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CHANTS REVOLUTIONNAIRES

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11 janvier 2013 5 11 /01 /janvier /2013 15:06

                                                                      MARE NOSTRUM-copie-1

 

                                                                          source:bandeau fédé

 

 

 

"Il giorno 8 dicembre 2012 al termine di una Messa straordinariamente sentita e partecipata per il 42° anniversario della comunità di San Benedetto e per ricordare Domenico Cataldi, improvvisamente mancato, si è intonata la canzone partigiana “Bella Ciao” come impegno alla resistenza a tutte le ingiustizie. "

 

 

                                                                  

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11 janvier 2013 5 11 /01 /janvier /2013 14:41

LA-CGTSIGLE2.jpg

 

 

 source: UD CGT de Haute-Corse 

 

 

 

Quelques éléments de réflexion sur les droits de succession

 en Corse, et la fiscalité en général.

 

Suite à la décision du Conseil Constitutionnel du 29 décembre 2012 (saisi par 60 députés UMP dont les 3 de Corse) de ne pas prolonger une fois de plus le délai d’exonération des droits de succession, le débat ressurgit ainsi que les mensonges, les manipulations et les fantasmes les plus farfelus. La CGT qui milite aussi bien en Corse qu’au plan national pour une fiscalité juste, efficace et pour l’intérêt général, vous livre ses réflexions sur le sujet sous la forme de questions réponses que peuvent se poser nos adhérents permettant un débat constructif et apaisé.

 

Ø     L’arrêté MIOT exonérait les Corses des droits de succession ; vrai ou faux ?

Faux ; L’administrateur général F MIOT a été envoyé en Corse par Bonaparte pour rétablir une situation administrative et juridique confuse. Nous sommes rappelons le  en 1801. Il n’a jamais été question d’handicap de l’insularité. Simplement pour être exigibles les droits de successions sont appliqués sur des bases différentes qu’au plan national sans que cela ne procure le moindre avantage aux Corses. Par contre chacun peut mesurer les dégâts occasionnés par l’indivision résultant de l’indivision due au non règlement des successions.

 

Ø     Mais alors pourquoi l’exonération des droits de succession existe et perdure ? 

Les Corses ont donc toujours payés des droits de succession. L’exonération actuelle de fait est due à un vide juridique, puisque la base de calcul propre à la Corse ( la contribution foncière fixée par l’arrêté MIOT) a été supprimée en 1948. La Corse aurait donc dû à partir de cette date rentrer dans le droit commun avec des droits calculés sur la valeur réelle des biens immobiliers. Ce ne fut pas le cas et le fisc continua d’appliquer une taxation sur des bases particulières. Une décision de la cour de cassation de 1992 saisie par un contribuable a annulé toute taxation sur les biens immobiliers dans la mesure où l’Etat n’avait pas changé par une loi les modalités de taxations fixées par une loi en 1801. Seule une nouvelle loi pouvait le faire ce qui fut fait en 1999. C’est bien la preuve que l’arrêté Miot (et non les arrêtés puisque tous les autres ont été abrogés) n’a jamais exonéré les biens immobiliers situés en Corse.

 

Ø     L’arrêté MIOT existe-il encore ?  

Non et toutes les personnes averties le savent bien. Puisqu’en effet la loi de Finances de 1999 (soit à peine 7 ans après l’arrêt de la cour de cassation) a mis fin juridiquement à l’arrêté MIOT. Cette loi de Finances de 1999 qui faisait consensus à l’époque a fait rentrer dans le droit commun les biens acquis depuis 2002. Pour les autres biens acquis avant 2002, l’exonération totale prendra donc fin le 31 décembre 2012. Puis pour les décès ou les donations qui interviendront jusqu’au 31 décembre 2017 les biens immobiliers hérités seront taxés pour seulement la moitié de leur valeur. Donc, il se sera passé près de 20 ans depuis la loi de 1999 jusqu’à la rentrée dans le droit commun au 1er janvier 2018.

 

Ø     Les notaires et tous nos élus connaissaient-ils ce calendrier ?

Oui et il est surprenant de les entendre aujourd’hui crier à la trahison et autres qualificatifs ridicules. D’ailleurs de nombreux résidents Corses ont pris, depuis de nombreuses années des dispositions pour transmettre leur patrimoine en donation partielle ou totale ; en témoigne l’afflux de dossiers dans les services fiscaux. Ils pourront d’ailleurs continuer ces démarches afin notamment de régulariser une situation dont ils ne sont pas responsables.

 

Ø     Mais alors pourquoi cette décision tardive du 29 décembre 2012 du Conseil Constitutionnel (CC)?

La loi de Finances 2013 votée en octobre 2012 avait en effet prorogé de 5 ans supplémentaires cette exonération. Le Conseil Constitutionnel a estimé que cette prorogation était illégitime et rompait la règle d’égalité des citoyens devant l’impôt. Est-ce qu’une nouvelle loi de Finances pourra revenir sur le rendu du CC ? Rien n’est moins sûr. Comme tous les Corses on est légitimement en droit de se poser la question sur l’utilité par le CC d’une telle décision qui ne vise qu’une seule période transitoire entre le 1er janvier 2013 et le 31 décembre 2017.

 

Ø     Mais alors je devrai maintenant payer des impôts très lourds et ne pourrai plus laisser à mes enfants ma maison ?

Bien sûr que non. Les successions en ligne directe (parents à enfants) bénéficient d’abattements importants. Ainsi chaque parent (père et mère) peut laisser un bien d’une valeur de 100 000 euros à chaque enfant. Le bien est acquis par les 2 parents ce qui porte l’abattement à 200 000 euros par enfant soit 400 000 si vous avez 2 enfants. En Corse  la base taxable entre 2013 et fin 2017 s’établira sur la moitié de la valeur des biens. La succession sera exonérée d’impôt jusqu’à 800 000 euros si 2 enfants héritent. Combien de familles Corses possèdent un tel patrimoine ?

 

Ø     Mais alors pourquoi certains prétendent que les Corses les plus modestes seront les plus touchés?

Faux. Déjà il faut savoir qu’un Corse sur 2 ne possède aucun patrimoine. Les abattements en ligne directe exonèrent plus de 80% des héritiers même avec la baisse des abattements votés par le parlement en 2012  et la hausse des prix de l’immobilier. Reste donc une minorité de Corses qui devraient s’acquitter des Droits avec un montant de l’impôt largement supportable.

 

Ø     Alors pourquoi certains disent que les Corses vont devoir vendre leurs biens aux étrangers pour payer les impôts ?

Effectivement il peut exister des exceptions avec des droits importants à payer pour les héritages très importants . Mais il existe des possibilités de régler l’impôt sur les successions sur 10 ans.

 Il faut savoir que l’exonération actuelle bénéficie à tous les riches héritiers qu’ils soient Corses ou pas. Ainsi est-il juste que les héritiers de Christian Clavier pour sa luxueuse maison de Porto Vecchio ne paient rien alors qu’un Corse qui a travaillé toute sa vie sur le continent est taxé sur ses biens qu’il possède à Marseille ou ailleurs ? Enfin si les prix de l’immobilier ont malheureusement fortement augmentés qui en profitent ? En tout cas pas la majorité des Corses mais plus surement les 2000 familles assujetties à l’impôt sur la fortune.

 

Ø     Mais si je n’ai pas d’enfant et que je veuille laisser mes biens à mes frères ou neveux les abattements sont bien plus faibles.

Effectivement même si les frères et sœurs peuvent être exonérés sous certaines conditions.

Comme on le constate trop souvent, de nombreuses maisons dans les villages tombent en ruine à cause des litiges familiaux et de l’indivision. Avec des héritiers enfin clairement identifiés juridiquement et même avec des droits à payer, peut être qu’il y aura moins de maisons à l’abandon. De plus les écarts vont souvent du simple au triple entre l’estimation d’un bien dans une succession et son prix lors d’une vente.

 

Ø     Avec la spéculation immobilière, les prix du foncier flambent ce qui accroit d’autant les impôts sur les successions. 

Personne ne peut nier la hausse des prix de l’immobilier en Corse mais aussi ailleurs. Si les prix en Corse flambent autant, c’est aussi pour partie à cause de l’arrêté MIOT. En effet les gens fortunés investissent en Corse sachant qu’ils seront exonérés sur les successions, ce qui fait grimper les prix. Une des conséquences de la fin de cette exonération est aussi de mettre un frein à cette envolée des prix .

 

Ø     Oui d’accord mais ce n’est pas sûr que ce seront les jeunes Corses en quête de logement qui en bénéficient !!

Tout à fait et il faut que ça change. Aujourd’hui et malgré l’exonération de fait des successions, on le voit notamment dans certains villages convoités comme en Balagne, les Corses modestes ne peuvent se loger et il faut que cette situation scandaleuse cesse.

 

Ø     D’accord mais comment ?

Depuis 40 ans les politiques successives ont misé sur l’attractivité touristique de la Corse. Pas étonnant que les prix explosent. Il faut donc rompre avec ces schémas. L’Etat devrait abonder l’Etablissement Public Foncier Corse de manière forte et pérenne afin d’encourager la construction de logements sociaux ainsi que l’acquisition d’un logement principal pour les Corses qui ont aujourd’hui les pires difficultés pour trouver un toit. Il faut rappeler que nous sommes la région qui possède le moins de logements sociaux. Cette ligne budgétaire serait exclusivement utilisée pour la construction de logements sociaux et pour l’acquisition d’une résidence principale. Avec ce budget, la CTC pourrait accorder par exemple un prêt à taux « zéro » jusqu’à 150 000 euros pour l’acquisition d’une résidence principale. La CTC pourrait également utiliser son droit de préemption et fixer des prix plafonds à la vente. Les dispositifs ne manquent pas y compris dans le cadre du futur PADDUC pour permettre aux Corses de se loger à des prix accessibles et raisonnables.

 

Ø     Donc la taxation sur les successions n’est ni confiscatoire ni une mesure anti Corse.  

L’impôt sur les successions n’a rien de confiscatoire et surtout elle est efficace économiquement. Il est redistributif et essentiel pour la cohésion sociale. Redonner à sa mort à la société une partie des biens acquis grâce aussi aux structures collectives (éducation, santé...) est le signe d’une société développée et solidaire qui croit en l’avenir. D’ailleurs au-delà des forces de gauche et écologiques qui ont approuvé le durcissement des mesures Hollande compte tenu du contexte budgétaire, certains même à Droite pensent que la taxation de la rente participe au dynamisme économique d’un pays en redistribuant les cartes.

