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20 février 2017 1 20 /02 /février /2017 17:36
REMUE-MENINGES:L'humiliation ordinaire, par Alain Badiou

L'humiliation ordinaire, par Alain Badiou

Mon fils adoptif est noir. Pour la police, cela fait de lui un suspect.

LE MONDE | • Mis à jour le

 

"Constamment contrôlés par la police." De tous les griefs mentionnés par les jeunes révoltés du peuple de ce pays, cette omniprésence du contrôle et de l'arrestation dans leur vie ordinaire, ce harcèlement sans trêve, est le plus constant, le plus partagé. Se rend-on vraiment compte de ce que signifie ce grief ? De la dose d'humiliation et de violence qu'il représente ?

J'ai un fils adoptif de 16 ans qui est noir. Appelons-le Gérard. Il ne relève pas des "explications" sociologiques et misérabilistes ordinaires. Son histoire se passe à Paris, tout bonnement.

Entre le 31 mars 2004 (Gérard n'avait pas 15 ans) et aujourd'hui, je n'ai pu dénombrer les contrôles dans la rue. Innombrables, il n'y a pas d'autre mot. Les arrestations : Six ! En dix-huit mois... J'appelle "arrestation" qu'on l'emmène menotté au commissariat, qu'on l'insulte, qu'on l'attache à un banc, qu'il reste là des heures, parfois une ou deux journées de garde à vue. Pour rien.

 
Comment continuer à manger du poisson ?
Comment continuer à manger du poisson ?

A l’occasion de la Semaine de la Pêche Responsable, on vous explique comment choisir du poisson tout en respectant l'environnement et les océans.

Le pire d'une persécution tient souvent aux détails. Je raconte donc, un peu minutieusement, la toute dernière arrestation. Gérard, accompagné de son ami Kemal (né en France, Français donc, de famille turque), est vers 16 h 30 devant un lycée privé (fréquenté par des jeunes filles). Pendant que Gérard fait assaut de galanterie, Kemal négocie avec un élève d'un autre lycée voisin l'achat d'un vélo. Vingt euros, le vélo, une affaire ! Suspecte, c'est certain. Notons cependant que Kemal a quelques euros, pas beaucoup, parce qu'il travaille : il est aide et marmiton dans une crêperie. Trois "petits jeunes" viennent à leur rencontre. Un d'entre eux, l'air désemparé : "Ce vélo est à moi, un grand l'a emprunté, il y a une heure et demie, et il ne me l'a pas rendu." Aïe ! Le vendeur était, semble-t-il, un "emprunteur". Discussion. Gérard ne voit qu'une solution : rendre le vélo. Bien mal acquis ne profite guère. Kemal s'y résout. Les "petits jeunes" partent avec l'engin.

C'est alors que se range le long du trottoir, tous freins crissants, une voiture de police. Deux de ses occupants bondissent sur Gérard et Kemal, les plaquent à terre, les menottent mains dans le dos, puis les alignent contre le mur. Insultes et menaces : "Enculés ! Connards !" Nos deux héros demandent ce qu'ils ont fait. "Vous savez très bien ! Du reste, tournez-vous – on les met, toujours menottés, face aux passants dans la rue –, que tout le monde voie bien qui vous êtes et ce que vous faites !" Réinvention du pilori médiéval (une demi-heure d'exposition), mais, nouveauté, avant tout jugement, et même toute accusation. Survient le fourgon. "Vous allez voir ce que vous prendrez dans la gueule, quand vous serez tout seuls." "Vous aimez les chiens ?" "Au commissariat, y aura personne pour vous aider."

Les petits jeunes disent : "Ils n'ont rien fait, ils nous ont rendu le vélo." Peu importe, on embarque tout le monde, Gérard, Kemal, les trois "petits jeunes", et le vélo. Serait-ce ce maudit vélo, le coupable ? Disons tout de suite que non, il n'en sera plus jamais question. Du reste, au commissariat, on sépare Gérard et Kemal des trois petits jeunes et du vélo, trois braves petits "blancs" qui sortiront libres dans la foulée. Le Noir et le Turc, c'est une autre affaire. C'est, nous raconteront-ils, le moment le plus "mauvais". Menottés au banc, petits coups dans les tibias chaque fois qu'un policier passe devant eux, insultes, spécialement pour Gérard : "gros porc", "crado"... On les monte et on les descend, ça dure une heure et demie sans qu'ils sachent de quoi ils sont accusés et pourquoi ils sont ainsi devenus du gibier. Finalement, on leur signifie qu'ils sont mis en garde à vue pour une agression en réunion commise il y a quinze jours. Ils sont vraiment dégoûtés, ne sachant de quoi il retourne. Signature de garde à vue, fouille, cellule. Il est 22 heures. A la maison, j'attends mon fils. Téléphone deux heures et demie plus tard : "Votre fils est en garde à vue pour probabilité de violences en réunion." J'adore cette "probabilité". Au passage, un policier moins complice a dit à Gérard : "Mais toi, il me semble que tu n'es dans aucune des affaires, qu'est-ce que tu fais encore là ?" Mystère, en effet.

S'agissant du Noir, mon fils, disons tout de suite qu'il n'a été reconnu par personne. C'est fini pour lui, dit une policière, un peu ennuyée. Tu as nos excuses. D'où venait toute cette histoire ? D'une dénonciation, encore et toujours. Un surveillant du lycée aux demoiselles l'aurait identifié comme celui qui aurait participé aux fameuses violences d'il y a deux semaines. Ce n'était aucunement lui ? Un Noir et un autre Noir, vous savez...

A propos des lycées, des surveillants et des délations : j'indique au passage que lors de la troisième des arrestations de Gérard, tout aussi vaine et brutale que les cinq autres, on a demandé à son lycée la photo et le dossier scolaire de tous les élèves noirs. Vous avez bien lu : les élèves noirs. Et comme le dossier en question était sur le bureau de l'inspecteur, je dois croire que le lycée, devenu succursale de la police, a opéré cette "sélection" intéressante.

