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26 novembre 2016 6 26 /11 /novembre /2016 13:18

Fidel Castro, décédé vendredi soir, "restera dans l'Histoire" comme "l'un des dirigeants du mouvement d'émancipation humaine", qui a notamment "tenu tête à l'impérialisme américain", a réagi samedi le secrétaire national du Parti communiste français, Pierre Laurent.

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humanite.fr
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26 novembre 2016 6 26 /11 /novembre /2016 12:26

 

La dernIère blague du jour: Bartolone cite Maurice(Thorez) "Que les bouches s"ouvrent"

              

                                                 

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26 novembre 2016 6 26 /11 /novembre /2016 09:59
 "Lutter pour une utopie est, en partie, la construire !"

"Lutter pour une utopie est, en partie, la construire !"

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26 novembre 2016 6 26 /11 /novembre /2016 09:25
FIDEL
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26 novembre 2016 6 26 /11 /novembre /2016 09:15

Fidel Castro est mort le 25 novembre 2016. Fidel Castro : un géant du XXème siècle (Un récit de José Fort)

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Rarement un révolutionnaire, un homme d’Etat aura provoqué autant de réactions aussi passionnées que Fidel Castro. Certains l’ont adoré avant de le brûler sur la place publique, d’autres ont d’abord pris leurs distances avant de se rapprocher de ce personnage hors du commun. Fidel Castro n’a pas de pareil. Il était « Fidel » ou le « Comandante » pour les Cubains et les latino-américains, pas le « leader maximo », une formule ânonnée par les adeptes européo-étatsuniens du raccourci facile. Quoi qu’ils en disent, Fidel Castro restera un géant du XX ème siècle.

 

Le jeune Fidel, fils d’un aisé propriétaire terrien, né il y a 81 ans à Biran dans la province de Holguin, n’affiche pas au départ le profil d’un futur révolutionnaire. Premières études chez les Jésuites, puis à l’université de La Havane d’où il sort diplômé en droit en 1950. Il milite dans des associations d’étudiants, tape dur lors des affrontements musclés avec la police dans les rues de la capitale, puis se présente aux élections parlementaires sous la casaque du Parti orthodoxe, une formation se voulant « incorruptible » et dont le chef, Chivas, se suicida en direct à la radio. Un compagnon de toujours de Fidel, Alfredo Guevara, fils d’immigrés andalous et légendaire inspirateur du cinéma cubain, dira de lui : « Ou c’est un nouveau José Marti (le héros de l’indépendance), ou ce sera le pire des gangsters ».

Le coup d’Etat du général Fulgencio Batista renverse le gouvernement de Carlos Prio Socarras et annule les élections. Voici le jeune Castro organisant l’attaque armée de la caserne Moncada, le 26 juillet 1953. Un échec. Quatre-vingts combattants sont tués. Arrêté et condamné à 15 ans de prison, Fidel rédige « l’Histoire m’acquittera », un plaidoyer expliquant son action et se projetant sur l’avenir de son pays. Libéré en 1955, il s’exile avec son frère Raul au Mexique d’où il organise la résistance à Batista. Son groupe porte le nom « Mouvement du 26 juillet ». Plusieurs opposants à la dictature rejoignent Fidel. Parmi eux, un jeune médecin argentin, Ernesto Rafael Guevara de la Serna. Son père me dira plus tard : « Au début, mon fils le Che était plus marxiste que Fidel ».

Fidel communiste ? Fidel agent du KGB ? Fidel Castro à cette époque se définit comme un adversaire acharné de la dictature, un adepte de la philosophie chère à Thomas Jefferson, principal auteur de la Déclaration d’indépendance des Etats-Unis, et adhère au projet de Lincoln de coopération entre le capital et le travail. Raul et plusieurs de ses compagnons sont nettement plus marqués à gauche.