 

Ø     Mais si les Corses majoritairement veulent garder cette exonération pourquoi les en empêcher ?

L’égalité des citoyens devant l’impôt est un principe républicain qui protège la Corse. Nous sommes pour une péréquation nationale garant d’un développement harmonieux de toutes les régions et pour l’égalité de droits devant les services publics. Cette solidarité n’empêche pas les mesures spécifiques justifiées. Ainsi la Corse bénéficie de nombreuses mesures financées par la solidarité nationale. (Enveloppe de continuité territoriale, crédit d’impôt pour les entreprises, taux de TVA réduits...) Toutes ces mesures (qui sont pourtant confisquées par une minorité de Corses mais c’est un autre débat) sont financées par l’ensemble des impôts payés par tous les habitants du pays y compris avec l’impôt sur les successions. Il n’est donc pas logique que les Corses et tous ceux qui possèdent des biens en Corse, et particulièrement les plus riches ne contribuent pas également.

 

Ø     Ne vaudrait-il pas mieux comme certains le demandent, donner à la Corse la possibilité de lever l’impôt comme on le déciderait ?

Attention danger. Tenir compte des particularités liées à l’insularité signifie apporter des mesures supplémentaires pour garder l’égalité de droit et de traitement. Si la Corse devait se gérer avec ses propres ressources fiscales (terminé les subventions et dotations diverses versées par l’Etat et l’Europe) il faudrait soit multiplier les impôts par 4 ou réduire très durement nos niveaux de vie ou les deux à la fois. La majorité des Corses serait lourdement pénalisée et s’enfoncerait dans la pauvreté ou partirait mais pas pour les mêmes raisons que Gérard Depardieu et tous ceux en quête d’exil fiscal !!

 

Ø     Pourtant le Président Hollande et son Acte 3 vers plus de décentralisation avec davantage de pouvoirs aux Régions ne va-t-il pas dans ce sens.

Il est vrai que l’état des finances publiques avec des déficits énormes dus en partie aux réductions d’impôts passées pour les plus riches et les entreprises, peut inciter l’Etat à se désengager sur les régions. Cela porterait un coup dur au système républicain qui garantit les mêmes droits et prestations à tous les citoyens quels que  soient leurs lieux de vie ; mais pour la Corse et compte tenu de nos ressources, les conséquences seraient bien plus graves que par exemple pour l’Alsace. En Corse aussi avec le chômage massif, la précarité et les bas salaires ceux sont les ressources qui font défaut.

 

Ø     Qu’attend la CGT du gouvernement suite à la décision du conseil constitutionnel ?

Comme nous l’avons toujours revendiqué, l’impôt sur le patrimoine et la rente est un impôt juste, efficace et intelligent. Tous les syndicats au plan national sont sur cette ligne. Pour la Corse, la CGT n’est pas opposée à certains ajustements notamment sur les biens immobiliers sans titres de propriété. (en général de faible valeur). L’intérêt collectif supérieur de tous les Corses qui nous porterait à manifester avec tous les riches et les fils à papa qui profitent de la situation serait la pire des choses. Souvenons-nous de la manifestation de 1992 à Bastia pour un statut fiscal. Cela avait abouti à la Zone Franche qui a coûté 1 milliard d’euros d’argent public capté par une minorité sans que la situation générale ne s’améliore. Il ne faut pas que les Corses se fassent avoir une nouvelle fois.  

 

Ø     Pourtant la précarité, le chômage la baisse des pensions, la hausse des impôts et des taxes deviennent insupportables. Il faut réagir.

Tout à fait d’accord et la CGT continuera d’être disponible et combative pour des luttes et des mobilisations pour le progrès social et la solidarité. Nous continuerons de dénoncer les prix excessifs notamment sur l’alimentaire et le carburant en Corse. Il faut mettre fin à cette forme de racket que subissent les Corses alors que l’Etat nous accorde des réductions de TVA. Qui en profite ? De même pour les impôts locaux ; les hausses sont scandaleuses et insupportables. En 2012 le département de Corse du Sud a augmenté de 50% la taxe foncière. C’est plusieurs centaines d’euros supplémentaires qu’on du acquitter les propriétaires de leur résidence principale. Mis à part la CGT personne n’a réagi !!!

 

Ø     Et bien continuons à nous poser les bonnes questions. Existe-t-il en matière de justice sociale les mêmes intérêts collectifs pour tous ?

Nous ne le pensons pas ; et la question du partage des richesses est encore plus nécessaire aujourd’hui alors que les écarts entre les riches et les autres se creuse. Notre expérience des luttes, nos valeurs de solidarité pour la paix et le progrès social sont reconnues. Bien sur nous ne prétendons pas détenir la vérité seuls contre tous et les avis même dans la CGT ne sont pas unanimes sur de nombreux sujets. La CGT n’est pas un parti politique et à vocation à unir l’ensemble des salariés, chômeurs et retraités car nous avons quelles que soient nos origines des intérêts communs à défendre. D’où l’appel que nous lançons en ce début d’année pour être plus nombreux organisés avec la CGT afin de changer la société dans le sens de la solidarité et du progrès social.

 

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11 janvier 2013 5 11 /01 /janvier /2013 12:57

                                                          Solidarité internationalisteOUTILS TOURNANTS 

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Fidan Dogan, jeune militante kurde, assassinée à Paris (entretien)

 

 

Fidan Dogan fait partie des trois militantes kurdes tuées d'une balle dans la tête dans les locaux du Centre d'information du kurdistan. Cette jeune militante de 32 ans, permanente du Centre et représentante en France du Congrès national du Kurdistan, avait expliqué en juin dernier son engagement pour la cause kurde à Avant-Garde.

Nous publions l'article du journal du Mouvement des jeunes communistes.

Avant Garde. Recep Erdogan, premier ministre de la Turquie depuis 2003, avait affirmé vouloir trouver une solution politique à la question kurde. Loin de là, la situation est aujourd’hui très tendue dans la région et la répression ne fait qu’augmenter. On en est où de la politique d’Ankara sur le Kurdistan ?

 Fidan Dogan. En 2003 quand Erdogan arrive au pouvoir il annonce qu’il veut résoudre la question kurde. C’était le premier chef de gouvernement turc qui disait reconnaitre les erreurs et faire face à l’histoire. Il avait nommé son projet, « l’ouverture kurde ». Mais dans les faits, Erdogan s’est trouvé confronté à la difficulté de trouver un interlocuteur politique kurde. Cet interlocuteur, c’est le PKK (Parti des Travailleurs du Kurdistan). Très vite Erdogan a renommé son projet « l’ouverture démocratique » pour ne plus parler de la question kurde.

Alors, en 2009, lorsqu’aux élections municipales le BDP (Le Parti de la Paix et de la Démocratie) passe de 56 à 100 mairies, Erdogan décide d’opérations massives d’arrestations. Des centaines de membres du BDP ont été arrêtés dont les maires des plus grandes villes. Arrêter des élus, c’est arrêter la population qui a voté pour eux. 6 députés sont emprisonnés en Turquie dont Leyla Zana, prix Zakharov du parlement européen. C’est une déclaration de guerre contre tous nos symboles. C’est envoyer le message que tous ceux qui défendent les droits des kurdes seraient des terroristes.

Erdogan essaye de vendre une image exemplaire de la Turquie dans ses visites. Mais on ne peut aucunement parler de droits des peuples en Turquie. Ce que nous vivons c’est la dictature d’Erdogan. Ces arrestations se poursuivent jusqu’à aujourd’hui pour arriver à un chiffre de 7000 prisonniers politiques et nous pourrions être à beaucoup plus. Le gouvernement AKP (le parti politique d’Erdogan, majoritaire à l’assemblée turc) est convaincu que cette voie permet d’éradiquer la question kurde. Mais nous avons vécu les guerres et les coups d’état en Turquie et nous avons toujours lutté. Lorsque l’on va au Kurdistan, chaque famille a un membre qui a été tué dans cette guerre ou qui fait partie des 17 000 disparus.

Pour le gouvernement turc la question kurde est inscrite au registre de la lutte contre le terrorisme avec le soutien de l’Union Européenne et des Etats-Unis. Ça veut dire que la Turquie serait un pays où il y a 20 millions de terroristes!  Ainsi au mois de décembre, 34 villageois ont été tués dans des raids aériens. Dans n’importe quel autre pays dit démocratique, le chef de l’état aurait dû démissionner après un tel massacre. Mais Erdogan n’a même pas pris la peine de s’excuser et personne n’a protesté.

 

Comment s’explique ce déploiement de force et la puissance de cette répression alors même que les organisations kurdes demandent une résolution politique du conflit ?

Fidan Dogan. Le PKK a appelé une dizaine de fois à des cessez-le-feu. Mais la réponse turque a toujours été militaire. Le PKK veut une résolution pacifique du conflit et ne demande pas l’indépendance. Il propose une autonomie démocratique dans la région. Le respect des droits culturels et politiques et l’éducation en langue maternelle. Ce sont des droits fondamentaux reconnus à tous les peuples sauf aux kurdes. Mais il faut savoir que le Kurdistan est une région très riche en pétrole, en eau en gaz. Économiquement c’est une région incontournable et les grandes puissances occidentales sont alliées de la Turquie pour cette raison-là. Les kurdes et leur combat pour défendre leurs droits sont victimes des intérêts économiques de ces pays.

En France nous vivons la même politique qu’en Turquie. La France s’est opposée à l’entrée de la Turquie dans l’UE, mais pour conserver ses relations avec la Turquie, ils ont passé les accords pour l’arrestation des militants kurdes. C’est une sorte de donnant-donnant. Je refuse ton adhésion mais je t’aide avec tes « terroristes ». Depuis 2007 il y a une multiplication des arrestations, des perquisitions et des procès en France et lors de la visite de Claude Guéant (alors ministre de l’intérieur) l’an dernier en Turquie un accord a été signé pour l’extradition des Kurdes.

