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28 janvier 2017 6 28 /01 /janvier /2017 17:12

Les député-e-s du groupe Front de gauche déposent une proposition de loi de sécurisation de l’emploi et de la formation / En finir avec le chômage et l'insécurité sociale !

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► 5,8 millions de chômeurs inscrits à Pôle emploi fin 2016, un million de plus qu’en 2012. Des millions de « travailleurs pauvres ». Nous ne nous résignons pas !

► Notre jeunesse vaut mieux que la précarité à vie. Libérons nos vies quotidiennes de la flexibilité des horaires et des conditions de travail. Il y a urgence économique et sociale à mettre fin au fléau du chômage. Sécuriser un revenu pour chacun ? C’est possible mais seulement en sécurisant l’emploi et la formation !

► C'est l'emploi et la production des richesses dans l'entreprise qui permettent de distribuer des revenus. Pour sécuriser les revenus il faut éradiquer le chômage.

Comment  fait-on ?

Au lieu de rejeter les travailleurs sur le « marché du travail », c'est-à-dire au chômage, créons les conditions pour que chacun puisse évoluer dans sa vie professionnelle, selon ses aspirations, sans perte de revenu et sans jamais passer par la case « chômage ».

C'est cela la sécurité d'emploi ou de formation que le PCF propose de construire progressivement. Dans le cadre d'un nouveau service public de l'emploi et de la formation, auquel chaque personne ayant fini sa scolarité serait affiliée de droit (comme pour la sécurité sociale), chacun pourrait alterner périodes de travail salarié et périodes de formation bien rémunérées, à la faveur d'une réduction générale du temps de travail.

Et ça se finance comment ?

Ce n’est pas le coût du travail qui écrase les entreprises, c’est le coût du capital (dividendes versés aux actionnaires, intérêts payés aux banques et aux marchés financiers) !

Utilisons autrement l’argent public pour prendre le pouvoir sur le crédit bancaireet pour que l’argent des entreprises serve à financer des programmes de créations d'emplois et de formations qualifiantes, de recherche et d'innovation.


 

Les dispositions incluses dans la proposition de loi déposée par  les députés du Front de gauche à l’Assemblée nationale

 

Sécurisation du contrat de travail. Création d'un nouveau service public de l'emploi et de la formation. Conventions individuelles de sécurisation de l'emploi, de la formation et des revenus.

Dispositions en faveur de l'insertion rapide des jeunes dans l'emploi stable.

Conférences régionales pour l’emploi et la formation

Droit de veto suspensif des comités d’entreprises pour faire prendre en compte des propositions alternatives aux licenciements, et obligation pour les banques de les financer

Pouvoirs de décision du CE sur les heures supplémentaires, le temps partiel, les contrats précaires, la sous-traitance, le plan de format

Arrêter les aides publiques inutiles aux entreprises comme le CICE. Utiliser l’argent pour réduire sélectivement le coût des crédits bancaires favorisant l’emploi et la formation, avec un fonds national et des fonds régionaux appuyés sur un pôle financier public et sur des refinancements à très faible taux par la BCE

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28 janvier 2017 6 28 /01 /janvier /2017 10:57

 

Proche-Orient. Les Bédouins d’Israël, victimes de la colonisation intérieure

Pierre Barbancey
Mercredi, 25 Janvier, 2017
L'Humanité
protégés par la police, les bulldozers israéliens détruisent les ma isons du village bédouin d’Umm al-Hiran, dans le désert du Néguev. photo MENAHEM KAHANA/afp
protégés par la police, les bulldozers israéliens détruisent les ma isons du village bédouin d’Umm al-Hiran, dans le désert du Néguev. photo MENAHEM KAHANA/afp
AFP

Les Bédouins sont l’objet de harcèlement de la part des autorités israéliennes, qui voudraient les parquer dans des réserves et des bantoustans, et installer des familles juives à leur place. Le Fonds national juif (KKL-FNJ) sert de paravent pour expulser les Bédouins sous couvert de création de forêts. Reportage.

C’est la triste histoire des habitants de deux villages jumeaux, Umm al-Hiran et Atir. Deux villages peuplés par les membres d’une tribu de Bédouins, les Abou Al Qi’an. Nous sommes dans le Néguev, en Israël. La semaine dernière, la police a débarqué en force – comme à son habitude – pour tenter de démolir des maisons. La manifestation a dégénéré. Un habitant, Yakoub Abou Qi’an, a été tué par balles et un policier a perdu la vie, percuté par une voiture. Venu soutenir la population, le député de la Liste unie (à laquelle participe le Parti communiste israélien) Ayman Odeh a été sérieusement blessé, touché en pleine figure par une balle non létale, recouverte de mousse. La gravité des incidents a fait éclater le problème aux yeux du monde entier : les Bédouins d’Israël, tout comme les Palestiniens des territoires occupés, sont expulsés et leurs maisons détruites. Fruit d’une politique de colonisation, y compris interne. Une « judaïsation » du territoire.

