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18 janvier 2008 5 18 /01 /janvier /2008 16:33
               ASSEMBLEE DE CORSE

                    Session des 6 et 7 Décembre 2007

        groupe Communiste, Républicain et Citoyen

                                                                  (II)

                     

 

Dominique BUCCHINI

Débat sur les orientations budgétaires pour l'exercice 2008

               

Je pense, honnêtement, que c’est un bon débat à travers notre diversité d’opinions. J’ai été sensible, dans un premier temps, aux propositions de l’Exécutif, du moins dans le préliminaire, parce que je l’ai dit en commission des finances, je pense que c’était bien par-delà la réalité des chiffres avec leur aspect comptable que l’Exécutif situe, selon lui, (ce n’est sûrement pas selon moi, c’est une évidence) la nature de notre environnement économique avec (et Fanfan DOMINICI en a parlé brillamment) le nombre d’entreprises qui est un critère pour vous, la fréquentation touristique et un taux de chômage qui se réduirait.

Mais moi j’ai été sensible, et je le redis publiquement, au fait que pour la première fois, pour sortir du débat corso-corse, l’Exécutif parlait aussi d’un environnement national et faisait état d’un contrat de croissance et de stabilité en 2008 pour indiquer les perspectives d’évolution de nos dotations.

 

Je vais essayer de ne pas donner un certain nombre de chiffres, parce que dans des débats de ce type, on peut leur faire dire ce que l’on veut et commencer par faire des remarques par rapport aux contextes local et national que vous avez pointés.

 

Première remarque au plan local : ce que vous nous proposez est un pentagone d’approximations, parce que lorsqu’on regarde aussi la situation de la Corse, on pourrait y ajouter le produit intérieur brut par habitant, le produit fiscal par habitant, la montée de la précarité, la fréquentation des restos du cœur où nous sommes champions de France avec une augmentation prévue cette année de 23 %. Je ne parlerai pas de la cherté de la vie, malgré toutes les réfactions de TVA et la cherté de l’essence. Je ne parlerai pas du nombre de Rmistes. Je ne parlerai pas de la minorité de Corses qui s’enrichit, statistiques officielles. Je ne parlerai pas du nombre de suicides et je ne parlerai même pas de la pauvreté. Pour parler de la pauvreté, ce n’est pas écrit dans l’Humanité, fût un temps où on nous reprochait cela à longueur de journée : voilà, je lis :

 

« Le Languedoc-Roussillon et la Corse se caractérisent par une pauvreté élevée qui n’épargne aucune classe d’âge. Les couples, avec ou sans enfant, comme les personnes seules, sont concernés. Les familles monoparentales, plus nombreuses en proportion, sont touchées plus qu’ailleurs ».

 

Deuxième remarque pour être bref (INSEE du mois dernier) :

 

« Ainsi, le taux de pauvreté en Corse est plus de trois fois plus élevé que dans les Yvelines, département où il est le plus faible ».

 

Si j’ajoute à cela, étant donné votre analyse du contexte national, mais il ne faudrait pas en parler, Camille pourrait en parler brillamment et on s’opposerait d’une manière ferme, le vote qu’il a émis sur le bouclier fiscal qui ne retentit pas bien sûr sur les finances de la Collectivité, parce qu’il profite évidemment au plus grand nombre. Nous pensons, nous, qu’il profite à des fortunés, les attaques sans précédent qui sont menées contre le monde du travail, c’est une évidence, il n’y a qu’à voir, le mécontentement monte, et quant à l’idée émise par notre Président de l’Exécutif de la réflexion d’envergure menée par les associations de maires, de présidents de conseils généraux ou des régions de France, on peut en parler quand vous voulez, textes à l’appui, délibérations à l’appui, de ce que ces associations disent quant à la réforme de la fiscalité. Il ne s’agit pas seulement de la pointer, il s’agit en même temps de voir quel type de réforme ils proposent parce qu’elle est véritablement inégalitaire.

 

Je passe sur un certain nombre de considérants pour ne pas être redondant et vous en finissez bien sûr (bon nombre de collègues ont insisté, pour le moment, c’est un tir groupé me semble t-il) en disant que les seuls arbitrages possibles portent sur le foncier bâti, sur la TIPP et sur les cartes grises. Suit tout à fait naturellement, évidemment parce que cela paraît dialectique, la maîtrise des dépenses publiques avec la stabilisation des dépenses de fonctionnement et la diminution d’un certain nombre de recettes de fonctionnement au niveau de notre collectivité, offices y compris.

 

Vous dites, une année lourde pour pérenniser l’équilibre financier de la Collectivité Territoriale, Collectivité, mais c’est un détail sans importance, puisque vous dirigez depuis 1984 ! Mais quelque part, vous y êtes quand même pour quelque chose, non ? Et ici, il n’y a pas eu d’alternance !

 

           (  Le Président de ROCCA SERRA :     Aux innocents, les mains pleines.)

 

 

  

Oui d’accord, mais pour le moment, ici, il n’y a pas eu d’alternance ! Donc, vous devez quand même y être pour quelque chose si on est dans une situation financière de ce type-là. J’ajoute que bientôt, si on vous laisse faire, vous allez nous rendre responsables des difficultés.

 

Je le dis sans humour, nous ne voulons pas, nous, participer à la mise en garde à vue des dépenses de la Collectivité Territoriale. Le véritable problème, pour être simple, selon nous, c’est le problème de la décentralisation.

 

Depuis quelque temps, malgré nos demandes, je vous le dis simplement Camille et je le dis tout simplement aussi à Ange, vous refusez d’évaluer une politique pour qu’on y voit clair. Nous sommes à mi-parcours, il serait intéressant de regarder un petit peu et s’il y a lieu, peut-être tous ensemble, corriger le tir.

 

J’ajoute Camille que vous l’avez dit plusieurs fois ici d’une manière tonitruante qu’avec les transferts de compétences, constitutionnellement on allait avoir au centime près l’argent qui devait rentrer. Ùn c’hè cà veda !

 

J’ai ici un certain nombre de déclarations ministérielles, Premier Ministre y compris, venu ici en visite plusieurs fois sur des problèmes que nous avons soulevés les uns et les autres et honnêtement que vous avez répercutés où on nous a dit : ne vous inquiétez pas, on va les régler… Je ne parle même pas des propositions du Ministre de l’Intérieur de l’époque ! « Le PEI, une seule ligne plus efficace, plus directe… ».

 

L’an dernier, le débat d’orientations budgétaires a porté sur les 40 M€ au PEI où on est obligé d’emprunter parce que l’Etat ne les donne pas au moment opportun.

 

J’allais poser une question à un moment donné : est-ce que nous sommes pris au sérieux ? Est-ce que vous êtes pris au sérieux, parce que vous représentez la Corse ? Et ce n’est pas rien honnêtement de représenter la Corse. Comment parlez-vous ? Que dites-vous ? Comment revenez-vous devant nous pour montrer ce que vous faites ? Et je ne mets pas en cause l’honnêteté de ceux qui vont à Paris, j’ai dépassé ce stade depuis longtemps, vous le savez bien.

 

Dans le débat d’orientations budgétaires, je connais d’avance le type de réponse : on a délibéré, donc on inscrit la programmation et on y va… OK. Est-ce qu’il est utopique de considérer, devant l’ampleur de la crise en Corse (25.000 précaires), qu’on pourrait partir de temps en temps du terrain en faisant une petite pause dans un tempo en commun et dire : on part de la réalité ?

On n’aligne pas d’une manière mécanique un certain nombre de données chiffrées comme Ange le fait. Il est dans l’optique, me semble t-il, (je le dis honnêtement, il aura l’occasion de répondre) de dire : je me déplace, je gagne un peu de TIPP, je négocie avec l’Europe, je négocie avec l’Etat, voilà le montant financier d’engagements réciproques que nous prenons et que nous mettons à la disposition de la Corse.

 

Si vous croyez que cet affichage chiffré règle les problèmes de l’ile, je pense honnêtement que vous vous trompez pour la simple raison qu’il faut aller encore plus sur le terrain et descendre plus en profondeur.

 

Un exemple et je ne veux pas être long : Camille, l’exemple de cet après-midi avec les agriculteurs, chacun à notre manière, avec une grille de lecture et en étant bref, doit nous permettre obligatoirement de tirer des enseignements. Obligatoirement ! C’était exactement la même chose avant-hier au conseil d’administration de l’Office d’Equipement Hydraulique. Malgré les efforts surhumains de la Présidente (excusez-moi de parler ainsi) atteinte de solidarité exécutive, elle était à l’intérieur du conseil d’administration, débordée par l’ensemble des participants de l’Office. Je parle sous le contrôle d’un certain nombre de collègues. Il paraît que je caricature et que je vais trop loin. Je tiens des propos raisonnables qui ne sont en rien « terroristes ».

 

On nous présente un certain nombre de dossiers qui se traduisent par une motion que j’ai ici. On est un certain nombre à avoir proposé une motion. Pourquoi ? Deux exemples précis de difficultés vécues sur un terrain dans un conseil d’administration qui dure cinq heures, avec des gens, Dieu sait si nous sommes divers, éminemment responsables et convergents.

 

Premièrement, il y a une densification de réseau à faire dans certaines régions ; il y en a une tout près de la région qui est chère à Ange SANTINI. On ne va pas te plaindre, Dìu ti binidicha, quand on regardera sur Calvi, lachemu corre, trois points de suspension… Il y en a une qui est dans une région qui est chère à Jean-Pierre LECCIA. Il y en a quelques-unes dans l’arrière-pays ajaccien où il y a des gens très sérieux qui attendent depuis des années (n’est-ce pas Hélène ?) un réseau d’irrigation pour un monde agricole jeune qui a envie de faire quelque chose.

 

Ils l’ont un peu pointé cet après-midi, mais lorsqu’on regarde les évolutions financières qui sont promises à ce type d’exercice, je ne m’éloigne pas du tout des orientations budgétaires, pour nous, nous sommes au cœur de la réalité, eh bien il faut attendre 20 ou 30 ans. Il faut donc démonter les mécanismes de ce qu’est votre politique et je connais la manière de négocier.

