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20 septembre 2017 3 20 /09 /septembre /2017 06:46
Info Marianne

Exclusif - Le séminaire "team building" des députés macronistes : 250.000 euros aux frais du contribuable...(suite sans intéret)....ils ne s'expriment  pas en français, ces gens-là???

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19 septembre 2017 2 19 /09 /septembre /2017 14:47
REMUE-MENINGES:Le goujat, la tambouille et la plus grande fête populaire de France

Le goujat, la tambouille et la plus grande fête populaire de France

Le mal élu à la présidence de la République française, 8 Français sur 10 n’ont pas voté pour lui, le déjà défraichi Macron, peut être assuré au moins d’une chose : il figurera au Guinness des records de la muflerie.
Souvenez-vous de quelques-uns de ses bons mots :
« Si j’étais chômeur, j’essaierai de me battre d’abord » ;
« Il faut des jeunes Français qui aient envie de devenir milliardaires » ;
Et encore « femmes illettrées », « libéralisme valeur de gauche », « je n’aime pas ce terme de modèle social », « la meilleure façon de se payer un costard c’est de travailler » et plus récemment « faignants et cyniques ». Avec une petite dernière sur les « grincheux ».

J’en arrive à penser qu’en sortant du ventre de sa mère, la première chose que Macron s’est demandé c’est combien de gens il pourrait emmerder au cours de sa vie. Macron est un expert en matière de goujaterie. Pas seulement.

Il est aussi le produit de ces « gagneurs », ces « compétiteurs », bref cette génération accouchée par les banques et la grande bourgeoisie qui lui ont confié trois objectifs : casser les conquêtes sociales au nom de la « réforme » et du « modernisme », installer durablement l’ultra libéralisme, tenter une opération rassemblant les ventres mous du spectre politique français dans une formation « en Marche » qui bat, déjà, sérieusement de l’aile.

Il est aussi le produit d’une stratégie du spectacle de la communication contrôlée au millimètre près frisant le ridicule comme récemment sur l’ile ravagée de Saint Martin. Son entourage avait laissé croire que le président avait dormi sur un lit de camp et s’était lavé avec un seau d’eau, alors qu’il avait été hébergé et avait dormi dans la chambre d’ami d’une gendarmette.

Il y a aussi les copains et les coquins à recaser. Dernier exemple, la nomination de Stéphane Bern à la défense du patrimoine national. Un bouffon de la télévision venu du « Figaro », comme s’il n’y avait pas des spécialistes notamment les architectes des bâtiments de France pour assurer une telle fonction. Mais peut être existe-t-il un lien entre le lourd endettement contracté par M. Bern après l’achat d’un château en Eure et Loir et sa nouvelle mission.

Au beau milieu de ce marigot, un moment de fraternité : la fête de « l’Humanité ». Un beau succès cette année, malgré le temps incertain et des mesures d’organisation obligatoires par ces temps troublés. Du monde partout à La Courneuve le week-end dernier. La foule devant la scène centrale, la foule dans les avenues de la fête, la foule aux dizaines et dizaines de débats. Et retenez bien un fait prometteur : une foule jeune, très jeune.

Comment expliquer le succès de la fête de l’Huma que certains veulent inscrire au patrimoine national. Il s’agit en fait d’un cocktail mêlant la lutte contre les injustices, pour le progrès social et la solidarité internationaliste ; un cocktail aux multiples ingrédients allant de l’envie de faire la fête aux besoins de se retrouver, de dialoguer, de confronter, de s’aimer. Bref, une folle envie de communisme, au sens plein du terme.
Avez-vous remarqué que dans ce rassemblement à plusieurs centaines de milliers de personnes aucun incident n’est à déplorer ? Avez-vous noté que le succès de cette fête repose sur le bénévolat de milliers de militants communistes ? Avez-vous observé que les sans-grades deviennent harangueurs de foules tandis que les intellos s’agrippent aux fourneaux des cuisines ? Avez-vous aussi regretté que d’une phrase banale de Pierre Laurent sur le thème « personne n’a le monopole de la vérité », une vague médiatico-politico-mélenchoniste ait voulu réduire la fête à leur sport préféré : la tambouille politicienne ?