Le 2 décembre 1956, Fidel monte une expédition avec 82 autres exilés. Venant du Mexique à bord d’un bateau  de plaisance, le « Granma », ils débarquent après une traversée mouvementée dans la Province Orientale (sud-est de Cuba). La troupe de Batista les y attend. Seuls 12 combattants (parmi lesquels Ernesto Che Guevara, Raul Castro, Camilo Cienfuegos et Fidel) survivent aux combats et se réfugient dans la Sierra Maestra. Commence alors une lutte de guérilla avec le soutien de la population. Fidel Castro apparaît au grand jour dans les journaux nord-américains et européens, accorde des interviews, pose pour les photographes, parle sur les radios. A Washington, on ne s’en émeut guère lassés des frasques d’un Batista peu présentable. Après l’entrée de Fidel dans La Havane, le 9 janvier 1959, on observe avec intérêt ce « petit bourgeois qui viendra à la soupe comme tout le monde », ricane-t-on au département d’Etat. Même le vice-président Nixon mandaté pour le recevoir afin de vérifier s’il est communiste soufflera à Eisenhower : « C’est un grand naïf, nous en ferons notre affaire ».  Tant que Fidel ne s’attaque pas à leurs intérêts économiques, les dirigeants étasuniens ne s’alarment pas. Lorsque la révolution commence à exproprier des industries nord-américaines, la United Fruit par exemple, la donne change brutalement.

Le premier attentat dans le port de La Havane, le 4 mars 1960, sonne le prélude à une longue liste d’actes terroristes : le cargo battant pavillon tricolore, La Coubre, qui avait chargé des munitions à Hambourg, Brème et Anvers explose dans le port de La Havane faisant plus de cent morts, dont six marins français. Ulcéré, le général de Gaulle donne l’ordre d’accélérer la livraison des locomotives commandées du temps de Batista. Elles font l’objet d’étranges tentatives de sabotage. Les dockers CGT du port du Havre surveilleront le matériel jusqu’au départ des navires.

Une opération de grande envergure se préparait du côté de Miami : le débarquement de la Baie des Cochons. En avril 1961, au lendemain de l’annonce par Fidel de l’orientation socialiste de la révolution, le gouvernement des Etats-Unis missionne la CIA pour encadrer 1400 exilés cubains et mercenaires latino-américains en espérant, en vain, un soulèvement populaire. Fidel en personne dirige la contre-attaque. La tentative d’invasion se solde par un fiasco. Les Etats-Unis signent là leur déclaration de guerre à la révolution cubaine. Pendant des dizaines d’années, ils utiliseront toute la panoplie terroriste pour tenter d’assassiner Fidel, jusqu’à la combinaison de plongée sous-marine enduite de poison, faciliteront le débarquement de groupes armés, financeront et manipuleront les opposants, détruiront des usines, introduiront la peste porcine et des virus s’attaquant au tabac et à la canne à sucre. Ils organiseront l’asphyxie économique de l’île en décrétant un embargo toujours en vigueur. « El Caballo » (le cheval) comme l’appelaient parfois les gens du peuple, ce que Fidel n’appréciait pas, aura survécu à Eisenhower, Kennedy, Johnson, Nixon, Reagan, Ford et assisté aux départs à la retraite de Carter, Bush père et Clinton. Il dira de Bush fils « celui là, il finira très mal. »  

Tant d’années d’agressions, tant d’années de dénigrement et de coups tordus, tant d’années de résistance d’un petit pays de douze millions d’habitants face à la première puissance économique et militaire mondiale. Qui fait mieux ? Lorsqu’on évoque le manque de libertés à Cuba, ne faudrait-il pas d’abord se poser la question : un pays harcelé, étranglé, en guerre permanente, constitue-t-il le meilleur terreau pour favoriser l’épanouissement de la démocratie telle que nous la concevons en occident et que, à l’instar de George Bush, certains souhaiteraient calquer mécaniquement en d’autres endroits du monde, particulièrement dans le Tiers monde? Lorsque dans les salons douillets parisiens, on juge, tranche, condamne, sait-on au juste de quoi on parle ?

La crise des fusées ? Lorsque l’URSS dirigée par Nikita Khrouchtchev décide en 1962 d’installer à Cuba des missiles afin, officiellement, de dissuader les Etats-Unis d’agresser l’île, la « patrie du socialisme » répond à une demande de Raul Castro mandaté par Fidel. La direction soviétique fournit déjà à Cuba le pétrole que lui refuse son proche voisin. Elle met deux fers au feu : dissuader les Etats-Unis d’agresser Cuba, afficher un clair avertissement à Washington sur l’air de « nous sommes désormais à proximité de vos côtes ». La tension atteint un point tel qu’un grave conflit mondial est évité de justesse. Les missiles soviétiques retirés, Fidel regrettera que le représentant de l’URSS à l’ONU n’ait pas reconnu la réalité des faits. « Il fallait dire la vérité », disait-il. Il fut bien obligé de se plier à la décision finale de Moscou même si dans les rues de La Havane des manifestants scandaient à l’adresse de Khrouchtchev : « Nikita, ce qui se donne ne se reprend pas. »