 

Je pose des questions simples sans réponse de la part de M. le Directeur Départemental de l’Agriculture, présent au conseil d’administration. Pourquoi ? Pour la simple raison qu’on a tout voté à l’Office d’Equipement Hydraulique d’une manière unanime. J’ajoute qu’à partir d’aujourd’hui, il n’y aura plus d’unanimité à l’Office d’Equipement Hydraulique. C’est clair ! On ne peut pas voter d’une manière unanime, faire preuve de bonne volonté et entendre, avec tout le respect que l’on doit, un Directeur Départemental de l’Agriculture dire au nom de l’Etat : « Ce type de problématique d’irrigation en certains endroits dans l’île ne peut, à l’heure actuelle, être pris en compte… » et heureusement qu’il y a un monde agricole jeune qui essaie maintenant, me semble t-il, de faire un certain nombre de choses sérieuses. Ecoutez, chers collègues, chacun assume sa cohérence comme il peut. Le groupe que je représente ici pense l’être parfaitement. Or, sur contrat de projets : sur ce type d’activité, pas un rond ! Anciennement contrat de plan, y avait-il quelque chose ? Oui, vous avez négocié cela.

 

Posez la question au Directeur Départemental de l’Agriculture et vous lui dites : Monsieur, il y a cinq ou six ans, l’Europe, par rapport à ce type d’activité, combien donnait-elle et maintenant combien donne t-elle ? L’Europe donne moins de subventions.

 

Alors lorsqu’on est élu, qu’on ne fait pas partie de la majorité, qu’on ne tient pas les deniers publics, j’allais dire d’une manière un peu caricaturale qu’on n’est pas en possibilité d’arroser, qu’est-ce qu’on répond à des gens simples, des jeunes qui ont envie de s’installer, j’en connais qui sont sérieux, qui ont envie de faire quelque chose ? On promet une irrigation en 2027.

 

En même temps la Présidente souffrant mille morts nous explique qu’il est nécessaire de baisser le fonctionnement de l’Office tenant compte des décisions qui sont prises par un Conseil Exécutif. Moi je veux bien ! Premièrement, il y a un conseil d’administration qui vote d’une manière unanime ; deuxièmement, examinons ensemble un budget de l’Office d’Equipement Hydraulique. Est-ce que cet Office-là a la même nature que l’Office de l’Environnement ? Je regrette que Jérôme POLVERINI ne soit pas là pour des raisons sûrement valables, mais je le dis parce que je suis membre de l’Office de l’Environnement. Dans un cas, on vend de l’eau, donc on est commercial, il y a donc des fluctuations ; dans un autre cas, on ne vend rien du tout, on donne des subventions lorsqu’il y a des dossiers qui montent. Est-ce que l’Exécutif se doit d’avoir la même appréhension par rapport à ce type de problèmes ?

 

La réflexion de l’Exécutif, Camille, est mécanique : j’applique une ligne politique en faisant semblant de ne pas en faire ! Je dis : je baisse de 2 % la dotation à l’Office d’Equipement Hydraulique où on discute des orientations budgétaires de l’Office avant de discuter des orientations budgétaires de la Région. Mà ditia, ùn ci pideti micca pa tonti non ! Mais où va t-on ? Il faut se ressaisir, je le dis dans l’intérêt de la Corse, je le dis dans l’intérêt de l’institution, je ne le dis pas pour ma chapelle. Lorsqu’il y a des unanimités fortes qui se dégagent sur des dossiers forts, il faut qu’on soit assez responsables les uns et les autres et faire taire certaines divergences et converger.

 

Moi je peux donner des explications sur quels sont les engagements financiers de l’Office et où vous nous menez. Vous faites voter ici un programme beaucoup plus important de l’Office d’Equipement Hydraulique avec une productivité importante et en même temps on dit à l’Office : on baisse la subvention… On baisse la subvention, je veux bien, mais lorsque je regarde ce qu’est le budget de l’Office d’Equipement Hydraulique, les charges de personnel, vous faites ce que vous voulez, sont incompressibles et si la Présidente embauche à tout va, elle se fait « flinguer ». Je prétends qu’elle n’a pas embauché, j’ai regardé, je suis attentif, je dis depuis qu’elle est présidente. Ùn sò micca natu arimani ! Beau mon chat, bella a me ghjatta ! Il y a obligatoirement après des charges qui sont incompressibles qui représentent une moyenne de, etc… Il y a des clauses contractuelles que le Président ou la Présidente s’appelle Mme GRIMALDI ou Dominique BUCCHINI, qui sont incompressibles. Je ne parle pas des règles comptables et fiscales, quel que soit le nom du Président, on est obligé d’y passer. L’obligation de continuité de service public, faites ce que vous voulez, on ne peut pas y déroger, quel que soit le nom du président, on y passe. Et une fois que vous avez fait cela, vous en arrivez aux charges de fonctionnement courant, c’est là où vous dites : - 3,5 %. J’ai donné 1,5 en plus, je mets à 2 %, c’est 3,5 en moins.

 

Les 3,5, c’est sur quoi ? C’est sur la consommation d’électricité, c’est sur le téléphone des agents, c’est sur les rames de papier, c’est sur le carburant que vous augmentez. On va prendre l’argent où ? Et vous dites au personnel : vous devez travailler plus parce qu’on a concocté un grand programme. Est-ce que ce que je dis est anormal ou suis-je cohérent ?

 

Est-ce que mes propos ont un sens ? S’ils n’ont pas de sens, je veux bien en débattre, je veux bien trouver des solutions intermédiaires, mais je dis : dans le débat d’orientations budgétaires, je suis critique Mme la Présidente à votre endroit. Le conseil d’administration unanime décide de déposer une motion. Je trouverais normal, à partir du moment où vous commettez l’erreur et vi sta bè, de faire des orientations budgétaires avant celles de la Collectivité, qu’on en discute ici et maintenant. Si non, je déposerai cette motion lors de l’examen du budget.

 

J’ai averti urbi et orbi les collègues en disant que je n’étais pas là pour essayer de mettre des crocs-en-jambe. J’ai dit : vous ne pouvez pas rester à la première mi-temps du match, il y a aussi la deuxième mi-temps.

 

Bref ! La question centrale que nous posons est de savoir, devant la permanence de la crise, devant l’aggravation de la crise, est-ce qu’on réfléchit tous ensemble, non pas pour la résoudre Ange, tu aurais raison de dire c’est difficile, c’est dur, c’est très dur, est-ce qu’on peut tenter de voir un peu un certain nombre de dossiers d’une manière un peu différente ? Parce qu’en définitive, on passe vite, Vanina PIERI disait « c’est le même film que je vois ». Tous les ans, on entend dire qu’on est les banquiers de l’Etat. Tous les ans on le dit, mais on ne règle rien ! Je vais y revenir dans un moment et vous nous jonglez ! Cela suffit. L’Etat peut avoir à un moment donné des difficultés, cela peut arriver, on le sait très bien, la machine administrative est ce qu’elle est, mais on ne peut tous les ans avancer de l’argent à sa place.

 

Moi j’entendais dire sur ces bancs, il n’y a pas tellement longtemps, en regardant chez nous : que nous étions pour la politique du tout ou rien… Nous quatre ici, qu’on est des jusqu’au-boutistes. Non ! On était cohérent d’une manière politique et idéologique pour vous dire un certain nombre de choses qui n’allaient pas et oghji, avec ce que vous proposez, semu à a strinta di u saccu !

 

Je ne résiste pas au plaisir de vous lire, et je demande à Camille de ROCCA SERRA d’être attentif, c’est un membre éminent de sa formation politique qui était un vrai gaulliste celui-là, du temps où la France avait une politique indépendante. Les communistes obtus vous lisent cela, parce qu’ils le partagent :

 

« A notre époque, une partie importante des profits se réalise sur la sphère financière qui est extrêmement sous-fiscalisée. Quand l’économie était agricole (son propos commence maintenant) la richesse et la fiscalité étaient basées sur le foncier. Quand l’économie est devenue industrielle, la richesse était fondée sur le travail, le capital et la fiscalité aussi. L’économie étant devenue principalement aujourd’hui une économie de services et financière, je constate que cette sphère est notoirement sous-fiscalisée ».

 

Je vous dirai en aparté tout à l’heure qui était ce ministre gaulliste.

 

Donc, lorsque Ange SANTINI dit « il faut réformer la fiscalité locale », oui, mais il ne s’agit pas seulement de mots, il faut aussi préciser que c’est difficile, il va falloir prendre l’argent là où il se trouve et l’utiliser peut-être un peu mieux pour répondre aux besoins des gens, de la société, pour des actes qui sont des actes d’utilité publique.

 

C’est embêtant de le dire, mais il faut taxer la spéculation, il faut taxer le marché de l’argent, les produits financiers qu’il engendre deviennent obligatoirement une exigence.

 

Il faut bien sûr répartir la recette nationale ainsi créée au prorata des capacités fiscales des collectivités.

 

En un mot, si on vous laisse faire avec vos amis politiques au plan national, vous allez étrangler les collectivités locales et en définitive, pour les hommes de gauche que nous sommes, avec tout ce qui se passe, on assiste progressivement à un véritable recul de civilisation.

 

La deuxième partie de mon propos est beaucoup plus simple et tient à une lecture fantastiquement intéressante des propos des uns et des autres pour donner un sens, comme on dit aujourd’hui, pour donner une cohérence à mon propos. Je ne parle pas des propos d’il y a quatre ou cinq ans, je parle des propos de l’an dernier, parce que je pense que vous nous jonglez, mais jamais de face, de biais et toujours en douceur.

 

Jean-Martin MONDOLONI, à tout seigneur, tout honneur, en tant que rapporteur de la commission des finances. Jean-Martin, je vous le dis gentiment. L’an dernier, lorsqu’on discutait de ces problèmes et qu’est venue l’idée de dire : il faudrait qu’on réfléchisse ensemble, vous avez dit, je vous cite : « Mais on peut s’entendre en commission des finances. Dessinons donc les contours de cette méthode. Une ambition qui n’exclut pas la raison ». Vous avez même fait appel à Victor HUGO, je vais y revenir tout à l’heure.

 

Ange SANTINI a dit et je le cite : « Nous allons travailler une fois tous les quinze jours d’une manière périodique à la commission des finances. Soyons très vigilants ajoutait Ange, réclamons encore de l’Etat ce qu’il nous doit ». Ùn c’hè cà veda quist’annu !

 

Le Préfet de région qui était venu ici, lorsqu’on lui avait posé la question avait dit : « Je suis d’accord pour un débat sur la problématique des ressources ».

