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CHANTS REVOLUTIONNAIRES

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22 juillet 2017 6 22 /07 /juillet /2017 13:49
 
 
L’image contient peut-être : 3 personnes, personnes assises et intérieur
Evelyne Rivollier

Hier se tenait au Sénat le débat de politique générale, mon collègue Pierre Laurent a rappelé que le groupe CRC incarne l'unique gauche du Sénat car même le PS du président Didier Guillaume se dit "Ni-Pour, Ni-Contre" le programme de régression sociale proposé par le Premier MInistre.

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22 juillet 2017 6 22 /07 /juillet /2017 09:12
 

Un pays pétrolier qui résiste à l’Empire depuis plus de quinze ans et qui a sorti du néant ses « fils de rien »
VENEZUELA : le bain de sang approche. Que fait la gauche internationale ?

Il ne faudra pas venir pleurer demain lorsque l’on assassinera, torturera, « disparaîtra », les militants chavistes. Les précédents historiques sont malheureusement nombreux.

Les classes dominantes vénézuéliennes veulent une revanche sociale, liquider la « révolution bolivarienne », ou ce qu’il en reste, afin que le peuple des anciens « invisibles » ne relève plus jamais la tête. L’oligarchie veut que ces « fils de rien », auxquels le chavisme a donné statut et dignité, retournent au néant.

On peut émettre des critiques sur la gestion, sur la stratégie du président Maduro. Mais il a été élu, certes de peu, mais élu. Donc légitime. Il propose le dialogue, et a le droit de se défendre contre des émeutiers. La plupart des médias vénézuéliens et étrangers s’acharnent à donner une image chaotique du pays, à mettre sur le dos des chavistes les exactions commises par des groupes violentissimes, masqués, souvent armés, les « guarimbas », qui veulent la guerre civile.

L’opposition vénézuélienne n’est pas toute favorable à ce coup d’Etat permanent, qui va déboucher sur un massacre. Mais les secteurs qui dominent cette opposition sont parvenus à la radicaliser, à instrumentaliser le dépit de secteurs populaires éprouvés. Ils sont majoritairement d’ultra-droite. Ils veulent en découdre, et rapidement désormais. Ouvertement encouragés par la brute va-t-en guerre Trump, ils redoublent d’exactions, de sabotages, de destruction de bâtiments et de services publics, de violences en tout genre.

Le pays étant encore en grande partie capitaliste, l’oligarchie, les propriétaires, les possédants, organisent la guerre économique sur des produits ciblés, et font porter la responsabilité des difficultés structurelles, des pénuries et des queues interminables sur le gouvernement, qui n’est pas tout blanc, mais qui cherche, par la Constituante, une issue pacifique à la crise abyssale.

On peut, voire il faut, critiquer les erreurs du régime, mais n’oublions jamais que les chavistes et le peuple (même si une partie peut s’en éloigner) sont sous le feu permanent d’une véritable guerre menée par les Etats-Unis contre un pays aux énormes ressources pétrolières, et qui a osé résister à « l’Empire » pendant plus de quinze ans et chercher une autre voie que celle de l’inféodation, vers l’indépendance, la justice sociale, le socialisme. Qui a eu le culot, par la voix d’Hugo Chavez, de remettre les dirigeants des Etats-Unis (« ¡Váyanse pal carajo, yanquis de mierda ! ») à leur place.

N’est-il pas temps que la gauche dans son ensemble se ressaisisse et manifeste sa condamnation de l’ingérence étrangère dans un pays souverain, et affirme sa solidarité, fût-elle critique, voire conditionnelle (ni dans l’aveuglement, ni donneuse de leçon), avec la révolution bolivarienne ?

« La solidarité est la tendresse des peuples » disait Che Guevara. Il faut être aveugle, ou inconséquent, pour ne pas saisir ce qui est aujourd’hui en jeu au Venezuela.

Jean ORTIZ, Maître de conférences, université de Pau.

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21 juillet 2017 5 21 /07 /juillet /2017 16:17
MARE NOSTRUM:La lettre de l'historien israélien à Emmanuel Macron
 
 
La lettre de l'historien israélien à Emmanuel Macron
Shlomo Sand. Photo DR

Shlomo Sand. Photo DR

 

Lettre ouverte à M. le Président de la République française

Shlomo Sand, historien israélien
(Traduit de l’hébreu par Michel Bilis) 

En commençant à lire votre discours sur la commémoration de la rafle du Vel’d’hiv, j’ai éprouvé de la reconnaissance envers vous. En effet, au regard d’une longue tradition de dirigeants politiques, de droite, comme de gauche, qui, au passé et au présent, se sont défaussés quant à la participation et à la responsabilité de la France dans la déportation des personnes d’origine juive vers les camps de la mort, vous avez pris une position claire et dénuée d’ambiguïté : oui la France est responsable de la déportation, oui il y a bien eu un antisémitisme, en France, avant et après la seconde guerre mondiale. Oui, il faut continuer à combattre toutes les formes de racisme. J’ai vu ces positions comme étant en continuité avec votre courageuse déclaration faite en Algérie, selon laquelle le colonialisme constitue un crime contre l’humanité.