Quelque temps auparavant, nous nous trouvions justement à Umm al-Hiran. Le chef de la tribu, Raed Abou Qi’ian, nous avait reçus. Il avait expliqué la première expulsion de leur terre originelle, en 1948, à Khirbet Zubaleh (entre Beer Sheva et Gaza), que les Bédouins cultivent depuis des siècles. Ils ont alors été déplacés d’un endroit à l’autre, au bon vouloir de l’armée israélienne et de son administration. Jusqu’à ce qu’en 1954 un ordre militaire leur ordonne de se rendre à Wadi Atir où la tribu construit les deux villages : Umm al-Hiran et Atir. Pour autant, l’État israélien ne reconnaît pas ces deux entités. « Lorsque nous sommes arrivés, il n’y avait rien, se souvient le vieil homme. C’était l’hiver, la neige était tombée, il faisait froid. Il a été vraiment difficile de s’adapter à ce climat. »

Pour le mouvement sioniste, les Bédouins ne sont que des nomades sans attache permanente

La majorité des habitants du Néguev (Nakab en arabe) étaient des Bédouins palestiniens. En 1947-1948, à partir du partage de la Palestine mandataire par l’ONU et jusqu’à la création de l’État d’Israël, la plupart d’entre eux ont été expulsés vers Gaza et vers la Jordanie. Seuls 12 % de la population arabe originelle sont restés, devenant plus tard citoyens israéliens. Avant cette date, l’économie des Bédouins était essentiellement basée sur l’agriculture et l’élevage. Mais le mouvement sioniste, comme il l’avait fait au début du XXe siècle avec l’installation de colonies en Palestine, a propagé l’idée que le Néguev n’était pas habité, les Bédouins n’étant, à leurs yeux, que des nomades sans attache permanente et donc sans titre de propriété. Le fameux slogan « Une terre sans peuple pour un peuple sans terre », dont on connaît la fausseté. C’est sous ce prétexte que les Bédouins qui sont restés dans le Néguev ont été transportés d’un endroit à un autre, d’abord au nord et au nord-est de Beer Sheva, dans un endroit particulièrement aride et austère nommé Siyag. Mais, même là, les Bédouins ont été considérés comme indésirables. Il fallait qu’ils laissent la place à des familles juives. L’errance devait reprendre. Une fois de plus on leur a assigné des « villes ». Certains ont donc atterri à Wadi Atir.

« Malgré l’ordre militaire (il existe d’ailleurs une lettre qui confirme les dires de ce chef bédouin), nos villages n’ont pas été reconnus », souligne Raed Abou Qi’an. « En conséquence, le village n’a jamais été connecté à l’eau, à l’électricité ou au réservoir d’égouts et on a dénié aux habitants les services de base auxquels ont le droit tous les citoyens », dénonce l’organisation israélienne Adalah, qui se bat pour le droit des minorités arabes. Maryam, responsable du comité des femmes dans le village, revient sur le manque de raccordement à l’eau et l’électricité. « Nous, nous voulons vivre dans la dignité, dit-elle avec détermination. Aujourd’hui encore, nous devons aller chercher de l’eau et remplir des citernes, soit prendre des seaux, comme nos grands-mères. Nous n’avons même pas le droit de creuser un puits. Pour notre hygiène c’est très compliqué. Pour laver nos vêtements aussi. Parce que nous en avons assez, nous avons décidé de tirer un tuyau qui amènerait l’eau directement. Aux yeux des autorités israéliennes, c’est illégal et elles peuvent le détruire ou le couper quand elles le veulent. » Maryam gronde de colère. « En revanche, dans la ferme d’à côté, habitée par des juifs, il y a tout ce qu’il faut. Ils sont pourtant arrivés ici après nous. Il y a même un cimetière pour chiens. »

Colère mais pas abattement pour Maryam et les autres membres de la communauté. Des panneaux solaires ont été installés. Une crèche a été ouverte ainsi qu’une bibliothèque. Et le comité a mis en place des activités de nettoyage des déchets autour du village. « Parce que la dignité passe aussi par le respect de notre environnement », précise la jeune femme.

Dans les décennies précédentes, le gouvernement israélien a également fait intervenir un acteur clé de sa politique de colonisation et de maquillage de l’histoire, le KKL ou Fonds national juif (FNJ). Comme l’écrit l’historien israélien Ilan Pappé dans un ouvrage qui fait date, le Nettoyage ethnique de la Palestine (éditions Fayard), « c’était le service installation du FNJ qui décidait du sort des villages (arabes – NDLR) détruits une fois qu’ils étaient rasés – de ce qui allait les remplacer, implantation juive ou forêt sioniste ». Le FNJ ou le mythe de l’organisation qui allait faire « fleurir le désert » ou dont les activités de boisement sont présentées comme une mission écologique.

La tribu Abou al-Qi’an, elle, a eu affaire au KKL-FNJ dès 1963. Une forêt a vu le jour sur leurs terrains et des familles juives se sont installées, bénéficiant de toutes les infrastructures, comme on peut le voir. Des poteaux partent de ces fermes reliées par des câbles électriques en évitant soigneusement les villages bédouins. « Apparemment, dans la démocratie israélienne, l’État a le droit de déraciner des Arabes de leurs maisons et de planter des arbres à la place », ironise Ali Abou Qi’an.