 

Je ne parle pas de Nicolas SARKOZY qui avait dit sur le PEI ce que je vous ai dit tout à l’heure. Jean-Claude GUAZZELLI avait même ajouté : « Non à la réflexion conjoncturelle, oui à une réflexion de fond de la commission des finances pour voir comment on va poser les problèmes à l’Etat. Pas de réflexion par morceau ». Il avait même dit : « Moi je voudrais prendre ma chance et vous encourager. Or, c’est un tort que vous avez, vous nous mettez les plats cuisinés sur la table ».

 

Quist’annu sò impilarati i piatti pà la ghjente d’inghjò, pà i disgraziati, ci ha da vule di parchì :  ti pregu di credi que cela tombe dru !

 

Fanfan DOMINICI avait tenu des propos pleins de bons sens sur la TVA dans les transports maritimes et des propos très clairs de la position de l’Etat sur les carburants où l’Etat gagne de l’argent par rapport à nous.

 

Moi, j’avais ajouté modestement : ci vole à fà attinzioni, un antr’annu eta metta a pulvareta ind’a cuppetta. J’avais ajouté pour ceux qui ne comprennent pas, Antoine GIORGI traduira. A Pulvareta na cuppetta ! Eh bien, on y est !

 

Je ne veux pas être saignant, mais j’ai même ici, je vais essayer de le retrouver, l’amendement que Jean-Claude GUAZZELLI avait déposé avec d’autres collègues au budget primitif en disant : « Faisons la pause, ne faisons rien. On regardera l’année prochaine, mais à condition que la commission des finances travaille ».

 

Je lis sa proposition d’amendement :

 

« Surseoir, jusqu’à la fin des travaux engagés par le Conseil Exécutif, au niveau de la commission des finances élargie, aux augmentations prévues au titre du BP 2007 à propos des produits de la fiscalité directe ».

 

Parce qu’il y avait un considérant qui disait « Considérant qu’il y a lieu de surseoir à cette décision particulière dans l’attente de l’aboutissement de la réflexion plus globalement engagée à propos des ressources ».

 

Je pose une question simple, eu égard au respect et à l’amitié qui me lient à Jean-Martin MONDOLONI et à notre Président qui est absent, vous transmettez de même : quand avez-vous pris le taureau par les cornes ? Quand est-ce que vous nous avez conviés, pas une fois tous les quinze jours, à tempù à mamma, je n’y ai jamais cru, éiu a sapia pour faire en sorte qu’on n’arrive pas maintenant à la situation où vous en êtes ?

 

Vous travaillez donc seul, d’une manière un petit peu idyllique qui fait qu’aujourd’hui on en arrive là. Donc, si j’étais dans la rue avec les manifestants, cela m’arrive souvent, je dirais : mais elle est où cette réflexion ? Vous l’avez approfondie quand ? Et Jean-Martin, citant HUGO, avait dit : « La vérité est comme le soleil, elle fait tout voir, mais elle ne se laisse pas regarder ».

Nous, là-dedans Jean-Martin, on a droit de regard sur rien, on ne voit rien et il n’y a rien qui brille !

 

Chers collègues, Mesdames, Messieurs,

 

En un mot, c’est simple, l’Etat pressure les finances des collectivités locales avec une décentralisation de votre type avortée, c’est évidemment en bas qu’on prend et c’est en bas que l’on va souffrir.

 

Ne le prenez pas mal, mais je voudrais vous dire qu’il y a dans cette assemblée des gens qui font partie idéologiquement du camp des gloutons. Au moment où votre majorité relative n’arrive plus à réprimer ses envies de rigueur, où les projets nationaux, donc des plans régionaux programment moins de fonctionnaires, moins de services publics, moins de tribunaux, le logement plus cher, les produits de nécessité plus chers, l’essence plus chère, les impôts plus chers, la redevance de télé plus chère pour les anciens, l’eau plus chère Mme la Présidente de l’Office, le gaz plus cher au 1er janvier, nous sommes un certain nombre à considérer que l’air du temps comme disait Ange SANTINI tout à l’heure, est à la diète. On supprime l’école le samedi matin, il y a même un ministre du logement qui s’en va squatter les baraques de chantier à Lyon et notre Président avec son Premier Ministre, lui jogge sans désemparer pour éliminer.

 

Chers collègues, pensez mince, respirez mince, vivez mince, telle est la nouvelle devise. Le mot d’ordre est clair ici comme ailleurs : il faut perdre sa graisse, il faut retrouver du muscle, il faut arriver à l’os, eta ghjunghja  u schincu ! Et vous voulez nous faire croire que le bonheur est à ce prix.

 

(Eclats de rire dans la salle)

 

Il vaut mieux que vous soyez un peu plus attentifs, un peu plus à l’écoute. Il n’est pas possible, disait DEMOSTHENE, de constituer par l’injustice une puissance qui dure. Et Romain ROLLAND d’ajouter « Quand l’ordre est injuste, le désordre est déjà un commencement de justice ».

 

Je vous remercie.

 

APPLAUDISSEMENTS DANS LA SALLE

 

 


 

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18 janvier 2008 5 18 /01 /janvier /2008 16:13

                        ASSEMBLEE DE CORSE                  
                    Session des 6 et 7 Décembre 2007

                                               

 

   ( I  )    Questions  posées par   Josette RISTERUCCI   

1) CONCERNANT LES TRAVAUX DU COLLEGE DE LURI

 

J’interviens une nouvelle fois pour connaître l’état d’avancement des travaux de mise en sécurité du Collège de LURI.

A ce jour, des travaux de maçonnerie, menuiserie, électricité, plomberie, peintures et de mise en réseau téléphone et Internet ne sont toujours pas faits.undefined

Je souhaite donc connaître l’échéancier que vous avez prévu.

Il serait également important de revoir l’aménagement des équipements sportifs, en dehors de la couverture du plateau attendue depuis juillet 2007..., il est nécessaire de prévoir un agrandissement de la salle de gymnastique.

En effet, celle-ci va être impraticable lorsque tout le matériel sportif sera stocké à l’intérieur. Il n’y aura plus de place pour la pratique du sport en salle pour les élèves.

Ce point a été abordé par les enseignants lors de la présentation du projet de couverture du plateau sportif en juin 2007.

Pouvez-vous donc prévoir de doubler la superficie de cette salle ?

 

2) CONCERNANT LA SITTUATION BUDGETAIRE DES HOPITAUX D’AJACCIO ET DE BASTIA

 

 

C’est un sujet d’actualité mais malheureusement récurrent.

Bien que le sujet ne soit pas de la compétence de notre assemblée, il est de notre rôle d’élu d’intervenir sur cette question qui revient régulièrement à l’ordre du jour.

Je vous ai plusieurs fois interpellé sur les questions de santé car nous sommes tous concernés. Mais je pense que l’on se fout de nous.

Malgré deux déplacements d’un ministre de la santé et d’une visite des établissements l’année dernière, je peux dire aujourd’hui que des difficultés majeures persistent.

Il est urgent d’apporter une réponse sur les déficits budgétaires des établissements publics.

L’hôpital d’AJACCIO a un déficit catastrophique qui était prévisible et pour lequel il est urgent d’apporter des solutions.

L’hôpital de BASTIA, dont la situation n’est pas comparable, est en phase d’amélioration, il manque pour cela la volonté politique et budgétaire qui lui permettra un retour à l’équilibre.

Vous comprendrez qu’une fois encore nous vous demandons d’intervenir auprès du Ministre concerné et du gouvernement pour donner à notre région un service public de santé digne de ce nom.

Faute de réponse adaptée, l’exaspération du personnel entraînera des conflits sociaux à la mesure des déficits budgétaires.

Je voudrais vous dire au passage que des rendez-vous avaient été pris au Ministère de la santé par des organisations syndicales et que j’ai appris hier après-midi que ces rendez-vous sont annulés – ordre venant de haut lieu - . Je ne pense pas que ce soit fait pour la paix sociale.

Ceci est en aparté, mais c’est totalement inadmissible quand un Gouvernement prône le dialogue social.

 

 

 

Questions  posées par   Maria GUIDICELLI              

 

1) LES ORIENTATIONS BUDGETAIRES

 

Je vais rappeler brièvement le contexte national que chacun connaît.

Tout le monde s’accorde à dire que la loi de finance 2008 est construite sur l’idée que la France esundefinedt en faillite et la dette insupportable. Du coup, l’objectif clairement affiché est de réduire de moitié la dépense publique et, bien sûr, de faire supporter cette diminution à tous les acteurs publics, au premier rang desquels se trouvent les collectivités locales. Pour cela, l’Etat diminue sa contribution financière en direction de ces mêmes collectivités.

Ainsi, le contrat de solidarité et de croissance est définitivement « enterré » et la conséquence immédiate en est que les dotations de l’Etat n’augmenteront pas plus que le taux d’inflation (j’ajouterai pour ma part : dans le meilleur des cas et pour l’instant…), parce que Dieu seul sait ce que demain nous réserve.

Concrètement, l’enveloppe normée des concours financiers de l’Etat aux collectivités territoriales progressera de + 1,6 % en 2008, alors que cette même évolution pour 2007 s’élevait à 2,45 %.

 

En résumé, le Gouvernement nous demande de dépenser moins après avoir lui-même réduit les recettes de l’Etat, notamment avec le bouclier fiscal.

Le mécanisme d’ajustement que vous nous proposez est, malheureusement, sans surprise puisque vous nous suggérez de faire payer l’addition au citoyen par la hausse des impôts directs et indirects qui eux sont particulièrement injustes, car ils auront des conséquences exacerbées pour les populations ayant les revenus les plus faibles. Il nous paraît véritablement aberrant, dans le contexte de précarité que chacun s’accorde à reconnaître dans l’île, d’opter pour de tels choix. J’y reviendrai plus précisément un peu plus loin dans mon intervention.

Quant au contexte local, il n’est guère réjouissant. Alors, tout a été dit ou plus ou moins : l’Etat ne compense pas intégralement les dépenses nouvelles qu’il nous a transférées et tarde dans le versement de ses contributions, ce qui nous occasionne des difficultés de trésorerie ; des incertitudes pèsent sur certains financements européens (vous avez évoqué le FEDER tout à l’heure) ; le PEI mobilise trop lourdement les fonds propres de notre Collectivité et, de fait, restreint très sensiblement notre marge de manœuvre financière, ce qui hypothèque notre capacité à engager des actions en dehors de ce cadre contractualisé.