Le succès de la plus grande fête populaire de France donne des couleurs aux communistes et plus généralement à toute la gauche. Ce qui aurait ravi un de ses fidèles, le regretté Jean Ferrat, dont on ne se lasse pas d’écouter la chanson « Camarade ». Ecoutons.

José Fort

 
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19 septembre 2017 2 19 /09 /septembre /2017 13:14
 BASTIA ,LA NUIT
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19 septembre 2017 2 19 /09 /septembre /2017 12:59
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19 septembre 2017 2 19 /09 /septembre /2017 12:22

 

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19 septembre 2017 2 19 /09 /septembre /2017 12:17
Therese Laffont
14 h

Privatisations : Ouverture de la braderie
Le gouvernement veut vendre pour 10 milliards d’euros de participations qu’il détient dans de grandes entreprises. Les rapaces capitalistes sont à l’affût.
C’est l’inverse qu’il faut défendre : de véritables services publics, sans objectif de « rentabilité » ou de « productivité », sous contrôle des salariéEs et des usagerEs.

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19 septembre 2017 2 19 /09 /septembre /2017 12:08

L'abbé Grégoire, combattant anti-esclavagiste

Publié le 12/09/2017
 
L'abbé Grégoire ; entre 1790 et 1792 - source Gallica BnF
 

 

Le député Henri Grégoire, figure emblématique de la Révolution, fut l'un des principaux partisans de l'abolition face aux représentants des colons esclavagistes.

Né en 1750, Henri Jean-Baptiste Grégoire, également appelé l'abbé Grégoire, fut une figure importante de la Révolution. Prêtre catholique, membre de l'Assemblée constituante et adhérent de la Société des amis des Noirs de Brissot de Warville, il plaida sans relâche pour l'abolition de l'esclavage.

 

Le 10 mai 1791, il prononce à l'Assemblée un discours "pour procurer aux gens de couleur les droits des citoyens actifs", retranscrit dans le Courrier extraordinaire du 12. Le discours porte sur les droits des gens de couleur nés dans les colonies de parents libres (les planteurs "mulâtres", c'est-à-dire métis, et non les esclaves affranchis), et s'oppose au comité colonial de Barnave, opposé à toute réforme du système esclavagiste :

 

"On a attribué à la société des amis des noirs, d'avoir favorisé les prétentions des habitants de couleur, d'avoir entretenu leur insurrection, de leur avoir fourni des fusils, cela est faux, Messieurs ; […] en réclamant, Messieurs, la liberté, les gens de couleur ne demandent point des droits nouveaux, ils demandent seulement que vous ne les dépouilliez point de ceux qui leur ont été accordés par un roi despote, par Louis XIV enfin, en 1685."

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19 septembre 2017 2 19 /09 /septembre /2017 09:32

Fête de l’Huma 2017 : le bel espoir du commun

18 Septembre 2017

Les esprits chagrin pensent que les milliers de communistes qui ont œuvré au succès de la Fête de l’Huma n’avaient pour seule préoccupation que de régler des comptes avec JL Mélenchon et la FI. Nous avions bien noté qu’il serait représenté donc absent. Par conséquent, il ne pouvait être en deux lieux différents simultanément.

Le choix de se rendre à la Réunion lui appartient et nous le respectons comme son annonce bien plus précoce précisant que cette année il ne se rendrait pas à la Fête de l’Huma. Alors oui JL Mélenchon était ailleurs et c’est dommage mais comme d'autres, Besancenot, Hamon, Autain, Ruffin...  il y avait sa place car la foule présente à cette Fête n’est pas venue que pour des concerts il n’y a qu’a voir les milliers de pétitions signées contre les ordonnances antisociales du gouvernement Macron Philippe pour s’en convaincre.

