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CHANTS REVOLUTIONNAIRES

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31 juillet 2017 1 31 /07 /juillet /2017 16:28

 

 

 
Météo : Une longue et étouffante vague de chaleur sur la Corse
 
Rédigé par Michela Vanti le Lundi 31 Juillet 2017 à 15:54 | Modifié le Lundi 31 Juillet 2017 - 17:20

 

image: http://www.corsenetinfos.corsica/photo/art/grande/16190961-21114215.jpg?v=1501509747

image: http://www.corsenetinfos.corsica/photo/art/default/16190961-21114215.jpg?v=1501509797

Météo : Une longue et étouffante vague de chaleur sur la Corse

Prévoyez de vous habiller léger ! La vague de chaleur qui a commencé à affecter la Corse du Sud aujourd’hui, va s'étendre à la totalité de l’île en s'intensifiant jusqu'à prendre les critères de canicule et en persistant dans le temps. Un épisode de forte chaleur est attendu à partir de mardi sur une bonne partie de la France, prévient Météo France et la Corse n’en sera pas épargnée.  

"Dès le matin, les températures minimales seront comprises entre 21 et 25°C et les maximales pourront dépasser les 40 degrés en Haute-Corse." - explique l'institut météorologique ce lundi. 
Même si la durée de cette vague de chaleur n'est pas encore vraiment connue elle pourrait être exceptionnelle tant en intensité qu'en durée :  la barre des 40° sera probablement dépassée pendant plusieurs jours et ces températures, de 4/6 degrés au-dessus des moyennes de saison, sont attendues jusque vers le 8, 9 aout.

Face à ces températures élevées, l'Agence régionale de la Santé et les préfectures de Corse du sud et de la Haute-Corse rappellent ont activé le niveau de vigilance jaune et rappellent les gestes primordiaux à adopter dans ce contexte. Notamment de prévoir une hydratation suffisante, de se rafraîchir régulièrement et d’éviter de s'exposer trop longtemps au soleil surtout dans les heures les plus chaudes de la journée. 


En savoir plus sur http://www.corsenetinfos.corsica/Meteo-Une-longue-et-etouffante-vague-de-chaleur-sur-la-Corse_a28622.html#LCy7pY6hmYZkAKyA.99
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31 juillet 2017 1 31 /07 /juillet /2017 14:25

Voilà. Il voulait juste agresser un "Maghrébin". Alors, il l'a lardé de coups de couteau. Comme ça. Parce que cet homme passait par là, et que c'était un "Maghrébin". Non, non. Ce n'est pas une affaire de religion, a-t-il dit.

La victime est gravement blessée. Elle devrait s'en sortir, parce que les secours sont rapidement intervenus. Et juste un détail. Elle n'est pas d'origine "maghrébine".

Ce dimanche 30 juillet, les deux agresseurs présumés d'un homme victime de coups de couteau ont été déférés au parquet de Montauban, à l’issue de leur…
ladepeche.fr
 
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31 juillet 2017 1 31 /07 /juillet /2017 14:00

A Corsica in cumunu/La Corse en commun
Contribution du PCF à l’élaboration d’une plateforme commune pour les territoriales de
2017 entre la FI et PCF

