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9 mai 2017 2 09 /05 /mai /2017 07:56

Photo Patrick Nussbaum

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8 mai 2017 1 08 /05 /mai /2017 16:40
REMUE-MENINGES:Le sang sèche vite en entrant dans l’histoire?*

 

Dominique Vidal

Le sang sèche vite en entrant dans l’histoire?*

Profondément choquées par le refus de Jean-Luc Mélenchon de s’exprimer clairement pour barrer la route à Marine Le Pen, c’est-à- dire à utiliser le bulletin E. Macron, nous éprouvons le besoin de nous exprimer en tant que militantes communistes de culture juive.

Nous ne supportons pas la banalisation du FN, la banalisation des mémoires, la banalisation de l'Histoire. Sans vouloir donner de leçon à quiconque, nous sommes simplement révoltées que certains veuillent nous faire oublier l’ histoire de la France et ne pas en tirer le sens.

En ce mois d’avril, nous sommes allées avec nos enfants et petits-enfants au Chambon-sur-Lignon
où nos parents ont été cachés pendant la seconde guerre mondiale.

Dans les fermes de dizaines de villages de cette paisible campagne, un formidable mouvement de solidarité a permis de sauver plus de 1000 juifs, des réfugiés espagnols, des résistants.

Pas un seul ne fut dénoncé.

La France, pour nous, c’est d’abord cette terre d’accueil et de solidarité.

Aujourd'hui, ce sont d’autres réfugiés qui sont persécutés, fuient les guerres et la misère. Demain, ce seront des enfants qui seront privés de cantine, des jeunes lycéens et des familles chassées de France. Leurs histoires nous renvoient à celle de nos parents, immigrés, sans papiers, accueillis dans notre pays.

Nous nous inquiétons que trop nombreux soient ceux qui ne mesurent pas l’ampleur du danger que représente Madame Le Pen.

Nous ne pouvons banaliser sa déclaration « je pense que la France n’est pas responsable du
Vel d’hiv » ou le salut hitlérien de ses lieutenants, ou encore les propos négationnistes de certains responsables du FN.

Ceci est d’autant plus grave que les pages tragiques de la collaboration de Vichy sont encore en grande partie occultées. Pourtant elles ont conduit des dizaines de milliers d’êtres humains de notre pays à la déportation et aux chambres à gaz.
Trop de jeunes et de moins jeunes ignorent l’importance de l’horreur. Un travail de mémoire et d’histoire est plus que jamais nécessaire.

Celles et ceux qui refusent de se prononcer clairement contre M. Le Pen prennent le risque de renforcer ce courant politique extrêmement dangereux.

Rappelons-nous le conte le loup et les 7 chevreaux : « Pour se faire ouvrir la porte, le loup met de la farine sur ses pattes et ainsi cache sa dangerosité ». Madame Le Pen a ripoliné son discours et son aspect pour dissimuler ses intentions néfastes. L’histoire nous a appris que la neutralité entre le loup et l’agneau conduit à laisser manger l’agneau par le loup.

Ne pas prendre explicitement partie contre Marine Le Pen en s’y opposant avec un bulletin de vote, c’ est lui laisser un espace politique et réduire celui des forces progressistes. Nous ne nous faisons aucune illusion sur Macron, nous continuerons plus que jamais à combattre sa politique. En utilisant le seul bulletin à notre disposition pour ce deuxième tour, nous empêcherons Marine Le Pen d’entrer à l’Élysée.

En ces semaines de commémoration de la déportation, souvenons-nous du testament des femmes de Ravensbrück en avril 1944 : « Nous formulons le vœu que nos enfants veuillent considérer l’existence des êtres humains comme valeur suprême, que le droit à la vie, le droit à la dignité personnelle et le droit à la liberté ne puissent plus jamais être violés. »

Ernestine Ronai et Henriette Zoughebi

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8 mai 2017 1 08 /05 /mai /2017 11:40

L’extrême droite a été battue au second tour de l’élection présidentielle. Le PCF a appelé les électrices et les électeurs à ce qu’il en soit ainsi. C’est une satisfaction un soulagement pour tous les progressistes en France et dans le monde.

L’intolérance, la haine, la xénophobie, le racisme ont été endigués mais l’importance du nombre de suffrages recueillis par l’extrême droite interpelle sur l’évolution même de la société.

