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17 mars 2012 6 17 /03 /mars /2012 12:16

 

 

 

 

                                                 

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17 mars 2012 6 17 /03 /mars /2012 12:09

 

 

 

                                                                  

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16 mars 2012 5 16 /03 /mars /2012 15:13

Clio                                                                 

 clio, la Muse de l'Histoire

Algérie : Interview d'Henri Alleg

HenriAlleg.jpg

 

Henri Alleg, grande figure du combat anticolonialiste, qui continue de plaider 
pour que la torture et les crimes 
de guerre commis pendant 
la guerre d’Algérie soient reconnus officiellement.

 

 

Un demi-siècle après l’indépendance de l’Algérie, pour laquelle vous avez combattu, que représente, pour vous, ce pays ?


Henri Alleg. Cela va sans dire : je suis très heureux que l’Algérie soit indépendante (rires). Je suis heureux et fier d’avoir pris part au combat pour l’indépendance. Bien sûr, j’aurais souhaité que les aspects sociaux pour lesquels nous avons combattu prennent plus d’importance. Je regrette que les batailles que nous avons menées pour l’avenir, pour le socialisme, n’aient pas pris plus de place. Mais je suis heureux que l’Algérie soit aujourd’hui ce qu’elle est, avec toutes les possibilités qui s’offrent à ce pays. Quand je pense au passé, je crois que notre combat a marqué la lutte du peuple algérien. C’est en ce sens que l’Algérie reste pour mois une référence du combat des communistes.



Lorsque vous avez écrit  La Question, pensiez-vous que votre témoignage sur la torture puisse avoir un tel impact ?


Henri Alleg. Ce n’était pas seulement un livre que j’écrivais. Il fallait faire connaître ce qu’était la guerre en Algérie. Il fallait témoigner des pratiques des colonialistes français, du sort atroce réservé au peuple algérien, de la réalité de cette guerre coloniale. Je dois dire que j’ai été surpris de l’écho rencontré par ce texte, lorsqu’il est devenu un livre. Un demi-siècle plus tard, ce témoignage reste utile. Lorsque je suis invité pour des conférences aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, je peux mesurer sa résonnance. Les atrocités commises par l’armée française pendant la guerre d’Algérie ne diffèrent pas des atrocités commises par l’armée américaine en Irak, en Afghanistan et ailleurs. Le combat continue. Rétrospectivement, je suis heureux d’avoir écrit ce livre, parce qu’il conserve un sens dans le monde d’aujourd’hui, même si le contexte a changé. La Question a par exemple circulé parmi les détenus dans des prisons turques où était pratiquée la torture.

 


Nous avions peur qu’ils nous passent à tabac.


Qui a trouvé ce titre percutant, « La Question » ?

Henri Alleg. On doit ce titre magnifique, excellent, à Jérôme Lindon, qui dirigeait les Editions de Minuit. En français, « La Question » revêt une signification qu’il n’a pas, à ma connaissance, dans d’autres langues. Depuis le moyen-âge, « mettre quelqu’un à la question », c’est le torturer. Dans les prisons mêmes, cette expression faisait sens. La parution du livre, en 1958, a déclenché la fureur des autorités françaises. D’où la décision de le saisir. À cette même période, des policiers et des CRS ont débarqué brusquement, au milieu de la nuit, à la prison de Barberousse. Ils ont commencé par une mise en demeure : « Tous à poil ! ». Il y avait dans la prison les salles, accueillant en général une centaine de détenus, et des cellules individuelles prévues pour une personne, mais où s’entassaient plusieurs détenus.

 

 

Moi j’étais avec deux copains. Les policiers ont d’abord fait sortir les détenus incarcérés dans les salles. Les types sont sortis nus dans la cour, avec une couverture sur le dos. Quant aux autres détenus, ils les ont alignés sur l’allée qui bordait les cellules, les mains en l’air, appuyés contre les murs. Moi aussi, j’étais comme ça, les mains en l’air. Pendant ce temps, des équipes spéciales de CRS, en uniformes noirs, mitraillettes en bandoulière, vidaient les cellules. Ils étaient à la recherche de papiers. Chacun d’entre nous avait des lettres, adressées aux familles ou aux avocats. Ils ont tout embarqué. Nous avions peur qu’ils nous passent à tabac. Derrière moi, j’ai entendu un Algérien, qui, à mi-voix, s’interrogeait sur cette descente. Je lui ai dit qu’ils saisissaient les papiers. Il m’a répondu, en riant discrètement : « Peut-être qu’ils cherchent une deuxième Question ». Il ne savait pas qui j’étais. Cela m’a éclairé. Il avait du apprendre, par son avocat, que ce témoignage faisait un raffut du diable à l’extérieur.

 

 

 


Malgré la censure, les saisies, ce livre a circulé sous le manteau. Cette diffusion était-elle organisée par des militants, ou le livre est-il passé spontanément de mains en mains ?


Henri Alleg. La seule chose que je sais, c’est qu’à Alger, personne ne l’avait eu, personne ne le connaissait au moment de la parution. C’est en France que La Question a eu une répercussion immédiate et formidable. Cet élan doit sans doute beaucoup à la stupidité du gouvernement français et à sa décision de saisir le livre. Très vite, Nils Andersson, un éditeur basé en Suisse, a pris contact avec Lindon pour lui demander l’autorisation de le publier. Lindon a accepté. Le livre était minuscule, des valises passaient clandestinement la frontière. Immédiatement après sa saisie, La Question a été traduite en anglais et publiée à Londres, puis aux Etats-Unis, ce qui lui a donné un écho international.