Pour être tout à fait franc, j’ai été plutôt agacé par le fait que vous ayez invité Benjamin Netanyahou, qui est incontestablement à ranger dans la catégorie des oppresseurs, et ne saurait donc s’afficher en représentant des victimes d’hier. Certes, je connais depuis longtemps l’impossibilité de séparer la mémoire de la politique. Peut-être déployez-vous une stratégie sophistiquée, encore non révélée, visant à contribuer à la réalisation d’un compromis équitable, au Proche-Orient ?

J’ai cessé de vous comprendre lorsqu’au cours de votre discours, vous avez déclaré que :

« L’antisionisme… est la forme réinventée de l’antisémitisme ». Cette déclaration avait-elle pour but de complaire à votre invité, ou bien est-ce purement et simplement une marque d’inculture politique ? L’ancien étudiant en philosophie, l’assistant de Paul Ricœur a-t-il si peu lu de livres d’histoire, au point d’ignorer que nombre de juifs, ou de descendants de filiation juive se sont toujours opposés au sionisme sans, pour autant, être antisémites ? Je fais ici référence à presque tous les anciens grands rabbins, mais aussi, aux prises de position d’une partie du judaïsme orthodoxe contemporain. J’ai également en mémoire des personnalités telles Marek Edelman, l’un des dirigeants rescapé de l’insurrection du ghetto de Varsovie, ou encore les communistes d’origine juive, résistants du groupe Manouchian, qui ont péri. Je pense aussi à mon ami et professeur : Pierre Vidal-Naquet, et à d’autres grands historiens ou sociologues comme Eric Hobsbawm et Maxime Rodinson dont les écrits et le souvenir me sont chers, ou encore à Edgar Morin.

Enfin, je me demande si, sincèrement, vous attendez des Palestiniens qu’ils ne soient pas antisionistes !

Je suppose, toutefois, que vous n’appréciez pas particulièrement les gens de gauche, ni, peut-être, les Palestiniens ; aussi, sachant que vous avez travaillé à la banque Rothschild, je livre ici une citation de Nathan Rothschild, président de l’union des synagogues en Grande-Bretagne, et premier juif à avoir été nommé Lord au Royaume Uni, dont il devint également la gouverneur de la banque. Dans une lettre adressée, en 1903, à Théodore Herzl, le talentueux banquier écrit : « Je vous le dis en toute franchise : je tremble à l’idée de la fondation d’une colonie juive au plein sens du terme. Une telle colonie deviendrait un ghetto, avec tous les préjugés d’un ghetto. Un petit, tout petit, Etat juif, dévot et non libéral, qui rejettera le Chrétien et l’étranger. » Rothschild s’est, peut-être, trompé dans sa prophétie, mais une chose est sûre, cependant : il n’était pas antisémite !

Il y a eu, et il y a, bien sûr, des antisionistes qui sont aussi des antisémites, mais je suis également certain que l’on trouve des antisémites parmi les thuriféraires du sionisme. Je puis aussi vous assurer que nombre de sionistes sont des racistes dont la structure mentale ne diffère pas de celle de parfaits judéophobes : ils recherchent sans relâche un ADN juif (ce, jusqu’à l’université où j’enseigne).

Pour clarifier ce qu’est un point de vue antisioniste, il importe, cependant, de commencer par convenir de la définition, ou, à tout le moins, d’une série de caractéristiques du concept : « sionisme » ; ce à quoi, je vais m’employer le plus brièvement possible.

Tout d’abord, le sionisme n’est pas le judaïsme, contre lequel il constitue même une révolte radicale. Tout au long des siècles, les juifs pieux ont nourri une profonde ferveur envers leur terre sainte, plus particulièrement pour Jérusalem, mais ils s’en sont tenus au précepte talmudique qui leur intimait de ne pas y émigrer collectivement, avant la venue du Messie. En effet, la terre n’appartient pas aux juifs mais à Dieu. Dieu a donné et Dieu a repris, et lorsqu’il le voudra, il enverra le Messie pour restituer. Quand le sionisme est apparu, il a enlevé de son siège le « Tout Puissant », pour lui substituer le sujet humain actif.

Chacun de nous peut se prononcer sur le point de savoir si le projet de créer un Etat juif exclusif sur un morceau de territoire ultra-majoritairement peuplé d’Arabes, est une idée morale. En 1917, la Palestine comptait 700.000 musulmans et chrétiens arabes et environ 60.000 juifs dont la moitié étaient opposés au sionisme. Jusqu’alors, les masses du peuple yiddish, voulant fuir les pogroms de l’empire Russe, avaient préféré émigrer vers le continent américain, que deux millions atteignirent effectivement, échappant ainsi aux persécutions nazies (et à celles du régime de Vichy).