63 000 électrices et électeurs 20 % de la population insulaire a voté pour la candidate du FN qui progresse de 20 000 voix et approche les 50 % des exprimés.

Dans l’ensemble du pays ce sont prés de 11 millions d’électrices et d’électeurs qui ont fait ce choix. Cela n’était jamais arrivé.

On ne peut minorer les faits sauf à banaliser encore plus cette idéologie dangereuse. Il faut donc la combattre sans concession et convaincre que le capitalisme reste la cause des difficultés auxquelles le peuple est confronté quotidiennement dans sa diversité.

Cette élection du président de République repose ainsi sur une base fragile pour plusieurs raisons évidentes, que sont : la forte abstention, le nombre record de bulletins blancs ou nuls et enfin le vote de non adhésion au projet du vainqueur mais de rejet de l’extrême droite.

Par conséquent, les législatives seront, nous l’avions dit, aussi importantes sinon plus pour faire en sorte d’envoyer à l’Assemblée nationale des députés de gauche porteurs de la voix du peuple, du progrès social et écologique, de la paix.

Cela pose la question de l’unité des forces de gauche antilibérales. Nous le proposons depuis le soir du premier tour et ne désespérons d’aboutir malgré les discussions difficiles avec la FI et Jean Luc Melenchon.

Pour débattre de la situation politique et préparer les législatives demain Mardi 9 mai a 18 h à la FD aura lieu la réunion du Collectif de campagne.

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8 mai 2017 1 08 /05 /mai /2017 11:32

Macron élu, la bataille pour les législatives est désormais l’enjeu majeur

Maurice Ulrich
Dimanche, 7 Mai, 2017
Humanite.fr
C’est la fin d’une longue séquence historique qui aura vu les deux principales forces politiques du pays se partager le pouvoir pendant plusieurs décennies, avec un bilan désastreux. Photo : Geoffroy Van De Hasselt/AFP
C’est la fin d’une longue séquence historique qui aura vu les deux principales forces politiques du pays se partager le pouvoir pendant plusieurs décennies, avec un bilan désastreux.

Le rassemblement de la gauche de transformation est essentiel pour constituer ce qui sera probablement la seule force d’opposition au sein d’une Assemblée qui risque d’être la plus à droite que la France aura connue depuis des décennies.

 
L

L’élection hier d’Emmanuel Macron signe la fin du premier acte d’une séquence politique inédite, voire chaotique. Le second acte commence dès ce matin avec les élections législatives, le troisième dès l’été avec un candidat libéral, décidé à « réformer le travail » au plus vite, par ordonnances, comme il n’a cessé de le répéter. C’est aussi la fin d’une longue séquence historique qui aura vu les deux principales forces politiques du pays se partager le pouvoir pendant plusieurs décennies, avec ce bilan désastreux. Un Front national aux alentours de 35% selon les première estimations et qui compte bien désormais jouer les premiers rôles dans la vie politique, avec un pouvoir de nuisance renforcé. Un président de la république « ni de droite, ni de gauche », mais dont la politique, quelles que soient les illusions qu’il peut porter dans une part de son électorat, liées à ce besoin de renouvellement qui s’est fortement exprimé dans la dernière période avec pour effet de « dégager » tous les sortants, n’en est pas moins une politique de droite sur les toutes les questions économiques, aussi bien à l’échelle européennes qu’à l’échelle nationale. Sans doute saura t-il pour un temps la parer de couleurs sociétales avantageuses, mais la réalité ne saurait tarder à s’imposer pour les plus modestes, les salariés, les chômeurs. Il faut également compléter ce tableau avec les autres forces. Le PS en tant que tel sort en morceaux de la séquence. Son candidat officiel a chèrement payé le quinquennat de François Hollande alors même que ses amis politiques l’on, si l’on ose dire, descendu en plein vol, attachés à une recomposition sociale-libérale dont Emmanuel Macron est devenu avec leur accord ou à leurs corps défendant le vecteur, y compris pour François Hollande et Manuel Valls. Ils l’avaient délibérément engagée, de fait, dès les lendemains de 2012, suscitant une large déception dans l’électorat, favorisant ainsi la montée du Front national sur la base des attentes déçues, des problèmes majeurs non réglés voire aggravés. Chômage, désertification des territoires, crise agricole, désindustrialisation. Sans doute on en oublie, On peut se souvenir que des groupes de réflexion liés au PS avaient théorisé ce choix d’abandonner en quelque sorte les ouvriers ou les paysans à leur sort pour se concentrer sur les classes moyennes urbaines, diplômées etc. Ce qu’Emmanuel Macron a fait. À Gauche, c’est donc l’électorat de Jean-Luc Mélenchon qui constitue désormais le socle à partir duquel il peut être possible de reconstruire une force de changement. À la condition toutefois que les questions de chapelle, voire les opportunismes et les effets d’aubaine ne voient revenir les démons politiciens. Le risque existe, il doit être conjuré avec lucidité et intelligence.