Mais cela serait insuffisant s’il n’y avait eu les dizaines de débats et les échanges par milliers pour proposer de signer cette pétition ou encore de rejoindre le PCF et être plus forts dans cette bataille essentielle où il faut, sans querelle de chapelle, travailler à la constitution d’un rapport de force politique contre le recul de société voulu par Macron et le MEDEF.

L’intérêt des travailleurs et par la même du peuple se situe là et pas ailleurs, dans ce combat et la volonté de fédérer les énergies antiaustérité pour imposer la justice sociale et donner tout son sens à l’objectif de changement de société. Comme l’a dit Pierre Laurent : « notre beau slogan « L’humain d’abord » n’est pas de l’affichage, c’est notre ligne de conduite au quotidien ».

A ceux qui s’interrogent incongrûment sur l’intérêt d’organiser cette gigantesque rencontre populaire, unique en son genre, chaque année Pierre Laurent répond : « Notre Fête, votre Fête de l'Humanité, qui porte plus que jamais son nom comme une promesse, est une terre d’accueil, la terre de tous les combats, de toutes les fraternités humaines, de toutes les cultures. C'est une terre de liberté et de débats, où la parole politique n'est pas confisquée, où elle est d'abord la parole populaire… ».

Voila ce qui fait le succès de la Fête de l’Huma et l’engagement intact et renouvelé des militants communistes pour le concrétiser. Au retour de cet événement il y a la fatigue mais surtout le bonheur de l’avoir vécu et la satisfaction d’avoir contribué à reconstruire ce bel espoir du commun.

Michel Stefani

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19 septembre 2017 2 19 /09 /septembre /2017 06:56
MARE NOSTRUM:Un succès BDS

 

 

Un succès BDS : le Portugal se retire d’un projet de l’UE impliquant la police israélienne

lundi 12 septembre 2016 / 8h:58

BDS - Portugal
La décision du gouvernement portugais est un réel encouragement pour la campagne BDS. S'appuyer sur un savoir-faire acquis dans des conditions aussi violentes, illégales et immorales a été jugé inacceptable - Photo : ActtiveStills.org
 
 
Communiqué BDS – Le gouvernement du Portugal s’est retiré d’un projet controversé de coopération avec la police israélienne, suite à une pression de la campagne BDS.

 

Le ministère portugais de la Justice a annoncé qu’il s’était retiré d’un projet conjoint – financé par l’Union Européenne – avec le ministère israélien de la Sécurité publique, la police nationale israélienne et l’université israélienne Bar Ilan. Le projet intitulé Law Train, qui vise à uniformiser les méthodes d’interrogatoire de la police, a suscité la controverse au Portugal en raison de la vive opposition à la participation d’Israël dans le programme européen Horizon 2020 et les violations répétées des droits de l’homme par les institutions et organisations israéliennes qui participent à ce programme.

Le gouvernement portugais a subi une forte pression des groupes de la société civile qui militent pour la fin de la coopération avec Israël. Les partis politiques ont dénoncé au Parlement l’usage systématique de la torture par la police israélienne et le rôle du ministère israélien de la Sécurité publique dans la détention illégale de milliers de prisonniers politiques palestiniens.

Le mouvement BDS salue la décision du Portugal

Jamal Juma’, coordinateur de la campagne Stop the Wall – une organisation membre du Comité national palestinien du BDS (BNC) – a salué la décision de principe prise par le gouvernement de centre-gauche du Portugal :

« Cette décision prise par le Portugal donne de l’espoir à notre peuple et envoie un message fort à Israël qu’il n’y aura pas de business aussi longtemps qu’il poursuivra son agression militaire contre Gaza et sa répression en Cisjordanie. Ce projet de l’UE donne une reconnaissance tacite au contrôle et à la répression du peuple palestinien par Israël, et détourne23 août 2016 – BDS Movement – Traduction : Chronique de Palestine – Lotfallah les yeux des abus notoires d’Israël à l’encontre des Palestiniens, la torture étant considérée comme une ‘technique d’interrogatoire’ de routine. »

Le projet de cinq millions d’euros vise à développer les techniques pour unifier les méthodes de questionnement par les polices [européennes] par  » l’amélioration des compétences d’interrogatoire  » et en comblant ce que l’on qualifie de « lacunes dans la culture, la législation, le style des interrogatoires ». Les forces de police impliquées contribueront avec leur  » expérience dans l’interrogatoire et la lutte contre la criminalité, à développer le système ». Le ministère israélien de la Sécurité publique et la police d’Israël sont accusés par les organisations de défense des droits de l’homme et par les Nations Unies, de pratiquer les détentions illégales, d’user de façon routinière la torture lors des interrogatoires, et de se servir d’une violence excessive contre les manifestants palestiniens.