 


La bataille pour la vérité continue


Un demi-siècle après son enlèvement par des militaires français, on ne sait toujours pas dans quelles conditions a été assassiné votre ami et camarade Maurice Audin…


Henri Alleg. Cette bataille pour la vérité continue. Maurice Audin a été arrêté dans les mêmes conditions que moi. Très peu de temps après son enlèvement par les paras, on a annoncé à sa femme qu’il avait « disparu ». Il est invraisemblable que les autorités françaises, que les parachutistes aient pu prétendre ne rien savoir du sort de Maurice. C’est certain : il a été assassiné par ces équipes de tortionnaires couverts et tenus en main par les autorités policières et militaires. Dans cette affaire, le  refus d’ouvrir une enquête, l’attachement des autorités françaises au mensonge est à la fois odieux et absurde.  À Alger, à Oran, dans les petites villes, lorsque les militaires annonçaient la « disparition » d’un prisonnier, personne n’ignorait qu’il était en fait question d’assassinat. Dire et répéter, jusqu’à ce jour, que Maurice Audin a été « mal gardé », qu’il s’est évadé et qu’il a « disparu », c’est abject. La vérité, c’est qu’il a été assassiné, comme des centaines, des milliers d’autres. Personne ne peut dire autre chose.

 


Que changerait la reconnaissance de la torture comme crime de guerre ?


Henri Alleg. La France, les autorités françaises prétendent incarner, aux yeux du monde entier, les droits de l’homme, les libertés, les grandes idées nées de la Révolution française. C'est une façon mensongère de présenter l'histoire. Pendant la guerre d’Algérie, les autorités françaises ont piétiné ces idées, ces principes. Comme ils sont encore piétinés aujourd’hui à Guantanamo et en Afghanistan. Le combat pour la vérité, qui est un combat d’aujourd’hui, doit se poursuivre sans relâche. On ne peut pas tout simplement parler de l'avenir sans respecter la vérité.

 


Vous avez souvent évoqué le racisme inhérent à la société coloniale. Cela vous a-t-il poussé à embrasser la cause de l'indépendance?


Henri Alleg. Il est difficile de reconstituer ce parcours qui conduit, depuis l’enfance, l'adolescence jusqu'à la prise de conscience politique. À l'école on nous apprenait que la France allait en Afrique ou en Asie, pour « le bien » des colonisés. Quand on arrivait en Algérie, on comprenait immédiatement avoir été trompé par ces fadaises. Dans les rues d’Alger, des gosses, des petits cireurs, se disputaient les chaussures de quelques passants pour gagner quelques misérables sous. Pourquoi ces gosses n’étaient-ils pas à l’école ? « Les petits Arabes », comme ils disaient, n'avaient pas leur place à l'école. Seule une toute petite minorité y avait accès. Cette réalité, les réflexions qu’elle suscitait en moi m’ont construit comme anticolonialiste.

 

 

L'arrogance des autorités françaises


Avez-vous été surpris, à l'automne 1954, par l'éclatement de l'insurrection?


Henri Alleg. Ceux qui disent qu'ils n'ont pas été surpris se jettent des fleurs qu'ils ne méritent probablement pas. À ce moment là, Algériens et Européens partageait la certitude que les choses ne pouvaient continuer telles qu'elles étaient, qu'il y aurait forcément des changements. De là à penser qu’une insurrection était sur le point d’éclater… Ceci dit, il nous paraissait clair que l’arrogance des autorités françaises, sûres, alors de pouvoir conserver la haute main sur tout ce qui se passait en Algérie, était trompeuse.

 


Vous communistes, ressentiez de la méfiance à l'égard de ces jeunes nationalistes prônant l'insurrection armée...


Henri Alleg. Cela a soulevé chez nous une certaine interrogation. Ce qui ne signifie pas que l’option de la lutte armée était absente de l’imaginaire des communistes algériens. Je me souviens que deux ou trois ans auparavant, cette question avait été évoquée à huis clos, au bureau politique, comme une possibilité, sans que cela ne suscite de scandale. Ce n'était donc pas un sujet tabou pour nous. Je dois reconnaître, toutefois, que les communistes observaient une certaine réserve vis-à-vis de ceux qui voulaient prendre les armes. Il n’y avait pas d’un côté les courageux prêts à prendre les armes, et de l’autre, les timorés acceptant le statu quo. C'était un choix complexe, difficile, qui ne pouvait souffrir l'improvisation. Si lutte armée il devait y avoir, il fallait savoir comment s'y prendre et vers où aller. Toutes ces questions se posaient. 

 


Sur le plan idéologique, qu'est ce qui distinguait le Parti communiste algérien du FLN?

Henri Alleg. Ce qui nous différenciait, c’était peut-être l'importance que les communistes attachaient à la bataille politique. Les nationalistes portaient peu d’attention à l'idée d'unification des forces progressistes par delà leurs différences, pour rassembler les masses populaires, pour faire avancer les choses. Certaines de nos batailles, pour la liberté de la presse, pour l’augmentation des salaires, etc. apparaissaient secondaires aux yeux des nationalistes qui, pour ainsi dire, les méprisaient. Nous accordions au contraire beaucoup d’importance à ce type de batailles, pas seulement pour les changements concrets qu'elles apportaient. Pour nous ces luttes participaient à la prise de conscience des travailleurs et préparaient un combat futur plus vaste.