En 1948, il y avait en Palestine : 650 000 juifs et 1,3 million de musulmans et chrétiens arabes dont 700.000 devinrent des réfugiés : c’est sur ces bases démographiques qu’est né l’Etat d’Israël. Malgré cela, et dans le contexte de l’extermination des juifs d’Europe, nombre d’antisionistes sont parvenus à la conclusion que si l’on ne veut pas créer de nouvelles tragédies, il convient de considérer l’Etat d’Israël comme un fait accompli irréversible. Un enfant né d’un viol a bien le droit de vivre, mais que se passe-t-il si cet enfant marche sur les traces de son père ?

Et vint l’année 1967 : depuis lors Israël règne sur 5,5 millions de Palestiniens, privés de droits civiques, politiques et sociaux. Ils sont assujettis par Israël à un contrôle militaire : pour une partie d’entre eux, dans une sorte de « réserve d’Indiens » en Cisjordanie, tandis que d’autres sont enfermés dans un « réserve de barbelés » à Gaza (70% de ceux-ci sont des réfugiés ou des descendants de réfugiés). Israël, qui ne cesse de proclamer son désir de paix, considère les territoires conquis en 1967 comme faisant intégralement partie de « la terre d’Israël », et s’y comporte selon son bon vouloir : jusqu’à présent, 600 000 colons israéliens juifs y ont été installés….et cela n’est pas terminé !

Est-cela le sionisme d’aujourd’hui ? Non ! Répondront mes amis de la gauche sioniste qui ne cesse de se rétrécir, et ils diront qu’il faut mettre fin à la dynamique de la colonisation sioniste, qu’un petit Etat palestinien étroit doit être constitué à côté de l’Etat d’Israël, que l’objectif du sionisme était de fonder un Etat où les juifs exerceront la souveraineté sur eux-mêmes, et non pas de conquérir dans sa totalité « l’antique patrie ». Et le plus dangereux dans tout cela, à leurs yeux : l’annexion des territoires occupé constitue une menace pour Israël en tant qu’Etat juif.

Voici précisément le moment de vous expliquer pourquoi je vous écris, et pourquoi, je me définis comme non-sioniste, ou antisioniste, sans pour autant devenir antijuif. Votre parti politique inscrit, dans son intitulé : « La République », c’est pourquoi je présume que vous êtes un fervent républicain. Et dussé-je vous étonner : c’est aussi mon cas. Donc, étant démocrate et républicain, je ne puis, comme le font sans exception tous les sionistes, de droite comme de gauche, soutenir un Etat juif. Le Ministère de l’Intérieur israélien recense 75% de ses citoyens comme juifs, 21% comme musulmans et chrétiens arabes et 4% comme « autres » (sic). Or, selon l’esprit de ses lois, Israël n’appartient pas à l’ensemble des Israéliens, mais aux juifs du monde entier qui n’ont pas l’intention de venir y vivre.

Ainsi, par exemple, Israël appartient beaucoup plus à Bernard Henry-Lévy et à Alain Finkielkraut qu’à mes étudiants palestino-israéliens qui s’expriment en hébreu, parfois mieux que moi-même ! Israël espère aussi qu’un jour viendra où tous les gens du CRIF, et leurs « supporters » y émigreront ! Je connais même des français antisémites que cette perspective enchante ! En revanche, on a pu entendre deux ministres israéliens, proches de Benjamin Nétanyahou, émettre l’idée selon laquelle il faut encourager le « transfert » des Israéliens arabes, sans que personne n’ait émis la demande qu’ils démissionnent de leurs fonctions.

Voilà pourquoi, Monsieur le Président, je ne peux pas être sioniste. Je suis un citoyen désireux que l’Etat dans lequel il vit soit une République israélienne, et non pas un Etat communautaire juif. Descendant de juifs qui ont tant souffert de discriminations, je ne veux pas vivre dans un Etat, qui, par son autodéfinition, fait de moi un citoyen doté de privilèges. A votre avis, Monsieur le Président : cela fait-il de moi un antisémite ?

Source : Les invités de Mediapart

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20 juillet 2017 4 20 /07 /juillet /2017 08:57
Jeudi 20 juillet 2017
POLÉMIQUE Enfants disparus: Israël lève le voile sur son terrible secret
Sous la pression de familles de disparus, dont certains sont, depuis, élus à la Knesset, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a fait déclassifier 200 000 documents. Photo archives AFP
Sous la pression de familles de disparus, dont certains sont, depuis, élus à la Knesset, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a fait déclassifier 200 000 documents. Photo archives AFP
 

Au tout début des années 1950, juste après la création de l’État hébreu, des milliers d’enfants yéménites ont été enlevés à leurs familles, révèle Le Temps.

 

Certains d'entre eux ont même servi de cobayes humains dans le cadre d'expérimentations médicales.

Plus de 60 ans de secret
 

Restée presque enfouie pendant plus de 60 ans, la question des "enfants disparus" enflamme ces derniers temps les débats de la commission d'enquête de la Knesset, le Parlement israélien. Et les révélations qui en sortent sont plus terrifiantes, encore, que ce qui était évoqué jusqu'ici.