Bref, tout cela nous conduit à accroître notre endettement : un emprunt de 70 M€ mobilisé en 2007 et 50 M€ supplémentaires prévus, a minima, pour 2008.

De fait, bien que vous vous vouliez rassurants, le niveau d’endettement de notre collectivité va devenir rapidement préoccupant : lors du débat d’orientations budgétaires 2007, vous nous situiez, M. le Président, ce niveau d’endettement à hauteur de 350 M€, vous ajoutiez lors de nos échanges « qu’à 420 millions, il n’y avait pas péril en la demeure » et aujourd’hui vous nous indiquez que nous pourrions envisager un encours maximal à 450 M€. On le voit bien, l’emprunt tend à devenir récurrent et n’est plus une « simple variable d’ajustement » comme indiqué dans votre rapport, et il est évident que sans véritables recettes propres, notre collectivité va être amenée à réduire conséquemment le rythme de ses investissements.

Pour autant, relancer le dynamisme des recettes de notre collectivité ne peut se résumer à l’impôt direct et surtout pas à l’impôt indirect.

Vous nous annoncez une augmentation du taux sur le foncier bâti, une augmentation de la taxation sur les cartes grises, mais également une augmentation des droits de francisation des navires ainsi que de la TIPP pour laquelle je ne préciserai pas les marges que vous nous proposez.

Concernant le foncier bâti, vous ne faites aucune allusion à une possible révision des bases (qui, selon l’étude DEXIA, était estimée à + 3 % par an).

Quant à la hausse des impôts indirects (là, je voudrais insister un petit peu), ils constituent une mesure injuste par excellence. Pour ce qui concerne la hausse de la TIPP en particulier, ajoutons qu’elle est en totale contradiction avec les objectifs environnementaux que nous nous fixons par ailleurs, puisque nous sommes obligés de miser, pour une partie de nos recettes, sur une augmentation de la consommation du carburant. Avouez que cela est paradoxal en termes de développement durable !

Car c’est bien là la véritable raison de cette augmentation, c’est bien là l’objectif poursuivi : procurer une recette supplémentaire à notre collectivité (recette que vous espérez à hauteur de 3,5 M€). Ne nous faites surtout pas croire qu’il s’agit là d’un moyen d’éduquer le citoyen à la préservation de notre environnement et de l’inciter à concourir au développement durable ! Assumez vos actes et ne déguisez pas vos choix politiques : vous optez pour une mesure injuste qui pèsera plus lourdement sur les plus pauvres, vous portez un nouveau coup à leur pouvoir d’achat et donc vous aggravez leur précarité. Parce qu’après tout, M. le Président, la marge de manœuvre des plus pauvres en la matière est inexistante. Bien sûr, nous avons beau jeu de dire que nous allons tous faire des efforts pour réduire notre consommation en matière d’énergie, mais lorsque la voiture est utilisée a minima (pour des besoins essentiels et incontournables), parce qu’il faut bien aller travailler aussi loin qu’il faut pour pouvoir gagner un minimum sa vie, à ce moment-là, la marge de manœuvre est inexistante et cela fait bien longtemps que pour la plupart de nos concitoyens qui vivent en deçà du seuil de pauvreté, le confort, les loisirs, le tourisme sont sacrifiés. Ceci n’est pas le cas de la plupart des personnes qui sont ici, ceci n’est peut-être pas votre cas, mais il faut absolument arrêter de nous faire croire que vous mettez en avant des principes louables pour porter un coup dur supplémentaire aux plus pauvres.

D’ailleurs, dans le même temps et sans complexes, pour motiver votre participation à la réflexion menée par la commission ad hoc, vous arguez de valeurs telles que le progrès social, l’équité sociale, la solidarité… Je vous rappelle que c’est ce que nous avons écrit dans l’exposé des motifs qui sous-tend les travaux de la commission ad hoc. Et même vous placez au premier rang de vos préoccupations la situation sociale de notre île encore trop marquée, dites-vous, par « le chômage, la précarité qui s’accroît, la vie chère, le grave déficit de logement… ».

 

Bref ! Je crois que marteler ces réalités là, nous l’espérons en tout cas, finira par provoquer un véritable sursaut et que la précarité, nous cesserons d’en parler pour enfin nous donner les moyens d’y faire face.

 

Pour ma part, je dirai qu’au moment où s’engage la réflexion sur la réforme de la fiscalité locale, il nous faut affirmer un minimum de postulats et défendre quelques grands principes : tout d’abord, donner la priorité à l’imposition directe avec plus de progressivité, de redistribution, et donc une plus grande prise en compte des revenus des contribuables dans l’assiette des impôts directs et des impôts locaux, exiger une meilleure péréquation dans les dotations de l’Etat, faire réellement preuve d’une meilleure efficacité économique et donc favoriser la croissance et l’emploi.

Autant d’éléments qui, me semble t-il, sont importants dans un débat d’orientations budgétaires et que vous vous gardez bien d’effleurer, mais que voulez-vous, nous n’avons pas du tout les mêmes valeurs et les mêmes principes.

Je conclurai en disant un mot sur les dépenses, vraiment très brièvement.

Les dépenses de fonctionnement sont très fortement impactées par les dépenses de personnel liées au transfert de compétence, du coup, compte tenu des restrictions budgétaires opérées sur nos recettes, il nous faut diminuer les autres dépenses de fonctionnement de 5 %. Cela n’est que l’illustration malheureuse des effets du désengagement de l’Etat et de la non-compensation intégrale des dépenses nouvelles qu’il nous a transférées.

Quant à l’investissement, comment peut-on encore parler de « politique ambitieuse », alors que le montant de l’enveloppe est en nette diminution par rapport à 2007 ?

 

Bref, nos marges de manœuvre sont de plus en plus réduites, alors même que le PADDUC reste à arrêter et que nous n’avons qu’une visibilité toute relative quant aux moyens dont nous disposerons et qu’il nous faudra mobiliser afin de répondre aux objectifs que ce document aura fixés pour la Corse pour les 15 ou 20 années à venir.

 

Je conclurai en résumant la situation par l’équation suivante :

 

Vous suscitez un sentiment et vous susciterez un sentiment de désespoir supplémentaire par les mesures que vous proposez dans le cadre de ce débat d’orientations budgétaires ;

Vous n’êtes pas en mesure de garantir l’atteinte d’un certain nombre d’objectifs a minima et en particulier en matière de développement harmonieux, en matière de taux de croissance et en matière de stabilité sociale.

Alors moi je pose une question : quelle est l’issue face à une telle équation ? Est-ce qu’un sursaut, aujourd’hui, est possible ?

Permettez-moi de vous dire que les Corses ne pourront pas tolérer cela plus longtemps.

 

 

2) CONCERNANT LE DEVELOPPEMENT DE L’ECONOMIE SOCIALE ET SOLIDAIRE

 

 

En Corse, l'économie sociale et solidaire concerne 2 700 établissements et est composée essentiellement de 3 grandes familles : les associations, les coopératives et les mutuelles. Ce secteur, à dimension essentiellement locale (94 % de ses établissements dépendent d'un siège social situé sur l'île), génère 10 400 emplois et regroupe 9 % des postes salariés occupés tout au long de l'année sur l'île (hors fonction publique d'Etat, agriculture, et personnels domestiques) et l'emploi féminin y est majoritaire (les femmes occupent 61 % des postes).

 

Ces chiffres rendent néanmoins difficilement compte de la réalité d'un secteur visant à promouvoir des formes d'entreprises qui privilégient le service rendu plutôt que la rémunération du capital et la recherche du profit maximal et qui ambitionnent de remettre l'homme au cœur de l'organisation économique.

 

En apparence dispersée, cette tierce économie - aux côtés de l'économie capitalistique classique et de l'Etat employeur - est une autre façon de concevoir l'économie. Elle permet notamment une alternative dans un environnement largement soumis aux mutations économiques et sociales et à une concurrence mondialisée.

 

Ce sont les raisons pour lesquelles, dans le contexte socio-économique très préoccupant que connaît notre île, il nous paraît important que notre collectivité s'engage dans la voie d'une action régionale en vue de soutenir, encourager et dynamiser ce secteur d'activités.

 

Aujourd'hui tout est à faire afin de mettre en place des espaces de concertation qui nous permettront de construire un projet partagé de développement de l'économie sociale et solidaire.

 

De nombreuses régions sont d'ailleurs particulièrement entreprenantes dans ce domaine et leurs actions revêtent diverses formes : aides au démarrage ou à la consolidation d'activités, avances remboursables, actions de promotion, conseils, aides à l'immobilier, etc...

 

Enfin, le champ de l'économie sociale et solidaire est vaste, ce qui doit nous inciter à y construire un type de développement au service des hommes et des femmes, de la qualité de vie, du respect de l'environnement et du développement durable.

 

Concernant notre collectivité, et ce sera là ma question, seriez-vous favorable à proposer un espace de réflexion qui aurait vocation à analyser l'apport des projets d'économie sociale et solidaire pour notre région, en vue de construire un projet de développement de ce secteur d'activité, en abordant les questions de gouvernance, d'ancrage territorial, de partenariats, de soutien à des actions structurantes ou d'actions expérimentales ?

 

L'ADEC pourrait, dans un premier temps, piloter cette démarche.

 

3) CONCERNANT LA REPARTITION DES AIDES DE L’ETAT AU LOGEMENT POUR L’ANNEE 2007

 

 

 

Chaque année, et conformément à la loi du 22 janvier 2002, notre assemblée arrête la répartition de l’enveloppe annuelle de l’Etat.

Bien sûr, c’est un exercice traditionnel, formel et totalement contraint puisque l’Etat fixe le montant de la dotation et, de ce fait, détermine les moyens qu’il entend mettre à disposition de la Corse sans pour autant prendre en compte la réalité du besoin.

Depuis quatre ans – c’est le recul que j’ai –, à partir du bilan des aides au logement en année n-1, il nous est donné d’observer qu’une inadéquation flagrante demeure entre les moyens mobilisés et l’acuité de la problématique du logement en Corse.