 


 

Nos militants étaient des ouvriers, des gens exploités


Le PCA était un creuset au sein duquel se retrouvaient des hommes et des femmes issus de toutes ces communautés qui vivaient séparément dans la société algérienne. On y retrouvait, ensemble,  des Européens, des juifs, des musulmans... Cela influençait-il votre vision du monde, votre projet de société?


Henri Alleg. Oui. Il est certain que l'idée internationaliste était primordiale dans l'engagement des communistes. Avant d'être Arabe, Kabyle, Européen, juif, musulman, nos militants étaient des ouvriers, des travailleurs, des gens exploités. C’était cela l'essentiel à nos yeux. Peut-être cette vision des choses a-t-elle conduit certains camarades à minimiser l’expérience concrète du colonialisme propre aux Algériens dits « indigènes ». Une personne née dans une famille « indigène » avait bien plus de raisons de se lever contre le colonialisme qu’une personne d'origine européenne jamais brimée et insultée comme l'étaient les Algériens.

 


Quelles étaient vos relations avec le PCF? Comment les communistes algériens ont-ils accueilli, par exemple, le vote des pouvoirs spéciaux à Guy Mollet?


Henri Alleg. A la vérité, sur le coup, nous ne nous en sommes pas beaucoup préoccupés.  Même dans les prisons, je n'ai pas le souvenir de controverses sur ce sujet. Pas plus chez des communistes que chez des nationalistes. Les plus politisés pouvaient conclure que c'était une erreur fondamentale. D’autres étaient en attente d’explications. Mais les réactions virulentes sont venues bien plus tard. À la vérité, sur le coup, nous ne nous en sommes pas beaucoup préoccupés.

 


Comment s’est constitué ce que l’on a appelé le « maquis rouge » ?


Henri Alleg. Le parti, au démarrage de la lutte armée, s’est posé la question de son action. L’idée était d’apporter notre appui partout où l’action armée prenait un caractère de masse, partout où des paysans avaient rejoint l’insurrection. Ensuite, nous avons pris la décision de déclencher nous-mêmes la lutte armée là où nos forces le permettaient, où nous avions des chances d’entraîner les gens avec nous. C’est ainsi que des communistes ont pris le maquis. Mais au vu de la faiblesse de nos effectifs, cela ne pouvait être un mot d’ordre général. D’où la décision de négocier l’intégration de nos groupes armés, les Combattants de la liberté, dans l’ALN. À ce moment là, nous nous sommes heurtés aux positions étroites de certains dirigeants du FLN, qui estimaient que les communistes n’avaient pas à poser leurs conditions. L’intégration à l’ALN s’est donc faite à titre individuel.

 


Pourquoi le FLN était-il hostile à l’entrée du  PCA dans le Front comme composante à part entière du mouvement de libération ?


Henri Alleg. Ils ne voulaient pas en entendre parler ! Ils voulaient rester les « patrons », imposer leurs conditions à tous ceux qui souhaitaient rejoindre l’ALN, communistes ou non. Ceci dit, nous ne nous faisions pas d’illusion. Ces nouveaux dirigeants se méfiaient particulièrement des communistes, vus comme des militants organisés, formés, capables d’exprimer leurs idées. Dès le départ, cette méfiance était bien enracinée chez certains dirigeants du FLN.

 


Cette méfiance vis-à-vis des communistes a-t-elle continué à prévaloir après l’indépendance ?


Henri Alleg. Dans d’autres conditions, oui. Je le pense. Parce que les choses avaient changé pendant la guerre. Dans la pratique, l’anticommunisme avait reculé, ce qui nous rendait d’autant plus dangereux aux yeux de certains.

 


Est-ce pour cette raison que Ben Bella a interdit le PCA en novembre 1962 ?


Henri Alleg. Il ne s’agissait pas seulement de Ben Bella. Le régime naissait ne voulait pas de communistes organisés.

 

 

Pourtant, cette interdiction n’a pas compromis la reparution d’Alger républicain à l’indépendance…


Henri Alleg. Nous nous sommes battus pour réussir à faire reparaître le journal. Au moment de la signature des accords d’Evian, j’étais à Prague. Je voulais repartir le plus vite possible à Alger, former une équipe de camarades qui sortaient de prison pour travailler à la reparution du journal. Les accords d’Evian prévoyaient le rétablissement de la liberté de la presse. Tous les journaux devaient donc pouvoir sortir librement. Mais « tous les journaux », dans l’esprit du gouvernement français, cela signifiait les journaux colonialistes. À Prague, nous avons organisé une conférence de presse, à laquelle ont assisté une soixantaine de correspondants de la presse internationale, pour annoncer notre intention de faire reparaître Alger Républicain. Peu de temps après cette conférence de presse, j’ai reçu la visite d’un émissaire, chargé de me faire part de la désapprobation des frères de Tunis, hostiles à la reparution du journal. Je lui ai répondu qu’il s’agissait d’une décision collective et qu’il était impensable d’entraver la reparution d’un journal interdit par les colonialistes depuis  1955. Les autorités françaises n’étaient pas en reste. Par voie de communiqué, le préfet d’Alger a rappelé de façon mensongère qu’Alger républicain demeurait interdit. 