En Turquie les jeunes kurdes ne croient plus en la démocratie. Leurs maires essayent de servir leur ville et militent pour eux puis se font arrêter sous leurs yeux. Ils voient donc qu’il n’y a aucune voie légale pour eux. Alors il ne faut pas se demander pourquoi est-ce qu’il y a une guérilla. C’est la réponse répressive du gouvernement dirige les jeunes Kurdes à rejoindre la guérilla, les montagnes. Alors qu’ils risquent, leur vie, la prison et la répression, les kurdes continuent leurs manifestations et leurs rassemblements.  Un peuple de vingt million d’habitants ne peut pas vivre caché. On peut arrêter autant de kurdes qu’on veut d’autres les remplaceront.

 

Alors quels leviers pour le changement ?

Fidan Dogan. Il faut d’abord que les pays européens mettent de côté leurs intérêts économiques. On parle de 40 millions de personnes, d’un peuple qui a une histoire et d’une des premières civilisations de la Mésopotamie. Ce soutien à Ankara doit cesser car il est en défaveur de la résolution du problème kurde. Les kurdes sont victimes de cette alliance avec le gouvernement turc. Le problème kurde est un problème de tous les pays membres du Conseil de l’Europe. La Turquie en est membre avec 47 autre pays. On ne peut pas nous dire que c’est un problème de la Turquie et que c’est la Turquie qui doit résoudre ce problème. Le problème n’est pas limité aux frontières turques.

Mais Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères annonce poursuivre les relations avec la Turquie. Un pays qu’il juge très important. Donc il devrait y avoir une continuité avec le précèdent gouvernement. C’est notre peur. Les relations avec la Turquie ne peuvent pas continuer sur les seuls intérêts économiques. La priorité c’est l’arrêt du soutien au gouvernement turc par la vente d’arme et les accords Guéant de sécurité. Les arrestations en France doivent cesser.

Sarkozy s’était toujours opposé à l’adhésion de la Turquie à l’UE parce que c’est un pays musulman. Mais nous sommes pour. A condition d’imposer le respect des droits de l’homme et la reconnaissance des droits, politiques et sociaux des kurdes. Être contre l’adhésion de la Turquie à l’UE c’est mettre la question kurde de côté. L’adhésion à l’UE doit faire progresser la démocratie et les droits de l’homme en Turquie. Ce que nous voulons c’est une autonomie démocratique. Une décentralisation où les décisions seront prises sur le terrain, dans les régions. Nous ne voulons pas de frontières. Ce ne sont pas aujourd’hui les frontières qui vont sauver les peuples. Nous ne sommes pas pour une indépendance, nous voulons notre droit à l’autodétermination.

 

 

                                     

COMMUNIQUE de Dominique Bucchini, Président de l’Assemblée de Corse

Je suis horrifié et ému par l’assassinat de trois femmes kurdes à Paris la nuit dernière et dont l’une d’elle s’était rendue avec une délégation en Octobre dernier en Corse. Rien ne peut justifier une telle exécution et je souhaite renouveler à cette occasion mon chaleureux soutien et ma solidarité bienveillante avec le peuple kurde qui se bat pour faire respecter dans la dignité ses droits les plus élémentaires. Je rappelle que l’Assemblée de Corse avait récemment voté une motion à l’unanimité afin de soutenir le peuple kurde dans son combat pour une reconnaissance culturelle et politique.
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11 janvier 2013 5 11 /01 /janvier /2013 12:42

 

  LES-GRANDS-2.jpg

 

  Négociations sur la sécurisation de l’emploi : le MEDEF revendique l’immunité judiciaire pour les entreprises!

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Communiqué du Syndicat des Avocats de France 

"Le MEDEF revendique l’immunité judiciaire pour les entreprises !" :

"Ce n’est pas de sécurisation de l’emploi dont il est question à chaque ligne du projet d’accord national interprofessionnel élaboré par le MEDEF.

 

La sécurisation n’y est conçue qu’au profit des entreprises, pour se prémunir de toute obligation de transparence et de justification, et se constituer une véritable immunité judiciaire.

 

La revendication n’est pas neuve ; elle a déjà servi de fil rouge à l’ensemble des positions patronales des 15 dernières années et a connu déjà plusieurs succès, avec le mécanisme de la rupture conventionnelle obtenue des partenaires sociaux puis du législateur en 2008, ou la pratique des plans de départs volontaires qui se répand elle aussi sans aucun contrôle judiciaire possible.

 

Mais le MEDEF n’entend pas s’en contenter, et réclame désormais le droit :

-de museler les représentants du personnel en leur imposant la confidentialité sur les informations qu’ils reçoivent, et des délais préfix pour entendre leur expert et rendre leur avis ;

 

-de subordonner le maintien du CDI à la réalisation d’un projet, transformant ainsi le CDI en CDD ;

 

-de licencier sans avoir à justifier d’un motif économique le salarié qui aura refusé une modification de son poste ou de son lieu de travail dans le cadre d’une réorganisation, et de s’exonérer par là même de toute mise en place d’un plan de sauvegarde de l’emploi et des règles encadrant le licenciement économique ;

 

-de licencier sans contrôle les salariés refusant les modifications de leur rémunération ou de leur temps de travail issues des accords dits « de maintien dans l’emploi », en se libérant là aussi de toutes les règles propres au licenciement pour motif économique ;

lorsque l’obligation de mettre en oeuvre un plan de sauvegarde de l’emploi n’aura pu être contournée, de s’affranchir par accord collectif de toutes les règles encadrant sa présentation, ou de se prémunir de tout contrôle judiciaire sur ce plan par le jeu d’une homologation de l’administration du travail pouvant être simplement implicite ;

 

-de se prémunir de toute contestation quant à la validité ou la justification de leurs décisions, en tous domaines, en cas de violation des règles de procédure et de formalisme édictées par le code du travail pour encadrer le pouvoir de décision des employeurs (Exit la requalification de nombre de CDD pour absence de motif, exit la requalification des temps partiels pour absence de fixation de l’horaire, exit la nullité des licenciements économiques pour défaut de plan social, exit les garanties procédurales conventionnelles spécifiques, etc…) ;

 

-de compenser a posteriori l’indigence de la motivation des lettres de licenciement ;- de plafonner le risque financier des litiges par une barémisation des indemnités en cas de licenciement sans cause réelle et sérieuse ;

 

-d’échapper encore et enfin à tout contrôle judiciaire et risque de sanction par des délais de prescription exceptionnellement brefs.

 

Il ne s’agit là que d’une brève synthèse des réformes réclamées par le MEDEF pour aboutir à une destruction majeure du droit des salariés au respect de leur contrat de travail et de leur droit à l’emploi, quitte à bafouer ouvertement les principes fondamentaux de la réparation intégrale des préjudices et de l’obligation de motivation des licenciements… Rien n’arrête le MEDEF dans ses prétentions à remettre en cause 40 ans d’évolutions législatives et surtout jurisprudentielles, résultat de combats judiciaires auxquels les avocats du SAF ont largement contribué, en s’assurant qu’à l’avenir les Juges seront bien empêchés de venir rétablir les droits des salariés.

 

En guise de contreparties, le MEDEF ne propose aux syndicats que des mesures qui ont en réalité l’objectif de créer un véritable statut de la précarité, pour mieux développer ce marché du travail précaire qui désespère tant les salariés.

 

La véritable sécurité pour le salarié, c’est celle de conserver son emploi, ou d’en retrouver un, pérenne et digne, dans des délais très brefs, et non celle consistant à obtenir des droits sociaux maintenus en cas de perte d’emploi en contrepartie de la possibilité de perdre plus facilement celui-ci. Il paraît illusoire d’obtenir des droits nouveaux potentiels pour les salariés les plus précaires si cela se fait en contrepartie d’une précarisation générale de l’ensemble des salariés.

 

Quant au prétendu contrôle par la négociation collective dans les entreprises, il se limite, en l’état actuel de la représentation des salariés et du rapport de force dans la majorité des entreprises, à un vœu que l’on peut partager mais qui ne sera d’aucune efficacité immédiate et ne bénéficiera pas d’une contribution loyale des entreprises au dialogue social dès lors que les employeurs se sauront à l’abri de tout contrôle effectif de leurs agissements.Le MEDEF qui pourfendait l’autorisation administrative de licenciement, dont il a obtenu la suppression en 1986, préconise désormais l’homologation des PSE par l’administration du travail, pour mieux mépriser les intérêts des salariés et le rôle des représentants du personnel, ce qui ne peut qu’alarmer lorsque l’on sait le peu de moyens dont dispose l’administration du travail, et les statistiques relatives à l’homologation des ruptures conventionnelles. C’est dire s’il est temps de s’indigner et de résister. Les avocats du SAF ne peuvent que dénoncer avec force les desseins d’un patronat qui se revendique tout-puissant et seul Juge dans son Etat.

 

De telles perspectives de réforme doivent être très fermement bannies. Les entreprises sont des sujets de droit qui ne peuvent prétendre échapper à la démocratie du contrôle judiciaire et à l’exigence de la transparence."

 

Paris, le 9 janvier 2013

 

Le site du S.A.F.

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11 janvier 2013 5 11 /01 /janvier /2013 12:35

                                                                      CERVEAU.gif

 

 

 

Les Indignés de la République :

l'éditorial de décembre 2012 du « Nouveau Bastille-République-Nations »

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Fascinante hypocrisie. A peine Gérard Depardieu avait-il fait savoir qu’il franchissait la frontière et installait sa fortune en Belgique que des torrents d’indignation ont déferlé, en particulier du côté de l’actuelle majorité et de ses idéologues attitrés. Ceux-là même qui ne cessent de professer que les Etats sont trop petits, et les frontières de dangereux stigmates du passé, ont rappelé l’acteur à ses devoirs… « patriotiques ». On croit rêver.

 

 

Chacun pense ce qu’il veut de l’artiste, et de l’homme. La seule question qui vaille présentement est : a-t-il enfreint la loi ? La réponse étant connue de tous, force est de constater que les leçons de morale, pardon, d’éthique, ne sont rien d’autre qu’un voile opportun pour dissimuler l’impuissance délibérément organisée de la politique. Car pourquoi les Indignés de la République, au pouvoir, n’ont-ils pas annoncé séance tenante le rétablissement du contrôle des capitaux, afin que de tels agissements ne puissent se reproduire ? Il est vrai que si – par hypothèse d’école – une telle idée leur avait effleuré l’esprit, Bruxelles les eût séance tenante rappelé aux règles de base.