On nous téléphone bien après 22 heures de venir récupérer notre fils, il n'a rien fait du tout, on s'excuse. Des excuses ? Qui peut s'en contenter ? Et j'imagine que ceux des "banlieues" n'y ont pas même droit, à de telles excuses. La marque d'infamie qu'on veut ainsi inscrire dans la vie quotidienne de ces gamins, qui peut croire qu'elle reste sans effets, sans effets dévastateurs ? Et s'ils entendent démontrer qu'après tout, puisqu'on les contrôle pour rien, il se pourrait qu'ils fassent savoir, un jour, et "en réunion", qu'on peut les contrôler pour quelque chose, qui leur en voudra ?

On a les émeutes qu'on mérite. Un Etat pour lequel ce qu'il appelle l'ordre public n'est que l'appariement de la protection de la richesse privée et des chiens lâchés sur les enfances ouvrières ou les provenances étrangères est purement et simplement méprisable.


Alain Badiou, philosophe, professeur émérite à l'Ecole normale supérieure, dramaturge et romancier.

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20 février 2017 1 20 /02 /février /2017 17:18
 
 
 
Croisière 100 ans révolution octobre
 

Pétition. Reconnaissance des crimes coloniaux commis par la France

Lundi, 20 Février, 2017
Humanite.fr

Populations « indigènes » soumises au travail forcé, dispositions racistes et d’exception – codes de l’indigénat, internement administratif, responsabilité collective, etc… - imposées aux colonisés qui, dans leur écrasante majorité, n’étaient pas considérés comme des citoyens mais comme des « sujets français » jusqu’à la Libération, déportations, exécutions sommaires et massacres ; autant de pratiques qui ont été constitutives de la construction et de la défense de l’empire colonial français. Les massacres de Thiaroye au Sénégal (décembre 1944), ceux de Sétif, Guelma et Kherrata en Algérie, qui débutent le 8 mai 1945 et leurs dizaines de milliers de morts, en témoignent sinistrement.

Il y a soixante-dix ans, au mois de mars 1947, la guerre d’Indochine et l’insurrection malgache débutaient. Le 1er novembre 1954, un conflit long et sanglant commençait en Algérie. Entre 1945 et 1962, la France a donc été presque constamment engagée dans des opérations militaires coloniales qui se sont soldées par près d’un million de morts. N’oublions pas la guerre longtemps occultée menée au Cameroun (1955-1971) et les répressions sanglantes des militants guadeloupéens et kanaks.

Si la loi Taubira et les initiatives de la société civile ont permis un début de reconnaissance sociale et politique de l’esclavage et de la traite négrière, il n’en est pas de même pour les crimes commis avant ou après la Seconde Guerre mondiale. Cette situation est inacceptable, car elle ajoute aux massacres, l’outrage aux victimes, à leurs descendants et leurs proches. 

Aussi, nous demandons aux plus hautes autorités de l’Etat et aux candidat-e-s à l’élection présidentielle qu’ils se prononcent pour la création d’un lieu du souvenir à la mémoire de celles et ceux qui furent assassinés, l’ouverture de toutes les archives relatives à ces différents événements et la reconnaissance de ces crimes de guerre et de ces crimes d’Etat. C’est ainsi que justice sera rendue aux héritiers de l’immigration coloniale et post-coloniale, et que les discriminations mémorielles qui les affectent toujours pourront être combattues. Enfin, de tels actes permettront à tous les Français-e-s de mieux connaître cette histoire singulière.

Signataires :