 

 

À la vérité, la décision venait d’en haut, du gouvernement français et sans doute du général De Gaulle lui-même. Cela n’a pas entamé notre détermination. Bien au contraire. Je suis rentré à Alger vers le 10 ou le 12  juillet. Nous n’aurions pas pu faire revivre  Alger républicain sans la solidarité et l'aide pratique de nos camarades, de nos amis de  La Marseillaise, dont le directeur était un pied-noir de Mostaganem, parti en France assez jeune. C'est là que nous avons fait la composition. Les ouvriers du livre nous en ont fait cadeau, en travaillant gracieusement. Un problème se posait pour l'envoi des flans à Alger, ou devait être tiré le plomb. Nous avons tirés quatre ou cinq flans. Nous en avons remis un à Air France, qui n’est jamais arrivé à destination. La même mésaventure s’est reproduite avec Air Algérie. Finalement, un copain qui sortait de prison et devait rentrer à Alger a caché un flan empaqueté dans sa valise. On se faisait un sang d'encre. Arrivé à Alger, au contrôle, il est passé.

 

 


C’était le premier journal anticolonialiste à reparaître ?


Henri Alleg. Oui. Dès sa reparution, le journal a reçu un accueil extraordinaire. Il y avait aussi El Moudjahid, qui arrivait de Tunis, mais ce n’était pas encore un quotidien. Echaab («  le Peuple »), est sorti trois mois après nous.

 

 


Qui se trouvait dans l’équipe au moment de cette reparution ?


Henri Alleg. Il y avait quelques camarades revenus de France. Comme Nicolas Zannettacci, surnommé Zanett, l’ex-maire communiste d’Oran. Il avait été arrêté, expulsé pendant la guerre. Dès qu’on a lancé un appel aux anciens, il est revenu. Abdelhamid Benzine sortait des camps. Il y avait encore Marylise Benaïm qui sortait de la clandestinité. Elle avait servi d’agent de liaison entre la direction du parti et le maquis de Maillot. Le journal, c'est un grand mot. Nous avions deux pages, un simple recto verso. Pour les informations internationales, les seules sources étaient United Press et France-Presse. Ces agences ne partageaient pas nos idées, loin de là, mais d'un point de vue confraternel, ils étaient heureux de voir reparaître le journal. Ils admiraient notre engagement.

 

À l'époque, il n'y avait que les télex, nous nous rendions dans leurs bureaux pour prendre les doubles des dépêches. Ils faisaient semblant de ne pas s'en apercevoir. On les ramenait à l'Hôtel Albert Ier, où nous étions installés. Marylise était une militante courageuse, une jeune femme pleine de vie. En pleine nuit, dans Alger livrée à l'insécurité, elle allait  chercher les dépêches. Un soir, des types, voyant cette jeune femme de type européen, se sont mis à hurler, l'accusant d'appartenir à l'OAS. Ils se sont précipités sur elle, l’ont à moitié étranglée. Elle a protesté: « je suis d'Alger Républicain ! ». Entendant cela, ses agresseurs se sont excusés, l'ont escortée jusqu'à l'hôtel et lui ont même proposé de l'accompagner chaque fois que nécessaire.

 

 


Pourquoi n’avez-vous pas réinvesti les locaux du journal, de l’autre côté de l’avenue  Pasteur ?


Henri Alleg. Nos locaux avaient été confisqués pendant la guerre par  Le Bled, le journal des paras. Lorsque nous avions voulu nous y réinstaller, un type installé là, se disant envoyé par Tunis, nous a signifié  avec un grand sourire que les lieux ne nous appartenaient plus, qu'ils étaient désormais réservés au FLN. C'était incroyable. La guerre venait de se terminer, ils n'étaient pas encore en Algérie et leur première idée, c'était d'occuper les locaux d'Alger républicain pour qu'on ne puisse pas s'y installer.

 


A la vérité, Je craignais beaucoup qu'on ne nous joue un mauvais tour. Lorsque j'avais annoncé le projet de reparution du journal, l'émissaire de Tunis m'avait dit : « Tu sais, Henri, on t'aime bien, alors il faut que tu saches que pendant la guerre, il y a eu beaucoup d'exécutions pour raison d'Etat et  malheureusement, ça va continuer encore un peu après l'indépendance ». La menace était claire, directe. Si nous nous entêtions, ils n’excluaient pas de nous liquider. J’en étais plus conscient, me semble-t-il, qu’Abdelhamid (1). Dans un premier temps, nous étions allés, tous les deux, dormir dans un appartement appartenant à des amis.

 

Moi, je ne m’y sentais vraiment pas à l’aise. Je n'ai pas voulu y rester, donc nous sommes allés à l'hôtel, en plein centre-ville. Là, s'il se passait quoi que ce soit, il y avait des témoins. Nous avons pris la bonne décision : le lendemain de notre départ, des types en uniforme ont enfoncé la porte et mis l’appartement sans dessus dessous. Impossible de savoir s'il s'agissait de Français ou d'Algériens. En tous cas, ils étaient venus chercher quelqu’un. Lorsque nous nous sommes installés à l’hôtel, des rafales de mitraillette ont visé nos fenêtres à plusieurs reprises. Sur le plan administratif aussi, il y a eu des entraves. Le patron de la SNEP, l’imprimerie, Bouchara, un pied noir aux ordres de Paris, un beau salaud, exigeait un papier officiel, une autorisation de reparution, alors que l’administration était complètement désorganisée. Je suis allé à la préfecture. Je suis entré dans le bureau du préfet, auquel j’ai fait signer une autorisation que j'avais moi-même écrite.

