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10 février 2015 2 10 /02 /février /2015 09:26

 

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tsipras-juncker.jpg

Grèce : le retour au SMIC à 750 € est reporté … il sera négocié et conditionné à des cadeaux aux entreprises

Article AC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

Le temps des folles promesses semble déjà révolu pour le nouveau gouvernement grec, l'heure est au réalisme. Face à la levée de boucliers patronale, Tsipras et ses ministres rassurent : le SMIC à 750 €, ce n'est pas maintenant et ce ne sera pas sans compensation pour le patronat.



Le syndicat de classe PAME – lié fortement au Parti communiste grec – avait mis en garde la semaine dernière sur l'intention du gouvernement SYRIZA de revenir sur ses promesses électorales, et de ne pas rétablir le SMIC à son niveau d'avant 2012, soit 750 €.



La presse grecque confirme et relaie les propos du Ministre du Travail Panos Skourletis qui se veulent rassurants, enfin pour le patronat grec.



Skourletis a confirmé que l'augmentation-rétablissement du salaire minimum de 480 à 750 € ne serait pas mise en œuvre dans l'immédiat ni appliquée en une seule fois, elle serait négociée avec les « partenaires sociaux » et graduelle.



Tentant de souffler le chaud et le froid, le Ministre a insisté sur une « situation contradictoire », où il veut prendre des mesures mais est confronté aux résultats de la situation antérieure : « le tout, c'est que le bilan soit positif. Que le vent du changement souffle ».



Au-delà de ce lyrisme réaliste, Skourletis a confié une autre réalité bien prosaïque : aucune augmentation du salaire minimum sans contre-partie pour les entreprises.



« Elle (tout augmentation du salaire minimum) devra être articulée à des arrangements spécifiques qui donneront aux entreprises un peu d'air. Par exemple, les dettes des entreprises vis-à-vis des banques et fonds de pension pourront être reconsidérées ».



Le ministre a également évoqué une série d'exonérations fiscales patronales, qu'il souhaiterait voir appliquer avant tout aux petites et moyennes entreprises. Des déclarations qui ont de quoi susciter un scepticisme légitime :



les « PME » ne sont-ils pas toujurs l'alibi pour des exonérations fiscales au moyen et grand capital ? La « reconsidération » des dettes des entreprises, au cas par cas, n'est-ce pas la porte ouverte à une nouvelle forme de clientélisme ?



Il ne faut pas non plus oublier que le parti de droite extrême « Grecs indépendants » est connu – outre sa défense des privilèges des armateurs et de l'Eglise, et sa promotion d'une Armée forte – pour son insistance sur le soutien aux entrepreneurs endettés et criblés d'impôts.



La négociation d'un compromis SYRIZA-Grecs indépendants – hausse du salaire minimum vs exonérations fiscales patronales – est probable. On voit mal en quoi ce compromis constituerait une solution progressiste à la situation de travailleurs de Grèce.



Dans le même temps, le ministre de l’Économie Varoufakis indiquait lundi que si la privatisation du port du Pirée serait suspendue, il excluait toute « remise en cause des privatisations déjà réalisées », prétendant que ce serait « peu sage ». Une nouvelle version du « Ni-ni »



Combien de temps le « moment SYRIZA » va-t-il encore durer ? Au rythme des promesses déjà remisées, des espoirs en un bras de fer institutionnel qui semblent briser sur le « mur de l'Union européenne », la question se pose d'ores et déjà.

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9 février 2015 1 09 /02 /février /2015 16:35

 

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                                                                                 HUMA.fr

 

 

Agissons pour le peuple grec !

Par Patrick Apel-Muller
Lundi, 9 Février, 2015
L'Humanité
L'éditorial de Patrick Apel-Muller.
"Les heures, les jours qui viennent autour de la réunion de l’Eurogroupe sont cruciaux, pas seulement pour Alexis Tsipras, mais pour les progressistes européens, pour les salariés français."

Quelques heures de flottement avaient accueilli le vote grec dans les chancelleries européennes. Certains penchaient pour une manœuvre d’enveloppement, un étouffement souriant, tandis que les autres en pinçaient pour la manière forte. Aucun ne s’était cependant rendu à la vérité des nuisances de l’austérité et nul n’envisageait de respecter la volonté de ce peuple, pas plus que celle des autres. Les dissonances ne se sont donc pas prolongées. Angela Merkel a fixé depuis plusieurs années le cadre exigu de la souveraineté concédée aux citoyens européens en avançant le dogme de la « marktkonforme demokratie » : « la démocratie conforme aux exigences des marchés ». Et les financiers entendent toujours vampiriser les budgets d’Athènes, dépecer ses services publics, se partager ses ressources et ses lieux d’histoire, pressurer encore une population meurtrie. Le bras armé de leur réaction avait son aire sur une tour de Francfort et une longue expérience de l’art d’assommer les peuples .