Achcar, Gilbert, sociologue. Alacarz, Nadia, écrivaine. Amar, Habib, écrivain. Aminot. Louis, co-président de Nautilus21. Aouina, Hamadi, artiste groupe Zyriab. Badie, Bertrand, politiste. Bantigny, Ludivine, historienne. Barbier, Michèle, présidente de la LDH Saint-Pons Hauts Cantons. Bavais, Francine, citoyenne du monde. Benaissa, Yourid, syndicaliste. Benatouil, Maxime, co-président de l’Union Juive Française pour la Paix (UJFP). Bennaï, Farid, membre du réseau Reprenons l’initiative contre les politiques de racialisation. Besancenot, Olivier, porte-parole du NPA. Bihr, Alain, sociologue. Bouamama, Saïd, sociologue et membre du FUIQP. Bouffartigue, Maylis, directrice de la Compagnie Monsieur Madame. Bouillon, Florence, sociologue. Boumediene, Alima, avocate. Braun, Henri, avocat. Briant, Jo, militant associatif. Brossat, Ian, PCF, maire-adjoint et élu du 18e arrondissement. Brossat, Alain, philosophe. Bruley, Bernard, (Fédération Anarchiste). Brun, François, militant NPA. Brunet, Philippe, sociologue. Boutault, Jacques, maire du 2e arrondissement de Paris, (Eelv). Candas, Viviane, cinéaste. Charansonnet, Alexis, historien. Clerval, Anne, géographe. Cluzel, Agnès, Mrap. Combes, Maxime, économiste, membre d’ATTAC-France. Cours-Salies, Pierre, sociologue. Daeninckx, Didier, écrivain. Dayan-Herzbrun, Sonia, sociologue. Desjardin, Alain, président de l’association Anciens Appelés en Algérie et leurs Amis Contre la Guerre (4ACG). Delphy, Christine, sociologue. Deltombe, Thomas, éditeur. Djardem, Fafia, psychanalyste. Domergue, Manuel, chercheur. Dreano, Bernard, président du CEDETIM. El Korso, Mohamed, professeur des Universités, (Algérie). Epsztajn, Didier, animateur du blog Entre les lignes. Entre les mots. Esquerre, Laurent, Alternative Libertaire. Farbiaz. Patrick Sortir du Colonialisme (SDC). Fassin, Eric, sociologue. Favre, Jean-Louis. Furon, Ferial, présidente de l’association Franco-Algériens Républicains Rassemblés (FARR). Ganem, Valérie, universitaire. Garcia, Marcela, sociologue. Gassa, Amelle, maire-adjointe en charge des affaires juridiques (Givors). Gaudichaud, Franck, historien. Geffrouais, Romain, enseignant d’histoire-géographie, Sud-Education, membre du BN du GFEN. Genestet, Vincent, consultant retraité. Gèze, François, éditeur. Grosdoy, Augustin, co-président du MRAP. Guichard, Serge, membre de l’Association de Soutien en Essonne aux Familles Roms. Hayat, Samuel, politiste. Hakima Houari, membre de l’association Malcom X. Hazemann, Yves, historien et journaliste. Hedna, Toufik, président de l’association Les Amis de l’Algérie (Rennes). Houdy, Philippe, physicien. Ivekovic, Rada, philosophe, Johsua, Samy, élu Front de Gauche, (Marseille). Journard, Robert, chercheur. Kahoul, Yamina, maire-adjointe au développement économique (Givors). Kaki, Mhamed, président de l’association Les Oranges. Khalfa, Pierre, co-président de la Fondation Copernic. Kipfer, Stefan, universitaire. Kodjo-Granvaux, Séverine, philosophe. Kupferstein, Daniel, réalisateur. Laffitte, Roland, chercheur indépendant. Lahmer, Annie, conseillère régionale Ile-de-France (Eelv). Laidoudi, Fahima, militante des Réseaux Interventions Réflexions Quartiers Populaires (RIRQP). Lallaoui, Mehdi, réalisateur. Lavignotte, Stéphane, théologien. Le Bigot, Brenda, géographe, Sud-Education. Le Cour Grandmaison, Olivier, universitaire. Le Maulf, Noëlle, conseillère municipale, Ville d’Ifs. Le Mignot, Renée, co-présidente du MRAP. Lesage, Jean-Yves, animateur du blog des Communistes libertaires de la CGT. Lowy, Elise, membre du bureau exécutif d’Eelv, déléguée aux relations internationales. Luste Boulbina, Seloua, philosophe. Maherzi, Aïcha, universitaire. Mahieux, Christian, cheminot syndicaliste. Mamère, Noël, député. Marlière, Philippe, politiste. Martelli, Roger, historien, co-directeur de Regards.Massiah, Gustavo, économiste. Mbembe, Achille, historien. Messaoudi, Samia, journaliste et responsable Au nom de la Mémoire. Meyer, Jean-Claude, membre du bureau national de l’Union Juive Française pour la Paix (UJFP). Meynier, Gilbert, historien. Mikou, Noufissa, universitaire retraitée. Monsillon, Gilles, Ensemble. Monville-De Cecco, Bénédicte, conseillère régionale Ile-de-France (Eelv). Morillas, Cindy, politiste. Nahori, Michèle, pédiatre. Natanson, Dominique, co-président de l’Union Juive Française pour la Paix (UJFP). Omani, Rania, artiste peintre. Oussedik, Fatma, sociologue. Pape, Elise, sociologue. Passevant, Christiane, Radio Libertaire. Pelletier, Willy, coordinateur général de la Fondation Copernic. Perreau Bezouille, Gérard, premier adjoint honoraire (Nanterre). Pfefferkorn, Roland, sociologue. Poupin, Christine, porte-parole du NPA. Prémel, Gérard, écrivain. Quintal, Yves, président de Egalité-Toulouse Mirail 31 et de Ecoles Tiers-Mondes 46. Raharimanana, Jean-Luc, écrivain. Riceputi, Fabrice, historien. Riot-Sarcey, Michèle, historienne. Rosevègue, André, UJFP Aquitaine. Rousset, Pierre, Europe Solidaire Sans Frontière (ESSF). Ruscio, Alain, historien. Sala-Molins, Lluis, professeur émérite de philosophie politique. Salakdji, Abdelhamid, président de la Fondation du 8 mai 1945 (Algérie). Salem, Jean, philosophe. Samary, Catherine, économiste. Senari, Ali, conseiller municipal (Givors). Sibony, Michèle, Union Juive Française pour la Paix (UJFP). P. Silberstein, Patrick, éditeur. Soncin, Jacques, journaliste, président de Fréquence Paris Plurielle (FPP). Spensky, Martine, historienne. Taraud, Christelle, historienne. Tarrit, Fabrice, co-président de Survie. Tatsitsa, Jacob, historien. Tin, Louis-Georges, président du CRAN. Tobner, Odile. Toulouse, Rémy, éditeur. Vanhoove, Jean-Paul, retraité. Vermeren, Pauline, philosophe. Vianna, Pedro, écrivain. Vollaire, Christiane, philosophe. Zemor, Olivia, présidente de CAPJO-EuroPalestine. Zimmer, Alfred, Mrap Strasbourg ,Debos, Marielle, politiste. Falquet, Jules, sociologue, Prunaud, Christine, PCF, sénatrice des Côtes d'Armor, Al-Matary Sarah, universitaire.

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20 février 2017 1 20 /02 /février /2017 10:45

En pleine affaire FILLON, les élus votent une loi pour se blanchir

  • 17 févr. 2017
 
  •  

 

Sans aucune information dans les médias s'est joué aujourd'hui l'un des plus gros scandale de corruption des élus.

Les députés ont voté aujourd'hui un amendement pour se blanchir, ainsi que tous les autres escrocs en col blanc, de tous les délits financiers et de tous les détournements de fonds cachés qu'ils ont commis il y a plus de 12 ans.

A partir de ce jour, toutes les sommes volées discrètement à qui que ce soit il y a plus de 12 ans resteront acquises définitivement à tous les escrocs ou hommes politiques, ce même si il était impossible de savoir que ces vols avaient été commis !!

Toutes les affaires de corruption ou détournement de fond de plus de 12 ans que l'on ne découvriraient qu'à partir de ce jour sont blanchies par ces nouvelles lignes rajoutées en catimini dans un amendement voté ce jour.