Entre Moscou et La Havane, au-delà des rituels, les relations ont toujours été conflictuelles. Pas seulement, pure anecdote, parce que des « responsables » soviétiques ignorants faisaient livrer des chasse-neige à la place des tracteurs attendus. Les Soviétiques voyaient d’un mauvais œil le rôle croissant de Fidel dans le mouvement des non alignés, l’implication cubaine aux côtés des mouvements révolutionnaires latino-américains puis l’aide à l’Afrique. Ils ne supportaient pas la farouche volonté d’indépendance et de souveraineté de La Havane et ont été impliqués dans plusieurs tentatives dites « fractionnelles » reposant sur des prétendus « communiste purs et durs », en fait marionnettes de Moscou, pour tenter de déstabiliser Fidel. Une fois l’URSS disparue, les nouveaux dirigeants russes ont pratiqué avec le même cynisme abandonnant l’île, coupant du jour au lendemain les livraisons de pétrole et déchirant les contrats commerciaux. Quel autre pays aurait pu supporter la perte en quelques semaines de 85% de son commerce extérieur et de 80% de ses capacités d’achat ? L’Espagne, ancienne puissance coloniale, a laissé à Cuba un héritage culturel, les Etats-Unis son influence historique et ses détonants goûts culinaires comme le mélange de fromage et de confiture. Mais la Russie ? Rien, même pas le nom d’un plat ou d’un cocktail.

L’exportation de la révolution ? Fidel n’a jamais utilisé le mot « exportation ». Ernesto Che Guevara, non plus. Ils préféraient évoquer la « solidarité » avec ceux qui se levaient contre les régimes dictatoriaux, créatures des gouvernements nord-américains. Doit-on reprocher ou remercier Fidel d’avoir accueilli les réfugiés fuyant les dictatures du Chili et d’Argentine, de Haïti et de Bolivie, d’avoir ouvert les écoles, les centres de santé aux enfants des parias de toute l’Amérique latine et, plus tard, aux enfants contaminés de Tchernobyl ? Doit-on lui reprocher ou le remercier d’avoir soutenu les insurrections armées au Nicaragua, au Salvador et d’avoir sauvé, face à l’indifférence des dirigeants soviétiques, l’Angola fraîchement indépendante encerclée par les mercenaires blancs sud-africains fuyant, effrayés, la puissance de feu et le courage des soldats cubains, noirs pour la plupart ? Dans la mémoire de millions d’hommes et de femmes d’Amérique latine et du Tiers monde, Fidel et le Che sont et resteront des héros des temps modernes.

Les libertés ? Fidel, un tyran sanguinaire ? Il y eut d’abord l’expulsion des curés espagnols qui priaient le dimanche à la gloire de Franco. Complice de Batista, l’église catholique cubaine était et demeure la plus faible d’Amérique latine alors que la « santeria », survivance des croyances, des divinités des esclaves africains sur lesquels est venue se greffer la religion catholique, rassemble un grand nombre de noirs cubains. Les relations avec l’Eglise catholique furent complexes durant ces longues années jusqu’au séjour de Jean Paul II en 1998 annoncée trop rapidement comme l’extrême onction de la révolution. Ce n’est pas à Cuba que des évêques et des prêtres ont été assassinés, mais au Brésil, en Argentine, au Salvador, au Guatemala et au Mexique.

Il y eut la fuite de la grande bourgeoisie, des officiers, des policiers qui  formèrent, dès la première heure, l’ossature de la contre révolution encadrée et financée par la CIA. Il y eut ensuite les départs d’hommes et de femmes ne supportant pas les restrictions matérielles. Il y  eut l’insupportable marginalisation des homosexuels. Il y eut les milliers de balseros qui croyaient pouvoir trouver à Miami la terre de toutes les illusions. Il y eut la froide exécution du général Ochoa étrangement tombé dans le trafic de drogue. Il y eut aussi ceux qui refusaient la pensée unique, la censure édictée par la Révolution comme « un acte de guerre en période de guerre », les contrôles irritants, la surveillance policière. Qu’il est dur de vivre le rationnement et les excès dits « révolutionnaires ». Excès? Je l’ai vécu, lorsque correspondant de « l’Humanité » à La Havane, l’écrivain Lisandro Otero, alors chef de la section chargée de la presse internationale au Ministère des Affaires étrangères, monta une cabale de pur jus stalinien pour tenter de me faire expulser du pays.