La séquence électorale de la présidentielle et des législatives a bouleversé le paysage politique.
Une phase politique nouvelle s’ouvre. Le rejet profond de la société actuelle révèle un immense besoin
de changement de politique et la nécessité d’un déverrouillage démocratique ouvrant sur une 6ème
République.
Le présidentialisme renforcé par l’inversion du calendrier électoral et le quinquennat a une fois
de plus montré ses limites antidémocratiques avec l’élection par défaut du président de la République
suivie d’une abstention record aux législatives et l’élection de 360 députés de la majorité
présidentielle.
C’est de cette façon le courant néolibéral, hors clivage droite gauche, est devenu dominant. Son
projet politique mêle austérité et reculs sociaux dans la continuité et l’approfondissement des choix
désastreux de la mandature précédente. Les dirigeants de l’Union européenne ont salué les bons
résultats de la République en Marche (LREM) et insisté pour que soient engagées les réformes de la
fiscalité et du marché de l’emploi considéré comme le « principal point de blocage en France… »
Le passage en force est dans l’ADN de cette majorité présidentielle néolibérale qui a adopté la
loi d’habilitation des ordonnances permettant la casse du code du travail et d’autres mesures
antisociales. Le parlement, réduit en chambre d’enregistrement en a débattu au mois de juillet.
L’adoption en conseil des ministres interviendra fin septembre.
Cette charge contre les droits sociaux et démocratiques, inspirée par le MEDEF
impactera d’autant plus la Corse que la précarité, les bas salaires et le non respect du droit du
travail y sont déjà très prononcés.
Les forces populaires, les travailleurs doivent se rassembler pour riposter à ce qui se profile :
hausse de la CSG, réduction révélatrice de l’APL, réduction des dotations budgétaires aux collectivités
locales (13 milliards d’euros), suppression de 120 000 emplois dans la fonction publique, mise en
oeuvre des « pactes girondins » aggravant la concurrence des territoires et se substituant à la solidarité
nationale.
Le respect des critères européens et austéritaires de convergence budgétaire impose une
réduction globale de 80 milliards sur la dépense publique au détriment des services publics et de
l’amélioration des conditions de vie des populations.
Le combat des députés du PCF et de la FI est un point d’appui pour les mobilisations
sociales et politiques qu’il faut opposer à cette politique exclusivement favorable aux forces de
l’argent.
Les élections territoriales des 3 et 10 décembre 2017 vont se dérouler dans ce contexte où la
riposte doit prendre corps et s’exprimer y compris dans les urnes pour résonner ensuite dans
l’hémicycle de la future collectivité unique. C’est la volonté que nous affirmons dans le prolongement
de l’action, résolue et constante, des élus communistes et citoyens du Front de gauche à l’Assemblée
de Corse en réponse aux fortes attentes sociales et populaires.
L’urgence sociale est la principale caractéristique d’une situation marquée par l’aggravation
constante des inégalités, la précarité, la pauvreté et le chômage. Les chiffres sont éloquents : 22 000
chômeurs ; 55 000 personnes sous le seuil de pauvreté ; le taux de pauvreté le plus élevé des régions
métropolitaines ; les ménages les plus aisées ont des revenus 3.8 fois supérieurs à ceux des ménages
les plus modestes ; un revenu médian qui situe la Corse au dernier rang des régions métropolitaines.
2
Cette situation découle des politiques d'austérité des gouvernements successifs mais aussi de
choix politiques privilégiant un modèle économique déséquilibré par la promotion quasi exclusive de
l’économie du tourisme durant 30 ans. Le patronat insulaire y a fait son profit : en témoigne le poids
financier du consortium repreneur de la SNCM, 1 milliard d'euros de chiffre d’affaire.
L’hégémonie de ce cartel d'entreprises qui se taille la part du lion avant de laisser aux TPE les
quelques miettes restantes, pèse sur toute l’économie de la Corse et ne peut que produire des effets
négatifs sur les conditions d’emploi et de salaires des travailleurs insulaires à fortiori dans le cadre des
lois « travail » 1 et 2.
S’attaquer, ou pas, à cette domination sur la société est un enjeu central pour réorienter
l’utilisation de l’argent public dans l’intérêt général et gagner en transparence. On sait que 194 M€ de
réfaction de TVA ne bénéficient pas aux consommateurs aux ménages populaires qui voient leur
pouvoir d’achat amputé d‘autant. En même temps les entreprises insulaires disposent chaque année de
90 M€ d’aides à travers différents dispositifs d’allégements de fiscalité et de cotisations sociales ou de
prêts bancaires à taux bonifiés.
Voilà des enjeux autour desquels s’opèrent la recomposition politique et l’émergence
d’une force centriste de gouvernement.
C’est vrai en Corse avec l’accession au pouvoir régional des nationalistes ; c’est aussi vrai au
plan national. Les fondements de la gauche ont été fragilisés et dénaturés dans un glissement à droite
favorable aux exigences du MEDEF. La composition du gouvernement Philippe en fait la
démonstration.
L’emploi, le droit du travail, l’organisation administrative et institutionnelle de la République
sont remodelés en conséquence. Sans entrer dans le détail des lois Macron et NOTRe, nous pouvons,
dans les grandes lignes, en vérifier la finalité. Elles consistent essentiellement à réduire la dépense
publique utile aux populations pour en faire profiter l’entreprise au sens patronal des choses. Un
chiffre significatif : sur 10 emplois créés actuellement, 9 sont des CDD.
Le travailleur est plus que jamais la variable d’ajustement du profit. La prétendue modernité de
cette politique renvoie en définitive à des conditions d’exploitation digne d’une époque ou il était
taillable et corvéable à merci. Tout y passe : durée hebdomadaire du travail, salaires, protection
sociale, santé, retraite....
Les services publics sont démantelés, la libre concurrence tourne à plein régime déloyal et low
cost. Cela conduit également à un recul préoccupant dans l’Education, la formation, la culture... alors
que les dotations aux collectivités subissent des réductions phénoménales. Inversement les 25
premières sociétés cotées au CAC 40 distribuent des dizaines de milliards d’euros de dividendes à
leurs actionnaires.
Beaucoup s'interrogent sur ce qu'est la gauche aujourd'hui et pas uniquement la gauche
gouvernementale. La recomposition politique prend ainsi sa place plus par défaut que par adhésion à la
politique d’austérité dans un climat incertain de grande confusion idéologique ou les repères
s’estompent. Toute la gauche est concernée.
Quand la gauche ne parle plus aux personnes qui vivent dans la difficulté et la souffrance, elle
ne leur permet plus de se projeter vers une autre vie ; elle ne peut que se condamner elle même.
L'austérité, ne fait pas que casser les existences et les territoires, elle est aussi dévoreuse d’utopie. Rien
n’est plus fragile que l’espoir… Voilà pourquoi nous proposons de sortir de cette impasse, en fondant
notre démarche sur la réalité, elle-même complexe, du paysage politique et du contexte qui sont les
nôtres.
Ici comme dans tout le pays, les préoccupations sont d’abord sociales et la réponse ne peut
être amputée d’une des deux dimensions, nationale et régionale, qu’elle implique.
3
Pour empêcher les Corses de situer les responsabilités, un rideau de fumée est dressé avec la
réforme institutionnelle en jouant du populisme et du poujadisme transformés en colère identitaire, non
contre l'austérité mais contre la France pour les dirigeants nationalistes, ou contre l'Etat pour ceux de la
gauche sociale démocrate et la droite.
Les scrutins précédents permettent de tirer plusieurs enseignements, de voir les contradictions
et les obstacles mais aussi les possibilités et les encouragements à engager une démarche
antiaustéritaire s’attaquant aux « prédateurs » du pouvoir d’achat des ménages et aux stratégies
opaques de recomposition politique pour la conquête ou le partage du pouvoir régional.
La « nouvelle génération » de dirigeants politiques qui affiche cette volonté, nous l’avons vu à
Bastia, est prête à faire des alliances sans principe qui entretiennent la confusion politique en
stigmatisant les partis politiques et en répudiant le clivage droite gauche. Au mieux, dans cette
démarche, il y aurait trois blocs un de droite, un nationaliste, un de gauche, tous traversés par
différentes sensibilités, lesquelles se déchirent moins sur des options politiques que sur le choix de
leurs leaders.
C’est ce à quoi nous assistons élection après élection. Ces affrontements ne se résument pas à la
seule opposition rurale urbaine, elle est aussi la confirmation d’une volonté de s’inscrire dans l’option
de recomposition ouverte à Bastia aux municipales et confirmée depuis à chaque scrutin.
La trame de ces manoeuvres, c’est effectivement la priorité donnée à la réforme
institutionnelle et à la spécificité identitaire au détriment de la question sociale.
Notre analyse demeure donc et nous n’évacuerons pas nos votes contre les délibérations de
l’Assemblée de Corse relatives au statut de résident, au statut fiscal (muet sur les détournements de
réfactions de TVA ou les exonérations de droits sur la transmission des gros patrimoines) ou à la
collectivité unique.
A ces choix s’ajoutent la déspécialisation de la dotation de continuité territoriale et la création
d’une zone franche rurale acceptées par le gouvernement Valls Hollande, la volonté d’adaptation de la
laïcité et le questionnaire aux enfants scolarisés. Cette analyse nous a conduit à voter contre la
traduction budgétaire de cette politique et à ne pas signer, contrairement à l’ensemble des autres
groupes de l’Assemblée de Corse, le protocole d’accord préalable au vote du budget 2016 de la CTC.
Voilà pourquoi nous ne faiblirons pas dans l’exigence de rompre à tous les niveaux avec la
politique d’austérité et le refus d’une nouvelle réforme institutionnelle, dont la finalité - au bénéfice
d’une mention de la Corse dans la Constitution – serait la dérogation permanente à la loi ou au
règlement et le fédéralisme européen sous couvert de « pacte girondin ».
Globalement ce sont les principes républicains et la solidarité nationale qui sont attaquées
au détriment des intérêts des plus modestes.
Dans ce contexte politique et social, nous lançons un appel aux forces de gauche, aux acteurs et
actrices du mouvement social, associatif, culturel, sportif, aux citoyens et citoyennes qui veulent
résister aux politiques d’austérité et à ces choix, avec la volonté de porter ensemble dans l’hémicycle
de la collectivité unique une politique de gauche offensive.
Les élections territoriales des 6 et 13 décembre seront cruciales.
Leur enjeu majeur se pose au regard de la situation politique, économique et sociale à la fois en
Corse et dans le pays comme en Europe :
 -soit la Collectivité de Corse (CC) oriente sa politique dans le sens de la solidarité nationale, de
l’égalité, du progrès social de la transition écologique ;
 -soit elle s’enfonce dans l’adaptation à l’austérité et la soumission à la logique libérale low cost,
facteur d’aggravation des fractures sociale et territoriale, de la dégradation environnementale.
4
Pour ce qui nous concerne nous nous inscrivons dans la première option. Il s’agit de construire
une issue de gauche à la crise et de proposer une alternative à la politique d’austérité qui ferme toute
perspective de changement et anéantit tout espoir.
Notre ambition est d’oeuvrer avec les forces disponibles à la construction d’un projet
refusant la voie libérale et au rassemblement d’une gauche citoyenne, solidaire et écologique.
Cette résistance citoyenne à la régression sociale, à la cherté de la vie, aux bas salaires, à la
pénurie de logements sociaux, à la précarité et à la pauvreté, nous proposons de l’articuler autour de 6
axes politiques :
1. Contre l’austérité et la régression sociale.
Dans le cadre d'une réforme fiscale, fondée sur la justice sociale, nous proposons de :
 -créer une ressource fiscale assise sur la contribution des profits des multinationales répartie par
péréquation nationale pour un développement économique et social harmonieux dans chaque
région ;
 -élaborer le budget de la Collectivité de Corse avec les acteurs locaux (associations, syndicats,
élus, citoyens) ;
 -faire la transparence sur les détournements des dispositifs fiscaux spécifiques, réfactions de
TVA et Taxe de transport, afin qu’ils bénéficient aux consommateurs et aux usagers ;
 -instaurer une contribution sur la transmission des gros patrimoines insulaires pour alimenter un
fonds destiné au logement social géré par l’OFC ;
 -lutter contre la cherté de la vie rétablir le franco de port et le respect des principes de la
continuité territoriale ;
 -lever le gel des dotations de l’Etat ;
2. Pour l'emploi.
Nous préconisons de développer les services publics et d’établir des critères économiques et
sociaux d’efficacité dans l’usage des fonds publics mis à disposition des entreprises (90M€ par an)
pour :
 -créer des emplois stables correctement rémunérés
 -promouvoir la formation professionnelle et le dialogue social
 -développer l’économie sociale et solidaire.
 -donner tout son sens à la lutte contre la précarité
3. Contre les discriminations
La priorité sera donnée à l’égalité des droits à travers l’élaboration d’une charte permettant :
 -d’agir pour l’égalité des droits hommes-femmes,
 -de lutter contre toutes les formes de racisme,
 -de combattre les discriminations, d'ordre sexuel, ethnique, religieux ou liées au handicap
4. L'aménagement du territoire, le logement social, la santé et la transition écologique.
Il s’agit de porter une logique de développement pour :
 -lutter contre les inégalités territoriales
 -renforcer la politique en faveur des transports collectifs intégrant la poursuite des
investissements sur le réseau ferré
5
 -défendre la continuité territoriale de service public aérienne et maritime contre la concurrence
déloyale des low cost et la déréglementation européenne
 -préserver les opérateurs historiques CMN et CL Air Corsica et Air France sur la desserte
publique
 -mobiliser les excédents et les reliquats de la dotation de continuité territoriale en priorité sur la
baisse des tarifs
 -réaliser un parc locatif public pour l’accès au logement
 -mettre en place un fonds d’intervention régional unique pour rééquilibrer l’économie et
soutenir de la manière la plus appropriée l’industrie, l’agriculture et le tourisme,
 -créer de l’emploi stable bien rémunérer
 -mobiliser tous les moyens de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE)
 -promouvoir les énergies renouvelables et réaliser l’alimentation en Gaz des centrales
thermiques de Lucciana et du Vazzio
 -obtenir un plan exceptionnel d’investissement (PEI) santé
 -développer une politique écologique de traitement des déchets
 -respecter l’environnement
5. L’éducation, la formation et la culture au coeur du projet régional.
En ce sens nous voulons :
 -renforcer l’action en faveur des lycées de la formation professionnelle et de l'apprentissage
 -favoriser l’épanouissement de la langue et de la culture corses
 -favoriser la culture en Corse
 -soutenir l’emploi et la formation artistique et culturelle
 -organiser une conférence régionale de l’art, de la culture et de l’éducation populaire
6. La démocratie comme but et moyen.
Il s’agit d’offrir aux citoyens la possibilité de :
 -se prononcer dans l’immédiat par référendum sur la Collectivité unique
 -participer à la définition des choix, des actions et à leur mise en oeuvre
 -créer un observatoire des marchés publics et un contrôle de l’utilisation des fonds publics
 -constituer un droit à l’interpellation citoyenne sur des sujets d’intérêt régional
 -faire de la CC une collectivité de la coopération et de la solidarité
 -engager les travaux pour une nouvelle Constitution posant les fondations d’une 6ème
République solidaire et démocratique respectueuse de la souveraineté du peuple
A partir du bilan des élu(e)s communistes et citoyens du Front de gauche, de ces
propositions et de celles qui pourront s’y ajouter, dans le débat et l’échange citoyen que nous
souhaitons le plus large, nous voulons faire grandir une dynamique de rassemblement et un
espoir à gauche pour la Corse.