Les heures, les jours qui viennent autour de la réunion de l’Eurogroupe sont cruciaux, pas seulement pour Alexis Tsipras, mais pour les progressistes européens, pour les salariés français. S’y jouent le desserrement de l’étau qui broie la Grèce mais aussi les possibilités d’émancipation des autres pays du joug de l’austérité, le droit de décider de son destin. Chaque jour compte pour contraindre le gouvernement français à sortir de l’hypocrisie et à peser en faveur de l’allégement de la dette grecque, pour enclencher une autre logique que celle qui déverse des centaines de milliards d’euros à intérêts presque nuls en faveur des banques privées et qui impose l’usure à un État souverain. Si le dessein européen arbore la face hideuse de cette « marktkonforme demokratie », il est mort. Désormais la sympathie pour Syriza ne suffit plus ; une solidarité agissante s’impose. Elle peut bousculer la Sainte-Alliance des nantis. « Les tyrans ne sont grands seulement parce que nous sommes à genoux », écrivait en 1574 un jeune homme de dix-huit ans, Étienne de La Boétie.

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9 février 2015 1 09 /02 /février /2015 16:30

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source:Jose Fort

Accord pour les municipales à Madrid

Podemos ha llegado un acuerdo para concurrir conjuntamente a las elecciones municipales de mayo en M...
larepublica.es
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8 février 2015 7 08 /02 /février /2015 14:19

 

                                                                  cerveau animé

 

 

Emmanuel TODD : « L'ISLAM est devenu le SUPPORT MORAL des immigrés de banlieue dépourvus de travail »

Emmanuel Todd mal à l'aise avec la "sanctification" de "Charlie Hebdo"

Lu sur le site de l'hebdomadaire LE POINT (source AFP) :

L'anthropologue et historien français juge que, dans le contexte actuel en France, blasphémer l'islam revient à humilier les faibles de la société.

*****

L'anthropologue et historien français Emmanuel Todd a confié au quotidien japonais Nikkei être mal à l'aise avec le mouvement "Je suis Charlie", né en France après l'attentat contre Charlie Hebdo, jugeant que les caricatures de Mahomet humilient les faibles de la société. "Il y a un grand écart entre ce qui se passe actuellement en France et ce que je pense", a déclaré Emmanuel Todd au correspondant du Nikkei à Paris. "En France, si on ne touche pas à une personne en particulier, on considère qu'il est possible de tout caricaturer. Avant l'attentat, je critiquais les dessins satiriques de Charlie Hebdo. Je ne peux donc pas être d'accord avec la sanctification de cet hebdomadaire qui a publié des caricatures obscènes du prophète Mahomet", a-t-il ajouté, selon des propos rapportés en japonais. Selon lui, près de quatre millions de Français qui sont descendus dans la rue le 11 janvier, quatre jours après l'attentat qui a décimé Charlie Hebdo, ne sont pas représentatifs de la société française : "Beaucoup appartiennent à la classe moyenne, mais les jeunes de banlieue (dont beaucoup d'origine immigrée) et les classes ouvrières, eux, n'y étaient pas", insiste Emmanuel Todd, que cette situation inquiète.

 

Il pointe en outre les inégalités dont sont victimes les immigrés et leurs enfants, "qui ne peuvent recevoir un enseignement suffisant et ne trouvent pas de travail en période actuelle de crise économique. Une partie d'entre eux aspirent ainsi au radicalisme du groupe État islamique". "Ce qu'on voit dans les banlieues de nos grandes villes, c'est la plus récente expression de la crise que doivent affronter les sociétés d'Europe de l'Ouest. Les jeunes musulmans qui vivent dans les banlieues sont des Français nés en Occident. L'absence de perspective d'avenir est une des causes de l'aliénation de ces jeunes. Et l'Europe de l'Ouest ferme les yeux sur son propre problème", souligne encore Emmanuel Todd. "Se moquer de soi-même ou de la religion d'un ancêtre est une chose, mais insulter la religion d'un autre est une histoire différente. L'islam est devenu le support moral des immigrés de banlieue dépourvus de travail. Blasphémer l'islam, c'est humilier les faibles de la société que sont ces immigrants", juge le démographe.

 

Les propos d'Emmanuel Todd retenus par le Nikkei font largement écho à l'analyse d'une partie de la presse et de la population du Japon qui ont du mal à comprendre pourquoi Charlie Hebdo a publié des caricatures de Mahomet malgré les risques connus, et qui considèrent les inégalités en France comme une cause de la dérive radicale de certains jeunes.

 

 

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7 février 2015 6 07 /02 /février /2015 16:05

 

                                                                              cerveau animé

 

 

 

 

 

 

 

L'antisémitisme, nain politique, redoutable piège symbolique

5 Février 2015 

C'était donc ça ! Moi qui croyais être payé par Poutine !

C'était donc ça ! Moi qui croyais être payé par Poutine !

 

Texte légèrement remanié par rapport à la version publiée sur RC en septembre 2011 sous le titre "réflexions sur l'antisémitisme actuel (2011)". lien à l'article ici (même texte, suivi de plusieurs commentaires, dont ceux de Danielle Bleitrach).

Réflexions générées sans doute par la lecture de la brochure stimulante de Badiou et Hazan « l’antisémitisme partout », Paris 2011, éditions La Fabrique.

Après le massacre des enfants juifs de Toulouse par Mohamed Merah en mars 2012 et celui de "l'Hyper Cacher" du 9 janvier 2015, force est de constater une reprise de virulence de l'antisémitisme, dans sa forme islamiste terroriste, mais je pense que les thèses énumérées ci-dessous restent valables. Plus que jamais.