Il s'agit bien de fait d'autoriser la corruption en toute impunité, car il suffit de se faire verser le pot de vin issu de la corruption sur un compte à l'étranger, donc que personne ne peut connaitre, puis simplement d'attendre 12 ans pour dépenser cet argent illégalement perçus aux yeux de tous, ce sans que la justice ne puisse vous demander quoi que ce soit. Au pire un redressement pour non déclaration ISF si la somme est vraiment importante !!!

C'est une réelle "légalisation" de la corruption, la justice ne vous demandant simplement de ne pas dépenser les sous avant 12 petites années !

Et tout cela pour que nos chers élus se blanchissent eux mêmes de tous leurs détournements de fond ou emplois fictifs commis il y plus de 12 ans dans notre dos.

Le plus fou est qu'ils ont glissé ces lignes dans des textes durcissant tous les délais de prescription pour tous les autres délits et crimes !

Nous devons absolument crier notre colère et descendre partout dans les rues pour faire retirer ces lignes scélérates rajoutées au dernier moment (ci-dessous en rouge) !

Alors que la loi protégeait les citoyens victimes des escroqueries ou infractions dites "occultes" ou "dissimulées" en ne prenant comme date de référence pour le délai de prescription que la date de "connaissance" du délit et non celle du délit, maintenant des députés ont rajouté discrètement quelques lignes pour glisser une date butoir de 12 ans à partir de la date de la réalisation du délit, donc tous les délits financiers ou autres arnaques que vous pouvez cacher pendant 12 ans seront donc considérés de facto comme "légaux" et inattaquables.

Il faut comprendre qu'en termes de détournements de fond ou de fraudes financières dissimulés, 12 ans est simplement ridicule. Dans toutes les entreprises ou services publics, il existe des milliers de situations qui ne sont apparentes que si quelqu'un s'y interresse par exemple lors d'une cession ou d'une régularisation.

Il suffit de changer un nom ou de faire une fausse déclaration pour dissimuler durablement un détournement de fond, la victime ne le verra que quand elle demandera par exemple réellement les fonds.

L'inversion du sens des mots et du sens commun est en train de faire des ravages partout dans les médias, car cet amendement est à lui seul une injonction paradoxale, car il dit une chose et fait son contraire !

Imaginez un détournement massif des épargnes longue durée ?

http://www.lcp.fr/actualites/comment-le-garde-des-sceaux-modifie-la-prescription-des-infractions-occultes

Il faut voir les excuses que donne le garde des sceaux pour garder un tel scandale, "c'est juste que ce serait compliqué de faire enlever ces lignes, il nous prend vraiment pour des c...

Le nouvel article 9-1 A précité disposerait que « par dérogation au premier alinéa des articles 7 et 8 du présent code, le délai de prescription de l’action publique de l’infraction occulte ou dissimulée court à compter du jour où l’infraction est apparue et a pu être constatée dans des conditions permettant la mise en mouvement ou l’exercice de l’action publique, sans toutefois que le délai de prescription puisse excéder douze années révolues pour les délits et trente années révolues pour les crimes à compter du jour où l’infraction a été commise

 

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20 février 2017 1 20 /02 /février /2017 10:33
remue6MENINGES:   I R R E S P O N S A B L E S !

I R R E S P O N S A B L E S !

Au lieu de se rencontrer et de travailler à un accord politique, Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon ont passé le week-end à échanger des petites phrases assassines. Le premier ne veut pas «s’accrocher à un corbillard» ; le second estime tout «co-voiturage» impossible. Bataille d'égos ? Affrontement sur le fond ? On n'en saura jamais rien, faute d'une confrontation politique ouverte.

Ce que l'on sait, en revanche, c'est que, pour la première fois depuis Vichy, l'extrême droite, avec Marine Le Pen, peut arriver au pouvoir. Si ce n'est pas encore probable, c'est, hélas, déjà possible. La laisser faire, ne pas lui opposer un candidat d'union capable de lui barrer la route est irresponsable. Car il est clair que, candidats tous les deux, ni Hamon ni Mélenchon ne pourront accéder au second tour.

L’histoire jugera sévèrement ceux qui auraient permis l’élection d’une néo-fasciste. Comparaison n’est pas raison. Mais les historiens savent à quoi a conduit la division entre le Parti communiste (KPD) et le Parti social démocrate (SPD) dans l’Allemagne des années 1920-1930…

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19 février 2017 7 19 /02 /février /2017 17:22

 

Le 21 janvier 1793, il y a exactement 224 ans, Louis XVI était décapité.
"L'honneur des nations, c'est de foudroyer les tyrans et de venger l'humanité avilie. La gloire de la Convention consiste à cimenter la liberté par un grand exemple donné à l'univers. Les peuples ne jugent pas comme les cours judiciaires; ils ne rendent point de sentences, ils lancent la foudre; ils ne condamnent pas les rois, ils les replongent dans le néant" (Robespierre)

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19 février 2017 7 19 /02 /février /2017 13:39
REMUE-MENINGES:« Il faut rêver le monde pour pouvoir le transformer »

Roland Gori : « Il faut rêver le monde pour pouvoir le transformer »

Roland Gori : « le libéralisme fait fausse route sur sa conception de l’Homme ». Photo la marseillaise Roland Gori : « le libéralisme fait fausse route sur sa conception de l’Homme ». Photo la marseillaise L'utilisation de l'article, la reproduction, la diffusion est interdite - LMRS - (c) Copyright Journal La Marseillaise
 

De « l’Appel des appels » en 2009, à son dernier ouvrage, Un monde sans esprit. La fabrique des terrorismes, en passant par La dignité de penser, La folie évaluation (Les nouvelles fabriques de la servitude) ou L’individu ingouvernable, Roland Gori, au fil de ses (nombreux) livres et de ses interventions dans les débats publics (il sera à Marseille mercredi 15 février), apporte sa contribution à l’agora politique.