 


Finalement, sans en chasser le type posté là, nous nous sommes réinstallés dans nos locaux pour pouvoir faire notre journal sans avoir à traverser l'avenue Pasteur, très dangereuse. Nous restions dans le couloir, pour ne pas être exposés aux balles. C'était drôle, cette rédaction ! Nous n’avions pas de chaises, nous faisions nos réunions assis  par terre en tailleur. A l’heure des repas, un des copains allait jusqu'à la rue de Tanger et revenait avec une casserole de loubia (2). Malgré cette précarité, malgré les difficultés et le danger, nous avons réussi à faire renaître le journal, qui a rencontré un écho incroyable. Nous tirions 80 à 90 000 exemplaires, ce qui rendait délicate la tâche de ceux qui espéraient nous faire taire. Mais nous avons connu bien des mésaventures, comme l'assassinat d'un chauffeur qui transportait le journal.

 


 

Quel était le climat à Alger ?


Henri Alleg. L’inquiétude dominait. Des rivalités de pouvoir opposaient des clans, des wilaya, avec un vrai risque de basculement dans la guerre civile. De notre côté, nous disions: "Assez de bagarres entre patriotes, d'abord la paix et la mise en marche du pays". Nous refusions de voir les divergences internes dégénérer en violence armée.

 


Lorsque ceux de la wilaya 4, militairement plus forte que la zone autonome d’Alger, ont commencé à jouer du coup de feu dans la Casbah, il s'est passé quelque chose d'extraordinaire. Les femmes sont descendues dans la rue Randon. « Tirez sur nous si vous voulez, mais cessez de vous tirer dessus ! Arrêtez le massacre ! Sept ans, barakat, ça suffit ! », criaient-elles. Ces femmes avaient un sentiment politique bien plus élevé que ceux qu’elles interpellaient.

 

 


De nombreux Algériens estiment, cinquante ans après, que les promesses de l’indépendance se sont envolées. Partagez-vous cet avis ?


Henri Alleg. Je crois qu’il est dangereux de penser ainsi. C’est le refus total de voir ce que l’indépendance a apporté à l’Algérie. On ne peut pas dire que les choses n’ont pas changé. On ne peut pas dire que l’indépendance n’a rien apporté aux Algériens. Bien sûr, la jeunesse rencontre de graves difficultés, des choses doivent êtres changées, des luttes devront encore être menées. Mais l’indépendance reste pour l’Algérie une conquête historique inesti

 
                            Site: le cri du peuple 1871
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16 mars 2012 5 16 /03 /mars /2012 14:53

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Hier s'ouvrait le 26ème congrès du Parti Communiste d'Israël (MAKI) - traduction Nico Maury

Ouverture du 26ème congrès du Parti Communiste d'Israël (MAKI)
Ce soir aura lieu à Haïfa la cérémonie d'ouverture du 26ème congrès du Parti communiste d'Israël (MAKI). Les discussions auront lieu ce week-end à Nazareth (16 et 17 Mars). Des centaines de délégués de partout en Israël, Juifs et Arabes, prendront part au Congrès ainsi que des délégations étrangères provenant de divers pays: Palestine (OLP et le Parti du Peuple Palestinien), l'Allemagne (Die Linke et Parti communiste allemand - DKP), Espagne (Parti communiste des peuples d'Espagne), Belgique (Parti du Travail de Belgique), l'Italie (Parti des communistes italiens), Grande-Bretagne (Parti communiste de Grande-Bretagne), le Danemark (Alliance Rouge-verte), Grèce (Parti communiste de Grèce - le KKE) , Portugal (Parti communiste du Portugal) et Chypre (Parti progressiste des travailleurs - AKEL)

Le Congrès aura lieu dans une période de turbulences au Moyen-Orient, de mouvements populaires qui protestent pour la démocratie et la justice sociale, et les forces de l'impérialisme qui manœuvrent pour profiter des événements pour leurs intérêts. Benjamin Netanyahu et son gouvernement d'extrême droite bénéficient du soutien de l'impérialisme américain, ils menacent en permanence de lancer une nouvelle guerre d'agression, cette fois contre le peuple d'Iran. Une telle agression aurait de graves conséquences pour les peuples de la région, avec des résultats particulièrement désastreux pour le peuple d'Israël.

Le gouvernement de Netanyahu mène une politique de rejet contre la direction palestinienne, qui est prête à tenir des négociations à condition que la question clé ne soit pas laissée sur la table: Mettre fin à l'occupation israélienne de la Cisjordanie et de la bande de Gaza; l'établissement d'un Etat palestinien indépendant aux côtés d'Israël, avec Jérusalem-Est comme capitale; le démantèlement de toutes les colonies ainsi que du mur de séparation, et de résoudre le problème des réfugiés palestiniens, conformément aux résolutions de l'ONU.

En Israël, nous sortons d'une période de contestation sociale aiguë, qui a balayé le pays durant l'été dernier, contestation qui a mobilisée des centaines de milliers de personnes dans les rues pour protester contre la hausse du coût de la vie, le manque de logements abordables, et les politiques du gouvernement de creusement des écarts sociaux.

La période récente de protestation sociale de masse, a ouvert de grandes possibilités pour la création d'un pôle progressiste dans la société israélienne, pour permettre le blocage des politiques néo-libérales du gouvernement et de défendre les droits des travailleurs. Pourtant, dans le même temps, nôtre devoir est aussi de lutter contre la vague réactionnaire de la législation raciste et anti-démocratique, de lutter contre l'intensification des attaques contre la minorité arabe en Israël, et de lutter contre le danger croissant du fascisme.