Ceux qui osent émettre une version différente d’un « goulag tropical » seraient soit des « agents à la solde de La Havane », soit victimes de cécité. Que la révolution ait commis des erreurs, des stupidités, des crimes parfois n’est pas contestable. Mais comment, dans une situation de tension extrême, écarter les dérives autoritaires?

A Cuba, la torture n’a jamais été utilisée, comme le reconnaît Amnesty international. On tranchait les mains des poètes à Santiago du Chili, pas à la Havane. Les prisonniers étaient largués en mer depuis des hélicoptères en Argentine, pas à Cuba. Il  n’y a jamais eu des dizaines de milliers de détenus politiques dans l’île mais un nombre trop important qui ont dû subir pour certains des violences inadmissibles. Mais n’est-ce pas curieux que tous les prisonniers sortant  des geôles cubaines aient été libérés dans une bonne condition physique ?

Voici un pays du Tiers monde où l’espérance de vie s’élève à 75 ans, où tous les enfants sont scolarisés et soignés gratuitement. Un petit pays par la taille capable de produire des universitaires de talent, des médecins et des chercheurs parmi les meilleurs au monde, des sportifs raflant les médailles d’or, des artistes, des créateurs.  Où, dans cette région du monde, peut-on présenter un tel bilan ?

Fidel aura tout vécu. La prison, la guérilla, l’enthousiasme révolutionnaire du début, la défense contre les agressions, l’aide internationaliste, l’abandon de l’URSS, une situation économique catastrophique lors de la « période spéciale », les effets de la mondialisation favorisant l’explosion du système D. Il aura (difficilement) accepté l’adaptation économique avec un tourisme de masse entraînant la dollarisation des esprits parmi la population au contact direct des visages pâles à la recherche de soleil, de mojito, de filles où de garçons. Comment ne pas comprendre les jeunes cubains, alléchés par l’écu ou le dollar, et regardant avec envie les visiteurs aisés venus de l’étranger ? Il aura, enfin, très mal supporté  le retour de la prostitution même si dans n’importe quelle bourgade latino-américaine on trouve plus de prostituées que dans  la 5 eme avenue de La Havane. Alors, demain quoi ?

Fidel mort, la révolution va-t-elle s’éteindre ? Il ne se passera pas à Cuba ce qui s’est produit en Europe de l’Est car la soif d’indépendance et de souveraineté n’est pas tarie. Les adversaires de la révolution cubaine ne devraient pas prendre leurs désirs pour la réalité. Il y a dans cette île des millions d’hommes et de femmes – y compris de l’opposition – prêts à prendre les armes et à en découdre pour défendre la patrie. Fidel avait prévenu en déclarant : « Nous ne commettrons pas l’erreur de ne pas armer le peuple. » Le souvenir de la colonisation, malgré le fil du temps, reste dans tous les esprits, les progrès sociaux enregistrés, au-delà des difficultés de la vie quotidienne, constituent désormais des acquis. Il y a plus. La révolution a accouché d’une nouvelle génération d’hommes et de femmes refusant le retour au passé, des cadres « moyens » de trente à quarante ans très performants en province, des jeunes dirigeants nationaux aux talents confirmés. Une nouvelle époque va s’ouvrir et elle disposera d’atouts que Fidel n’avait pas. L’Amérique latine, ancienne arrière cour des Etats-Unis, choisit des chemins progressistes de développement, l’intégration régionale est en marche, les échanges économiques permettent le transfert de savoir faire contre des matières stratégiques, comme le pétrole avec le Venezuela notamment, le prestige de la révolution cubaine demeure intacte auprès des peuples latino-américains. Cuba, enfin, peut respirer.

Il n’y aura pas de rupture à Cuba. Il y aura évolution. Obligatoire. Pour qu’elle puisse s’effectuer dans les meilleures conditions, il faudra que les vieux commandants de la Révolution rangent leurs treillis vert olive, prennent leur retraite et passent la main. Les atlantes du futur, de plus en plus métissés, sont prêts. Ne sont-ils pas les enfants de Fidel ?

José Fort

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26 novembre 2016 6 26 /11 /novembre /2016 08:02
HASTA SIEMPRE  COMMANDANTE!