Vous avez récemment affirmé (*) que plus personne ne croit que le libéralisme puisse réduire les inégalités. Est-ce à dire que le libéralisme est moribond et que la question du « progrès social » par exemple va pouvoir être posée dans de nouvelles conditions ?

Depuis le début, le libéralisme fait fausse route sur sa conception de l’Homme, il fait l’impasse sur le besoin de reconnaissance sociale, symbolique. Après l’effondrement du Mur de Berlin et l’effondrement du discours révolutionnaire, il y a eu une autoroute pour l’ultra-libéralisme ou le néo-libéralisme qui, aujourd’hui, est en train de se discréditer. Le discours sous la forme du néo-libéralisme des années 1980-1990 n’est plus crédible et on aboutit à une crise qui rappelle la phrase de Gramsci, « Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître, et dans ce clair-obscur surgissent les monstres ».

Toutes les affaires qui sortent aujourd’hui mettent en évidence l’état d’un système qui se révèle hypocrite. On fait l’impasse sur le besoin de partager une expérience sensible, une certaine conception de la liberté.

La crise des valeurs libérales de la fin du XIXe siècle a débouché sur la Première guerre mondiale, dans l’entre deux-guerres, elle a débouché sur l’émergence de partis totalitaires, qui n’ont pas tenu leurs promesses par rapport à des populations humiliées. On voit comment ces partis ont récolté toutes les colères, les frustrations.

Aujourd’hui, on assiste à l’émergence de nouveaux fruits de cette crise avec Daech, Al Qaïda mais aussi le regain des nationalismes avec Trump, le Brexit d’une certaine façon, la montée de l’extrême droite en Autriche, certains gouvernements d’Europe centrale. Nous ne sommes pas dans une situation identique à celle des années 30, mais cela lui ressemble étrangement. D’où l’urgence de proposer une autre conception philosophique, une autre conception de la vie en société. On peut parier sur le progrès social, sur d’autres manières de travailler, de vivre ensemble. La révolution numérique peut être une chance pour se parler, pour innover, même s’il y a aussi un risque de confiscation du monde, du savoir-faire et du savoir de l’artisan et de l’ouvrier, par le mode d’emploi de la machine. C’est la raison pour laquelle nous avons décidé de lancer le « Manifeste des oeuvriers » avec le journaliste Charles Silvestre et le musicien Bernard Lubat. Il s’agit de restituer cette dimension d’oeuvre alors que le travail est taylorisé, même chez les médecins, les infirmières, les enseignants, les magistrats où les activités sont de plus en plus semblables à des actes standardisés.

Vous avez été l’initiateur de « l’Appel des appels » il y a huit ans. Quel chemin a été parcouru depuis selon vous ?

Aujourd’hui, on voit bien avec « Nuit debout » et les tentatives de culture alternative qu’il y a un peu partout une remise en cause de cette civilisation néo-libérale qui, de mon point de vue, est à l’agonie, Macron relevant de la bulle politique spéculative. Il y a un discrédit du modèle, on y croit de moins en moins. L’échec du gouvernement a été de continuer avec un logiciel à peu près identique. En somme, on veut nous obliger à être pratiquants alors que nous ne sommes plus croyants.

Depuis huit ans, on a aussi assisté au pire avec la résurgence de mouvements racistes, populistes, nationalistes. La construction d’un pacte d’humanité tarde mais j’espère qu’on pourra avancer. Le fait que Benoît Hamon se retrouve représentant du PS montre que les électeurs de cette primaire ont sanctionné la ligne social-libérale, c’est la preuve qu’il se passe quelque chose dans l’opinion. Par ailleurs, la rencontre à la fête de « L’Humanité » entre Philippe Martinez et Régis Debray est le signe d’un désir de convergences entre le mouvement syndical et des intellectuels. Il y a peut-être aujourd’hui la possibilité de construire une nouvelle alliance populaire face aux 1% qui possèdent tout. Si on n’y parvient pas, je crains le pire, il y a déjà des symptômes dans d’autres pays.

L’idéologie libérale a réussi à dévaloriser le mot même d’utopie. Est-ce que ce n’est pas la source du problème ?

C’est un mot traité de manière péjorative, non pas comme une fiction romanesque. Il y a une interdiction de rêver. Or, si un homme ne peut pas rêver, il crève. Il faut rêver le monde pour pouvoir le transformer. Je crois qu’un des mérites de la ligne de Pierre Laurent est d’inviter à des débats pour construire des projets. Il faut remettre l’utopie au coeur du discours politique.

Réalisé par Jean-François Arnichand

 

« Politis », n° 1438, du 26 janvier au 1er février 2017.

 

Roland Gori sera présent ce mercredi 15 février à 19h, à la librairie L’odeur du temps, 35 rue Pavillon, Mar

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19 février 2017 7 19 /02 /février /2017 10:03
REMUE-MENINGES:Hamon en aval : un frondeur qui a perdu sa fronde
 
 
 
 
 

Chroniques Latines

Les chroniques Latines de Jean Ortiz portent un regard loin des clichés sur les luttes de libération du continent sud-américains... Toujours un oeil vif sur l'Espagne et les enjeux sous-jacents du quotidien...
reuters
Jean Ortiz

Hamon en aval : un frondeur qui a perdu sa fronde

Oui au rassemblement ! Mais sans amnésie ni arrière-pensées.

Il suffit de lire, d’écouter, d’examiner son staff. Le sympathique Benoit Hamon cherche d’abord à sauver le parti socialiste. Il s’est recentré, après négociations avec la direction du PS. J’ai de nombreux amis impliqués dans le mouvement « Un mais pas trois ». L’aspiration unitaire, en bas, est forte. Oui, à l’unité ! Oui au rassemblement ! Mais non à l’instrumentalisation en sous-main !Je ne crois pas que le PS soit radicalement différent de ce qu’il était en 1936, ou à la Libération. Le peuple lui a alors imposé un cap à gauche. Le rassemblement doit donc s’accompagner d’un rapport de forces afin d’imposer au « candidat du PS » Benoit Hamon, une rupture claire avec le social libéralisme, avec les traités européens, avec le bilan du quinquennat.