À El Arakeb, non loin de là, la communauté bédouine connaît un harcèlement similaire. Le village a été détruit 102 fois par les autorités israéliennes. En juillet 2010, le 27, 1 700 policiers accompagnés de chiens et épaulés par des hélicoptères ont rasé complètement le village, ont arraché près de 4 500 arbres dont des oliviers et des figuiers. Ils n’ont pas été perdus pour tout le monde. Le KKL-FNJ les a récupérés. Ce même KKL-FNJ, si cher à Christian Estrosi, le président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (lire l’Humanité du 24 janvier), qui a poussé la provocation jusqu’à ouvrir un « parc des ambassadeurs » sur ces mêmes terres bédouines, en 2006. L’inauguration s’est faite en grande pompe sans qu’aucun ambassadeur ne refuse de venir. Tous sauf un ! L’ambassadeur d’Afrique du Sud, qui sait, lui, ce que signifie une politique d’apartheid. « Chaque arbre planté sur nos terres par le KKL-FNJ, c’est comme si on installait un soldat israélien, dénonce ainsi Sayah Al Touri. De 1998 à 2004, il y a eu épandage de pesticide sur nos terres pour que nous partions. Nous ne partirons jamais. Ces terres nous appartiennent. Nous préférons y mourir que les quitter. »

« C’est une véritable politique d’apartheid, dénonce Salem Abou Mdegen, avocat et membre du secrétariat du mouvement Hadash (Front démocratique pour la paix et l’égalité, dont la principale composante est le Parti communiste israélien). Ce qu’ils veulent, c’est prendre de plus en plus de terres aux Arabes. Ceux qui s’installent sont des colons extrémistes qui portent une kippa tricotée (signe des extrémistes en Israël – NDLR) et sont membres du parti de Naftali Bennett (chef du Foyer juif, opposé à un État palestinien et ministre dans le gouvernement de Netanyahou – NDLR). »

L’État poursuit l’installation de juifs israéliens sur les ruines des villages bédouins

Au début des années 2000, les habitants d’Umm al-Hiran et d’Atir ont retrouvé espoir. Celui-ci n’a pas duré. On leur a dit que leurs villages et 23 autres allaient être reconnus. Fini l’instabilité, l’incertitude. Mais rien n’a été fait et, dès 2011, Netanyahou a abandonné le projet. Aidés par Adalah, ils sont allés en justice. Le 25 mai 2015, la Haute Cour de justice a reconnu que les Bédouins n’étaient pas là illégalement mais a estimé que les autorités avaient tout de même le droit de les déplacer pour la quatrième fois. « Une des décisions les plus racistes rendues par la cour », estime Adalah. Depuis, le combat se poursuit. Israël veut donc à nouveau les expulser et les installer dans ce qui ressemble fort à une réserve indienne. Une ville créée pour confiner l’ensemble des Bédouins. Dans le même temps, l’État poursuit l’installation de juifs israéliens, sur ces mêmes terres, sur les ruines des villages bédouins. C’est ainsi qu’est né « Hiran », à Wadi Atir. Aucun document approuvé en avril 2003 par le Conseil national pour la planification et la construction ne fait référence aux villages bédouins d’Atir et Umm al-Hiran et encore moins à la nécessité de les reconnaître. Au contraire, les documents indiquent que la zone est totalement vide et inhabitée.

demande d’enquête sur les violences à Umm al-hiran

Lors du violent mouvement de protestation qui a suivi les deux décès à Umm al-Hiran le 18 janvier, le député de la Liste unifiée Ayman Odeh a été blessé à la tête. Il impute cette blessure à une balle non létale, dont l’extrémité était recouverte de mousse, et qui aurait été tirée par la police. Peu après les tirs de la police, les agents ont commencé à frapper les militants et à les insulter, ainsi qu’Odeh. Un policier a utilisé du gaz lacrymogène sur le député, à bout portant, faisant écho aux accusations lancées par Odeh lui-même les jours qui ont suivi l’incident.

Le Comité public contre la torture en Israël et Adalah, une organisation d’assistance juridique arabe, ont annoncé avoir fait appel au département des affaires internes de la police (DIP) pour qu’une enquête soit menée sur les motivations et les moyens mis en œuvre par la police lors de cet incident.

