Thùy Linh, 21 ans. Troisième génération des victimes de l’agent orange, elle est née avec une malformation génétique : elle n’a pas de bras. Hô-Chi-Minh Ville, Vietnam, 2015.
Thùy Linh, 21 ans. Troisième génération des victimes de l’agent orange, elle est née avec une malformation génétique : elle n’a pas de bras. Hô-Chi-Minh Ville, Vietnam, 2015. © Mathieu Asselin / Avec l’aimable autorisation de l’artiste.

La Vietnamienne Thùy Linh a 21 ans lorsque le photographe Mathieu Asselin la rencontre chez elle, à Hô-Chi-Minh Ville, où il va passer une demi-journée. Il souhaite réaliser son portrait dans le cadre d’une enquête photographique visant à dénoncer les « ravages » de Monsanto.

Thùy Linh fait partie de la troisième génération des victimes de l’agent orange, un puissant défoliant fabriqué par Monsanto et déversée par l’armée américaine de 1959 à 1971 sur le sud du Vietnam. La jeune femme est née avec une malformation génétique, sans bras. Ce qui ne l’empêche pas d’être très active, selon le photographe franco-vénézuélien qui a décrit cette image au micro de Giulia Foïs, dans l'émission Dans quel monde vit-on ? :

 

Elle fait des choses merveilleuses avec ses pieds : elle dessine, elle écrit sur l’ordinateur… Lorsque je lui ai demandé si elle était prête pour la photo, elle m’a dit d’attendre une minute. Puis elle est revenue avec ce t-shirt ! On peut penser que comme beaucoup de jeunes Vietnamiens, elle adore les Etats-Unis. On peut aussi penser que c’est un peu de la provocation…

Thùy Linh a terminé le lycée, deux ans avant la prise de cette photographie. Puis elle a postulé à de nombreuses universités mais à chaque fois sa candidature a été refusée en raison de son handicap. Sa mère a finalement réussi à lui trouver une école qui l’a acceptée. Elle a terminé sa formation de design et recherche désormais un travail adapté. Entre ses 3 et ses 18 ans, elle a passé son temps à l’hôpital obstétrique Tu Du.

De génération en génération

L’agent orange a entraîné plus de 500 000 bébés nés difformes, ainsi qu’un nombre de fausses couches et d’enfants mort-nés difficile à déterminer. Aujourd’hui, plus de 2 millions de personnes dans le pays souffrent de cancers ou de maladies liées à cette exposition chimique. « Certaines générations y échappent, ça échappe d’une génération à une autre et ça ressort d’une coup. C’est terrifian