cas de ce 9 octobre 1967 où un sous-officier bolivien nommé Mario Terán, dut fermer les yeux pour exécuter de deux rafales de mitraillette un prisonnier blessé.

Ce prisonnier qui se faisait appeler « Comandante Ramón » s´appelait en réalité Ernesto Guevara de la Serna. Un homme de la CIA s´approcha du cadavre pour vérifier d´un coup de pied que Che était bien mort. Certains restèrent à l´écart, gardant en mémoire l´image de cet homme qu´ils avaient vu « grand, très grand » et dont le regard avait fait baisser le leur. D´autres, rassurés et devenus braves devant un homme mort, s´approchèrent pour le toucher, faire des photos. Ces photos de Che mort, je voudrais ne jamais les avoir vues. Du Comandante, je voudrais ne connaître que ces images furtives où on le découvre, l´oeil plissé de malice et le cigare au bec, des photos où son sourire, si longtemps après, nous arrive droit au coeur comme celui des êtres chers et familiers. Si je devais ne garder qu´une image de lui, je crois que ce serait celle où dans le cadre imposant d´une réunion internationale, il discute en souriant avec le public, vêtu du treillis de la guérilla, une fesse sur le bureau, un verre à la main, sans se soucier le moins du monde du protocole.

Ce triste jour d´octobre à La Higuera, on a tué un homme, et on a fait naître un mythe. Grâce à ses assassins, Ernesto Che Guevara ne deviendra jamais un vieillard et nous garderons toujours le souvenir de ce regard posé sur l´horizon d´un monde meilleur ainsi que Korda l´a fixé pour la postérité.

On peut tuer un homme, on ne peut rien contre une légende. Sauf peut être essayer de la salir. Quel hasard si, à l´approche du 40° anniversaire de cet assassinat, de basses manoeuvres sont orchestrées contre sa mémoire ! Récemment est paru un article - signé par Jacobo Machover, pour ne pas le citer - qui présente le Che comme un bourreau sanguinaire et brutal. D´autres s´en sont fait l´écho. Mais le plus odieux, c´est sans nul doute cette mise aux enchères prévue au Texas les 25 et 26 octobre prochains d´une mèche de cheveux du Comandante. Mise à prix: 7 millions de dollars. Le vendeur, un certain Gustavo Villoldo, un exilé cubain âgé de 71 ans, n´est autre que cet agent de la CIA qui s´était assuré de la mort de Che et avait coupé symboliquement une mèche de cheveux sur le cadavre... Ça s´appelle un charognard. Nous sommes dans l´ignominie la plus abjecte. Mais quoi qu´ils fassent, ils ne pourront rien contre la figure légendaire et le sourire du Comandante. Au beau milieu des manoeuvres de ceux qui voient un danger pour leurs intérêts dans les idéaux de la Révolution Cubaine qu´incarne si bien le Che, un homme est venu au nom de son père remercier officiellement Cuba et les médecins cubains.

L´histoire au départ est banale. Un vieux monsieur, retraité de l´armée bolivienne, était devenu aveugle à la suite d´une cataracte que ses faibles moyens d´existence ne lui permettaient pas de soigner. Là-dessus arrivent les Cubains et l´Opération Miracle. Le vieil homme est opéré gratuitement et quand il ouvre les yeux, il voit le visage d´un jeune médecin cubain qui lui sourit... A lui qui a dû fermer les yeux pour trouver la force d´exécuter celui dont le regard l´a hanté pendant bien longtemps! Car ce vieil homme qui a ouvert les yeux sur un sourire, il s´appelle Mario Teràn. C´est lui qui a tiré sur le Che. Nul doute que depuis le paradis des braves, Che en plisse les yeux en souriant. L´histoire pouvait-elle donner un démenti plus cinglant à ceux qui veulent le tuer une seconde fois ?
Ils auront beau faire et beau dire: rien ne pourra venir à bout de la légende du Guérillero Heróico. Je ne sais plus qui a écrit : « Ernesto Guevara n´est pas mort. Personne ne peut le tuer. La terre d´Amérique est baignée de sa présence, les guérilleros se multiplieront, le courage et l´héroïsme seront de nouveau le pain des Humbles. ». Mais celui-là avait raison.