 

 

Car le contribuable Depardieu n’a pas profité d’une faille obscure repérée par quelque fiscaliste retors. Il a, très banalement, mis en pratique la liberté de circulation des personnes et des capitaux. Cette liberté qui est au fondement même de l’intégration européenne, et en constituait le socle ontologique dès le traité fondateur. L’acteur ne s’y est d’ailleurs pas trompé. Dans son texte publié par le JDD (16/12/12), il se justifie ainsi : « je suis un vrai Européen, un citoyen du monde ». Bien vu Gérard, c’est exactement cela.

 

 

Quelques partisans d’une « autre Europe » ne manqueront pas d’ânonner leur couplet sur la nécessaire « harmonisation fiscale ». Mais en attendant que les actuels dirigeants européens, toutes couleurs politiques confondues, s’écartent de leur bréviaire – dumping et cadeaux fiscaux – le petit village belge de Néchin sera devenu une mégalopole.

 

 

Un autre vrai Européen – il est établi à Londres – et citoyen du monde a pour nom Lakshmi Mittal. C’est précisément de cette même liberté sacrée de placer et de retirer ses billes – en l’occurrence, le droit de fermer ou de délocaliser d’un coup de plume des sites industriels entiers – que celui-ci s’est prévalu pour estimer caducs ses engagements passés. Pourquoi se gênerait-il ? Cette liberté de circulation des capitaux n’est-elle pas la clé de voûte, et pour tout dire l’essence même de cette mondialisation que, de gauche à droite de l’hémicycle, on considère comme naturelle et irréversible – même si on prétend vouloir la « réguler » ? Précisons en outre que M. Mittal n’a pas hérité de la sidérurgie du Vieux continent par l’opération du Saint-Esprit. En 2001, les dirigeants européens n’étaient pas peu fiers d’avoir liquidé les sidérurgies nationales (en France Usinor, jadis publique…) en vue de donner naissance à ce « géant européen », Arcelor, qui devait « enfin tenir tête » à ses rivaux mondiaux. Cinq ans plus tard, le magnat de l’acier jouait de la liberté des marchés pour mettre la main sur cette industrie stratégique qui lui avait été rassemblée sur un plateau.

 

 

Pendant que la Lorraine apprenait le véritable massacre industriel en instance, le Gotha européen se pressait à Oslo le 10 décembre pour savourer le bonheur de voir l’UE gratifiée du Nobel de la paix. Ces messieurs-dames en habit, à l’air ému, ont offert le pathétique spectacle des autocongratulations mutuelles sur le thème de la fantastique idée européenne. Dans quelques mois, c’est la présidente lituanienne, ex-commissaire européen, qui se verra décerner le prix Charlemagne. En attendant, son ancien collègue à Bruxelles, Mario Monti, vient d’empocher le Grand Prix de l’Economie, lui qui dirige une Italie plongeant chaque jour un peu plus dans la récession.

 

 

Ces gens font décidément montre d’un remarquable sens de l’humour – involontaire. Jusqu’au jour où les peuples n’auront vraiment plus envie de rire.

 

Pierre LÉVY

 

Source: B.R.N.

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11 janvier 2013 5 11 /01 /janvier /2013 12:26

  Clio

Clio, la Muse de l'Histoire

 

 

 

 

alr-photoRAISON PRESENTE : Une émission de l’Union Rationaliste

 

Vendredi 11 Janvier 2013 de 19h à 21h, à écouter sur Radio Libertaire 89,4 MHz ( uniquement sur la région parisienne).

Cette émission peut être également écoutée en direct sur internet à l’adresse suivante :

 

http://radiolibertaire.radio.fr/

Entretien autour de l’ouvrage d’Annie Lacroix-Riz, en présence de l’auteur :

"Le Vatican et le Reich de la première Guerre mondiale à la guerre froide."

 

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11 janvier 2013 5 11 /01 /janvier /2013 12:21

                                                                        ABDALLAH

 

 

 

Face à face à Beyrouth

vendredi 11 janvier 2013,

Beyrouth a fêté la décision de la justice française de remettre en liberté Georges Abdallah.
(Photo prise le 10 janvier 2013)

Maître Jacques Verges a déclaré au quotidien libanais As-Safir que le ministère de l’intérieur l’a convoqué pour le lundi 14 janvier au matin afin de lui notifier officiellement l’expulsion de Georges Abdallah vers le Liban le jour même.
Pour son avocat, Georges Ibrahim Abdallah, "en bonne santé morale et physique" souhaite rentrer au Liban où "sa famille dirige une école où il pourra travailler". Il "est tout à fait confiant dans son expulsion et commence à faire ses bagages", a dit à l’AFP Alain Pojolat, du collectif pour sa libération, en se référant à une conversation téléphonique jeudi entre le prisonnier et l’une des rares personnes disposant d’un droit de visite.

 

Vous pouvez lui écrire.
Nous lui remettrons votre mot à sa sortie de prison :

georgesibrahimabdallah@assawra.info
  
  
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11 janvier 2013 5 11 /01 /janvier /2013 12:16

                                                                                 MARE NOSTRUM-copie-1

 

 

 

 

Syrie : réunion tripartite à Genève sur les moyens de mettre fin au conflit

 

vendredi 11 janvier 2013, par as sawra

L’émissaire international Lakhdar Brahimi, le vice-ministre russe des Affaires étrangères Mikhaïl Bogdanov et le secrétaire d’Etat adjoint américain William Burns se retrouvent vendredi à Genève sur les moyens de mettre fin au conflit en Syrie ayant déjà fait, selon l’ONU, plus de 60.000 mots en 21 mois.
Sur le terrain, l’aviation a mené plusieurs raids jeudi matin contre une base aérienne dans le nord-ouest de la Syrie pour tenter d’endiguer l’avance des rebelles, et contre des localités autour de Damas, tandis que l’Unicef a lancé un appel urgent aux dons pour les réfugiés transis de froid dans le camp de Zaatari en Jordanie, transformé en champ de boue par des pluies torrentielles.
La Syrie s’est déchaînée jeudi contre Lakhdar Brahimi, sans toutefois lui fermer la porte, à la veille d’une rencontre vendredi du médiateur international avec des représentants russe et américain.
Moscou a réaffirmé que le règlement passait par un dialogue entre le pouvoir et l’opposition, sans conditions préalables, contrairement aux rebelles et aux Occidentaux qui réclament le départ du président Bachar al-Assad.
Parallèlement, Londres a souhaité des mesures plus énergiques contre le régime syrien, en particulier une levée de l’embargo sur les armes en faveur des rebelles.
"Les déclarations de Lakhdar Brahimi montrent sa partialité flagrante en faveur des cercles (conspirant) contre la Syrie et le peuple syrien", a affirmé un responsable du ministère des Affaires étrangères cité par la télévision officielle. Cependant, Damas a refusé de couper les ponts avec le médiateur international. "La Syrie espère toujours le succès de sa mission et continuera à coopérer avec lui dans le cadre de sa vision de la solution politique de la crise syrienne", a précisé le responsable.
Dans un entretien mercredi avec la BBC, M. Brahimi, émissaire de l’ONU et de la Ligue arabe pour la Syrie, avait estimé que le plan de sortie de crise présenté dimanche par le chef de l’Etat syrien était "encore plus sectaire et partial" que les précédents.
Nommé en septembre 2012 en remplacement de Kofi Annan, qui avait jeté l’éponge, M. Brahimi avait joui d’un préjugé favorable à Damas pour n’avoir jamais demandé explicitement le départ de M. Assad. Désormais, il est accusé d’avoir basculé dans le camp des pays occidentaux, de la Turquie et des pays du Golfe qui veulent le départ du chef de l’Etat.
Les médias syriens, qui sont tous aux mains du régime, avaient donné le ton. "Il s’est débarrassé du masque d’impartialité qu’il portait depuis qu’il a été nommé pour remplacer Kofi Annan et a révélé son vrai visage, (...) pour répondre aux demandes de ses maîtres", a écrit Al-Watan. Le plan présenté par M. Assad a été condamné par les pays occidentaux et rejeté tant par l’opposition en exil que par celle tolérée par le régime à l’intérieur du pays.
Mais les Russes, alliés de la Syrie, sont restés très fermes. "Seuls les Syriens peuvent décider du modèle de développement à long terme de leur pays", a déclaré jeudi le porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Alexandre Loukachevitch.
Le ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague, a estimé jeudi que si la situation en Syrie s’aggravait encore, la réponse de la communauté internationale devrait être "revue à la hausse".
Il a notamment répété que Londres allait plaider pour que l’embargo européen sur les armes imposé à la Syrie soit modifié pour permettre d’armer les rebelles si nécessaire, lorsque l’UE réévaluerait les sanctions contre Damas le 1er mars.
Au Caire, le ministre iranien des Affaires étrangères, Ali Akbar Salehi, a appelé jeudi les pays voisins de la Syrie à favoriser une solution politique et à empêcher toute intervention étrangère.
Autour de Damas, toujours sous la neige, l’armée a également mené des raids aériens, tandis que des combats avaient à Sayeda Zaineb, un lieu de pèlerinage chiite, selon la même source.
L’Unicef a lancé un appel urgent aux dons pour les Syriens réfugiés transis de froid dans le camp de Zaatari en Jordanie, transformé en champ de boue par des pluies torrentielles, et l’agence missionnaire du Vatican Fides a signalé qu’un millier de chrétiens privés de tout étaient pris au piège entre armée et rebelles dans le village de Yaakoubieh, au nord d’Alep.

(11 janvier 2013 - Avec les agences de presse)

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9 janvier 2013 3 09 /01 /janvier /2013 10:04

 

  « L'histoire de toute société jusqu'à nos jours est l'histoire de la lutte de classes. »

                                   KARL MARX

 

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L'Histoire de toute société jusqu'à nos jours, c'est l'histoire de la lutte des classes. Homme libre et esclave, patricien et plébéien, baron et serf, maître de jurande et compagnon, en un mot : oppresseurs et opprimés, se sont trouvés en constante opposition; ils ont mené une lutte sans répit, tantôt déguisée, tantôt ouverte, qui chaque fois finissait soit par une transformation révolutionnaire de la société tout entière, soit par la ruine des diverses classes en lutte.

 

 

Aux époques historiques anciennes, nous trouvons presque partout une organisation complète de la société en classes distinctes, une hiérarchie variée de positions sociales. Dans la Rorne antique, nous avons des patriciens, des chevaliers, des plébéiens, des esclaves ; au Moyen Âge, des seigneurs, des vassaux, des maîtres, des compagnons, des serfs ; et, dans presque chacune de ces classes, de nouvelles divisions hiérarchiques.