Le problème de la tête de liste ne saurait être séparé des enjeux de classe, du contenu du projet, de la construction d’une alternative de rupture. La faillite du PS, sanctionné par les électeurs de gauche : retrait de François Hollande, la défaite de Valls, ne peut pas sortir par la porte pour mieux rentrer par la fenêtre... On ne peut pas dire, « tournons la page, oublions, faisons table rase ; on prend les mêmes, ou leurs clones, et on recommence ». C’est pourtant ce que proposent implicitement des OGM de la politique, des partisans d’une candidature Hamon, parce qu’elle serait « plus efficace , plus rassembleuse » face aux nazillons. Pour cela, on bâillonne médiatiquement les communistes, on tire à boulets rouges sur Mélenchon, qui « injurie », « agresse », « divise »... Son charisme (pour être chef d’Etat, il faut en avoir), le dynamisme de la campagne de « la France insoumise », dérangent.

L’argument du « vote utile » contre le FN n’est aujourd’hui plus recevable. Il est plus qu’éculé : cela fait 20 ans qu’on nous le sert. C’est la politique du PS qui fait monter le Front National. Il faut donc rompre tout lien, toute aliénation avec le parti naufragé des naufrageurs, des fossoyeurs, et faire du neuf social. Lorsque nous examinons l’équipe de campagne de Benoit Hamon, on y trouve, par exemple, Sandra Laugier, à la tête du « laboratoire d’idées ». Nous l’avons vue à l’œuvre envers l’enseignement supérieur et la recherche. Elle a contribué à la mise en place de la LRU, de l’autonomie, de la marchandisation, de l’austérité, de l’évaluation, du classement... Alors, non merci ! D’autres collaborateurs sont des hollandistes notoires, ou des vallsistes qui ont choisi de rester au PS pour « récupérer la maison » après les élections. Cambadélis règne encore sur l’appareil.

Je me souviens également que lorsque Benoit Hamon était ministre de l’Education Nationale, il n’a pas brillé par ses relations avec la FSU. Il n’a repris aucune de nos propositions syndicales. Alors, oui au rassemblement ! Mais sans amnésie ni arrière-pensées.

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17 février 2017 5 17 /02 /février /2017 17:42
REMUE MENINGES:: L'année de la Grande Muraille

LE MONDE D'AUJOURD'HUI : L'année de la Grande Muraille
(par Ignacio Ramonet, traduction Michel Taupin)

Il est possible que 2017 reste dans l'histoire comme l'année de la Grande Muraille. Pourquoi ? Parce que Donald Trump, le nouveau président des États-Unis, a décidé de construire une barrière de protection monumentale à la frontière avec le Mexique pour empêcher, selon lui, "l'invasion" des immigrés clandestins venus du "dangereux Sud"...

Quelqu'un devrait rappeler au président américain, ce que l'histoire nous enseigne précisément : que ces fortifications cyclopéennes n'ont pratiquement jamais arrêté qui que ce soit. Les Chinois n'ont-ils pas construit dans l'antiquité, l'impressionnante Grande Muraille pour arrêter les Mongols ? N'est-ce pas l'Empire romain qui a érigé, dans le nord de l'Angleterre, le colossal mur d'Hadrien pour repousser les barbares de l'Ecosse ? C'est bien connu, dans ces deux exemples historiques, ces clôtures gigantesques ont échoué. Les Mongols sont passés, mais aussi les Mandchous et les Calédoniens... Comme passeront aux États-Unis, les mexicains, les centre-américains, les caribéens, les musulmans... Dans l'éternelle dialectique militaire du bouclier et de l'épée, la réponse à la Grande Muraille de Donald Trump sera les milliers de tunnels souterrains que probablement les parias de la terre creusent déjà...

Mais une autre contradiction surgit. D'un côté, Trump annonce un plan d'investissement d'1 milliard de dollars dans des travaux publics pour reconstruire, comme dans un nouveau New Deal, infrastructures, aéroports, routes, ponts et tunnels à travers le pays. Ce qui devrait stimuler l'activité économique, la croissance et surtout, créer des millions d'emplois. Mais d'un autre côté, il y a déjà le plein emploi aux Etats-Unis... Avec le président Barack Obama douze millions d'emplois ont été créés [i]. Le paradoxe est qu'en réalité la main-d'œuvre manque... Et il en manquera encore plus si Donald Trump expulse, comme promis, onze millions de travailleurs immigrés clandestins... Qui construira la Grande Muraille, les ponts, les routes et les tunnels ?

Autre problème : les statistiques officielles américaines montrent que le nombre de travailleurs actifs prenant leur retraite ne cesse d'augmenter. Autrement dit, comme dans toutes les sociétés développées, le nombre de personnes âgées augmente plus rapidement que celui des jeunes. Conséquence : les cinq premières professions qui offriront davantage d'emplois dans la prochaine décennie sont : les aides aux soins personnels, les infirmières, les aides et soins à domicile, les travailleurs de la restauration rapide, les vendeurs du commerce de détail. Toutes activités difficiles et mal payées, les jobs classiques des immigrants. Si se dresse la "Grande Muraille" aux Etats-Unis, qui les exercera ?

Un autre aspect du problème : les migrations ne sont pas le résultat d'un caprice. Elles sont le résultat de guerres ou de conflits, de catastrophes climatiques (sécheresse), de la démographie, de l'urbanisation accélérée du Sud, de l'exploitation, de la mutation économique (diminution de la paysannerie), des sauts technologiques et des chocs culturels. Faits sociologiques qui poussent les gens des pays pauvres, surtout les plus jeunes, à émigrer à la recherche d'une vie meilleure. Faits qui sont hors contrôle de toute politique et qu'un mur peut peut-être freiner, mais ne pourra pas arrêter ni dissiper.