Tant d´années après résonnent encore les derniers mots de l´oraison funèbre prononcée par le père Benitez : « Hace ya años había entrado en la leyenda. Sus enemigos podrán achacarle extravíos ideológicos todos los que quieran. Pero nadie sensato va a negarle pasión, coraje, heroísmo y una constancia en su vocación a toda prueba. Le dolía adentro del alma el dolor de las masas. [...]. Ha muerto con todas las características de los héroes de leyenda, quienes en la conciencia popular nunca mueren."

(Depuis des années déjà, il était entré dans la légende. Ses ennemis pourront lui imputer toutes les déviations idéologiques qu´ils voudront. Mais aucun être sensé ne niera qu´il était plein de passion, de courage, d´héroïsme et d´une constance à toute épreuve dans sa vocation. Du fond de son âme, il souffrait de la douleur des masses. [...]. Il est mort avec toutes les caractéristiques des héros de légende, ceux qui dans la conscience populaire ne meurent jamais.)

Annie Arroyo
Octobre 2007


Repost 0
12 octobre 2007 5 12 /10 /octobre /2007 08:38
urne.jpg

Lettre aux parlementaires

 

 

Madame la Députée, Monsieur le Député,

Madame la Sénatrice, Monsieur le Sénateur

 

La création d’une franchise médicale est prévue dans le projet de loi

"Pensez-vous juste que les malades, parce qu’ils sont malades, assument ce qui devrait être pris en charge par la solidarité nationale ?"

 

de financement de la sécurité sociale. Vous n’êtes pas sans savoir que cette franchise s’ajouterait au forfait hospitalier de 16 euros par jour, à la franchise de un euro sur chaque consultation chez le médecin, à celle de 18 euros pour un acte médical lourd. Sans compter les dépassements d’honoraires ou les pénalités pour les parcours de soins.

 

Peu à peu, la décision de se soigner devient un problème financier. Certains d’entre nous sont même contraints à y renoncer.

 

On nous dit qu’il s’agit de financer les plans Alzheimer et Cancer. Pensez-vous juste que les malades, parce qu’ils sont malades assument ce qui devrait être pris en charge par la solidarité nationale ?

 

Le rapport de la cour des comptes indique que les exonérations de  cotisations s'élèvent à 30 milliards d'euros soit 3 fois le déficit de la Sécurité sociale. Il suggère de créer un cotisation sur les stocks options à hauteur de la cotisation sur le travail qui rapporterait 3 milliards d’euros. Voilà des  pistes  plus sérieuses et plus juste.s

 

Aussi Madame, Monsieur le député, je vous demande instamment de proposer lors du débat parlementaire :

Le retrait de l’article instaurant la franchise médicale.

La création d’une cotisation sur les stock-options à hauteur de la cotisation sur le travail.

 

Convaincu que vous saurez défendre vos concitoyens, je vous prie d’agréer Madame, Monsieur le Député, Madame, Monsieur le Sénateur, l’expression de mes salutations respectueuses.

                       Parti Communiste Français

Repost 0
10 octobre 2007 3 10 /10 /octobre /2007 13:05

« Identifier le bourreau[Staline NDLR] avec la victime, et le communisme au stalinisme, alors que ce fut le fossoyeur du communisme, est devenu aujourd’hui une occupation non seulement à la mode mais très rentable »
           (Boris Hass, cinéaste polonais)

                                              ON-EST-TOUJOURS-LA2-copie-3.jpg

Repost 0
10 octobre 2007 3 10 /10 /octobre /2007 12:27

Loi sur « l?immigration » : une horrible et répugnante diversion !

La Commission européenne veut faire venir 20 millions d’immigrés dans l’UE d’ici 2030. Sarkozy se situe dans la même perspective avec son « immigration choisie » : importer une main d’oeuvre plus corvéable au bénéfice du patronat français. Diviser les travailleurs, les mettre en concurrence sur le territoire national, voilà l’objectif. L’hypocrisie de Sarkozy est à son comble lorsqu’il parle de « co-développement ». Elle atteint l’ignominie lorsqu’il veut remettre en cause les droits élémentaires des immigrés, comme celui de vivre en famille, ce qui figure au centre du projet de loi en discussion qui prévoit même de soumettre les enfants à des tests ADN. Plus que jamais, il s’agit de désigner implicitement les étrangers à la vindicte populaire, en reprenant tous les amalgames. Pendant ce temps, le gouvernement continue à casser les droits sociaux de tous. Il s’agit aussi, suivant la même conception, de remettre en cause notre modèle national de société pour aller vers le communautarisme à l’américaine. Ne l’acceptons pas ! 