Ces défis obligent le Parti Communiste, pour s'y préparer, d'insister sur les fondements de notre politique et de notre idéologique. Ainsi s'explique l'importance de notre 26ème Congrès. Parmi les sujets qui seront à l'ordre du jour pour la discussion :
(1) La crise capitaliste mondiale et les mutations du capitalisme israélien;
(2) L'évolution dans le monde arabe, à la suite des soulèvements populaires;
(3) Le travail de classe en Israël et l'activité du PC;
(4) la réalisation d'une paix juste et durable; Défendre la démocratie et arrêter le fascisme;
(5) la lutte pour l'égalité complète pour la minorité arabe en Israël;
(6) la lutte contre le sionisme;
(7) le socialisme au 21e siècle.

 

                       Nicolas Maury 

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16 mars 2012 5 16 /03 /mars /2012 14:32

                                                                          FRONTE DI MANCA 

 

 

                                                                           

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16 mars 2012 5 16 /03 /mars /2012 14:14

                                                                 MARE NOSTRUM-copie-1

 

 

 

 

syrian-cp-logoUne déclaration de guerre contre la Syrie



Communiqué du Parti communiste syrien (unifié)



Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Les appels enflammés à une intervention étrangère contre la Syrie, certes pas nouveaux, ont quelque peu changé, au vu du stade atteint par la lutte contre les groupes armés et les puissances impérialistes qui les soutiennent pour faire s'écrouler l’État Syrien, considéré comme le seul obstacle restant en mesure de faire échec aux plans visant à imposer leur hégémonie sur le Moyen-Orient, enjeu tant par sa position stratégique que par ses ressources.



Puisque les efforts pour condamner la Syrie au Conseil de sécurité de l'ONU ont échoué, grâce aux amis Chinois et Russes entre autres, ils en ont entamé d'autres pour préparer le lancement d'une offensive militaire de l'OTAN contre la Syrie, semblables à celles qui ont ravagé la Yougoslavie, l'Irak ou la Libye. Les plans prévus ont été suspendus non pour des raisons morales ou humanitaires, mais parce que les agresseurs ont reçu des signaux très clairs qu'ils ne seraient pas en mesure de supporter le coût d'une offensive contre la Syrie, offensive menée par l'Occident en général, et par la Turquie, les émirats du Golfe et Israël en particulier.



Ces efforts durent depuis plus d'une année, ils ont été constants, acharnés et inlassables, accompagnés d'un élargissement du spectre des actions criminelles, fournissant en secret à des groupes criminels et terroristes des sommes colossales, ainsi que de l'équipement et des mercenaires en Syrie même et à l'étranger.



Toutes leurs tentatives ont échoué. Leurs instigateurs n'ont jusqu'à présent pas atteint leurs objectifs. Ils ne sont parvenus qu'à toucher les citoyens Syriens, à s'en prendre à leurs médicaments, à leur nourriture et à leurs réserves d'essence, tout en semant le chaos aux quatre coins du pays. Il leur était donc nécessaire d'avoir recours à une nouvelle méthode qui épargnerait à ces puissances le risque d'un intervention militaire directe, ce en comptant sur des appareils locaux qui, pensaient-ils, seraient capable d'accomplir exactement la même mission.



La soi-disant « Conférence des amis de la Syrie » tenue en Syrie, le 17 février 2012, est un nouveau point de départ des machinations visant la Syrie. Des voix ont appelé haut et fort à armer l'armée libre, dans les coulisses, les appareils militaires des pays de la coalition se sont réunis pour formuler les plans d'action nécessaires, et ont mis leur nouvelle méthode en pratique, particulièrement après que les États du Golfe ont décidé d'aligner l'argent nécessaire à la disposition de cette « armée » qui n'est en fait ni une armée ni libre, en particulier après que les fractures à la base ne cessent de s'agrandir après l'annonce d'un nouveau plan visant à répartir les fonds alloués, bien que cette pseudo-armée et ces groupes terroristes armés n'aient jamais cessé de recevoir une aide financière, matérielle et humaine des États participant à cette coalition infernale.



Quelle légitimité internationale justifierait la provocation contre la sécurité et l'intégrité territoriales d'autres États, se targuant de fournir à l'opposition dans ces États des armes et du matériel, les poussant à tuer des gens, à piller les propriétés privés comme publiques, à tuer, assassiner, kidnapper, piller, bloquer les autoroutes, et à se rebeller contre l’État et ses lois ?



Ses majestés, les princes du Golfe trouvent que c'est une « excellente idée » !



Cessez de soutenir vos agents maléfiques contre la Syrie. Vous ne pouvez plus vous en servir. Ces méthodes sont connues depuis longtemps, il y a plus de 50 ans de cela, lorsque la Syrie a mobilisé ses forces le long de la frontière Syrienne et lorsque les États-Unis ont fomenté des machinations contre la Syrie. Tout au long de cette année, ils ont mis ces plans en pratique, en vain, alors cessez de faire couler le sang Syrien et de violer la souveraineté de la Syrie.



Vous, combattant d'une supposée armée, vous devez garder en tête que vous n'êtes rien d'autre que l'essence et le bois utilisés pour mettre un feu qui sert une fin qui vous dépasse. Ceux qui ont des doléances devraient tenter de les résoudre par l'action politique. Vous devez comprendre que ceux qui vous attisent, qu'ils soient Arabes ou étrangers, ne roulent pas pour la liberté et la démocratie du peuple Syrien.



Ils veulent en réalité plonger la Syrie dans un état de guerre civile et ethnique, et la diviser pour servir les besoins et les exigences avant tout d’Israël et des États impérialistes qui le soutiennent.