Intensifier la campagne pour le Boycott, et mettre un terme aux projets de l’Union Européenne

Le Service Public Fédéral de Justice de Belgique et le ministère de l’Intérieur et la police de l’Espagne, des entreprises privées, des universités et des institutions de recherche, restent impliqués dans le projet dans le cadre de l’initiative européenne pour la recherche : Horizon 2020. Après cette nouvelle victoire, les groupes soutenant le mouvement BDS en Espagne et en Belgique se sont engagés à intensifier leur campagne pour mettre fin au projet.

« Nous remercions les organisations de la société civile et les partis politiques du Portugal qui ont agi avec nous pour construire une solidarité effective basée sur l’appel au Boycott, au Désinvestissement et aux Sanctions (BDS) et assurer qu’il n’y aura aucun risque de prolifération des pratiques illégales et inhumaines israéliennes dans leur propre système de justice », a déclaré Juma’.

Une coalition sans précédent au Portugal, faite de groupes de solidarité, d’organisations de défense des droits de l’homme et de militants anti-racistes – avec également l’association représentant les officiers de la Révolution de 1974 – s’est réunie sur la base d’un rapport de Stop The Wall exposant la coopération et ses conséquences sur les droits de l’homme et la liberté des Palestiniens. Le Parti communiste portugais et le Parti des Verts avaient vivement interpellé les ministres des Affaires étrangères et de la Justice sur la question.

Le Movimento Pelos Direitos do Povo Palestino e Pela Paz no Medio Oriente (MPPM), initiateur de la coalition de la société civile contre le projet, a déclaré :

« Nous nous félicitons de la décision du Ministère de la justice de mettre fin à la participation de la police portugaise dans le projet Law Train. Le désengagement par le gouvernement portugais, est une victoire de toutes les forces qui en Palestine, au Portugal et en Europe, ont appelé à mettre fin à ce projet de coopération avec l’appareil répressif d’Israël ».

Aucun partenariat avec L’État de l’Apartheid !

Ces nouvelles ont été diffusées alors que le prisonnier palestinien Bilal Kayed poursuivait sa grève de la faim illimitée depuis le mois de juin 2015. Il y a actuellement plus de 7000 prisonniers palestiniens dans les prisons israéliennes, beaucoup d’entre eux étant incarcérés sans inculpation. Le Comité des Nations unies contre la torture à en mai dernier, une nouvelle fois exhorté Israël à prohiber l’usage de la torture, et a dénoncé son usage courant ainsi que tous les autres mauvais traitements lors des interrogatoires. Les organisations de défense des droits de l’homme ont toujours condamné ces traitements violents, en particulier à l’égard des Palestiniens mineurs.

Riya Hassan, coordinateur européen pour le comité directeur du BDS, a conclu:

« Cette dernière victoire est une nouvelle preuve que les gouvernements européens commencent à se soucier d’avoir Israël comme partenaire dans des projets qui risqueraient alors de porter atteinte aux libertés fondamentales, à la démocratie et aux droits de l’homme. Il y a encore un long chemin à parcourir pour mettre fin à la complicité de l’Europe avec l’Apartheid israélien. Le projet Law Train se poursuit avec les autres participants et ce n’est qu’un des nombreux projets militaires et de sécurité financés par la Commission européenne avec l’argent des contribuables. »

Notes :

Dans le cadre de la campagne dans le reste de l’Europe, des députés du Portugal, d’Espagne et de Belgique ont écrit à la Commission européenne pour dénoncer le projet. Les groupes de la société civile envisagent des actions de protestation. L’an dernier, 73 députés ont publié une lettre dans une initiative inter-partis, appelant l’UE à mettre fin au financement des entreprises militaires israéliennes impliquées dans des violations graves du droit international.