Selon les archives, des milliers d’enfants yéménites ont bien été enlevés. Mais il y a bien pire: certains disparus ont succombé lors d'expériences médicales pour lesquelles ils ont servi de cobayes humains.

Un "matériel si abondant"

C'est d'une séance spéciale de la Commission ad hoc de la Knesset, le 14 juin dernier, que sont sorties des lettres échangées entre les directeurs de différents hôpitaux du pays, dans lesquelles ils se félicitaient - secrètement - de "disposer d’un matériel si abondant à Rosh Hayin" - le petit village où étaient alors parqués de nombreux Yéménites.

Un député, Amir Ohana, n'en revient pas: "Je n'imaginais pas que des choses pareilles aient pu se produire dans ce pays", lâche-t-il au Temps. Il a retrouvé le témoignage d'une infirmière qui raconte des expériences sur la "résistance" du "cœur des Yéménites".

Quatre enfants morts, enterrés à la va-vite

Au milieu de rapports sur des expériences destinées à prouver ou non que les Yéménites avaient "du sang nègre", la trace d'au moins quatre enfants sur lesquels un "traitement expérimental actif" a été testé. Morts peu après, ils ont été enterrés à la va-vite, on ne sait où.

À la création d'Israël, en 1948, des centaines de milliers de Juifs du Proche-Orient affluent en "Terre Promise"... mais sont souvent méprisés par les ashkénazes, ces Juifs d'Europe "originels" de l'État hébreu.

Un pont aérien secret

Les séfarades vivent donc souvent dans d'immenses bidonvilles, voire des camps de tentes. Mais les Yéménites, eux, sont particulièrement maltraités: 48 000 d'entre eux ont été "amenés" en Israël en 1948 et 1949, dans le cadre de l’opération "Tapis volant" - un pont aérien secret lancé avec le soutien des États-Unis et de la Grande-Bretagne.

En fait du "paradis", qu'il croyait atteindre en Terre Promise, c'est l'enfer qui les attend. Notamment pour les parents de 3 à 5000 enfants enlevés par des infirmières... à des fins de vaccination. Mais la plupart ont été déclarés morts ou disparus...

Pression des familles

Nombre de leurs proches étaient persuadés, depuis plus de 60 ans, qu'ils avaient en fait été "vendus" à des familles occidentales en vue d'une adoption. Aucun n'imaginait la terrible vérité qui semble se dessiner au fil des enquêtes - longtemps empêchées.

Depuis les années 1960, sous la pression des familles, trois commissions d’enquête ont été créées pour élucider le mystère, en vain. Ce n'est qu'à l'été 2016 que, acculé, même par des descendant de disparus élus à la Knesset, le gouvernement de Benyamin Netanyahou autorise la publication de 200 000 documents classifiés, et entrouvre la porte à la terrible vérité.

Une mort "programmée"?

Ygal Yossef, descendant d’une famille marquée par la disparition d’un proche, veut "vider l'abcès, quoi qu'il en coûte". Il a même obtenu et fourni aux députés des copies de certificats de décès "en blanc" et antidatés... prouvant la mort "programmée" de nombreux cobayes.

Il sait, bien sûr, qu'Israël lors de sa création était un "foutoir", mais il ne veut pas que cela serve d'excuse: "Nos parents étaient des gens faibles ne comprenant pas bien l’hébreu et ne connaissant pas leurs droits. Ils ont été abusés. [...] Je ne réclame pas la vengeance. Seulement la justice", assure-t-il au Temps.

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19 juillet 2017 3 19 /07 /juillet /2017 16:32
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18 juillet 2017 2 18 /07 /juillet /2017 16:28
REMUE:MENINGES:Antisionisme = antisémitisme ? Une erreur historique, une faute politique
 
Antisionisme = antisémitisme ? Une erreur historique, une faute politique
« Nous ne céderons rien à l’antisionisme car il est la forme réinventée de l’antisémitisme. » Cette phrase finale est venue gâcher le discours salutaire d’Emmanuel Macron lors de la commémoration du 75e anniversaire de la rafle du Vél d’Hiv, devant Benyamin Netanyahou. Une erreur historique, une faute politique.

 

La présence inédite et scandaleuse du Premier ministre le plus belliciste de l’histoire d’Israël à cette cérémonie n’est sans doute pas pour rien dans la faute politique commise par le nouveau président. Car celle-ci résulte d’un alignement sur son hôte, incroyablement qualifié de « cher Bibi » – celui-ci l’a-t-il appelé « Manu » ? – et par la même occasion sur le Conseil représentatif de institutions juives de France (CRIF).

L’histoire du conflit central du Proche-Orient – faut-il le rappeler à Emmanuel Macron ? – ne commence pas le 14 mai 1948, lorsque naît l’État d’Israël. C’est en 1897 que l’Organisation sioniste voit le jour, avec pour but la création d’un Foyer national juif en Palestine. Entériné par la déclaration Balfour en 1917, puis par le mandat que la Société des Nations confie au Royaume-Uni en 1922, cet objectif ne rallie pas la majorité des Juifs, loin de là : l’immense majorité y est hostile, communistes et bundistes, mais aussi religieux. Antisionistes, tous ces Juifs étaient-ils antisémites ?