 

1)      Il est juste de rappeler, avant d'aborder la question de l'antisémitisme actuel pour déterminer sa fonction politique et pour évaluer son degré de nocivité, que les juifs ont été opprimés longtemps, en tant qu’individus et en tant que nation, et ont subi un génocide entre 1941 et 1945 des mains des nazis et de l’armée allemande qui a tué un tiers de leur peuple, soit environ six millions de personnes sans distinction de classe, de sexe, ni d'âge. Le but des nazis en cas de victoire était l'extermination de tous les juifs dans le monde.

2)      Précisément depuis 1945 la situation des juifs a changé. Le peuple juif n’est plus un peuple opprimé, bien que le traumatisme de l’extermination persiste chez les survivants, leurs descendants, et se renouvelle dans les nouvelles générations juives par la victimisation secondaire opérée par leur éducation.

3)   Depuis plus de 60 ans l’oppression séculaire des juifs a disparu. Cette émancipation réelle observable dans le monde est  principalement due aux sacrifices et à la victoire écrasante de l’Armée Rouge, de Stalingrad à Berlin, entre 1942 et 1945. C’est elle qui a anéanti l’hitlérisme, son armée et ses idées. On comptait d’ailleurs dans ses rangs des centaines de milliers de combattants juifs.

4)      Mais la majorité des juifs d’aujourd’hui pense peut être que sa sécurité acquise de peuple dispersé dans le monde est due à l’action d’Israël qui la protège à distance. Il faut espérer que ce n’est pas le cas, car la continuité d’un État juif en Palestine, même nanti de l’arme nucléaire, n’est pas du tout garantie à long terme. Il suffit de regarder une carte : il semble un ghetto minuscule, à l’échelle de la planète, et on imagine mal comment il pourra survivre longtemps s’il reste comme un corps étranger implanté par la volonté de l’Occident au Moyen Orient.

5)      Israël n’a pas de légitimité comme représentant du peuple juif. Il est le résultat d’un projet porté par l’idéologie sioniste qui voulait réaliser un État national juif en Palestine, après émigration de tous les juifs dans ce pays dont leurs ancêtres culturels et peut-être biologiques, les Hébreux, avaient été chassés par l’Empire Romain aux premier et deuxième siècles de notre ère. Ce projet minoritaire de donner un territoire à une nation qui en était dépourvue, et qui était menacée par la montée du racisme antisémite n'était pas en soi condamnable, ce qui l'était, c'était d'en spolier un autre peuple pour atteindre ce but.

6)      Car c'était aussi un projet colonial de spoliation des peuples indigènes, qui ressortait de la politique et de l’idéologie colonialiste occidentale des années 1860 à 1914 : le projet d’édifier un foyer national juif en Palestine fut élaboré dans le déni des droits des habitants arabes, les Palestiniens, soumis à ce moment là à la domination ottomane, puis britannique après 1918.

7)      Le sionisme est resté minoritaire dans le peuple juif jusqu’à la fondation de l’État israélien en 1948, qui s’est faite au prix de l'exil forcé des Palestiniens, et a pu devenir dominant dans la diaspora à cause de l’anéantissement par le génocide nazi et l’exil du principal noyau démographique et culturel juif qui se trouvait dans la zone des juifs de langue yiddish, en Europe de l’Est, qui était resté indifférent ou hostile au sionisme, et dont une large fraction avait soutenu la révolution bolchevique.

8)      Loin de fournir une quelconque protection au peuple juif, Israël a dressé contre lui tout le monde arabe, musulman, et le Tiers Monde en général. S’iI protège les juifs, c’est contre les ennemis qu’il leur a lui même créés. Face aux nazis, en fait de résistance, les précurseurs sionistes de l’État israélien s’étaient bornés à négocier en vain avec eux un transfert des juifs allemands en Palestine.

 

 III

9)      L’antisémitisme aujourd’hui n’a pas disparu mais il n’a plus sa bonne conscience et la valeur d’opinion dominante qui était la sienne avant la seconde guerre mondiale, où les médias des « démocraties libérales » et l’establishment américain (Ford, Disney, Joseph Kennedy, Hearst) étaient majoritairement antisémites.

10)   L’antisémitisme endogène en France est devenu aujourd’hui une pulsion morbide et clandestine ou une idéologie pour marginaux et non une force politique. Il ne peut être dangereux que dans des situations relevant de la délinquance et/ou du dérèglement mental, (comme dans l’affaire du meurtre crapuleux d’Ilan Halimi). Ou par importation de l'antisémisme structurel des groupes terroristes islamiques, fortement favorisée par l'ingérence de notre gouvernement en Libye et en Syrie. L'antisémitisme bien français, quant à lui, s'est choisi, avec la "quenelle", un signe de ralliement à son image.

11)   Au-delà de ces cas pathologiques, de nombreuses accusations d’antisémitisme circulent dans les médias, parfois du registre de la malveillance pure (ainsi la campagne contre Jean Luc Godard). Elles sont intentées, qu’elles soient fondées sur la réalité ou non, pour discréditer les adversaires d’Israël, qui se recrutent en général dans le mouvement national palestinien et dans ses réseaux d’aide, marqués à l’extrême gauche.