« Il n’y a pas 577 petits Macron dans les circonscriptions du pays »

La droite a subi dans la douleur la faillite morale de son candidat. Pour autant elle n’est pas à terre, loin s’en faut. Malgré cette défaite elle a de nombreux élus, souvent très bien implantés et qui auront à cœur, comme leur électorat, de prendre une revanche sur cette élection qui leur semblait promise et dont ils pensent qu’elle leur a été volée. C’est dire que les élections législatives s’annonce sous d’inquiétants auspices. Emmanuel Macron compte sur la dynamique créée par sa victoire. De là à constituer une majorité claire, c’est rien moins qu’évident. Il n’y a pas 577 petits Macron dans les circonscriptions du pays. Le PS, tel qu’il est déchiré entre les ralliements qui vont à n’en pas douter se multiplier et le maintien de quelques pans de mur de la vieille maison, devrait être le grand perdant des scrutins de juin.

La future Assemblée nationale, avec les élus d’En marche!, une droite forte et un Front national qui cette fois risque d’y faire une entrée remarquée, pourrait donc bien être la plus à droite que la France ait connue depuis plus d’un demi-siècle et l’on imagine sans peine que des accords sur le fond de la politique libérale à venir n’auront pas de mal à se nouer, quelles que soient les postures de circonstance. Le renouvellement annoncé à toutes les chances de ne pas être autre chose que la poursuite de ce qui était avant, en pire. Dans ces conditions l’élection de nombreux députés de la France insoumise, d’Ensemble, du PCF est la seule qui puisse constituer une force d’opposition à ce qui s’annonce. La bataille engagée se doit, pour la gauche de transformation de prendre une nouvelle ampleur.

journaliste
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8 mai 2017 1 08 /05 /mai /2017 06:40

Election présidentielle 2nd tour: Déclaration de Pierre Laurent

Ce soir, la candidate du Front national n'est pas élue. C'est un soulagement ! Une large majorité d’électrices et d’électeurs n’a pas voulu porter à la tête de l’Etat ses idées de haine et de division, son projet raciste et xénophobe, sa politique violemment discriminatoire, libérale et guerrière.

 

Nous, communistes, sommes fiers d'avoir oeuvré avec clarté à cette défaite, car nous savons qu'elle continue à menacer la République et son unité.

Nous n'en voulons à aucun prix, ni aujourd'hui, ni demain.

 

Mais ce soir, notre coeur n'est pas à la fête. Notre pays vit des heures graves. Ce second tour est, à nouveau, une très sérieuse alerte pour toutes celles et ceux qui sont attachés à la démocratie et à l'égalité. Marine Le Pen, avec … % , obtient x millions de voix supplémentaires par rapport au premier tour. C’est le résultat de la banalisation des idées d’extrême droite que nous sommes plus que jamais décidés à combattre. C'est aussi le résultat de décennies d’alternances politiques défavorables aux intérêts populaires, de trahisons et de renoncements des gouvernements successifs. Nous partageons ce soir la profonde colère des millions de personnes qui se sont senties piégées par ce second tour. Piège orchestré par les mécanismes de la Ve République usée et perverse. A l'avenir, nous ne voulons plus être obligés de voter par défaut pour battre l'extrême droite. Nous ne voulons plus la voir aussi haut. Pour cela, il faut construire la victoire d'un vrai changement de politique qui libère la France de la tutelle des marchés financiers, qui proclame « l'humain d'abord » et s'attaque à la domination de la finance en conquérant de nouveaux pouvoirs à tous les niveaux, qui ouvre le chemin d'une nouvelle société de bonheur, de solidarité, de justice, d'écologie, de paix et d’égalité.