 

 

La société bourgeoise moderne, qui est issue des ruines de la société féodale, n'a pas surmonté les vieux antagonismes de classes. Elle a mis en place des classes nouvelles, de nouvelles conditions d'oppression, de nouvelles formes de lutte.

 

 

Toutefois, notre époque – l'époque de la bourgeoisie – se distingue des autres par un trait particulier : elle a simplifié les antagonismes de classes. De plus en plus, la société se divise en deux grands camps ennemis, en deux grandes classes qui s'affrontent directement : la bourgeoisie et le prolétariat.

 

Les citoyens hors barrière des premières villes sont issus des serfs du Moyen Âge ; c'est parmi eux que se sont formés les derniers éléments de la bourgeoisie.

 

 

La découverte de l'Amérique, la circumnavigation de l'Afrique offrirent à la bourgeoisie naissante un nouveau champ d'action. Les marchés des Indes orientales et de la Chine, la colonisation de l'Amérique, les échanges avec les colonies, l'accroissement des moyens d'échange et des marchandises en général donnèrent au commerce, à la navigation, à l'industrie un essor inconnu jusqu'alors ; du même coup, ils hâtèrent le développement de l'élément révolutionnaire au sein d'une société féodale en décomposition.

 

 

L'ancien mode de production, féodal ou corporatif, ne suffisait pas aux besoins qui augmentaient en même temps que les nouveaux marchés. La manufacture vint le remplacer. Les maîtres de jurandes furent expulsés par les petits industriels ; la division du travail entre les diverses corporations disparut devant la division du travail au sein même des ateliers.

 

 

Cependant les marchés ne cessaient de s'étendre, les besoins de s'accroître. La manufacture devint bientôt insuffisante, elle aussi. Alors la vapeur et les machines vinrent révolutionner la production industrielle. La manufacture dut céder la place à la grande industrie moderne et les petits industriels se trouvèrent détrônés par les millionnaires de l'industrie, chefs d'armées industrielles – les bourgeois modernes.

 

 

La grande industrie a fait naître le marché mondial, que la découverte de l'Amérique avait préparé. Le marché mondial a donné une impulsion énorme au commerce, à la navigation, aux voies de communication. En retour, ce développement a entraîné l'essor de l'industrie. À mesure que l'industrie, le commerce, la navigation, les chemins de fer prirent de l'extension, la bourgeoisie s'épanouissait, multipliant ses capitaux et refoulant à l'arrière-plan toutes les classes léguées par le Moyen Âge(…)

 

Poussée par le besoin de débouchés toujours nouveaux, la bourgeoisie envahit le globe entier. Il lui faut s'implanter partout, exploiter partout, établir partout des relations. Par l'exploitation du marché mondial, la bourgeoisie donne un caractère cosmopolite à la production et à la consommation de tous les pays. Au grand désespoir des réactionnaires, elle a enlevé à l'industrie sa base nationale.(…)

 

 

(…)  Les communistes ne forment pas un parti distinct opposé aux autres partis ouvriers. Les conceptions théoriques des communistes ne reposent nullement sur des idées, des principes inventés ou découverts par tel ou tel réformateur du monde. Elles ne sont que l'expression générale des conditions réelles d'une lutte de classes existante, d'un mouvement historique qui s'opère sous nos yeux. (…)

 

 

(…) À la place de l'ancienne société bourgeoise, avec ses classes et ses antagonismes de classes, surgit une association où le libre développement de chacun est la condition du libre développement de tous.

 

 

 Marx Karl et Engels Friedrich. Manifeste du parti communiste (1848). . (EXTRAITS )

                                                                            MARX ET ENGELS

                                                                                                                        lenin disegno

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 “ Il y a une guerre des classes, c’est un fait, mais c’est ma classe, la classe des riches, qui mène cette guerre, et nous sommes en train de la gagner.”

 

    Déclaration de Warren Buffet, milliardaire états-unien le 25 mai 2005, sur la chaîne de télévision CNN

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9 janvier 2013 3 09 /01 /janvier /2013 09:50

 

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Tibet : détruire le mythe


Un des meilleurs analystes de l’impérialisme US révèle les dessous du "mythe du Tibet", du Dalaï Lama et de certains aspects du bouddhisme... Comment vivait-on lorsque les moines dirigeaient le Tibet ? Quelle a vraiment été la politique de la Chine dans cette région ? Et celle de la CIA ?

Les religions sont marqués par la violence

 

L’histoire du Christianisme, celle du Judaïsme, celle de l’Hindouisme et celle de l’Islam sont fortement marquées par la violence. A travers les âges, les religieux ont toujours invoqué un mandat divin pour massacrer des infidèles, des hérétiques, et même d’autres dévots au sein de leurs propres rangs. Certaines personnes soutiennent que le Bouddhisme est différent, qu’il se distingue nettement de la violence chronique des autres religions.

 

Certes, pour certains praticiens à l’Ouest, le Bouddhisme est plus une discipline spirituelle et psychologique qu’une théologie au sens habituel. Il offre des techniques méditatives censées promouvoir la lumière et l’harmonie en soi. Mais à l’instar de n’importe quel autre système de croyance, le Bouddhisme ne doit pas être appréhendé uniquement par ses enseignements, mais aussi en fonction du comportement effectif de ses partisans.

Le bouddhisme est-il une exception ?

Un regard sur l’histoire révèle que les organisations bouddhistes ne se sont pas abstenues d’actes violents si caractéristiques aux groupes religieux. Au Tibet, du début du dix-septième siècle jusqu’au sein du dix-huitième siècle, des sectes bouddhistes rivales se sont livrées à des affrontements armés et à des exécutions sommaires . Au vingtième siècle, en Thaïlande, en Birmanie, en Corée, au Japon, et ailleurs, des Bouddhistes se sont battus aussi bien entre eux qu’avec des non-bouddhistes. Au Sri Lanka, des batailles rangées au nom du Bouddhisme font partie de l’histoire cingalaise .

 

Il y a juste quelques années en Corée du Sud, des milliers de moines de l’ordre bouddhiste Chogye se sont battus entre eux à grand renfort de coup de poings, de pierres, de bombes incendiaires et de gourdins, dans des batailles rangées qui ont duré plusieurs semaines. Ils rivalisaient pour le contrôle de l’ordre, le plus grand en Corée du Sud, avec un budget annuel de 9,2 millions de dollars, auquel il faut ajouter des millions de dollars en biens immobiliers ainsi que le privilège d’appointer 1.700 moines à des devoirs divers. Les bagarres ont en partie détruit les principaux sanctuaires bouddhistes et ont fait des dizaines de blessés parmi les moines, dont certains sérieusement. Le public coréen manifesta son dédain envers les deux camps, estimant que quelque soit la clique de moines qui prendrait le contrôle, "elle utiliserait les dons des fidèles pour acquérir des maisons luxueuses et des voitures onéreuses" .

 

Mais qu’en était-il du Dalaï-lama et du Tibet qu’il a présidé avant l’intervention chinoise en 1959 ? Il est largement répandu par beaucoup de dévots bouddhistes que l’ancien Tibet était un royaume consacré à la spiritualité, exempt de styles de vie égoïstes, de matérialisme vide et de vices corrupteurs qui infestent la société industrialisée moderne. Les mass media occidentaux, les livres de voyage, les romans et les films Hollywoodiens ont dépeint la théocratie tibétaine comme un véritable Shangri-La (paradis terrestre).

 

Le Dalaï-lama, lui-même, a affirmé que "l’influence pénétrante du Bouddhisme" au Tibet, "au milieu des espaces grand ouverts d’un environnement non corrompu a eu pour effet de produire une société consacrée à la paix et à l’harmonie. Nous jouissions de la liberté et du contentement." Une lecture de l’histoire du Tibet suggère une image différente. Au treizième siècle, l’Empereur Kublai Khan a créé le premier Grand Lama, qui devait présider tous les autres lamas à l’instar d’un pape qui préside ses évêques. Plusieurs siècles plus tard, l’Empereur de Chine a envoyé une armée au Tibet pour soutenir le Grand Lama, un homme ambitieux de 25 ans, qui s’est alors donné le titre de Dalaï (Océan) lama, dirigeant de tout le Tibet. C’est tout à fait une ironie de l’histoire : le premier Dalaï-lama a été installé par une armée chinoise.

 

Pour élever son autorité, le premier Dalaï-lama saisit les monastères qui n’appartenaient pas à sa secte et aurait détruit les écritures bouddhistes qui étaient en désaccord avec sa revendication à la divinité. Le Dalaï-lama qui lui a succédé a poursuivi une vie sybaritique, jouissant de la compagnie de beaucoup de maîtresses, faisant la fête avec des amis, et agissant entre autres façons considérées inconvenantes pour une divinité incarnée. Pour cela, il fut éliminé par ses prêtres. Durant 170 ans, malgré leur statut reconnu de dieu, cinq Dalaï-lama ont été assassinés par leurs grands prêtres ou par d’autres courtisans .

Shangri-La (pour Seigneurs et Lamas)

Les religions ont eu un rapport étroit non seulement avec la violence mais aussi avec l’exploitation économique. En effet, c’est souvent l’exploitation économique qui nécessite la violence. Tel était le cas avec la théocratie tibétaine. Jusque 1959, quand le Dalaï-lama a fini de présider le Tibet, la plupart de la terre arable était toujours organisée en domaines seigneuriaux travaillés par des serfs. Même un auteur sympathisant du vieil ordre admet que "bon nombre de domaines ont appartenu aux monastères et la plupart d’entre eux ont amassé d’immenses richesses.... De plus, certains moines et lamas individuellement ont pu accumuler une grande richesse par la participation active dans le commerce et le prêt d’argent." Le monastère de Drepung était un des plus grands propriétaires terriens dans le monde, avec ses 185 manoirs, 25.000 serfs, 300 grands pâturages et 16.000 bergers. La richesse des monastères est allée aux lamas ayant le grade le plus élevé, beaucoup d’entre eux étant les rejetons de familles aristocratiques.