Nous ne cessons de vous alerter en affirmant que cette enveloppe est indécente face à l’ampleur du problème et nous vous avons demandé à de multiples reprises de mettre en œuvre une stratégie offensive en matière de logement. Cette stratégie comprenant à notre sens deux grands axes : renégocier avec l’Etat le montant des crédits attribués à notre Région (crédits consacrés au logement social de droit commun, mais également ANRU), ainsi que les taux des subventions, et doter notre collectivité d’une politique en matière de logement, avec un règlement d’aides réactualisé et lisible.

C’est vrai le règlement d’aides est effectivement en cours d’élaboration depuis maintenant plus d’une année et donc, nous attendons qu’il nous soit soumis pour pouvoir en débattre.

Cette année, force est de constater que ce même état de fait perdure, et je dirais même s’aggrave.

De manière redondante, les documents qui nous sont soumis année après année font état des objectifs à atteindre tels qu’affichés dans le cadre du plan de cohésion sociale. Je rappelle qu’initialement ce plan prévoyait de financer 1 500 logements construits sur 5 ans, soit 300 logements par an.

Les chiffres sont édifiants sur ces trois dernières années : 154 logements construits en 2004, 284 en 2005 et 244 en 2006.

J’ajouterai qu’à l’occasion de la venue de M. RAFFARIN, alors Premier Ministre, nous l’avions interpellé et qu’il s’était d’ailleurs engagé à doubler la construction de logements sociaux sur cinq ans et sa réponse avait été alors de dire que la Corse faisait bien sûr partie des priorités.

L’objectif fixé n’est donc pas atteint et on note même une nette diminution en 2006. Vous affirmez dans votre rapport que « cette baisse ne peut être imputée à un manque de crédits et résulte des difficultés des opérateurs HLM à monter des projets ». Je ferai remarquer que l’enveloppe de 3 404 000 € disponible a été entièrement consommée, ce qui nous laisse penser que si les moyens financiers avaient été plus conséquents, d’autres opérations auraient été susceptibles d’aboutir.

D’ailleurs, je vous indique à titre d’exemple qu’un programme de 294 logements est en cours sur Ajaccio à Alzo di Leva et que cette opération à elle seule absorberait l’intégralité de l’enveloppe si celle-ci n’était pas revue à la hausse.

Bien que les moyens octroyés par l’Etat demeurent nettement insuffisants et du coup les objectifs non atteints, le rapport que vous nous présentez affirme la nécessité de répondre aux mesures de la loi sur le droit au logement opposable (ce qui est tout à fait louable) et affiche pour 2007 des objectifs « revus à la hausse » - lapsus révélateur M. le Président, vous avez dit « revus à la baisse », mais je pense que c’est une simple erreur dans votre prise de parole ou alors un lapsus. En tout cas, effectivement, on affiche pour 2007 des objectifs bien revus à la hausse de 350 logements nouveaux.

Et pour comble, la dotation inscrite au budget opérationnel de programme 2007, notifiée à ce jour, s’élève au montant dérisoire de  2 580 200 € !!! Vous vous voulez rassurant en nous indiquant que « cette enveloppe ne permettant pas de couvrir l’ensemble des besoins, le Préfet a d’ores et déjà demandé au Ministère chargé du logement de porter la dotation à 3 800 000 € ».

Cela ne ferait jamais que 396 000 € de plus qu’en 2006 ; année durant laquelle seuls 244 logements nouveaux ont été construits !!! On voit mal, dans ces conditions, comment réaliser l’exploit de construire une centaine de logements supplémentaires en 2007.

Une autre difficulté ne va pas tarder à apparaître, puisque le dispositif complémentaire de financement du logement social dans le cadre du CPER 2000/2006 (financement complémentaire sur des opérations réalisées en prêt locatif à usage social : + 1,5 % de taux de subvention) n’a pas été repris dans le nouveau contrat de projets 2007/2013 et, par conséquent, le taux de subvention réalisé en prêt locatif à usage social diminuera donc.

Pouvons-nous dire dans ces conditions que les moyens sont à la hauteur du besoin ?

Il suffit pour répondre à cette question de se référer brièvement aux premières conclusions de notre commission chargée des questions de précarité, d’emploi et de logement.

 

Je me contenterai de rappeler, je ne sais pas si  je dois le faire là tout de suite, mais cela me paraît quand même important, alors je vais essayer de le faire assez rapidement. Je vais quand même vous rappeler en quelques mots les premières conclusions de la commission ad hoc qui se préoccupe de problématiques liées au logement entre autres :

 

Avec moins de 10 % de logements sociaux contre une moyenne nationale de 16 %, la région Corse a un effort de rattrapage qui se greffe aux besoins nouveaux et complexifie la situation (d’autant plus que 90 % de la population est éligible à l’habitat social, compte tenu du niveau de ressources qui règne chez nous).

 

Avec environ 2 300 demandes en attente (soit 1/5ème du parc de la région) réparties 1/3 en Corse du Sud et 2/3 en Haute-Corse, la situation apparaît tendue. La surreprésentation des personnes hébergées gratuitement (famille, amis, parents…), notamment chez les jeunes, peut nous conduire à une réévaluation par le haut des besoins.

 

Je m’arrêterai là sur l’état des lieux, car je pense que cela va faire l’objet très vraisemblablement de discussions dans le cadre des travaux de la commission ad hoc.

Ce constat objectif suffit à démontrer que les crédits d’Etat sont nettement insuffisants et que l’effort de notre collectivité doit s’accentuer.

La création d’un fonds d’intervention foncière doté de 30 M€ est certes un outil intéressant, bien que la participation de l’Etat initialement attendue s’élevait à 18 M€ et n’est plus, après négociation, que de 15 M€.

Pour notre part, je rappelle qu’une motion avait été déposée par Dominique BUCCHINI en novembre 2006, dont l’objet était la création d’un établissement public foncier, en vue notamment de relancer la production de logements sociaux. Cette motion, étudiée en commission des finances, n’a toujours pas été soumise à notre Assemblée.

Par ailleurs et je vous le disais en introduction, je note que nous sommes toujours dans l’attente du nouveau règlement d’aides au logement sur lequel j’avais interrogé Monsieur POLVERINI en juin 2006, qui nous avait répondu de manière très claire que la réflexion était très avancée et que notre assemblée serait saisie dans un délai assez bref.

En conclusion, nous voterons bien sûr la proposition de répartition des aides de l’Etat pour l’année 2007, non sans réitérer notre demande de voir se mettre en œuvre une politique offensive, pertinente et adaptée à la problématique du logement en Corse.

 

 

                                 

        groupe Communiste, Républicain et Citoyen
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18 janvier 2008 5 18 /01 /janvier /2008 14:04

Intervention de Alain Bocquet, Député du Nord,  Porte parole des député-e-s communistes et républicains) à l’Assemblée Nationale, le 15 janvier 2008  sur la « modification de titre XV de la Constitution.             

                                                     EXTRAITS

 Ce qui est en jeu,   au travers d’un projet de modification de la Constitution, c’est l’avenir de la France au sein de l’Union européenne.

 C’est pourquoi il est inacceptable que puisse s’envisager la ratification du traité de Lisbonne hoREFERENDUM.jpgrs l’information, la consultation et à fortiori, le consentement populaires. Vouloir donner à cet acte la portée dérisoire d’une formalité expédiée à la hâte, suffit à en faire soupçonner le contenu et  redouter les effets.


 Quel abaissement en outre pour notre Assemblée vouée à l’exécution des basses œuvres.

« Le 5 octobre 1789, le peuple de Paris rassemblé au cri de «A Versailles ! A Versailles» s’y rendait en cortège pour exiger du Roi et de sa Noblesse le respect de la dignité des Français, et pour affirmer la souveraineté de la nation.

Mais aujourd’hui, c’est aux promoteurs de l’ultralibéralisme qu’obéit le Président de la République, et c’est aux ordres des marchés qu’il se range lorsqu’il précipite le Parlement sur le chemin  de Versailles, pour jeter la France dans les bras de l’Europe marchande.   

Et cela au mépris de la démocratie et des principes posés par la Constitution du 4 octobre 1958 qui établit que «la souveraineté nationale appartient au peuple.» 

Et il y a déni de démocratie aujourd’hui, quand le Président de la République décide de passer par dessus les Français, pour faire ratifier par voie parlementaire, un traité qui n’est qu’une fuite en avant dans l’Europe de l’argent roi.[…]

Faut-il  rappeler qu’au premier tour de l’élection présidentielle, tous les candidats sauf Nicolas Sarkozy, complètement isolé sur ce point, s’étaient exprimés en faveur d’un référendum. Ils représentaient pris ensemble, 70% des suffrages. C’est dire si la procédure que le Président veut imposer au pays est contraire à la volonté nationale.

Ils tremblent partout en Europe, les dirigeants financiers et politiques qui n’ont rien oublié du verdict rendu par les peuples français et hollandais le 29 mai puis le 1er juin 2005 : ce double NON populaire, majoritaire, lucide et citoyen opposé au projet de traité constitutionnel européen. Ils tremblent et pour cause. Car le traité de Lisbonne n’est qu’un triste clone du traité constitutionnel rejeté en 2005. Et l'on redoute partout en hauts lieux, les effets du dicton populaire : aux mêmes causes, les mêmes effets.

«Le but de ce traité est d’être illisible déclarait fin décembre le ministre belge des Affaires étrangères. (...)C’est un succès.»[…]

Illisible c’est ce qu’admet en expert, Valéry Giscard d’Estaing qui  précise que «les positions institutionnelles du traité constitutionnel se retrouvent intégralement dans le traité de Lisbonne (…)» et que «les outils sont exactement les mêmes. Seul l’ordre a été changé dans la boîte à outils» On reste admiratif devant une telle hauteur de vue.

 

L’expression  «concurrence libre et non faussée» qui, ajoute Valéry Giscard d’Estaing, "figurait à l’article 2 du projet, est retirée à la demande du Président Sarkozy, mais elle est reprise à la requête des  Britanniques, dans un protocole annexé au traité. »

Même chose pour le principe de la supériorité du droit communautaire sur le droit national.