12)   Le mouvement sioniste et les forces politiques qui dominent en Israël s’en félicitent, car ils ont tout intérêt à faire croire à une recrudescence de l’antisémitisme, voire quant elle se manifeste vraiment à la stimuler par des provocations massives du genre de l’opération contre Gaza dite « plomb durci » en janvier 2009, réitéré et agrgravée pendant l'été 2014. Soit dit en passant, le gouvernement français, en interdisant alors les manifestations de soutien à Gaza a lui aussi fait de son mieux pour nourrir la frustration et développer l'antisémitisme parmi les français d'origine musulmane. On ne peut pas imaginer qu'ils soient bêtes au point de n'avoir pas fait exprès.

13)   Ainsi le courant sioniste, courant nationaliste anti-arabe hérité de l’ère coloniale, peut travailler à ressouder les liens entre Israël et la diaspora, à le transformer en soutien inconditionnel, renforcer l’émigration juive en Israël, et même à donner à l’impérialisme occidental une apparence de contenu humaniste antiraciste en exhibant les dérapages antisémites de la propagande adverse.

14)   Les antisémites fascistes ou intégristes et parfois aussi gauchistes (le négationnisme des chambres à gaz est un produit d’extrême gauche à l’origine) ont intérêt à feindre un grand engagement pour la cause des Palestiniens, mais leur principal but est la réalisation pulsionnelle leur aliénation raciste. Ils sont les complices objectifs des précédents.

 

IV

15)   Depuis une vingtaine d’année (précisément depuis la chute de l’URSS) on assiste à une réécriture de l’histoire comme un combat sommaire du bien démocratique libéral contre le mal « totalitaire », catégorie confusionniste où nazisme et communisme sont amalgamés en dépit de la réalité historique, et les juifs sont les otages de cette réécriture. 

16)   Dans ce détournement, Auschwitz et les camps d’extermination nazis sont présentés en dehors du contexte historique réel et de toute explication rationnelle, de manière mystique, comme une forme de « mal radical ».  Ainsi la responsabilité écrasante dans l’instauration des régimes fascistes, endossée par les dirigeants politiques, militaires et économiques du capitalisme européen entre-deux-guerres et le rôle dans la dérive fasciste de la banalité idéologique anticommuniste de l’époque est cachée aux nouvelles générations, et la mémoire de la Shoah, boursouflée d’émotion surjouée par des hypocrites, est cyniquement récupérée pour servir à la diabolisation du « totalitarisme » donc du communisme amalgamé au nazisme. On en arrive à la dénaturation complète de la vérité historique, où la force politique communiste qui est celle qui a combattu le plus résolument le nazisme est calomniée et diabolisée. Pour Le Pen, Auschwitz n'était qu'un "détail" de l'histoire de la Seconde Guerre Mondiale, pour l'histoire scolaire en Occident, c'est devenu un détail de l'histoire du totalitarisme.

17)   La Shoah a d’abord été récupérée par l’histoire nationale israélienne, ce qui se comprend aisément, mais au prix d’une distorsion de la réalité historique. Les victimes de la Shoah furent les juifs qui ne voulaient justement pas émigrer en Palestine, et à qui on a bien souvent refusé l’entrée aux États-Unis ou en France. Cette récupération sert à créer en Israël une mentalité de citadelle assiégée, et à produire les conditions psychologiques pour que les jeunes israéliens ne puissent refuser de participer à des guerres d’agression répétées, toujours lancées au nom de la sécurité du peuple juif.

18)    la Shoah est utilisée sans scrupule maintenant pour le récit scolaire occidental de la fin de l’histoire, qui aboutirait au meilleur des mondes, démocratique et libéral, l’espoir des propagandistes du millénaire libéral étant que les ennemis du capitalisme seront assez bêtes pour se discréditer en tombant dans le piège grossier du négationnisme, comme l’ultra-gauche « conseilliste » et « bordiguiste » y a donné tête baissée dès les années 1960, avec quelques autres, anarchistes, ou trotskistes. Bien entendu il s’en trouvera encore d’autres, et on leur fera la plus grande publicité possible.

19)   Toute dénégation ou minimisation de la Shoah sous prétexte de lutte anti-israélienne est odieuse et stupide. Toute exploitation qui en est faite pour justifier la politique israélienne l’est tout autant. Il n’y pas de continuité entre l’histoire de la Shoah et celle d’Israël. Israël n’est pas un dédommagement accordé aux juifs pour compenser la « solution finale ».  Si c’était le cas, il aurait été créé dans un territoire allemand, en Prusse par exemple. Et en toute justice, les Palestiniens n’ont pas à payer pour des crimes européens.

 

V

20)   Israël se prétend représentant de tous les juifs et «  État juif ». La critique d’Israël  dérape souvent en critique des juifs en général du fait de cette revendication exorbitante. 

21)   Des institutions pseudo représentatives (comme en France le CRIF) font pression moralement sur les juifs de la diaspora pour les obliger à s’aligner sur le sionisme. Cela crée une confusion délibérée, qui rend difficile de limiter à la responsabilité des seuls Israéliens les actions d’Israël, et cela d’autant plus que la jeunesse juive apolitique française, ignorante de l’histoire et manipulée par les médias comme le reste de sa génération, s’érige souvent en supporter bruyant des colons et de l’armée d’occupation. Cette confusion entre juifs et Israéliens est bien entendu voulue par les autorités israéliennes.