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31 juillet 2017 1 31 /07 /juillet /2017 13:19
   RREMUE-MENINGES:Robespierre, le grand mensong:
Robespierre, le grand mensonge

Jean-Clément Martin ©Charles Crié/CCAS

Selon l’interprétation traditionnelle, Robespierre reste l’incarnation sanglante, redoutable et redoutée de la Révolution française. Dans « Robespierre, la fabrication d’un monstre », Jean-Clément Martin, ancien directeur de l’Institut d’histoire de la Révolution française, professeur émérite à l’université Paris-1 Panthéon-Sorbonne, démolit l’image caricaturale du tyran, savamment façonnée, selon lui, immédiatement après sa mort. L’historien y dévoile un personnage plus nuancé, discret, complexe et souvent indécis, en proie à une situation politique chaotique à laquelle il s’adapte plus qu’il ne la provoque.

 

Qui était le jeune Maximilien ?

Maximilien est un enfant de son temps. Issu d’une famille de la petite bourgeoisie de droit et de commerce, il perd sa mère très tôt et son père quitte rapidement le foyer. Cet épisode est toujours mentionné concernant Robespierre ; or c’est le lot de nombreux enfants à cette époque. Malgré tout, le jeune Maximilien bénéficie d’un bon encadrement familial et surtout d’un soutien clérical important : l’évêque d’Arras l’envoie étudier au lycée Louis-le-Grand, à Paris. C’est certes la reconnaissance de ses qualités intellectuelles mais cela n’a rien d’exceptionnel. Chaque année, 200 à 300 enfants – les plus doués – sont sélectionnés dans toute la France puis aidés pour faire leurs études.