 

Ces choix politiques de progrès, ce n'est pas Emmanuel Macron, candidat des milieux financiers, élu ce soir Président de la République qui les fera. Il veut tout marchandiser dans la société. Son élection est fragile. Les millions d’électeurs qui ont voté Macron ont d'abord voulu barrer la route de l’Elysée à Marine Le Pen. Déjà au premier tour, ils et elles étaient nombreux à voter pour lui par défaut pour éviter un duel entre Fillon et Le Pen. Son projet, très néo-libéral et porteur de graves régressions sociales et démocratiques, est minoritaire dans le pays. Ce qui reste à l'ordre du jour, c'est la construction d'une alternative de transformation sociale, écologique et démocratique à sa politique, et celle d'une nouvelle majorité de gauche pour la porter. Dès demain, et tout au long du quinquennat, les communistes seront mobilisés pour avancer dans cette voie avec toutes celles et ceux qui seront disponibles.

 

 

 

A la casse du Code du Travail qui affaiblirait les droits des travailleurs, nous opposerons une sécurité de l'emploi et de la formation pour éradiquer le chômage et la précarité, en créant de nouveaux pouvoirs dans les entreprises et sur les banques face aux marchés financiers. Au recul du droit à la retraite et à la privatisation de la Sécurité sociale facilitée par la suppression annoncée de cotisations sociales, nous opposerons un plan de défense et de développement de la Sécurité sociale. A la baisse de 60 milliards d’euros des dépenses publiques et à la suppression de 120 000 fonctionnaires, nous opposerons un plan de relance des services publics de proximité dans tous les domaines. Au recours aux ordonnances pour gouverner autoritairement, nous opposerons le respect de la démocratie. Nous serons de tous les combats contre les projets anti-sociaux de Macron, contre les projets ultra-réactionnaires de la droite et de l'extrême-droite.

 

C'est dans cet esprit que nous voulons conduire les élections législatives des 11 et 18 juin. Le PCF y engage dès ce soir toutes ses forces. Aucune majorité parlementaire n'est acquise pour personne. Notre peuple a une nouvelle chance pour décider de son présent et de son avenir.

 

Fort du vote de millions de citoyens pour Jean-Luc Mélenchon le 23 avril, avec toutes les forces qui ont soutenu sa candidature et toutes celles qui peuvent se joindre à nous, nous pouvons aller très haut ensemble pour élire à l'Assemblée nationale une forte représentation nationale. Unis, nous pouvons gagner dans de très nombreuses circonscriptions. Désunis, les gains seront limités et cela laisserait la place à des députés « En Marche ! », de droite ou d'extrême droite. Nous avons une grande responsabilité commune devant tous les électeurs de gauche et écologistes. Ils et elles nous demandent de nous unir.

 

Pour cela, un accord national large, équitable et représentatif, sous une bannière commune qui nous rassemble tous, France insoumise, Parti communiste, Ensemble !, citoyens du Front de gauche est nécessaire. Cela correspond à l'attente et à l'espoir de la majorité des électeurs qui ont porté leurs suffrages le 23 avril sur Jean-Luc Mélenchon. Le Parti communiste est prêt à un tel accord.

 

Dans tous les cas, ensemble nous pouvons agir pour barrer la route au Front national dans de nombreuses circonscriptions où il peut s'ancrer durablement. Nous pouvons choisir dans chaque circonscription le candidat qui nous donnera les chances maximales de gagner. Nous lançons à nouveau ce soir un appel solennel aux dirigeants politiques de la France insoumise : il n'est pas trop tard pour aboutir à un tel accord national. Et nous restons prêts, si cette ambition n'est pas partagée, à un accord même plus limité. Nous en appelons au dialogue sur tout le territoire dans les heures qui viennent.

 

Notre parti est engagé dans ces élections avec une ambition : « Faire entrer le peuple à l’Assemblée ». Les candidat-e-s communistes - Front de gauche que nous soutenons dessinent le visage de la France du monde du travail, du privé comme du public, travaillant dans tous les métiers, syndicalistes, citoyen-ne-s engagé-e-s dans leurs territoires, aux diverses origines, jeunes candidatures porteuses d’un renouveau politique ainsi que des femmes et des hommes d’expérience, forts de leur responsabilité d'élu-e local-e.