« Les actes décrits (dans la plainte des associations) laissent penser que l’usage de la force et l’utilisation des armes à feu étaient illégaux. Les actions des policiers ont violé la loi israélienne et constituent une atteinte à un droit fondamental : le droit à la dignité humaine et à la liberté », indique la plainte.

grand reporter
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28 janvier 2017 6 28 /01 /janvier /2017 10:48

Michel Stefani : « Au revenu universel, nous préférons une sécurité d’emploi et de formation, garantie à vie »

 
Rédigé par Nicole Mari le Samedi 28 Janvier 2017 à 00:12 | Modifié le Samedi 28 Janvier 2017 - 11:45
  

La Corse expérimentera-t-elle le revenu universel ? Le président de l’Assemblée de Corse, Jean-Guy Talamoni a présenté, vendredi matin, en session, un rapport proposant la mise en place d’une Commission de réflexion sur la question. Le rapport a été adopté grâce aux voix de la majorité nationaliste, de la gauche et du Front national, la Droite et Christophe Canioni se sont abstenus. Ce principe d’un revenu versé à tous, sans condition, ni contrepartie, proposition phare et très controversée du programme de Benoît Hamon, en cours d’expérimentation en Finlande ou en Alaska, peut-être bientôt en Gironde, a suscité autant de débats dans l’hémicycle territorial que dans la campagne présidentielle. Le Front de Gauche, très réservé sur le sujet, soulève un certain nombre d’objections et lui préfère le principe d’une sécurité d’emploi et de formation garantie à vie. Explications, pour Corse Net infos, de Michel Stefani, conseiller territorial du groupe Front de gauche.

 

 

 

 

Michel Stefani, conseiller territorial du groupe Front de gauche.
Michel Stefani, conseiller territorial du groupe Front de gauche.
- Pourquoi avez-vous voté le rapport sur le revenu universel ?
- Nous n’avons pas voté pour le revenu universel. La question, qui était posée, était de mettre en place une commission pour pousser la réflexion qui est déjà bien engagée au plan national. Il y a eu un rapport d’information de la mission sénatoriale et, au bénéfice de la campagne électorale pour la présidentielle, un regain autour de cette question. Mais aussi, un oubli essentiel ! Celui de situer les responsabilités concernant la situation des personnes affectées par la précarité, la pauvreté et le manque de moyens pour vivre.
 
- Où, selon vous, se situent les responsabilités ?
- La première est le système capitaliste dans lequel nous sommes. Cela peut paraître paradoxal, mais au moment où la crise économique s’aggrave, les riches s’enrichirent considérablement ! Aujourd’hui, huit personnes dans le monde sont aussi riches que 3,5 milliards de personnes en situation de pauvreté ! Cette réalité nécessite d’engager une action publique et de s’attaquer aux raisons de cette pauvreté et de l’aggravation du chômage. Nous considérons qu’en Corse, des dispositifs de réfaction de TVA (Taxe sur la valeur ajoutée) et de franco de port sont détournés de leur objet au détriment des ménages et de leur pouvoir d’achat.
 
- C’est-à-dire ?
- Théoriquement, ces dispositifs devraient améliorer la consommation, à travers les biens de consommation courante. Si les aides apportées aux entreprises, 100 millions € par an, étaient réorientées vers la stabilité de l’emploi et la revalorisation des salaires, elles permettraient d’autres résultats que ceux qui nous sont présentés régulièrement. Ces aides n’ont conforté que les trésoreries des entreprises. Le Préfet de Corse a expliqué que l’île a connu, sur les vingt dernières années, une croissance importante et une augmentation du PIB (Produit intérieur brut). Le volume d’argent, réfaction de TVA-aides aux entreprises, atteint près de 5 milliards d’euros sur 20 ans. Dans le même temps, en 2010, selon les derniers chiffres dont nous disposons, 1 600 ménages insulaires déclaraient des revenus annuels moyens de 180 000 € tandis que 20% des ménages avaient des revenus inférieurs au seuil de pauvreté.
 
- Ce revenu universel a un coût élevé. Comment le financer ?
- Si nous estimons que 30 000 personnes en Corse pourraient bénéficier d’une telle disposition et que celle-ci ne pourrait pas être inférieure au seuil de pauvreté, c’est-à-dire 1000 € mensuels, nous arrivons à 360 millions € par an. Il faut, par conséquent, réfléchir, dans le cadre de la solidarité nationale. D’ailleurs, la mission sénatoriale considère que le financement devrait s’opérer sur l’impôt.
 
- Qui va payer ?
- Le capital doit contribuer ! La responsabilité de la crise incombe aux entreprises qui ne peuvent pas s’en exonérer et continuer comme elles le font ! Au bénéfice d’une telle disposition qui se mettrait en place, elles pourraient accentuer la pression sur les salaires qui seraient maintenus au plus bas, et ne plus cotiser. L’autre aspect, qui nous semble particulièrement dangereux dans ce type de dispositif, est l’absence de possibilités contributives aux cotisations, donc à la protection sociale. Ce serait un désavantage important pour notre modèle de sécurité sociale. On ne peut pas évacuer cette question !
 
- Que préconisez-vous en échange ?
- Nous préconisons une sécurité d’emploi et de formation qui garantit des droits, tout au long de la vie, par des périodes de formation et de travail. Ces droits seront rattachés à la personne, quelque soit son cheminement, du début à la fin de son activité professionnelle. Cela suppose, en même temps, un contrat de travail à durée indéterminée, une baisse du temps de travail, une autre mobilisation de l’argent du crédit et une politique de développement des services publics, en particulier un grand service public de l’emploi et de la formation. Nous y ajoutons la nécessité de créer un revenu étudiant qui permettrait de sortir du processus, dans lequel nous sommes aujourd’hui, de transmission de la précarité d’une génération à l’autre.
 