 

Ne tolérons pas les « statistiques » ethniques en France !   
                                                     sarkopetain-jpg.jpg


Alors que le pouvoir tente de les introduire subrepticement avec la loi sur « l’immigration », 

En pleine nuit du 19 au 20 septembre, la majorité à l’Assemblée nationale a adopté un amendement émanant de deux députés UMP, avec l’accord du gouvernement, autorisant la réalisation de statistiques sur une base ethnique. L’exposé des motifs de l’amendement évoquait même les « origines raciales ou ethniques ». Que cette disposition soit introduite dans le projet de loi visant à « maîtriser l’immigration », à restreindre le droit des immigrés à vivre en famille, à jeter le soupçon sur eux, avec même l’établissement de tests ADN, est tout à fait révélateur d’une conception de la société. 

Le prétexte avancé pour mettre en place les statistiques ethniques serait la nécessité de mesurer plus précisément les discriminations existantes. Quel cynisme ! Un instrument pour « mesurer » (et encore, c’est douteux), certainement pas pour combattre les discriminations, au contraire.

Commencer à compter les individus selon l’origine ethnique, sinon l’origine religieuse (supposée), demain la couleur de peau, ou n’importe quel critère « discriminant » (au sens statistique du terme), c’est se donner l’outil pour rentrer dans la logique des quotas ethniques, de la discrimination que certains osent parfois qualifier de « positive ». Comment imaginer une ségrégation positive ? C’est remettre en cause le principe d’égalité quand les individus ne sont plus définis pour eux-mêmes, selon leurs compétence, mérite et aspiration mais selon une « classification ». C’est remettre en cause la conception même de l’identité nationale de notre pays : une communauté politique de destin dans la République une et indivisible.

Nicolas Sarkozy a plusieurs fois réclamé des statistiques ethniques. Il ne cache guère son attirance pour le modèle communautariste à l’américaine qui encourage les divisions « identitaires » entre les travailleurs, à la grande satisfaction du capital. Avec sa majorité, Sarkozy cherche à imposer progressivement ce modèle, évitant soigneusement un débat public qu’il sait perdu pour lui.

Le Sénat examine ces jours-ci le projet de loi. La majorité UMP a l’intention d’étendre maintenant la réalisation des enquêtes sur base ethnique à des sociétés d’étude privées. Intervenons pour dénoncer cette disposition puis dans les semaines et mois à venir son éventuelle application ! Ne laissons pas banaliser les « statistiques ethniques » ! Combattons tout ce qui peut conduire au racisme, institutionnaliser les discriminations!

                                                               pcf-paris14.over-blog.org

 

pour la cohésion nationale, contre les discriminations, ne tolérons pas les « statistiques » ethniques en France!
Repost 0
10 octobre 2007 3 10 /10 /octobre /2007 12:14
                                   Le véritable objectif de Sarkozy

 

Le texte ci-dessous, publié dans le magazine « Challenges » a été rédigé par Denis Kessler, ancien numéro 2 du MEDEF. Il a le mérite d’être clair en précisant le véritable objectif de Sarkozy…Au monde du travail de prendre la mesure de l’enjeu et de se mobiliser, dans l’union la plus large, pour faire échec aux projets de l’actuel président de la République.  

 

Le modèle social français est le pur produit du Conseil national de la Résistance. Un compromis entre gaullistes et communistes. Il est grand temps de le réformer, et le gouvernement s'y emploie.

 

Adieu 1945, raccrochons notre pays au monde !