«Quel est (alors) l’intérêt de cette subtile manœuvre»,  feint de s’interroger Valéry Giscard d’Estaing. C’est, dit-il, d’abord et avant tout d’échapper à la contrainte du recours au référendum (...) » […]

C'est pourquoi la situation fait appel à la mobilisation de chacun de ceux qui, quelle que soit leur avis sur ce traité, considèrent que la décision doit revenir au peuple.[…]


 Le 23 juin 2007, Nicolas Sarkozy affirmait que le Non français avait été entendu, que la référence à «la concurrence libre et non faussée» était abandonnée. Mais prétendument sortie par la porte, elle revient par la fenêtre du protocole n° 6. Ce que le vote de mai 2005 avait rejeté, le Président de la République voudrait donc le rétablir avec l’aval de l’Assemblée et contre la volonté populaire! C'est ce défi que nous relevons ici et à Versailles.[…]

Durant la récente présidentielle, Nicolas Sarkozy avait souligné le «fossé de plus en plus profond entre le peuple et les élites» et la nécessité «d’une Europe pour la démocratie et non pour la bureaucratie». On voit ce qu’il reste huit mois plus tard, de tant de poudre jetée aux yeux de l’opinion.

 

Nicolas Sarkozy est peut-être passé maître dans l'art de distinguer le temps des promesses de celui des actes mais, les sondages en attestent, la réalité est en train de rattraper par la manche le "Président d'un jour du pouvoir d'achat", et nos concitoyens sont de moins en moins décidés à se laisser duper.

 

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18 janvier 2008 5 18 /01 /janvier /2008 13:35
           NOS AMIS DE LA CGT COMMUNIQUENT:

Emplois, Pouvoir d’Achat

Défense du Service Public

 

 

Le 24 Janvier, tous en grève.

Manifestation 10 H Bastia

Palais de Justice

 

 


Le ministre de la Fonction Publique, malgré certaines annonces, ne veut accorder aucune revalorisation du point d’indice.

 

La perte du pouvoir d’achat se poursuit, les 35 H sont attaquées, tandis que les conditions de travail se dégradent.

 

Pour le Ministre, seuls 20% des fonctionnaires auraient perdu du pouvoir d’achat ces dernières années.

 

Même si le Gouvernement a accepté le principe de négociations salariales annuelles, l’augmentation du point d’indice serait marginale, avec une smicardisation des salaires, comme le montre le tableau ci-contre.

 

La valeur du point :

Elément essentiel

 

Depuis janvier 2000, la perte de pouvoir d’achat de la valeur du point  dépasse les 7 %.

 

D’après nos ministres, le pouvoir d’achat de la grande majorité des agents de la Fonction publique se serait quand  même accru durant la période.

Montrons, une nouvelle fois, la perversité de ce raisonnement.

 

En moyenne annuelle, ces 8 dernières années, la valeur du point a augmenté de 0,9 %. Si l’on prend comme hypothèse que le SMIC augmenterait de 2 % l’an à partir de 2008 (ce qui est beaucoup moins que la réalité des années antérieures) et si la progression de la valeur du point suit son rythme antérieur (0,9 %), voilà quelques exemples concrets de ce qu’il adviendra :

u Un adjoint administratif principal de 2ème classe (le 3ème grade du corps) d’une administration centrale de l’Etat, parvenu au 11ème et dernier échelon de son grade (30 ans d’ancienneté) verra son traitement indiciaire ne plus être supérieur au SMIC que de 13 % en 2026 au lieu de 38,8 % aujourd’hui.

u Une infirmière verra son salaire de recrutement rejoint par le SMIC en 2015.

u Un attaché territorial en 2027.

u Enfin, un professeur certifié au sommet de la classe normale verra son traitement passer de 133% au dessus du SMIC à 89 % en 2026.

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18 janvier 2008 5 18 /01 /janvier /2008 13:13


      undefined ELECTIONS  MUNICIPALES DE CAGNANO     

  La campagne des élections municipales  des 9 et 16 Mars 2008 commencera-t-elle à Cagnano?ANGELO-BIS--1.jpg
      
 ANGE FRANCIONI,  tête de liste,   présentera prochainement les membre de sa liste UNION-DEMOCRATIE-PROGRES, ainsi que le  programme rénovateur et progressiste  qu'il propose pour sa commune.          

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17 janvier 2008 4 17 /01 /janvier /2008 16:36

Laïcité : les cinq fautes du président de la République, par Henri Pena-Ruiz

Henri Pena-Ruiz, philosophe, professeur, écrivain, ancien membre de la commission Stasi sur l'application du principe de laïcité dans la République, est signataire de l'appel de Gauche Avenir. Il a publié cette tribune dans le figaro du 3 janvier 2008.


Nicolas Sarkozy a prononcé au Vatican, un discours choquant à plus d'un titre. Soutenir, en somme, que la religion mérite un privilège public car elle seule ouvrirait sur le sens profond de la vie humaine est une profession de foi discriminatoire. Il est regrettable qu'à un tel niveau de responsabilité cinq fautes majeures se conjuguent ainsi. Une faute morale d'abord. Lisons : «Ceux qui ne croient pas doivent être protégés de toute forme d'intolérance et de prosélytisme. Mais un homme qui croit, c'est un homme qui espère. Et l'intérêt de la République, c'est qu'il y ait beaucoup d'hommes et de femmes qui espèrent.»

Dénier implicitement l'espérance aux humanistes athées est inadmissible. C'est montrer bien peu de respect pour ceux qui fondent leur dévouement pour la solidarité ou la justice sur un humanisme sans référence divine. Ils seront nombreux en France à se sentir blessés par de tels propos. Était-ce bien la peine de rendre hommage au jeune communiste athée Guy Môquet pour ainsi le disqualifier ensuite en lui déniant toute espérance et toute visée du sens ? En fait, monsieur le président, vous réduisez indûment la spiritualité à la religion, et la transcendance à la transcendance religieuse. Un jeune héros de la Résistance transcende la peur de mourir pour défendre la liberté, comme le firent tant d'humanistes athées à côté de croyants résistants.

Une faute politique. Tout se passe comme si M. Sarkozy était incapable de distinguer ses convictions personnelles de ce qui lui est permis de dire publiquement dans l'exercice de ses fonctions, celles d'un président de la République qui se doit de représenter tous les Français à égalité, sans discrimination ni privilège. Si un simple fonctionnaire, un professeur par exemple, commettait une telle confusion dans l'exercice de ses fonctions, il serait à juste titre rappelé au devoir de réserve. Il est regrettable que le chef de l'État ne donne pas l'exemple. Curieux oubli de la déontologie.

Une faute juridique. Dans un État de droit, il n'appartient pas aux tenants du pouvoir politique de hiérarchiser les options spirituelles, et de décerner un privilège à une certaine façon de concevoir la vie spirituelle ou l'accomplissement humain. Kant dénonçait le paternalisme des dirigeants politiques qui infantilisent le peuple en valorisant autoritairement une certaine façon de conduire sa vie et sa spiritualité. Des citoyens respectés sont assez grands pour savoir ce qu'ils ont à faire en la matière, et ils n'ont pas besoin de leçons de spiritualité conforme.

Lisons à nouveau : «Dans la transmission des valeurs et dans l'apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l'instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur.» On est surpris d'une telle hiérarchie éthique entre l'instituteur et le curé. L'école de la République a été inventée pour que les êtres humains puissent se passer de maître. Tel est l'honneur des instituteurs et des professeurs.

Grâce à l'instruction, l'autonomie éthique de chaque personne se fonde sur son autonomie de jugement. Elle n'a donc pas à être jugée moins bonne que la direction de conscience exercée par des tuteurs moraux. Étrange spiritualité que celle qui veut assujettir la conscience à la croyance !

Une faute historique. L'éloge du christianisme comme fondement de civilisation passe sous silence les terribles réalités historiques qui remontent à l'époque où l'Église catholique disposait du pouvoir temporel, puisque le pouvoir politique des princes était alors conçu comme son «bras séculier».

L'Occident chrétien peut-il s'enorgueillir du thème religieux du «peuple déicide» qui déboucha sur un antisémitisme particulièrement virulent là où l'Église était très puissante ? Les hérésies noyées dans le sang, les guerres de religion avec le massacre de la Saint-Barthélemy (3500 morts en un jour : autant que lors des attentats islamistes du 11 Septembre contre les Twin Towers), les croisades et les bûchers de l'Inquisition (Giordano Bruno brûlé vif en 1600 à Rome), l'Index Librorum Prohibitorum, censure de la culture humaine, l'anathématisation des droits de l'homme et de la liberté de conscience (syllabus de 1864) doivent-ils être oubliés ? Les racines de l'Europe ? L'héritage religieux est pour le moins ambigu…

L'approche discriminatoire est évidente dès lors que le christianisme est invoqué sans référence aux atrocités mentionnées, alors que les idéaux des Lumières, de l'émancipation collective, et du communisme sont quant à eux stigmatisés à mots couverts au nom de réalités contestables qu'ils auraient engendrées. Pourquoi dans un cas délier le projet spirituel de l'histoire réelle, et dans l'autre procéder à l'amalgame ? Si Jésus n'est pas responsable de Torquemada, pourquoi Marx le serait-il de Staline ? De grâce, monsieur le président, ne réécrivez pas l'histoire à sens unique !

Comment par ailleurs osez-vous parler de la Loi de séparation de l'État et des Églises de 1905 comme d'une sorte de violence faite à la religion, alors qu'elle ne fit qu'émanciper l'État de l'Église et l'Église de l'État ? Abolir les privilèges publics des religions, c'est tout simplement rappeler que la foi religieuse ne doit engager que les croyants et eux seuls. Si la promotion de l'égalité est une violence, alors le triptyque républicain en est une. Quant aux droits de l'homme d'abord proclamés en Europe, ils proviennent de la théorie du droit naturel, elle-même inspirée de l'humanisme de la philosophie antique et notamment de l'universalisme stoïcien, et non du christianisme. Si on veut à tout prix évoquer les racines, il faut les citer toutes, et de façon équitable.

Une faute culturelle. Toute valorisation unilatérale d'une civilisation implicitement assimilée à une religion dominante risque de déboucher sur une logique de choc des civilisations et de guerre des dieux. Il n'est pas judicieux de revenir ainsi à une conception de la nation ou d'un groupe de nations qui exalterait un particularisme religieux, au lieu de mettre en valeur les conquêtes du droit, souvent à rebours des traditions religieuses. Comment des peuples ayant vécu avec des choix religieux différents peuvent-ils admettre un tel privilège pour ce qui n'est qu'un particularisme, alors que ce qui vaut dans un espace politique de droit c'est justement la portée universelle de conquêtes effectuées souvent dans le sang et les larmes ?