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25 novembre 2016 5 25 /11 /novembre /2016 18:35

“Fillon” (Jean Picciocchi)

FILLON
Si les deux L s’envolent il n’est plus que FION.
Que l’O gicle de ce FION et c’est déjà la FIN
Où derrière le I se cache le FN…

Jean Picciocchi - 25 11 16

 
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23 novembre 2016 3 23 /11 /novembre /2016 17:22

Cet article est reposté depuis Michel Stefani.

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23 novembre 2016 3 23 /11 /novembre /2016 17:08
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Flash info, apparemment Pétain est revenu

Travail, famille, patrie

Tout va bien ça choque toujours personne?

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23 novembre 2016 3 23 /11 /novembre /2016 15:54

Ne signons pas un chèque en blanc. par Gilles Gourlot

22 Nov

Article a paraître sur le pcf.fr

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Si l’on s’en réfère à la presse bourgeoise ou au débat sur les réseaux sociaux, le choix qui se présente aux communistes peut paraître simple: Melenchon or not Melenchon. Pour le commentateur politique, la spéculation est plus qu’un art de vivre, c’est un métier dont il vit grassement. Comme tout paparazzi son obsession est de savoir qui couche avec qui…

C’est ainsi que notre question devient Melenchon ou Montebourg?

Car bien sûr la possibilité que les communistes puissent se doter d’une candidature communiste ne fait guère vendre le PQ qui sert de support aux piteuses analyses des dits commentateurs…

Tout ce brouillage amplement encouragé par l’attitude de notre direction participe a rendre abscons les véritables enjeux de la consultation à tous et jusqu’aux communistes eux même… Essayons d’y voir plus clair.

La question posée en réalité peu se résumer en ces termes: « rassemblement » ou Rassemblement ? Avec comme question subsidiaire mais non moins capitale : doit on signer un chèque en blanc à la direction actuelle du PCF ?

S’abstenir, ou se contenter de suivre les recommandations du secrétaire national et de nombreux élus pour l’option 1, c’est à coup sur délivrer un blanc seing.

A quoi bon signer un chèque en blanc à une direction qui depuis plus de six mois n’a pas été capable de prendre la moindre initiative stratégique offensive, et a préféré entrainer le parti dans un vortex, en multipliant appels du pied tous azimuts et coups de pieds de l’âne à Melenchon pour finir par proposer un soutient bien ambigüe à ce dernier. La seule constante fut et reste l’incantation au « rassemblement » : la réponse positive aux sirènes des primaires, les appels divers et variés, où l’on retrouve parfois les même signataires, la pétition pour l’union à gauche qui n’a pas rassemblé à ce jour grand monde… Ces initiatives ont grandement contribué à nourrir les doutes des communistes et contribué à la division sans pour autant aboutir à quoi que ce soit : Melenchon a accéléré sa marche vers la défaite en chantant ; les frondeurs (Montebourg inclus) ont renouvelé leur allégeance au vainqueur de la primaire du PS c’est a dire le PS lui même ; Ensemble n’en finit pas de se diviser pour savoir comment se rallier à Melenchon…

Tel Sisyphe la direction remonte la pente…

Après la conférence nationale il ne reste plus que deux options, l’ancienne option 1 (rassemblement derrière un hypothétique candidat unique de toute la gauche) réa-parait dans la résolution proposée au vote et dans la nouvelle option 1. L’option « candidature communiste » reste ce qu’elle est, un compromis permettant de rassembler ceux qui ne veulent plus suivre aveuglément la direction dans sa course folle.

Que dit l’option 1 : « Les communistes décident d’appeler à voter pour Jean-Luc Melenchon, considérant qu’un rassemblement peut s’opérer avec cette candidature et qu’elle porte une grande partie des propositions de la gauche alternative à l’austérité. Tout en poursuivant leurs efforts pour une candidature commune, les communistes porteront cet appel en conservant leur autonomie, critique et constructive, et travailleront à un cadre collectif de campagne élargi afin d’œuvrer à la construction d’un rassemblement le plus large possible. »

La nouvelle option 1 (Melenchon) n’est en fait que le choix d’un soutient bien précaire permettant de gagner du temps tandis que les choses sérieuses se négocient en cuisine (les paparazzis n’ont pas fini de se régaler). Bien sur la recherche du rassemblement le plus large pouvant se poursuivre indéfiniment, Melenchon va pouvoir attendre encore longtemps « ses signatures ». Il est d’ailleurs à noter qu’à ce stade les parrainages collectés ne sont que des promesses… et tant qu’il n’a pas les 500 parrainages il ne peut lever aucun fond pour sa campagne.