 

Les annonces successives des différentes réformes par le gouvernement peuvent donner une impression de patchwork, tant elles paraissent variées, d'importance inégale, et de portées diverses : statut de la fonction publique, régimes spéciaux de retraite, refonte de la Sécurité sociale, paritarisme...
A y regarder de plus près, on constate qu'il y a une profonde unité à ce programme ambitieux. La liste des réformes ? C'est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là. Il s'agit aujourd'hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance !
A l'époque se forge un pacte politique entre les gaullistes et les communistes. Ce programme est un compromis qui a permis aux premiers que la France ne devienne pas une démocratie populaire, et aux seconds d'obtenir des avancées - toujours qualifiées d'«historiques» - et de cristalliser dans des codes ou des statuts des positions politiques acquises.
Ce compromis, forgé a une période très chaude et particulière de notre histoire contemporaine (où les chars russes étaient à deux étapes du Tour de France, comme aurait dit le Général), se traduit par la création des caisses de Sécurité sociale, le statut de la fonction publique, l'importance du secteur public productif et la consécration des grandes entreprises françaises qui viennent d'être nationalisées, le conventionnement du marché du travail, la représentativité syndicale, les régimes complémentaires de retraite, etc.
Cette «architecture» singulière a tenu tant bien que mal pendant plus d'un demi-siècle. Elle a même été renforcée en 1981, à contresens de l'histoire, par le programme commun. Pourtant, elle est à l'évidence complètement dépassée, inefficace, datée. Elle ne permet plus à notre pays de s'adapter aux nouvelles exigences économiques, sociales, internationales. Elle se traduit par un décrochage de notre nation par rapport à pratiquement tous ses partenaires.
Le problème de notre pays est qu'il sanctifie ses institutions, qu'il leur donne une vocation éternelle, qu'il les «tabouise» en quelque sorte. Si bien que lorsqu'elles existent, quiconque essaie de les réformer apparaît comme animé d'une intention diabolique. Et nombreux sont ceux qui s'érigent en gardien des temples sacrés, qui en tirent leur légitimité et leur position économique, sociale et politique. Et ceux qui s'attaquent à ces institutions d'après guerre apparaissent sacrilèges.
Il aura fallu attendre la chute du mur de Berlin, la quasi-disparition du parti communiste, la relégation de la CGT dans quelques places fortes, l'essoufflement asthmatique du Parti socialiste comme conditions nécessaires pour que l'on puisse envisager l'aggiornamento qui s'annonce. Mais cela ne suffisait pas. Il fallait aussi que le débat interne au sein du monde gaulliste soit tranché, et que ceux qui croyaient pouvoir continuer à rafistoler sans cesse un modèle usé, devenu inadapté, laissent place à une nouvelle génération d'entrepreneurs politiques et sociaux. Désavouer les pères fondateurs n'est pas un problème qu'en psychanalyse.

Denis Kessler

 

Source : magazine « Challenges »

Repost 0
9 octobre 2007 2 09 /10 /octobre /2007 12:11

La France, les Etats-Unis et la « guerre » contre l’Iran 
                     SARKONYPD.jpg       le T- shirt, tout un symbole !

La déclaration de Bernard Kouchner, selon laquelle il faut que la France se prépare à une guerre contre l’Iran, a été décrite par son auteur, peu de temps après, comme « un message de paix » ! Il voulait dire, assurait-il, qu’il fallait éviter la guerre contre l’Iran, et que ce ne serait possible qu’au moyen de sanctions lourdes et « efficaces » – qui nuiraient gravement à l’économie iranienne et l’obligeraient à abandonner son programme nucléaire.

Ce n’est pas la première fois, depuis son intégration au gouvernement de Sarkozy, que Bernard Kouchner parvient à se rendre ridicule. Il en fut de même lors de ses voyages au Soudan et en Irak. Mais pour lui rendre justice, il faut dire que sa déclaration guerrière contre l’Iran ne faisait que prolonger la ligne défendue par Sarkozy lui-même à plusieurs reprises. Devant les ambassadeurs de France, ce dernier avait évoqué l’éventualité du « bombardement de l’Iran ». La mesure de l’impact – ou, plutôt, de l’absence d’impact – de cette menace française sur le gouvernement iranien a été donnée par le président Ahmadinejad, qui, s’adressant aux étudiants de l’Université de Columbia, à New York, a dit que le ministre français était nouveau et que, sans doute, avec le temps, « il acquerra de l’expérience et parlera avec plus de maturité ». Dans un communiqué officiel, Téhéran a déclaré que la menace française « portait atteinte à la crédibilité de la France ».