Avec eux, ce jeudi 11 mai à 19h, Pierre Laurent lancera notre campagne nationale lors d’un grand meeting au gymnase Japy, à Paris.

 

Soyons forts et unis dès demain pour poursuivre le combat contre l'extrême droite et faire reculer les idées de repli, pour engager dès maintenant la résistance et les projets alternatifs à la politique de casse sociale et d'aggravation de la crise et des inégalités que le nouveau Président compte mettre en œuvre.

 

Concrétisons ainsi la promesse d'une gauche nouvelle, née dans les urnes le 23 avril.

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8 mai 2017 1 08 /05 /mai /2017 06:26
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7 mai 2017 7 07 /05 /mai /2017 07:27

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6 mai 2017 6 06 /05 /mai /2017 16:54
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6 mai 2017 6 06 /05 /mai /2017 15:51
REMUE-MENINGES:Emmanuel MACRON : cet homme est dangereux

 

 

Publié par El Diablo

photo d'illustration : Anicet Le Pors (à gauche) en compagnie de Georges Marchais en 1982

photo d'illustration : Anicet Le Pors (à gauche) en compagnie de Georges Marchais en 1982

Emmanuel Macron sera élu le 7 mai 2017 Président de la République. C’est le produit politique fabriqué par les efforts combinés de l’oligarchie financière, du MEDEF, des gouvernements Hollande, de la technostructure administrative, des opportunistes de tous bords, des stars de l’intelligentsia toujours avides de notoriété, de la totalité des médias ; bref, de tous ceux ayant joué un rôle dans la situation désastreuse actuelle et favorisé ou instrumentalisé la montée du Front national. Et cela dans le contexte d’une décomposition sociale profonde, d’une communauté des citoyennes et des citoyens désorientés, en perte de repères.

Son émergence est récente et il n’a cessé de cultiver l’ambiguïté pour se positionner électoralement au centre. Toutefois, on peut déceler à partir de plusieurs déclarations disparates une certaine cohérence idéologique, assez différente de celle qu’il veut accréditer ou qu’on lui prête. Cinq lignes de force peuvent être dégagées.

1 Un fervent de l’élitisme, hostile au monde du travail

Les analyses sociodémographiques publiées à l’issue du premier tour ont montré que Emmanuel Macron a été essentiellement soutenu par les personnes qui s’en sortent le mieux dans la cris, les plus riches, les plus diplômés, les partisans le l’Union européenne, laissant de côté la France qui souffre, accentuant ainsi les inégalités. Dans le même temps, il ne dissimule pas sa volonté de réduire le partenariat au sein de l’UNEDIC, plus généralement de préférer le soi-disant dialogue social à la concertation contradictoire. Il est un farouche partisan de la flexi-sécurité, cause de précarité et de pauvreté de masse. Il opérera une reprise en main étatique des crédits de la formation professionnelle. Il conteste la vocation des syndicats à s’exprimer au niveau national pour les cantonner autant que possible au niveau de l’entreprise dans l’esprit de la loi El Khomri qu’il veut prolonger par une réforme du code de travail adopté par ordonnances, c’est-à-dire sans l’aval du Parlement. L’avantage que l’on peut reconnaître à ce candidat c’est qu’il éclaire les contradictions de classe qui sont à l’œuvre.

2 La mise au pas des collectivités territoriales

Après Nicolas Sarkozy, Emmanuel Macron cherche le moyen de contourner le principe de libre administration des collectivités territoriales posé par l’article 72 de la constitution. Un système de conventions avec les régions pourrait y pourvoir qui conditionnerait le montant des dotations de l’État à la docilité des collectivités. L’Etat serait également appelé à compenser la suppression de la taxe d’habitation pour 80 % des ménages ce qui rendrait ce financement discrétionnaire. Le processus de métropolisation serait poursuivi et développé aboutissant à la suppression d’un quart des départements. Les collectivités territoriales seraient ainsi mises sous pression avec la diminution de 2 milliards d’euros par an des dépenses de fonctionnement, la réduction de 75 000 emplois de fonctionnaires territoriaux, un retour strict imposé aux 35 heures hebdomadaires. La maîtrise de cette nouvelle politique coercitive serait assurée par une conférence annuelle des territoires. La remise en cause statutaire de la fonction publique territoriale reste la cible privilégiée.