Nous, en Syrie, croyons tous qu'il est nécessaire de mettre en œuvre des réformes politiques, économiques et sociales et de ne pas laisser impunis les excès commis par les forces de l'ordre. Nous croyons également profondément à l'ouverture d'une nouvelle page dans l'histoire de la Syrie, une page de réconciliation nationale, afin de parvenir à une paix civile réunissant tous les courants du spectre politique, de refuser l'esprit de vengeance, la voie pour y parvenir reste celle du dialogue avec tous les groupes et toutes les forces, qu'ils soient dans l'opposition ou non.



Notre démarche vise à parvenir à une solution à la crise qui touche notre pays. Pourtant, tout en nous battant pour la réforme et le renouveau, nous sommes aussi prêts à nous opposer à toute agression contre notre pays et pour la liberté de notre peuple.



La nouvelle constitution a ouvert une nouvelle fenêtre d'opportunités, pleine d'espoir, pour tous les Syriens afin de défendre leurs libertés démocratiques, de participer main dans la main à cette cause. La Syrie est en train de devenir une société démocratique pluraliste, capable d'intégrer quiconque, sans armes et sans la moindre intervention étrangère.



Nous devons, tous ensemble, profiter de cette occasion rare et historique et unir nos efforts pour appliquer les articles de la construction dans la lettre et dans l'esprit. Tous les citoyens Syriens ont un intérêt à participer à cette démarche.

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15 mars 2012 4 15 /03 /mars /2012 10:43

FRONTE-DI-MANCA                                                                

 

 Jean-Luc Mélenchon : "I’m dangerous, je vais vous faire les poches"  

Jeudi 15 Mars 2012

Le candidat du Front de gauche, en meeting à Clermont-Ferrand ce mercredi soir, prend de plus en plus ses aises dans cette campagne

"Le capital a des visages, il a des adresses, nous savons où ils habitent, nous avons les noms." Faisant référence au "I’m not dangerous" de Hollande à la City, il clame : "I’m dangerous, je vais vous faire les poches."

Jean-Luc Mélenchon : "I’m dangerous, je vais vous faire les poches"
Les poings levés, Jean-Luc Mélenchon fend la foule. Les mains derrière les oreilles, il incite le public à hurler plus fort. Mi-boxeur, mi-rock star, son entrée en scène en dit long sur la confiance qui habite Mélenchon. A coup de meetings et de sondages favorables, le candidat du Front de gauche prend de plus en plus ses aises dans cette campagne. Au Zénith d’Auvergne près de Clermont-Ferrand, mercredi 14 mars, il rode devant plus de 8.000 personnes ses derniers mots avant sa grand-messe, ce dimanche place de la Bastille.
Un parfum d’Auvergne

En chauffeur de salle, Mélenchon peut compter sur le local de l’étape, André Chassaigne, le député du Puy-de-Dôme. Celui que la foule accueille aux cris de "Dédé ! " fut candidat communiste contre lui lors de la primaire interne du Front de gauche. Aujourd’hui, il joue le jeu du rassemblement : "Je veux vous dire à quel point j’apprécie la façon qu’à Jean-Luc de conduire cette campagne électorale", confie-t-il avant d’entrer en scène. "En tant qu’ancien enseignant au collège, j’apprécie sa révolution de la grammaire pour faire que le je et le vous deviennent un nous."

Une fois à la tribune, il commence par jouer sur les sentiments locaux, faisant une liste presque exhaustive des produits de la région. Tout y passe, du Saint-Pourçain au Saint-Nectaire, plus efficaces pour chauffer la salle que le nom de Marie-Georges Buffet, la candidate de 2007. Le discours d’André Chassaigne vaut adoubement pour le candidat : même les militants communistes les plus réfractaires sont derrière Mélenchon, semble dire le discours.
"La stupide danse du vote utile"

Avec pareille introduction, Mélenchon peut sourire. Dans la journée, il a appris qu’un sondage CSA le donne à 11%, après avoir franchi la barre des 10% la semaine dernière. Il fait mine de ne pas croire aux enquêtes d’opinion. "Il a la tête dedans", affirme pourtant un responsable du Front de gauche.

Au micro, il voulait parler de "planification écologique". Mais les récentes déclarations de ses adversaires sur la fiscalité occupent la première partie de son discours. Le nom de Nicolas Sarkozy se fait huer par la salle. Quand vient le tour de François Hollande, il arrête les sifflets d’un geste sec : "Non, celui-là c’est notre concurrent, pas notre adversaire." Il fustige cependant "la stupide danse du vote utile" du PS.

Alors que certains de ses thèmes s’invitent dans la campagne - la taxation des exilés fiscaux proposée par Sarkozy ou la taxation des hauts revenus de Hollande -, lui savoure, ou en donne l’impression : "Prenez ce que vous voulez dans notre programme, mais nous savons une chose, c’est que nous sommes les mieux placés pour l’appliquer !"