Le déclin du capitalisme français

Mais par-delà l’impact de cet incident sur la crédibilité de Monsieur Kauchemar, il est révélateur de la position mondiale du capitalisme français – laquelle, malgré le ton plus « actif » et plus interventionniste de la diplomatie sous Sarkozy, ne cesse de s’affaiblir, dans les faits. La France est en net recul par rapport à ses rivaux, qu’il s’agisse des Etats-Unis, de ses principaux concurrents européens, ou encore des nouveaux intervenants majeurs sur le marché mondial, dont notamment la Chine. Ainsi, les perspectives de développement du capitalisme français sont de plus en plus étriquées. La réunification de l’Allemagne – principal rival de la France en Europe – conjuguée avec un sous-investissement chronique dans le secteur industriel et manufacturier, a réduit considérablement le poids spécifique de la France au sein de l’Union Européenne, sur les plans économique, diplomatique et militaire. Dans le reste du monde, les parts de marché du capitalisme français régressent d’année en année. Le déclin de la position mondiale du capitalisme français trouve son expression de façon très nette dans les statistiques économiques. La balance du commerce extérieur de la France se dégrade de façon spectaculaire.

Même en Chine, où, avec la restauration du capitalisme, le patronat français, comme celui de toutes les puissances occidentales, profite d’une main d’œuvre bon marché et des « avantages » d’un régime dictatorial, les parts de marché de la France progressent plus faiblement que celles des autres grandes puissances. Même dans les pays considérés autrefois comme autant de « chasses gardées » de l’impérialisme français, sa position a été rongée, et parfois complètement dépassée, par les Etats-Unis, la Chine, l’Allemagne et d’autres pays. En Côté d’Ivoire, par exemple, il est talonné par la Chine, qui, d’ici quelques années, aura certainement doublé la France sur le marché intérieur ivoirien. Dans les pays d’Afrique centrale et du Maghreb, un processus analogue est à l’œuvre. Au Moyen-Orient, l’influence de l’impérialisme français a été pratiquement éradiquée par les Etats-Unis.

Qui, au juste, ferait la guerre contre l’Iran ?

Dans ce contexte général, que peuvent bien signifier les déclarations offensives de Sarkozy et de Kouchner au sujet de l’Iran ? En réalité, elles ne sont que du pur bluff. Kouchner brasse de l’air. Et la réaction du gouvernement iranien montre qu’il l’a parfaitement compris. Tout d’abord : qui, au juste, ferait la guerre contre l’Iran ? La France ? Il suffit de poser la question pour se rendre compte de l’absurdité de cette idée. Si les Etats-Unis dépensent plus d’un milliard de dollars par semaine dans une guerre en Irak qu’ils sont en train de perdre, la France, dont le budget militaire représente moins de 7% du budget américain, n’aurait absolument aucune chance contre l’Iran, dont la puissance militaire est beaucoup plus importante que les moyens dont dispose la résistance irakienne. Et même si plusieurs pays européens engageaient une guerre contre l’Iran, le résultat serait identique. Ce que voulait dire Kouchner, c’est simplement que si les Etats-Unis attaquent l’Iran, la France approuvera son action. Mais la France elle-même ne pourrait rien faire, militairement, contre l’Iran – et ne fera rien. Sarkozy cherche tout simplement à faire une fleur à Bush.

Et qu’en est-il de l’imposition de nouvelles sanctions, qui, selon le Quai d’Orsay, permettraient seules d’« éviter la guerre » ? Là encore, nous sommes dans le domaine du bluff. Certes, on ne pourrait pas exclure que, sous la pression des Américains, les puissances européennes imposent quelques restrictions supplémentaires aux relations commerciales avec l’Iran. Mais dans ce cas, l’Europe perdrait plus qu’elle ne gagnerait. De tout façon, le renforcement des sanctions n’obligerait pas l’Iran à abandonner son programme d’enrichissement d’uranium. Après tout, qu’est-ce que l’Europe fournit à l’Iran qu’il ne pourrait pas trouver en Chine, en Inde ou en Russie ?

Les médias, aux Etats-Unis, s’emploient à préparer l’opinion publique à un conflit militaire avec l’Iran. On croit revivre la vague de propagande qui a précédé à l’invasion de l’Irak. Rappelons que le prétexte de l’invasion de l’Irak était de prévenir l’usage d’armes de destruction massive qui, en l’occurrence, n’existaient pas. A propos de l’Iran, Bush a même évoqué le risque d’un « holocauste nucléaire » dans le cas où son programme d’enrichissement d’uranium ne serait pas démantelé. Dick Cheney a déclaré que le président américain avait « le doigt sur la détente ». Des porte-avions américains sont en position et le Pentagone aurait établi une liste de 2000 cibles potentielles sur le territoire iranien !