3 L’abaissement du Parlement

Il s’agit d’abord d’une réduction drastique des effectifs sensée dégager une économie annuelle de 130 millions, de l’ordre d’un tiers pour aboutir à 385 députés et 282 sénateurs. Le Parlement réduirait considérablement son activité législative qui, hors période budgétaire, serait limitée à trois mois. IL y aurait donc moins de lois nouvelles, ce qui laisserait davantage de champ à la réglementation par décrets. L’activité du Parlement serait aussi réorientée vers des missions de contrôle et d’évaluation. La haute administration aurait de ce fait une compétence d’expertise plus étendue et un pouvoir hiérarchique renforcé sous l’autorité de l’exécutif. Emmanuel Macron a prévu de légiférer rapidement par voie d’ordonnances dès le début de son quinquennat et il conservera le mécanisme de l’article 49-3. Il est clair que la démarche tourne le dos au régime parlementaire.

4 Un gouvernement aux ordres

Le Gouvernement serait lui aussi resserré à 15 ministres, et fortement instrumentalisé par le Président de la République qui continuerait à présider les réunions du Conseil des ministres. Celles-ci seraient plus fréquentes pour assurer une discipline sans faille des ministres. Contrairement aux dispositions actuelles de la constitution, ce n’est toujours pas le Gouvernement qui définirait et conduirait la politique de la nation mais le chef de l’État. Les ministres seraient évalués chaque année. Pour autant, leurs pouvoirs et surtout leurs cabinets exerceraient une autorité renforcée sur les administrations placées sous leur tutelle. Le candidat Macron jugeant le statut général des fonctionnaires « inapproprié », outre une réduction des effectifs prévue de 120 000 emplois, accentuera la dénaturation du statut par une extension du spoil syste , le recrutement accru de contractuels de droit privé sur la base de contrats négociés de gré à gré. Il s’agirait donc d’une mise en cause des principes d’égalité, d’indépendance et de responsabilité et d’une réaffirmation sévère du pouvoir hiérarchique, de l’obligation de réserve, du devoir d’obéissance.

5 Un exécutif opaque et autoritaire

Emmanuel Macron ne remet pas en cause les institutions de la V° République, notamment l’élection du Président de la République au suffrage universel, ni l’usage plébiscitaire du référendum, ni de façon significative le mode de scrutin. Les conditions d’une VI° République ne sont pas réunies : pas de large consensus de récusation des institutions actuelles, pas de consensus sur les caractéristiques d’une nouvelle constitution, pas d’évènement fondateur comparable à ceux qui ont présidé à l’avènement des Républiques antérieures et de l’actuelle. Si l’ambiguïté sur ce que pourrait être la fonction présidentielle du nouveau président demeure grande, on peut déduire de ses quelques déclarations sur le sujet et de ses postures que son exercice de la fonction présidentielle, qui a pu être qualifiée de « jupitérienne », serait à la fois opaque et autoritaire, autocratique. La « dérive bonapartiste » qui a caractérisé le quinquennat de Nicolas Sarkozy risque d’être ici renforcée avec plus de méthode et, sans doute une traduction institutionnelle qui se durcira face aux conflits sociaux que la politique présidentielle ne manquera pas de provoquer. Jusqu’à quelles limites et à quelle échéance ? C’est la principale incertitude sur le danger encouru.

S’il est clair qu’on ne saurait voter pour la politique de filiation autoritaire, xénophobe et nationaliste de Marine Le Pen, le danger de la politique portée par Emmanuel Macron constitue une autre redoutable menace pour le progrès social et la démocratie.

Dimanche 7 mai 2017 je voterai Blanc.

Anicet Le Pors

Ancien ministre de la Fonction publique et des Réformes administratives (1981-1984)

 

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6 mai 2017 6 06 /05 /mai /2017 09:13

Voter Macron n’est pas se rallier à son programme, c’est éliminer le candidat le plus dangereux pour les libertés publiques. Ce n’est pas approuver les politiques libérales (qui sont responsables de la montée des populismes et de l’extrême droite), c’est choisir le terrain le moins accidenté où nous pourrons les combattre.(Paul Antoine Luciani, Etienne Bastelica)

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