Élève studieux, Robespierre devient avocat à 21 ans. Il retourne à Arras prendre la succession de son père. Il y mène une carrière académique de jeune roturier. Sa jeunesse n’a sans doute pas été facile mais pas aussi dramatique que beaucoup l’ont affirmé. Il n’y a donc pas à chercher dans son enfance une quelconque revanche à prendre.

Quelle est la ligne politique de Robespierre ?

Dès 1790, Robespierre apparaît à l’Assemblée constituante comme le représentant du peuple parce qu’il y défend le droit de vote au suffrage universel. Il acquiert une réelle notoriété, une vraie reconnaissance en juillet 1791. Contrairement à la majorité des députés, il soutient la grande manifestation populaire parisienne réclamant la destitution du roi après sa fuite. Robespierre rompt alors avec les Jacobins (qui deviendront les Feuillants), entre en dissidence et crée le club des Jacobins. Les faits lui donneront raison : le testament du roi, prouvant qu’il était hostile à la révolution, est retrouvé trois mois plus tard.

Robespierre vise à établir une société dans laquelle les citoyens, égaux et responsables, auraient le droit de se rebeller contre un État despote. C’est indiscutablement sa marque.

À l’Assemblée, Maximilien s’impose comme un fervent opposant à la royauté, proche des sans-culottes parisiens. Si cette position affirmée lui assure sa popularité, elle ne lui donne pas pour autant une fonction centrale, ni un rôle politique important. Élu à la Convention en août 1792, il défend la réduction des inégalités, prend position contre la traite des Noirs, mais refuse en revanche de soutenir les citoyennes révolutionnaires républicaines qui revendiquent l’égalité femme-homme. Robespierre est extrêmement attaché à la justice et à la loi. C’est une priorité absolue car il estime que c’est par elles que la société pourra être changée, politiquement, moralement et économiquement.

Il se consacre à la réforme des lois en 1793 et rédige les bases de la Constitution dite montagnarde, adoptée en juin 1793. Il considère que le salut de l’État, de la révolution est supérieur aux intérêts des groupes. Robespierre vise à établir une société dans laquelle les citoyens, égaux et responsables, auraient le droit de se rebeller contre un État despote. C’est indiscutablement sa marque.

Maximilien Robespierre : buste en terre cuite de Claude-André Deseine, 1971. Exposé au château de Vizille (Isère). ©Wikimedia commons

Quelles sont les circonstances qui l’ont fait chuter ?

C’est la crainte de sa puissance, réelle ou fantasmée, de la concentration des pouvoirs de police et de justice autour de lui. Au printemps 1794, Robespierre est très populaire dans Paris. Se distinguant des autres révolutionnaires, il donne clairement une unité à cette révolution morale et vertueuse. Il apparaît alors comme le garant de la liberté des cultes. Mais certains députés athées le perçoivent comme un danger. D’une part, tous les pouvoirs parisiens sont dans les mains de ses proches (la mairie, la commune, la Garde nationale…). D’autre part, sa loi du 22 Prairial, une réforme du tribunal révolutionnaire qui en accélère les procédures (en sélectionnant au préalable les accusés), est très controversée et mal interprétée. À l’époque, près de 300 000 personnes sont emprisonnées (sur 27 millions d’habitants). Avec la loi du 22 prairial, seuls les accusés sur lesquels pèsent des présomptions extrêmement graves sont jugés par le tribunal révolutionnaire : c’est l’acquittement ou la mort.

Dès juin-juillet 1794, certains conventionnels conspirent, manipulant clairement l’opinion publique contre lui.

Là encore, contrairement à ce qu’on affirme – il ne faut pas l’oublier – Robespierre vide progressivement les prisons à ce moment-là. Mais les députés redoutent que les comités opérant les sélections préalables soient sous son contrôle. C’est pourquoi, dès juin-juillet 1794, certains conventionnels conspirent, manipulant clairement l’opinion publique contre lui ; ils fomentent des révoltes dans les prisons ; des prisonniers sont envoyés à l’échafaud, et en imputent la responsabilité à Robespierre. Une partie des députés (de la droite à l’extrême gauche) craignent un coup d’État de Robespierre le 10 thermidor (28 juillet), à l’occasion de la grande fête populaire, estimant qu’il a mené la France dans un gouvernement personnel dangereux pour eux. Dès lors, l’opposition se met en place : ils se liguent contre lui. Robespierre est arrêté le 9 thermidor.

Comment la légende du tyran sanguinaire s’est-elle installée ? Et pourquoi a-t-elle perduré ?

Le lendemain de sa mort, le 11 thermidor, tout le monde affirme que Robespierre est un tyran. Un mois après, on l’accuse de tous les maux : traîtrise, répression et surtout instauration ce qu’on va appeler la Terreur. On a bien affaire là à cette invention d’un Robespierre tyran, instigateur de la Terreur, rumeur lancée par Tallien. Lequel Tallien a incontestablement été mêlé aux massacres de septembre 1792. Ça arrange donc tout le monde ! Cela permet à tous ces gens de s’exonérer de leurs propres responsabilités dans les massacres et crimes qu’ils ont réellement commis.

Ce ne sont pas les idées qui gouvernent à ce moment-là, mais les alliances, les tactiques, les compromissions : c’est embêtant ! L’image de la Révolution en prend un coup ; elle est un peu plus grisâtre.

Je l’écris, et le maintiens : selon moi, Robespierre a servi de fusible et de bouc émissaire. On n’en avait plus besoin ! La Révolution française ne peut se comprendre que si l’on admet que ce sont les luttes de clans, de factions et de groupes politiques qui dominent. Entrer dans cette vision fait redescendre tout le monde du piédestal. Ce ne sont pas les idées qui gouvernent à ce moment-là, mais les alliances, les tactiques, les compromissions : c’est embêtant !

L’image de la Révolution en prend un coup ; elle est un peu plus grisâtre. Or, tout le monde a intérêt à prétendre que la Révolution est unifiée, que la faute incombe au seul Robespierre parce qu’ainsi on jette un voile pudique sur les responsabilités de tous. En l’accusant de tous les maux, de la Terreur notamment, cela permet de dire qu’un petit courant a entraîné la révolution là où elle ne devait pas aller, dans des excès qui sont regrettables. On peut ainsi sauver l’esprit révolutionnaire et le principe de la République.