L’argument souvent cité que le choix de l’option 1 serait une garantie de ne pas finir dans les pattes d’un Montebourg ne tient pas plus la route que l’affirmation que ce dernier serait le sauveur de la gauche ou de la sidérurgie made in France…

Cette option ne donne aucune garantie d’autant plus qu’elle ne prévoie explicitement aucune consultation en cas d’évolution de la position de la direction.

En effet il est serait bien plus facile de retirer ce soutient qui n’est qu’une parole que de retirer un candidat communiste ne serait ce que à cause des implications pratiques que cela induit. Il serait par contre aisé de prétexter n’importe quel débordement du brouillant tribun pour s’en délester d’autant plus que celui ci ne fait pas l’unanimité chez les militants… Mais ce qui garantit à coup sûr une explosion en vol de l’attelage déjà bien plombé par des mois de tergiversation, c’est bel et bien que conforté par le vote de l’option qu’elle soutient, la direction va poursuivre sa démarche de rassemblement à la carte pour les scrutins suivants. Ceci ne manquera pas de ranimer les braises et emporter tout le monde au fond du vortex…

Le PCF pourrait alors se voir contraint à se « radicaliser », non pas comme l’entendent certains camarades proche du PRCF sur ses fondamentaux de classe, mais plutôt « radicaliser » au sens du parti radical de gauche…

Notre direction n’as eu qu’une seule stratégie depuis plus de 2 ans : empêcher le parti de présenter un candidat et se replier sur ses positions dans les conseils municipaux notamment tout en tentant de peser sur la recomposition a gauche. Soutenir l’option 1 c’est une façon comme une autre d’accompagner cette stratégie.

C’est une position de replis niant l’utilité du PCF dans le débat national.

Que dit l’option 2 : Les communistes décident de présenter une candidature issue de leurs rangs, considérant qu’elle est le moyen de porter dans le débat nos propositions et notre démarche de rassemblement. Des camarades sont disponibles. Cette candidature pourrait, si la situation l’exige, sur la base d’un accord politique et après consultation des adhérent-e-s, se retirer au profit d’une candidature commune d’alternative à l’austérité telle que nous le proposons. Si cette option est retenue, le Conseil National soumettra le choix d’une candidature à la ratification des communistes.

L’option 2 permet aussi théoriquement de changer son fusil d’épaule. Mais dans les faits personne ne veut prendre le risque de soutenir ouvertement le baltringue Montebourg qui de toute façon a à peu près autant de chance de décrocher l’investiture du PS que de gagner le prochain concours miss France ou même d’atteindre le second tour de la présidentielle… Et encore moins de chance de l’emporter dans une consultation interne au PCF tant ce dernier est impopulaire chez les militants. En tout état de cause on peut dire que cela donnerait lieu à un remue méninge assez cocasse. Rappelons que statutairement ceci exigerait une nouvelle consultation qui, si elle avait lieu, opposerait cette fois ci une option soutient à Montebourg et la candidature d’André Chassaigne, cela aurait au moins l’avantage de réconcilier aussi sec les communistes pro et anti Melenchon et de marginaliser définitivement le maigre carré des partisans d’une telle option.

Donc à moins que Melenchon ne mette de l’eau dans son vin et accepte d’abandonner la « France insoumise » et de devenir le candidat du PCF et d’autres forces de gauche rassemblées,(on peut douter que Melenchon ne lâche son projet de recomposition impliquant la disparition à terme du PCF au profit d’une nouvelle force sociale démocrate) le retrait de la candidature communiste n’est pas à l’ordre du jour. C’est un peu le même constat que fait Pierre Laurent lui même dans son article de blog intitulé « construire un vote utile à notre peuple » Sauf que lui, semble considérer qu’une candidature communiste ne peut avoir aucune utilité intrinsèque.