En agitant la « menace iranienne », Bush vise avant tout à justifier le maintien des 130 000 soldats américains embourbés en Irak, malgré l’opposition d’une nette majorité de la population américaine. Selon la Maison Blanche, c’est l’ingérence de l’Iran qui expliquerait l’échec des opérations en Irak.

Cependant, l’administration américaine est dans l’impossibilité matérielle de se lancer dans l’invasion terrestre d’un pays aussi important que l’Iran. Elle dispose déjà d’un nombre insuffisant de soldats pour poursuivre ses opérations en Irak.

La possibilité de frappes aériennes américaines

Il est possible, par contre, que Bush lance une ou plusieurs frappes aériennes contre des installations iraniennes. Quand Sarkozy et Kouchner parlent d’une éventuelle « guerre », c’est à cela qu’ils pensent, en fait. Et dans cette « guerre », ils se proposent de jouer un rôle comparable aux cheerleaders américaines qui, en marge des terrains de baseball, encouragent leurs équipes en chantant et dansant. En s’alignant sur les positions américaines, Sarkozy espère que les Etats-Unis, en retour, aideront à endiguer le déclin de la France sur l’arène internationale.

L’impérialisme américain ne refusera pas cet alignement, pas plus qu’il n’a refusé la servilité diplomatique de Tony Blair, à l’époque. Mais la stratégie de Sarkozy ne rapportera rien au capitalisme français. Le déclin de la France se poursuivra, d’autant plus que la cause principale de l’affaiblissement de l’impérialisme français, au cours de ces dernières décennies, ne se trouvait ni à Téhéran, ni à Bagdad, ni à Kaboul ou Khartoum – mais précisément dans l’écrasante supériorité économique et militaire des Etats-Unis.

                                                Greg Oxley, PCF Paris

Repost 0
9 octobre 2007 2 09 /10 /octobre /2007 12:08

Viva Guevara

Un hors-série exceptionnel

Viva Guevara
accompagné du DVD : Parlez-moi du Che
un film de Pierre Richard et Jean Cormier  et d’un poster inédit de Mustapha Boutadjine

Depuis son assassinat en Bolivie par les militaires boliviens et la CIA, le 9 octobre 1967, Ernesto Che Guevara hante les consciences. Au-delà des clichés, Che est toujours là. Mais que recouvre cette omniprésence à l’heure où la marchandisation et la (sur)médiatisation tendent à offrir une image aseptisée ou déformée d’un révolutionnaire hors norme ? Que reste-il aujourd’hui des engagements, de l’internationalisme, des discours et des valeurs du Che ? L’Humanité est repartie sur les traces d’Ernesto Che Guevara en éditant ce horssérie exceptionnel intégralement consacré à sa vie, à ses luttes et à ses oeuvres. Cet événement éditorial de 84 pages paraît aujourd’hui dans les kiosques. Il revient sur la trajectoire d’un homme qui a marqué de son empreinte l’histoire de son temps, en donnant la parole à des témoins privilégiés. On découvrira dans ce numéro des entretiens exclusifs : son compagnon de jeunesse, Alberto Granado, avec qui il a entrepris un voyage « initiatique » à travers l’Amérique latine, des guérilleros qui ont combattu avec « le Commandante  » dans la Sierra Maestra cubaine, au Congo ou en Bolivie, des proches comme sa fille Aleida Guevara… Des artistes tels que le réalisateur Walter Salles ou l’acteur Pierre Richard, et de nombreux intellectuels nous livrent également leur regard sur la représentation et l’apport du Che dans le monde contemporain. Che est toujours vivant.
Bernard Duraud

Au sommaire

El Che Vive ! Par Patrick Le Hyaric, directeur de l’Humanité.

De la jeunesse à la révolution.
Et Ernestito devint le Che.
Entretien avec Alberto Granado.
Le jeune Che rugbyman.
Le témoignage de Fanny Edelman.
L’Amérique latine, arrière-cour des États-Unis.