Bien sûr que non ! A vrai dire, le sionisme est une idéologie parmi d’autres. Imagine-t-on les communistes interdire la critique du communisme ? Les gaullistes interdire la critique du gaullisme ? C’est pourtant la prétention des tenants les plus extrémistes du sionisme. Présenter l’antisionisme comme une forme d’antisémitisme reviendrait à leur donner raison.

Il faudra la Seconde Guerre mondiale et le génocide nazi pour que des millions de Juifs – et d’abord les survivants refusés par les États-Unis – gagnent la Palestine, puis l’État d’Israël créé le 14 mai 1948. Mais, ne l’oublions pas, le second État prévu par les Nations unies disparaît, et les quatre cinquièmes des Palestiniens qui y vivaient seront expulsés. Dix-neuf ans plus tard, Israël s’empare du reste de la Palestine : Jérusalem-Est, qu’il annexe, et la Cisjordanie ainsi que la bande de Gaza qu’il occupe et colonise. Cinquante ans après, en 2017, plus de 700 000 colons ont fait leur les territoires occupés, empêchant la naissance de l’État de Palestine pourtant admis aux Nations unies.

Entre-temps, 45 % des Juifs du monde – 6 millions sur près de 14 millions – vivent en Israël. À supposer que les statistiques israéliennes soient fiables. Or, selon les démographes, plusieurs centaines de milliers de citoyens recensés par les autorités d’Israël n’y résident plus. Bref, la majorité des Juifs n’a pas éprouvé le désir de s’installer dans l’« État juif ». Autrement dit, ils ne sont pas suffisamment sionistes – à moins de s’en tenir à la définition qui veut qu’un bon sioniste est celui qui envoie ses amis en Israël, mais reste en France… Et si, dans l’opinion israélienne, la droite et l’extrême droite comptent sur un large soutien, il n’en va pas de même à l’étranger : un grand nombre de Juifs n’appuient pas leur politique anti-palestinienne – ils réprouvent, en particulier, la colonisation.  

(Ajoutons que, sur les milliers de Français qui, ces dernières années, ont réagi aux violences antisémites en faisant leur « aliya », un tiers, voire la moitié, sont revenus[i]. Leur sionisme n’a pas résisté à la difficulté de la vie dans le meilleur élève de la classe néo-libérale, avec son cortège de pauvreté, de précarité et d’inégalités, mais aussi l’atmosphère étouffante d’un conflit omniprésent au quotidien…)

Indéfendable historiquement comme idéologiquement, l’assimilation de l’antisionisme à l’antisémitisme constitue surtout une faute grave : elle permet en effet à la droite et à l’extrême droite israéliennes de tenter d’étouffer la voix de tous leurs opposants, à l’intérieur comme à l’extérieur. Et ce « cadeau » arrive à point nommé, alors que la violation permanente du droit international et des droits humains a isolé Israël comme jamais au sein de la communauté internationale. Marginalisé diplomatiquement, le gouvernement Netanyahou s’inquiète en outre de l’hostilité de l’opinion, avec notamment la montée de la campagne Boycott-Désinvestissement-Sanctions – je pense au BDS militant, mais aussi au BDS institutionnel, qui voit de puissants fonds de pension, de grandes entreprises et de grosses banques se retirer des territoires occupés, voire d’Israël. On imagine sans mal comment les autorités israéliennes utiliseront la petite phrase d’Emmanuel Macron pour criminaliser les pressions internationales qui s’exercent sur elles.

Il y a de la schizophrénie dans la démarche de notre nouveau président. Il prétend relancer la négociation et, condamnant la colonisation, se fixe pour objectif la création d’un État palestinien aux côtés d’Israël, les deux États ayant leur capitale à Jérusalem. Mais la diplomatie française ne saurait l’ignorer : des tractations israélo-palestiniennes ne sauraient suffire seules pour atteindre cet objectif. Même François Hollande, malgré son « chant d’amour pour Israël et pour ses dirigeants », l’avait compris, en acceptant le projet de conférence internationale proposé, en son temps, par Laurent Fabius. Si Emmanuel Macron veut vraiment contribuer à une paix juste et durable, il faut qu’il accepte le principe de sanctions contre Israël, dès lors que celui-ci refusera de se plier au droit international. Commencer par museler l’opinion en présentant la critique d’Israël comme antisémite n’est pas un bon début.

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18 juillet 2017 2 18 /07 /juillet /2017 08:58
Dans un pays sans pesticides, les abeilles cubaines sont en pleine forme !

Produire sans chimie a des conséquences précieuses pour l'environnement et la survie de notre espèce. La preuve avec l'exemple cubain.