De plus, si Donald Trump est obsédé par les immigrants latino-américains, qu'il se prépare aux autres "invasions" à venir. L'Afrique sub-saharienne, par exemple, comptait en 2000, 45 millions de personnes âgées entre 25 et 29 ans qui est la tranche d'âge dans laquelle on émigre le plus. Aujourd'hui, les sub-sahariens de cet âge sont déjà 75 millions et en 2030 ils seront 113 millions... La Banque africaine de développement estime que sur les 12 millions de sub-sahariens qui, chaque année intègrent la population active, à peine 3 millions trouvent un emploi formel. Le reste, soit 9 millions de jeunes chaque année, constitue une réserve croissante de migrants potentiels... En Inde, chaque mois, un million de jeunes gens atteignent 18 ans et beaucoup rêvent d'émigrer ... [ ii]

Bien que la "Grande Muraille" de Donald Trump doit également être entendue dans un sens métaphorique, cela signifie aussi une barrière de taxes pour compliquer l'accès des produits étrangers sur le marché intérieur : avec des taux annoncés de 45% sur les importations en provenance de Chine et de 35% sur celles du Mexique... Protectionnisme commercial dur qui a été l'un des axes centraux de la campagne électorale. Et qui est la véritable signification de l'élection du nouveau président américain qui a commencé sa première semaine au pouvoir avec un geste en direction des électeurs de la classe ouvrière qui l'ont aidé à gagner le 8 Novembre dernier, et qui se sentent désavantagés par les délocalisations industrielles. Trump a tenu sa promesse et a signé un décret retirant les États-Unis du traité Trans-Pacifique (TTP), un accord avec onze pays du bassin du Pacifique promu par Barack Obama.

Il a également annoncé renégocier l'accord de libre-échange avec le Mexique et le Canada (ALENA, pour son sigle en anglais) [iii]. Tout cela signifie une défaite de la mondialisation néolibérale, du libre marché et des délocalisations. Il suffit de voir sur ce sujet, la rogne interminable et le trépignement permanent contre Donald Trump, de tous les partisans de l'ultra-libéralisme. En commençant par les grands médias dominants qui maintenant s'attaquent sans arrêt -chose inouïe- au président des Etats-Unis, lui-même, comme s'il s'agissait de Chavez. Voir, par exemple, en Espagne, la rage anti-Trump incontrôlable du journal néolibéral "El País".

En cette année au cours de laquelle sera célébré le centenaire de la révolution bolchevique d'Octobre 1917, le "choc" que Donald Trump imprime aux affaires intérieures étasuniennes et à la géopolitique internationale, ne cesse d'ébranler le monde. À certains égards, pour le bien, à de nombreux autres, pour le mal.

IGNACIO RAMONET

[i] Le président Obama a laissé un taux de chômage de 4,7%, proche du niveau de plein emploi. [ii] Toutes les statistiques sont de l'hebdomadaire "The Economist "numéro spécial "Le Monde en 2017", Londres, Décembre 2016.
[iii] l'ALENA, qui lie le Canada, les États-Unis et le Mexique dans une zone commerciale unique, a été approuvé en 1994 par le président américain démocrate Bill Clinton, mari d'Hillary Clinton. Donald Trump a déclaré qu'il ne se retirera pas de l'accord, pour l'instant, mais veut le renégocier.

Article en Espagnol :

El año de la Gran Muralla

IGNACIO RAMONET

 

Es posible que 2017 sea recordado en la historia como el año de la Gran Muralla. ¿Por qué ? Porque Donald Trump, el nuevo presidente de Estados Unidos, está decidido a edificar una monumental barrera de protección en la frontera con México para impedir, según él, la ‘invasion’ de los inmigrantes ilegales venidos del ‘peligroso Sur’...

Al mandatario estadounidense, alguien debería recordarle lo que la Historia precisamente enseña : que casi nunca esas ciclópeas fortificaciones detuvieron nada. ¿No construyeron acaso los chinos, en la antiguidad, la impresionante Gran Muralla para detener a los mongoles ? ¿No elevó el Imperio romano, en el norte de Inglaterra, el colosal Muro de Adriano para rechazar a los bárbaros de Escocia ? Es conocido, en ambos ejemplos históricos, que los gigantescos vallados fracasaron. Los mongoles pasaron, y también los manchúes, y los caledonianos... Como seguirán pasando, hacia Estados Unidos, los mexicanos, los centroamericanos, los caribeños, los musulmanes... En la eterna dialéctica militar del escudo y la espada, la respuesta a la Gran Muralla de Donald Trump serán los miles de túneles subterráneos que probablemente los parias de la tierra ya están perforando...

Pero es que, además, surge otra contradicción. Por una parte está el anunciado Plan de inversiones de Trump de un ‘millón de millones de dólares’ en obras públicas para reconstruir, como en un nuevo New Deal, las infraestructuras, aeropuertos, carreteras, puentes y túneles en todo el país. Lo cual debe relanzar la actividad económica, el crecimiento y, sobre todo, crear millones de empleos. Pero, por otra parte, ya hay pleno empleo en Estados Unidos... Bajo el presidente Barack Obama se crearon doce millones de puestos de trabajo[i]. La paradoja es que, en realidad, hace falta mano de obra... Y faltará todavía más si Donald Trump expulsa, como prometió, a once millones de trabajadores inmigrantes ilegales... ¿Quién construirá la Gran Muralla, los puentes, las carreteras y los túneles ?

Otro problema : las estadísticas oficiales estadounidenses señalan que el índice de jubilados sobre trabajadores activos ne cesa de aumentar. O sea, como en todas las sociedades desarrolladas, el número de personas de la tercera edad crece más rápido que el de jóvenes. Consecuencia : las cinco primeras ocupaciones que ofrecerán más empleo en la próxima década son las siguientes : ayudantes de cuidado personal, enfermeras, ayudantes del hogar y la salud, trabajadores de la comida rápida, y vendedores de ventas al por menor. Todas actividades dificiles y mal pagadas, trabajos clásicos de los inmigrantes. Si se alza la « Gran Muralla » en Estados Unidos, ¿quién los ejercerá ?