 

Les leaders séculiers firent aussi bien. Un exemple notable était le commandant en chef de l’armée tibétaine, qui possédait 4.000 kilomètres carrés de terre et 3.500 serfs. Il était aussi un membre du Cabinet intime du Dalaï-lama. Le vieux Tibet a été faussement représenté par certains de ses admirateurs Occidentaux comme "une nation qui n’a exigé aucune police parce que ses gens ont volontairement observé les lois du karma." En fait, il avait une armée professionnelle, bien que petite, qui a servi comme une gendarmerie en faveur des propriétaires pour maintenir l’ordre et traquer des serfs fugitifs.

 

De jeunes garçons tibétains ont été régulièrement enlevés à leurs familles et emmenés dans les monastères pour être formés comme moines. Une fois là, ils étaient internés à vie. Tashì-Tsering, un moine, rapporte qu’il était courant que des enfants de paysans soient sexuellement maltraités dans les monastères. Lui-même était une victime de viol répété à partir de l’âge de neuf ans. Les domaines monastiques enrôlèrent de force des enfants de paysans aux fins de servitude perpétuelle comme domestiques, danseurs et soldats.

 

Dans le vieux Tibet, il y avait un petit nombre de fermiers qui subsistaient comme une sorte de paysannerie libre, et, peut-être, en plus, 10.000 personnes qui composaient la classe moyenne constituée des familles de marchands, de commerçants et de petits négociants. Des milliers d’autres étaient des mendiants. Une petite minorité était des esclaves, la plupart du temps des domestiques qui ne possédaient rien. Leur descendance naissait dans l’esclavage.  La plus grande partie de la population rurale - environ 700.000 sur une population totale évaluée à 1.250.000 - était des serfs. Les serfs et d’autres paysans vivaient généralement un peu mieux que les esclaves. Ils n’avaient pas de scolarité ni de soins médicaux. Ils passaient la plupart de leur temps à peiner pour les lamas de haut rang, ou pour une aristocratie foncière séculière. Leurs maîtres leur disaient quelle culture produire et quels animaux élever. Ils ne pouvaient pas se marier sans le consentement de leur seigneur ou lama. Et ils pouvaient facilement être séparé de leur famille s’il plaisait au propriétaire de les envoyer travailler dans un endroit éloigné.

 

Une femme de 22 ans, elle-même une serve fugitive rapporte : "De jolies filles de serfs étaient habituellement emmenées par le propriétaire comme domestiques de maison et utilisées comme il le souhaitait". Elles "étaient juste des esclaves sans droits". Les serfs devaient avoir une permission pour tous leurs déplacements. Les propriétaires terriens avaient l’autorité légale pour capturer ceux qui essayaient de fuir. Un serf fugitif de 24 ans a accueilli l’intervention chinoise comme "une libération". Il affirmait que pendant le temps où il était un serf, il était soumis à un travail dur incessant, à la faim et au froid, incapable de lire ou d’écrire et ne sachant rien du tout. Après sa troisième tentative de fuite ratée, il fût impitoyablement battu par les hommes du propriétaire terrien jusqu’à ce que le sang lui coule du nez et de la bouche ; puis, ils ont versé de l’alcool et de la soude caustique sur les blessures pour augmenter la douleur.

 

Les serfs étaient dans l’obligation de travailler à vie la terre du seigneur - ou la terre du monastère - sans être payés, de réparer les maisons du seigneur, de transporter sa récolte et de rassembler son bois de chauffage. Ils étaient aussi supposés fournir les animaux de transport et le transport sur demande. Ils étaient taxés sur le mariage, taxé sur la naissance de chaque enfant et sur chaque mort dans la famille. Ils étaient taxés sur la plantation d’un nouvel arbre dans leur terrain et sur la possession d’animaux. Il y avait des impôts pour les festivals religieux, pour le chant, la danse, le tambourinage et la sonnerie de cloche. Les gens étaient taxés quand ils étaient envoyés en prison et quand ils en sortaient. Ceux qui ne pouvaient pas trouver de travail étaient taxés pour être sans emploi et s’ils allaient dans un autre village à la recherche de travail, ils devaient payer un impôt de passage. Quand les gens ne pouvaient pas payer, les monastères leur prêtaient de l’argent à un taux d’intérêt de 20 à 50 pour cent. Certaines dettes étaient passées du père au fils et au petit-fils. Les débiteurs qui ne pouvaient pas honorer leurs obligations risquaient d’être réduits en esclavage, parfois pour le reste de leur vie.

 

Les enseignements religieux de la théocratie soutenaient cet ordre de classe. Le pauvre et l’affligé apprenaient qu’ils devaient supporter leurs ennuis à cause de leurs mauvaises manières dans des vies précédentes. Donc, ils devaient accepter la misère de leur existence présente comme une rédemption karmique et en prévision de ce que leur sort s’améliorerait une fois réincarné. Le riche et le puissant, bien sûr, considéraient leur bonne fortune comme une récompense, et une preuve tangible de leur vertu dans les vies passées et présentes.

Torture et Mutilation

Au Tibet du Dalaï-lama, la torture et la mutilation - incluant l’énucléation, l’arrachage de la langue, le sectionnement du tendon du jarret et l’amputation - étaient des punitions favorites infligées aux serfs fugitifs et aux voleurs. En voyageant à travers le Tibet dans les années 1960, Stuart et Roma Gelder ont interviewé un ancien serf, Tsereh Wang Tuei, qui avait volé deux moutons appartenant à un monastère. Pour cela, il a eu les yeux énucléés et la main mutilée afin de ne plus pouvoir l’utiliser. Il explique qu’il n’est plus un Bouddhiste : "quand un saint lama leur a dit de m’aveugler, j’ai pensé qu’il n’y avait rien de bon dans la religion". . Bien qu’il était contraire aux enseignements bouddhistes de prendre la vie humaine, quelques contrevenants étaient sévèrement fouettés et ensuite "abandonnés à Dieu" dans la nuit glaciale pour y mourir. "Les parallèles entre le Tibet et l’Europe médiévale sont saisissantes", conclut Tom Grunfeld dans son livre sur le Tibet .

 

En 1959, Anna Louise Strong a visité une exposition d’équipement de torture qui avait été utilisé par les suzerains tibétains. Il y avait des menottes de toutes les tailles, y compris de petites pour des enfants, et des instruments pour couper le nez et les oreilles, pour énucléer les yeux et pour briser les mains. Il y avait des instruments pour couper les rotules et les talons, ou paralyser les jambes. Il y avait des fers chauds, des fouets et des instruments spéciaux pour éviscérer.

 

L’exposition a présenté des photographies et les témoignages des victimes qui avaient été aveuglées ou estropiées ou subi des amputations pour raison de vol. Il y avait le berger dont le maître lui devait un remboursement en yuan et du blé, mais a refusé de payer. Alors, il a pris une des vaches du maître ; pour cela, il eut les mains coupées. Un autre berger qui s’est opposé à ce que sa femme lui soit prise par son seigneur a eu les mains broyées. Il y avait les images d’activistes communistes dont le nez et la lèvre supérieure ont été coupées et celles d’une femme qui a été violée, et puis, dont le nez a été coupé en tranches.

 

D’anciens visiteurs du Tibet commentent le despotisme théocratique. En 1895, un anglais, le docteur A. L. Waddell, a écrit que la population était sous la "tyrannie intolérable de moines" et les superstitions diaboliques qu’ils avaient fabriquées pour terroriser les gens. En 1904, Perceval Landon a décrit l’autorité du Dalaï-lama comme "une machine d’oppression". À peu près au même moment, un autre voyageur anglais, le Capitaine W.F.T. O’Connor, a observé que "les grands propriétaires terriens et les prêtres .. exercent chacun dans leur domaine respectif un pouvoir despotique sans aucun appel", tandis que les gens sont "opprimés par une fabrique de prêtres et de monachisme des plus monstrueuses".

 

Les dirigeants tibétains ont "inventé des légendes dégradantes et ont stimulé un esprit de superstition" parmi le peuple. En 1937, un autre visiteur, Spencer Chapman, a écrit, "le moine lamaïste ne passe pas son temps à administrer les gens ou à les éduquer…. Le mendiant sur le bord de la route n’est rien pour le moine. La connaissance est la prérogative jalousement gardée des monastères et est utilisée pour augmenter leur influence et leur richesse."

Occupation et révolte

Les communistes chinois ont occupé le Tibet en 1951, revendiquant la souveraineté sur ce pays. Le traité de 1951 prévoyait l’autonomie apparente sous l’autorité du Dalaï-lama, mais confiait à la Chine le contrôle militaire et le droit exclusif de conduire les relations avec l’étranger. Les Chinois disposaient aussi d’un rôle direct dans l’administration interne "pour promouvoir des réformes sociales". D’abord, ils réformèrent lentement, comptant surtout sur la persuasion comme tentative pour effectuer le changement. Parmi les premières réformes qu’ils ont appliquées, il y avait la réduction des taux d’intérêt usuraires et la construction de quelques hôpitaux et de routes. "Contrairement à la croyance populaire à l’Ouest", écrit un observateur, les Chinois "prirent soin de montrer du respect pour la culture et la religion tibétaines". Aucune propriété aristocratique ou monastique n’a été confisquée, et les seigneurs féodaux continuèrent à régner sur les paysans qui leur étaient héréditairement attachés."

 

Les seigneurs et les lamas tibétains avaient vu les Chinois aller et venir au cours des siècles et avaient joui de bonnes relations avec le Generalissimo Chiang Kaishek et son pouvoir réactionnaire sur la Chine avec le Kuomintang. L’approbation du gouvernement Kuomintang était nécessaire pour valider le choix du Dalaï-lama et du Panchen Lama. Quand le jeune Dalaï-lama a été installé à Lhassa, c’était avec une escorte armée des troupes chinoises et un ministre chinois conformément à la tradition vieille de plusieurs siècles. Ce qui contrariait les seigneurs et lamas tibétains, c’était que ces derniers chinois étaient des communistes. C’était seulement une question de temps, ils en étaient sûrs, avant que les communistes ne commencent à imposer leurs solutions collectivistes égalitaires au Tibet.