Parlez-nous du Che. Entretiens et points de vue avec Walter Salles, cinéaste ; Pierre Richard, réalisateur ; Jean Ortiz, universitaire ; Orlando Borrego, compagnon du Che ; Carlos Tablada, chercheur ; Michaël Löwy, sociologue ; Fernando Martin Heredia, universitaire ; Aldo Isidron, journaliste ; Samir Amin, économiste ; Régis Debray, philosophe ; Harry Villegas, compagnon du Che ; Ignacio Ramonet, journaliste ; Frei Betto, écrivain et prêtre ; Alessandra Riccio, universitaire.

Les images exclusives du photographe Liborio Noval.

Le reportage de Patrick Bard sur les routes du Che.

La rencontre avec Aleida Guevara, la fille du Che.

Les jeunes et le Che. Nos reportages à travers la planète Che en France, sur les traces de « l’icône » en Argentine et à Cuba.

Bibliographie et filmographie.

En vente chez votre marchand de journaux


Vente par correspondance

Hors-série Viva Guevara et son DVD
10,60 euros

Tee-shirt El Che Vive !                                                    TSHIRT-CHEjpg.jpg
8,50 euros
Préciser la taille
S, L, M, XL, XXL

Offre spéciale
Hors-série + tee-shirt
17 euros au lieu de 19,10 euros

Ces tarifs s’entendent frais de port compris.

Envoyez vos coordonnées complètes accompagné impérativement du réglement au service Diffusion militante de l’Humanité, 32 rue jean Jaurès 93528 Saint-Denis CEDEX. Tel : 01 49 22 73 41

 

 

 

Repost 0
9 octobre 2007 2 09 /10 /octobre /2007 11:56
Un symbole de l'esprit rebelleche-fidel-1-.jpg
 
Cuba marque le 40e anniversaire de la mort du "Che"
 
Les Cubains ont rendu hommage à l'icône de leur révolution, Ernesto "Che" Guevara, à l'occasion du 40e anniversaire de sa mort au côté de la guérilla en Bolivie.
L'homme qu'il avait aidé à conquérir le pouvoir en 1959, Fidel Castro, n'a pas pu assister au rassemblement organisé à sa mémoire, étant toujours, depuis son opération fin juillet 2006, trop faible pour quitter l'hôpital.
En revanche, Castro a marqué cet anniversaire par un article que reproduit la presse cubaine. De son lit d'hôpital, celui qui a transmis les rênes du pouvoir à son frère cadet Raul écrit que le Che a semé les graines de la conscience sociale en Amérique latine et dans le monde et qu'il voit en lui une fleur prématurément fauchée.
"Je fais une pause dans le combat quotidien pour incliner ma tête en signe de respect et de gratitude devant l'exceptionnel combattant tombé voici 40 ans", écrit Castro.
Dix mille ouvriers et étudiants cubains se sont rassemblés lundi devant un monument élevé en l'honneur du Che à Santa Clara, ville du centre de l'île qu'il avait "libérée" en 1958 lors d'une bataille décisive contre la dictature de Fulgencio Batista.
Guevara, gouverneur de la Banque centrale de Cuba et ministre de l'Industrie dans les premières années de l'ère Castro, avait renoncé à ses fonctions officielles pour reprendre la lutte, tout d'abord au Congo en 1965, où il comptait lancer une guérilla marxiste. L'année suivante, il faisait de même en Amérique latine, où il comptait déclencher "deux, trois Viêtnam, de nombreux Viêtnam".
C'est dans la jungle de l'est de la Bolivie qu'il s'était rendu alors pour lancer une guérilla anti-américaine. Capturé le 8 octobre 1967, il avait été exécuté le lendemain dans une école. Son corps, criblé de balles, les yeux grands ouverts, avait été exposé dans une salle d'un hôpital puis enterré dans une tombe anonyme. Il était âgé de 39 ans.
Identifiée trente ans plus tard, sa dépouille a été transférée en 1997 dans un mausolée à Santa Clara.
"Le Che était aimé, malgré son côté austère et exigeant. Nous donnerions notre vie pour lui", a déclaré un homme de 80 ans, Tomas Alba, qui avait combattu sous les ordres de Guevara, lequel demeure un héros national à Cuba.
Aujourd'hui, le Che apparaît sur un billet de banque cubain, en train de couper des cannes à sucre, armé d'un coutelas, dans les champs. Les innombrables posters du Che aux cheveux longs, portant un béret, ont fait de l'ancien guérillero un héros mondial, un symbole de l'esprit rebelle.
Repost 0
9 octobre 2007 2 09 /10 /octobre /2007 09:48