Caricature de Robespierre qui, n’ayant plus personne à exécuter, guillotine le bourreau. (18è siècle) ©Wikimedia commons

Si, ainsi que vous le démontrez, Robespierre n’a pas été le monstre que l’historiographie a voulu voir en lui, qui était-il alors ?

Robespierre n’est pas l’un des meneurs les plus déterminants de l’Assemblée. Il n’est pas au premier plan. Il prononce des discours toujours percutants avec des argumentations théoriques précises très fortes. Il exerce une sorte de magistère moral et juridique ; c’est une référence en matière de droit et de justice. Mais, s’il est porteur d’une parole forte qui marque les esprits, il est rarement suivi par les députés. Prenons l’exemple du procès du roi que Robespierre refuse, considérant que ce dernier s’étant placé lui-même au-dessus des lois il n’a donc pas à être jugé. La grande majorité des députés votera pour la tenue d’un procès. On ne le voit pas intervenir de façon évidente – c’est l’une de ses caractéristiques – mais son rôle politique est tactique. On ne le dira jamais assez : il a par exemple protégé les Girondins et sauvé 73 d’entre eux de la guillotine. Très présent en coulisse dans les relations politiciennes, Robespierre se positionne continuellement dans un jeu d’alliances que l’on ne découvre qu’a posteriori. Ses positions complexes sont en partie liées aux difficultés de l’exercice du pouvoir et aux circonstances.

C’est incontestablement l’un des arbitres essentiels de la Révolution dont la position est à la fois exemplaire et marginale.

Il faut bien comprendre que tous les députés jouent leur tête en permanence. Ils s’adaptent aux conditions qui changent radicalement sans arrêt, et avec des alliances à remodeler en permanence. C’est par la parole et la radicalité de ses démonstrations que Robespierre est écouté. C’est incontestablement l’un des arbitres essentiels de la Révolution dont la position est à la fois exemplaire et marginale. En décembre 1793-janvier 1794, il apparaît comme le seul capable de concilier deux courants opposés : les sans-culottes, partisans de la violence et d’une répression très forte, et les Indulgents (Danton et Desmoulins). Il abandonne les sans-culottes dont il a toujours été proche, au nom du salut de l’État. Il considère en effet que le salut de la Révolution est supérieur à l’intérêt des groupes. Dès lors, Robespierre change de posture et prend réellement la stature d’un homme d’Etat.

 

« Robespierre, la fabrication d’un monstre »,
de Jean-Clément Martin, éd. Perrin, 2016, 400 p., 22,50 euros.

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31 juillet 2017 1 31 /07 /juillet /2017 07:12

 

À Jérusalem, « la guerre de religion » sert de couverture au colonialisme
samedi 29 juillet 2017 par Nur Arafeh

Par Nur Arafeh, article du 3 février 2015, publié le le 25 juillet 2017 sur le site de l’Agence Média Palestine car toujours d’actualité.

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Photo : Mahfouz Abu Turk
Aperçu

Les affrontements croissants entre colons israéliens et Palestiniens de Jérusalem sont les signes avant-coureurs d’une éruption majeure avec des conséquences incalculables. Immédiatement qualifiés de « guerre de religion » par les médias et la droite israélienne, ils sont en fait le résultat de projets israéliens très anciens pour judaïser la ville et la vider de ses habitants palestiniens. Membre politique d’Al-Shabaka, Nur Arafeh analyse les changements majeurs qu’Israël a imposé à Jérusalem et traite de l’abandon effectif par l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP)/Autorité Palestinienne (AP) de la population livrée à elle-même. Elle conclut avec des recommandations politiques à l’OLP/AP, aux universitaires et analystes palestiniens et au mouvement de solidarité internationale [1].

Le mythe de la guerre de religion

Jérusalem s’est retrouvée sous les projecteurs à cause des récents affrontements entre colons israéliens et Palestiniens de la Mosquée Al Aqsa. Également appelée Al Haram al-Sharif ou le Noble Sanctuaire, le complexe comprend Al Aqsa elle même, troisième lieu saint de l’Islam, et le Dôme du Rocher, d’où on dit que le prophète Mohammed est monté au ciel. Les Juifs vénèrent le site parce qu’ils croient que c’était autrefois l’emplacement des anciens temples juifs.

Nombre de Juifs ultra-orthodoxes ont régulièrement violé le statu quo mis en place depuis 1967 en faisant des incursions dans le complexe d’Al-Aqsa et en appelant Israël à construire un troisième temple sur ce qu’ils appellent le Mont du Temple [2]. Une vidéo récemment postée sur YouTube par l’Institut du Temple, qui fait partie du soi-disant Mouvement de Fidélité au Mont du Temple et à la Terre d’Israël, représente un troisième temple qui remplace la Mosquée Al-Aqsa et le Dôme du Rocher

Les récents affrontements entre Palestiniens, colons israéliens, et la police de Jérusalem, ont été émaillés d’horribles agressions comme l’enlèvement et le meurtre en juillet 2014 du jeune Palestinien, Mohammed Abu-Kdheir. Après que Yehuda Glick, personnage clef de l’Institut du Temple et fervent avocat de son projet messianique, ait été soi-disant abattu par un Palestinien, des membres du Mouvement du Mont du Temple ont multiplié les incursions dans la mosquée d’ Al-Aqsa et, le 30 octobre 2014, Israël a interdit, pour la première fois depuis 1967, l’entrée des fidèles dans le complexe. Les tensions à Jérusalem ont atteint leur paroxysme après qu’une attaque menée le 18 novembre 2014 par deux Palestiniens ait tué quatre Juifs et un officier de police druze. Le Nouvel An a commencé avec une mise en garde par le Mufti de Jérusalem contre le projet israélien d’enregistrer la Mosquée Al-Aqsa comme propriété israélienne.

Mais peut-on réellement décrire ceci comme le commencement d’une guerre de religion ? Le conflit politique s’est-il vraiment changé en guerre de croyances ? Selon The Guardian, « C’est à cela que ressemble une guerre de religion ». Un commentateur palestinien d’Al-Hiwar a approuvé. Le député à la Knesset Moshe Feiglin est même allé plus loin en la décrivant comme un combat mondial « contre les forces du mal et l’islam le plus extrême ». Pire, le Mouvement du Mont du Temple inverse la réalité en proclamant que l’un de ses objectifs sur le long terme est de « libérer le Mont du Temple de l’occupation arabe [islamique] », décrivant ainsi les colonisateurs comme des colonisés.

Pourtant, la présentation de ces événements comme une guerre de religion non seulement ignore la réalité du déséquilibre des forces entre le colonisateur et le colonisé, mais échoue aussi à étudier l’histoire et le contexte dans lequel les récents événements se sont déroulés.