Si l'Europe a une voix audible, ce n'est pas par la valorisation de ses racines religieuses, mais par celle de telles conquêtes. La liberté de conscience, l'égalité des droits, l'égalité des sexes, toujours en marche, signent non la supériorité d'une culture, mais la valeur exemplaire de luttes qui peuvent affranchir les cultures, à commencer par la culture dite occidentale, de leurs préjugés. Simone de Beauvoir rédigeant Le Deuxième Sexe pratiquait cette distanciation salutaire pour l'Occident chrétien. Taslima Nasreen fait de même au Bangladesh pour les théocraties islamistes. La culture, entendue comme émancipation du jugement, délivre ainsi des cultures, entendues comme traditions fermées. Assimiler l'individu à son groupe particulier, c'est lui faire courir le risque d'une soumission peu propice à sa liberté. Clouer les peuples à des identités collectives, religieuses ou autres, c'est les détourner de la recherche des droits universels, vecteurs de fraternité comme d'émancipation. Le danger du communautarisme n'est pas loin.

La laïcité, sans adjectif, ni positive ni négative, ne saurait être défigurée par des propos sans fondements. Elle ne se réduit pas à la liberté de croire ou de ne pas croire accordée avec une certaine condescendance aux «non-croyants». Elle implique la plénitude de l'égalité de traitement, par la République et son président, des athées et des croyants. Cette égalité, à l'évidence, est la condition d'une véritable fraternité, dans la référence au bien commun, qui est de tous. Monsieur le président, le résistant catholique Honoré d'Estienne d'Orves et l'humaniste athée Guy Môquet, celui qui croyait au ciel et celui qui n'y croyait pas, ne méritent-ils pas même considération ?

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17 janvier 2008 4 17 /01 /janvier /2008 16:23

APRES LE DISCOURS ANTILAIQUE DE N.SARKOZY à ST JEAN DE LATRAN

Une apostasie de la République

Par Yves Lemoine, magistrat, historien.

 

Pour nous autres « modernes », le phénomène religieux ne saurait être intelligible en dehors d’une analyse historique sérieuse. En tenant des propos naïfs à Rome sur la laïcité, le président de la République se situe en « appartenance » à cette variante du christianisme qu’est le catholicisme. De se situer à l’intérieur de cette confession, le disqualifie pour porter un jugement sur « l’historicité » du phénomène religieux. Ce n’est pas un anticlérical « laïcart » qui tient ce raisonnement mais un théologien allemand du début du XXe siècle. Ernst Troeltsch, à la fois professeur de théologie (protestant) et représentant de l’historisme allemand proche de Weber. Sa pensée permet d’interpréter les propos tenus au Vatican par le président Sarkozy.

Pour ce théologien (dont l’oeuvre est attentivement retravaillée), le jugement porté par un groupe sur lui-même, sur ses convictions ou ses expériences ne suffit pas à donner une vue historiquement pertinente du rôle effectif de ce groupe ni de ses forces ou de ses faiblesses, ni même à fournir une appréhension de sa signification et de son identité. C’est ainsi qu’il n’y a pas d’identité du christianisme hors d’un examen attentif des procès ou d’une dynamique d’échanges, conflictuel avec toutes sortes de données hétérogènes. C’est la base même de la méthode « historico-critique » ; c’est la base même de tout travail de réflexion qui pourrait avoir quelque crédit et qui ne soit pas une complaisante redite des « racines chrétiennes », pure idéologisation théologique et ecclésiastique. Dans son livre Quand notre monde est devenu chrétien, Paul Veyne nous rappelle, ce qui est de bon sens, qu’on n’a jamais vu qu’une civilisation ait quelque part, à travers ses multiples et complexes réalités, contradictoires, polymorphes, polychromes, des « assises » ou des « racines ». La religion est seulement un des traits physionomiques d’une société, trait élu autrefois comme caractéristique de celle-ci. Cet « autrefois » nous renvoie à l’idée de « patrimoine », ce qui veut dire que le christianisme est ce que nous fûmes et qui reste un nom ancestral. Il n’est jusqu’au cardinal Vingt-Trois qui, dans un entretien au journal l’Express (5 avril 2007), déclare que les candidats à l’élection présidentielle profèrent des déclarations qui renvoient à une culture chrétienne sous-jacente, ajoutant : « Une pensée largement laïcisée, voire totalement areligieuse, emprunte certains thèmes ou certaines expressions chrétiennes. » Ajoutons que, de droite ou de gauche, la phraséologie intéressée impudiquement étalée dans sa forme de bondieuserie politique soulignait, par sa vacuité même, l’utilitaire du propos (ce que ne manque pas de suggérer l’archevêque de Paris dans un style très ecclésiastique).

Si nous rapprochons la pensée importante du théologien et celle de l’historien, c’est qu’ils sont tous les deux de très bons spécialistes de l’Antiquité tardive et que tous les deux concluent qu’on ne saurait comprendre le christianisme selon une seule veine linéaire traversant l’histoire. Le luthérien privilégie la lecture d’une réalité religieuse irréductiblement complexe. Veyne comme Troeltsch font une lecture généalogique (et donc lente).

Non, la France pas plus que l’Europe n’ont de « racine » chrétienne ; l’une et l’autre inspirent le christianisme tant il est vrai que ce n’est pas le christianisme qui est à la racine de l’Europe, mais que c’est l’Europe actuelle qui inspire le christianisme, ou certaines de ses versions.

Tout lecteur attentif de Montesquieu aura compris que ce dernier n’accorde à la religion que cette sorte de minimum vital dans une société où elle est encore omniprésente mais déjà épuisée. Ainsi affirme-t-il une double rupture avec l’histoire des nations telles que vues, par les historiens du siècle précédent, le XVIIe siècle et spécialement par Bossuet. Non, Dieu ne lie pas ses desseins au sort d’un État (et la fortune d’un État n’a jamais rien de miraculeux).

Et Montesquieu ouvre la porte à la laïcité dans la deuxième affirmation : « Les objectifs de Dieu ne se confondent nullement avec l’élévation ou la gloire de l’Église. » Affirmation qu’accompagne une analyse où se retrouveront tous les laïques dont je suis : l’objet de la religion chrétienne est de sanctifier les hommes. Cet objet est en soi indépendant de la position temporelle qu’occupe l’Église. Pour l’auteur des Considérations sur les causes de la grandeur des Romains, il est à présumer que la véritable piété va jusqu’à préférer le salut temporel de la nation avant la glorification de l’Église, et d’en conclure que « lorsqu’un gouvernement qui professe la religion chrétienne écrase le peuple par des impôts excessifs, on ne doit pas attendre de Dieu qu’il maintienne ce gouvernement contre les armes des infidèles, sous le prétexte que l’Église en serait affaiblie ». Par analogie on peut penser de même quand ce gouvernement ne loge pas les sans-abri de manière décente, qu’il professe la vieille version conservatrice de Monsieur Thiers, « enrichissez-vous », avec un mépris total pour les plus faibles.

En vérité Montesquieu nous montre sous une lumière crue ce qu’il en est de la religion comme « opium du peuple » : la religion a pour fonction - dans les sociétés anciennes - d’asservir les dieux à la politique pour que les citoyens demeurent vertueux. Mais dans les monarchies (dans l’esprit de Montesquieu, gouvernement modéré propre aux époques modernes), « la politique fait de grandes choses avec le moins de vertu qu’elle peut ».

Célébrer la vertu des moines de Tibéhirine est louable, tout comme rappeler la mémoire de l’évêque d’Oran. Mais le président de la République est comptable devant nous de la tradition laïque qui fonde notre société dans ses versions même irréligieuses, parce qu’il en est le garant.

Ne pas l’affirmer, fût-ce au Vatican, est une forme d’apostasie inédite pour un président de la République : c’est apostasier la République.  [ L'Humanité du 10 janvier 2008 ]

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17 janvier 2008 4 17 /01 /janvier /2008 16:16

                                                     
                             " Travailler plus pour gagner plus"(N.Sarkozy)

                                                                  nouveaunoir-copie-1.gif
                  

ASSEZ DE MENSONGES !

VOUS AVEZ LE DROIT DE SAVOIR

CAR C'EST VOUS QUI PAYEZ !

INCROYABLE ! L'ISF de SARKOZY !

On s'en doutait !

Mais la Direction des Services Fiscaux vient de le confirmer !

SARKOZY ne paye aucun impôt depuis plus de 12 ans ….

Alors que depuis son élection ses revenus se décomposent ainsi :

Indemnité mensuelle du Président de la République : …………………..24.874, 55 €

Retraite de député ( à vie )…………………………………………………….9.298,21 €

Retraite de ministre ( à vie et convertible après son décès en rente viagère pour ses héritiers, les petits Sarko sont tranquilles … ) : …………….8.776, 34 €

Retraite de maire de Neuilly ( à vie ) : ……………………………………….6.241, 92 €

soit un total mensuel plutôt gentillet de :

49.191,02 € !!!

La misère en somme !

Et quelle somme !

Même si, tout à fait légalement,

30 % de ces revenus ne sont pas imposables,

il reste tout de même à notre agité de l'Elysée un revenu imposable mensuel de :

34.435 ,71 € !!!

On se demande où Cecilia est partie trouver mieux !

Mais sur ces petites rentes, Sarko ne paye plus aucun impôt, malgré les réclamations qui lui sont faites depuis 1995 !!!

Et ce n'est pastout !

Sarko a déclaré pour l'ISF un patrimoine de

1.576.394 €, juste avant l'élection présidentielle.

Or il est propriétaire, outre de trois assurances-vie

totalisant 897.654 €, de :

1 appartement de 340 m² à Neuilly

3 studios de rapport dans le 6ème

1 résidence d'été de 11 pièces et 13.000 m² de terrain à côté d'Ajaccio ( son intérêt pour la Corse n'est pas …. désintéressé… )

1 appartement pour les sports d'hiver au dessus de Chamonix ( 120 m² )

Sans compter quelques jolies collections de tableaux non assujetties à l'I.S.F….

Inutile de valoriser ces babioles !

Le tout ne dépasse sûrement pas

1.576.394 € … (*)

Vous qui peinez sous le labeur et les charges,

diffusez largement ces VERITES autour de vous !!!

Assez de la France qui travaille et de la France qui empoche !

VOUS DEVEZ TOUS TOUT SAVOIR !!!