 

En 1956-57, des bandes armées tibétaines tendirent une embuscade à des convois de l’Armée Populaire de Libération chinoise. Le soulèvement reçut un appui important de la Central Intelligence Agency américaine (C.I.A.), comprenant un entraînement militaire, des camps d’appui au Népal et de nombreux ponts aériens. Pendant ce temps, aux Etats-Unis, la Société américaine pour une Asie libre, un front de la C.I.A., avait énergiquement fait la publicité de la cause de la résistance tibétaine avec le frère aîné du Dalaï-lama, Thubtan Norbu, qui jouât un rôle actif dans ce groupe. Le second frère aîné du Dalaï-lama, Gyalo Thondup, mis sur pied une opération de renseignements avec la C.I.A. en 1951. Il remit ça plus tard dans une unité de guérilla entraînée par la C.I.A. dont les recrues furent parachutées à nouveau au Tibet.

 

Beaucoup de commandos et d’agents tibétains que la C.I.A. avait déposé dans le pays étaient les chefs de clans aristocratiques ou les fils des chefs. Pour nonante pour cent d’entre eux, on n’en entendit jamais plus parler, selon un rapport de la C.I.A. elle-même, signifiant en cela qu’ils avaient probablement étaient capturés ou tués. "Beaucoup de lamas et de membres séculiers de l’élite et le gros de l’armée tibétaine ont rejoint le soulèvement, mais, en général, la population ne l’a pas fait, ce qui entraîna son échec", écrit Hugh Deane. Dans leur livre sur le Tibet, Ginsburg et Mathos arrivent à une conclusion semblable : "Autant qu’il peut être vérifié, la plupart du peuple de Lhassa et de la campagne attenante ne rejoignis pas le combat contre les Chinois, aussi bien quand il commença qu’au cours de son déroulement." Finalement, la résistance s’effondra.

L’entrée des communistes

Quels que furent les maux et les nouvelles oppressions introduits par les chinois au Tibet après 1959, ils ont supprimé l’esclavage et le système de servage de travail impayé et mirent un terme aux flagellations, aux mutilations et aux amputations comme méthodes de sanctions criminelles. Ils ont éliminé les nombreux impôts écrasants, commencé des projets de grands travaux et ont énormément réduit le chômage et la mendicité. Ils ont instauré l’éducation laïque, brisant ainsi le monopole de l’éducation des monastères. Ils ont mis en place la distribution d’eau courante et d’électricité dans Lhassa.

 

Heinrich Harrer (il fut ultérieurement révélé que Harrer avait été un sergent dans les SS d’Hitler) a écrit un best-seller racontant ses expériences au Tibet et qui a été montré dans un film populaire de Hollywood. Il rapporta que les Tibétains qui ont résisté aux Chinois "étaient principalement les nobles, les semi-nobles et les lamas ; ils ont été punis en étant contraint de devoir exécuter les tâches les plus humbles, comme travailler sur des routes et des ponts. Ils furent encore plus humiliés par le fait de devoir nettoyer la ville avant l’arrivée des touristes". Ils ont aussi dû vivre dans un camp à l’origine réservé aux mendiants et aux vagabonds.

 

En 1961, les Chinois ont exproprié les propriétés foncières tenues par les seigneurs et les lamas et ont réorganisé les paysans en centaines de communes. Ils distribuèrent des centaines de milliers d’acres à des fermiers locataires et à des paysans sans terre. Les troupeaux qui appartenaient auparavant à la noblesse ont été rendu à des collectifs de bergers pauvres. Des améliorations ont été faites dans la reproduction du bétail et des nouvelles variétés de légumes et des nouvelles souches de blé et d’orge ont été introduites ; avec des améliorations en matière d’irrigation, tout cela aurait mené à une augmentation de la production agraire.

Beaucoup de paysans sont restés aussi religieux qu’avant, donnant l’aumône au clergé. Mais les nombreux moines qui avaient été enrôlés de force dans les ordres religieux quand ils étaient enfants étaient maintenant libres de renoncer à la vie monastique, ce que des milliers ont fait, particulièrement les plus jeunes. Le clergé restant a vécu sur des bourses modestes dispensées par le gouvernement et sur le revenu supplémentaire gagné en officiant des services de prière, des mariages et des obsèques.

 

Tant le Dalaï-lama que son conseiller et frère le plus jeune, Tendzin Choegyal, ont prétendu que "plus de 1,2 millions de Tibétains sont morts en conséquence de l’occupation chinoise." Mais le recensement officiel de 1953 - six ans avant les sévères mesures chinoises - a enregistré la population entière résidant au Tibet au nombre de 1.274.000. D’autres comptes de recensement évaluent la population tibétaine ethnique dans le pays à environ deux millions. Si les Chinois avaient tué 1,2 millions de Tibétains au début des années 1960, alors des villes entières et d’importantes parties de la campagne, en fait presque tout le Tibet, auraient été dépeuplé, transformé en un champ de batailles parsemé de camps de la mort et de charniers - dont nous n’avons vu aucune preuve. Les minces forces armées chinoises présentes au Tibet n’étaient pas assez importantes pour regrouper, pourchasser et exterminer autant de personnes même si elles y avaient consacré tout leur temps en ne faisant rien d’autre.

 

 

Les autorités chinoises reconnaissent "des erreurs", particulièrement pendant la Révolution Culturelle en 1966-76 quand la persécution religieuse a atteint une haute vague tant en Chine qu’au Tibet. Après le soulèvement à la fin des années 1950, des milliers de Tibétains ont été incarcérés. Pendant le Grand bond en avant, la collectivisation obligatoire et l’agriculture de grain ont été imposées à la paysannerie, parfois avec un effet désastreux. À la fin des années 1970, la Chine a commencé à relâcher le contrôle sur le Tibet "et a essayé de réparer certains des dégâts provoqué pendant les deux décennies précédentes." .

 

 

En 1980, le gouvernement chinois a amorcé des réformes censément conçues pour accorder au Tibet un degré plus grand d’autonomie et d’auto-administration. Les Tibétains seraient dès lors autorisé à cultiver des parcelles privées, à vendre leurs surplus de moisson, à décider eux-mêmes quel produit cultiver et à garder des yaks et des moutons. La communication avec le monde extérieur était de nouveau permise et les contrôles aux frontières furent facilités pour permettre aux Tibétains de visiter des parents exilés en Inde et au Népal.

 

 

Dans les années 1990, les Hans, le plus grand groupe ethnique comprenant plus de 95 pour cent de la population énorme de la Chine, ont commencé à se déplacer en nombre substantiel au Tibet et dans diverses provinces occidentales.

 

Dans les rues de Lhassa et de Shigatse, les signes de la prééminence han sont aisément visibles. Les Chinois dirigent les usines et beaucoup des magasins et des stands de vente. De grands immeubles de bureaux et de grands centres commerciaux ont été construits avec des fonds qui auraient été mieux dépensés pour des usines de traitement d’eau et des logements.

 

 

Les cadres chinois au Tibet ont souvent considéré leurs voisins tibétains comme arriérés et paresseux, ayant besoin d’un développement économique et d’une "éducation patriotique". Pendant les années 1990, des employés du gouvernement tibétain soupçonnés d’entretenir des sympathies nationalistes ont été licenciés et des campagnes ont été lancées pour discréditer le Dalaï-lama. Des Tibétains ont, selon certaines sources, été arrêtés, emprisonnés et soumis au travail obligatoire pour avoir mené des activités séparatistes et s’être engagé dans "la subversion" politique. Certaines des personnes appréhendées ont été retenues en détention administrative sans eau et alimentation adéquates, sans couvertures, sujettes à des menaces, des coups et d’autres mauvais traitements.

 

 

Les règlements de planning familial chinois permettent une limite de trois enfants par familles tibétaines. (Pendant des années, les familles hans étaient soumises à la limite de l’enfant unique) Si un couple dépasse la limite, les enfants en excès peuvent être interdits d’accès à la garderie subventionnée, aux services médicaux, au logement et à l’éducation. Ces pénalités ont été appliquées de manière irrégulière et varièrent selon le district. Par ailleurs, l’histoire, la culture et la religion tibétaines sont négligées dans les écoles. Les matériels pédagogiques, quoique traduits en tibétain, se concentrent sur l’histoire et la culture chinoises.

 

 

Les élites, les émigrés et la C.I.A.

 

Pour les lamas et les seigneurs riches, l’intervention communiste était une calamité. La plupart d’entre eux se sont enfuis à l’étranger, ainsi fît le Dalaï-lama lui-même, qui a été aidé dans sa fuite par la C.I.A. Certains ont découvert avec horreur qu’ils devraient travailler pour vivre. Pourtant, pendant les années 1960, la communauté tibétaine en exil a secrètement empoché 1,7 millions de $ par an provenant de la C.I.A. selon des documents rendus publics par le Département d’Etat en 1998 . Une fois que ce fait a été rendu public, l’organisation du Dalaï-lama lui-même a publié une déclaration admettant qu’il avait reçu des millions de dollars de la C.I.A. pendant les années 1960 pour envoyer des escadrons armés d’exilés au Tibet pour saper la révolution maoïste. Le revenu annuel du Dalaï-lama dispensé par le C.I.A. était de 186.000 $. Les services secrets indiens l’ont aussi financé ainsi que d’autres exilés tibétains. Il a refusé de dire si lui ou ses frères travaillaient pour la C.I.A. L’agence s’est aussi abstenue de faire des commentaires.

 

 

En 1995, le News & Observer de Raleigh en Caroline du Nord, a publié en couverture une photographie couleur montrant le Dalaï-lama recevant l’accolade du sénateur Républicain réactionnaire Jesse Helms, sous le titre "le Bouddhiste fascine le Héros des droits religieux".

 

En avril 1999, avec Margareth Thatcher, le Pape Jean Paul II et George Bush premier, le Dalaï-lama a lancé un appel au gouvernement britannique afin qu’il libère Augusto Pinochet, l’ancien dictateur fasciste du Chili et un client de longue date de la C.I.A. et qui avait été appréhendé alors qu’il était en visite en Angleterre. Il a vivement recommandé que Pinochet ne soit pas forcé d’aller en Espagne où il était requis par un juge espagnol pour passer en justice pour des crimes contre l’humanité. Aujourd’hui, surtout via la National Endowment for Democracy (NED) et d’autres canaux qui sonnent plus respectablement que la C.I.A., le Congrès US continue d’allouer 2 millions de $ par an aux Tibétains en Inde, plus quelques millions complémentaires pour "des activités démocratiques" dans la communauté d’exil tibétaine. Le Dalaï-lama obtient aussi de l’argent du financier George Soros, qui dirige Radio Free Europe/Radio Liberty, la radio créée par la C.I.A., ainsi que d’autres instituts.