Le vieux ciblage de la Mosquée Al-Aqsa par Israël

Le droit religieux juif interdit aux Juifs de prier dans le complexe d’Al-Aqsa ; on attend seulement des Juifs qu’ils vénèrent le site, mais pas qu’ils s’y rendent ou en prennent possession, de peur de profaner le saint des saints du supposé Temple, et ils sont censés prier au Mur Al-Buraq (renommé le Mur Occidental). Néanmoins, les extrémistes ont très tôt ciblé la Mosquée Al-Aqsa avec l’intention de reconstruire le Temple. En 1982, Meir Kahane, chef du parti d’extrême droite Kach, a défilé sur le complexe avec des projets de construction du Temple sur les ruines d’Al-Aqsa. En 1990, 21 Palestiniens ont été tués et 150 blessés dans des affrontements avec des membres du Mouvement du Mont du Temple qui essayaient d’entrer dans Al-Aqsa et d’y déposer la première pierre du Temple. En 1996, des fouilles et le percement de tunnels près d’Al-Aqsa ont déclenché des violences qui ont abouti à la mort de 70 Palestiniens et de 15 soldats israéliens.

Le gouvernement israélien a également soutenu les efforts pour assurer le contrôle du complexe par les Juifs. Presque la moitié des membres du Likoud soutiennent le Mouvement du Mont du Temple, qui a récemment obtenu un financement du gouvernement. Entre 2008 et 2011, l’Institut du Temple a perçu 107.000 $ par an du ministère de l’Éducation, et du ministère de la Culture, des Sciences et des Sports. En 2012, une unité éducative de l’Institut du Temple s’est vu offrir un supplément de 50.000 $ par le ministère de l’Éducation.

Cependant, on ne devrait pas considérer les actions de groupes spécifiques pour prendre le contrôle d’Al-Aqsa comme des incidents isolés, mais plutôt comme une partie d’un plus vaste projet sioniste pour judaïser Jérusalem et assurer une suprématie juive sur la ville.

Création d’une nouvelle réalité à Jérusalem

Depuis le début de l’occupation en 1967, Israël s’est engagé dans la transformation d’une ville multi-religieuse et multi-culturelle en une ville juive « réunifiée », sous le contrôle et la souveraineté exclusifs d’Israël. Il a rapidement mis en œuvre la judaïsation de la ville grâce à une politique qui impacte l’espace géographique et physique, et dont le but est de combattre la « menace démographique » que représente la population palestinienne.

D’emblée en 1967, Israël a illégalement annexé 70 km² de la Cisjordanie, dont Jérusalem Est (6,5 km²), afin de maximiser la zone de terre expropriée tout en minimisant le nombre de Palestiniens. Il a aussi rasé les quartiers arabes de Bab al-Magharbeh et Harat al-Sharaf pour construire le Quartier juif, l’esplanade du Mur Al-Buraq, des maisons pour les colons et des synagogues. Israël a par ailleurs remodelé le paysage physique de Jérusalem en construisant un anneau de colonies autour de la ville, reliées à des routes de contournement pour assurer une continuité géographique avec les autres colonies israéliennes de Cisjordanie [3].

La fragmentation physique et politique de Jérusalem qui s’en est suivie est allée de concert avec l’isolement économique bien avant qu’Israël ne s’embarque en 2002 dans la construction du Mur d’Apartheid, qui a redessiné les frontières loin de la ligne d’armistice d’avant 1967. La construction du Mur a été délibérément prévue pour passer à l’intérieur de la ville et en exclure des zones peuplées de Palestiniens afin d’y assurer une majorité juive.

Afin de traiter la « menace démographique » représentée par les Palestiniens, Israël a désigné les Palestiniens vivant à Jérusalem comme des « résidents permanents » – statut civil généralement réservé aux citoyens étrangers et qui ne garantit pas les droits de séjour. Sur cette base, les cartes de résidents sont souvent révoquées. Entre 1967 et 2013, Israël a révoqué les cartes d’identité de plus de 14.309 résidents palestiniens. Selon la Loi d’Amendement Temporaire de Citoyenneté et d’Entrée en Israël de 2003 (amendée en 2005 et en 2007), les citoyens de Cisjordanie mariés à des résidents de Jérusalem ne sont pas qualifiés pour le statut de résidents et n’obtiennent que des permis temporaires , à titre exceptionnel. A l’opposé, les Juifs qui immigrent pour vivre à Jérusalem obtiennent immédiatement la citoyenneté, ce qui reflète le caractère d’apartheid du régime israélien.

Tout en renforçant la présence des Juifs à Jérusalem, Israël souhaite maîtriser l’expansion urbaine et démographique des Palestiniens, au moyen d’ une politique de zonage urbain conforme à du nettoyage ethnique. Plus d’un tiers des quartiers palestiniens a été classé en « zones de paysage ouvert » où toute construction est interdite, ne permettant des constructions palestiniennes que sur seulement 14 % de la terre de Jérusalem Est, provoquant ainsi une crise aiguë du logement. Par ailleurs, depuis 1967, Israël a détruit 1.673 logements, affectant environ 8.000 personnes entre 1967 et 2013. Avec la mise en vigueur de toutes ces réglementations, Israël cherche à atteindre le ratio de 30 % d’ « Arabes » et de 70 % de Juifs à l’intérieur de la municipalité de Jérusalem.

La politique discriminatoire d’Israël est également visible dans les différences d’attribution de services entre les quartiers arabes et les quartiers juifs. Moins de 10 % du budget municipal est alloué aux districts palestiniens, même si les Palestiniens paient le même montant d’impôt « arnona » (de propriété) que les citoyens juifs.

La judaïsation s’est accompagnée d’une « dé-palestinisation » pour éradiquer l’identité palestinienne de Jérusalem. Par exemple, la rue Sultan Suleiman al-Qanuni (sultan de l’empire ottoman) a été renommée rue du Roi Salomon, et le district de Wadi Hilweh à Silwan a été renommé « la cité de David ». Par ailleurs, des rues sans nom dans les zones palestiniennes ont récemment reçu des noms arabes dépourvus de connotations politiques et nationales. Ce processus de ré-appellation est en lien avec la réécriture de l’histoire conformément aux préceptes du sionisme, processus selon lequel l’archéologie et les fouilles sont exploitées pour créer une histoire juive fictive de la ville, tandis que l’héritage des autres zones est ignoré.

Le contrôle du récit historique par Israël s’étend au système éducatif. Depuis mars 2011, Israël a tenté d’imposer aux écoles palestiniennes percevant des aides provenant des autorités israéliennes à utiliser des manuels scolaires préparés par l’Administration de l’Éducation de Jérusalem (jusqu’ici, cinq ont obtempéré). Ces livres présentent aux élèves palestiniens une histoire unilatérale et censurent tout sujet en lien avec l’identité et l’héritage palestiniens.