- Serait-ce une sorte de revenu universel étudiant ?
- Ce serait un revenu qui garantirait l’autonomie des étudiants. Nous ajoutons également la nécessité de créer des droits nouveaux pour les salariés dans l’entreprise afin qu’ils puissent intervenir dans la gestion et dans l’organisation du travail. Le but est d’imposer le respect des règles de sécurité et de tout ce qui est, aujourd’hui, plus ou moins régulièrement bafoué.
 
- Vous semblez réservé. Pourtant le candidat socialiste à la Primaire de la gauche, Benoit Hamon, s’est fait le chantre de ce revenu…
- Les ardeurs de Benoit Hamon ont été quelques peu refroidies lorsque des économistes se sont penchés sur la question du financement. Ils ont expliqué que cette proposition, qui porterait le RSA (Revenu de solidarité active) à 650 €, coûterait plusieurs centaines de milliards d’euros. Je crois que c’est même supérieur au budget de la Sécurité sociale ! Il faut apporter des réponses à ces questionnements. Pour le reste, il semble assez hypothétique de rechercher un consensus avec ceux qui, par exemple derrière Fillon, attaquent la Sécurité sociale à la tronçonneuse, ou ceux qui, derrière Macron, nous promettent la loi Travail, toute la loi Travail, rien que la loi Travail ! Autrement dit, le retour au bonheur du 19ème siècle ! Nous ne voulons pas que des illusions soient créées !
 
- Participerez-vous aux travaux de la Commission ?
- Oui ! Bien sûr ! Mais en portant nos propositions, notre réflexion pour veiller à ce que, justement, des illusions ne viennent pas perturber, à la fois, la nécessité de situer les responsabilités de la crise dans laquelle nous nous trouvons, et de dégager une politique qui soit véritablement tournée vers la prise en compte de cette urgence sociale. Il faut apporter des réponses sérieuses, efficaces aux problèmes que rencontrent les personnes et les ménages les plus en difficulté dans notre région. Il faut, aussi, une relance de l’emploi industriel pour générer de l’emploi stable, des salaires rémunérateurs et une protection sociale qui puisse, sur la base de la péréquation, permettre à chacun de vivre dignement.
 
Propos recueillis par Nicole MARI.


En savoir plus sur http://www.corsenetinfos.corsica/Michel-Stefani-Au-revenu-universel-nous-preferons-une-securite-d-emploi-et-de-formation-garantie-a-vie_a25530.html#5Xr40s67k84Ve7Rz.99

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La Commune de Paris et l’Algérie

vendredi 13 avril 2012

 

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Alger en 1870

La Commune eut dans le monde un grand retentissement, et tout particulièrement dans le bassin méditerranéen.

LA SITUATION PRÉALABLE

À partir de 1865, Gustave Flourens se rendit en Crète pour y développer les idées de démocraties. Il fut le fondateur du journal L’Étoile d’Orient, que le gouvernement turc ne tarda pas à faire disparaître.

Pour la bourgeoisie de 1870, il était l’incarnation même du « spectre rouge », et elle le persécutait sans relâche. De tendance blanquiste, il fut admiré par Jenny Marx qui exprima ainsi son point de vue : « Gustave Flourens est une nature d’une très grande noblesse ; il a voué son cœur ardent et sensible à la cause des miséreux, des opprimés et des déshérités ; son noble cœur battait pour chaque nation, chaque tribu. »

Il fit aussi l’admiration du géographe Elisée Reclus. Ce dernier disait de lui : « Il voulait réveiller cet immobile Orient, qui ne dort pas toujours comme on le croit mais qui rêve. »

Victor Hugo, en 1870, contre les colonisateurs partant à la conquête de Cuba, rédigera un poème intitulé Serment des noirs devant le gibet de John Brown qui influencera la jeune Louise Michel.

C’est dans le journal Les Lettres Républicaines que l’on trouve de sévères condamnations du régime de Louis Napoléon Bonaparte, en particulier sur ce qu’il a fait subir aux couches laborieuses algériennes de 1868 à 1869. On y retrouve aussi les attaques contre Mac Mahon, alors gouverneur de l’Algérie, sur la volonté de concéder la terre aux petits colons pour la transformer en « îlots de citoyens jouissant de tous les droits. »

Nous avons connaissance de razzias faites par les troupes françaises en Algérie, et tout particulièrement en Kabylie.