Signe que les abeilles se portent comme un charme au pays du cigare et de la salsa, à Cuba, certains apiculteurs parviennent à recueillir 45kg de miel par ruche. Pour vous donner une idée, en France, la production moyenne serait moitié moindre !

Kamira / Shutterstock.com

Ces rendements spectaculaires ont même fait du miel biologique le quatrième produit d’exportation cubain. La production de 2014 a même atteint les 7 200 tonnes, pour une valeur totale estimée à 23,3 millions de dollars !

Si Cuba connaît aujourd’hui de tels résultats, c’est que l’île a été contrainte de se passer des pesticides au début des années 90. À l’époque, l’URSS n’était plus en mesure de lui fournir les produits. Résultat : les colonies d’abeilles ont peu à peu repris un maximum de vigueur ! Un mal pour un bien en somme…

Source : Shutterstock

CONTENU DE MARQUE

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En savoir plus
Proposé par lhommemoderne.fr
 

Raul Velasquez, apiculteur, cité par Reuters :

« Le gouvernement n’est pas autorisé à nous vendre des produits chimiques. Ça pourrait être la raison pour laquelle les abeilles ne meurent pas ici comme dans d’autres endroits. C’est un environnement très naturel ici. »

Que Cuba connaisse des productions records de miel (biologique, de surcroît) est à l’évidence une bonne nouvelle pour le secteur et pour les amateurs. Mais, au delà de ce simple constat, c’est aussi et surtout une bonne nouvelle pour l’humanité.

L’exemple cubain prouve en effet que ne plus recourir aux pesticides peut sauver les abeilles. Or, cet animal est le principal insecte pollinisateur de la planète et, de ce fait, il est à l’origine d’une grande partie de tout ce que nous mangeons et, donc, de notre survie sur Terre !

Crédit photo : Shutterstock

Plus près de chez nous, un autre territoire prouve lui aussi que l’absence de pesticides encourage le retour des abeilles : l’île d’Ouessant, en Bretagne. Là-bas, où les pesticides sont peu utilisés, la mortalité dans les ruches s’élève à 3% en hiver… contre 30 à 40% sur le continent !

Raison de plus pour dire adieu une bonne fois pour toutes à la chimie productiviste !

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18 juillet 2017 2 18 /07 /juillet /2017 07:22
MARE NOSTRUM:Maroc. Silya Ziani, voix bâillonnée du hirak
 
Maroc. Silya Ziani, voix bâillonnée du hirak
Rosa Moussaoui
Mardi, 11 Juillet, 2017
L'Humanité
 Le 11 juin, des centaines de femmes ont défilé dans les rues de Rabat pour exiger que soient relâchés la chanteuse et tous les détenus politiques du Rif. Ayoub Benkarroum
Le 11 juin, des centaines de femmes ont défilé dans les rues de Rabat pour exiger que soient relâchés la chanteuse et tous les détenus politiques du Rif. Ayoub Benkarroum
 

La militante et chanteuse rifaine de 23 ans est détenue à la prison d’Oukacha, à Casablanca, depuis plus d’un mois. Elle ne supporte plus son incarcération, à l’isolement.

Al Hoceïma (Maroc), envoyée spéciale.

Elle doit être extraite de son étroite et sombre cellule, demain, pour être présentée à un juge d’instruction à Casablanca. Le crime de Silya Ziani ? Avoir bercé de ses chants la révolte populaire du Rif. Le régime marocain ne pardonne pas à la jeune femme d’avoir scandé, dans les rassemblements d’Al Hoceïma, cet irrévérencieux slogan : « Jalalat echaâb ! » (« Sa Majesté le Peuple ! »), jugé attentatoire à la « sacralité » de la monarchie. Visage féminin du soulèvement rifain, elle est devenue le symbole de l’arbitraire et de la répression qui s’est abattue sur les contestataires.

Parmi les 176 personnes détenues pour leur implication dans le hirak, le mouvement social, politique et culturel qui secoue la région depuis neuf mois, elle est la seule femme. « Silya a été enlevée par des hommes en civil qui, sans se présenter, l’ont poussée dans une voiture banalisée en l’insultant. Elle n’a pris conscience de son arrestation qu’une fois arrivée au commissariat d’Al Hoceïma », relate son père, Mohand Ziani. Là, son calvaire ne fait que commencer. Un commissaire de police prénommé Issam, mis en cause par de nombreux manifestants qui l’accusent de violences, de traitements inhumains et dégradants, commence, sur elle, une séance de tortures psychologiques. Il la menace de viol. Lui répète que son père, atteint d’une affection cardiaque, plusieurs fois opéré, succombera lorsqu’il apprendra son arrestation. En plein ramadan, la jeune femme, aux mains de ces sinistres policiers, n’est pas autorisée à rompre le jeûne. Et c’est le ventre vide, déshydratée, que Silya est conduite en voiture à Casablanca. Un pénible trajet de 600 kilomètres, qu’elle endure les mains menottées dans le dos.