Mais quelle peut bien être l’utilité d’un vote utile à gauche, au moment où le débat politique est très clairement dominé par des idées droitières fortement teintées de néo-libéralisme, et alors même qu’une partie non négligeable de la gauche a pris fait et cause dans cette dérive. Le problème n’est pas la question tactique des candidatures qui agite le marigot politique, depuis des mois, dans une sorte de primaire implicite. Le problème c’est plutôt le centre de gravité politique franchement à droite. Peut on mettre tous nos œufs dans le même panier, bien fragile, que représente JLM 2017 et sa France Insoumise. Après tout si celui ci est vraiment capable de rassembler en vue d’une victoire au second tour, il peut très bien se passer du maigre apport en voix des communistes. Nous le soutiendrions bien sûr sans hésiter face à la droite ou l’extrême droite. Mais il semble bien de l’aveu même de ce dernier que sa course se limite à la compétition pour la place de « troisième homme ». Un pari, certes intéressant, mais terriblement risqué, car il est loin d’être sûr qu’il ne soit coiffé au poteau par Macron, ou même le candidat du PS, pour peu que ce ne soit pas le capitaine de pédalo. En effet les électeurs de l’aile droite de la sociale démocratie, tentés par le vote utile à droite, pourraient bien revenir au bercail si le PS leur propose une alternative à leur goût. La recomposition à gauche ne peut se faire au prix de l’effacement du PCF du paysage politique national, pour un résultat plus qu’incertain.

Ne serait il pas plutôt le moment que les communistes fassent entendre leur voix ? De nombreux électeurs communistes ou de gauche écoeurés du PS ne trouvent pas leur voie dans les pas de Jean Luc Melenchon, qui a son propre électorat peu enclin au vote PCF.Nous avons pu le constater lors des dernières législatives le PCF ne profite pas forcément de l’effet d’entrainement de la candidature JLM. La “carte” des votes n’est pas la même et le comportement électoral non plus. Un candidat communiste tel que André Chasaigne pourrait être plus audible d’une France péri urbaine et campagnarde que JLM laisse froide. C’est justement dans ces zones que le FN trouve son réservoir de voix. C’est là que nous devons aller le débusquer village par village, maison par maison, sans démagogie contre productive mais avec des propositions communistes. L’implication très visible du député communiste contre la loi travail pourrait offrir un prolongement à cette lutte et remobiliser. Quelle meilleure façon de donner de la visibilité au travail de nos parlementaires et mobiliser en vue des législatives ? Plutôt qu’une campagne misant tout sur le renversement par la présidentielle avec comme discourt: “votez pour moi je m’occupe du reste”, nourrissant à son tour le fatalisme en cas de défaite.

Faisons une campagne communiste de terrain, appelons à la résistance.

C’est dans les luttes et ce que nous pouvons construire avec la population que nous fabriquerons nos victoires.

Avant de terminer écoutons un instant l’avocat du «diable» rouge: Certains me dirons que le programme actuel du PCF (qui certes mérite d’être revu) ne fait pas le poids face aux promesses de JLM sur l’Europe… mais ces promesses sont bien peu crédibles de la part d’un homme dont le parti appartient toujours au PGE et dont les embrassades avec Mr Tsipras, rançon de la gloire oblige, sont bien plus connues que celles de notre secrétaire national. Melenchon ne fera que la démonstration de son opportunisme sur la question. D’autres nous dirons que les positions de Melenchon sont plus claire sur l’international (non pas la chanson…) en comparant les interventions de Mr Chassaigne à l’assemblée nationale et les prises de positions et vote du député européen Melenchon sur la Libye… Rien ne paraît moins clair….

D’autres encore nous dirons « mais le programme du PCF n’est pas assez communiste… » A moins de considérer, que le copié collé vaguement ponctué d’ajouts, plus esthétiques que marxiste, de la version 2017 de l’humain d’abord soit à minima à la hauteur du programme commun… Il n’y a guère de raison de préférer celui de la FI.

Que certains camarades et anciens camarades aient comme stratégie de reconstruire un nouveau parti en faisant table rase, cela les regarde. Mais alors, qu’ils l’assument publiquement et prennent bien la mesure de la division insurmontable qu’il risquent d’engendrer.

Plutôt que jouer à qui perd gagne avec le promoteur d’un congrès de Tours à l’envers, unissons nous tels les participant du congrès fondateur sur l’option 2.

Ne signons plus de chèque en blanc, hissons le drapeau rouge.

L’émancipation des communistes qui auront pris la décision historique de reprendre leur destin en main et la génération montante des jeunes communistes décomplexés sont peut être bien les premiers messagers d’un retournement historique.

Gilles Gourlot PCF75 CN-PCF

 
 
 
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