22)   Le philosémitisme actuel en Occident n’est que l’antisémitisme bourgeois des années 1930, mais inversé.  Selon  Hazan et Badiou « un philosémite est un antisémite qui aime les juifs ». Ainsi, des journalistes d’un hebdo français autrefois prestigieux accusaient l’an dernier d’antisémitisme tous ceux qui critiquaient « les riches », puisque tout pro-sionistes qu’ils étaient, ils adhéraient au cliché antisémite selon lequel tous les juifs sont riches.

23)    Et le philosémite s’il aime les juifs les préfère loin de chez lui, à condition qu’ils forment une colonie militaire en avant poste impérialiste au Moyen Orient, qui surveille la route du pétrole. La durée de vie maximale de l’amour pour l’État juif proche oriental, dans le cœur de l’Occident capitaliste, est donc celle des réserves du Golfe : un demi-siècle. 

24)   Israël peut survivre dans les prochaines générations s'il rompt avec le sionisme et trouve un accord juste avec les Palestiniens et ses voisins arabes, qui impliquera son insertion dans la région et donc beaucoup de concessions (deux États souverains, partage de Jérusalem, droit au retour des Palestiniens, etc.). Le meilleur plan de paix cependant comporterait la refondation d’un état unique Palestinien pour les Arabes et les Juifs, avec les frontières du mandat palestinien, laïc et régit par le droit du sol.

25)   Certains sionistes particulièrement naïfs, juifs ou non d'ailleurs, croient au mythe antisémite de la toute puissance des juifs. Ils croient, et font croire, qu’Israël peut faire pression sur les États-Unis et les médias ne se privent pas de reproduire cette aberration.  Il ne manque pas d'articles des médias "mainstream" qui tentent de mettre en scène une Amérique alignée sur Israël, bon gré mal gré, contre ses propres intérêts. Les antisémites d’en face le croient aussi, et il faut les voir espérer avec candeur le retournement américain. La vérité est bien sûr tout le contraire : Israël est un satellite des États-Unis, et loin d’être le plus important. Le pouvoir du « lobby juif » américain est bien plus limité que celui du complexe militaro-industriel, que ceux des différentes églises protestantes, ou que celui des armes à feu. Dans l’alliance réactionnaire entre juifs sionistes de New York et fondamentalistes apocalyptiques du Middle West qui influence le Congrès des États-Unis, les maîtres du jeu sont ces « ploucs » dangereux qui pensent sérieusement que le retour des juifs en Palestine est un « signe » précurseur du retour du Christ.

26)   Sur la question palestinienne, la solution démocratique qui doit prévaloir ne peut qu’être retardée par les manifestations d’antisémitisme. Ce qui empêche la majorité des juifs d’Israël ou de la diaspora de soutenir l’idée d’un accord de paix concret avec leurs adversaires arabes est la crainte pour la sécurité future du peuple juif et l’antisémitisme bruyant et odieux de quelques marginaux montés en épingle ranime cette crainte, à la grande joie des partisans de la guerre éternelle au pouvoir en Israël.

27)    Bien sûr nul ne peut dire avec certitude si dans l’avenir lointain les juifs ou n’importe quel autre peuple vivront toujours en sécurité, mais ce qui est certain c’est que cette sécurité ne viendra pas d’Israël.  Israël et sa politique de fuite en avant représente le principal danger actuel pour le peuple juif.

 

VI

28)   Il ne faut pas confondre avec les résidus de l’antisémitisme occidental la haine anti-judaïque qui s’est développée dans le monde arabe et musulman depuis 1948. Toute condamnable qu’elle soit, elle est plus du registre de la xénophobie de guerre qui se développe en pays vaincu et humilié dans son orgueil national que du racisme proprement dit. Elle est comparable à la haine anti allemande dans la France d’après 1870. Elle enveloppe tous les juifs parce qu’Israël  prétend être « l’État juif ».  Elle s’éteindra rapidement avec la disparition des conditions historiques qui l’ont créée.

29)   L’antisémitisme agressif et meurtrier de la première moitié du vingtième siècle européen s’attaquait à des communautés juives qui demandaient avant tout le « droit à l’indifférence », soucieuses qu’elles étaient d’intégration dans leurs pays respectifs. Aujourd’hui le débat sur la supposée résurgence de l’antisémitisme se produit dans un contexte tout autre, d’exacerbation de pseudos-identités en grande partie artificielles, et du narcissisme communautariste, qui affecte aussi bien les juifs, que les autres groupes minoritaires des sociétés occidentales (LGTB, musulmans, noirs, etc.). Dans ce contexte dérapages verbaux et incidents racistes sont fréquents de part et d’autre. Mais ils sont de l’ordre de la posture, ils reflètent un pervers « vivre ensemble en ghetto » directement importé des États-Unis et ils n’impliquent aucun projet politique précis, si ce n'est le maintien du monde tel qu'il est. Les "différences" entre ces pseudo-communautés sont toutes absorbées dans l'identité du consommateur aliéné prêt à tout piétiner pour une paire de basquettes de marque.