Nous remarquons les déclarations du spahi Eugène Razoua qui devient, sous la Commune, le chef militaire de la place de Paris. Il écrivait : « Notre Algérie a une telle puissance de vitalité qu’en dépit des obstacles de toute espèce, des hommes et des choses, elle affirme une prospérité croissante. »

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Eugène Razoua

À Delescluze de reprendre : « On nous dira que la race arabe est réfractaire aux mœurs, aux lois françaises. Cet argument ne saurait nous toucher : rien n’est plus facile que de faire cesser cet antagonisme, en en supprimant les causes ; Qu’au besoin on impose des conditions à l’entrée des arabes dans la famille Française et bientôt l’Algérie verra briser les derniers obstacles qui s’opposent à leur bien-être, comme leur avancement politique, intellectuel et moral. »

À propos des déclarations des responsables communards, nous devons remarquer celle qu’a faite Jean Bruhat : « Mais ces gens se nourrissaient de déclarations remontant aux traditions qui s’étaient développées au XVIIIe siècle. »

Nous pouvons observer bien des contradictions s’appuyant sur une histoire révolue. Elysée Reclus, qui combattit les armes à la main dans la Garde nationale avait différentes appréciations sur l’Algérie ; il disait : « Non seulement elle (la nation conquérante) en a à faire le plus grand effort : assurer sa conquête ; Non seulement il fallut grever son budget annuel de dépenses supplémentaires mais aussi sacrifier son trésor plus précieux que l’argent, c’est à dire les hommes. Il était impossible que les événements d’Algérie n’eussent pas de répercussion dans l’histoire de France. » Il décrit avec assez de sympathie la vie des populations musulmanes d’Algérie et signale la cruauté des colonialistes français : « Maintenant de nombreuses injustices se commettent encore et les vainqueurs abusent toujours de leur force contre les faibles. » Cependant, il ne voyait pas pour l’Algérie une existence indépendante, autre chose que la France africaine.

La domination française était un fait accompli et quoi que l’on ait souvent répété le contraire, l’annexion de l’Algérie était un fait historique. Malgré des interventions isolées contre les méthodes cruelles de la politique coloniale, le mouvement révolutionnaire socialiste français ne parvint pas à se rapprocher du jugement porté par Friedrich Engels, qui clouait au pilori les colonisateurs français : « Depuis la première occupation de l’Algérie par les français et jusqu’à présent, ce malheureux pays est l’arène de massacres incessants, de pillage et de violences. »

Les tribus kabyles, pour qui l’indépendance est précieuse et qui placent la haine de la domination française au dessus de leur vie même, sont écrasées par des moyens terribles, des razzias au cours desquelles leurs biens et leurs demeures sont incendiés, leurs moissons piétinées. Les misérables créatures qui survivent sont massacrées ou doivent endurer toutes les violences.

Depuis sa conquête, en 1830, bon nombre de spéculateurs prirent pied en Algérie. Leur nombre ne cessa de se multiplier.

En 1866, on dénombre 22 600 immigrés contre 265 070 indigènes.

En 1870, une section de la Première internationale fonctionnait à Alger, sous l’impulsion d’André Bastelica, responsable de la Ligue du Midi ; Elle vivait surtout grâce à l’appui de la classe ouvrière métropolitaine.

L’IMPACT DE LA COMMUNE

L’annonce de la Révolution à Paris, dans la nuit du 4 au 5 septembre 1870, provoqua à Alger des manifestations révolutionnaires contre le Second Empire. Les chômeurs, les éléments petits-bourgeois ainsi que les immigrés français y prirent part. Dans la ville se formèrent des comités révolutionnaires.

Puis des clubs démocratiques firent leur apparition dans plusieurs villes d’Algérie. Une association républicaine fut créée, comprenant, entre autres, des proudhoniens, des fouriéristes et des néo-jacobins, le rôle dirigeant étant assuré par des démocrates petits-bourgeois. Ceux-ci eurent une attitude négative vis à vis de la population indigène, étant contaminés par un nationalisme français, ce qui entraina des mouvements contradictoires et interdit aux indigènes de prendre des initiatives en faveur de leur indépendance (les proudhoniens ignoraient totalement cette aspiration).

Le 24 octobre 1870, le gouvernement français nomma le général Chanzy gouverneur civil de l’Algérie, rattaché au ministère de l’Intérieur. Une manifestation dans laquelle se trouvaient des éléments français mais aussi de nombreux arabes l’empêcha de prendre ses fonctions. Ils s’emparèrent du palais du gouvernement et obligèrent la délégation française à se réfugier sur un navire de guerre ancré dans la baie d’Alger.

Le 2 septembre 1870, la chute de Sedan entraîna un grand mouvement révolutionnaire, surtout dans les grandes villes comme Alger, Orléansville, Oran, demandant la démission du gouvernement.

En mars 1871, la nouvelle que s’était constitué la Commune de Paris entraîna une insurrection en Algérie. La Kabylie toute entière était soulevée et commençait à déferler sur Alger, dégarnie de troupes. Le nouveau gouverneur, l’amiral De Gueydon, mit plusieurs semaines à juguler la révolte.

Mais la voie était tracée pour le combat pour l’indépendance, avec la constitution de l’Etoile Nord-Africaine, qui allait donner naissance au MNA (avec ensuite le FLN), et aboutir 90 ans plus tard à l’indépendance de l’Algérie.

GILBERT BERTOLINI

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LE 27 JANVIER 1945 L’ARMÉE ROUGE LIBÉRAIT AUSCHWITZ

La journée du 27 janvier est la Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes du génocide des Juifs d’Europe par le fascisme hitlérien et ses alliés.

Cette date a été choisie car elle est celle de la libération du camp d’extermination d’Auschwitz par l’Armée Rouge.