Depuis le début du cycle de financement Horizon 2020 en 2015, la campagne Stop the Wall, le Comité directeur du mouvement palestinien pour le Boycott, le Désinvestissement et les Sanctions (BNC) et la Coordination européenne des comités et associations pour la Palestine (ECCP), ont ciblé conjointement la participation d’Israël au programme Horizon 2020, en particulier la coopération avec le secteur militaire et répressif d’Israël. Dans le cycle précédent, qui s’est étalé de 2007 à 2013, l’UE a financé plus de 1500 projets de recherche et de développement avec participation israélienne. L’industrie aérospatiale israélienne (IAI) a été à elle seule impliquée dans plus de 16 projets, bénéficiant d’un financement européen et public pour un total de 148,5 millions d’Euros.

La torture est systématique dans les prisons d’Israël. Un rapport récent dévoile que 97% des mineurs palestiniens en détention n’ont eu accès à aucune assistance juridique avant et pendant leur interrogatoire. Durant les interrogatoires, 28,7% d’entre eux ont été soumis à des violences verbales ou à de l’intimidation, à l’isolement ou aux agressions sexuelles, tandis que 27,5% ont été soumis à la violence physique, y compris l’étouffement, les coups de poing, et à la pratique consistant à cogner la tête des enfants interrogés contre les murs.

23 août 2016 – BDS Movement – Traducti

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18 septembre 2017 1 18 /09 /septembre /2017 16:41

1917-2017. (I) Face à la grande boucherie

“Les faits sont têtus”, disait Lénine, et la guerre est à l’impérialisme ce que le bubon est à la peste bubonique. La Première Guerre mondiale, cette grande boucherie, fut le chaudron dans lequel les apprentis-sorciers du capitalisme ont cuisiné les tragédies du XXème siècle. Comme les guerres contemporaines provoquées par la cupidité de l’oligarchie mondialisée, le carnage de 14-18 résulta d’une concurrence féroce entre les puissances industrielles, avides de nouveaux marchés. Dans un monde clos, rétréci par l’achèvement des conquêtes coloniales, cette rivalité précipita les puissances européennes dans une orgie de violence.

L’impérialisme est un mot employé à tort et à travers, mais Lénine est l’une des rares têtes politiques à lui avoir donné une définition précise. “L’impérialisme, écrit-il, est le capitalisme arrivé à un stade de développement où s’est affirmée la domination des monopoles et du capital financier, où l’exportation des capitaux a acquis une importance de premier plan, où le partage du monde a commencé entre les trusts internationaux et où s’est achevé le partage de tout le territoire du globe entre les plus grands pays capitalistes”. Etrange parfum d’actualité !

Le Lénine qui écrit ces lignes dans L’Impérialisme, stade suprême du capitalisme (1916) dénonce dans la guerre mondiale la conséquence inéluctable de l’impérialisme. Mais il est isolé dans son propre camp. Hormis Jaurès (assassiné avant le déclenchement des hostilités) et une poignée d’irréductibles, les socialistes européens ont fait chorus avec le bellicisme ambiant. En Allemagne, en France et en Russie, ils ont voté les crédits militaires, reniant leur engagement du “Manifeste de Bâle” adopté en 1912 par le Congrès socialiste international contre la guerre. Lénine ne pardonnera jamais cette trahison aux “opportunistes” de la IIème Internationale.

“Cette guerre est une guerre impérialiste, réactionnaire et esclavagiste”, martèle le dirigeant bolchevique. Elle est impérialiste, parce qu’elle trouve sa raison d’être dans l’affrontement des grandes puissances pour la conquête des marchés. Elle est réactionnaire, parce qu’elle vise à asservir toutes les nations du globe au capitalisme occidental. Elle est esclavagiste en ce qu’elle vise à étendre l’esclavage subi par les peuples colonisés. En portant au paroxysme les contradictions du capitalisme, toutefois, la guerre impérialiste crée les conditions de son dépassement. “La société capitaliste a toujours été et demeure en permanence une horreur sans fin. La guerre actuelle, la plus réactionnaire de toutes les guerres, prépare à cette société une fin pleine d’horreur”.