30)   L’antisémitisme résiduel en Occident est une forme de hooliganisme, ni plus ni moins. Comme toujours dans ce cas, il exprime le désir égaré du « rebelle sans cause » parfaitement impuissant qu’adore le cinéma capitaliste, ce désir imature de se faire remarquer en contredisant systématiquement le message moralisateur des institutions, quel qu’en soit le contenu, qu’il s’agisse de respecter le drapeau national, d’être poli avec les dames , de cesser de fumer ou de communier dans le devoir de mémoire. Les "soralisme" et "dieudonnisme" sont de ce registre. La critique paranoÏaque à tendance antisémite du "système" ne prospère qu'en l'absence de critique théorique et pratique du capitalisme.

31)   L’antisémitisme au XXIème siècle est une survivance qui n'a que peu d’importance politique réelle, mais c’est un piège symbolique efficace pour discréditer les causes anti-impérialistes. Pour le désamorcer il faut condamner résolument et sans phrases toutes ses manifestations réelles, et condamner l’indécente instrumentalisation des accusations d’antisémitisme. Ce qui implique de faire l’effort de se mettre à la place des intéressés, des juifs, des arabes, et des autres qui peuvent ressentir les polémiques hystériques entre groupes minoritaires comme un procédé pour les marginaliser. Et implique aussi de peser soigneusement ses termes en gardant à l'esprit la possibilité permanente de détournements malveillants. Il est affligeant de constater le nombre de militants d'extrême gauche, parfois très intelligents, qui sont incapables de cette forme élémentaire d’empathie.

 

Gilles Questiaux, 31 août 2011relu et modifié à la marge le 5 février 2015

 

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7 février 2015 6 07 /02 /février /2015 15:38

                                                                  Terre Corse

 

 

 

 

Tout le monde parle de la loi MACRON mais personne n’en parle comme Gérard FILOCHE. Depuis des semaines, il est en guerre contre « cette loi régressiste, la pire loi que la gauche ait proposée ».....VIDEO

 

 

                       fl-che-copie-1.gifhttp://terrecorse.tumblr.com/

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7 février 2015 6 07 /02 /février /2015 15:01

 

                                                                MARE NOSTRUM-copie-1

 

 

 

 

Armement et corruption : le ministre de la défense souhaite rouvrir tous les dossiers


Le ministre de la Défense Panos Kammenos a dit qu’il voulait rouvrir tous les cas traitant des achats d’armement, récents et anciens, et souhaiterait amener devant la justice ceux qui ont détournés des millions d’euros aux frais de l’Etat grec.



Panos Kammenos, ministre de la défense

Panos Kammenos, ministre de la défense

Dans une interview à la station de radio Alpha, Kammenos a dit que "Tous les fichiers seront rouverts. Aucun ne sera négligé. Nous ne prévoyons pas de cacher quoi que ce soit. Il y aura une transparence totale. Nous ne pouvons pas avoir le peuple grec qui saigne d'un côté et de l'autre en voir d'autres qui font la fête avec les fonds issus de l'armement. Si des cas doivent se retrouver devant la justice, ils iront."

Le ministre a noté que les états-majors des forces armées ne devraient pas gérer les programmes d'armement. "Ce n'est pas possible d'avoir chaque conseiller du ministre [de la défense] devenir le gestionnaire de systèmes d'armes - en tout cas, la moitié d'entre eux est en prison" a-t-il dit.

Interrogé sur les programmes qui concernent les sous-marins, il a dit qu'ils étaient nécessaires, mais que cela n'empêchera pas le gouvernement de localiser les individus qui ont fait perdre des millions à l'Etat. "Bien sûr, nous ne nous arrêterons pas à Tsochatzopoulos [l'ancien ministre de la Défense]" a-t-il dit, "il a payé pour tout ce qu'il a fait, mais il y en a d'autres. Personne ne va bénéficier de l'immunité, je peux vous l'assurer."

Source : thetoc.gr
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7 février 2015 6 07 /02 /février /2015 13:51

 

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A Gaza
La patience face à l’impuissance !

Photo de Ziad Medoukh.
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A Gaza
La patience face à l’impuissance !
Ziad Medoukh

Presque six mois après la fin de la nouvelle agression israélienne contre la bande de Gaza en juillet-août 2014, la situation reste très grave à tous les niveaux, surtout sur le plan humanitaire et économique, pour plus de 1,8 millions de Palestiniens de Gaza toujours isolés et enfermés, malgré, partout dans le monde, la mobilisation internationale contre les crimes israéliens et malgré les promesses internationales de reconstruction rapide.
On peut dire que la situation actuelle dans la bande de Gaza est stagnante, rien ne bouge, rien ne change, sur tous les niveaux. Les choses n’avancent pas: ni au niveau de la reconstruction, ni au niveau de la réconciliation, ni au niveau politique, mais le sentiment qui domine c’est l’absence de perspectives pour l’avenir.
Les habitants de Gaza essayent de montrer leur capacité à dépasser cette période difficile à travers une vie plus ou moins normale, mais sur leurs visages on lit la tristesse, voire l'inquiétude d'une population impuissante qui vit toujours sous blocus et qui est toujours enfermée dans une prison à ciel ouvert.