La liste des personnes à "pourchasser" et qu’il accuse d’évasion fiscale est ressortie pour l’occasion : Johnny Hallyday, Alain Prost, Paul-Loup Sulitzer, Richard Virenque, Paul Dubrule du groupe Accor… Il lance avec virulence : "Le capital a des visages, il a des adresses, nous savons où ils habitent, nous avons les noms." Faisant référence au "I’m not dangerous" de Hollande à la City, il clame : "I’m dangerous, je vais vous faire les poches."
Les frites molles

Autre élément incontournable d’un meeting selon Jean-Luc Mélenchon, l’instant front contre front. La candidate du FN est raillée par le tribun. "Vous parlez du halal, mais il y a un vrai problème à la cantine, c’est : pendant combien de temps y aura-t-il des frites molles… Mme Le Pen voilà un problème dont vous pouvez vous saisir." Critiquant son "numéro inépuisable sur les signatures", il en vient à l’invective avant de se raviser : "Elle est tellement bête ! Ah non elle va encore dire que je l’injurie…"

Jean-Luc Mélenchon garde l’écologie pour la fin. "C’est le thème qui met en cohérence le programme du Front de gauche", avait-il assuré devant les journalistes avant de monter sur scène. "En face d’une règle d’or, nous voulons mettre la règle verte à inscrire dans la constitution. Il faut viser l’extinction de la dette écologique de la France".

Saluant le travail d’André Chassaigne sur le sujet, il explique devant la salle attentive la nécessité de choisir la politique de la demande par rapport à la politique de l’offre. Il prône la planification écologique. "A bas le court terme, il faut la vision à long terme ! "
Nicolas Maury
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15 mars 2012 4 15 /03 /mars /2012 10:23

                                                                         

 

                                                                         

Présidentielle : Jean-Luc Mélenchon monte en puissancemelanchon

L'ascension du candidat du Front de Gauche dans les sondages se confirme alors que sa campagne s'amplifie et gagne l'espace public.  

Dimanche, entre 20.000 et 30.000 sympathisants sont attendus à Paris pour une marche « d'insurrection civique » entre Nation et Bastille.

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15 mars 2012 4 15 /03 /mars /2012 08:43

                                                                            FRONTE DI MANCA

 

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15 mars 2012 4 15 /03 /mars /2012 08:29

 

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L'humain d'abord - L'intégrale
 
 

Le retour de la question sociale

Neuf cents usines ont fermé dans 
les dernières années, toutes les promesses ont été jetées à la rigole et voilà qu’avant vote, des sursis à liquidation sont prononcés sur des sites emblématiques, Petroplus, Lejaby, Albany, Florange…

 

La liste n’est pas si longue, l’avenir reste précaire, mais les entreprises concernées sont celles où les salariés font du bruit, agglomèrent 
à leur cause les populations voisines et les élus locaux, 
ne se laissent pas endormir par la monnaie de singe 
des compassions ministérielles. Face à eux, à cinquante jours de l’élection, Sarkozy ne peut se contenter 
du laisser-faire libéral qui est son credo quotidien. 
Il est obligé de faire quelque chose, d’abandonner 
les champs de l’immigration, de l’insécurité ou du chaos international dont il avait fait ses terrains d’élection 
pour s’aventurer sur les sujets sociaux. Là, il ne joue plus à domicile…

 

Voilà la vraie nouveauté des annonces 
en cascade et des coups de téléphone de Xavier Bertrand aux amis de la droite qui plastronnent au CAC 40. 
Pour la première fois depuis 1981, la question de l’emploi industriel est au premier plan. La revendi­cation 
de la justice sociale résonne dans des grands médias 
qui préfèrent la com­misération sociale. La classe 
ouvrière n’est plus dans la seule posture de vic­time ; 
elle secoue la donne politique. C’est une chance pour la gauche et une contrainte pour ceux qui voudraient la convertir à la religion des marchés.

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« L’austérité juste », dont se réclamait François Hollande à l’orée 
de sa campa­gne, répond mal à ce climat. Voilà donc le candidat socialiste éprouvant ses adduc­teurs dans un grand écart au-dessus de la Manche, improvisant à Paris l’instauration d’une taxe à 75 % 
pour les très, très hauts revenus et se précipitant à Londres pour rassurer 
la City. A-t-il suffisamment mesuré le basculement 
qui s’est opéré dans l’opinion avec la mobilisation 
sur les retraites ? Dès lors, les sujets sociaux sont passés 
de très loin en tête des préoc­cupations dans toutes les enquêtes d’opi­nion et un socle jusqu’à présent inébranla­ble des deux tiers des Français a continué à refuser une réforme que les gouvernants européens 
et le patronat ont décrété obli­gatoire. N’y a-t-il pas comme un parfum suranné, des relents de Tapie mâtinés de blairisme, dans cette écoute inquiète des marchés ?

                                                        REVOLUTION L'IMAGE

La question sociale perturbe aussi la cam­pagne du Front national, qui croit pouvoir détourner la colère contre les immigrés surexploités. La sauce prend moins bien et Le Pen père revient aux fourneaux avec les vieilles recettes de l’extrême droite. Il a tout de suite désigné l’ennemi, le Front de gauche et Jean-Luc Mélenchon 
qui pourrissent la vie de Le Pen fille. Quand on parle fiscalité, les masques tombent et le FN proteste qu’on s’en prenne aux très, très riches. Quand les syndicalistes sont en pleine lumière, les gros bras de l’extrême droite abonnés aux commandos patronaux sont rejetés dans l’ombre. Quand la revendication de l’égalité est proclamée, elle bat en brèche l’idéologie de l’inégalité naturelle qui fonde l’ordre capitaliste.

 

La gauche peut aujourd’hui marquer des points non d’abord pour grossir un pécule électoral mais pour donner plus de force et plus d’espérance à ceux qui en manquent, plus de garanties sociales à ceux qui en sont dépourvus. « Il y a toujours 
un rêve qui veille », écrit Aragon.

 

                                             melanchon

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