Les institutions palestiniennes de Jérusalem ont également été visées pour éradiquer le militantisme palestinien dans la ville. Depuis 2011, Israël a fermé au moins 31 institutions palestiniennes, dont la Maison d’Orient, ancien quartier général de l’OLP, et la Chambre de Commerce et d’Industrie.

Parmi les autres étapes de dé-palestinisation de Jérusalem, on trouve le dernier plan « de développement » socio-économique sur cinq ans des zones palestiniennes, approuvé en juin 2014 par le conseil des ministres israélien. Ce plan met l’accent sur les énormes différences d’infrastructures, d’éducation et d’emploi entre les quartiers palestiniens et juifs, en tentant apparemment d’encourager l’intégration des Palestiniens en Israël et d’améliorer la sécurité en contrecarrant la « violence » et les « jets de pierres ».

En d’autres termes, le pseudo développement n’est qu’un outil pour renforcer le contrôle de Jérusalem par Israël et pour réprimer la résistance des Palestiniens à l’occupation israélienne. Ainsi, on ne cherche certainement pas à évaluer la détérioration des conditions socio-économiques des Palestiniens à Jérusalem, ni le taux extrêmement élevé de pauvreté (75 % des résidents palestiniens sous le seuil de pauvreté israélien, l’effondrement des secteurs du commerce et du tourisme, le manque d’investissements, l’épuisement des services de santé et d’éducation, les taux élevés de chômage (16,7 % en 2014), et le coût élevé du coût de la vie.

Dans ce contexte, on devrait considérer les affrontements des Palestiniens avec les Juifs israéliens comme des actes de résistance et de désespoir dans le cadre de la plus grande lutte historique des Palestiniens contre l’occupation, l’apartheid, le nettoyage ethnique, le vol des terres, la dépossession, les déplacements forcés et la marginalisation économique. L’intensification récente des incursions à Al-Aqsa et les appels à la construction d’un troisième temple ont simplement rallumé les braises de ces tensions qui couvaient. Mettre l’accent sur la dimension religieuse pendant cette récente agitation tout en négligeant ses causes profondes ne conduirait qu’à de nouveaux violents affrontements et à des éruptions d’une magnitude sans précédent. La religion est exploitée en faveur des objectifs politiques et nationaux d’Israël, et conforte sa politique coloniale d’apartheid.

L’absence de leadership laisse les Palestiniens impuissants

Il faut considérer les derniers heurts de Jérusalem, au cours de laquelle les Palestiniens ont eu recours à de nouvelles formes de résistance telles que l’utilisation de véhicules et de feux d’artifices, dans le contexte plus large d’une ville qui manque de leadership politique. L’Autorité Palestinienne a fait preuve d’un réel manque d’investissement sincère à Jérusalem depuis la signature en 1993 de la Déclaration de Principes à Oslo, dont l’AP fut elle-même un produit. C’était déjà une évidence lorsque l’OLP a accepté de différer la question de Jérusalem jusqu’aux négociations sur le statut final des Territoires Palestiniens Occupés (TPO). Tandis que l’OLP/AP est étroitement accrochée au grotesque processus de paix, Israël a enraciné son occupation et son contrôle sur Jérusalem.

Divergeant clairement de sa rhétorique de soutien, l’AP alloue un budget négligeable à la ville. Le budget total alloué au ministère des Affaires de Jérusalem et au Gouvernorat de Jérusalem était d’environ 15 millions $ en 2014, ce qui représente 0,4 % des dépenses budgétaires de l’AP cette année là. Comparez cette allocation budgétaire honteusement insignifiante avec le capital supposé de l’État palestinien et ses 27 % du budget alloués au secteur de la sécurité la même année. En plus, la majeure partie de ce budget est versée dans les zones de Jérusalem qui tombent sous l’administration palestinienne et de l’autre côté du Mur. Des lieux tels que Shu’fat et Beit Hanina qui se trouvent à l’intérieur des frontières municipales israéliennes de Jérusalem reçoivent rarement quelque financement que ce soit [4].

Ce maigre budget est la principale raison qui a poussé Hatem Abdel-Qader à démissionner promptement 40 jours après sa nomination en tant que premier ministre des Affaires de Jérusalem en 2009. Il faisait remarquer que « le gouvernement palestinien faillit au respect de ses engagements envers la ville, qui subit une période difficile ». Un autre intellectuel palestinien, qui a servi de représentant de l’AP à Jérusalem, a également avancé que : « La conduite de l’AP n’a jamais été conforme à ses buts déclarés. Elle a constamment failli à concrétiser les nombreuses études et projets faits pour la ville. » [5]

Tandis qu’Israël transforme sa vision de Jérusalem en réalité grâce à de nombreuses décisions politiques et plans directeurs (2020, 2030 et 2050), une stratégie cohérente pour l’avenir de la ville par le leadership palestinien n’existe toujours pas. C’était déjà visible dans l’omission d’un plan de développement pour Jérusalem dans le Plan National de Développement 2014-2016. Bien qu’il soit vrai que ce document fasse référence au Plan de Développement Stratégique Multi-secteurs pour Jérusalem Est (PDSM) 2011-2013 émis par l’Unité Jérusalem au Bureau du Président, le PDSM a été publié en 2010 et nécessite une mise à jour. Par ailleurs, l’Unité Jérusalem elle même, qui recevait auparavant la majeure partie des financements pour Jérusalem, a été fermée en 2010 [6].

Encore plus significatif, l’approche de développement utilisée dans le PDSM déconnecte le développement des réalités politiques et coloniales ; elle réduit le combat des Palestiniens à celui de la « survie » au lieu de la liberté et prend pour acquise l’occupation israélienne au lieu de chercher à y mettre fin. Comme le dit la partie introductive du PDSM : « Comment l’OLP peut-elle aider les Palestiniens de Jérusalem à survivre et à prospérer dans le contexte existant afin d’avoir un fondement solide pour la capitale de leur futur État palestinien ? » (C’est moi qui souligne)

Le manque d’intérêt officiel sincère pour la ville, l’émergence de Ramallah comme capitale de facto, et l’absence de leadership politique palestinien à Jérusalem laisse aux Palestiniens un sentiment d’abandon et de rancoeur envers l’OLP/AP. Le président de l’AP Mahmoud Abbas continue à user de belles paroles envers les Palestiniens de Jérusalem tout en refusant de mettre fin à la collaboration sécuritaire avec Israël ou de soutenir les moyens non-violents de résistance tels que le boycott des produits israéliens.