Cette situation touche toute la population gazaouite souffrante, qui se voit abandonnée à son sort par une communauté internationale silencieuse.
Actuellement, plus 20.000 personnes qui ont perdu leur logement suite à l’agression israélienne de l’été dernier, et qui vivent dans des centres d’accueils ne parviennent pas à réparer les pièces de leurs maisons détruites, car les matériaux de construction n’entrent pas suffisamment, par ordre militaire israélien.
Au début de février 2015, le bureau des Nations-Unies pour les réfugiés palestiniens-UNRWA- a décidé de suspendre ses aides financières et alimentaires aux sans abris et aux milliers de personnes qui ont perdu leurs maisons et leurs biens, ce qui aggrave la situation, notamment pour les quelques 70.000 personnes qui ont loué des appartements auparavant payés par l’organisation internationale.
Ces sans abris, soit ils ont dressé des tentes à côté de leurs maisons détruites pour y vivre, même dans des conditions inacceptables, surtout avec l’hiver, soit sont retournés vivre dans les centres d’accueil dans des conditions plus graves.
En outre, les pays et les organisations internationales ne versent pas l’argent pour les projets de reconstruction, seulement 10% de cet argent promis lors de la conférence internationale sur la reconstruction de la bande de Gaza au Caire, en octobre dernier, est arrivé.
On peut dire, que six mois après, aucun projet de reconstruction personnel ou public n’a commencé.
Le gouvernement israélien refuse pour le deuxième mois consécutif de transmettre les recettes des impôts à l’autorité palestinienne, cette dernière se trouve incapable de payer les salaires de ses fonctionnaires, parmi eux, 130.000 de Gaza, ce que rend l’économie dans la bande de Gaza chaotique.
En plus, dans la bande de Gaza, pénurie d’électricité et de carburants, pénurie d’eau et de gaz. Il manque beaucoup de médicaments et de produits alimentaires à cause du blocus.
Six mois, après, rien ne semble différent pour les Palestiniens de Gaza, toujours à la recherche d'une solution politique et pas seulement humanitaire, suite à leur résistance remarquable contre les armes de l'aviation, de la marine et la force terrestre israéliennes. Le blocus dure depuis plus de huit ans, les passages et les frontières avec l'extérieur sont souvent fermés par ordre militaire israélien et les produits alimentaires et autres qui entrent à Gaza sont rares. Les autorités israéliennes ouvrent le seul passage commercial qui relie la bande de Gaza à l’extérieur deux ou trois fois par semaine pour permettre l'entrée de 200 camions et quelques convois humanitaires. Parmi ces camions, 5 à 6 seulement contiennent des matériaux de construction, souvent destinés aux projets internationaux. Ce passage se ferme sous n’importe quel prétexte, par décision israélienne, sans prendre en considération les besoins énormes de la population civile.
L’armée israélienne viole presque tous les jours l’accord du cessez le feu, et ne respecte pas la trêve. Souvent, les chars israéliens mènent des incursions dans la bande de Gaza, les soldats contrôlent toujours les zones tampons sur les zones frontalières et tirent sur les paysans. La marine israélienne empêche l’extension de la zone de pêche et tire aussi sur les pêcheurs palestiniens et leurs bateaux.
Au niveau de la réconciliation, la division est toujours là, et la tension se poursuit entre les différents partis et mouvements palestiniens qui pourraient amorcer le début de la reconstruction de la bande de Gaza. Malgré la création du gouvernement d'union nationale dans les territoires, et malgré la solidarité interne et les signes d'union lors de la dernière offensive israélienne, les points de divergence prédominent actuellement entre ces partis, empêchent la réconciliation palestinienne de progresser et retardent les projets de reconstruction.
Sur le plan politique, aucune résolution dans l’immédiat, à part la mobilisation et la solidarité populaire avec les habitants de Gaza, les gouvernements et les organisations internationales semble fermer les yeux sur ce qui se passe dans cette région sous blocus.
Les habitants de Gaza sont toujours dans l’attente d’une solution, d’un changement .Avec leur patience exemplaire, leur volonté remarquable, et leur persistance quotidienne, ils attendent la levée du blocus, l’ouverture des passages et des frontières qui les relient à l'extérieur, la fin de leur souffrance, et le jugement des criminels israéliens.
C’est vrai que les Palestiniens de Gaza sont toujours confiants et déterminés, ils continuent de résister et d’exister, même à côté des ruines de leurs maisons détruites, avec leur seule arme, le courage. Ils espèrent un changement radical, une solution politique qui leur permettrait enfin de vivre libres sur leur terre.
       La question qui se pose à la fin : jusqu’à quand les Palestiniens de Gaza vont-ils encore patienter ?

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7 février 2015 6 07 /02 /février /2015 13:37

 

 

 

 

 

 

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7 février 2015 6 07 /02 /février /2015 12:25

 

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Décès de la romancière algérienne Assia Djebar, membre de l'Académie française


L'écrivaine algérienne Assia Djebar, membre de l'Académie française, est décédée vendredi à 78 ans dans un hôpital parisien, trois ans après avoir été pressentie pour le prix Nobel de littérature, a annoncé samedi la radio publique algérienne.
La romancière, qui était également cinéaste, sera enterrée, selon ses voeux, dans son village natal de Cherchell, en Algérie, la semaine prochaine.