Hommage aux victimes de la barbarie nazie mais aussi au rôle libérateur de l’Union Soviétique.

C’est suffisamment rare pour être relevé à l’heure où les médias chiens de garde du capitalisme, tentent de faire de l’ Armée Rouge une bande de pillards, elle qui a perdu onze millions de ses hommes et femmes pour écraser le nazisme et libérer l’Europe.

Auxquels il faut ajouter les 3 millions de prisonniers de guerre soviétiques assassinés par les Allemands, soit plus de 50% des prisonniers.

Et rappelons aussi les 17 millions de victimes civiles en URSS durant la guerre d’extermination menée en Union Soviétique par les hitlériens.

Cette journée du 27 janvier est donc l’occasion de rappeler la vérité des faits à la jeunesse du monde sur cet période historique centrale du XXe siècle.

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27 janvier 2017 5 27 /01 /janvier /2017 17:56

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27 janvier 2017 5 27 /01 /janvier /2017 17:20
REMUE-MENINGES:Les murs de la peur:

 

 

 

Les murs de la peur

En ce début de siècle, on n’a jamais autant évoqué la tolérance, le dialogue interculturel, les échanges entre les peuples. Pourtant, un peu partout, se dressent de nouveaux murs : à Bagdad, en Cisjordanie, à Padoue (Italie), au Botswana, comme hier à Cuincy (France) ou à Ustí nad Labem (République tchèque), etc. Sans omettre les murs virtuels du Web dont l’accès nécessite un code pour franchir le portail... Le mur protège moins bien qu’il ne sépare, il y a toujours des brèches ou des armes plus sophistiquées pour le franchir. Pourtant cela n’empêche pas sa multiplication, comme s’il s’avérait plus indestructible symboliquement qu’il n’est vulnérable matériellement.

Les murs appartiennent aux plus anciens vestiges archéologiques, et la Grande Muraille de Chine – élevée au cours des IIIe et IVe siècles avant Jésus-Christ, longue de plusieurs milliers de kilomètres – est visible sur les photographies prises depuis la Lune. Les historiens s’accordent pour dire que la plupart des villes se sont dotées de remparts et de portes gardées la nuit afin d’assurer la paix aux citadins. Le mot « mur » vient du reste du latin murus, qui désigne l’« enceinte » d’une ville, à distinguer de « murailles » (moenia) et du « mur de construction » (paries), qui donnera en français « parois »). D’abord simple palissade en bois, comme en témoignent, par exemple, les découvertes archéologiques du premier site de la future Lutèce, puis en pierres avec chemin de ronde et tours. L’amélioration de l’armement aux XVe et XVIe siècles oblige les ingénieurs à concevoir de nouvelles configurations défensives, dont l’apogée sera le plan en étoile si cher à Vauban.

La suprématie de l’armée française permet alors à Louis XIV de bâtir des portes monumentales sans mur (porte Saint-Martin et porte Saint-Denis), car il n’a aucune crainte pour la sûreté de la capitale. Les murs qui suivront seront principalement d’octroi, dans la plupart des villes. Ainsi, à Paris, le mur des Fermiers généraux, dont la construction est lancée en 1784, répond avant tout à un motif fiscal. Cette enceinte devait être équipée de portes (ou barrières) dessinées par l’architecte Claude Nicolas Ledoux (par exemple la rotonde de la Villette, l’octroi de la place de la Nation). Un perspicace observateur contemporain, Louis Sébastien Mercier, note alors la formule populaire qui circule : « Le mur murant Paris rend Paris murmurant. » Il est vrai que le mécontentement enfle et que la révolution s’annonce... L’arrivée des Russes dans la capitale française en 1814, faute de fortifications efficaces, entraîne certains parlementaires à exiger, dès 1818, un mur protecteur. Ce n’est qu’en 1840, sous l’impulsion d’Adolphe Thiers, que l’édification d’une nouvelle enceinte est décidée. Elle n’empêchera pas la défaite face aux Prussiens en 1870, et sera décriée par des parlementaires réclamant sa démolition, qui ne sera décidée qu’en avril 1919.

Paris, même sans ses fortifications – mais il existe une autoroute périphérique qui, de fait, constitue un mur infranchissable pour les piétons entre la capitale et ses banlieues –, distingue ce qui lui est intra-muros et extra-muros. Ainsi parle-t-on d’un mur inexistant, invisible qui délimiterait encore la ville.

Héritage des conditions géopolitiques du règlement de la seconde guerre mondiale et de la bipolarisation du monde : le mur de Berlin. L’Allemagne vaincue est divisée en deux, Berlin aussi. Afin d’enrayer l’hémorragie démographique (plus de trois millions et demi d’Allemands ont quitté la République démocratique allemande [RDA] entre 1949 et 1960), un mur est édifié dès juin 1961, et sa surveillance requiert la mobilisation de quatorze mille gardes et six mille chiens. Willy Brandt déclare, le jour de son installation : « Die Mauer muss weg ! » Le Mur doit disparaître ! ») Ce n’est que le 9 novembre 1989, presque trente ans plus tard, qu’il sera déconstruit, dans la liesse populaire et surtout dans un nouveau contexte géopolitique, la fin du bloc soviétique. La chute du Mur constitue dorénavant un repère de choix dans la chronologie de l’histoire de l’humanité.