Guerre mondiale, guerre totale, la grande boucherie dénoncée par Lénine annonce le crépuscule du monde bourgeois, elle en révèle la part d’ombre en donnant libre cours au déchaînement de passions meurtrières. Alliant les avantages de “l’ère des masses” et du progrès technologique, elle inaugure la série des grands massacres du XXème siècle. Avec le brassage des tranchées, l’horreur quotidienne devient le lot commun. De chaque individu, ouvrier, bourgeois ou paysan, elle fait un prolétaire dont la force de travail est asservie aux exigences d’une militarisation totale.

“L’union sacrée” contre l’ennemi est censée abolir toute division sociale, mais c’est pour ramener la société “civilisée” dans l’horizon d’un affrontement primaire. La guerre totale souligne la vacuité de l’idéologie démocratique, elle en dissipe le rideau de fumée. A quoi bon ce “progrès universel” hérité des Lumières s’il débouche sur une tuerie de masse ? Sinistre emblème de cette tragédie, le massacre de Verdun (500 000 morts) creuse la tombe de l’optimisme laïc et républicain. La guerre fait table rase des valeurs démocratiques, elle exige l’obéissance aveugle à la hiérarchie, disperse les oripeaux humanistes dont se pare la société bourgeoise. Massacre à la tronçonneuse pour les beaux yeux du capital, la tuerie de 14-18 prononce la déchéance de l’humanisme européen.

La guerre impérialiste, pour ses adversaires, porte à son degré maximum l’hypocrisie bourgeoise et annonce la disparition imminente de la civilisation dont elle est le ressort. Ils condamnent ces sanglantes bacchanales qui immolent quinze millions d’hommes cueillis dans la fleur de la jeunesse, infligeant une saignée sans précédent au monde européen. Mais avec le crépuscule d’une civilisation, ils pronostiquent aussi l’inéluctabilité de la tourmente révolutionnaire. Puisque la guerre est mondiale, croient-ils, elle donnera naissance à une révolution mondiale. Comme beaucoup d’autres, cette espérance sera déçue dès 1920 avec le reflux de la vague révolutionnaire en Europe centrale.

La guerre impérialiste de 14-18 a beau culminer dans l’horreur d’un massacre sans précédent, elle se pare de vertus imaginaires. Il en va ainsi lorsque l’effort de guerre est justifié par l’affrontement entre la république française et l’empire allemand. Cette posture accrédite la fiction d’un camp démocratique opposé, dans une lutte pour la civilisation, au camp du militarisme germanique. Elle jette un voile pudique sur le caractère impérialiste d’une guerre où tous les belligérants aspirent à accaparer de nouveaux marchés. Et lorsque le président Wilson déclare qu’il mène “une guerre pour la démocratie avec l’aide du Tout-Puissant”, il enrobe d’un pathos mystico-humanitaire ses arrière-pensées impérialistes.

Flairant le danger de cette exaltation de la guerre au nom des valeurs de “l’Occident civilisé”, Lénine fustige le wilsonisme, ce précurseur des néo-conservateurs et des impérialistes d’aujourd’hui. Dès 1919, l’hégémonisme US revêt le costume du donneur de leçons, profitant de la destruction mutuelle des puissances européennes. Les faux prestiges d’une justification de la guerre par le droit, la définition univoque du légitime et de l’illégitime qui s’ajuste comme par enchantement aux intérêts anglo-saxons, la mission à vocation planétaire d’un justicier désigné par son “élection divine” et sa “destinée manifeste”, tous les ingrédients de la doxa néo-impérialiste contemporaine sont contenus dans le wilsonisme, comme le poussin dans l’œuf.

Bruno GUIGUE

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