« L’État sera tenu pour responsable de tout ce qui peut lui arriver »

Depuis le 10 juin, Silya Ziani est incarcérée à la prison d’Oukacha, à Casablanca, dans une cellule d’isolement. La scène de son arrestation hante, comme un cauchemar, ses nuits sans sommeil. « Elle a sombré dans la dépression. En proie à de violentes crises de nerfs, elle a dû être transportée à l’hôpital à plusieurs reprises. Son état physique et psychologique est très préoccupant. Elle est brisée. L’État sera tenu pour responsable de tout ce qui peut lui arriver et des séquelles qu’elle gardera de cette épreuve », prévient, très émue, son avocate, Me Souad Brahma. La jeune femme est aujourd’hui sous antidépresseurs. Elle ne supporte plus le moindre contact physique, même avec son père, qui ne peut la prendre dans ses bras lors des visites hebdomadaires consenties par l’administration pénitentiaire, chaque mercredi.

Silya n’a rien d’une militante aguerrie. Le 28 octobre 2016, le choc de la mort de Mouhcine Fikri, le jeune poissonnier d’Al Hoceïma broyé dans une benne à ordures en essayant de sauver sa marchandise saisie par des agents de la municipalité, a suscité chez elle une douloureuse prise de conscience. « Je suis descendue spontanément dans la rue. J’ai voulu démontrer que les femmes sont présentes sur la place publique. Car, nous vivons dans une société patriarcale, alors que les Rifaines sont connues pour leur engagement », expliquait-elle avant son arrestation. Dès les premières manifestations, elle a interrompu le cursus de langue et de culture amazigh (berbère) qu’elle suivait à la faculté de lettres d’Oujda. Pour l’état civil, elle se prénomme Salima. Avant 2011, il était interdit, au Maroc, de baptiser les nouveau-nés d’un prénom berbère… Alors elle s’est elle-même choisi un prénom d’usage, puisé dans la tradition amazigh, Silya. Elle chante dans sa langue des mélopées dont elle compose la musique, écrit les paroles. « C’est une artiste. Elle n’était pas du tout préparée à subir un traitement d’une telle violence. Elle ne comprend pas ce qui lui arrive. C’est pour elle un traumatisme profond », remarque Khadija Ryadi, militante des droits humains, très impliquée dans la campagne lancée par des femmes marocaines pour sa libération. Le sort de cette jeune voix de la révolte du Rif suscite l’émotion bien au-delà des frontières du Maroc. En Europe, en Tunisie, en Algérie, les appels en faveur de son élargissement se multiplient. Vendredi, des centaines de femmes ont défilé dans les rues de Casablanca pour exiger que soient relâchés la chanteuse et tous les détenus politiques du Rif. Le lendemain, une manifestation similaire était brutalement réprimée à Rabat. Le même jour, le ministre des Droits de l’homme, Mustapha Ramid, muet sur la répression, se disait favorable au placement de la jeune femme en « liberté provisoire », pour raisons de santé. Depuis, des rumeurs sur sa libération vont bon train. « Je n’y crois pas. Il n’y a aucun signe tangible en ce sens. Jusqu’ici, ils se sont comportés avec nous comme si nous n’étions pas des Marocains », soupire le père de la prisonnière. « Ce régime est imprévisible, mais il est sensible aux pressions, nuance Khadija Ryadi. Malheureusement, les sécuritaires se montrent impitoyables dans le dossier du Rif et s’ils mettent leur veto, la libération de Silya sera compromise. » Du fond de leurs geôles, ses camarades ont exprimé leur solidarité avec la jeune femme. Hier, s’ouvrait le procès du leader du hirak, Nasser Zefzafi, poursuivi pour « atteinte à la sûreté de l’État ». « Toutes les accusations qui pèsent sur eux sont mensongères ! s’indigne Me Souad Brahma. Il n’y a aucune preuve contre ces militants qui réclament, simplement, une vie digne. »

Journaliste à la rubrique Monde
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17 juillet 2017 1 17 /07 /juillet /2017 07:48
 
 
17 juillet 2017

Publié par El Diablo

Bousquet, le chef de la police de Vichy et les dignitaires SS préparant la rafle du Vel d'Hiv du 16 juillet 1942

Bousquet, le chef de la police de Vichy et les dignitaires SS préparant la rafle du Vel d'Hiv du 16 juillet 1942

Ce qu’était « la France » de 1940 à 1944

par Jean Lévy

Ainsi, le président de la République confirme les propos tenus avant lui par Jacques Chirac (et François Hollande) :

« Alors oui, je le redis ici, c'est bien la France qui organisa la rafle puis la déportation et donc, pour presque tous, la mort des 13.152 personnes de confession juive arrachées les 16 et 17 juillet à leur domicile. »

Emmanuel Macron est catégorique et fustige toute autre interprétation historique, celle du général de Gaulle, en particulier. Le chef de la France Libre estimait que c'était lui « la France » à cette époque, et que, de ce fait, le gouvernement de Vichy n'était que l'administration en langue française des autorités d'occupation. Ce qui n'était pas faux durant ces années noires.