Ce que dit le mur relève avant tout de la crainte et du repli : je m’enferme afin de n’être pas exposé à l’Autre, que je ne comprends pas et que je ne souhaite pas rencontrer. Il semble une mesure préventive, comme pour les gated communities (lotissements-bunkers) qui s’entourent de fossés végétalisés ou plus autoritairement de grillages, avec une seule porte gardée par des hommes armés. Leurs habitants redoutent le frottement avec d’autres populations et sélectionnent leurs relations par le biais d’une urbanité discriminante : ceux de mon enclave résidentielle sécurisée, et les autres. On doit montrer « patte blanche » à l’entrée du lotissement emmuré, qu’on vienne livrer une pizza ou dîner chez des amis.

Ce sentiment d’isolement quasi sanitaire est grandement partagé, de Los Angeles à Rio, de Buenos Aires à Istanbul, de Varsovie à Moscou, de Shanghaï à Bombay, des banlieues de Toulouse à celles de Paris (1)... Il correspond à la peur du différent. Celle-ci explique mais ne saurait en aucun cas justifier les édiles de Padoue (Démocrates de gauche) qui, le 10 août 2006, ont fait ériger un mur d’acier de 84 mètres de long sur 3 mètres de haut, sous protection policière, afin de séparer la ville « convenable » de la ville gangrenée par les dealers (2). Notons que, de ce côté-ci de la barrière, on ne trouve que des Tunisiens et des Nigérians.

Des immigrés clandestins qui tentent de franchir la clôture de 6 mètres de haut encerclant Melilla (ville espagnole au Maroc), le 28 septembre 2005, essuient des tirs ; six sont tués. Un mur de 23 kilomètres « protège » San Diego de l’arrivée des Mexicains de Tijuana et préfigure le mur de 3 200 kilomètres de béton que l’administration Bush espère réaliser entre les Etats-Unis et le Mexique, d’où viennent chaque année quatre cent mille travailleurs illégaux. Même scénario entre le Botswana et le Zimbabwe : un « mur » anti-immigration, guère efficace du reste. L’Autre ici a le visage de l’Etranger, du migrant, celui qui vient « manger notre pain » et déstabiliser « notre » société.

Les Américains ont promis aux Irakiens la paix et la démocratie, mais nourrissent surtout les oppositions et les tensions. Ils divisent le territoire pour mieux le contrôler, du moins l’espèrent-ils. Et, à Bagdad, ils montent des murs entre des quartiers à majorité chiite et des quartiers peuplés principalement de sunnites. Le résultat n’est guère probant. Pourquoi ? Parce qu’un « tout » n’est jamais réductible aux « parties » qui le constituent, il est toujours au-delà et intègre les entre-deux, les liants, les combinaisons hybrides, les contradictions explicites ou sourdes, les séparations d’une autre nature que géographique... Le mur exprime l’incompréhension, la séparation, la ségrégation. Il est alors perçu comme une violence, un empêchement à la paix, comme à Belfast, où les peacelines marquent une frontière impossible. Celle-ci résulte nécessairement d’un accord, c’est-à-dire d’une négociation qui ne peut jamais être menée à distance.

Mais les réalisations les plus impressionnantes, en matière d’urbanisme discriminant, sont le fait d’Israël (3). Des colonies juives avec des remparts, des réseaux de caméras de surveillance qui forment un mur virtuel, et la construction d’un véritable mur à partir d’avril 2002, dénommé « clôture de sécurité » (security fence), longeant en Cisjordanie la « ligne verte » (frontière de 1967). Or il s’agit d’un ouvrage en béton, haut de 8 à 9 mètres, avec alarme électrique, qui est fréquemment doublé par des fossés, des barbelés, et qui s’éloigne de la « ligne verte » de 60 à 80 mètres. Il est prévu sur plus de 700 kilomètres. Sa présence perturbe non seulement les possibilités de paix, mais désorganise également l’économie locale en coupant en deux des champs, des villages, des quartiers, en empêchant les flux habituels de travailleurs palestiniens vers Israël et entre localités palestiniennes, ainsi que les relations familiales.

L’image du mur est évidente : la peur d’autrui. Il s’agit bien sûr du mur à l’échelle d’un quartier ou d’un territoire – non du muret qui enclôt le jardin de la maison –, du mur qui divise, oppose, agresse. Il procure une puissance illusoire et retarde la solution des conflits, l’échange de paroles, la plus élémentaire urbanité. Le bâtisseur de mur est un pollueur d’humanité ! Il n’imagine pas non plus que le mur, n’importe quel mur, suggère la liberté, appelle au départ, à l’aventure. Faites le mur, pas la guerre !

Thierry Paquot

Philosophe de l’urbain, professeur à l’institut universitaire professionnalisé (IUP) de Paris-XII, auteur notamment de Terre urbaine. Cinq défis pour le devenir urbain de la planète, La Découverte, Paris, octobre 2006.

 

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