En attendant, Israël a répliqué aux manifestations et à la résistance palestinienne sans leader avec une force caractéristique qui comporte la confiscation des terres, les démolitions de maisons, et des punitions collectives telles que des incursions brutales dans les maisons, le déversement d’eau putride dans les quartiers et les arrestations massives. Par exemple, entre juin et septembre 2014, environ 700 Palestiniens ont été arrêtés à Jérusalem, dont la majorité étaient des enfants, selon l’association Addameer pour les Droits de l’Homme [7]. Les colons israéliens qui commettent des crimes brutaux contre les Palestiniens ne subissent aucune peine. En réalité, le gouvernement israélien a allégé les restrictions sur les armes et a augmenté le financement pour la protection des colons à Jérusalem – preuve supplémentaire de la discrimination institutionnalisée à laquelle sont soumis les Palestiniens.

Protéger Jérusalem et ses Palestiniens

Les remous actuels à Jérusalem sont le résultat de l’assujettissement colonial, de la discrimination institutionnalisée, de la dépossession et de l’installation des faits sur le terrain par Israël pour s’assurer qu’il maintient sa suprématie sur la ville. Il faudrait donc résister aux projets d’Israël localement et internationalement, avant tout en augmentant leur coût pour Israël. Le système d’apartheid d’Afrique du Sud n’a commencé à s’effilocher que lorsque le coût de préservation de la suprématie blanche est devenu trop lourd à supporter.

Avant tout, les Palestiniens ont besoin d’un leadership dynamique qui propulse le statut de Jérusalem au premier plan des engagements du gouvernement et au coeur du combat national de toute urgence. Il est vital que les Palestiniens aient une vision claire de Jérusalem pour contrer la vision israélienne qui prévaut. L’information et la communication sont des outils essentiels pour contrer la réécriture de l’histoire par Israël et l’étouffement du récit palestinien.

En particulier, le leadership palestinien devrait affronter les tentatives israéliennes de présentation de sa politique coloniale sous des termes religieux et devrait rappeler au monde que les questions fondamentales sont celles de l’occupation, de la dépossession et du vol de la terre. Il est impératif de défier la puissance du discours israélien en révélant ses records honteux d’oppression à Jérusalem et dans le reste des territoires occupés. L’OLP/AP devrait elle aussi davantage s’appuyer sur le statut durement gagné dans les organisations internationales telles que l’UNESCO pour entreprendre des démarches juridiques pour protéger Al-Aqsa et la Vieille Ville de Jérusalem.

Deuxièmement, les universitaires et les analystes politiques peuvent jouer un rôle essentiel en mettant Jérusalem au premier plan. A ce jour, les intellectuels palestiniens ont été orientés vers l’analyse du développement socio-économique en Cisjordanie et, dans une certaine mesure, dans la Bande de Gaza, au détriment d’un débat à propos de Jérusalem. Les Palestiniens doivent mettre Jérusalem en avant dans leur discours et avancer au-delà d’un simple diagnostic des problèmes pour inventer des solutions. Le concept de développement sous occupation a lui-même besoin d’être revu et redéfini comme une forme économique, politique et sociale de résistance intégrée dans une plus large lutte historique des Palestiniens pour l’autodétermination, la liberté et la justice.

Enfin, le boycott local des produits et des services israéliens est un moyen vital de résistance à l’occupation israélienne. Non seulement c’est un devoir moral pour tout Palestinien, mais par ailleurs, le boycott des produits israéliens augmente le coût du système d’apartheid d’Israël et renforce la capacité productive de l’économie palestinienne. Parallèlement, il faut réfléchir aux moyens de développer une économie palestinienne capable de résister à l’intégration et à la dépendance à l’économie israélienne et qui puissent établir les fondations d’une base politique solide d’où puisse émerger une société émancipée et autodéterminée.

Au niveau international, il faudrait maintenir et intensifier le mouvement de Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) et la pression qu’il impose sur Israël dan le monde entier. Les pays arabes doivent s’engager de façon significative pour isoler Israël dans ses desseins sur Jérusalem et ses multiples violations des droits de l’Homme.

Sans des efforts concertés des Palestiniens avec le soutien des Arabes et de la communauté internationale pour faire observer les droits des Palestiniens à Jérusalem, les petits incendies actuels dans la ville pourraient se transformer en une explosion dommageable pour l’héritage palestinien et arabe de la ville et pour la présence des Palestiniens de Jérusalem dans la ville de leurs ancêtres.

Nur Arafeh


Nur Arafeh est membre politique d’Al-Shabaka, le Réseau Politique Palestinien. Elle travaillait auparavant comme chercheur à l’Institut Ibrahim Abu-Lughod d’Etudes Internationales à l’université de Birzeit, comme chercheur associé à l’Institut de Recherche de Politique Économique de Palestine (MAS), et comme professeur de sciences économiques au Collège Bard Honors d’Al-Quds, université d’Al-Quds. Nur a une double licence en sciences politiques et en économie de Sciences Po (France) et de l’université Columbia (USA), et elle a obtenu une maîtrise de philosophie en Etudes de Développement de l’université de Cambridge (GB). Ses principaux centres d’intérêt comportent l’économie politique de développement au Moyen Orient, la sociologie et la politique de développement, et les formes économiques de résistance.

Traduction : J. Ch. pour l’Agence Média Palestine

Source : Al-Shabaka

[1Al-Shabaka publie tous ses textes à la fois en anglais et en arabe (voir le texte arabe ici). Pour lire cet article en français ou en italien, SVP cliquez ici, ou ici. Al-Shabaka est reconnaissant envers les défenseurs des droits de l’Homme pour la traduction de ses textes en français et en italien, mais n’est pas responsable de tout changement possible du sens.

[2A la suite de l’occupation et de l’annexion illégale de Jérusalem Est par Israël en 1967, le contrôle de la mosquée et du Noble Sanctuaire a été transféré à un -waqf- (fiducie) islamique jordanien. L’accord Wadi Araba de 1994 entre la Jordanie et Israël a prévu la tutelle de la Jordanie sur tous les sanctuaires sacrés de Jérusalem.

[3Deux plans ont été spécifiquement élaborés dans ce but : Le Projet de Grand Jérusalem prévoyait la création d’un « plus grand Jérusalem » s’étendant sur une surface de 600 km², et le plan E1 demandait l’expansion de la colonie de Ma’ale Adumim pour assurer sa connexion avec Jérusalem. L’un et l’autre plans provoqueraient une discontinuité géographique entre le nord et le sud de la Cisjordanie et isoleraient encore plus l’est de Jérusalem du reste du Territoire Palestinien Occupé.

[4Interview de l’auteure.

[5Sauf autre mention, toutes les citations sont issues d’interviews menées par l’auteure en 2014.

[6Interview de l’auteure.

[7Interview de l’auteure.

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30 juillet 2017 7 30 /07 /juillet /2017 08:05

Christophe Barbier le valet du capital :
" Il serait temps que les Français
renoncent à leur cinquième semaine de congés payés.
Quatre semaines de vacances suffisent
et on supprime aussi les RTT. "
...
Le 12 septembre donnons
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