La question de la culture

 

On nous a dit que quand le Dalaï-lama gouvernait le Tibet, le peuple vivait dans une symbiose satisfaisante et tranquille avec leurs seigneurs monastiques et séculiers, selon un ordre social fondé sur une culture profondément spirituelle et non violente inspirée par des enseignements religieux humains et pacifiques. La culture religieuse tibétaine était le ciment social et le baume réconfortant qui maintenaient les lamas riches et les paysans pauvres liés spirituellement et … pour soutenir ces prosélytes qui considèrent le vieux Tibet comme un modèle de pureté culturelle, un paradis terrestre.

 

 

On peut se rappeler les images idéalisées de l’Europe féodale présentées par des catholiques conservateurs contemporains comme G. K. Chesterton et Hilaire Belloc. Pour eux, la chrétienté médiévale était un monde de paysans satisfaits vivant dans un lien spirituel profond avec leur Église, sous la protection de leurs seigneurs. A nouveau, nous sommes invités à accepter une culture particulière selon ses propres canons, qui signifie l’accepter tel qu’elle est présentée par sa classe privilégiée, par ceux du sommet qui en ont profité le plus. L’image du Shangri-La du Tibet n’a pas plus de ressemblance avec la réalité historique que ne l’a l’image idéalisée de l’Europe médiévale.

 

 

Quand il est vu dans toute son effroyable réalité, le vieux Tibet confirme que la culture n’est absolument pas neutre. La culture peut faire office de couverture de légitimation à une foule de graves injustices, bénéficiant à une portion de la population d’une société au grave détriment d’autres segments de cette population. Dans le Tibet théocratique, les intérêts dominants manipulaient la culture traditionnelle pour consolider leur richesse et leur pouvoir. La théocratie assimilait les pensées et les actions rebelles à des influences sataniques. Elle propageait la supposition générale de la supériorité du seigneur et de l’infériorité du paysan. Le riche était représenté comme méritant sa belle vie et le pauvre comme méritant sa misérable existence, le tout codifié en enseignements à propos de la succession karmique des vertus et des vices issus de vies passées et présenté comme l’expression de la volonté de Dieu.

 

Il pourrait être dit que nous, citoyens du monde laïc moderne, ne pouvons pas saisir les équations du bonheur et de la douleur, le contentement et la coutume qui caractérisent des sociétés plus traditionnellement spirituelles. Cela peut être vrai et cela peut expliquer pourquoi certains d’entre nous idéalisent de telles sociétés. Mais tout de même, un œil énucléé est un œil énucléé, une flagellation est une flagellation, et l’exploitation oppressante des serfs et des esclaves est toujours une injustice de classe brutale quels que soient ses emballages culturels. Il y a une différence entre un lien spirituel et un esclavage humain, même quand tous les deux existent côte à côte.

 

 

Bon nombre de Tibétains ordinaires souhaitent le retour du Dalaï-lama dans leur pays mais il apparaît que relativement peu souhaite un retour à l’ordre ancien qu’il représente. Une histoire publiée en 1999 dans le "Washington Post" note qu’il continue à être révéré au Tibet, mais peu de Tibétains accueilleraient un retour des clans aristocratiques corrompus qui se sont enfuis avec lui en 1959, et cela comprend la plus grande partie de ses conseillers.

 

 

Beaucoup de fermiers tibétains, par exemple, n’ont aucun intérêt à recéder la terre qu’ils ont gagnée pendant la réforme agraire que la Chine a imposée aux clans. Les anciens esclaves du Tibet disent qu’ils, eux aussi, ne veulent pas que leurs anciens maîtres reviennent au pouvoir.

 

 

"J’ai déjà vécu cette vie une fois auparavant", a dit Wangchuk, un ancien esclave de 67 ans qui portait ses meilleurs vêtements pour son pèlerinage annuel vers Shigatse, un des sites les plus saints du Bouddhisme tibétain. Il a dit qu’il vénérait le Dalaï-lama, mais a ajouté, "je ne peux pas être libre sous le communisme chinois, mais je suis dans de meilleures conditions que quand j’étais un esclave."

 

 

Kim Lewis qui a étudié les méthodes de guérison avec un moine bouddhiste à Berkeley en Californie a eu l’occasion de parler longuement avec plus d’une dizaine de femmes tibétaines qui vivaient dans le bâtiment du moine. Quand elle demanda comment elles se sentaient à l’idée de retourner dans leur pays d’origine, le sentiment était unanimement négatif.

 

 

Au début, Lewis pensait que leur répugnance avait un rapport avec l’occupation chinoise mais elles l’informèrent vite qu’il en était tout autrement. Elles dirent qu’elles étaient extrêmement reconnaissante "de ne pas avoir du se marier à 4 ou 5 hommes, de ne pas devoir être enceinte presque tout le temps", ou de devoir supporter des maladies sexuellement transmissibles contractées par un mari errant. Les plus jeunes femmes "étaient enchantées de recevoir une éducation et ne voulaient absolument rien à voir avec une quelconque religion, et se demandaient pourquoi les Américains étaient si naïfs".

 

Elles racontèrent les histoires des épreuves de leur grand-mère avec des moines qui les utilisaient comme "épouses de sagesse", leur disant "qu’elles gagneraient énormément de mérites en fournissant les ‘moyens de l’éblouissement’ – après tout, Buddha avait besoin d’être avec une femme pour atteindre l’illumination".

 

 

Les femmes interviewées par Lewis parlèrent avec amertume au sujet de la confiscation de leurs jeunes garçons par les monastères au Tibet. Quand un enfant criait après sa mère, il lui était dit "Pourquoi la réclames-tu, elle t’a abandonné – elle est juste une femme." Parmi les autres problèmes, il y avait notamment "l’homosexualité endémique dans la secte Gelugpa. Tout n’était pas parfait au Shangri-la", opine Lewis."

 

 

Les moines qui ont obtenu l’asile politique en Californie ont fait une demande pour obtenir la sécurité sociale. Lewis, elle-même une partisane pendant un temps, les a aidé pour les documents administratifs. Elle observe qu’ils continuent à recevoir des chèques de la sécurité sociale d’un montant de 550 à 700 dollars par mois avec Medicare et MediCal. En plus, les moines résident sans payer de loyer dans d’agréables appartements équipés. "Ils ne paient aucune charge, ils ont l’accès gratuit à internet avec des ordinateurs mis à leur disposition, ainsi que des fax, des téléphones fixes et portables et la télévision câblée." En plus, ils reçoivent un traitement mensuel de leur ordre. Et le centre dharma prend une collection spéciale de ses membres (tous américains), distinct de leurs devoirs de membres. Certains membres effectuent avec passion les tâches ménagères pour les moines, notamment les courses chez l’épicier, l’entretien de leurs appartements et leurs toilettes. Ces même saints hommes "ne voient aucun problème à critiquer l’obsession des Américains pour les choses matérielles".

 

 

Soutenir le renversement de la vieille théocratie féodale par la Chine ne signifie pas applaudir à tout ce que fait l’autorité chinoise au Tibet. Ce point est rarement compris par les adhérents du Shangri-La aujourd’hui à l’Ouest.

 

 

L’inverse est aussi vrai. Dénoncer l’occupation chinoise ne signifie pas que nous devons idéaliser l’ancien régime féodal. Une complainte commune parmi les prosélytes bouddhistes à l’Ouest est que la culture religieuse du Tibet est sapée par l’occupation. Cela semble vraiment être le cas. Nombre de monastères sont fermés et la théocratie est passée dans l’histoire. Ce que je mets en doute ici est la nature soi-disant admirable et essentiellement spirituelle de cette culture d’avant l’invasion. En bref, nous pouvons préconiser la liberté religieuse et l’indépendance pour le Tibet sans devoir embrasser la mythologie d’un Paradis Perdu.

 

 

Finalement, il devrait être noté que la critique posée ici ne doit pas être considérée comme une attaque personnelle contre le Dalaï-lama. Quel que soit ses associations passées avec la C.I.A. et certains réactionnaires, il parle souvent de paix, d’amour et de non-violence. Et il ne peut lui-même être réellement blâmé pour les abus de l’ancien régime, n’ayant que 15 ans quand il s’enfuit en exil. En 1994, dans une interview avec Melvyn Goldstein, il dit en privé qu’il était depuis sa jeunesse en faveur de la construction d’écoles, "de machines" et de routes dans son pays. Il prétend qu’il pensait que la corvée (travail forcé non payé d’un serf au profit du seigneur) et certains impôts imposés aux paysans étaient "extrêmement mauvais". Et il n’aimait pas la façon dont les gens étaient surchargés avec des vieilles dettes parfois transmises de génération en génération. En outre, il propose maintenant la démocratie pour le Tibet, caractérisée par une constitution écrite, une assemblée représentative et d’autres attributs démocratiques essentiels.

 

 

 

En 1996, le Dalaï-lama a fait un communiqué qui a du avoir un effet dérangeant dans la communauté en exil. Il dit en partie ceci : De toutes les théories économiques modernes, le système économique marxiste est fondé sur des principes moraux, tandis que le capitalisme n’est fondé que sur le gain et la rentabilité. Le marxisme est basé sur la distribution de la richesse sur une base égale et sur l’utilisation équitable des moyens de production. Il est aussi concerné par le destin des travailleurs - qui sont la majorité - aussi bien que par le destin d’entre ceux qui sont défavorisés et dans le besoin, et le marxisme se soucie des victimes de minorités exploitées. Pour ces raisons, le système m’interpelle et il semble juste ... Je me considère moi-même comme demi-marxiste et demi-bouddhiste.

 

 

Et plus récemment, en 2001, en visitant la Californie, il a fait remarquer que "le Tibet, matériellement, est très, très en arrière. Spirituellement, il est tout assez riche. Mais la spiritualité ne peut pas remplir nos estomacs." Voici un message qui devrait être pris en compte par les prosélytes bouddhistes bien alimentés en Occident qui dissertent avec nostalgie sur le vieux Tibet.

 

 

Ce que j’ai essayé de défier, ce sont le mythe du Tibet, l’image du Paradis perdu d’un ordre social qui, en fait, n’était rien de plus qu’une théocratie rétrograde de servage et de pauvreté, où une minorité privilégiée vivait richement et puissamment au prix du sang, de la sueur et des larmes de la majorité. On est loin du Shangri-la.


Michael Parenti

 

                                       Source: Le cri du Peuple 1871

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