Aussi, affirmer comme l'a fait aujourd'hui l'actuel chef de l'Etat : « C'est bien la France qui organisa la rafle puis la déportation » de la population juive , pose à la fois, la responsabilité des Français qui ont géré l'intendance de la mort de ceux qui allait être l'objet d'un massacre systématique dans les camps d'extermination, mais aussi celle des donneurs d'ordre, les Allemands.

Il ne faudrait pas oublier ceux-ci, par souci de ne pas gêner madame Merkel. Car, il est bon de s'en souvenir, les grands industriels allemands - qui ont porté Hitler au pouvoir -  ont sucé le sang des déportés, car cette main-d'oeuvre gratuite servait à multiplier leurs dividendes. Et ces konzerns n'ont guère été inquiétés après guerre : Ils sont restés à la tête de l'économie allemande, toujours assoiffés d'Europe comme du temps du Führer.

Le dire ferait-il tache aujourd'hui ?

Ce rappel ne doit pas exonérer la responsabilité de ceux qui, en France,  ont préparé la défaite  et commis le coup d'Etat du 10 juillet 40 en installant la dictature - l'Etat français - , Pétain a sa  tête. Mais, rappelons-nous : le maréchal, comme nombre de ses ministres, faisait partie du dernier gouvernement de la Troisième République aux côtés de banquiers et de politiciens véreux et d'extrême-droite.  Ce coup de force a été validé par 569 députés et sénateurs, alors que seuls 80 parlementaires osèrent braver la consigne, les élus communistes étant déjà en prison ou en clandestinité.

Il s'agit donc d'un choix de classe  - plutôt Hitler que le Front populaire - qui a présidé à l'installation du gouvernement de Vichy, portant au pouvoir les hommes qui allaient servir l'Occupant, offrant à celui-ci police et justice pour commettre  les crimes dont on honore les victimes aujourd'hui..

De cela, le président de la République n'en a soufflé mot.

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17 juillet 2017 1 17 /07 /juillet /2017 07:27

Publié par El Diablo

Bousquet, le chef de la police de Vichy et les dignitaires SS préparant la rafle du Vel d'Hiv du 16 juillet 1942

Bousquet, le chef de la police de Vichy et les dignitaires SS préparant la rafle du Vel d'Hiv du 16 juillet 1942

Ce qu’était « la France » de 1940 à 1944

par Jean Lévy

Ainsi, le président de la République confirme les propos tenus avant lui par Jacques Chirac (et François Hollande) :

« Alors oui, je le redis ici, c'est bien la France qui organisa la rafle puis la déportation et donc, pour presque tous, la mort des 13.152 personnes de confession juive arrachées les 16 et 17 juillet à leur domicile. »

Emmanuel Macron est catégorique et fustige toute autre interprétation historique, celle du général de Gaulle, en particulier. Le chef de la France Libre estimait que c'était lui « la France » à cette époque, et que, de ce fait, le gouvernement de Vichy n'était que l'administration en langue française des autorités d'occupation. Ce qui n'était pas faux durant ces années noires.

Aussi, affirmer comme l'a fait aujourd'hui l'actuel chef de l'Etat : « C'est bien la France qui organisa la rafle puis la déportation » de la population juive , pose à la fois, la responsabilité des Français qui ont géré l'intendance de la mort de ceux qui allait être l'objet d'un massacre systématique dans les camps d'extermination, mais aussi celle des donneurs d'ordre, les Allemands.

Il ne faudrait pas oublier ceux-ci, par souci de ne pas gêner madame Merkel. Car, il est bon de s'en souvenir, les grands industriels allemands - qui ont porté Hitler au pouvoir -  ont sucé le sang des déportés, car cette main-d'oeuvre gratuite servait à multiplier leurs dividendes. Et ces konzerns n'ont guère été inquiétés après guerre : Ils sont restés à la tête de l'économie allemande, toujours assoiffés d'Europe comme du temps du Führer.

Le dire ferait-il tache aujourd'hui ?

Ce rappel ne doit pas exonérer la responsabilité de ceux qui, en France,  ont préparé la défaite  et commis le coup d'Etat du 10 juillet 40 en installant la dictature - l'Etat français - , Pétain a sa  tête. Mais, rappelons-nous : le maréchal, comme nombre de ses ministres, faisait partie du dernier gouvernement de la Troisième République aux côtés de banquiers et de politiciens véreux et d'extrême-droite.  Ce coup de force a été validé par 569 députés et sénateurs, alors que seuls 80 parlementaires osèrent braver la consigne, les élus communistes étant déjà en prison ou en clandestinité.

Il s'agit donc d'un choix de classe  - plutôt Hitler que le Front populaire - qui a présidé à l'installation du gouvernement de Vichy, portant au pouvoir les hommes qui allaient servir l'Occupant, offrant à celui-ci police et justice pour commettre  les crimes dont on honore les victimes aujourd'hui..

De cela, le président de la République n'en a soufflé mot.

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