(07-02-2015 - Avec les agences de presse)

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Assia Djebar, née Fatma-Zohra Imalayène à Cherchell le 30 juin 1936 et décédée le 7 février 2015 à Paris, est une historienne et une écrivaine algérienne d'expression française, auteure de romans, nouvelles, poésies et essais. Elle a écrit également pour le théâtre, et a réalisé plusieurs films. Assia Djebar est considérée comme l'une des auteurs les plus célèbres et influentes du Maghreb. Elle est élue à l'Académie française en 2005.

« J’écris, comme tant d’autres femmes écrivains algériennes avec un sentiment d’urgence, contre la régression et la misogynie. » (Assia Djebar)

Assia Djebar naît dans une famille de petite bourgeoisie traditionnelle algérienne amazigh. Son père, Tahar Imalhayène est un instituteur (issu de l’École normale d’instituteurs de Bouzaréah) originaire de Gouraya. Sa mère, Bahia Sahraoui, appartient à la famille amazigh des Berkani (issue de la tribu des ait Menasser du Dahra). Assia Djebar passe son enfance à Mouzaïaville (Mitidja), étudie à l'école française puis dans une école coranique privée. À partir de 10 ans, elle étudie au collège de Blida, faute de pouvoir y apprendre l'arabe classique, elle commence à apprendre le grec ancien, le latin et l'anglais. Elle obtient le baccalauréat en 1953 puis entre en hypokhâgne au lycée Bugeaud d’Alger (actuel lycée Emir Abdelkader).
En 1954, elle entre en khâgne au lycée Fénelon (Paris). L'année suivante, elle intègre l'École normale supérieure de jeunes filles de Sèvres, où elle choisit l'étude de l'Histoire. Elle est la première algérienne et la première femme musulmane à intégrer l'École. À partir de 1956, elle décide de suivre le mot d'ordre de grève de l'UGEMA, l’Union générale des Étudiants musulmans algériens, et ne passe pas ses examens. C'est à cette occasion qu'elle écrira son premier roman, La Soif. Pour ne pas choquer sa famille, elle adopte un nom de plume, Assia Djebar; Assia, la consolation et Djebar, l'intransigeance. Elle épouse l'écrivain Walid Carn, pseudonyme de l'homme de théâtre Ahmed Ould-Rouis puis quitte la France pour l'Afrique du Nord.
À partir de 1959, elle étudie et enseigne l'histoire moderne et contemporaine du Maghreb à la Faculté des lettres de Rabat. En parallèle, aidée par l'islamologue Louis Massignon, elle monte un projet de thèse sur Lella Manoubia, une sainte matrone de Tunis.
Le 1er juillet 1962, elle retourne en Algérie. Elle est nommée professeur à l'université d'Alger. Elle y est le seul professeur à dispenser des cours d’histoire moderne et contemporaine de l'Algérie. Dans cette période de transition post-coloniale, la question de la langue de l'enseignement se pose. L'enseignement en arabe littéraire est imposé, ce qu'elle refuse. Elle quitte alors l'Algérie.
De 1966 à 1975, elle réside le plus souvent en France, et séjourne régulièrement en Algérie. Elle épouse en seconde noce Malek Alloula.
Pendant une dizaine d'années, elle délaisse l'écriture pour se tourner vers un autre mode d'expression artistique, le cinéma. Elle réalise deux films, La Nouba des Femmes du Mont Chenoua en 1978, long-métrage qui lui vaudra le Prix de la Critique internationale à la Biennale de Venise de 1979 et un court-métrage La Zerda ou les chants de l'oubli en 1982.
En 1999 elle soutient sa thèse à l'université Paul-Valéry Montpellier 3, une thèse autobiographique, une thèse sur sa propre oeuvre : Le roman maghrébin francophone, entre les langues et les cultures : quarante ans d'un parcours : Assia Djebar, 1957-1997. La même année, elle est élue membre de l'Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique.
Depuis 2001, elle enseigne au département d'études françaises de l'université de New York. Le 16 juin 2005, elle est élue au fauteuil 5 de l'Académie française, succédant à Georges Vedel, et y est reçue le 22 juin 2006. Elle est docteur honoris causa des universités de Vienne (Autriche), de Concordia (Montréal), d’Osnabrück (Allemagne).
Les œuvres d'Assia Djebar ont été traduites en 21 langues. Assia Djebar vit en France et aux États-Unis, où elle enseigne la littérature française.

Œuvres principales

La Soif, roman (1957)
Les Impatients, roman (1958)
Les Enfants du Nouveau Monde, roman (1962)
Les Alouettes naïves, roman (1967)
Poèmes pour l'Algérie heureuse, poésie (1969)
Rouge l'aube, théâtre (1969)
Femmes d'Alger dans leur appartement, nouvelles (1980)
L'Amour, la fantasia, roman (1985)
Ombre sultane, roman (1987)
Loin de Médine, roman (1991)
Vaste est la prison, roman (1995)
Le Blanc de l'Algérie, récit (1996)
Ces voix qui m'assiègent: En marge de ma francophonie, essai (1999)
La Femme sans sépulture, roman (2002)
La Disparition de la langue française, roman (2003)
Nulle part dans la maison de mon père, roman (2007)

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