Car pourTOUS , il faudra que la justice passe !

(*) Toutes ces informations sont vérifiables sur le site de la Recette Principale de Neuilly.visitez vite ce site avant censures eventuelles...

L'ump c'est cela: voyez vos mairies et les dépenses  

                                                        Jacques-André  SALDUCCI

 

 

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16 janvier 2008 3 16 /01 /janvier /2008 13:01

Nicolas Sarkozy : "La France veut être l’amie du monde arabe".


 La France veut être l’amie du monde arabe, a déclaré lundi N. Sarkozy en Arabie Saoudite pour rassurer les pays arabes sur la continuité de la politique française au Moyen-Orient, alors que  son soutien au régime israélien et son alignement sur celui de Washington suscitent  des interrogations dans le monde arabe, notamment en Arabie saoudite, partenaire de longue date de la France

"La France veut être l’amie de l’Arabie saoudite, la France veut être l’amie du monde arabe", a dit N.Sarkozy en conclusion d’un discours devant le Majlis ach-Choura (Conseil consultatif saoudien), une assemblée de 150 membres nommés par le souverain du royaume wahhabite.

La France "appuie sans réserve le plan de la Ligue arabe" pour sortir le Liban de sa crise actuelle et ne "ménagera aucun effort pour que le Parlement libanais puisse élire dans les meilleurs délais un président", a dit Nicolas Sarkozy qui envisagerait, selon le quotidien en langue arabe "Al-Hayat »,   une "normalisation" des relations avec Damas après la fin de la crise libanaise, c’est-à-dire  "à partir du moment où un résultat concret aura été obtenu au Liban", sans président depuis le 23 novembre, ce qui ne signifie pas "que nous nous interdisions tout contact avec la Syrie"a précisé l’ami de Bolloré.

Il a par ailleurs salué le plan du roi Abdallah d’Arabie saoudite, approuvé par la Ligue arabe, pour régler le conflit israélo-palestinien. "La justice pour le peuple palestinien est la condition de la paix et de la sécurité d’Israël", a-t-il dit.

Nicolas Sarkozy a réaffirmé que la France ne voulait pas seulement être un "partenaire économique stratégique" pour l’Arabie saoudite mais aussi un "partenaire politique". "Parce que l’Arabie Saoudite et la France partagent les mêmes objectifs d’une politique de civilisation, parce que l’Arabie Saoudite et la France ont le même souci de tout faire pour que soient évités le choc des civilisations et la guerre des religions", a-t-il expliqué.

"Parce que l’Arabie Saoudite et la France ont toutes deux dans le monde, chacune à sa manière, une influence morale qui leur fait un devoir de se battre pour la paix et pour la justice", a-t-il ajouté. "L’Arabie Saoudite et la France n’ont pas seulement des intérêts en commun. Elles ont aussi un idéal commun. Elles doivent s’unir pour le faire progresser malgré toutes les forces qui dans le monde s’y opposent", a-t-il ajouté.

(Lundi 14 janvier 2008 - Avec les agences de presse)

  
N.Sarkozy semble ignorer non seulement  l’Histoire (on l’a vu à sa référence à Clovis et la christianisation de la France devant le Pape) mais aussi la réalité de la péninsule arabique où la démocratie n’est pas une caractéristique des pays qui se la partagent.

L'Arabie saoudite est régie par les principes du wahhabisme, une interprétation très rigide de l'islam qui impose une séparation totale des sexes et impose des restrictions très strictes aux femmes. Ainsi, les femmes n'ont pas le droit d'être en compagnie d'hommes qui ne sont pas leur mari, un frère ou un fils ; les femmes doivent se couvrir de la tête aux pieds en public ; elles peuvent posséder une voiture mais ne peuvent la conduire ; etc.

Le wahabisme est une hérésie de l'Islam sunnite qui revendique un Islam pur et dur, débarrassé de la  « gangue idolâtre et moderniste amassée pendant des siècles ». Cette religion intégriste a été inventée par un homme ambitieux et révolté au milieu du 18ème siècle, Mohammed ibn A'bdel Wahab (ne pas confondre avec le chanteur populaire égyptien des années 40!) Cette hérésie est basée sur le refus  d'intermédiaires  entre le musulman et Allah (interdiction d'adorer un ange, un prophète ou un saint); lors de la prière, pas d'invocation d'autres noms que ceux de Allah; ne pas fumer ni boire d'alcool; ne pas utiliser de rosaire dans la prière ou la méditation; ne pas construire de minaret et ne pas sculpter des décorations dans une mosquée; ne pas faire de pèlerinage sur une tombe.

Rappelons encore, dans le chapitre: "La France et l'Arabie Saoudite partagent les mêmes objectifs d' une même politique de civilsation",  que le 21 novembre 2007 une jeune fille  de 19 ans, victime fin 2006 d'un viol collectif, a  été condamnée à six mois de prison et deux cents coups de fouet en raison de circonstances accessoires au délit : être restée seule avec un homme. L'avocat de la victime a déclaré que  l'affaire résumait «  les principaux problèmes dont souffre le système judiciaire[saoudien] »   

D’abord condamnée à 90 coups de fouet en octobre 2006, après le viol,  pour s'être trouvée dans une voiture en compagnie d'un homme n'appartenant pas à sa famille, a vu le 14 novembre suivant sa peine aggravée et portée à 200 coups de fouet et six mois de prison parce qu’ qu'elle aurait « tenté d'influencer le tribunal par voie de presse » (elle avait alerté l'opinion internationale sur son cas en mars dernier). Juridiquement, le tort de la jeune fille, âgée de 18 ans au moment des faits, serait de s'être trouvée en compagnie d'un homme (un maître chanteur qui détenait apparemment des photos d'elle qu'elle voulait récupérer) qui n'était pas de sa famille.Tous deux avaient ensuite été agressés, kidnappés et violés par un groupe de sept hommes (qui ont écopé pour leur part, en instance, de peines de prison allant de dix mois à cinq ans). Notons que la jeune femme appartient à la minorité chiite, alors que les sept agresseurs sont sunnites.

 

 De quel idéal commun entre la France et l'Arabie Saoudite parle-t-il ?  De quelle objectifs de  civilisation, de quelle justice  parle N. Sarkozy ? : l’asservissement des femmes, l’intégrisme religieux, le confessionnalisme dominant, les condamnations à mort ou au fouet, l'amputation des voleurs,  l’absence de  syndicats et la répression contre les communistes et les travailleurs étrangers ?


Quant à l’écrasant silence de Kouchner,  inventeur du droit d’ingérence humanitaire (en Afrique, mais pas à Guantanamo) et donneur de leçons….. 

"La France veut être l’amie du monde arabe"…..  On aurait préféré un peu plus de compréhension du drame vécu par les Palestiniens, moins de diatribes contre la Syrie et plus contre le régime colonialiste d’Israël qui n’a pour objectif que  la destruction du Liban et la négation de la Palestine , un peu plus de sympathie pour le peuple irakien sous occupation,  pour les saoudiens qui se battent pour la liberté dans leur pays, et tous les peuples arabes (et tous les autres peuples d'ailleurs)victimes de tyrans soumis à l’impérialisme et/ou au dktats du FMI et des marchés financiers, passés maîtres dans l'art de faire prendre des vessies pour des lanternes  et la résistance à l'impérialisme pour une guerre des civilisations.
                            
                                                                         u-cursinu-rossu.jpg      u cursinu rossu

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16 janvier 2008 3 16 /01 /janvier /2008 10:23

Délégation Générale de Palestine :COMMUNIQUE DE PRESSE                              drapeau-palestine-.gif

                                                         

    15 janvier 2008

 

Le Président Mahmoud Abbas dénonce le massacre commis aujourd'hui par l'armée d'occupation israélienne contre la population palestinienne à Gaza. L'incursion militaire israélienne a fait depuis ce matin 17 tués et près de 47 blesses parmi lesquels plusieurs enfants.

 

«Ce qui s'est passé aujourd'hui est un massacre, une tuerie contre le peuple palestinien. Notre peuple ne peut pas passer ces massacres sous silence», a déclaré M. Abbas à la presse à Ramallah, en Cisjordanie. «Ces massacres ne peuvent pas apporter la paix», a-t-il ajouté.

 

Plus d'une vingtaine de chars israéliens avec une couverture aérienne ont ciblé les citoyens venus apporter du secours aux victimes de l'incursion.

 

Les deux dernières semaines à elles seules ont vu plus de 39 palestiniens qui ont trouvé la mort et près de 164 blessés, dont plus de 50 enfants et plusieurs femmes, lors de 33 incursions en Cisjordanie et les 5 effectués à Gaza. Le nombre total de palestiniens tués depuis le début de l'année 2000 s’élevant ainsi à plus de 6.000, dont la grande majorité sont des civils.

 

L'Autorité palestinienne condamne avec la plus grand fermeté ces assassinats extrajudiciaires qui constituent non seulement une violation flagrante de la IVème Convention de Genève, du droit international humanitaire, mais aussi à la reprise du processus de paix sous les auspices de la communauté internationale lors de la conférence d'Annapolis.

 

Depuis le début de l’année, l'armée israélienne a arrêté 93 citoyens civils palestiniens parmi lesquels 14 enfants.  Elle a rasé plus de 259 donums de terres agricoles et démoli 2 maisons à Gaza, dont la population reste sous siège hermétique depuis 10 mois.

 

Un siège qui a des conséquences dramatiques sur la vie de nos concitoyens dans la Bande de Gaza ; 71% des palestiniens souffrent de l’insécurité alimentaire et 79% de l’insuffisance médicale. D’ailleurs depuis le début du siège, 69 patients palestiniens sont morts dans l’attente d’obtenir l’autorisation de l’armée israélienne de quitter Gaza pour recevoir les soins nécessaires à l’étranger.

 

La Délégation Générale de Palestine appelle l'ensemble de la communauté internationale à exercer  le devoir d'ingérence humanitaire afin de protéger la population palestinienne dans les territoires occupés, d'appliquer le droit international, ainsi que de se porter garant pour préserver l'esprit d’Annapolis et l'application de la feuille de route afin d'établir l'Etat Palestinien avant la fin de 2008.

 

Contacts pour plus d’information :

Safwat Ibraghit 06 65 70 09 20

Anas Abderrahim 06 11 56 72 79

del.palestine.press@orange.fr

 

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