Otro aspecto del problema : las migraciones nunca se realizan por capricho. Son el resultado de guerras o conflictos, de desastres climáticos (sequías), de la demografía, de la urbanización acelerada del Sur, de la explotación, de la mutación económica (disminución del campesinado), de los saltos tecnológicos y de los choques culturales. Hechos sociológicos que están empujando a la gente de los países pobres –sobre todo a los más jóvenes- a emigrar en busca de mejor vida. Hechos que están por encima del control de cualquier político y que un Muro puede quizás frenar pero no podrá detener ni desvanecer.

Además, si Donald Trump está obsesionado con los inmigrantes latinos, que vaya preparándose para las otras ‘invasiones’ que vienen. Africa subsahariana, por ejemplo, contaba en el año 2000 con 45 millones de personas de entre 25 y 29 años que es la edad en la que más se emigra. Hoy los subsaharianos de esa edad ya son 75 millones, y en 2030 serán 113 millones... El Banco de Desarrollo Africano estima que, de los 12 millones de subsaharianos que ingresan cada año a la fuerza laboral, apenas 3 millones encuentran empleo formal. El resto -o sea 9 millones de jóvenes cada año...- constituye una reserva cada vez mayor de migrantes potenciales... En la India, cada mes, un millón de jóvenes cumplen 18 años y muchos sueñan con emigrar...[ii]

Aunque la « Gran Muralla » de Donald Trump hay que entenderla también en sentido metafórico pues significa asimismo barrera de aranceles para dificultar el acceso de productos extranjeros al mercado interior : con tasas anunciadas de 45% sobre las importaciones provenientes de China y de 35% para las de México... O sea proteccionismo comercial duro que fue uno de los ejes centrales de la campaña electoral. Y que es el verdadero significado de la elección del nuevo presidente de Estados Unidos quien arrancó su primera semana en el poder con un gesto hacia los votantes de la clase obrera que le ayudaron a ganar el 8 de noviembre pasado y que se sienten perjudicados por las deslocalizaciones industriales. Trump cumplió su promesa y firmó un decreto para retirar a Estados Unidos del Tratado Trans-Pacífico (TTP), un acuerdo con once países de la cuenca del Pacífico promovido por Barack Obama. También anunció que renegociará el tratado de libre comercio con México y Canadá (NAFTA, por sus siglas en inglés)[iii].

Todo ello significa una derrota de la globalización neoliberal, del libre mercado y de las deslocalizaciones. Basta con ver, sobre este tema, el berrinche interminable y el pataleo permanente contra Donald Trump de todos los partidarios del ultraliberalismo. Empezando por los grandes medios dominantes que ahora arremeten sin tregua –cosa inaudita- contra el propio presidente de Estados Unidos cual si de Chávez se tratara. Léase, por ejemplo, en España, el incontrolable furor anti-Trump del neoliberalísimo diario « El País ».

En este año en el que se celebra el centenario de la revolución bolchevique de octubre 1917, el « sacudón » que Donald Trump le está imprimiendo a los asuntos internos estadounidenses y a la geopolítica internacional ne deja pues de estremecer al mundo. En algunas cosas para bien, en muchas otras para mal.

IGNACIO RAMONET

[i] El presidente Obama ha dejado una tasa de paro del 4,7%, un nivel cercano al pleno empleo.

[ii] Todas las estadísticas provienen del semanario « The Economist », número especial « El Mundo en 2017 », Londres, diciembre de 2016.

[iii] El NAFTA, que une Canadá, Estados Unidos y México en una sola área comercial, se aprobó en 1994 siendo presidente de Estados Unidos el demócrata Bill Clinton, esposo de Hillary Clinton. Donald Trump ha afirmado que no se retirará del acuerdo, por ahora, sino que quiere renegociarlo.
-
<ir@medelu.org>

IGNACIO RAMONET
Nuevo libro: "EL IMPERIO DE LA VIGILANCIA", Edit. Clave Intelectual, Madrid, 2016.

Nouveau livre: "L'EMPIRE DE LA SURVEILLANCE", Galilée, Paris, 2016.

http://www.editions-galilee.fr/f/index.php…

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17 février 2017 5 17 /02 /février /2017 10:56
La mobilisation portée par la CGT porte ses fruits.
Continuons la bataille pour obtenir une baisse des prix de l'essence.
 
 
Le budget de la CTC 2017 a été présenté mardi 14 février en commission du conseil économique et social. La mesure proposée par l'exécutif consistant à augmenter les taxes régionales sur le carburant a été retirée. La CGT s'est toujours opposée quelques soient les majorités régionales à ce que les Corses soient pénalisés par un prix du carburant trop élevé. Plusieurs milliers de signatures ont été recueillies par une pétition régionale refusant cette taxe.
 
Depuis le 1er janvier 2017 diverses mesures nationales ainsi que la hausse du prix du baril ont conduit à une augmentation de 13 centimes en moyenne du litre d'essence. Le budget de la CTC a de plus été abondé de 3,5 millions d'euros suite à une mesure nationale mettant fin à à un dispositif de modulation se traduisant par une hausse de 1,77 centimes pour le sans plomb et 1,15 pour le diesel.
 
La CGT restera vigilante afin que cette taxe régionale ne soit plus remise sur le tapis et continuera à revendiquer une baisse des prix sachant que les Corses paient en moyenne plus de 12 centimes le litre d'essence malgré une fiscalité allégée.
 
L‘indépendance financière de la Corse revendiquée par l'exécutif régional ne peut se traduire par un allourdissement de la fiscalité sur les ménages et la poursuite des cadeaux fiscaux aux entreprises et aux plus aisés.
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16 février 2017 4 16 /02 /février /2017 08:34
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Floréal Melgar
 

François Fillon : "Ma candidature est comme un train lancé qui ne s'arrêtera pas !"

 

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