                                   che-01.jpg   



Le 9 octobre 1967, le Che était assassiné par des soudards au service des Etats- Unis.
Repost 0
7 octobre 2007 7 07 /10 /octobre /2007 12:54
"QUE LES BOUCHES S'OUVRENT" (14)    

  (Maurice Thorez)                                              Soviet---Hammer-02.gif

Conseil National du PCF des 6 et 7 octobre 2007  - Intervention d’Emmanuel DANG TRAN, Fédération de Paris

 

 

  Les anticommunistes avaient le monopole de la thèse du « déclin inéluctable » du PCF. Il est choquant qu’elle soit reprise par la direction du Parti.

D’autant qu’elle est démentie par le succès éclatant de la Fête de l’Huma, seule manifestation politique nationale de cette ampleur. Sur un autre plan, la tentative de récupération de Guy Môquet montre l’ancrage du PCF.

Non, il n’y a pas de fatalité à la disparition du PCF. Il y a au contraire nécessité à le faire vivre et donc à rompre avec la stratégie d’effacement et de reniements qui a conduit au 1,9%.

Cette rupture est décisive face à la nécessité de construire la riposte à Sarkozy, pour construire les convergences politiques qui peuvent le mettre en échec. A commencer par celles entre le mouvement contre les franchises médicales avec la riposte à la remise en cause du financement de la Sécurité sociale et celle pour les retraites en partant du potentiel de résistance des agents du secteur public, notamment dans la bataille pour la défense des régimes spéciaux. Continuer à privilégier le regroupement politicien avec les partis de gauche sur le rassemblement populaire, c’est au contraire reproduire l’inutilité du parti, comme dans la campagne des présidentielles.

Un congrès extraordinaire se justifiait pleinement après la débâcle électorale, devant l’échec de la stratégie qui l’a amenée et de la direction qui l’a mise en oeuvre. Le « congrès » tel qu’il est préparé ne correspond pas en rien à cette nécessaire remise en cause, au contraire.

En fait de « formes nouvelles », l’organisation anti-statutaire s’apprête à exclure les communistes de la décision. L’absence de base commune de discussion est inconcevable. Même la moindre association présente un bilan d’activité à ses adhérents à son assemblée générale ! Le questionnaire, élaboré cet été, biaisé et insidieux, a montré son incapacité à répondre aux attentes des communistes. Dans le rapport de ce matin, on nous a annoncé 1000 réponses. On nous en annonçait 40000 ! Le texte proposé au CN est tout aussi inacceptable. Il pose une quantité de questions, sur tous les sujets, sans assumer d’orientation. Les communistes n’auront ni le temps, ni les moyens de s’en emparer. Des « experts » n’auront plus qu’à imposer leurs réponses.

L’objectif principal de l’ordre du jour demeure, en page 6, comme il était présenté au CN de juin : préparer la fin du parti, sa dilution suivant, en gros, deux scénarios. Soit la transformation directe en « Parti de la gauche » ou la fusion dans un « parti de la gauche ». Soit le maintien du mot « communiste », comme coquille vide, dans une « coalition de gauche ». Des camarades, ils ont raison, appellent les partisans de cette deuxième version les « taxidermistes » du PCF.

Pour ajouter encore au coup de force antidémocratique, le « mandat » pour le congrès de 2008, qui doit conclure le processus, ne sera pas discuté avant le congrès lui-même.

L’intervention des communistes est essentielle à tous les niveaux dans la période, pour l’avenir du parti comme, et cela va avec, pour la riposte à la politique du pouvoir. Il est nécessaire de clarifier l’enjeu des congrès et de permettre aux communistes de montrer leur opposition, notamment par des textes alternatifs, comme il est nécessaire de faire vivre, revivre le parti, les cellules, les sections. Dans cet objectif, je me félicite de l’initiative prise par les fédérations du PCF du Nord et du Pas-de-Calais des marches pour l’emploi aboutissant le 27 octobre à Paris, suivant opportunément la manifestation du 13 et le mouvement qui va commencer le 18.

Dernier point : que faisons-nous pour le 10ème anniversaire de Georges Marchais, figure toujours très présente, incarnant le parti communiste de masse ?

 

 

Repost 0